Chapitre 24 — Zurvan Akarana

Il n'a pas de nom. Il ignore ce qu'il est. Par contre, il a une conscience aiguë de ce qu'il n'est pas.

Le Temps.

Le Temps est le feu, lui est le froid. Le Temps est le changement, lui est l'immobilisme. Le Temps est le tout, lui est le rien.

Le Temps... et lui, son Opposé.

Dans l'immensité de l'Espace parsemé d'étoiles et de planètes, le Temps donne corps à d'innombrables créatures qui évoluent dans la clarté de la réalité: ils naissent, se croisent et meurent, éprouvant la joie, le bonheur, les souffrances et les peines... tous ces sentiments qui prouvent qu'on existe.

Parqué dans les ténèbres qu'est le néant, l'Opposé hérite de tous les échecs, qui pour une raison ou une autre ont été écartés par le Temps. Sans substance et sans âme, ils ne sont que besoin et désir, qui ne peuvent être satisfaits. Ils veulent vivre, ils veulent mourir. Ils veulent aimer, ils veulent haïr. Ils veulent souffrir, ils veulent rêver. Ils veulent être... réels. Tout comme l'Opposé.

Mais ce n'est qu'un souhait. Rien qu'un souhait. Le monde est fait pour le Temps et ses enfants, non pour l'Opposé et ceux qui l'entourent. Un pas hors de l'obscurité qui est leur domaine, et ils se dissoudraient comme la neige au soleil. Car le reflet ne peut sortir du miroir qui le contient. Et l'ombre ne peut prendre la place de celui qui la projette.

Puis...

Se produit une lumière éblouissante. Son éclat d'une pureté sans égale se propage dans tous les Univers, et la Création entière se met à murmurer, stupéfaite que l'impossible se soit réalisé.

Méchant Loup... Méchant Loup...

Un être qui s'est auto-créé, et qui de ce fait existe en dehors des règles imposées par le Temps. Capable de voir, de modifier tout ce qui est, tout ce qui a été... et tout ce qui pourrait être.

L'Opposé le sent. L'Opposé le désire. Ce pouvoir qui peut matérialiser même ce qui n'a jamais été. L'Opposé sait qu'il est la clé de sa délivrance. Mais il reste hors d'atteinte, emprisonné dans l'âme d'une simple humaine qui n'en a usé qu'une seule et unique fois: pour sauver celui qu'elle aime.

La chance finit par tourner. L'Opposé la trouve en la personne du David, qui rongé par l'horreur de ses propres actes est au bord de la folie. Sa tentative de suicide, avortée par l'intervention du Tardis, les amène tous les deux à la lisière du néant, où rôde l'Opposé qui se saisit de l'occasion pour s'immiscer dans cet esprit affaibli par la culpabilité et la solitude.

Dominer totalement un Seigneur du Temps n'est pas chose aisée, surtout si cet état doit se prolonger. C'est pourquoi l'Opposé préfère effacer une partie de sa mémoire, lui faisant oublier leur rencontre, et devenir une voix, une voix susurrante à l'intérieur de sa tête, qui lui insuffle des décisions à prendre. Et l'Opposé l'incite à devenir humain, afin de le dissimuler aux autres Gallifréens.

Puis l'Opposé attend... Que la route de David et du Méchant Loup se croise...

— ...Vous voilà ici, devant moi. Et c'est la fin du voyage.

Rose avait cessé de se débattre. Elle l'avait écouté dans une sorte d'état second, ébranlée par ce qu'elle venait d'apprendre.

— M'emparer d'une humaine ne m'aurait guère posé de problème. Mais pas du Méchant Loup. D'où la nécessité du Passepartout, cet artefact capable de tout déverrouiller, même la défense mentale la plus impénétrable qui soit...

Tout cela avait commencé avec elle... à cause d'elle, et du Méchant Loup.

— Chose promise, chose due, Miss Tyler. Vous les avez, vos explications. Un commentaire?

— Je suis désolée.

Il se tut. Elle reprit.

— Je suis désolée. Pour tout ce qui vous a été infligé. Pour tout ce que vous avez dû subir.

Elle ne s'adressait pas à l'Opposé, mais à David. Sans être directement responsable, c'était tout de même à cause d'elle s'il se trouvait mêlé à cette histoire. Trompé et manipulé... comme si la perte de son propre peuple n'avait pas suffi.

En l'entendant, David avait envie de hurler qu'au contraire, c'était de sa faute si elle en était là. Si seulement il ne s'était pas laissé détruire par le remord. S'il s'était montré plus fort... Et si...

Des si et encore des si. Des regrets qui arrivaient trop tard, pour l'une comme pour l'autre. Et qui ne changeaient rien à la situation.

— Ne le soyez pas. Il l'est tout autant que vous... Et moi aussi.

Les gens disent qu'on voit la vie défiler devant ses yeux avant de mourir. Tout ce qu'aperçut Rose, ce fut le canon du blaster qui la visait. Il n'avait pas bougé d'un pouce tout le long du récit.

— Alors ne m'en veuillez pas pour ce que je m'apprête à faire. Car mon seul crime...

Ils n'étaient pas dans un film, pas plus que dans un roman. Pas de héros venant à la rescousse. Pas de deus ex machina survenant à la dernière minute. Rien n'empêcha donc l'Opposé d'appuyer sur la détente.

Touchée en pleine poitrine, Rose s'effondra. La recevant dans ses bras, il lui chuchota en guise d'excuse.

— Car mon seul crime, s'il y a crime, c'est de vouloir exister.


OoOoO


John pâlit, portant la main sur son coeur. Il venait d'y ressentir une douleur lancinante.

— Qu'y-a-t-il, Doc? demanda Jack remarquant son malaise.

La souffrance était si vive que pendant un instant il eut du mal à respirer. Mais cela n'avait rien de physique. On aurait dit plutôt la manifestation d'un mauvais pressentiment... Rose?

— Il y a quelque chose qui ne va pas... murmura John.

— Entièrement d'accord, maugréa le Docteur qui n'avait entendu que la fin de la phrase. Nous ne sommes ni à Londres, ni près de Gallifrey! Que faisons-nous en Ecosse?

Le disant il lança un regard plein de reproche à la Boîte Bleue. Il lui était déjà arrivé de faire des caprices, décidant par lui-même d'époque et de lieu d'atterrissage. Mais là, ce n'était vraiment pas le moment!

Amy regarda autour d'elle. D'après la façon de s'habiller de quelques rares passants, elle déduisit qu'ils se trouvaient au XXI ème siècle, dans un village aussi petit que Leadworth. Le seul centre d'intérêt dans cet endroit paisible paraissait être l'imposant manoir perché en haut de la colline.

Elle était en train de le contempler, lorsqu'un jeune villageois l'aborda, désireux sans doute de converser un moment avec la charmante rouquine.

— Touriste, mademoiselle?

— C'est si flagrant? rétorqua-t-elle pour ne pas le détromper.

— Bah, vous ne quittez pas des yeux cette demeure, là-bas. Il faut dire qu'elle est assez célèbre dans le coin.

— Célèbre? Et pourquoi donc?

— A cause de la légende du loup garou, pardi.

Du coup, cela attira l'attention des Seigneurs du Temps.

— Un loup garou? fit Amy. Vraiment?

— Oui. Il parait qu'il y a à peu près cent ans, tous les habitants de cette maison ont été dévorés par un loup garou. Balivernes pour certains, fait avéré pour d'autres.

A ces mots, John observa attentivement le manoir en question et le reconnut: c'était celui du Sir Roberts.

Pourquoi le Tardis les avait-il conduit ici?

— Si vous voulez, continua le villageois, vous pouvez aller le visiter. La propriétaire actuelle, Mme Akarana, aime bien recevoir les gens chez elle.

— Excusez-moi, intervint le Docteur. Madame qui?

— Mme Akarana. Zurvan Akarana. Quoi, il y a un problème?

Il dévisagea avec curiosité l'homme au noeud papillon à qui la mention de ce nom semblait avoir jeté un certain trouble.

— John, proposa ce dernier à l'autre, on devrait aller voir.

— Ce n'est qu'un nom.

— Zurvan Akarana? Personne ne peut s'appeler comme ça!

— Un pseudonyme, alors.

— Dans ce cas, j'ai envie de connaître le motif d'un tel choix.

En temps normal, John aurait été du même avis que son alter ego. Seulement, il avait toujours ce sentiment d'urgence qui taraudait son esprit, comme si quelque chose de terrible venait d'arriver à sa compagne.

— Tu n'es pas le seul à le sentir, dit le Docteur sur un ton posé.

John comprit que tout comme lui son double éprouvait la sensation que Rose était en danger. La différence était qu'il ne le montrait pas.

— Mais souviens-toi que le Tardis ne fait jamais rien au hasard. S'il nous a amenés ici...

— C'est qu'il devait avoir une bonne raison, acheva John à sa place.

Les deux Gallifréens n'avaient pas pour habitude de tergiverser une fois qu'ils avaient décidé de la conduite à tenir. Sans échanger un mot de plus, ils prirent la direction du manoir. Ne voyant pas l'intérêt de rester en arrière, leurs compagnons humains les imitèrent aussitôt, laissant le villageois ressasser le sens de la conversation qu'il venait d'entendre.

Vue de près, la demeure de Sir Roberts n'avait guère changé depuis 1879, si ce n'est qu'à présent elle était pourvue d'installation électrique. Le Docteur appuya sur la sonnette.

Le son du carillon venait à peine de se dissiper que la porte s'ouvrit à la volée. Sur le seuil apparut une adolescente âgée d'une quinzaine d'années: cheveux teints en rouge et bleu, piercings au nez et aux lèvres, vêtements tape-à-l'oeil... Son apparence attirait immanquablement le regard, étant un exemple typique de "remarquez-moi!".

— Mme Akarana est là? demanda poliment John.

— Encore de foutus touristes, grommela-t-elle d'un air revêche. Entrez.

Elle s'écarta de l'entrée pour leur livrer le passage. Comme ils ne faisaient pas mine de bouger, elle les toisa un à un avant de déclarer avec impatience.

— Qu'est-ce que vous attendez, les vieux? Un carton d'invitation?

— Non, mais dis donc, toi! s'indigna Amy. Figure-toi que je n'ai que 21 ans!

— Alors t'es une vieille, affirma-t-elle.

Sur ce elle leur tourna le dos. Amy était sur le point d'exploser lorsque le Docteur entoura ses épaules dans un geste d'apaisement et mit fin à l'animosité naissante en l'entraînant à l'intérieur.

— Allons-y, ma "vieille".

— Docteur! protesta-t-elle, scandalisée.

La jeune fille les mena jusqu'à la bibliothèque, qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle où Rose et le Docteur avaient trouvé refuge en compagnie de la Reine, le loup garou à leur trousse. Le Seigneur du Temps eut un bref sourire, en se remémorant de l'aventure en question. Péril ou pas, Rose et lui avaient été émerveillés de rencontrer un lycanthrope en vrai, sous le regard désapprobateur de la souveraine qui estimait que leur attitude était totalement incongrue...

— Je vais vous apporter du thé, fit l'adolescente.

— Non merci, refusa John. Nous venons juste de déjeuner. Nous sommes également pressés, alors est-ce que Mme Akarana...

— Tous les visiteurs ont droit à une tasse de thé, coupa-t-elle. Un point, c'est tout.

Elle avait parlé comme si elle n'admettait aucune objection, et de la même manière elle quitta la pièce. Jack commenta laconiquement.

— Autoritaire, la petite.

— Pour qui se prend-elle, celle-là? fulmina Amy.

Quant à Ianto, il était impressionné par la quantité de livres contenus dans la bibliothèque. Curieux, il s'approcha de la table en acajou où plusieurs ouvrages anciens étaient empilés en désordre. L'un d'eux attira particulièrement son attention, car aucun titre n'apparaissait sur la couverture d'une sobre élégance. Il s'en saisit pour l'ouvrir au hasard et en eut un haut-le-corps.

— Docteur! appela-t-il.

— Qu'y-a-t-il, Ianto?

— C'est le même poème que sur le parchemin, répondit-il en lui remettant le volume.

Intrigués, tous se réunirent autour du Gallifréen qui feuilleta rapidement les pages. Chacune d'elles comportait les huit vers du poème, et rien qu'eux, dans une répétition déconcertante.

— Ils ont fait une erreur en l'imprimant, supposa Amy.

— Je ne pense pas, murmura le Docteur.

Arrivé à la fin du livre, il indiqua du doigt le dos de la couverture où était généralement inscrit le nom de la maison d'édition. En fines lettres dorées, ils pouvaient y lire:

Méchant Loup


OoOoO


Au moment où Rose rendait son dernier souffle, le Méchant Loup s'éveilla.

Avec un formidable grondement, il prit son essor et émergea à la surface de l'âme de l'humaine dans laquelle il sommeillait. Il savait que son pouvoir incommensurable risquait de consumer son hôte, mais il n'avait pas le choix s'il voulait la garder en vie. La mort de Rose signifiait également la sienne.

En soignant la blessure, le Méchant Loup aperçut trois objets aux formes indistinctes qui tournoyaient au-dessus du corps de Rose, étincelant de mille feux. Les Fragments, qui une fois assemblés deviendraient un artefact capable de percer n'importe quel barrage, physique ou psychique. Et il comprit que malgré toute sa puissance il ne pourrait y résister. Il sentait l'avidité de l'Opposé, qui sous l'aspect de ténèbres environnantes, se préparait déjà à s'infiltrer en Rose dès que l'occasion se présenterait, afin de s'emparer de lui. Et ce serait la fin de tout.

Pas d'issue, pas d'échappatoire possible. Tout ce que le Méchant Loup pouvait faire, c'est d'envoyer un appel au secours à travers l'Espace et le Temps, en lettres de feu, en espérant que le message serait reçu des Docteurs. Et qu'ils en saisiraient le sens...


OoOoO


Les deux Seigneurs du Temps fixaient les caractères en or comme s'ils n'arrivaient pas à croire leurs yeux.

— Corrigez-moi si je me trompe, avança prudemment Ianto, mais Méchant Loup désigne Rose, non? Alors le poème est un avertissement de sa part...

— Non, non, non et non!

L'exclamation du Docteur était si violente qu'elle fit sursauter tout le monde. Il se mit à marcher du long en large de la pièce, secouant la tête et en soliloquant à toute vitesse.

— C'est impossible, ce n'est qu'une mythe! Je préfèrerais encore admettre l'existence des Toclafanes que de croire à ça!

Cet éclat ne manqua pas de rendre Amy perplexe. Impossible? Le Gallifréen qu'elle connaissait avait rayé ce mot de son vocabulaire. Qu'est-ce qui le perturbait autant?

— Docteur, interpella Jack. Depuis le début, je ne comprends pas votre réaction vis-à-vis de ce poème. Vous nous l'avez d'abord ôté des mains, et maintenant, vous vous comportez comme si... je ne sais pas, que vous en aviez presque peur! Pourquoi donc? C'est quoi, l'Opposé?

Ce fut John qui répondit.

— Une entité qui symbolise le contraire du Temps... d'après une très ancienne légende de Gallifrey.

Si l'atmosphère n'avait pas été aussi pesante, Amy se serait mise à rire. Le Temps ne pouvait pas avoir de contraire, cette idée était absurde!

— Et c'est dangereux? fit le capitaine.

— La question n'est pas là, rétorqua le Docteur, toujours agité. Ne voyez-vous donc pas que si on en vient à considérer l'Opposé comme d'un être doué d'une conscience, qu'il faudrait...

— ...En faire de même avec le Temps. Le personnifier, comme si c'était une entité capable de réfléchir et d'agir.

Ils se retournèrent. Revenue sans faire de bruit, l'adolescente était en train de disposer tasses et cuillères sur une table basse. Si son apparence n'avait pas changé, sa façon de s'exprimer et de se tenir avait connu une transformation radicale: plus grave, plus sereine... En versant précautionneusement le thé, elle poursuivit.

— Et vous ne pouvez pas l'accepter. Parce que pour vous, si le Temps est plus qu'une simple notion mathématique, il n'en reste pas moins une force non-animée. C'est bien cela, Docteur?

— Il ne peut en être autrement, fit ce dernier avec fougue. Sinon cela reviendrait à dire que tous mes faits et gestes sont décidés par un être supérieur. Que...

— ...Tout est écrit à l'avance, continua John. Que le libre arbitre n'est qu'une illusion.

Les trois humains suivaient leurs échanges dans un silence stupéfait. La situation prenait une tournure surréaliste: qu'une jeune fille de quinze ans devise tranquillement de la nature du Temps avec les Docteurs, cela dépassait la limite de leur compréhension.

Elle reposa la théière sur le plateau et se tourna vers Ianto.

— Qu'est-ce que le Temps, selon vous?

Déboussolé par ses manières qui n'avaient plus rien d'une adolescente, il répondit machinalement.

— Une succession d'événements, je suppose...

— Ce que vous supposez est exact. Et qui créé ces événements?

— Euh... Des êtres vivants?

— Parfaitement. Pas d'êtres vivants, pas d'événements. Pas d'événements, pas de Temps...

Elle s'assit, croisa les bras et regarda tour à tour les deux Gallifréens avant de déclarer.

— Si j'existe, c'est parce que la Vie existe, et non l'inverse. C'est vous qui me créez à chaque instant qui passe, par vos actions, par vos choix. Alors oubliez cette idée ridicule selon laquelle j'influencerais le moindre de vos actes.

— "Je"? intervint Amy, dont la tête était prête à exploser. Qui ça, "je"? Qui es-tu, bon sang?

La réponse vint du Docteur, dont la voix mal assurée indiquait à quel point il était bouleversé.

— Zurvan Akarana...

— La propriétaire du manoir? fit le capitaine. Quoi, cette petite serait donc...

— Ce n'est pas une petite, rectifia John, se forçant au calme. Dans la mythologie perse, Zurvan signifie Temps et Akarana veut dire Infini. Temps Infini... C'est vous, n'est-ce-pas?

La jeune fille hocha la tête en signe d'assentiment et ajouta avec un sourire charmant.

— Maintenant que vous avez établi qui je suis, voulez-vous une tasse de thé?


OoOoO


Note de l'auteur — Jamais deux sans trois! Au bout de la troisième tentative, j'ai enfin réussi à tuer Rose, et son aventure s'achève ici, hé, hé! ...Non, je plaisante, cher lecteur, alors rangez tous ces couteaux et revolvers (d'où est-ce que vous les sortez?), vous me fichez la frousse. Bien sûr que Rose n'est pas morte, et l'histoire n'est pas terminée. Alors il faudra encore attendre quelques chapitres de plus pour voir le générique de la fin.

Puisqu'il y a l'Opposé, j'ai pensé que ce serait amusant de personnifier le Temps, sous les traits d'une ado. Non? Vous ne trouvez pas ça drôle du tout? Snif...