Voilà l'avant dernier chapitre ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Pâques. Ne lisez pas ce chapitre si vous êtes de bonne humeur, ou au contraire si vous êtes déjà démoralisé(es); il est déprimant. J'ai tenu à inclure une scène qui m'a beaucoup émue de l'épisode 8x17 du "combat" entre Dean et Castiel... Bonne lecture, et oubliez pas les mouchoirs.


Dean s'effondra en crachant une gerbe de sang tandis que Sam et Castiel s'accroupirent à côté de lui, paniqués.

- Dean ?! ça va ? demanda bêtement Sam.

- Je me sens tellement fatigué..., murmura le premier en s'évanouissant plus qu'il ne s'endormit sur l'épaule de son frère.

Sam jura avant de porter Dean jusqu'à la couchette de Kévin, qui avait décidément vu défiler bien du monde ces derniers jours. Il l'y déposa délicatement et alla chercher une lavette d'eau froide pour éponger son front brûlant. Castiel tira une chaise et s'assit à côté de l'humain qu'il avait sauvé de l'Enfer, mais qu'il n'avait pas pu sauver de sa propre obstination. Garth et Kévin étaient appuyés contre le cadre de la porte de l'arrière-cabine, ne sachant pas quoi faire ou dire.

- Cela fait peut-être trop d'un coup, supposa l'asiatique. Il a dû subir les souffrances des deux épreuves en même temps et non pas l'une après l'autre comme c'était initialement prévu...

Sam acquiesça gravement et s'assit à côté de son grand frère, en face de Castiel.

- Tu penses qu'il va s'en sortir ? demanda-t-il à l'ex-Ange, craignant déjà sa réponse.

Castiel se fendit d'un faux sourire qui se voulait rassurant.

- Bien sûr, on parle de Dean après tout !

- Cass... Tu ne sais pas mentir.

- ... Je ne sais pas, Sam. Il a les symptômes d'un cancer généralisé au stade terminal.

Ces mots firent lui firent l'effet d'un électrochoc et sa gorge se serra.

Un silence pessimiste régnait dans la pièce, tandis qu'ils regardaient tous leur ami, leur frère, mourir un peu plus à chaque seconde. Garth, l'éternel optimiste cependant, décida de remettre le monde en marche.

- Allez, Sam, viens avec moi, on a des courses à faire. Et toi Kévin, traduis la troisième et dernière épreuve le plus vite que tu peux, ordonna le gringalet en tapant dans ses mains.

Les personnes concernées clignèrent des yeux comme si elles se réveillaient d'un mauvais rêve et s'exécutèrent. Juste avant de sortir, Sam dit à Castiel:

- Veille sur lui.

- Toujours.

L'ex-Ange resta ainsi au côté de Dean et pensa à tout ce qu'il avait traversé. La mort de sa mère, puis son père, celle de Sam, sa damnation pour le ramener à la vie, sa trahison, leur réconciliation, la mort de Bobby, le Purgatoire... et maintenant ça. La vie n'avait pas été tendre avec cet homme qui semblait avoir été taillé dans le plus indestructible des diamants. Mais pour combien de temps encore résistera-t-il ?

- Cass...

L'intéressé sursauta, tiré de ses pensées sombres.

- Oui, Dean ?

Les paupières grisâtres du chasseur se soulevèrent lentement et deux émeraudes le fixèrent.

- Je suis désolé... On dirait que tu as donné ta Grâce pour rien... Je ne tiendrai pas jusqu'à la troisième épreuve.

Sa voix rauque se brisa et une larme coula sur sa joue quand il détourna le regard. Castiel posa sa main sur cette même joue, en un geste si tendre qu'il aurait pu faire fondre même le cœur glacé de Lucifer.

- Mais non, Dean, c'est à moi de m'excuser. Pour tous les soucis que je t'ai causé... si je t'avais écouté, si je n'avais pas libéré les Léviathans on n'en serait pas là... J'aurais dû emporter cette maudite Tablette le plus loin possible de toi et affronter les Anges seul...

Ne dis pas de conneries, Cass. Il n'y a pas d'autres options. On se doit de créer un monde plus sûr, sans Anges ou Démons pour y foutre le bordel avec leur éternelle guerre apocalyptique... Tu m'as demandé si je préférais la paix ou la liberté, il y a longtemps... maintenant tu as ta réponse.

L'ex-Ange hocha lentement la tête et médita ses paroles. Il semblait en effet que tous ces événements étaient inévitables, et qu'ils n'avait écarté un danger que pour tomber dans un nouveau piège. Le sort s'acharnait sur eux depuis trop longtemps.

Le chasseur avait sombré dans un sommeil sans rêves, épuisé par son discours. Sam et Garth revinrent du supermarché et préparèrent un repas sain, une fois n'est pas coutume. Ils mangèrent par pure nécessité, et sans grand appétit, le moral dans les chaussettes. Sam donna ensuite de la soupe aux légumes cuillère après cuillère à son frère qui n'avait même plus la force de tenir un couvert.

En fin d'après-midi, Kévin vint réveiller Sam qui s'étaient assoupi aux côtés de son frère, de même que Castiel.

- Sam ? J'ai euh... finit de traduire la Tablette, annonça l'asiatique, de profondes cernes sous les yeux.

Il se leva d'un bond et sortit de la pièce pour ne pas réveiller son frère et l'ex-Ange.

- Alors... comment dire...

- Va-y franchement Kévin... Je crois qu'on a plus grand chose à perdre.

- La dernière épreuve consiste à "faire don de soi-même".

La solution de l'énigme frappa Sam de plein fouet.

- Le sacrifice... Seul sa mort fermera les portes du Paradis.

Il agrippa ses longs cheveux à deux mains, les yeux brillants de larmes.

- Non, il doit y avoir un autre moyen ! Tu as peut-être fait une erreur...

- Je ne crois pas, Sam. Désolé.

Castiel, qui avait tout entendu, sentit un précipice s'ouvrir sous ses pieds. Il était comme aspiré dans un abîme de désespoir mêlé d'autres sentiments qu'il n'arrivait pas à nommer; il sortit en trombe sur le pont du bateau de Garth en poussant Sam et Kévin sans ménagement, ressentant un soudain manque d'air.

La brise froide de l'océan gifla sans pitié le visage de l'ex-Ange tandis que ce dernier se penchait par-dessus la barrière, nauséeux. Ses yeux brûlaient et il ne comprit pas tout de suite la signification de ce signe avant-coureur des larmes.

Dean allait mourir. Et il n'avait plus le pouvoir de le ressusciter.

Castiel fixa le ciel constellé d'étoiles qui le surplombait, et se sentit soudain insignifiant. Il fit alors ce qu'il n'avait plus fait depuis bien longtemps: il pria.

Il pria son Père d'aider Dean, de le sauver d'une quelconque manière parce qu'il n'imaginait pas sa vie à présent mortelle sans lui. Il lui demanda, pour tout ce que Dean avait déjà sacrifié, de lui donner la paix et le bonheur qu'il méritait amplement.

Il ne s'arrêta de prier que lorsque Sam le rejoignit en courant, affolé.

- Cass ! Viens vite, Dean est...

Il courut vers son meilleur ami sans laisser à Sam le temps de finir sa phrase, ce dernier sur ses talons. Mais quand il entra dans la pièce, c'était déjà trop tard.

Dean avait rendu son dernier soupir.