Bonjour à tous ! Donc moi c'est Menthe. Et puis ben euh... Voilà, c'est à peu près tout.
Voici le chapitre 2, j'espère qu'il vous plaira. Et s'il ne vous plaît pas, n'hésitez pas à dire pourquoi ;)
...Cette remarque vaut aussi s'il vous plaît héhé. Bonne lecture !
La prétention.
Je crois que c'est le mot qui m'allait le mieux.
Il est vrai que j'étais affreusement prétentieuse avant de mourir. Mais il y avait de quoi. Après tout, ma famille faisait partie du tout-Londres, j'avais une ascendance des plus convenables, et mon éducation était parfaite. De plus, je comptais dans mes amis ou dans ma famille des personnes… particulièrement influentes. Je n'établissais évidemment pas de relations avec n'importe qui.
Quand j'ai reçu ma lettre pour Poudlard, et que je suis partie, je me souviens avoir glissé dans ma valise des objets qui avaient appartenus à ma mère. Tellement sûre que j'étais d'être admise dans la maison de mon choix, je faisais des réserves.
Bien entendu, j'avais raison, et fut envoyée à Serpentard. Là-bas, il y avait tant de personnes intéressantes… Notre directeur de maison en avait d'ailleurs parfaitement conscience, puisqu'il faisait de petites réunions entre gens corrects, pour nous permettre – et lui permettre –d'établir des contacts entre les futures personnalités du monde sorcier. Horace Slughorn était un homme prévoyant.
Ca me convenait parfaitement, et grâce aux postes importants de mes parents, je fus très tôt conviée aux réunions, en compagnie d'autres élèves. Parmi eux, je me souviens qu'il y avait un jeune homme particulièrement beau, agréable et charmeur. De deux ans plus vieux que moi, il avait des capacités étonnantes, et je l'admirais beaucoup. Tout le monde, y compris le professeur Slughorn, le voyait comme étant le futur Ministre de la Magie. En cinquième année, pratiquement toute l'école était d'accord sur ce point, quand il devint un héros en résolvant le mystère de La Chambre des Secrets. Quoique moi, le monstre ne m'ait pas tellement dérangée, je le voyais comme un sauveur.
De son côté, il ne me négligeait pas, car mon oncle l'intéressait beaucoup. Je n'étais pas très fière du frère aîné de ma mère, mais si cela me permettait de fréquenter Tom, je n'hésitais pas.
Quand je fus en cinquième année, il me confia, ainsi qu'à d'autres de ses amis et admirateurs, qu'il avait de grands projets pour notre race supérieure, et qu'il s'en occuperait une fois dehors. Enthousiasmée, je bus ses paroles.
Pendant ma sixième année, nous n'eûmes aucune nouvelle de lui. Il avait tenté de devenir professeur, et malheureusement, cela lui avait été refusé. Je crois qu'il avaittravaillé dans une boutique dans l'Allée des Embrumes, mais je n'en étais pas sûre. Ce n'était pas tellement son genre de s'abaisser de la sorte, fort heureusement.
Dans le courant de ma septième année, j'eus des nouvelles. Il nous demandait de le rejoindre dans la Forêt Interdite, où il nous expliquerait ses grands projets d'avenir. Nous nous sommes exécutés aussitôt, avec la fièvre de l'action.
Il avait assez changé, mais nous n'y prêtâmes guère attention. Son discours nous captivait trop. Seulement, quand il commença à parler d'extermination des Moldus et des Sangs-de-Bourbe, je ne pus m'empêcher de penser à mon oncle. Ses affaires n'allaient pas très fort à ce moment.
Prenant mon courage à deux mains, j'attendis que la réunion se termine, pour parler seule à seul avec Tom, certaine qu'il me comprendrait.
- Eh bien, je vous convoquerai à nouveau plus tard. Honor, puis-je te parler deux minutes ?
Epoustouflée qu'il ait lu dans mes pensées, j'attendis un peu en retrait, le cœur battant, et, il faut le dire, les joues rouges. Vive l'obscurité.
- Navré de te mettre ainsi en retard, mais je voulais te demander si tu allais bien.
- Euh… oui.
Quelle idiote. Mais quelle idiote. Tom me retenait, voulait me parler en privé, me demandait si j'allais bien, et qu'est-ce que je répondais ? ... Je me tuerais.
- Et ton oncle ?
- Ca peut aller, mais ça commence un peu à m'inquiéter.
- Je comprends…
Le silence qui suivit était insupportable. Tom se mit à marcher de long en large, et je voyais le moment où il allait conclure notre discussion par « Bon, eh bien à plus tard ! » approcher à grand pas. Il fallait briser la glace. Et il fallait que je parle.
- Excuse-moi Tom, commençai-je, mais quand tu disais extermination tu veux dire… que nous règnerons en maîtres absolus ?
- Bien entendu. Tu devrais comprendre ce genre de discours, toi, lança-t-il avec un signe de tête entendu, et un léger sourire.
- Oui, évidemment.
Quelques fois, mon sens de la répartie me laissait sans voix.
-Mais ne risquons-nous pas de disparaître ? continuai-je en tâchant de prendre un ton détaché. Après tout, ce n'est pas de gaieté de cœur que tous les Sang-Mêlés sont nés.
- Que veux-tu dire ?
Ses yeux me transperçaient d'une manière étrange. Ce n'était pas très agréable, et pourtant, ça me donna le courage de continuer.
- Eh bien la consanguinité sera trop élevée. Bien sûr, c'est quelque chose d'immonde que de penser à un certain contact avec des Moldus, mais je crois qu'au bout du compte, ça sera hélas nécessaire.
- Tu veux dire que nous devrions nous accoupler avec de tels êtres ?
Son air avait changé. Il semblait plus inquiétant, et j'aurais juré voir une ombre rouge passer dans ses yeux. Mais je n'y prêtai guère attention.
- Eurk, non ! Mais que nous devrions surveiller les Sangs-de-Bourbe et les Sang-Mêlés. Ils sont souillés, bien sûr, mais ce sont quand même des Sorciers . Inférieurs, certes, mais des Sorciers. Et ce n'est pas de leur faute si jamais ils ont de tels parents.
- Tes idées sont intéressantes, murmura-t-il d'un ton glacial.
Il recommençait à marcher de long en large, en écartant les branches de petits coups de baguette magique nonchalants. Etrangement, ce détachement me fit frissonner. Et pas comme j'aurais aimé. Je tentai un sourire crispé, pour sembler plus à l'aise que je ne l'étais.
- Je ne voulais pas t'offenser.. Si je l'ai fait, je te prie de m'excuser. C'était involontaire.
- Aucun problème. Je comprends. Tu as le droit d'avoir un avis, continua-t-il de cette voix si différente.
Là, je ne souriais plus.
- Tom… Qu'est-ce que tu fais ?
- Comment ça ?
- Pourquoi… Pourquoi est-ce que tu lèves ta baguette… ?
Je commençais à être sacrément inquiète. Il avait sûrement l'intention de me lancer un sortilège de Jambencoton, ou autre chose humiliante. Il savait que je ne supportais pas ça.
Sadique.
- Parce que je ne peux pas me permettre d'avoir des gens pensant de telles horreurs dans mon camp. Même quand ils sont aussi nobles que toi. Tu me déçois, Honor. Je pensais que ton éducation était meilleure que ça.
- Mais c'est ce que dit mon père…
- Vraiment ? En ce cas, je m'occuperai de lui après.
- Hein ?
Il murmura quelque chose, et un éclair vert jaillit de sa baguette.
Puis ce fut le noir complet.
Je dois dire que j'étais un peu perdue. Est-ce que Tom m'avait rendue aveugle ? Je tâtonnai autour de moi en l'appelant, en m'excusant et en plissant les yeux. Je ne pouvais pas être aveugle. J'avais de bien trop beaux yeux. Ils ne pouvaient pas ne plus fonctionner. C'était impossible.
Aussi, quand je distinguai une lueur dorée très loin devant moi, le soulagement fut sans borne. Sans réfléchir, je me levai et me dirigeai vers elle. Une légère brise faisait voler mes cheveux, et une douce musique se glissait agréablement dans mes oreilles.
C'était absolument merveilleux comme sensation.
Soudain, je me rendis compte que je n'étais pas seule. Plein de gens autour de moi avait le même air béat que je devais sûrement aussi afficher. Ils avaient l'air assez stupide. Je n'en connaissais aucun. Mais ce que je savais, c'est qu'ils allaient dans la même direction que moi.
Et j'ai toujours eu horreur de faire partie d'un troupeau sans que je sache pourquoi.
Je fis donc demi-tour, et cherchai un autre chemin. Les autres protestaient de me voir les déranger dans leur quête de l'absolue « bétattitude ». Révoltant.
Je me fichais de ce qu'ils disaient, et continuai de chercher une issue destinée aux personnes plus importantes que ces minables.
Seulement, j'avais dû commettre une erreur. Parce qu'ils se mirent tous à hurler de peur. Bon, je savais que je n'étais pas très bien coiffée parce que Tom avait dû me faire tomber... D'ailleurs, où était-il ? Bon, ce n'était pas le souci. Fallait que je calme ces gens d'abord. Poliment, calmement. Comme toujours.
-Ho, LA FERME !
Et hop, Silence.
J'avais toujours les mots qu'il fallait.
… Ca avait dû les vexer - chose compréhensible -, parce que le décor avait changé. Je m'étais retrouvée dans un étrange ensemble de couloirs de briques plus noires qu'un chaudron mal lavé, et pourtant, on y voyait parfaitement parce qu'il y avait une sorte de lueur bleue. J'aurais préféré verte, mais c'était joli.
En tout cas, je croyais avoir trouvé mon itinéraire bis, et je continuai à marcher droit devant moi, le sourire aux lèvres. Tom m'avait envoyée dans un labyrinthe, j'allais en sortir, je m'excuseraiset il me pardonnerait. Impeccable comme programme.
Le tout était de trouver une issue.
Soudain, j'entendis un souffle derrière moi. Je me retournai immédiatement, et découvris avec horreur qu'à moins d'un mètre se trouvait un homme bleu.
C'était très laid.
Après cette constructive observation, je me mis à courir. Et l'entendis me poursuivre. Sauf que d'après ce que j'entendais, il n'était pas seul.
Je tournai à droite, à gauche, à droite, espérant vainement les perdre en route. Mais ils me talonnaient toujours, et je risquai un coup d'œil en arrière. J'eus à peine le temps de noter qu'ils avaient des ailes et des cornes, que j'accélérais encore plus.
Le souffle court, je m'engouffrai dans une pièce où se trouvait, assez bizarrement, une table et deux chaises, et plein de petits sabliers étranges dans une haute étagère près de moi. Je refermai la porte, et tentai de saisir une chaise, prête à défendre ma vie. Nom de nom, Honor Lannister ne fuit pas ! Elle se bat, que diable.
Cependant, alors qu'ils défonçaient la maigre barrière de bois, je ne pus m'empêcher de trouver cette situation assez ridicule.
Je n'eus pas le temps d'y penser plus, que déjà ils déboulaient. Je lançai aussitôt ma chaise à la tête du premier, et me retournai pour saisir l'autre. Alors que mes mains attrapaient le bois, je me sentis soulevée de terre, et me débattis alors que celui qui me tenait se dirigeait vers la porte. Je remarquai alors un large trou à côté des sabliers. Une trappe apparemment. Ouverte.
Dans un ultime effort pour me dégager, je percutai l'étagère. Tous les objets tombèrent, se brisèrent et répandirent leur sable un peu partout. Cela perturba mon porteur, mais il ne me lâcha pas. Cependant il était à présent tout près du trou. Je gigotai encore plus, et il finit par perdre l'équilibre.
Affolé, il se rattrapa au bord mais… il m'avait lâchée.
J'étais LIBRE !
… Merveilleux. Libre. Splendide. Problème.
JE TOMBAIS !
Et là, oui, là, je crois bien que j'ai crié. Bon, je l'avoue, j'ai hurlé. C'était trop stupide. Je n'étais pas censée finir ma magnifique carrière en purée. J'avais pas prévu ça dans mon plan-merveilleusement-élaboré-en-à-peine-trente-secondes. Il y avait erreur !
Donc je hurlai. De rage, de colère, de tout ce qui montrait que j'étais carrément furieuse. Et très fâchée. Et pas contente. Et morte de trouille. En plus, j'avais jamais aimé l'obscurité.
Cela dura assez longtemps, et puis je me lassai de m'épuiser les cordes vocales. Je voyais rien, j'étais fatiguée. J'aurais presque pu m'endormir. En tout cas, je m'ennuyais assez.
Et puis au bout d'un très très très long moment, je commençai à avoir des fourmis dans les jambes. Alors je les bougeai. Et là, mon pied heurta quelque chose.
C'était très bizarre comme sensation. Le sol était apparu sous mes pieds sans que je m'en rende compte. Comme si je marchais sur un mur.
En tout cas, j'avançai sur ce mur, et je me rendis très vite compte que la pesanteur était à nouveau normale. Il faisait toujours aussi noir, mais au moins, je marchais. Il y avait donc un certain progrès.
Les mains tendues devant moi et les yeux plissés, je devais avoir l'air d'une folle dangereuse. Mais il n'y avait personne, alors je m'en fichais.
Et puis mes mains rencontrèrent un mur. Un vrai cette fois. Enfin. Me fichant totalement de ce que je pouvais toucher, je les laissai vagabonder sur les pierres froides, jusqu'à ce qu'elles rencontrent une espèce de poignée. Il y eut une espèce de déclic quand j'appuyai dessus, et les pierres s'écartèrent, laissant apparaître un endroit que je connaissais bien devant mes yeux : les cachots de Poudlard.
J'avais trouvé la sortie du labyrinthe.
Ravie de retrouver un lieu connu, je fis un pas en avant. Un grondement dans mon dos me fit me retourner en sursautant. Les pierres reprenaient leur place initiale, et l'arche se refermait. C'était très étrange.
Enfin, c'était fini. Quand je reverrais Tom, je m'excuserais et tout rentrerait dans l'ordre. Pour l'instant, j'avais besoin d'un bon bain, et de vêtement propres. Parce que les crapahutages dans des endroits à la propreté douteuse, ça allait bien cinq minutes mais ça devenait vite lassant.
Je me dirigeai vers ma salle commune en sifflotant gaiement. Je regardais avec joie tout ce qui m'entourait, et ne prenait même pas la peine de me cacher. Si le professeur Slughorn ou le concierge me croisaient, ils avaient bien trop de respect pour moi pour me punir. Aucun souci de ce côté-là.
Au moment de tourner à droite, je faillis percuter un élève qui ne regardait pas devant lui.
- Hé, fais un peu attention ! lançai-je.
Il se retourna, et je remarquai qu'il était doté à la fois d'un nez des plus crochus, et de cheveux qui avaient un air de famille prononcé avec une serpillère. Mais il portait le blason des Serpentard sur sa cape, et je respectais ma maison.
Cependant, j'avais jamais vu ce type.
- Qui es-tu ? demandai-je donc.
- Si tu ne sais pas qui je suis, alors tant pis pour toi.
- Dis donc, je ne…
- Au revoir.
Et il s'éloigna. Quel impudence !
Ah, non, finalement, il se retourna et me lança :
- Et je ne sais pas non plus qui tu es au fait !
Alors, là, c'était bizarre. Tout Poudlard me connaissait. Même les Gryffondors. Même les Poufsouffles. Même les Serdaigles. Alors qu'un Serpentard ne me connaisse pas…
Quelque chose clochait.
Tadadam ! Voilà, voilà.
Hum.
Soyez indulgent siouplaît.
