Breathe

Orgueil et Préjugés ainsi que ses personnages appartiennent à Jane Austen

Breathe est une création de knitchick

Merci à ma Bêta Lagasy pour sa correction

Guest: Merci je suis ravie que ça te plaise, oui je pense faire une autre traduction d'orgueil et préjugés par la suite, bonne lecture, LamissAS: Merci, contente que ça t'ai plu, coco5331: Merci pour ton com, j'ai écouté la chanson très chouette, Marie: Merci, je me doutais un peu que ce chapitre plairait et c'est tant mieux je te laisse découvrir la suite, Gridaille: mdr, merci pour ton com, bonne lecture.


William leva les yeux de son bureau au son des rires de jeune fille qui dérivaient à travers la porte fermée. Il se rendit compte qu'elles devaient juste être rentrées de leur promenade quotidienne.

Ça avait été si agréable d'avoir sa sœur de retour à la maison, du moins pendant quelques semaines, jusqu'à ce que les trois filles aillent à l'école.

Mary et Kitty avaient été calme quand elles étaient arrivées la semaine précédente, mais depuis elles s'étaient assouplie et commençaient à s'ouvrir. Georgiana avait aidé à cela, surtout avec Kitty et maintenant elles étaient presque inséparables.

Comme prévu, Mary passait beaucoup de temps dans la salle de musique, mais heureusement, Georgiana l'avait convaincue d'essayer quelques morceaux de musique plus optimistes, elle jouait maintenant des airs plus gais ... au grand soulagement de tous.

Les dernières semaines avaient été heureuses, épuisantes, heureuses, stressantes, heureuses et frustrantes ... mais surtout heureuses.

Après cette horrible journée à Darcy House, à avoir du faire face à Charles, puis retrouver Elisabeth qui était prête à arracher les yeux de cette horrible femme Johnson, et enfin lire les lettres de la famille Bennet, il avait été plus que prêt à s'éloigner le plus possible de Londres et d'aller directement à la maison à Pemberley.

Il n'avait jamais eu de tendance à la violence envers les femmes, et même si ça aurait pu arriver avec cette femme qui avait fait douter Lizzy de lui et d'elle-même, ce ne fut que après avoir lu les paroles adressées à son amour par celles qu'elle appelait sa famille, que pour la première fois dans sa vie il lui fallut un effort considérable pour ne pas monter jusqu'à Longbourn et étrangler l'une d'elles.

Mme Bennet pour être juste une harpie vicieuse et ennuyeuse, sa plus jeune sœur Lydia pour être ... eh bien ... elle-même, et sa sœur Jane pour être à la fois égoïste et auto absorbée et pour briser le cœur d'Elisabeth.

Elisabeth avait fini par le convaincre que cela ne valait rien de décharger leurs colères sur l'une d'elles ... et qu'elle n'avait plus l'intention de s'en préoccuper. Elle avait envoyé une lettre courte, mais succincte à son père et sa mère en précisant qu'elle en avait finie. Elle serait heureuse d'accueillir Mary et Kitty aussi longtemps qu'elles le désiraient, mais que leur porte serait bien fermée à tout autre Bennet.

Il l'avait regardé de près pour voir si des traces de regrets subsistaient après avoir envoyé la lettre, mais il n'avait rien remarqué, sauf une tristesse passagère de temps en temps. Mais le reste du temps, elle semblait presque étincelante de bonheur.

Comme lui.

La confrontation avec Charles ce matin-là ne s'était pas très bien passé. Il avait été compréhensif avec lui la veille, parce que pour être honnête, il était encore choqué par ce que son ami avait partagé avec lui ... et qu'après trois verres de cognac Charles était assez inutile ... de sorte qu'il avait gardé ses récriminations jusqu'à ce que son ami soit sobre.

Après avoir eu le temps de sonder les choses avec Elisabeth, il était en colère du traitement sauvage que Charles avait fait avec les affections d'Emily. Un gentleman ne fait pas ce genre de chose. C'est ce que font les goujats... et tandis que Charles avait tendance à tomber dans et hors de l'amour assez facilement ... il avait toujours été respectueux et juste.

La situation était à la fois perplexe et décevante.

Charles avait eu l'air assez mal ce matin-là, mais cela n'avait pas arrêté Darcy de dire ce qu'il pensait à ...son ami ? ... Et de lui faire savoir exactement ce qu' il ressentait. Charles avait simplement écouté tout ce que Darcy lui disait; hochant la tête à certains endroits et grimaçant à d'autres, mais était resté étonnamment silencieux tout le long.

Sa réticence avait réellement surpris Darcy.

Après qu'il eut fini de lui expliquer les conséquences et les répercussions possibles de chaque décisions, il avait fait comprendre à Charles que si il ne faisait la bonne chose et honorait sa promesse à Jane, il ne serait plus le bienvenu dans leur maison.

Charles était resté silencieux pendant un certain temps après cela et Darcy s'était contenté de simplement boire son café et espérait que ses propos l'ait marqué. Il avait vraiment toujours voulu que son ami soit heureux et c'était pourquoi il avait commis l'erreur de conseiller Charles de quitter Netherfield, et par conséquent Jane, en premier lieu.

Après que son erreur ait été souligné à Rosings, il avait fait tous les efforts possibles pour corriger son erreur. Il avait eu tort et il n'était pas trop fier de l'avouer.

Il avait juste voulu retrouver son ami.

Et il voulait qu'Elisabeth soit heureuse.

Maintenant, une personne qui pourrait se conduire si témérairement avec quelqu'un, et qui donnerait à peine ou pas la peine de penser à sa fiancée actuelle ... cette personne n'était pas quelqu'un qu'il voulait comme ami.

Quand Charles avait enfin parlé, il avait eu l'air totalement vaincu. Il lui avait expliqué qu'il avait passé la nuit à analyser son comportement et s'était rendu compte qu'il avait commis une faute. Il lui jura qu'il remettrait les choses en ordre. Il avait prévu d'écrire à Jane pour lui faire savoir qu'il reviendrait dans quelques semaines pour l'aider à planifier le mariage et rouvrir Netherfield. Mais d'abord, il devrait s'occuper de la vente de la succession dans le Somerset et parler au père d'Emily du malentendu. Son espoir était que M. Palmer soit raisonnable et ne donne pas suite à ses menaces de duel.

Darcy ne s'était rendu compte que quand Charles avait pris congé, qu'il n'avait jamais mentionné de parler à Emily. Charles avait-il des sentiments réels pour cette femme?

Il avait décidé de faire une dernière enquête discrète au nom de Charles et le soir avant le dîner, il était allé voir son avocat pour qu'il trouve ce qu'il pouvait sur M. Palmer. Il aimait savoir à qui il avait affaire dans son travail et c'était le cas ... en quelque sorte. Il savait que ce n'était pas son problème, mais il se sentait mieux en sachant qu'il était mieux préparée si Charles devait avoir des problèmes avec cet homme.

Il avait finalement reçu un paquet par la poste il y a deux jours, mais il ne l'avait pas encore ouvert. Il avait tellement apprécié son temps avec Elisabeth et les filles, qu'il avait fait le strict minimum, optant plutôt pour aider sa femme à s'installer ... entre autres choses.

Ils avaient passés des heures et des heures à explorer toutes les criques cachées, les ruisseaux et les prairies sur son vaste domaine. Elle avait appris l'équitation assez rapidement, mais elle préférait toujours marcher ou monter avec lui ... et qui était-il pour se plaindre de ça?

La sensation des cuisses fermes d'Elisabeth et de ses fesses dodues appuyées contre son aine, pendant qu'ils montaient été stimulante, il n'aurait jamais pu l'imaginer ... jusqu'à ce que le cheval accélère.

Une érection n'était pas agréable contre le cuir dur de sa selle.

Il avait gardé son cheval au pas par la suite.

Ils avaient pris l'habitude d'apporter une couverture quand ils sortaient, car invariablement, ils se retrouvaient dans un certain type de situations amoureuses et ils avaient appris à la dure à toujours être préparés. Il ne pouvait tout simplement pas garder ses mains loin d'elle ... et heureusement, elle semblait avoir la même affliction ... il n'avait jamais été plus heureux ou plus épanouie dans sa vie.

Aussi longtemps qu'il s'en souvienne, il avait écouté les hommes parler franchement de leurs femmes, et ce n'était généralement pas d'une manière très flatteuse. D'innombrables fois, on lui avait conseillé de se marier, de produire un héritier et d'ensuite trouver une maîtresse ou deux pour satisfaire ses pulsions. C'était une pratique courante parmi ses pairs.

Une autre croyance répandue était que les bonnes femmes, les femmes de son cercle social, n'aimait pas avoir des relations sexuelles, c'était une chose qui était tolérée seulement pour la procréation. C'était un mal nécessaire. Le prix à payer pour une durée de vie sécuritaire.

Cela l'avait toujours dérangé, et s'il était honnête avait toujours été au fond de son esprit chaque fois qu'il envisageait le mariage. Il avait passé d'innombrables heures à observer des femmes ... des femmes jugées socialement acceptable pour faire la cour ... et alors que beaucoup étaient belles, accomplies ou assez jolies, elles semblaient toutes manquer de ... quelque chose.

Il avait constaté ce quelque chose chez Elisabeth. Dès le début, sa passion et son feu, sa joie de vivre, son intelligence et son esprit pétillant, et oui, même son hostilité envers lui, l'avaient intrigué. Il savait, sans trop comprendre comment, qu'elle serait tout aussi passionnée que lui dans la chambre, elle était tout en fougue ... et il mentirait si il disait que ça ne l'avait pas excité.

Ce fut cette pensée qui l'avait poussé à l'embrasser à Rosings. Car au moins une seule fois, il voulait ressentir ce feu, goûter son essence divine et voir si il avait raison.

Et ça avait été le cas.

Elle était tout ce qu'il aurait pu éventuellement espérer pour une femme ... et plus encore.

Il avait observé le mariage de ses parents à travers les yeux distraits d'un jeune garçon encore indifférent à de telles choses. Le fait que ses parents étaient évidemment très amoureux et très affectueux l'un envers l'autre était juste une chose qu'il avait prise pour acquis. Il avait fallu attendre après la mort de sa mère pour que son père commence à lui parler des femmes et du mariage.

Il s'était assuré que son fils ne se mêle jamais avec les servantes, c'était un comportement déplorable, indigne de l'héritier Darcy. Ainsi qu'avec les femmes célibataires, peu importe ce qu'elles offraient, ou aussi tentantes qu'elles étaient, ça ne se finirait pas bien, et ce n'était pas le comportement d'un gentleman. Si nécessaire, il y avait des endroits où l'on pouvait aller pour soulager ces pulsions, sans blesser personne ou ruiner la réputation d'une jeune fille.

Il voulait que son fils épouse quelqu'un digne du nom Darcy, mais au bout du compte, il voulait que lui aussi fasse un mariage d'amour.

Le sens du devoir de Darcy l'avait presque rendu aveugle à ce qui était juste en face de lui, mais à la fin il savait qu'il avait fait le meilleur choix possible. Il avait une femme belle et intelligente, dont il était fier; tout aussi passionnée que lui et qu'il aimait plus que tout.

La vie, la plupart du temps, était très bonne.

Puis son esprit dériva sans le savoir vers Charles.

Il n'avait pas entendu parler de lui depuis des semaines, mais Elisabeth avait reçu une lettre la semaine dernière de Jane avec les nouvelles du retour imminent de Charles à Netherfield. Apparemment, Jane et M. Bennet avait reçu une missive de Charles manifestant ses intentions.

Jane n'avait pas fait mention de cette lettre à Lizzy.

Darcy était soulagé que Charles ait fait le bon choix, il espérait juste que les choses avec les Palmers s'étaient bien passées. Il savait que Charles avait dû avoir une perte sur ses terres, il avait dépensé beaucoup d'argent pour les faire fructifier de nouveau, mais il n'avait pas recouvré ses frais il lui fallait quelques années. Il lui faudrait soit la vendre et engendrer une perte ... ou s'accrocher à la propriété, et une fois les choses un peu calmées y revenir. Au pire des cas, il pourrait embaucher quelqu'un pour les faire tourner jusqu'à ce qu'il puisse en faire acte à son futur fils.

Il fut sorti de ses réflexions par un léger coup avant qu'Elisabeth n'entre dans la pièce. Elle avait un éclat rose sur ses joues causée par sa promenade avec Georgiana et Kitty. Elle était plus que belle, et il y avait une étincelle dans ses yeux qui n'avait pas été présente à Londres. Il savait que, comme lui, elle préférait la vie rurale à la vie en ville, ce qui lui convenait parfaitement, car il était très heureux de vivre sa vie à la campagne.

Elle sourit et il lui fit signe de s'asseoir sur ses genoux, son endroit préféré pour elle ... eh bien, son endroit préféré pour elle sans public.

Il enfouit son visage dans le creux de son cou et inspira son parfum enivrant mélangé à l'odeur de l'air frais. Juste la sensation de l'avoir dans ses bras était assez pour le détourner de son entreprise, mais il n'y avait rien qui ne pouvait pas attendre ... à l'exception de l'embrasser ... Ce qui certainement ne pouvait pas attendre.

Elisabeth, comme c'était habituellement le cas, semblait tout aussi désireuse de l'embrasser. Il décida de tirer le meilleur parti de sa position sur ses genoux et passa une main sous sa robe et le long de sa cuisse intérieure vers sa chaleur de soie. Il pouvait sentir l'humidité s'infiltrer à travers le coton mince de ses sous-vêtements quand il la caressa, elle se mit à gémir envoyant un éclair de désir à son aine et le faisant gémir.

Il avait besoin d'elle ... maintenant!

Ils furent interrompus, comme ça semblait toujours être le cas ces derniers temps, par un coup frappé à la porte.

Il soupira de frustration quand il reposa doucement Elisabeth sur ses pieds et à contrecœur se déplaça pour aller ouvrir. Plus vite il voyait qui était là, plus vite ils pourraient revenir à ce qu'ils faisaient. Il se rajusta discrètement dans l'espoir de cacher les preuves de son excitation ... mais son pantalon ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination ... donc à la place il attrapa un livre et le posa devant lui.

C'était Mme Reynolds. Vu qu'elle les avait déjà surpris dans des situations compromettantes deux fois la semaine dernière, il doutait qu'elle croyait qu'il lisait.

«Monsieur, il y a quelqu'un qui veut vous voir» commença-t-elle de sa voix habituelle, ses yeux firent l'aller retour entre lui et Elisabeth presque trop rapidement pour le remarquer. Son petit sourire lui disait tout ce qu'il fallait savoir ... elle savait ce qu'ils faisaient ... et malgré son air de désapprobation, il savait que tout était pour le spectacle.

S'il était heureux, alors elle était heureuse.

Il était très satisfait de la facilité avec laquelle Mme Reynolds et Elisabeth s'entendaient et vu qu'elle était la chose la plus proche d'une mère qui lui restait, il était ravis qu'elle approuvait sans réserve son choix.

Elisabeth était exactement ce dont Pemberley avait besoin ... juste ce dont il avait besoin.

« Elle a dit que vous la connaissait peut-être par M. Bingley. Son nom est Miss Emily Palmer. » il reconnut le soupçon d'une question dans le ton de sa gouvernante. Il savait qu'elle était curieuse de savoir ce qu'une femme apparemment célibataire venait faire à Pemberley.

Il se demandait la même chose.

Il resta immobile un instant, son esprit incapable de comprendre pourquoi elle était là. Comment savait-elle même où le trouver? Était-elle venue ici pour causer des ennuis? Ou avait-elle besoin d'aide et attendait-elle en quelque sorte qu'il le lui fournisse?

Pourquoi était-elle ici?

Il regarda Elisabeth à titre indicatif, mais elle semblait tout autant perdue que lui. Mais sa femme était une femme d'action, alors elle redressa ses cheveux, lissa les plis de sa robe et le rejoignit à la porte avant d'aborder Mme Reynolds.

« Je vous remercie. S'il vous plaît accompagnez-la dans le salon bleu et faites envoyer un plateau de thé, cela sera grandement apprécié» l'affection de sa femme pour celle plus âgée était évidente dans sa voix et il l'aimait d'autant plus pour cela.

Il replaça le livre qu'il tenait sur la table, son utilité n'était plus nécessaire à la lumière de leur visiteuse et il jeta un œil à sa femme. Il n'était pas surpris de voir les mêmes questions passées dans ses yeux.

«Eh bien? Allons en finir avec ça et voir ce qu'elle veut. » il se pencha pour déposer un doux baiser près de son oreille: «Et alors nous pourrons reprendre là où nous nous sommes arrêtés » ajouta-t-il d'une voix faible.

« Oui, mon amour. » Ronronna-t-elle presque en réponse, sa couleur encore légèrement accrue de leur bref intermède.

« Bien, je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi elle est ici. Quelle affaire pourrait-elle avoir avec toi? » elle lui lança un regard entendu «J'espère que Charles ne l'a pas envoyé ici pour te faire face. »

« J'hésite à spéculer » répondit-il, en rentrant sa main dans son coude et il l'escorta hors de la pièce «Et toute affaire qu'elle a est avec nous deux. C'est préférable que de rester seul avec des étrangères, ma chère » dit-il avec un clin d'œil.

Ils ne parlèrent pas en traversant le couloir vers l'avant de la maison.

Le salon bleu, comme Elisabeth aimait tant l'appeler, était le plus proche salon de l'entrée principale et était rarement utilisé, sauf dans de rares cas comme celui-ci, lorsque l'appelant était inconnu. Il ne s'était jamais senti à l'aise de laisser entrer plus loin dans sa maison, qu'il n'était nécessaire, des personnes qu'il connaissait à peine, ce qui était l'une des raisons pour laquelle les visiteurs n'étaient pas autorisés à visiter l'intérieur de la maison pendant que lui ou sa famille étaient présent.

Il eut la pensée fugace que peut-être ils pourraient rester dans le «salon bleu» après le départ de Miss Palmer et voir si les banquettes étaient aussi confortables que celles dans le «salon jaune».

Strictement à des fins de recherche.

Il hésita devant la porte et donna une compression à la main de sa femme avant d'entrer dans le salon pour trouver une petite brunette avec des yeux bleus lumineux qui les attendait. Elle était certes jolie, mais pas assez pour le tenter. Il sourit à l'ironie de cette pensée et souhaita pouvoir la partager avec Elisabeth.

Elle appréciait son humour. C'était encore une autre chose qu'il aimait chez elle.

Elle se tenait à leur entrée. Si elle fut surprise de voir qu'Elisabeth l'accompagnait, elle ne le montra pas. En fait, elle avait l'air très raide et stricte et pas du tout comme Charles l'avait décrite. En la regardant de plus près, il remarqua qu'elle avait de profondes cernes sous ses yeux et malgré son expression détendue, elle semblait nerveuse, ses mains étaient fermement serrées à ses côtés.

Quelque chose la contrariait.

Il présenta lui-même et Elisabeth et l'invita à prendre place quand le plateau de thé arriva. Personne ne parla pendant qu'Elisabeth servit habilement le thé. Emily semblait presque reconnaissante d'avoir quelque chose pour occuper ses mains quand elle prit sa première gorgée.

Il décida de parler en premier, vu qu'elle paraissait incertaine de ce qu'il fallait dire. « Comment pouvons-nous vous aider Miss Palmer? »

Elle eut l'air momentanément surprise par sa voix, mais regagna rapidement son calme avant de répondre. « Je vous remercie de prendre le temps de me voir Mr. Darcy » elle hocha la tête vers Elisabeth, « Mrs Darcy. »

Elle prit une autre gorgée de thé avant de la remettre sur la table «Je suppose que par vos expressions que Cha ... M. Bingley vous a parlé de moi. Ai-je raison de cette hypothèse? »

Lorsque les deux hochèrent la tête elle poursuivit «Puis-je parler franchement? J'ai beaucoup de choses à dire ... et ce sera assez difficile ...» elle s'arrêta et prit une profonde inspiration, « je préfère juste en finir le plus rapidement et de façon aussi concise que possible, si cela vous convient. »

Elisabeth répondit pour eux deux «Mon mari et moi apprécierons vraiment si vous le faisiez Miss Palmer. »

Elle avait l'air mal à l'aise et semblait avoir un débat interne, avant de finalement leur offrir un sourire crispé et d'hocher la tête.

« Je suppose que ce serait mieux si je commençais dès le début » elle se tourna vers Elisabeth qui lui souriait et hocha la tête pour l'encourager, ce qui eut l'air de la mettre un peu plus à l'aise.

« Mon père » elle hésita, les yeux fermés, comme si elle souffrait.

William eut soudainement un très mauvais sentiment que cette histoire n'allait pas bien finir. Quand il sentit Elizabeth enfiler ses doigts étroitement sous les siens, il savait qu'elle ressentait la même chose.

Emily se racla la gorge et reprit «Mon père, que vous connaissez ou pas est propriétaire du terrain voisin à celui de Cha ... M. Bingley ...» elle s'arrêta quand il l'interrompit tranquillement.

«Peut-être, pour vous permettre de raconter l'histoire plus facilement , vous pourriez juste l'appeler Charles. Nous n'allons pas prendre ombrage de cette familiarité», il s'arrêta, «nous sommes conscients de la situation, ou du moins nous l'étions jusqu'à il y a trois semaines» ajouta-t-il en aparté.

Elle sourit faiblement et hocha la tête de nouveau avant de continuer.

« Charles ... » ajouta-t-elle en accentuant son prénom, mais il ne savait pas vraiment pourquoi « comme vous le savez sans doute déjà, a acheté la propriété voisine à la nôtre. Je l'ai rencontré pour la première fois quand il nous a rejoint pour le dîner, environ une semaine après son arrivée dans le Somerset. Il semblait être un homme très aimable, très heureux et très agréable » elle s'arrêta de nouveau et ferma les yeux comme si elle se souvenait de quelque chose de douloureux. Elle prit une profonde inspiration, redressa les épaules et reprit la parole.

« Il avait l'air d'assez bien s'entendre avec mon père, mais ce n'est pas inhabituel. Mon père peut être un homme aimable quand il le désire » sa voix était amère.

Il aurait voulu maintenant, avoir lu le dossier de M. Palmer.

«Mon père m'a clairement indiqué dès le début, qu'il s'attendait à ce que je fasse de mon mieux pour encourager les affections de Charles. Je n'ai pas toujours été d'accord avec mon père, mais des prétendants à Somerset qui répondent aux critères exigeants de mon père ne courent pas les rues, j'étais donc très heureuse de faire connaissance avec Charles et voir s'il y avait une sorte d'attraction mutuelle entre nous. »

Elle fit une pause pour prendre un verre de son thé, il en profita pour jeter un regard sur Elisabeth et voir comment elle réagissait à l'histoire jusqu'ici. Elle avait l'air perplexe et lui donna un petit sourire avant de se retourner pour faire face à Emily.

«Je me suis vite rendu compte que j'aimais passer du temps avec Charles. C'était facile de parler avec lui, il était attrayant et semblait vraiment juste avec ses locataires, ce qui me disait qu'il était un homme bon et compatissant. Le temps que nous passions ensemble paraissait solidifier dans l'esprit de chacun, en particulier mon père, que l'annonce officielle viendrait bientôt. »

Elle hésita et plissa son front.

«J'aimais bien Charles» dit-elle en le regardant dans les yeux comme si elle cherchait de la compréhension, «Je le faisais vraiment ... mais ... il n'y avait vraiment pas de passion, et il n'était pas exactement l'homme le plus ... intelligent ... de ma connaissance» elle s'arrêta pour évaluer leurs réactions à son appréciation peu flatteuse de l'intelligence de Charles. Il avait du mal à lui tenir rancune de son honnêteté, il s'était parfois aussi senti de cette façon au sujet de Charles.

Lorsque qu'elle n'obtint pas de récriminations à sa déclaration, elle eut l'air de se détendre légèrement avant de reparler.

« Je ne veux faire aucune offense envers votre ami, mais je ne vois aucune raison de cacher la vérité à ce point » Elle leur fit un autre faible sourire «Peu importe, j'avais décidée que s'il me le demandait, j'accepterai sa proposition. »

Il se demandait si Elisabeth avait du ressentiment envers Emily, vu qu'elle était, ou du moins, avait été, la concurrente de Jane. Sa femme donna à sa main un resserrement rassurant. Il pourrait jurer qu'elle savait exactement ce qu'il pensait de temps en temps.

Il se recentra sur Emily.

« Ce n'est pas la raison la plus altruiste de se marier, je le sais, mais notre société n'est pas exactement structurée de cette façon n'est-ce pas ? » Sa question était évidemment rhétorique, elle eut un rire amer à une chose qu'elle seule savait. «Je n'avais pas de grandes attentes pour tomber amoureuse de Charles, je l'ai déjà fait une fois dans ma vie et ça ne s'est pas bien terminé » elle s'arrêta comme si elle réfléchissait à ce qu'elle devait révéler.

«Vous voyez, j'ai commis l'impardonnable faux pas social de tomber amoureuse de quelqu'un jugeait indigne de moi. Quand mon père l'a découvert ... eh bien ... vous pouvez imaginer sa réaction » elle hésita «nous avions décidé de faire étalage des conventions et fait des plans pour s'enfuir ensemble » sa voix s'altéra « D'une certaine manière mon père l'a découvert ... et je n'ai jamais revu Robert de nouveau. »

Ils détournèrent tous deux les yeux pour laisser un moment à Emily de se calmer. Elisabeth en profita pour remplir toutes les tasses de thé et servir le gâteau, un geste qu'Emily sembla apprécier et elle offrit à Elisabeth un petit sourire de remerciement.

Elle prit une gorgée de son thé nouvellement réchauffé avant de reprendre la parole.

«Je soupçonne mon père d'avoir, en quelque sorte, emmené Robert loin, mais je n'ai jamais pu prouver quoi que ce soit, et finalement, la question a été abandonnée. Quand Charles est arrivé, je l'ai reconnu pour ce qu'il était, ma meilleure possibilité de sortir de sous le contrôle de mon père pour de bon » elle sourit timidement,« je me rends compte que cela doit paraitre mercenaire, mais j'appréciais vraiment Charles et j'aurais travaillé dur pour être la meilleure épouse possible pour lui. »

Tout à coup elle se pencha en avant, ses yeux suppliant rivés vers eux. « S'il vous plaît sachez que je le pense vraiment. La dernière chose dont j'avais envie été de blesser Charles. J'ai toujours pensé qu'il était un homme bon ... un homme d'honneur ... » elle s'arrêta tout à coup, comme si elle était consciente de faire la lumière sur la duplicité de Charles.

« Comme vous le savez très bien, la proposition n'ait jamais venu. Il dansait avec moi chaque danse, nous avons marché ensemble sans chaperon autour de la succession ... et nous sommes devenus amis ... ou du moins je le pensais » elle regarda ses mains qui étaient serrées fermement sur ses genoux.

Avait-elle essayé de le forcer en les mettant dans une position compromettante, ou avait-elle juste voulu lui permettre de ne pas tenir compte du diktats social parce qu'elle pensait qu'il lui faisait la cour?

Il essayait d'être juste envers Emily, mais il avait des doutes sur le niveau d'intimité qu'elle lui avait permis. Elle aurait dû être préoccupée par sa propre réputation, même si Charles ne l'avait pas fait.

Sa voix semblait moins sûre maintenant.

« Charles avait dit à mon père qu'il devait aller à Londres pour affaires pendant une semaine ou deux, ou du moins c'est ce que mon père m'avait dit à l'époque. Ça ne fut que quand Charles est revenu il y a une semaine, que j'ai découvert la vérité » elle cligna rapidement des yeux et les détourna, ses mains tremblaient alors qu'elle tentait de prendre une tasse de thé.

Était-elle contrariée par la défection de Charles? Il ne s'attendait pas à ce qu'elle le soit, car elle n'avait pas l'air de tenir énormément à lui. Sa situation avec son père devait être pire qu'elle ne le laissait entendre.

Ou ratait-il quelque chose d'évident?

Quand elle recommença à parler, sa voix tremblait un peu «Je savais qu'il était de retour dans la région, il n' y a pas de secrets dans les petites villes, mais presque une semaine s'écoula avant que Charles ne vienne nous rendre visite, l'air très nerveux et agité, il semblait presque soulagé quand il fut informé que mon père était sorti. Je ne pense pas qu'il s'attendait à me voir et pour être honnête il n'avait pas l'air très heureux. »

Elle secoua la tête exaspérée «J'aurais dû savoir alors que quelque chose n'allait pas, mais j'étais juste contente qu'il soit revenu, comme je le croyais à l'époque, pour moi. Nous avons parlé de banalités jusqu'au moment où il eut l'air de venir à une résolution , il m'a demandé de faire un tour avec lui dans le jardin. J'ai juste su que c'était ça ... il allait proposer. »

Elle avait l'air de se perdre dans ses pensées une fois de plus. Elle le faisait beaucoup et c'était assez distrayant.

Il lança à Elisabeth un regard interrogateur, sa patience était en déclin, mais elle secoua la tête ... pour qu'il patiente.

Il n'était pas habitué à devoir attendre quand il voulait des réponses.

Ils mordaient dans leurs gâteaux et buvaient du thé, chacun tentant de paraître indifférent à la femme assise en face d'eux qui avait apparemment oublié leur existence.

Il se racla la gorge doucement dans l'espoir de la sortir de ses pensées. C'était, après tout, leur maison, et il n'avait aucune envie de divertir une femme repoussée par Charles « plus longtemps » que nécessaire.

Surtout, quand il pourrait être occupée à des activités plus agréables.

Comme terminer ce qu'il avait commencé avec Elisabeth dans son étude.

Il se rendit compte qu'il était pas très aimable, mais il était vraiment malade de toujours avoir à nettoyer les dégâts de Charles. N'était-ce pas de quoi il s'agissait? Elle était évidemment venue ici pour une raison.

Était-ce pour de l'argent?

Il se raidit quand une pensée horrible lui traversa l'esprit. Était-elle enceinte? Charles avait-il commis l'acte impardonnable de compromettre complètement cette femme? Et si oui, pourquoi Charles ne lui avait-il pas dit?

Parce que Charles savait comment il allait réagir à ce genre de nouvelles, voilà pourquoi.

Alors que son esprit errait sur plusieurs hypothèses, sa colère face à son ami dégénéra, jusqu'à qu'Elisabeth commence à ressentir sa détresse croissante et caresse doucement son bras dans le but de le calmer. Il apprécia le contact, même si il ne contribué guère à apaiser sa colère grandissante.

Elle le sentait se crisper, et sans aucun doute son esprit était aussi occupé à essayer de déterminer les raisons pour qu'Emily soit ici.

Si seulement elle pouvait juste leur dire ... si seulement elle ...

Ses pensées de plus en plus hostiles furent interrompues quand elle reprit la parole.

« S'il vous plaît pardonnez-moi » balbutia-t-elle «ce n'est pas facile d'en parler, mais j'ai fait la promesse à Charles que je viendrais et que je remplirai mon serment. »

Ses mots, au lieu de clarifier les choses, les rendirent encore plus confus.

Elle continua là où elle s'était arrêté, comme si elle n'avait jamais cessé de parler.

« Une fois dans le jardin, Charles était hésitant à expliquer pourquoi il était parti. Il s'est excusé de m'avoir donné l'impression de me faire la cour, il m' a parlé de Miss Jane Bennet et qu'ils étaient déjà fiancés. Il m'a informé qu'il allait retourner à Meryton pour aider à la planification du mariage dès qu'il aurait parlé à mon père. »

Elle le regarda, les yeux tristes. «Je l'avoue, ça m'a pris complètement par surprise. Pendant tout le temps où nous avions interagi, Charles n'avait jamais fait allusion au fait d'être fiancé. Je ne l'aurai jamais poursuivi, ni permis ses attentions si j'avais su. S'il vous plaît croyez-moi. »

Elle avait l'air sincèrement affligée, et il ne pouvait pas s'empêcher de la croire ... pour ça du moins.

« Il a pris congé une fois qu'il avait partagé ses nouvelles avec moi, je suis sûre qu'il pouvait voir que j'étais bouleversée et il avait l'air sincèrement désolé de m'avoir « trompée » comme il le disait, mais le mal était fait et j'étais une fois de plus coincée dans une situation intenable sans issue en vue » elle hésita.

Il savait en quelque sorte que la mauvaise partie était à venir, ses épaules étaient tendues tandis que ses yeux se précipitaient dans la pièce à la recherche d'une distraction ... ou d'une ancre.

«Mon père n'est pas rentré cette nuit-là jusqu'à très tard et il a passé le lendemain matin enfermé dans son bureau. Ma mère était resté dans sa chambre, quelque chose qui se passait de plus en plus fréquemment ces derniers temps vu que sa santé se détériore, alors j'ai été les chercher pour le déjeuner. C'est alors que l'un des serviteurs m'a informé que mon père avait beaucoup bu et refusait de manger. J'avais hâte de lui parler, mais je savais qu'il ne valait mieux pas de s'approcher de lui quand il avait bu. Mon père n'est pas un homme gentil quand il boit. »

Elle semblait parler de plus en plus vite au fur et à mesure de son histoire comme si elle voulait en finir au plus vite.

Ce n'était pas un bon signe et il sentit sa tension revenir.

« J'ai mangé un déjeuner tranquille et j'allais sortir me balader, je pensais que faire un tour pourrait calmer mes nerfs, quand j'ai entendu mon père crier après quelqu'un dans son bureau. Je pensais que c'était un domestique qui avait involontairement provoqué sa colère, même si la plupart savait s'éloigner de lui et de son bureau quand il était ivre. Un serviteur ou deux l'avaient appris à la dure. Alors, j'ai décidé de faire ce que je pouvais pour intervenir au nom de cette personne avant qu'il ne blesse quelqu'un ... il était généralement moins susceptible de s'en prendre à moi ... »

Elle s'arrêta de nouveau, ses yeux flous comme si elle voyait la scène se rejouer dans sa tête. Quand elle reprit la parole, sa voix était plus douce, plus incertaine.

« En m'approchant, j'ai reconnu l'autre voix qui se disputait avec mon père. C'était Charles. Je ne pouvais pas beaucoup entendre de ce qu'ils disaient, mais il était évident que mon père était très, très en colère. Je l'ai clairement entendu appeler Charles de «lâche menteur» et Charles tentait, je suppose, d'apaiser mon père. »

Elle s'arrêta de nouveau et déglutit « La prochaine chose que j'ai entendu ... j'ai entendu ...» elle regarda Darcy droit dans les yeux, ses yeux débordant de larmes.

Son ventre se serra de peur, il ne voulait pas qu'elle finisse son histoire, tout en sachant qu'elle le devait. Il essayait de saisir son ancre, ressentant un certain degré de confort quand la main d'Elisabeth se glissa dans la sienne.

«J'ai entendu un coup de feu ... puis le bruit d'un corps touchant le sol. Je ne savais pas quoi faire, mais je savais que je devais faire quelque chose. Soit mon père, soit Charles, avait été touché ... et j'avais besoin de savoir» elle parlait presque trop rapidement, mais chacun de ses mots étaient comme des coups pour lui.

Il savait ce qui allait arriver ... et il voulait pouvoir l'arrêter ... L'arrêter de dire ses mots.

« J'ai réunis quelques-uns des plus forts serviteurs de la maison et ai doucement ouvert la porte. Mon père était affalé sur son bureau, les yeux vitreux, un fusil suspendu à ses doigts lâches ... et Charles ... Charles était couché sur le sol dans une mare de sang ... une balle dans la poitrine. »

Darcy pouvait sentir sa poitrine se resserrer et Elisabeth enrouler ses bras autour de lui, les larmes coulantes silencieusement de ses yeux pendant qu'elle essayait de le réconforter. Il ne pouvait pas parler, mais il avait besoin de savoir.

Elisabeth, sentant sa détresse, posa la question qu'il n'était pas en mesure de demander.

Sa voix était épaisse de larmes, elle parlait presque trop doucement pour être entendu, « Est-il ... est-il ... Qu'est-il arrivé à Charles? »

Emily eut l'air surprise de cette interruption, il lui fallut un moment pour comprendre ce qui avait été demandé. Ses yeux leur donna la réponse qu'ils ne voulaient pas entendre. Elle avait l'air infiniment triste.

Il voulait lui crier dessus, crier sur M. Palmer, crier sur tout le monde, mais il avait surtout envie de crier sur Charles pour s'être mis dans une situation qui avait finis sa vie prématurément.

Son corps commença à trembler et il savait qu'il ne serait pas capable de se maîtriser beaucoup plus longtemps, mais il n'allait pas s'effondrer devant cette femme. Il tiendrait à distance la douleur qui menaçait de l'engloutir... jusqu'à ce qu'il puisse être seul ... jusqu'à ce qu'ils puissent être seuls.

Comme si elle sentait son besoin d'entendre les détails restants, Emily continua, sa voix était désolée et ses yeux larmoyants.

«J'ai envoyé un des serviteurs chercher le médecin, et un autre pour un agent. J'ai pu prendre le fusil de mon père aisément ... Vu qu' il semblait en état de choc face à ce qu'il avait fait. J'ai essayé d'arrêter le saignement sur le torse de Charles ... mais ... ça ... ne ... s'arrêtait ... pas. »

Sa voix tremblait.

«Il m'a demandé de venir plus près ... Charles, je veux dire ... m'a demandé de venir plus près. Il pouvait à peine parler. Il s'est excusé pour la façon dont il m'avait traité ... et m'a prié de vous trouver» balbutia-t-elle, un petit sanglot lui échappa, mais elle poursuivit.

«Il m'a supplié de vous trouver et de vous dire qu'il était désolé ... et ... et ... et ... merci ... pour être son seul ... véri ... véritable ... ami. »

Emily perdit la bataille avec ses larmes et s'effondra contre l'accoudoir.

Elisabeth pleurait silencieusement et le regarda pour voir comment il tenait. Il avait du mal à garder le contrôle.

Il fallait qu'elle finisse pour qu'il puisse s'éloigner d'elle.

Il savait qu'il était irrationnel de la blâmer pour ce qui était arrivé à Charles, mais la douleur était rarement rationnelle.

Elisabeth offrit à Emily un mouchoir avant de quitter la pièce et de revenir avec une bouteille de cognac et trois verres. Elle versa une quantité généreuse dans chaque verre avant de lui en donner un et d'en placer un autre dans la main d'Emily pour l'encourager à boire avant de prendre elle-même une gorgée.

Il avala le liquide enflammé d'un seul coup et à sa grande surprise, Emily fit la même chose. Ça semblait lui donner le sang-froid dont elle avait besoin pour terminer l'histoire.

Elisabeth prit sa main entre les siennes et les tint serrées, elle était la bouée de sauvetage dont il avait besoin.

«Mon père ne s'est même pas débattu quand l'agent est arrivé et l'a placé en état d'arrestation. Le médecin est venu peu de temps après ... mais Charles était déjà ... il était trop tard. »

Elle le regarda, les yeux désolés une fois de plus, «j'ai appris par ma mère que mon père était profondément endetté et que la succession devra être vendue pour les payer, laissant ma mère et moi sans rien. Non pas que cela puisse importer mon père. Il sera soit pendu, soit mourra en prison, ou sera exilé » elle ne semblait pas le moins du monde préoccupé par le sort de son père.

« Peu importe, nous sommes ruinées. Evidemment, il comptait sur l'argent de Charles pour le sauver ... pour nous sauver ... et ne l'a pas bien pris quand Charles a rompu les choses. »

Elle semblait s'être un peu ressaisie, elle se leva, visiblement désireuse de partir maintenant que sa promesse était remplie.

Elle avait une dernière chose à dire cependant, «Je suis tellement désolée d'avoir à être celle qui vous annonce cette nouvelle. Charles parlait si bien de vous à plusieurs reprises » elle s'arrêta, « L'agent s'est renseigné et a pu communiquer avec son avocat. C'était le même homme qui l'avait aidé à acheter ses biens, son nom figurait au dossier. Aux dernières nouvelles, son corps a été envoyé à sa famille à Scarborough pour l'enterrement. »

Dès qu'elle eut fini de parler, elle quitta rapidement le salon, aucune des parties concernées ne se souciaient du manquement de bienséance.

Ils étaient tout aussi heureux de la voir partir qu'elle ne l'était.

William relâcha enfin la bride serrée qu'il avait sur ses émotions et enfouit sa tête dans ses mains. Il pleura sa douleur, sa colère et sa culpabilité.

Elisabeth enroula ses bras autour de lui et le serra aussi fortement qu'elle le pouvait, le berçant doucement en chuchotant qu'elle l'aimait encore et encore.

Et cela était suffisant.


Coucou, j'espère que tout le monde va bien?

J'attend vraiment vos réactions sur ce chapitre, comme je vous l'avais dit au chapitre précédent c'est le dernier avant 5 épilogues.

Vous vous attendiez à ça? La mort de Charles?

On se retrouve très vite pour le premier épilogue contenant 2 POV celui de Mr Bennet et celui de Jane.

Bonne semaine, bisous. Emilie