Chapitre 19 — Avoir du sang sur les mains
Le Docteur parcourut du regard l'assemblée à qui il venait d'exposer son plan. Les Sontariens semblaient mécontents de devoir suivre ses directives. Quant aux Judoons... Difficile de savoir ce qu'ils pensaient: leurs têtes de rhinocéros n'étaient pas faites pour afficher diverses expressions.

— Le timing est essentiel, insista le Seigneur du Temps. Je ne veux pas que l'un de vous se laisse enfermer par mégarde dans la poche temporelle en même temps que les Daleks. Quand sonnera l'heure de la retraite, ne vous attardez pas à quelques tueries inutiles et dégagez de là, c'est compris?

— Sur un champ de bataille, clama fièrement le colonel Azyck, les pertes sont inévitables. C'est même un honneur de mourir en combattant. En tant que commandant, vous devriez savoir cela.

— Il n'y a aucun honneur dans la mort, rétorqua sèchement le Gallifréen. Et je ne suis pas un militaire, colonel.

— Dit l'homme qui a fait périr des millions de Daleks dans les flammes, riposta le Sontarien. J'ai entendu parler de vos exploits durant la Guerre du Temps, Docteur. Il paraît que vous aviez opté pour des méthodes radicales afin d'y mettre fin.

Le Docteur fut sur le point de protester que les rumeurs faisaient allusion à un autre que lui, avant de se raviser. Après tout, ses propres actes n'avaient été guère différentes.

— L'ultimatum arrive bientôt à son terme, précisa John après avoir jeté un coup d'oeil au visage houleux de son double. Alors ne nous perdons pas en vaines discussions et tenons-nous prêts. Et rappelez-vous de calibrer vos armes pour qu'elles puissent être efficaces contre l'armure en dalekanium.

Dès qu'ils se dispersèrent, il crut bon d'ajouter à l'adresse du Docteur.

— Pour un Sontarien, c'était un compliment qu'il te faisait.

— C'est bien cela qui me fait peur.

La violence n'était pas une solution et ne devrait jamais en être une. Ce n'était pas parce qu'il en avait fait appel dans le passé qu'il était enchanté d'en user à nouveau, même si cela concernait les Daleks.

John qui devinait les pensées de l'autre rien qu'en le regardant, tourna la tête et murmura tout bas:

— Parfois, on n'a pas le choix.

— Quoi? fit le Docteur, ne l'ayant pas entendu.

— Rien, reprit-il d'une voix normale. Je m'inquiétais pour Amy et Ianto, c'est tout. Si jamais notre plan échoue, ce sont eux qui pâtiront les premiers.

Le Gallifréen garda le silence, la mine à la fois sombre et résolue. Il fallait absolument que ça marche. Il avait déjà perdu Rory, il était hors de question qu'il arrive la même chose à Amy: il ne se le pardonnerait pas.

Pendant ce temps, cette chère Amelia Pond était en train de donner un coup de pied énervé à la colonne de lumière qui l'emprisonnait, histoire de se défouler. La surface chatoyante frémit, sans se dissiper pour autant.

— Vous vous sentez mieux? demanda laconiquement Ianto.

— Pas vraiment. Je sais que cela ne sert à rien, mais... J'ai horreur de rester inactive!

— Je suis désolé.

A ces propos, elle lui lança un regard étonné.

— Pourquoi?

— En l'absence des autres, c'était à moi de vous protéger.

— Oh, non... Pas vous, Ianto! Vous n'allez pas me faire ce genre de discours macho. Je suis une jeune femme moderne tout-à-fait capable de veiller sur moi-même... pour la plupart du temps.

Prisonnière comme elle était, sa déclaration ne pouvait que manquer de conviction. Et elle détestait cette situation: n'être qu'un fardeau pour le Docteur, le ralentissant au lieu de lui être utile. Si cela se produisait trop souvent, il se pourrait qu'un jour il décide de se séparer d'elle... Non, pas lui. Elle n'avait pas à douter de lui, pas après qu'il lui ait dit dans cette forêt, lorsqu'elle était terrifiée par l'ange pleureur présente dans ses yeux: "Amy, il est temps que tu me fasses confiance."

Peut-être que Ianto éprouvait le même sentiment d'inutilité, songea-t-elle, mais envers le capitaine, dont il était secrètement amoureux.

— Il vous aime aussi, vous savez. Je parle de Jack.

La voix chaleureuse de la jeune femme ayant entamé sa réserve habituelle, il renonça à feindre l'ignorance.

— Il y trop de différences entre nous, soupira-t-il. J'ai l'impression qu'il a toujours la tête dans les étoiles, un peu comme le Dr Smith. Alors c'est impossible qu'il s'intéresse à moi.

— Je crois sincèrement que vous vous trompez. Discutez-en avec lui et vous verrez...

— QUE LES HUMAINS SE TAISENT.

Un Dalek s'était arrêté près d'eux et leur braquait son oeil télescopique.

— C'est gentil de nous rendre une petite visite, ironisa-t-elle. J'ai eu peur que vous nous ayez oubliés.

— NOS MEMOIRES SONT INFAILLIBLES, STUPIDE FEMELLE.

Décidément, ces boîtes de conserve de l'espace prenaient tout au pied de la lettre, et n'avaient aucun sens de l'humour. Et grossiers, avec ça!

— RETABLISSEZ LE CONTACT AVEC LA STATION, ordonna-t-il à ses subordonnés. IL EST L'HEURE.


OoOoO


L'écran principal s'alluma, où s'afficha en grand l'image du Docteur. Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, il avait un sourire insolent accroché à la figure.

— LE DELAI A EXPIRE, DOCTEUR. OU EST LE VAISSEAU DU VOID?

— Je pourrais vous répondre tout de suite, mais ces discussions à longue distance commencent à me fatiguer... Je vais donc venir vous rejoindre. Pour un face-à-face.

— VOUS NE POUVEZ PAS. UN CHAMP DE FORCE EMPECHE TOUTE INTRUSION PAR TELEPORTATION A BORD DE NOTRE VAISSEAU.

— Ah, vous croyez?

A peine qu'il eut prononcé cette phrase sur un ton narquois qu'il disparut de l'écran, pour se matérialiser aussitôt après au milieu des Daleks.

— Et me voilà! fit-il à Amy et à Ianto dont les visages s'illuminèrent comme un sapin de Noël. Je vous ai manqué?

Cela causa de l'émoi parmi ces aliens sensés ne ressentir aucune émotion, qui reculèrent de façon parfaitement synchronisée devant cette brusque apparition de leur plus grand ennemi. Il fit un pas en avant: le cercle des Daleks s'élargit encore plus.

— Voyez-vous, votre bouclier est peut-être très efficace contre toute téléportation classique, mais il en va tout autrement lorsqu'on passe par le vortex temporel.

Sur ce il leva le poignet afin que tous puissent admirer le bracelet de l'agent du Temps qu'il portait.

— C'est celui de Jack! remarqua Ianto. Pourtant le Dr Smith a toujours prétendu qu'il était irréparable.

— Eh bien, commenta le Docteur avec un large sourire, il vous a menti.

— Je vous ai menti, reconnut John sans même battre un cil.

Jack en fut comme deux ronds de flan. Pourquoi ce mensonge? Quel en était l'intérêt?

— C'était l'unique moyen de vous empêcher de partir, au début. Rose et moi voulions que vous restiez avec nous, sur Terre, en compagnie de ceux qui vous apprécient. Nous pensions que cela valait mieux que de vous laisser vous vadrouiller dans l'Espace-temps à la recherche d'une quelconque aventure vide de sens.

Et il ajouta, sans quitter des yeux le manipulateur du vortex qu'il était en train de réparer.

— Soyez franc, Jack. Regrettez-vous votre ancienne vie?

S'il la regrettait?

Couché à plat ventre, Jack se dit que ce n'était vraiment pas le bon moment pour se poser des questions existentielles. Lui et Hart se cachaient sur une plateforme surplombant la salle du générateur du champ de force, occupés à surveiller les mouvements des Daleks et à guetter une occasion pour agir.

Remarquant que Hart était sur le point d'éternuer, Jack plaqua la main sur son nez et sa bouche afin de bloquer sa respiration.

— Tu n'étais pas obligé de venir avec moi, chuchota-t-il. C'est de ton bracelet que j'avais besoin, et non de toi. Ni de ta grippe, d'ailleurs.

— Et te laisser t'amuser tout seul? Avec toutes ces merveilleuses perspectives de pouvoir tirer sur tout ce qui bouge? Tu rigoles.

— Tu n'as toujours pas suivi de cure de désintox, hein? hasarda Jack avec une petite grimace.

— Lesquelles? Il y en a tellement...

Un Dalek passa juste en dessous d'eux, les forçant au silence. Puis leur chuchotement se poursuivit.

— Que t'est-il arrivé, Jack? Cela fait un moment que tu as disparu de la circulation.

Ce qui lui était arrivé? Beaucoup de choses. Mais s'il résumait en une phrase...

— Je me suis trouvé une famille.

— Ne me dis pas que tu t'es marié, si? Quoi, avec ce gars-là, ce Doc je ne sais plus qui, et cette blonde, Rose?

— Ils ne pratiquent pas de mariage tripartite au XXI ème siècle. Et quand je parle de famille, c'est au sens élargi.

L'expression de Hart montrait clairement qu'il ne comprenait pas. Quoi que lui raconte son ex-acolyte, il ne pourrait jamais comprendre. Ils avaient toujours été des nomades, des sans-racine, vagabondant au gré du courant temporel. Ils n'avaient confiance en personne, et tous leur rendaient la pareille.

Puis Jack avait rencontré Rose. Et John. Ils lui avaient accordé leur amitié - devrait-il dire leur affection - sans rien attendre en retour, changeant irrémédiablement la vision que le capitaine portait sur le monde. A présent il les considérait comme la famille qu'il n'avait jamais eue, et la Terre comme son foyer. Et il était prêt à tout pour les préserver...

Jack sourit. Le Doc avait raison, il ne regrettait pas son ancienne vie. En coulant un regard en biais en direction de Hart, l'incarnation de son passé, il admit au fond de lui-même que tout un monde les séparait à présent: leurs chemins avaient divergé pour de bon.

— Je ne peux pas croire que tu te plaises dans une époque aussi paumée qu'est le XXI ème siècle, marmonna Hart d'un air buté.

— Cela a ses charmes.

Comme Rose, John... Et Ianto Jones: si naïf, si fidèle... si Ianto.

— Bien sûr, répliqua Hart, si tous les gens là-bas avaient le même physique que tes nouveaux copains, je me laisserais tenter...

— Chut! Voilà, ils ne sont plus que deux. On y va?

Ils armèrent silencieusement leurs fusils à canon photonique, de belles bêtes prêtées par les Judoons et sautèrent en bas, prêts à tirer.


OoOoO


— ...Quoique je n'aime pas trop me déplacer avec ce machin-là. Moi qui me suis habitué au Tardis, j'ai la sensation de rouler en bicyclette après avoir conduit une voiture de sport.

Se souciant de la présence des Daleks comme d'une guigne, le Docteur s'était lancé dans une de ses fameuses digressions dont il avait le secret. Si Ianto était confus devant tant de désinvolture, Amy avait croisé les bras, confiante. Elle connaissait le Gallifréen, il devait avoir un plan.

— LE SEIGNEUR DU TEMPS NOUS PREPARE UNE TROMPERIE, affirma l'un des Daleks, et on aurait juré entendre une note de panique dans sa voix métallique. PUISQUE C'EST AINSI, NOUS ALLONS VOUS EXTERMINER!

— EXTERMINER, EXTERMINER, EXTERMINER! scandèrent les autres dans un véritable concert de cacophonie.

— Silence! tonna le Docteur, provoquant un nouveau mouvement de recul de la part de ses adversaires. Je suis en train de parler, alors ne m'interrompez pas! Et puis... Exterminer, exterminer! Vous n'avez que ce mot-là à la bouche, on dirait un vieux disque rayé...

En toute logique, ils auraient dû mettre leur menace à exécution et lui tirer dessus. Mais l'ignorance des intentions du Gallifréen tout en sachant très bien de quoi il était capable paralysait littéralement les Daleks, les rendant indécis sur la conduite à adopter. Et cette hésitation leur fut fatale.

— DESACTIVATION DU CHAMP DE FORCE! annonça l'un d'eux, en agitant son œil de manière désordonnée.

Le Docteur comprit que le duo de capitaines avait accompli leur mission, permettant ainsi des téléportations dites "classiques". Parfait.

— EXTERMINEZ-LES!

C'est l'instant que choisit le colonel Azyck pour se matérialiser en compagnie de sa troupe. S'engagea une véritable bataille rangée, que le Docteur mit à profit pour éteindre les prisons lumineuses qui retenaient ses amis.

— Où est le Tardis? demanda-t-il à Amy qui se précipitait dans ses bras.

— Au niveau qui se trouve juste en dessous de nous, Docteur!

— On y va! Venez, colonel!

Ils se ruèrent hors de la pièce, suivis par les Sontariens qui couvraient leurs arrières.

Un autre combat se déroulait dans une immense salle remplie d'appareils de toute sorte. Les Judoons affrontaient les Daleks, tandis que John s'affairait sur l'émetteur à ondes gravitationnelles afin de le modifier.

— Oui, oui! fit-il en réponse au grommellement d'un de ses alliés occasionnels. Je me dépêche.

Pourtant il cessa soudainement toute manipulation et demeura interdit, à la vue d'une machine inachevée qu'il reconnut néanmoins.

Un canon à Z-neutrino...

Ses doigts se crispèrent autour de son tournevis sonique. Les Daleks étaient en train de construire une bombe capable de déchirer la structure même de la Réalité, exactement comme celle que Davros avait voulu déclencher en se servant des 27 planètes volées!

John ferma les yeux, oubliant la bataille qui faisait rage autour de lui. Il ne souhaitait pas que l'Histoire se répète, qu'un jour les Daleks reviennent s'en prendre à la Terre, après avoir défait la poche temporelle dans laquelle il s'apprêtait à les emprisonner. Il ne voulait pas courir ce risque... il avait trop à perdre.

Ses réflexions n'avaient duré qu'un bref instant. Lorsqu'il rouvrit les yeux, sa décision était prise.


OoOoO


Après une quinte de toux particulièrement violente, Hart apostropha le capitaine qui faisait les cent pas devant lui.

— Tu ne peux pas te calmer un peu? J'ai la tête qui tourne à cause de toi!

Dès qu'ils eurent détruit le générateur, ils étaient rentrés sur Lastellas, conformément au plan. Depuis Jack se rongeait le sang à propos des autres, qui étaient toujours là-bas.

En regardant ses va-et-vient, Hart se dit que décidément, son ancien partenaire avait bien changé. Le Jack qu'il connaissait n'était pas du genre à s'inquiéter du sort d'autrui. Quelqu'un de son entourage mourrait? Un haussement d'épaule fataliste, un mot pour le repos de l'âme du défunt, et il repartait. Ne pas s'attacher, ne pas se retourner, ne penser qu'à son propre bien-être: trois règles de base de tout agent du Temps, que Jack semblait avoir jeté aux orties. Et cette métamorphose déplaisait à Hart.

— Ça suffit! déclara le capitaine, ne supportant plus cette attente. J'y retourne!

— Arrête, Jack! Tu ne ferais que les gêner.

Agacée par leurs échanges, l'Architecte fit une grimace. Elle était en train d'étudier les plans de la station, afin de préparer sa défense au cas où le Docteur échouerait. Elle avait donc besoin de se concentrer, et la présence de ces deux olibrius dans la salle de contrôle ne l'aidait pas.

— Architecte, Architecte! fit le technicien préposé au radar. Le vaisseau des Daleks... Il n'est plus!

Du coup, il attira l'attention de tout le monde.

— N'est plus quoi? demanda-t-elle. Précisez.

— Il a explosé, Architecte!

— Non! cria Jack.

Les pensées les plus folles défilèrent dans son esprit, lui faisant envisager le pire. Est-ce qu'ils étaient... Étaient-ils tous...

La descente aux enfers du capitaine cessa lorsqu'il entendit un son qui lui était désormais familier: celui du Tardis en plein atterrissage. La Boîte Bleue se matérialisa au centre de la salle, mettant tout sens dessus-dessous. Les portes s'ouvrirent et les aliens sortirent à la queue leu-leu: les Judoons toujours imperturbables et les Sontariens excités comme jamais, quoique légèrement déboussolés par un vaisseau aussi atypique. Ne se préoccupant guère d'eux, Jack les bouscula pour se faufiler à l'intérieur.

Il aperçut aussitôt Ianto en compagnie d'Amy et poussa un soupir de soulagement. Ils étaient sains et saufs. Il était sur le point de les interroger sur la raison de cette explosion, mais fut interrompu par un éclat de voix.

— Qu'est-ce que tu as fait!

Debout près de la console, le Docteur avait agrippé John par le devant de sa veste et le fixait d'un air terrible. Jack se figea: que se passait-il ici?

— Ce que je devais faire.

John lui avait répondu calmement, sans manifester la moindre émotion. Les joues de son alter ego pâlirent, plus heurté par l'impassibilité de son interlocuteur que par ses paroles.

— Il y avait près de 2000 êtres vivants à bord de ce vaisseau que tu as fait exploser!

— Pas n'importe quels êtres vivants. Des Daleks. Cela fait une différence.

Le Docteur le lâcha et recula, en écarquillant les yeux. On aurait dit qu'il avait presque peur de son double.

— Qu'est-ce qui te surprend autant? Je te rappelle que c'est toi qui m'as fait... Je suis toi!

Justement. C'est ce qui horrifiait le plus le Docteur. Cette acte de destruction, c'était comme s'il l'avait commise lui-même. Et ce n'était pas la première fois...

— Pourquoi? articula-t-il, se forçant au calme qu'il était loin de ressentir.

— Sois lucide, la poche temporelle n'aurait jamais suffi à les arrêter. Ce sont des génies. Tôt ou tard ils auraient trouvé un moyen de s'en débarrasser et s'en seraient pris à la Terre. Mon seul et unique chez moi, tout comme le Tardis est le tien.

— Mais tu te rends compte de ce que tu dis? Tu les a condamnés pour des faits qui ne se sont pas produits... et qui ne se produiront peut-être jamais!

— C'est ce "peut-être" qui fait que Gallifrey n'est plus!

Un silence de mort tomba entre les deux Seigneurs du Temps, qui s'affrontèrent du regard. Ni l'un ni l'autre ne voulait céder.

Amy voulut faire un pas en avant, mais Jack l'en empêcha d'un geste et secoua la tête. Non, ils devaient régler seuls ce problème.

— Traite-moi d'égoïste si tu veux, reprit John d'une voix posée. Mais la sécurité des miens est ce qui m'importe le plus. Et si pour cela je dois passer par la vie de quelques Daleks, alors soit.

Le Docteur desserra les lèvres et siffla entre les dents.

— Tuer ou être tué, c'est ça? Te voilà en train de tenir le même raisonnement que le Maître et nos autres ennemis... Ou est-ce ton côté humain qui parle? Dans ce cas, je te félicite. Si tu voulais montrer les facettes les plus noires de l'humanité, c'est réussi!

— Tu sais très bien que ce n'est pas mon côté humain qui s'exprime, riposta John. Les Seigneurs du Temps existaient bien avant les hommes, tout comme la violence et les conflits!

Le Docteur détourna la tête, la colère laissant la place à de la tristesse. Il ne pouvait contredire ces propos. En avait-il seulement le droit? Lui, qui sous le coup de la fureur avait anéanti son propre peuple?

John baissa le regard et considéra ses mains: elles avaient été responsables d'un nouveau massacre et le sang qui les souillait ne s'en irait jamais. Il serra les poings de manière convulsive. Non, il ne le regrettait pas. Il... ne.. le... regrettait... pas.

— Ce n'est pas moi qui cherche à faire la guerre, murmura-t-il. C'est elle qui vient à moi. Et je ne m'enfuirais pas, pas si c'est le seul moyen de préserver ceux qui me sont chers.


OoOoO


Note de l'auteur — C'est ainsi que s'achève l'épisode des Daleks: par une tuerie. Pardonnez à John, il devient cinglé à force d'être séparé de sa Rose bien-aimée et je ne le contrôle plus! Ce n'est pas moi qui ai voulu ce massacre, promis juré! (et puis quoi encore... arrête tes délires! Paf!)

Rose et David de retour au prochain chapitre, eh oui!