Chapitre 28 ㅡ Tardis in Tardis (le Tardis dans le Tardis)
Nourrie par la fureur de l'Opposée, la foudre tomba aux pieds de John, carbonisant le sol juste devant lui. D'autres suivirent, creusant des cratères fumantes ça et là dans une symphonie de son fracassant et de lumière aveuglante. Pourtant cela ne le fit même pas ciller. Les mains dans les poches, il resta campé sur sa position, ne se départant pas de son expression sévère. Que la nature se déchaîne, cela n'allait pas arrêter le Seigneur du Temps venu réclamer des comptes.
La pluie fulgurante cessa. Sous un ciel toujours menaçant et respirant l'air chargé d'électricité, ils se jaugèrent en silence. L'Opposée scruta attentivement celui qui osait lui tenir tête. Elle aurait pu le tuer sur place. Si elle ne l'avait pas fait, c'était parce que quelque chose avait retenu sa main. Il était possible que cela était dû aux échos de sentiments que son hôte éprouvait envers cet homme... Ou cherchait-elle simplement à tromper son ennui, comme un chat qui jouerait avec la souris avant de la dévorer.
ㅡ Vous prétendez être celui qui amène la tempête, c'est cela? fit-elle avec un sourire de dédain non dissmulé.
Elle avait intégralement accès aux souvenirs de Rose et savait tout de leur histoire. Il ne lui était donc pas difficile de choisir les mots qui étaient les plus susceptibles de le blesser.
ㅡ Soyez honnête: vous n'êtes que son pâle copie. Son ombre à peine esquissée. Une sorte de remplaçant imparfait que l'original a offert en guise de consolation à Miss Tyler.
Il ne réagit pas, se contentant de hausser un sourcil. Poussée par un besoin de se montrer cruelle qu'elle ne comprenait pas elle-même, elle continua avec une lenteur délibérée.
ㅡ Vous vous demandez sans relâche si c'est vous qu'elle aime ou l'image du vrai Docteur qu'elle voit à travers vous, ai-je tort? Quand elle vous embrasse, ses lèvres sont sur les vôtres mais peut-être que son coeur est ailleurs, en train de poursuivre l'ange solitaire dans sa Boîte Bleue...
Elle guetta avidement des signes de souffrance sur le visage de son interlocuteur. Comme il demeurait rigoureusement impassible, elle finit par s'écrier.
ㅡ Auriez-vous perdu votre langue, John?
ㅡ Oh, pardon. Parce que vous vous attendiez à ce que je vous réponde?
Le ton léger qu'il prit pour lui répliquer la désarçonna. Quoi, pas d'explosion? Pas de récrimination haineuse face à ces propos qui le dénigraient? Ne ressentait-il donc rien?
ㅡ Que voulez-vous que je vous dise? ajouta-t-il avec un petit rire. Vous avez parfaitement raison. C'est ce que j'ai cru... pendant un certain temps, du moins. Mais...
Inutile de préciser qu'au début de sa relation avec Rose, ce genre de pensées l'avaient tenu éveillé pendant de longues nuits, au point de provoquer des tensions entre eux deux. De violentes disputes avaient même éclaté, au cours desquelles ils s'étaient mutuellement infligés des meurtrissures d'autant plus profondes qu'ils tenaient sincèrement l'un à l'autre. Puis un jour, une phrase d'elle lui avait permis de comprendre qu'il se faisait du mal pour rien.
L'Univers a son Docteur, moi j'ai le mien.
ㅡ Je l'aime, déclara-t-il paisiblement. Et elle m'accepte tel que je suis. Cela me suffit.
Il était le Docteur de Rose, point final. Il était celui qui pouvait offrir à la jeune femme ce dont son "original" ne pourrait jamais lui donner: vieillir ensemble. Et le reste n'avait guère d'importance. La vie d'un être humain était bien trop courte pour qu'il la passe à se torturer avec des doutes qui n'avaient pas lieu d'être.
ㅡ Puisque j'ai satisfait votre curosité, à mon tour de vous poser une question. Pourquoi?
ㅡ Pourquoi quoi?
ㅡ Pourquoi une telle jalousie envers Rose et moi?
ㅡ Ridicule, riposta-t-elle sèchement. Pourquoi est-ce que je vous envie...
ㅡ Que faites-vous ici? coupa-t-il sans ménagement.
L'Opposée plissa les yeux, ne saisissant pas le sens de son questionnement qui semblait n'avoir aucun rapport avec le précédent.
Il s'avança vers elle et elle eut un mouvement de recul de manière instinctive. Ne lui prêtant pas attention, il la dépassa et marcha jusqu'au rebord du toit pour jeter un coup d'oeil à la ville tout en bas, à cette cité magnifique qu'il n'aurait pas hésité à admirer si seulement elle n'était pas née du souffle vitale volé à l'Univers.
ㅡ Que faites-vous à cet endroit, reprit-il, au lieu de vous mêler à ces gens qui existent grâce à vous? Alors que vous devriez vous réjouir en leur compagnie, vous êtes ici, toute seule, sans personne à vos côtés...
Elle se figea, la signification de ces paroles s'insinuant dans son esprit. Et tandis que l'aura lumineuse qui l'environnait s'atténuait, comme preuve de l'incertitude qui l'habitait, John énonça la froide vérité qu'elle s'était ingéniée à nier jusqu'à présent.
ㅡ ...Car vous êtes consciente au fond de vous-même que jamais vous ne trouverez votre égal parmi eux. Vous êtes trop exceptionnelle pour qu'il y en ai un autre comme vous. C'est le lot de tous les êtres sortant de l'ordinaire: la solitude. Et cela vous ronge de l'intérieur. Normal donc que Rose et moi vous frustrent autant. Nous avons ce que vous n'aurez jamais.
ㅡ Baliverne! tenta-t-elle de contester. Il est vrai que je n'ai aucun compagnon pour l'instant, par contre j'ai une immense famille. Tous ceux que j'ai créés sont comme mes enfants...
ㅡ Oui, et les enfants finissent toujours par quitter leurs parents. Ils vous remercieront, vous vénéreront, mais quand ils auront évolué et n'auront plus besoin de vous, ils vous oublieront. Et vous vous retrouverez au point de départ, c'est-à-dire seule, exactement comme avant que vous ne deveniez réelle.
John se tourna en sa direction et la regarda. La dureté de son regard s'était un peu adoucie, et de la compassion s'y lisait.
ㅡ Je suis désolé, tellement désolé, d'autant plus que je sais exactement ce que ça fait...
Le Docteur dans son Tardis. Il ne s'arrêtait jamais, il ne pouvait pas s'arrêter car il n'était chez lui nulle part. Tous ses semblables étaient morts, faisant de lui le dernier de sa race, ce qui signifiait qu'il n'y avait pas le moindre espoir de rencontrer son égal. Et si prendre des humains comme camarades de voyage lui permettait de supporter cet état de fait, il gardait toujours en mémoire qu'ils n'étaient que des êtres éphémères comparés à lui. Donc au bout d'un certain temps, il les laissait en arrière et ne se retournait pas, ne pouvait pas se retourner par crainte de s'attacher à eux de façon irrémédiable.
Alors oui, il plaignait le sort de l'Opposée qui lui rappelait le sien d'avant la métacrise. Cependant il se devait de la stopper, puisqu'elle mettait en péril tout ce qui lui était cher.
ㅡ Je ne veux pas de votre pitité! hurla-t-elle soudain.
OoOoO
Avec des cables qui sortaient d'un peu partout, la salle de pilotage de la Boîte Rouge parut à Amy dans un désordre inimaginable. Sa conclusion était qu'elle préférait le décor de la Bleue, quoiqu'elle n'ait pas encore vu les autres pièces. Et elle se doutait qu'elle n'ait jamais l'occasion de les visiter, David ne lui semblant pas être du genre à proposer gentiment de lui faire faire un tour.
Elle coula un regard en biais vers le Seigneur du Temps qui s'affairait sur la console. Ce Gallifréen au visage inexpressif l'intimidait, d'autant plus qu'il n'avait rien dit lorsqu'elle l'avait suivi à l'intérieur. C'est pourquoi lorsqu'il leva la tête en sa direction, elle dut se maîtriser pour ne pas sursauter, telle une gamine qui aurait fait une bêtise.
ㅡ De l'un, énuméra-t-il d'une voix monocorde, je ne vous ai pas invitée à bord. Et de deux, qu'avez-vous à me regarder ainsi?
En prenant son courage à deux mains, elle lui rétorqua.
ㅡ Vous n'êtes pas en position de nous... euh, de m'interdire quoi que ce soit.
Il fronça les sourcils et vint se planter devant elle. Pétrifiée, elle ne montra aucune réaction jusqu'à ce qu'il l'interpelle avec une certaine irritation.
ㅡ Ecartez-vous, vous me gênez.
C'est ce qu'elle fit sur le champ. Il se mit alors à pianoter sur le clavier d'un geste rapide et précis.
ㅡ Au fait, je m'appelle Amy Pond.
Silence. Décidément, ce type était désespérant. Comment Rose avait-elle fait pour supporter un caractère aussi...
ㅡ ...Amy? Un diminutif d'Amelia?
ㅡ Oui! fit-elle, ravie qu'il daigne enfin lui répondre.
ㅡ Cela ressemble au nom d'un personnage de conte de fée.
ㅡ Le Docteur m'a fait la même remarque. J'en ai changé parce que...
ㅡ Ca ne m'intéresse pas.
Rembarrée, elle pinça les lèvres avant de finir tout-de-même la phrase.
ㅡ ...Parce que je ne croyais plus aux histoires pour enfant. Mais le Docteur...
ㅡ Tant mieux, coupa-t-il de nouveau.
ㅡ Et pourquoi donc? dit-elle sèchement, agacée.
ㅡ Et ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours... Ce genre d'épilogue n'existe pas dans la réalité.
A moins d'être dans un rêve. Et le sien s'était évanoui avec la destruction du Gallifrey qu'il avait ochestrée de sa propre main. Et il en avait connu un autre avec Rose... Un songe, qui lui aussi était sur le point de s'achever.
ㅡ Si c'est là votre vision de la vie, s'indigna Amy, alors vous devez être quelqu'un de très malheureux.
Quelle différence avec le Docteur, qui quand à leur deuxième rencontre elle lui avait affirmé qu'elle avait grandi, s'était écrié: "Mais il ne faut jamais faire ça!"
Les doigts de David qui parcouraient le clavier s'étaient arrêtés et il allait répliquer quelque chose de cinglant lorsque l'écran principale s'alluma, interrompant le fil de leur conversation.
ㅡ J'espère que vous n'êtes pas en train de vous disputer ou pis, voulut savoir l'image du Docteur.
Ils parlèrent en même temps.
ㅡ Oh, c'est un vrai ours mal léché.
ㅡ Elle est plus bavarde qu'une pie.
Ils s'entre-regardèrent.
ㅡ Un ours mal léché?
ㅡ Comment ça, une pie?
ㅡ Je vois que vous vous entendez à merveille... soupira le Docteur. Je viens de baisser le bouclier de mon vaisseau. Et de votre côté?
ㅡ C'est quand vous voulez, fit David en s'emparant d'un petit marteau avec lequel il se mit à taper comme un malade sur un panneau métallique.
Le plan était de faire atterrir un Tardis dans l'autre. Amy, qui pensait que la Cabine Rouge allait se matérialiser "à l'intérieur" de la salle de contrôle de la Bleue, eut la surprise de constater que les parois s'estompaient lentement pour être remplacées par celles qui lui étaient familières, tandis que se dessinaient petit à petit les silhouettes élancées du Docteur et de Ianto...
OoOoO
L'aura de l'Opposée flamboya, balayant les alentours dans une explosion de lumière. John fut projeté en arrière, manquant de basculer dans le vide. C'était une trés mauvaise idée que de provoquer l'ire d'un être doté de tels pouvoirs, se dit-il en se raccrochant à la rambarde, surtout lorqu'on se trouvait en haut d'un gratte-ciel!
Pensant qu'il allait tomber, Jack qui sous les conseils du Doc s'était caché pour observer la scène, courut pour l'aider.
ㅡ Non! avertit John en recouvrant son équilibre. Restez où vous êtes!
ㅡ Je me demandais quand la petite souris sortirait de sa cachette...
Un flot de particules se dirigea vers le capitaine, qui fut soulevé du sol comme s'il n'était qu'un fétu de paille. L'Opposée fit un geste de la main et il fut suspendu au-dessus de l'abîme, de l'autre côté du parapet.
ㅡ Un peu de brutalité dans les préliminaires ne m'a jamais fait peur, murmura Jack en déglutissant, mais je dois avouer que là, c'en est trop, même pour moi.
Elle ne l'écouta pas, toute son attention uniquement focalisée sur le Gallifréen à demi humain.
ㅡ Et maintenant, John? Et si je le lâchais? Et si je faisais subir le même sort à vos amis qui ont survécu à la fin du Temps?
Il se rendit compte que la situation lui échappait et pesta contre son alter ego qui tardait à faire son apparition. Les Tardis devraient être déjà prêts! Qu'attendait-il pour intervenir, bon sang? Qu'il envoie une fusée de détresse pour signaler sa position?
ㅡ Qu'est-ce que cela va vous rapporter de faire ça? fit-il pour gagner du temps. Vous n'en serez pas plus heureuse, et vous le savez!
ㅡ Je suis simplement curieuse. Continuererez-vous à me parler avec tant de commisération une fois que vous aurez tout perdu?
A cet instant, un bruit parfaitement reconnaissable parvint jusqu'aux oreilles de John, dont les lèvres s'étirèrent dans un grand sourire. Enfin.
ㅡ Qu'est-ce qui vous amuse? Vous ne récupérerez jamais votre précieuse petite fleur! Et faites également vos adieux au capitaine ici présent!
Sur ce Jack sentit la force invisible qui le maintenait en l'air disparaître d'un coup. Il ferma machinalement les yeux, se préparant à une chute mortelle...
...Et il fut reçu dans les bras de Ianto, qui fut renversé sur le sol du vaisseau à cause de l'impact.
ㅡ Ca va, Jack?
ㅡ Petit cachottier, constata l'interpellé d'une voix rêveuse. Tu es bien plus musclé que je ne l'aurais cru.
Rouge de confusion, Ianto repoussa légèrement le capitaine qui ne faisait pas mine de vouloir descendre d'au-dessus de lui. Ce corps à corps inopiné n'était pas pour lui déplaire - surtout que la senteur de Jack mettait tous ses sens en émoi - mais ce n'était ni le moment, ni l'endroit. Plus tard, peut-être.
En réalisant que le Tardis s'était matérialisé tout autour d'elle, l'Opposée fit un tour sur elle-même, telle une girouette. Elle eut l'impression de se retrouver dans un tribunal, devant des jurés sur le point de la condamner. D'abord, David se tenait sur sa droite, une expression peu chaleureuse peinte sur la figure. Ensuite venait une petite rouquine qui la fixait en ouvrant de grands yeux ronds, qui toutefois ne comportaient aucune trace de crainte. Et pour compléter le tableau, un homme portant un ridicule noeud de papillon la toisait froidement, les bras en croix.
ㅡ Tiens, tiens, tiens... persiffla-t-elle. Voici donc les derniers enfants du Temps réunis dans le but de me combattre. Pensez-vous vraiment avoir une chance de remporter cette bataille?
ㅡ Inutile d'user de terminologie guerrière. Tout ce que nous voulons, c'est de vous renvoyer à votre place et restaurer l'ordre originel, c'est tout. Au fait, je ne me suis pas présenté. Je suis le Docteur, celui d'un autre monde, réparateur de l'Univers à ses heures. Non, parce que si je ne le précise pas, ça risque d'être un embroullamini impossible à dénouer, vu que nous sommes trois.
ㅡ Aha, vous êtes celui duquel John est issu? lança-t-elle avec une jovialité feinte. Prie pour ne plus te régénérer, David. Sinon tu te promèneras bientôt avec ce grotesque accessoire accroché à ton cou.
Leurs regards se croisèrent pendant un bref instant: celui de David brillait d'une haine non refoulée, tandis que celui de l'Opposée recelait de l'amertume.
Si seulement il n'avait pas refusé son offre. Si seulement il avait accepté de demeurer à ses côtés. Alors tout aurait pu être différent, pour lui comme pour elle.
ㅡ On ne se moque pas impunément de mon noeud pap, protesta l'autre Gallifréen, rompant ainsi l'échange silencieuse entre eux deux. Il est cool!
ㅡ Eh bien, Docteur. Voyons si vous serez toujours aussi "cool" une fois que je me serais occupée de vous.
L'Opposée jugea que tout ce cirque avait assez duré. Autant en finir au plus vite. Elle leva la main, avec l'intention de disperser aux quatres vents les atomes qui composaient le Gallifréen. L'aura de lumière dorée s'intensifia, en réponse à son ordre muet. Et...
Rien ne se produisit.
OoOoO
Sous le choc, l'Opposée réitéra son geste et subit un nouvel échec. Le Méchant Loup ne réagissait pas: il était inerte.
ㅡ Que m'avez-vous fait! gronda-t-elle, sans s'adresser à quelqu'un en particulier.
Ce fut le Docteur qui lui répondit.
ㅡ Nous? Rien. Dans votre orgueil vous avez omis le fait que le Méchant Loup est né de l'union entre l'âme de Rose et le coeur du Tardis. La moitié de ses pouvoirs proviennent de ceux du vaisseau... En son sein, vous aurez beau le forcer, le Méchant Loup ne fera jamais rien qui va à l'encontre de la volonté du Tardis. Et ce n'est pas pour me vanter, mais cette bonne vieille Boîte m'adore, alors...
Elle refit une tentative, sans succès. Les particules lumineuses qui l'entouraient eurent à peine le temps de frémir qu'elles s'apaisèrent aussitôt.
ㅡ Puisqu'on vous dit que ça ne marchera pas, fit John. Ici, tous vos pouvoirs sont caducs.
Ici?
Ce mot frappa l'Opposée, qui entrevit une solution simple à son problème. Il suffisait qu'elle quitte le vaisseau, et le tour était joué! Avec l'agilité d'un chat, elle piqua un sprint vers la sortie. Quand elle sera dehors, elle pourra à nouveau être toute puissante, et rendre au centuple l'affront qu'on venait de lui infliger.
Sans qu'aucun ne l'en empêche, elle franchit le seuil de la porte du Tardis... avant de s'arrêter net. Au lieu de se retrouver à l'extérieur, elle était revenue dans la salle du contrôle, où l'attendaient tranquillement les Docteurs et leurs compagnons humains. Quelle magie était-ce là?
ㅡ Tardis in Tardis, déclara David. Deux Tardis fondus l'un dans l'autre, occupant exactement le même Espace-temps, ce qui les rendent totalement hermétiques. Rien ni personne ne peut s'échapper d'ici... y compris toi.
Echec et mat. Voilà ce que sous-entendait le ton qu'adopta David en prononçant les derniers mots. Une revanche pour lui. Quel effet cela faisait-il quand de chasseur on devenait la proie?
Comme un animal pris au piège, l'Opposée se chercha vainement un échappatoire. Jusqu'à présent, tous ses projets s'étaient déroulés sans anicroche et buter de manière inattendue contre un obstacle infranchissable l'affolait complètement.
ㅡ Libérez Rose, exigea le Docteur. Tout est fini, alors laissez-la partir!
Non, ce n'était pas terminé... pas tant qu'elle aurait sous son contrôle le corps de Rose Tyler.
ㅡ Oh non, Docteur. Hors de question. Vous avez peut-être réussi à neutraliser le Méchant Loup, cependant mes propres pouvoirs sont encore intacts. Et quoi que vous fassiez, jamais vous ne pourrez m'obliger à quitter cette enveloppe.
Elle éclata d'un rire hystérique. Jack grimaça, sentant que tout ne faisait que commencer. En effet, par quel moyen allaient-ils l'amener à leur rendre Rose?
ㅡ D'ailleurs, qu'en ferez-vous? fit-elle d'un air narquois. Ce n'est qu'une coquille vide, l'âme de celle qui vous tient tant à coeur n'existe plus!
Elle recula, jetant aux Seigneurs du Temps un regard lourd de mépris. Elle était certaine d'avoir l'avantage, car ses adversaires étaient prisonniers de leurs émotions. Tant qu'elle garderait l'apparence de Rose, ils seraient incapables de lui nuire... Tout ça pour une humaine! cracha-t-elle en son for intérieur. Leur Univers était en ruine, et pourtant leur première préoccupation était de sauver une femme qui de toute façon sera morte d'ici quelques dizaines d'années.
Quelqu'un l'agrippa par le poignet.
ㅡ Voulez-vous toujours connaître comment je suis parvenu à vous localiser sur ce toit?
C'était John. Par pure réflexe, elle essaya de se dégager mais il la retint d'une poigne de fer.
ㅡ J'ai suivi à la trace l'âme de Rose. C'est elle qui a guidé mes pas... Et maintenant, je m'en vais la chercher.
Son autre main, celle qui était libre, s'approcha de son visage. En comprenant ce qu'il s'apprêtait à faire, elle cessa de se débattre et affirma avec morgue.
ㅡ Jamais vous ne réussirez à franchir la barrière psychique.
ㅡ Vous n'avez pas encore saisi? Ce n'est ni votre esprit, ni celui du Méchant Loup que je veux atteindre, mais celui de Rose.
Sur ces paroles, les doigts de John se posèrent sur la tempe de l'Opposée, établissant une connexion mentale entre eux.
OoOoO
Note de l'auteur ㅡ Encore un titre en anglais, alors que je suis exécrable dans cette langue. Mais "Tardis in Tardis" sonne tellement mieux que "le Tardis dans le Tardis", vous ne trouvez pas?
Aucun rapport avec la fic, mais j'ai enfin réussi à convaincre ma mère de regarder Doctor Who... Et non seulement elle l'adore, mais en plus elle apprécie Ten tout autant que moi (Youpiii!). Nous venons de visionner la fin de la saison 2 et elle a pleuré comme une madelaine. C'est avec impatience que nous allons nous mettre à la saison 3 (quelle magnifique invention que les DVD). Tout ça pour partager avec vous, cher lecteur, la joie de voir un nouveau membre rejoindre le club des fans inconditionnels de notre cher Docteur...
