Breathe
Orgueil et Préjugés ainsi que ses personnages appartiennent à Jane Austen
Breathe est une création de knitchick
Merci à ma Bêta Lagasy pour sa correction
Marie: Merci pour ton com, tu vas découvrir la réaction de caroline dans ce chapitres. Tu n'as pas été la seule à me poser cette question "Darce" est un surnom, je ne trouve pas ça non plus très beau mais bon c'est le choix de l'auteur. Bonne lecture. marie: merci pour ton com, contente que ça t'ai plu.
Elle plia soigneusement sa robe préférée en mousseline bleue et la plaça dans le coffre, ses yeux scrutèrent la pièce pour trouver autre chose qu'elle aurait négligée et elle vérifia dans le placard qu'elle et Jane avaient partagées toutes leurs vies, pour le trouver maintenant rempli uniquement avec les robes de Jane , les siennes avaient été soit emballées soit données à ses sœurs.
Elle luttait contre la tristesse qu'elle ressentait en regardant autour d'elle. Ses vêtements ne serait plus aux côtés de ceux de Jane, elle ne partagerait plus une chambre, un lit ou même une vie avec sa sœur. En réalité, cela faisait des semaines qu'elle n'avait pas ressentie une proximité particulière avec Jane, et maintenant, à la veille de son départ définitif de Longbourn, elle ressentait vivement la perte.
Sa tante avait été une aubaine aujourd'hui, car sans elle, elle doutait avoir survécue à la journée sans étrangler sa mère ... maintenant il y avait une personne elle en était convaincue qui ne lui manquerait pas.
Sa mère était maintenant en mission d'équiper Lydia avec une nouvelle garde-robe de vêtements chauds en fonction de son nouveau poste, en tant que femme d'un éleveur de campagne, elle était convaincue que M. Robert Martin n'était pas vraiment l'éleveur qu'il prétendait être. Mme Bennet était convaincue qu'il était un gentleman campagnard qui ne travaillait à la ferme que parce qu'il le voulait et qu'il renoncerait à cette «sale fonction» une fois qu'il réaliserait quelle charmante épouse il gagnait.
De toute évidence se leurrer semblait être un passe-temps populaire ces jours-ci.
Heureusement, Lydia ne semblait pas totalement convaincue que sa mère ait raison au sujet de la situation. Une partie d'elle espérait que ce serait comme le suggérait Mme Bennet, mais elle ne pouvait s'empêcher de se lamenter et de gémir comme si elle partait en direction « de la fosse la plus sombre de l'enfer, sans jamais pouvoir revoir la lumière du jour. »
Il était évident de voir de qui tenait Lydia.
Lizzy était assise sur un siège près de la fenêtre, elle étreignait son oreiller préféré contre sa poitrine en regardant le ciel qui s'assombrissait et les ombres qui emplissaient le jardin arrière. Elle était incapable de compter le nombre d'heures qu'elle avait passée à cette endroit à lire ou à rêver au fil des ans, mais ce soir, cela ne lui fournissait pas le confort qu'elle ressentait d'habitude et ses pensées retournèrent à la visite de William et Charles plutôt cet après-midi.
Les messieurs étaient arrivés et Jane et elle avaient eut le souffle coupés dès que Charles était entré dans la pièce. Son visage portait quatre longues griffures le long de sa joue droite et il avait rougit brillamment d'embarras à l'agitation qui était faite pour lui.
Finalement, avec un peu de force Charles avait dit que «ce n'était rien de grave et qu'il allait bien, et proposa aux dames d'aller prendre l'air. » Jane semblait plus calme que la normale après sa demande, mais elles acceptèrent toutes deux volontiers. Elle savait que quelque chose s'était passé, car même William semblait être plus réservé que d'habitude et regardait fixement Charles.
Elle n'eut pas à attendre longtemps pour savoir ce qu'il se passait, car dès que les deux couples atteignirent une croisée de chemins, ils décidèrent de se séparer et de partir dans des directions opposées. William et elle se retrouvèrent très vite installés dans leur petite cachette préférée et après un baiser passionné ... Eh bien, en fait deux ou trois baisers ... après tout il lui avait manqué terriblement ... William commença à lui parler de sa conversation avec Charles de la veille au soir.
Elle était fière mais un peu frustré envers le « pauvre » Charles, pour ne pas mentionner le mauvais moment pour prendre la décision d'enfin s'affirmer et d'être l'homme dont Jane avait besoin et méritait. Même si elle pouvait saluer l'initiative, elle détestait vraiment les moyens qu' il avait l'intention d'utiliser pour son merveilleux changement de statut.
Avait-il vraiment l'intention de renoncer à Jane alors qu'il tenterait de faire quelque chose qu'il aurait dû faire il y a des années?
Inutile de dire qu'elle était naturellement bouleversée de ce que cela signifiait pour Jane, elle poussa un soupir de soulagement quand elle réalisa que Charles comptait honorer ses fiançailles, mais de loin, ce qui n'était pas exactement la meilleure solution pour renforcer les affections des futures époux, mais au moins elle aurait la garantit d'avoir une propriété préparée pour emménager après le mariage.
Ça devait compter pour quelque chose ... non?
Elle se demandait si Jane verrait les choses de cette façon ... ou pire encore ... sa mère. Elle frémit en pensant à écouter durant cinq mois la diatribe quotidienne de sa mère sur l' absence continue de Charles « jouant avec les locataires tandis que sa belle fille se languissait loin dans le Hertfordshire» ou une autre ineptie dont seule sa mère pouvait comprendre la logique.
Écartant ses pensées de Jane, elle retourna son attention vers l'histoire de William qui lui parlait de la raison pour laquelle Charles avait des marques sur le visage.
Il s'était avéré que Caroline n'avait pas bien pris les nouvelles qu'elle allait être libérée. William avait admis qu'il craignait que Charles reculerait une fois confronté à la colère de Caroline, mais il était très fier de la façon dont Charles était resté sur ses positions, même si il avait prodigieusement vomi après que tout soit finis.
Charles l'avait prié pour son soutien, alors il était présent lors de l'altercation, et il avait passé toute la scène à être reconnaissant que Caroline ne soit pas sa sœur ... ou pire, sa femme. Elle avait suppliée, cajolée, pleurée et finalement menacée et criée quand elle avait réalisée que Charles ne reviendrait pas sur sa résolution ... bien que Lizzy soupçonnait que Charles aurait pu le faire si William n'avait pas été présent.
Enfin, dans un dernier accès de dépit désespérée, Caroline avait pris tout ce qui était à porter de main pour les jeter sur son frère et William, concluant un peu à tort, qu'il était aussi responsable de son rejet. Craignant pour leurs têtes, sans parler de la prise de conscience qu'elle approchait des outils de cheminée, les deux hommes se précipitèrent vers elle pour tenter de maîtriser la femme furieuse.
William avait tenté de retenir ses bras agités et avait finalement réussi à en coincé un contre elle alors qu'il la tenait par la taille, mais son autre main était contre Charles et elle avait passée ses ongles profondément sur sa joue droite, en même temps que sa botte avait frappé le tibia de Darcy qui l'avait relâchée dans la douleur.
Le sang coulant sur le visage de Charles sembla enfin la choquer de son comportement fou et elle avait l'air vraiment consternée de la façon dont elle avait blessée son frère ... Où alors elle s'était enfin rendu compte qu'elle avait perdue. Dans tous les cas, c'était une bien soumise Caroline qui était montée à bord de la voiture une heure plus tard avec sa sœur, et aucun des hommes ne regrettaient son absence.
Elle mentirait si elle disait qu'elle était surprise par le comportement de Caroline, elle était cependant très reconnaissante que non seulement elle ne serait pas à la noce, mais aussi que peut-être maintenant Charles et Jane auraient une meilleure chance de bonheur sans sa sœur vicieuse pesant sur leurs épaules ... même si Jane insistait encore en disant que Caroline était juste mal comprise et était très douce ... peut-être que les griffures sur le visage de son bien-aimé ferait changer l'opinion de Jane sur l'angélique Caroline.
Elle avait passée plusieurs minutes à inspecter le tibia de William, juste en dessous du genou qui arborait un gros hématome violet. William accepta péniblement que cela lui faisait moins mal après qu'elle ait embrassée chaque centimètre ... même s'il semblait assez nerveux et continuait de bouger et prendre de grandes respirations quand elle le faisait ... puis rapidement il avait bondit et remit son pantalon dans sa botte en refusant même de la regarder.
Elle essayait juste d'être gentille ... parfois elle craignait de ne jamais comprendre les hommes.
Elle décida de lui donner le temps de faire ... ce qu'il faisait ... alors qu'il regardait à travers le champ, et elle se demanda ce dont Jane et Charles parlaient et si sa sœur prenait bien les nouvelles. Elle avait l'habitude de penser que Jane finirait par tout lui dire, mais maintenant elle avait découvert qu'elle se reposait sur William pour partager ce qui se passait avec Charles. Alors qu'elle appréciait la proximité qu'elle partageait avec son futur mari, cela lui manquait encore de ne pas parler avec Jane.
William la rejoignit enfin sur le journal d'un air un peu penaud, elle pensait qu'il devait être gêné qu'une petite femme ait pu lui donner un tel coup douloureux et elle laissa tomber le sujet.
Ils passèrent du temps à discuter de M. Martin, qui avait accepté le marché et devait arriver lundi prochain après avoir obtenu la licence de mariage et les documents de règlement, tous les papiers commodément pris en charge par l'avocat de William. Elle aurait voulu le rencontrer, mais elle décida qu'elle serait plus heureuse loin de Longbourn lorsque le futur mari de Lydia arriverait.
Elle avait même fait la remarque en plaisantant qu'ils devraient peut-être lui faire signer les papiers avant de rencontrer Mme Bennet et Lydia pour qu'il ne soit pas en mesure de revenir en arrière à la dernière minute.
Ce qui était conçu comme une blague, ne le fut pas, William l'avait informée très sérieusement que c'était le plan et que son avocat avait déjà été informé de la situation, ce qui provoqua à son rire de mourir dans sa gorge quand elle prit conscience que William, plus que quiconque, connaissait bien sa mère et prenait toutes les précautions pour assurer l'avenir de Lydia.
Chaque jour, William lui fournissait plus de raisons de l'aimer, surtout que c'était généralement le résultat de la folie de sa propre famille qui le révélé.
Le faisant l'apprécier d'autant plus.
Quand ils réalisèrent l'heure qu'il était, ils surent qu'ils devaient revenir. Bien que les deux étaient réticents à écourter leurs temps seuls ensemble, ils étaient ravis en prenant conscience que le lendemain à cette heure ils seraient en route pour Londres, où ils passeraient leur nuit de noces à Darcy House avant de partir en voyage de noces ... les détails de celui-ci étant encore une surprise.
Ils partagèrent un dernier doux baiser, les deux étaient ravis de savoir que la prochaine fois que leurs lèvres se rencontreraient serait en tant que mari et femme. Ils partirent bras dessus bras dessous en direction de Longbourn, chacun se demandant si Jane et Charles étaient revenus.
Lorsqu'ils arrivèrent à la maison, Jane était nulle part en vue, ni Charles, mais ils savaient qu'ils avaient à résoudre une dernière question avant le mariage, ils prirent tous deux une profonde inspiration et frappèrent à la porte fermée de la bibliothèque.
M. Bennet ordonna d'entrer, mais il sembla se dégonfler quand il vit qui c'était, et poliment bien qu'hésitant il leurs demanda de prendre place. William ne perdit pas de temps pour demander à son père si il avait décidé d'accepter sa proposition en ce qui concernait Miss Marie et Miss Kitty et il attendit patiemment pendant que M. Bennet croisait ses doigts et se contentait de regarder son bureau.
Son père parla enfin, mais il avait l'air très réticents à le faire et à contrecoeur admit qu'il «avait décidé d'accepter, une fois de plus l'ingérence de M. Darcy» ... En voyant le soupir et le regard froid de Lizzy, son père soupira et modifia son libellé ... « l'offre généreuse de M. Darcy d'envoyer les filles dans une école dans le Nord. »
M. Bennet admit qu'il n'avait encore informé personne de sa décision, en supposant, reconnut-il avec amertume, « que M. Darcy préférerait leur part de la bonne nouvelle de son offre généreuse lui-même. »
Lizzy ne pouvait pas croire que cet homme mesquin devant elle était le même père qu'elle avait toujours idolâtrée, elle le regarda d'un regard froid et d'une voix ferme, même si elle tremblait à l'intérieur, et lui dit «qu'elle avait honte de lui et de son comportement, en particulier compte tenu de tout ce que William avait fait pour leur famille. C'était M. Darcy qui avait sauvé sa famille et Lydia de la ruine, il avait pratiquement payé pour le mariage parce que sa mère ne pouvait pas être dérangée et il avait réunit Jane et Charles, pour ne pas mentionner permettre à la fois à Mary et Kitty de s'accomplir pour rencontrer un jour aussi un homme bon. »
Sa seule réponse à sa tirade, alors même qu'il semblait visiblement avoir pris dix années devant ses yeux, fut un murmure «exactement, mais alors tu n'auras plus besoin de moi quand tu auras un tel parangon pour mari » avant de sortir de la pièce.
Elle s'assit lourdement et voulut que ses larmes ne viennent pas et pour une fois, elles obéirent. Est-ce que son père pouvait vraiment être jaloux qu'elle ait choisie un autre homme que lui?
Après s'être assuré qu'elle allait bien, William avait encore des affaires à régler et comme elle n'avait pas encore finit d'emballer, il prit congé à regret.
Elle passa le reste de l'après-midi à emballer sa vie, au sens propre et au sens figuré, car elle estimait que les derniers vestiges de son enfance disparaissait à jamais.
Elle fit une pause pour le dîner, et bien que son père n'ait pas fait d'apparition et que Jane sembla anormalement calme, le bavardage excité de Mary et Kitty compensait le manque. Apparemment son père avait informé les filles de l'offre de William et elles étaient ravies à l'idée de non seulement passer l'été à Pemberley, mais de partir dans une école dans le Nord aussi.
Lydia avait essayée de faire des commentaires pointus sur la façon dont «l'école serait ennuyeuse» et «de la chance qu'elle avait de ne pas avoir à y aller » mais personne ne sembla lui verser toute attention, ce qui l'irrita, la faisant quitter définitivement la table en colère.
Mme Bennet semblait tout à fait hermétique à la bonne fortune de Marie et Kitty, et après un bref commentaire sur «à quel point la maison serait calme en leur absence, ce qui lui permettrait de planifier correctement le mariage de Jane » elle ne fit pas d'autres commentaires sur le sujet et passa le reste du repas à faire des suggestions de menu à Jane, qui faisait de son mieux pour apaiser sa mère sans pour autant être obligée de répondre.
Il avait été décidé que Marie et Kitty se joindraient à eux à Pemberley en Août, ce qui permettrait aux deux filles d'avoir suffisamment de temps pour s'équiper pour le climat plus fort du Nord et de leur donner la chance de passer du temps avec les Darcy avant de commencer l'école. William avait localisé une école adorable qui était seulement à une demi-journée de route de Pemberley et qui accueillait des filles de toutes classes sociales, contrairement à celle de Georgiana, de sorte qu'elles ne seraient pas offensées ou ne se sentiraient pas à leurs place en raison de leur manque de richesses et de connexions.
William et elle serait en lune de miel pendant un mois, mais il refusait obstinément de révéler où ils allaient, ce qui lui donnerait quelques semaines pour s'adapter à son nouveau rôle en tant que maîtresse de Pemberley avant leur arrivée.
Elle était à la fois effrayée et excitée à propos de tout ce que sa nouvelle vie entraînerait, mais elle savait que quoi qu'il arriverait, William serait à ses côtés tout le long. Sachant que tout était réglé, elle se hâta de sortir de la salle à manger et retourna dans sa chambre pour reprendre son emballage. Elle avait espérée finir et se coucher tôt pour être reposée et avoir les yeux brillants pour son grand jour ... mais ce ne fut pas le cas.
Sa mère avait fait une apparition peu de temps après le dîner et s'était assise sur le bord du lit en se tordant les mains, que ce soit par nervosité ou tension, elle ne le savait pas, mais il se passa quelques instants avant que sa mère ne commence son discours manifestement préparé. Il ne fallut pas longtemps à Lizzy pour se rendre compte que la version de sa mère de ce qui allait se produire sur sa nuit de noces ressemblait à quelque chose d'un roman de Radcliffe ... Le sang, la douleur et les cris ... et elle tenta judicieusement de couper la parole à sa mère.
Ce ne fut qu'au moment où sa mère commença à partager des conseils sur les meilleures excuses à utiliser pour décourager les redoutables visites nocturnes, qu'elle remercia rapidement sa mère et l'aida à sortir de la chambre. Elle n'était pas sûre de qui était la plus soulagée de la fin de la discussion, elle ou sa mère, mais ce fut avec un soupir de soulagement sincère qu'elle retourna à son emballage.
Hill toqua à la porte, elle arriva portant un plateau de thé rempli de ses bonbons et gâteaux préférés, et lui donna un câlin larmoyant d'adieu, elle pouvait difficilement reprocher cette interruption et avec gratitude se versa une tasse de thé vivifiante. Elle savoura ce répit et peu de temps après se mit à rire aux avertissements de sa mère.
Elle n'était peut-être pas aussi bien informée de ce qui se passait entre un homme et une femme que sa mère, mais elle doutait sincèrement, basé sur ses expériences antérieures avec William, que ce serait l'expérience horrible que sa mère avait décrit. Même si elle avouait être un peu nerveuse au sujet de l'acte en lui-même, elle était très impatiente de voir si c'était aussi agréable que tout ce qu'elle et William avait fait jusqu'à présent et elle doutait avoir besoin de trouver des excuses pour l'empêcher de venir dans son lit ... le problème était plutôt de le faire revenir dedans.
Elle se mit à rougir quand cette pensée lui traversa l'esprit, mais elle se souvint que William lui avait assuré qu'il voulait qu'elle exprime ses passions avec lui, et elle espérait vraiment qu'il le pensait.
Eh bien ... demain le dirait.
Elle plaça enfin le dernier élément dans son coffre et le ferma, elle appela ensuite les deux fils de Hill pour qu'ils le descendent et qu'il soit placé dans le chariot de William après la cérémonie de demain. Après s'être versée une autre tasse de thé encore chaude, elle se rassit sur le siège à côté de la fenêtre.
Elle entendit frapper à la porte avant qu'elle ne s'ouvre lentement pour révéler Jane, l'air hésitante et incertaine. «Puis-je entrer Lizzy? » demanda-t-elle doucement.
« Bien sûr, Jane, c'est ta chambre aussi» les mots, même si tu ne dors plus ici , restèrent non-dit. Elle posa sa tasse vide et plia ses jambes jusqu'à sa poitrine pour faire une place pour que sa sœur s'asseye.
Jane se mit assise sur le bord du lit et regarda ses mains, apparemment incapable de trouver les mots pour dire pourquoi elle était venue.
«J'ai parlé à Charles » commença-t-elle tranquillement « il a eu une révélation tardive. »
Quand Jane leva enfin les yeux et vit qu'elle n'avait pas l'air surprise par la nouvelle qui avait brisé son monde serein, elle ajouta avec une certaine rudesse «Bien sûr que tu le sais déjà, Mr. Darcy t'a probablement tout dit. »
Piqué au vif par l'accusation visant William, elle répondit à sa sœur plus durement qu'elle ne l'avait prévu. «Oui il me l'a dit, mais c'est seulement parce que nous partageons les choses et que William était inquiet pour Charles et toi. »
« Oui, eh bien, nous savons ce qui se passe quand William est inquiet pour son ami, n'est-ce pas? » demanda rhétoriquement Jane d'une voix qu'elle n'avait jamais entendue auparavant.
« Oui nous le faisons» dit-elle doucement, piqué par les mots de Jane, « il arrange les choses, comme tu le sais bien. Ce qui se passe maintenant est entre toi et Charles. »
Jane semblait s'effondrer dans la défaite à ses paroles, elle essuya une larme sur sa joue avant de répondre d'un ton conciliant maintenant.
« Je sais ... Je ... Je suis désolée. Je ne voulais pas sembler si accusatrice ... c'est juste ...» Elle fit une pause pendant un moment avant de reparler « ... c'est juste que plus rien n'est pareil. Charles a cette idée folle de partir pendant des mois et de trouver quelques biens dans un comté lointain et d'essayer d'être Mr. Darcy » voyant la confusion de Lizzy, Jane clarifia ses paroles.
« Il n'a pas dit cela exactement, mais je sais que c'est ce qu'il voulait dire. Il veut être son propre maître ou quelque chose du genre. Mais je croyais qu'il l'était déjà ... alors pourquoi maintenant? ... et pourquoi comme ça? » Jane semblait vraiment en détresse et elle voulait aider sa sœur à comprendre, mais elle n'était pas sûre de le pouvoir.
«Jane, il est tout simplement fatigué de permettre à d'autres personnes de prendre des décisions pour lui et il essaie de se tenir debout sur ses deux pieds pour changer. Je respecte le fait qu'il fasse cet effort, et si tu y réfléchis bien, tu devrais aussi le faire. Cela signifie qu'il essaie d'être un homme meilleur pour toi ... pas un qui est gouverné par sa sœur malveillante ou ses amis bien intentionnés. » ajouta-t-elle avec un petit sourire triste.
Elle pouvait voir le visage de Jane prendre de la couleur, mais elle ne pouvait pas discerner si oui ou non ses paroles avaient un impact sur sa sœur. Il ne fallut pas longtemps pour que la Jane qu'elle avait toujours connue et aimée reprenne ses fidèles habitudes.
Cependant elle ne trouvait plus attachante sa cécité flagrante de la réalité.
«Lizzy, je voudrais que tu ne sois pas si dur avec Caroline, elle est vraiment juste mal comprise. Elle est très douce et gentille une fois que tu apprends à la connaître. » dit Jane suppliante.
« Comment peux-tu dire ça, après ce qu'elle a fait à Charles ... Tu as vu son visage ... est-ce que ça à l'air d'être fait par une personne douce et gentille? » demanda-t-elle exaspérée par Jane.
« Eh bien ... elle était en colère et blessée ... comment peux-tu le lui reprocher, elle est forcée de quitter sa vie sans raison. J'ai essayé de parler à Charles pour qu'il change d'avis, mais il est resté étonnamment tenace à ce sujet et il a ensuite refusé d'en parler plus longtemps. »
Jane avait l'air complètement perplexe au sujet de l'absence de craintes de Charles pour sa sœur et de la façon dont il négligeait son opinion sur la question.
« Jane ... regarde-moi » dit Lizzy d'une voix contenue, «Caroline était après Charles pendant des mois pour rompre ses fiançailles avec toi » dit-elle clairement, afin que Jane comprenne chaque mot qu'elle prononçait.
« La vraie raison pour laquelle Charles a envoyé sa sœur loin, pourquoi il ne te l'a pas dit me dépasse, est parce-qu' après cette histoire avec Lydia, Caroline lui rabâchait en permanence de rompre tout contact avec notre famille » elle s'arrêta devant le regard choqué sur le visage de sa sœur.
«Jane, Charles a envoyé sa sœur loin pour toi ! Il l'a défiée et à cherché à améliorer les choses pour toi ... tu comprends maintenant pourquoi je ne peux pas tolérer cette femme? Eh bien ça et le fait qu'elle est toujours en train de se jeter sur William comme une chatte en chaleur tout en me dénigrant ... Non pas qu'elle ait réussi à la fin » elle terminait sa déduction mais s'arrêta brusquement devant l'expression horrifiée de Jane.
« Elisabeth Anne Bennet, comment oses-tu parler de quelqu'un de cette façon. Je ne peux pas croire que tu utilises ces termes grossiers et vulgaires pour décrire une dame distinguée comme Caroline » Jane hésita et parut réfléchir à ce qu'elle allait dire ensuite en voyant le regard sur son visage.
« Même si je dois admettre que son comportement envers Charles était un peu ... fâcheux ... et j'avoue que je ne suis pas heureuse d'apprendre qu'elle a essayée de convaincre Charles de rompre ses engagements envers moi ... elle sera bientôt ma sœur et je ne veux pas que tu dises du mal d'elle. »
Jane semblait choquée par son propre élan et rougit profondément, complètement inconsciente du fait qu'elle venait de choisir où allait sa loyauté ... et ce n'était pas vers la future Mme Darcy.
Si Jane choisissait de rester aveugle à tout ce qui se passait vraiment autour d'elle, Lizzy décida qu'elle ne perdrait plus le sommeil pour elle.
Elle avait toutefois une dernière chose à dire.
«Jane, je suis désolée que tu ais choisie le côté de cette femme vile sur moi, mais je dois reconnaître que c'est ta décision. Je ne vais pas cependant prétendre plus longtemps que ta distance récente ne m'a pas fait très mal. Je te souhaite vraiment le meilleur pour Charles et toi et j'espère que vous serez bénis avec de nombreux enfants en bonne santé, mais je crains, en particulier compte tenu de ta révélation actuelle, que je ne pourrai pas assister à votre mariage ... Vu que moi aussi j'ai fait mon choix. »
Elle se tourna vers la fenêtre pour cacher les larmes qui menaçaient de tomber à tout moment et entendit le souffle coupé de sa sœur derrière elle. Elle sentit alors des mains timides dans ses cheveux et entendit la voix plaidante et larmoyante de Jane.
« Oh Lizzy, je suis désolée, ce n'est pas ce que je voulais dire » Jane se mit à genoux devant elle et la tira vers elle «Je suis tellement confuse ces derniers temps, tous ce que j'ai toujours connu et cru semble être à l'envers ... et je ne peux pas ... Je n'arrive pas à leurs donner un sens ... Je suis tellement confuse »Jane tendit la main et lui caressa la joue.
Les larmes qu' elle avait essayée de retenir faisait lentement leur chemin sur son visage alors que Jane continuait à parler.
«Je suis désolée si je t'ai fait sentir mal aimée ... Je t'aime Lizzy ... J'étais tellement heureuse de mes fiançailles ... et puis Charles était si merveilleux ... et maman commençait à faire tous ces grands projets ... et j'étais si excitée ... et ... et ... oh Lizzy ... tu ne vois pas? Tu ne peux pas comprendre ce que je ressentais? » Jane s'arrêta quand elle réalisa pour la première fois exactement ce qu'elle venait de dire.
« Oui Jane » dit-elle avec regret: «Je comprends exactement ce que tu ressentais. »
Jane, sentant son faux pas mais ayant besoin de faire comprendre à Lizzy, continua de parler.
«J'ai toujours su que maman pensait que j'étais belle, douce et gentille ... je suis comme sa propre petite poupée, créée pour s'assurer qu'elle ne meure jamais de faim dans les haies. La chose est que j'ai réalisée que je ne serais jamais intelligente comme toi, ne jouerais du piano comme Marie, ou même serais aussi spontanée que Kitty et Lydia ... tout ce que j'avais était mon apparence et mes manières distinguées. »
Jane se leva et passa ses bras autour d'elle-même et parla de choses qu'elle n'avait jamais exprimées.
«Maman a peut-être semblée me dorloter, mais ce n'était pas l'amour ... J'étais sa denrée prisée faite pour être vendue au plus offrant ... » La voix de Jane devenait plus amère pendant qu'elle continuait de parler.
« ... Et papa ne respecte personne sauf toi ... peu importe comment je me comportais bien, ou comment propre et soigné je gardais mes vêtements ... tu arrivais en te promenant avec une robe déchirée, couverte de boue et d'herbe et papa faisait l'éloge de ton courage et de ton sens de l'aventure ... Rien de ce que je faisais semblait recueillir ses éloges » elle s'arrêta et se tourna vers sa sœur comme pour la supplier de comprendre.
«Jusqu'à ce que Charles ne revienne et tout à coup sa colère était contre toi et il passait du temps avec moi ... et je ... J' aimais ça. Je sais que c'était injuste envers toi, mais je n'arrivais pas à m'en empêcher ... pour la première fois dans ma vie tout était parfait » Jane vit la souffrance sur le visage de sa sœur et eut l'air de se dégonfler à nouveau.
«Eh bien, tout était parfait pour moi» Jane se laissa retomber sur le lit et parla très doucement,
« Mais alors, tout s'est de nouveau écroulé ... et encore une fois Mr. Darcy a fait irruption pour sauver la journée ... pas Charles ... Jamais Charles. »
Elle commençait enfin à comprendre d'où l'animosité apparente de Jane envers William venait ... elle aurait voulu que Charles soit le héros ... et son conte de fée aurait été complet. Elle n'était pas sûre de ressentir de la colère ou de la sympathie pour Jane, mais franchement elle était trop épuisée émotionnellement pour essayer de le comprendre.
«Jane» hésita-t-elle, pas vraiment sûr de ce qu'elle voulait dire à ce stade «Je suis désolée que tu ais eu l'impressions que je recevais un traitement préférentiel ... J'aurais pensé que toutes les insultes que maman me lançait alors que papa riait t'aurais fait comprendre que ma vie n'était pas toujours rose et ensoleillée ... mais je suppose que nous voyons le monde de notre propre point de vue et que nous ne parvenons pas à le voir à partir de celui des autres » elle s'arrêta et poussa un profond soupir.
« La chose est que demain est le jour de mon mariage Jane. J'épouse mon chevalier ... la seule personne qui a été là pour moi ce dernier mois ... sans aucun doute l'homme qui incite mes passions et remplit mon cœur. Il n'est pas parfait, mais là encore je ne le suis pas non plus, mais nous nous aimons ... malgré tout ce qui s'est passé ... nous nous aimons. »
Elle se leva et prit une profonde inspiration avant de traverser la salle et de se mettre à genoux face à Jane.
« La vérité est ... que je n'ai aucune illusion que papa va me pardonner comme par magie pour la chose que j'ai pu faire pour le décevoir ... ou que maman va tenir sa langue et s'abstenir de tous nous embarrasser ... ou même que Lydia ne fera pas en quelque sorte un spectacle d'elle-même ... ou que tu redeviendras l'ancienne Jane sur qui j'ai toujours compté ... ou que le mois passé ne soit jamais arrivé. »
Elle atteignit et embrassa Jane, les larmes de sa sœur continuait à couler sans contrôle sur ses joues.
« Ce qui est également vrai, c'est que je t'aime, et bien que tu m'aies fait mal, indépendamment de ce que tu as fait, je t'aime encore » elle s'arrêta et fit en sorte que Jane la regarde.
« Mais, je pense que tu dois beaucoup mûrir et j'espère que tu le feras avant d'épouser Charles sinon vous pourrez être tous deux très malheureux ... ce n'est pas facile de vivre un rêve. »
Elle serra Jane pour atténuer l'impact de ses paroles et la dirigea vers la porte.
« Maintenant, excuse-moi, mais je suis épuisée ... et je ne peux pas gérer plus de confessions émotives ce soir ... alors va au lit et nous en parlerons plus tard. »
Elle poussa doucement Jane à la porte et la referma fermement derrière elle avant de se laisser tomber sur le sol et de poser sa tête dans ses mains.
Demain ne pouvait pas venir assez vite!
Coucou, ça y'est vous connaissez la réaction de Caroline à la décision de Charles, qu'en avez-vous pensés? Et la conversation Lizzie Jane, vous vous attendiez à ça? Appréciez-vous cette Jane?
J'attends vos coms avec impatience pour ce chapitre, on se retrouve samedi prochain pour le chapitre tant attendu le MARIAGE.
A très vite
