Les Caprices du cœur
La haine se nourrit de peur et d'amour
Chapitre 7
Alice et moi roulions en direction d'Oxford, là où la cérémonie de mariage avait lieu. Il était encore tôt mais nous voulions arriver en avance afin de pouvoir nous préparer tranquillement chez Rosalie qui nous attendait impatiente. Étant à bord de la voiture de mon amie, je ne conduisais pas mais me contentais d'observer le paysage d'un regard vague, massant doucement mon poignet fragile qui était de nouveau à l'air libre depuis quelques jours déjà.
D'une oreille distraite, j'écoutais les propos d'Alice qui me parlait de Jasper. Visiblement, la soirée qu'ils avaient passée en tête à tête avait été merveilleuse. Ils s'étaient embrassés. Pourtant, selon elle, ils ne sortaient toujours pas ensemble.
Après avoir mis un certain temps à trouver la demeure de Rose, nous arrivâmes enfin à destination et fûmes accueillies par ses parents. Une fois à l'intérieur, nous rejoignîmes la future mariée qui était rayonnante mais aussi, et surtout, plus stressée que jamais.
Je remarquai bien vite que, malgré l'heure, il y avait déjà pas mal d'inconnus sur les lieux. Dehors, plusieurs personnes décoraient le grand jardin attenant à la villa afin que l'apéritif de bienvenu fût parfait. Le personnel engagé pour l'occasion s'attelait également en cuisine afin de concevoir des centaines de mets culinaires. Pour finir, l'organisatrice de mariage courait dans tous les sens, son téléphone en main.
« Venez avec moi » nous ordonna Rosalie.
Nous rejoignîmes le palier supérieur et entrâmes dans une pièce où le rose dominait et qui devait très certainement être sa chambre.
« Il est neuf heures. L'apéritif commence à midi trente. Nous avons trois heures et demie pour nous préparer, résuma-t-elle ensuite en prenant place sur le rebord de son lit.
― Ne perdons pas plus de temps ! » s'exclama Alice avec enthousiaste.
Alison et Elena ne tardèrent pas à nous rejoindre puis ce fut la maquilleuse qui fit son apparition afin de superviser le tout. Enfin au complet, nous inspectâmes le moindre centimètre carré de notre corps. Nous nous coiffâmes, nous épilâmes, vernîmes nos ongles en portant toujours plus d'attention à Rosalie qui devait être parfaite. Une à une, nous passâmes entre les mains expertes de Sylvia, la maquilleuse, et étant la première à être prête, j'inaugurai l'événement. Le résultat fut époustouflant.
Vint ensuite le moment de revêtir nos robes. Avec une précaution exagérée, j'enfilai la mienne qui moulait ma silhouette avec sublime. Nous nous retrouvâmes habillées à l'identique à l'exception de Rose. Même si cette dernière ne portait pas encore la robe blanche, la tenue sobre qu'elle avait choisie différait de la nôtre.
Lors de l'apéritif précédant la cérémonie officielle, il était coutume de ne point dévoiler la robe de mariée au futur époux. Il devait en effet l'apercevoir pour la première fois lors de l'entrée magistrale de sa future femme dans l'église. Et bien entendu, aucun contact n'était permis entre eux jusqu'à ce moment tant attendu. L'apéritif était en quelques sortes un supplice pour les deux jeunes gens amoureux.
Lorsque finalement nous fumes fin prêtes, midi sonna. Tandis que nous étions toujours à l'étage, Emmett appela Alice pour nous signifier son arrivée en compagnie de ses parents. Cette nouvelle fit bondir Rosalie qui se mit à ronger ses beaux ongles avec nervosité.
« Rose ! Tu vas abîmer ta manucure ! pesta Alison.
― J'ai peur ! cria-t-elle.
― De quoi ?
― Je ne sais pas ! Je veux le voir, décida-t-elle en se relevant brusquement.
― Je t'interdis de bouger, la retint Elena. Tu ne descendras que lorsqu'il y aura suffisamment d'invités pour ne pas être tentée de lui parler.
― Et s'il change d'avis ?
― Impossible, la rassurai-je. Vous êtes faits l'un pour l'autre. »
Sur ces mots, le silence revint emplir la chambre à l'intérieur de laquelle nous étions enfermées depuis plusieurs heures.
Près d'une heure plus tard, l'organisatrice de mariage vint nous prévenir qu'il était enfin temps de rejoindre la foule qui regroupait environ deux cent personnes.
« Nous y sommes, nous dit Rosalie. N'oubliez pas que vous êtes mes demoiselles d'honneur. Je compte sur vous pour me venir en aide si j'ai le moindre problème.
― Ne t'en fais. »
Nous arrivâmes au rez-de-chaussée puis sortîmes de la bâtisse à pas de velours.
Dehors, le jardin était méconnaissable. La décoration était sublime et la foule impressionnante.
« Bonne chance » nous souhaita Alison.
Nous nous dispersâmes en vitesse, incapable de rester groupées dans de telles conditions. Ne connaissant pas grand monde, je me dirigeai vers le buffet et saisis un première coupe de champagne afin d'étancher ma soif.
« Bella ! Quel plaisir de te revoir ! »
Je pivotai d'un quart de tour pour finalement apercevoir Esmée qui me salua sans plus attendre.
« Comment vas-tu ?
― Bien et vous ? lui demandai-je gênée.
― Aussi, me répondit-elle. Tu es très belle, me complimenta-t-elle ensuite en m'observant attentivement des pieds à la tête.
― Merci.
― Et mon fils est visiblement du même avis que moi » termina-t-elle en fixant un point imaginaire situé derrière moi.
Avant que je n'eusse le temps de me retourner, une étreinte rassurante m'enveloppa et une odeur familière enivra mes sens. Un torse musclé se retrouva plaqué contre mon échine et des lèvres soyeuses vinrent picorer ma nuque, me faisant trembler avec démesure. Les battements de mon cœur s'affolèrent et ma respiration s'accéléra dangereusement.
« Vous êtes beaucoup trop crispée » susurra une voix virile près de mon oreille que je reconnus sans peine.
Je hoquetai silencieusement, offrant un sourire gêné à Esmée qui nous observait toujours.
« Où est papa ? continua Edward à l'intention de sa mère, gardant ses bras autour de ma taille.
― Je l'ai perdu, lui répondit-elle.
― Est-ce que v… Est-ce que tu es venu avec Jasper ? » demandai-je à mon prétendu petit ami afin de paraître naturelle et détendue en sa présence.
Je tournai légèrement la tête sur le côté afin d'apercevoir son beau visage à seulement quelques centimètres du mien.
« Oui, nous avons pris ma voiture, me dit-il en me dévisageant impoliment. Comment s'est passée ta matinée ? s'intéressa-t-il faussement, faisant alors bonne figure devant Esmée. Pas trop dure ?
― Épuisante. Les filles et moi avons passé des heures dans la chambre de Rose à nous pomponner, lui appris-je, toujours tendue de par sa proximité.
― Ça valait la peine. Tu es magnifique » ajouta-t-il, son regard perdu dans le mien.
Et le temps d'une seconde, j'eus envie de croire en la sincérité de ses paroles.
« Elle est superbe ! reprit Esmée avec enthousiasme. Et toi aussi, montre-toi » ajouta-t-elle à l'intention de son fils.
Saisissant l'opportunité de me défaire de son étreinte, je dénouai lentement les bras de mon partenaire qui me maintenaient prisonnière et me tournai vers lui afin d'observer son allure générale.
Face à moi se tenait un homme digne des plus célèbres magazines de mode. Il portait un costard noir et une cravate de la même couleur, le tout masquant une chemise blanche légèrement transparente. Cette tenue, pourtant classique, le rendait plus beau que jamais.
Incapable de parler ni même de détourner les yeux, je portai mon verre de champagne à mes lèvres afin de boire son contenu d'une traite.
« Vous êtes très assortis !
― Merci maman. »
Suite à cela, la mère de Rosalie apparut à quelques mètres de nous et Esmée s'empressa de la rejoindre afin de papoter avec elle.
Désormais seule avec Edward, je me raclai la gorge maladroitement et posai ma coupe vide sur le plateau d'un serveur qui passait par là. J'attrapai trois petits-fours et les avalai en quelques bouchées, essayant tant bien que mal d'ignorer le regard d'Edward qui pesait sur moi.
« Quelle élégance, me fit-il remarquer.
― J'ai faim » lui avouai-je alors.
Il acquiesça silencieusement puis reprit la parole.
« Emmett et Jasper sont au courant pour nous deux. J'ai préféré les prévenir de notre arrangement pour éviter toute maladresse de leur part devant mes parents.
― Rose et Alice sont également prévenues.
― Parfait » conclut-il avant de s'éloigner à grands pas, me faisant clairement comprendre que ma présence le hérissait.
Je grognai intérieurement puis cherchai les filles du regard. Alice était assise sur un banc, en compagnie de plusieurs personnes dont Jasper et Alison. Je m'avançai vers eux de manière indécise.
« Bella ! Viens t'asseoir avec nous » héla mon amie après m'avoir aperçue.
Après avoir salué tout le monde, je m'installai entre elle et un homme blond dont j'ignorais l'identité mais dont l'allure me laissait sans voix.
« Laisse-moi te présenter Steve. C'est un cousin à Rose, il est garçon d'honneur, m'apprit Alice en pointant l'inconnu du doigt.
― Enchantée de vous connaître, me dit ce dernier d'une voix sensuelle.
― Moi aussi, lui répondis-je niaisement sous le charme de son beau sourire.
― Est-ce que vous aussi vous travaillez avec Rose ? me demanda-t-il ensuite.
― Oui, depuis peu. »
L'apéritif dînatoire dura plusieurs heures durant lesquelles je discutai avec de nombreuses personnes, ne manquant pas de saluer Carlisle. Vers seize heures, le père de Rosalie annonça à l'assemblée qu'il était temps de rejoindre l'église. La plupart des invités quittèrent les lieux sans plus attendre, désemplissant très nettement le jardin. Les filles et moi aidâmes Rose à revêtir sa robe puis chacune de nous, à l'exception de la mariée, rejoignit son cavalier.
Sur le parking, les garçons d'honneur nous attendaient sagement.
Elena et son mari furent les premiers à partir. Alison et Steve, son cousin, disparurent ensuite. Jasper accueillit Alice l'air enchanté et ils quittèrent la villa peu après. Je me tournai vers Edward qui m'attendait adossé au capot de sa voiture puis avançai vers lui d'un pas lent.
« Allons-y avant que Rosalie ne sorte de la maison » lui dis-je en désignant du menton la sublime Mercedes qui attendait la mariée.
Le trajet fut bref et silencieux. Edward ne m'adressa pas même un regard et de mon côté, je préférai observer la route.
Il se gara bientôt entre deux voitures décorées pour l'occasion et nous poussâmes tous deux le même soupir d'appréhension à la vue de toute cette foule qui emplissait désormais la placette attenante à la cathédrale.
Après avoir verrouillé son automobile, Edward vint à mon encontre et nous avançâmes d'un même élan, rejoignant ainsi nos amis.
« Les invités sont priés d'entrer » nous annonça le prêtre depuis le sommet des marches menant à l'église.
La foule se pressa à l'intérieur de l'édifice. Les membres du cortège tels que les couples d'honneur, les témoins et les proches des mariés restèrent à l'extérieur.
Une première voiture vint déposer Emmett et sa mère devant l'église. Ils patientèrent un moment avec nous puis entrèrent les premiers au son d'une douce mélodie. Le père d'Emmett et la mère de Rosalie les imitèrent peu après puis ce fut au tour des témoins d'avancer.
« C'est à nous » réalisa ensuite Alice en s'adressant à son cavalier.
Ce dernier lui sourit puis l'entraîna à sa suite. Les autres couples d'honneur suivirent puis, enfin, j'agrippai le bras d'Edward. Nous pénétrâmes à l'intérieur de la grande bâtisse ensemble et je devins bien plus nerveuse lorsque tous les regards se braquèrent sur nous. Cherchant un quelconque soutient, je relevai le visage vers Edward qui me fixait attentivement. Nous nous plaçâmes à la droite de l'autel près d'Alison et Steve, faisant face aux deux autres couples.
Finalement, après une attente insoutenable pour tous, Rosalie entra au bras de son père et le visage d'Emmett s'illumina.
« Je déteste les mariages » souffla Edward à mon oreille quelques secondes plus tard.
Je lui jetai un regard mauvais.
« Tout ceci me paraît bien futile, ajouta-t-il d'une voix basse de façon à ce que je fusse la seule à l'entendre.
― Taisez-vous, lui ordonnai-je tout bas.
― Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? continua-t-il tandis que le curé entamait son long discours.
― Absolument pas. Le mariage est une preuve d'amour. »
À ces mots, sa main s'aventura dans mon dos et il m'étreignit fermement, nichant son visage au creux de mon cou.
« Croyez-moi, il existe de bien plus belles preuves d'amour. »
Tendue, je ne répliquai plus et me contentai de fixer les futurs époux.
« Je vous déclare mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée » termina finalement le prêtre.
Rosalie et Emmett s'embrassèrent chastement puis, les talonnant de près, tout le monde sortit de l'église. Les pétales de roses volèrent, les grains de riz également. Et pour parfaire le tout, Rosalie lança son bouquet dans les airs. Alice l'attrapa en plein vol avant de retomber dans les bras de Jasper pour l'embrasser. À la vue de tout cet amour, mes lèvres s'étirèrent en un sourire gai et je rêvai de mon propre mariage pendant un moment.
« Direction la mairie, me dit tout à coup Edward, interrompant alors mes rêveries.
― Je vous déteste, pestai-je.
― Je sais. »
Une tout autre cérémonie eut lieu à la mairie afin d'unir officiellement les mariés. Enfin, vers dix-huit heures trente, les voitures traversèrent le centre d'Oxford en klaxonnant plus que de raison afin de rejoindre le restaurant où devait avoir lieu la soirée de clôture.
« Où est le restaurant ? demandai-je à Edward lorsque le cortège emprunta l'autoroute.
― Nous y serons dans vingt minutes, m'apprit-il.
― Dans vingt minutes ?
― Oui, dans vingt minutes » répéta-t-il ennuyé.
Visiblement heureux d'avoir enfin la possibilité de rouler vite, il accéléra franchement et doubla plusieurs véhicules.
« Et les autres y seront dans une heure, soufflai-je en constatant que nous avions déjà semé pas mal de monde.
― Quarante minutes tout au plus, me rectifia-t-il.
― Vous savez, je tiens à ma vie, lui répondis-je sèchement en voyant l'aiguille du conteur tendre vers la droite.
― Moi aussi.
― Ralentissez !
― Ne recommencez pas, je sais ce que je fais, me coupa-t-il d'un ton autoritaire.
― Vous êtes vraiment insupportable » crachai-je.
Passablement énervée, je donnai un léger coup à l'accoudoir incrusté dans la porte.
« Faites attention ! Vous allez bousiller ma voiture ! hurla-t-il.
― Ce ne sera pas une grande perte » répliquai-je.
Il serra les poings, blanchissant les jointures de ses doigts qui agrippaient le volant avec fermeté. Il accéléra encore et je fermai les yeux, ne préférant plus intervenir.
En fin de compte, nous fûmes les premiers à arriver à destination.
« Et maintenant ? » m'enquis-je en débouclant ma ceinture de sécurité.
Il m'imita en ignorant royalement ma question et nos regards ennemis s'accrochèrent.
« Attendons » me dit-il finalement.
Je soufflai d'exaspération puis ouvris mon sac afin d'attraper ma trousse à maquillage. Après avoir rabattu le pare-soleil doté d'un petit miroir, je repassai le trait de crayon qui soulignait mes yeux puis étalait un peu de rouge à lèvres sur ma bouche.
« Pitié, se plaignit Edward à ma droite.
― Quoi encore ?
― Laissez tomber » termina-t-il sèchement.
Lorsqu'enfin tous les invités nous eurent rejoints, nous entrâmes à l'intérieur du restaurant. Un placier s'occupa de chacun de nous. Rose, Emmett et leurs parents s'installèrent autour d'une table ronde placée au centre la salle. Pour ma part, je m'assis face à Edward, entre Steve et Alice et non loin de Carlisle et Esmée.
Un succulent vin fut servi à tout le monde dans les minutes qui suivirent et nous portâmes un toast aux nouveaux époux avant de se désaltérer.
« Est-ce que vous habitez à Londres ? me demanda Steve tandis que nous dégustions enfin le hors-d'œuvre.
― Oui et vous ?
― Non, j'habite à Oxford depuis quelques années. J'ai déménagé à cause de mon travail.
― Que faites-vous exactement ? continuai-je d'un air curieux.
― Je suis avocat, me dit-il.
― Un métier difficile, non ?
― Tout dépend du contexte. Mais j'imagine que travailler au sein d'une banque n'est pas de tout repos non plus…
― Tout dépend de l'entourage » lui répondis-je en reportant soudainement mon attention sur Edward qui discutait avec Jasper.
L'insistance de mon regard l'obligea à détourner les yeux à son tour et mon cavalier me dévisagea durement durant quelques secondes.
« Un peu de vin blanc ? reprit Steve, se penchant plus franchement vers moi, une bouteille à la main.
― Je suis au rouge, lui répondis-je en levant mon verre.
― Et sinon… Quelles sont vos passions ? s'enquit-il en avalant un bouchée de salade.
― Je n'ai pas vraiment le temps de me divertir. Mais j'aime beaucoup les voyages. Et vous, quelle est votre passion ?
― Le golf.
― Je n'en ai jamais fait, lui appris-je.
― Vous devriez essayer » me conseilla-t-il.
Face à moi, Edward m'observait toujours d'un air furibond qui ne laissait rien présager de bon. D'un coup d'œil rapide, il me désigna ses parents situés à quelques places de nous comme pour mettre un terme à l'échange que j'entretenais avec mon voisin de table. Trouvant son petit manège ridicule, j'ignorai son avertissement.
« Vous n'aimez pas les tomates, remarquai-je en m'adressant à Steve.
― Non, sourit-il. Est-ce que vous les voulez ? me questionna-t-il gentiment à me désignant le contenu de son assiette.
― Oui, merci. »
À l'aide de ma fourchette, j'attrapai les légumes et les mangeai rapidement.
« Vous semblez avoir faim, ajouta-t-il.
― Pas plus que d'habitude.
― Vous avez un grand appétit dans ce cas. Vous cachez bien votre jeu » me complimenta-t-il en observant ma silhouette.
Quelque peu rougissante, je souris puis baissai timidement le visage.
« Ne soyez pas gênée » chuchota-t-il d'une voix suave près de mon oreille.
Au même moment, quelqu'un m'écrasa sèchement le pied et je sursautai de surprise.
« Est-ce tout va bien ? reprit Steve inquiet.
― Oui, je vais bien. »
À voir le sourire d'Edward, il ne m'en fallut pas plus pour comprendre de qui venait cette attaque. Alors, je répliquai en envoyant valser mes talons aiguilles dans ses jambes. Il poussa un gémissement faible que je fus la seule à entendre. En retour, je reçu un coup dans les genoux.
« Arrêtez » murmurai-je discrètement à mon petit ami factice.
Il réitéra son geste et je gémis de douleur le plus doucement possible.
« Espèce de sadique » soufflai-je entre mes dents.
Je relançai mon pied droit vers lui afin de l'atteindre mais, contre toute attente, ses deux mains encerclèrent ma cheville. Après m'avoir offert un sourire diabolique, il me tira vers lui et je m'agrippai au rebord de la table afin de ne pas tomber.
« Bella ? s'enquit Alice.
― Oui ? lui répondis-je l'air de rien.
― Qu'est-ce que tu fais ?
― Je… J'ai fait tomber ma bague » inventai-je.
Elle me regarda comme si j'étais tout à coup devenue folle puis reporta son attention sur Jasper qui lui aussi m'observait étrangement.
Edward desserra légèrement sa prise et j'en profitai pour donner un grand coup entre ses jambes. L'effet fut immédiat. Mon pied retrouva sa liberté et le cri grave que poussa mon compagnon alerta la tablée.
« Que se passe-t-il ? Edward ? Est-ce que tu vas bien ? se renseigna l'un des convives.
― Oui, souffla-t-il, les deux bras tendus sous la table.
― Est-ce que tu peux me passer de l'eau s'il te plaît ? » lui demandai-je à tout hasard afin de l'empêcher de se tenir le paquet.
Il me fusilla du regard puis finit par s'exécuter non sans grimacer.
« Merci. »
Sans un mot de plus, il quitta son siège et contourna la longue table rectangulaire afin de me rejoindre d'un pas boiteux.
« Venez, m'ordonna-t-il à voix basse.
― Non » le contrai-je.
Carlisle nous fit un signe de tête et je souris niaisement, ne voulant rien laisser paraître. Edward attrapa fermement ma main et m'obligea à me relever. Il m'entraîna à sa suite et nous nous retrouvâmes bientôt dans les toilettes.
« Vous êtes complètement folle ! s'exclama-t-il après s'être assuré que la porte était correctement fermée.
― Non, vous êtes fou ! le rectifiai-je. J'ai bien failli me retrouver par terre, me plaignis-je.
― J'ai bien failli devenir stérile !
― Tout est de votre faute.
― Quoi ? Je rêve ! Vous étiez en train de draguer ce mec devant mes parents ! Je vous rappelle que nous avons un accord, s'emporta-t-il.
― Je ne le draguais pas. Il me draguait.
― Il fallait le repousser !
― Non ! Je ne compte pas me priver à cause de vous. Steve est quelqu'un de bien, lui répondis-je d'un ton ferme en m'appuyant contre le lavabo.
― Je vous en prie, ce type est minable. Le golf le prouve suffisamment, reprit-il en se rapprochant de moi.
― Qu'est-ce que vous avez contre le golf ? »
Ignorant ma question, il posa ses deux mains de chaque côté de moi, sur le carrelage froid, puis plongea son regard dans le mien.
« Je vous interdit de draguer qui que ce soit ce soir. Nous sommes ensemble, m'affirma-t-il.
― Je n'y peux rien si les hommes me veulent » lui dis-je de manière certaine ce qui m'étonna moi-même.
Son visage se rapprocha encore du mien et nous demeurâmes immobiles durant un certain temps. Et soudain, la porte s'ouvrit, laissant entrer un invité dont j'ignorais l'identité. Edward s'éloigna de moi en une fraction de seconde puis sortit de la pièce sans plus tarder. Je l'imitai et retrouvai bientôt ma place initiale, constatant que la plat de résistance était servi.
« Qu'est-ce que vous êtes allés faire dans les toilettes ? me questionna Alice avide de curiosité.
― Rien.
― Est-ce que vous avez… commença-t-elle d'un air coquin.
― Non, bien sûr que non ! lui répondis-je outrée.
― Au fait, reprit-elle tout bas.
― Oui ?
― Je sais que je suis censée te ramener à Londres ce soir mais…
― Mais quoi ?
― J'aimerais rentrer avec Jasper, chuchota-t-elle.
― Où est le problème ? m'enquis-je, ne voyant aucun inconvénient au fait de partager la voiture à trois.
― J'aimerais rentrer seule avec lui, me précisa-t-elle ensuite.
― Je vois, conclus-je en faisant une drôle de tête.
― S'il te plaît, il te suffit de prendre sa place dans la voiture d'Edward, insista-t-elle en m'offrant une moue adorable à laquelle il était impossible de résister.
― Alice…
― Bella, je t'en supplie. C'est une question de vie ou de mort !
― Tu exagères.
― Pitié, reprit-elle. Et je te rappelle que tu m'es redevable pour la fois où je t'ai aidé à taper le texte de…
― D'accord, la coupai-je désemparée.
― Merci ! Je t'adore ! » termina-t-elle le sourire aux lèvres.
Lorsqu'enfin le repas toucha à sa fin, l'orchestre embauché pour l'occasion se mit à jouer.
« Bonsoir à tous, nous salua le chanteur. Comme vous le savez sûrement, les nouveaux mariés se doivent d'ouvrir le bal. »
Les invités se mirent à taper des mains, encourageant Emmett et Rosalie à aller sur la piste. Ces derniers s'avancèrent vers l'estrade et s'étreignirent peu après afin de bouger lentement et tendrement au rythme de la musique.
Lorsque la première mélodie s'acheva, d'autres couples les rejoignirent, emplissant alors la piste de danse en un rien de temps.
« Est-ce que vous voulez danser ? me demanda Steve.
― Je…
― Bella est ma cavalière » me coupa soudainement Edward en se relevant précipitamment.
Il me tendit gracieusement sa main et je l'attrapai machinalement, n'ayant plus la force de lui résister.
« Désolée » soufflai-je à Steve avant de disparaître.
Lorsque nous nous retrouvâmes enfin au milieu de la foule, Edward attrapa mes bras avec délicatesse et les posa lui-même sur ses épaules. Il enserra ma taille avec fermeté et plaqua son corps chaud contre le mien. Je frissonnai démesurément, retrouvant le confort de son étreinte si protectrice.
« J'ai froid » m'empressai-je d'ajouter afin de justifier mes tremblements.
Il posa sa paume sur ma joue et m'incita à nicher mon visage au creux de son cou. Sa tête bascula vers l'avant et il renifla l'odeur de mes cheveux, affolant les battements de mon cœur.
« C'est un slow. Nous sommes bien obligés de jouer les amoureux » ajouta-t-il finalement comme pour se justifier.
Nous commençâmes à bouger doucement, restant soudés l'un à l'autre. Par mégarde, je lui écrasai le pied ce qui ne manqua pas de le faire réagir.
« Vous êtes toujours aussi mauvaise en danse, me dit-il, me faisant repenser au gala où nous avions dansé ensemble pour la première fois.
― Je ne suis pas mauvaise.
― Vous êtes bien trop raide.
― Vous m'empêchez de ne pas l'être.
― Ne cherchez pas d'excuse » trancha-t-il.
Je soufflai d'exaspération et renforçai ma prise autour de lui, savourant inconsciemment ce contact chaleureux et rassurant qu'il m'offrait.
« Je suis censée retourner à Londres avec vous, lui appris-je nerveuse.
― Je suis au courant. Jasper m'en a parlé » soupira-t-il.
Une musique bien plus énergique suivit et tout le monde changea de partenaire, moi y compris. Je me retrouvai dans les bras d'un inconnu qui n'avait absolument pas le rythme dans la peau, à mon plus grand désarroi. Du coin de l'œil, je vis mon cavalier faire tournoyer une jeune femme avec élégance et, sans réellement savoir pourquoi, cette vision me déplut. Je dansai ensuite avec Jasper, Emmett, Carlisle puis de nouveau avec Edward.
« Vous revoilà, me dit-il en agrippant ma taille. Vous ne m'avez pas manqué, ajouta-t-il.
― Vous non plus. »
Pourtant, le fait de retrouver ses bras me rassura étrangement et mes mouvements devinrent moins chaotiques, bien plus en accord avec les siens qu'avec ceux de mes partenaires précédents.
« Mes parents nous regardent bizarrement, m'apprit-il nerveux.
― Ils vont finir par se douter de quelque chose et vont me détester pour leur avoir menti, lui déballai-je mal-à-l'aise.
― Dans ce cas… »
Il plaqua son front contre le mien et ses mains glissèrent le long de mon échine afin de se poser sur mes fesses rebondies. Je sursautai légèrement, surprise par son audace.
« Je vous conseille d'enlever vos mains de là avant que je ne le fasse moi-même, murmurai-je paniquée.
― J'essaie simplement de m'améliorer, se justifia-t-il. Nous devons être crédibles.
― Vous avez moins de cinq secondes pour…
― Pour quoi ? me coupa-t-il moqueur en palpant plus franchement mon fessier.
― Je ne vous permets pas ! m'énervai-je à voix basse en essayant de le repousser discrètement afin de ne rien dévoiler face à Esmée et Carlisle.
― Vous êtes coincée, m'affirma-t-il alors, repositionnant enfin ses mains dans mon dos.
― Je ne suis pas coincée.
― Si vous l'êtes.
― Non je ne le suis pas, insistai-je. Je n'aime pas me faire tripoter par les hommes de votre genre, voilà tout.
― De mon genre ?
― Arrogant, égoïste, orgueilleux, prétentieux, méprisant…
― Je vois, médita-t-il déçu. Allons nous asseoir. »
Je m'installai à côté de lui peu après et attrapai mon verre plein afin de le vider d'un seul coup. Edward me dévisagea durant un court instant puis s'empara à son tour d'une bouteille de champagne.
« Je vous interdis de boire, le stoppai-je.
― J'aimerais bien savoir pourquoi…
― Vous conduisez, le résonnai-je.
― Je n'ai presque rien bu jusqu'à présent.
― Et c'est très bien comme ça » conclus-je en lui arrachant son butin des mains.
Sans réfléchir, je portai le goulot à ma bouche afin de boire le fond de la bouteille sous son regard noir.
En définitive, je me relevai sans prévenir et me dirigeai vers les toilettes d'une démarche mal assurée, le trop plein d'alcool se faisant ressentir. En ouvrant la porte, je tomber nez à nez avec Rosalie qui observait son reflet dans le miroir.
« Comment va Madame McCarthy ? la questionnai-je l'air enchanté.
― Je suis épuisée mais tellement heureuse !
― Tant mieux.
― Et toi ? Comment vas-tu ?
― Je vais bien.
― En tout cas, tu prends ton rôle très au sérieux, ajouta-t-elle en m'offrant un clin d'œil aguicheur.
― De quoi est-ce que tu parles ?
― De toi et ton soit disant petit ami.
― Il faut bien jouer le jeu. D'ailleurs, je suis même obligée de rentrer à Londres avec lui parce qu'Alice ne veut plus de moi !
― Je sais. Elle compte bien finir dans le même lit que Jasper ce soir.
― Cette fille est incroyable. »
La soirée continua à battre son plein pendant encore plus d'une heure puis les invités désertèrent un à un les lieux. Lorsque finalement la salle fut quasiment vide, Edward et moi saluâmes nos amis puis rejoignîmes le parking.
« Je meurs de froid, me plaignis-je une fois à bord de son automobile.
― Mettez votre veste, me répondit-il sèchement en démarrant.
― C'est déjà fait » ajoutai-je en lui désignant le petit gilet de laine qui recouvrait mes épaules.
Il souffla d'exaspération puis alluma le chauffage de son véhicule. J'enlevai mes chaussures et posai mes pieds sur le rebord de mon siège afin de masser mes orteils endoloris.
« Ne vous gênez surtout pas » pesta Edward en s'arrêtant à un feu tricolore.
Je l'ignorai et dénouai ensuite ma chevelure, massant mon crâne du bout des doigts.
« J'ai mal à la tête, grimaçai-je.
― Vous avez trop bu. »
Là encore, je ne relevai pas et fermai les yeux.
« Réveillez-vous » m'interpella une voix virile tandis qu'une main chaude me secouait énergiquement.
Le monde réel m'assaillit subitement et je ne fus pas étonnée de voir Edward au voulant, assis à mes côtés.
« Où sommes-nous ?
― Dans votre quartier. »
Je frottai mes paupières et m'étirai légèrement. J'attrapai mon sac à main d'une poigne endormie et fouillai à l'intérieur de celui-ci afin de dénicher mon trousseau de clefs.
« Qu'est-ce que vous avez fait de mes clefs ? lui demandai-je paniquée tandis qu'il se garait au pied de mon immeuble.
― Que voulez-vous que je fasse de vos clefs ?
― Je ne les ai pas ! » m'énervai-je en déversant le contenu de mon sac sur mes genoux.
À ces mots, il me fusilla du regard puis reprit la parole d'un ton sec.
« Vous êtes en train de me dire que vous êtes à la porte.
― Alice va me tuer » maugréai-je pour moi-même tout en composant son numéro à toute allure.
Par le plus grand des hasards, je tombai sur sa messagerie.
« Salut, c'est Bella. Mon sac de rechange est resté dans ta voiture et je pense que mes clefs sont à l'intérieur. Rappelle-moi le plus rapidement possible. »
Je raccrochai et me tournai honteuse vers mon chauffeur.
« Votre sac de rechange ?
― Je… Oui, mon sac de rechange. Là où j'ai mis les vêtements que je portais ce matin en arrivant chez Rose, lui expliquai-je.
― Vous avez mis vos clefs dans ce sac…
― Sans doute.
― Et vous avez oublié ce sac dans la voiture d'Alice !
― Voilà.
― Quelle merveilleuse idée ! Vous êtes la pire des crétines que je connaisse ! s'emporta-t-il.
― La crétine vous dit au revoir » répliquai-je vexée tout en ouvrant la portière avec empressement.
Je me précipitai vers l'entrée du bâtiment puis pénétrai à l'intérieur. Arrivée au second étage, je m'assis sur le palier de ma porte et frictionnai mes bras pour ne pas avoir froid. Je consultai mon cellulaire inactif qui affichait plus de quatre heures du matin, espérant recevoir un quelconque appel de la part d'Alice. Mais rien ne vint.
Des bruits de pas résonnèrent depuis le rez-de-chaussée et Edward apparut face à moi quelques secondes plus tard.
« Que faites-vous ici ? Je ne veux plus vous voir !
― Je viens d'appeler Jasper. Alice et lui dorment chez les parents de Rosalie. Ils sont saouls, me dit-il.
― Très bien. Merci du renseignement. Bonne nuit, conclus-je en triturant l'ourlet de ma robe.
― Est-ce que vous avez l'intention de dormir ici ?
― Cela ne vous regarde pas.
― Peut-être, mais s'il vous arrive quelque chose, je vais avoir votre mort sur la conscience et tout le monde m'en voudra.
― Qu'est-ce que vous voulez alors ? »
Il s'accroupit à ma droite et baissa timidement le regard.
« Bien que cela ne m'enchante guère, je suis prêt à vous céder mon canapé.
― Je préfère encore dormir dehors, lui répondis-je.
― Est-ce que vous êtes certaine de cela ? me demanda-t-il d'un ton grave.
― Oui, terminai-je d'une petite voix.
― Très bien. »
Il se releva et dévala les escaliers sans plus attendre.
« Attendez ! » criai-je avant de le voir disparaître.
Il s'immobilisa et j'allai à son encontre indécise.
« Peut-être que… Vous… J'accepte » bégayai-je maladroite.
Sans un mot de plus, je retrouvai ma place à bord de sa voiture grise et il démarra en trombe.
Près d'un quart plus tard, il déverrouilla la porte de son logis et nous entrâmes tous deux à l'intérieur de celui-ci. Je le suivis jusque dans le salon et fus ébahie par la beauté de la pièce. Il retira sa veste puis ses chaussures et j'en profitai pour découvrir les lieux.
Les tons chauds étaient à l'honneur. Une grande banque séparait la cuisine de la salle à manger et plusieurs plantes vertes donnaient vie à l'appartement. Une table basse devançaient une grande télévision et un canapé en tissu était recouvert de plusieurs coussins. Mais ce qui attira davantage mon regard fut ce splendide piano à queue qui occupait l'angle de la pièce.
À pas de velours, j'allai caresser le bois noir de l'instrument comme pour m'assurer de sa réalité.
« Vous jouez du piano, éludai-je.
― Oui, me répondit-il brièvement. Suivez-moi » continua-t-il ensuite, préférant couper court à la conversation.
Je mis fin à ma contemplation et longeai un couloir étroit.
« La salle de bains et les toilettes sont ici » m'expliqua-t-il en me désignant deux portes accolées du doigt.
Finalement, nous entrâmes dans une chambre tapis de bleu où un grand lit double occupait la majorité de l'espace. Edward ouvrit un placard et attrapa une couverture que je réceptionnai.
« Merci.
― Est-ce que vous avez besoin d'autre chose ?
― Je préférerais tout autant ne pas dormir habillée » hésitai-je.
Il fouilla dans l'un de ses tiroirs puis me tendit un short noir ainsi qu'un tee-shirt blanc des plus quelconques.
« Je n'ai rien d'autre.
― C'est parfait, le contrai-je.
― Je vous laisse vous changer » conclut-il en disparaissant de mon champ de vision.
Je retirai mes escarpins puis déverrouillai la fermeture éclair de ma robe qui s'échoua au sol peu après. J'enfilai rapidement les vêtements d'Edward dont l'odeur me plaisait bien trop. Après avoir fait un détour par les toilettes, je retournai au salon pieds nus.
« J'ai fini » lui dis-je alors qu'il était assis sur le divan.
Il se releva calmement et vint se poster à quelques centimètres de moi.
« Bonne nuit, ajoutai-je après m'être raclée la gorge.
― Je peux… Je peux prendre le canapé si vous préférez dormir dans mon lit » m'apprit-il nerveux tout en ébouriffant sa tignasse aux multiples reflets.
À cette annonce, ma gorge se noua et j'imaginai un instant dormir seule au beau milieu de son lit où sa fragrance devait être étouffante. Ma bouche s'entrouvrit instinctivement tant l'envie de respirer son parfum toute une nuit me plaisait mais je me repris bien vite.
« Inutile, lui répondis-je simplement.
― Comme vous voulez » ajouta-t-il.
Statufiés l'un en face de l'autre, nous nous dévisageâmes sans fin. Puis, sans prévenir, Edward tendit le bras vers moi et saisit une mèche de mes cheveux entre ses doigts, affolant mon rythme cardiaque. Voyant mon incompréhension, il s'éloigna bien vite de moi et cela m'inféra une sensation de manque.
« Vous aviez… Un confetti » maugréa-t-il visiblement perdu.
Et sans un mot de plus, il disparut en une vitesse effarante comme électrocuté par la foudre.
