Bonjour à tous !
Ma vie ressemble à un silence radio monstrueux. Mais je prends tout de même cinq minutes pour vous poster ce nouveau chapitre :)
En espérant qu'il vous plaira, et que vous apprécierez de retrouver Honor...
Bonne lecture :)
En regardant le garçon s'éloigner, je me dis que j'étais peut-être tombée sur l'idiot du village. Tout simplement.
Mais pour être honnête, je me disais ça pour me rassurer. Parce que je n'avais jamais vu ce type de ma vie, et pourtant, c'était un Serpentard, donc une bonne relation potentielle pour l'avenir.
Je n'étais donc pas des plus sereines quand j'arrivai au mur masquant la salle commune de ma maison. Et mes inquiétudes s'amplifièrent quand la porte de pierre refusa de s'ouvrir, malgré le mot de passe.
Là, je dois avouer que je me demandais vraiment ce qui ne tournait pas rond dans ce château. Etait-ce une punition supplémentaire de Tom ? Auquel cas, je le trouvais assez rancunier. Sadique même. J'aurais presque préféré le Jambencoton pour le coup.
Mais Honor Lannister ne passait pas des années à s'apitoyer sur son sort. Elle cherchait une solution, la trouvait, et l'appliquait. Aussi, je décidai de rejoindre le bureau du professeur Slughorn. Lui connaîtrait le mot de passe, et se ferait un plaisir de me le donner. Avec un grand sourire en prime, j'en étais sûre. Cet homme était tellement facile à influencer… Je pourrais même promettre de lui envoyer des friandises en cas d'éventuels reproches.
Trop facile.
Je fis donc demi-tour, et marchai rapidement. Courrai même. Je commençais à en avoir sacrément assez de déambuler dans ces cachots glacés.
Mais je sentis soudainement une main se refermer sur mon bras. Je me retournai brusquement pour me retrouver face à un homme assez laid – que dis-je, affreux – qui tenait un seau à la main. Il resserra sa prise avec un sourire mauvais et lâcha d'une voix joyeuse :
- Alors mademoiselle, on se permet de courir ? A cette heure-ci ? Dans les cachots ? Ca vaut bien une punition ça, vous ne croyez pas ?
Mais pour qui se prenait ce bonhomme ? Et lui, qu'est-ce qu'il fichait en pleine nuit avec son seau ? En y jetant un regard, je notai la serpillière dégoulinante qui en dépassait. Il est en effet connu qu'on fait très bien le ménage en pleine nuit. Ca fortifie les poumons.
- Voulez-vous me lâcher ? Je ne vous connais pas, et je ne veux pas vous connaître. Je dois voir le professeur Slughorn de toute urgence, lançai-je d'une voix ferme.
J'ajoutai un regard méprisant pour la forme.
- Ah, vous ne me connaissez pas ? Hé bien, vous allez apprendre.
Et sans tenir compte de mes protestations, il m'entraîna vers… Vers je ne savais où. Mais je doutais que ce fût pour me servir le thé.
Il agrémenta notre marche de commentaires des plus agréables, comme « Vous avez dû vous tenir sacrément à carreaux pour ne pas vous faire remarquer jusqu'à maintenant » ou « Le crime ne restera pas impuni, j'y veillerai » ou même « J'espère que le Directeur m'autorisera à vous suspendre au plafond par les poignets ».
Bref, ce fut fort instructif.
Il me fit entrer dans une pièce étriquée, et d'une propreté que je qualifierais de… Non, en fait, il n'y avait pas de mots pour décrire ça. Je savais juste que je ne devais pas m'y attarder.
- S'il vous plaît, commençai-je, pourriez-vous me dire en quel honneur me trouvé-je dans cette pièce ?
Au regard qu'il me lança, on aurait dit que je venais de lui parler en français. J'étais sûre qu'il ne comprenait pas un mot de cette langue.
J'hésitai un moment à continuer la conversation dans la langue de Molière, histoire de, mais il ne m'en laissa pas le temps.
- Vous vous trouvez ici parce que vous vous trouvez hors de votre dortoir en pleine nuit.
- Ça fait deux « vous vous trouvez ». Pas très élégant.
- Taisez-vous !
- Si je veux.
C'était la première fois de ma vie que je répondais à un adulte avec autant d'insolence. Mais ce type ne m'était vraiment pas sympathique, ne me faisait pas peur, et je n'avais rien à lui dire. C'était au professeur Slughorn que je voulais parler.
- Miss, vous êtes priée de ne pas jouer à ce jeu-là avec moi ! Compris ?
- Non.
Alors là, je dois avouer que j'eus du mal à me retenir de rire devant la couleur qu'il avait prise.
- Je vous préviens, Miss, le Directeur n'aime pas beaucoup être réveillé en pleine nuit, dit-il d'un ton trop calme pour être naturel.
- Vous semblez bien informé, rétorquai-je.
- SILENCE !
Ah. Avais-je trouvé un point sensible ? En tout cas, ça ne lui avait pas plu. Tant mieux.
Il se leva, saisit sa lampe, et me fit signe de le suivre.
Enchantée de quitter cette… pièce, je lui emboîtai le pas avec un léger sourire. Je prévoyais déjà un petit discours pour les oreilles plus attentives de Slughorn.
Mais cette espèce de bonniche m'entraîna hors des cachots. J'avoue que je ne saisissais pas très bien son mode de fonctionnement, mais je ne dis rien. Après tout, j'étais déjà sortie de ce placard, on ne pouvait pas trop en demander.
Il me conduisit devant une grande statue de griffon, murmura je-ne-savais-quoi à propos de caramel mou, et un escalier surgit.
Je n'étais jamais allée dans la pièce ronde où j'entrai. Mais je savais où je me trouvai, car il me semblait que Tom en avait parlé un jour. C'était le bureau du professeur Dippet. Je ne lui avais jamais parlé, mais il m'avait toujours semblé compréhensif.
Pas trop d'inquiétude à avoir donc.
Je regardai autour de moi avec curiosité, pour passer le temps. Je notai plusieurs instruments assez étranges, un grand oiseau rouge et deux ou trois autres babioles bizarroïdes. Je savais que le Directeur était un phénomène, mais tout de même, ça semblait inquiétant.
Je fus tirée de mes réflexions par ce que je nommerais… la complainte de la bonniche. Mon charmant balayeur était en effet en train de se plaindre de mon comportement, et blablabla et blablabla.
Je levai les yeux au ciel, et lui lançai un regard moqueur quand il fut congédié.
Ce n'est qu'alors que je regardai le Directeur en face.
Et là, je crois que je dus avoir l'air particulièrement stupide pendant cinq bonnes minutes. Au moins.
Car il faut préciser que l'homme que j'avais devant moi, ce n'était pas le bon. Et même s'il était différent de la dernière fois où je l'avais vu, je l'avais tout de suite reconnu. Dumbledore. Le professeur de Métamorphoses. Directeur.
Mais qu'est-ce que c'était que cette plaisanterie ?
Il m'observait aussi, d'un air assez désapprobateur d'abord, puis avec curiosité. Et même peut-être un peu de surprise, mais je n'étais pas sûre.
Il s'assit derrière son bureau, et me désigna la chaise lui faisant face. Je m'y installai sans faire attention, toujours sous le choc.
- Alors Miss, il paraît que vous torturez les nuits de ce pauvre Mr Rusard ?
- Pardon ?
- Le concierge vient de me dire qu'il vous avait trouvée hors de votre dortoir à une heure avancée, et que vous ne lui avez guère fait preuve de respect.
- Je voulais parler au professeur Slughorn. Et j'étais un peu perdue…
C'est rien de le dire. Qu'est-ce que je fichais là nom de nom ?
- Cela me semble compréhensible, Miss. Moi aussi, je dois avouer que je suis assez surpris de vous retrouver en face de moi.
- Comment cela ? Je ne me suis pas absentée si longtemps que ça. D'ailleurs, je ne comprends pas très bien pourquoi le professeur Dippet…
-Le professeur Dippet, me coupa-t-il, est depuis quelques années à une retraite bien méritée.
- Vous plaisantez ? Je l'ai vu hier, au dîner.
- Navré, Miss, mais vous vous êtes absentée plus longtemps que vous ne le pensez.
- Pardon ?
- Nous sommes le 30 septembre 1977. Quoi que, vu l'heure, je devrais plutôt dire le 1er octobre.
Là, je crois que je perdis un peu le fil de la conversation. Pourtant, ce qu'il dit juste après fut sans doute pire.
-Et la dernière fois que je vous ai vue, Miss, c'était à votre enterrement.
Aaaah, Dodo a toujours un tact monstrueux pour annoncer les nouvelles qui blessent.
Alors, alors, alors ? Votre avis ?
:)
