Menthe, le retour.

Tout d'abord, désolée du retard,mais j'ai passé une semaine HORRIBLE.

Déjà, pas de vacances. Ouin. Et ensuite, joie, je sors de concours blanc. Joie joie joie.

Or donc. Honor revient ! J'espère que vous apprécierez de la retrouver cette demoiselle.

Bonne lecture !


Dire que j'étais perdue aurait été totalement faux. Dire que je l'étais encore plus aurait été du dernier ridicule.

Non, je n'étais pas perdue. Je ne comprenais pas, c'était aussi simple que ça. Je ne me sentais pas morte, et je ne voulais pas y croire. Après tout, je pensais, je respirais. Je parlais même à quelqu'un que je connaissais. Il avait certes beaucoup vieilli, mais je le connaissais. Et il me le disait, comme ça, de but en blanc.

J'étais morte.

Stupide.

- Monsieur…Avec tout le respect que je vous dois, je ne me sens absolument pas morte.

- Vous l'étiez pourtant bel et bien quand Ogg vous a trouvée en pleine Forêt Interdite. Mais il se peut que je me sois trompé, et que malheureusement, on vous ait enterrée vivante. Auquel cas, j'espère que vous accepterez mes excuses, termina-t-il avec un petit sourire.

Allez savoir pourquoi, mais je n'ai pas trouvé ça drôle du tout.

- Alors vous voulez dire que… Je suis un fantôme ?

- Je crains que dans ce cas, vous en soyez une espèce nouvelle. Vous en conviendrez, vous n'êtes pas vraiment transparente, Miss Lanister.

Certes, là, il avait bon. Mais ça n'expliquait pas grand-chose.

- Mais… Je suis quoi alors ? Vivante ? Morte ? demandai-je d'une voix tremblante.

- J'ai l'impression que nous nous trouvons face à un phénomène extrêmement rare. Cependant, je pense pouvoir dire qu'il est assez heureux que Mr Rusard vous ai envoyée dans mon bureau plutôt que dans celui du professeur Slughorn. Je crois que le pauvre aurait véritablement paniqué. Il faut dire qu'il a été très perturbé quand on vous a découverte.

A ce moment, à ma grande honte, j'étouffai un sanglot.

- Pourriez-vous, s'il vous plaît, me raconter tout ce qui vous est arrivé depuis votre décès ? Et, si vous le pouvez, les circonstances de ce tragique évènement ? questionna le Directeur – puisqu'il fallait apparemment l'appeler ainsi – en fixant ses mains d'un air très concentré.

Je m'exécutai. Je dis tout, depuis la réunion où Tom nous avait conviés, à mon « retour » à Poudlard. Je mentionnai la conversation qui nous avait opposés, la façon dont il m'avait regardée, l'éclair vert, ma marche dans l'obscurité, les diables bleus, la chute... Tout.

Il m'écouta attentivement, fronça les sourcils à certains instants, mais resta majoritairement d'une impassibilité impressionnante. Il ne m'interrompit pas une seule fois, même quand ma voix tremblait et que mes phrases devenaient moins claires.

Je ne crois pas que je serais restée aussi calme si c'était à moi qu'on avait raconté… mon histoire.

Quand je terminai, il me regarda d'un air rassurant, et me demanda si je voulais savoir ce qui s'était passé pendant mon absence. Je hochai la tête lentement.

Il me raconta mon enterrement, celui de mes parents qui avait eu lieu une semaine plus tard, et la montée en puissance de notre assassin commun. Il mentionna la peur qui régnait depuis une trentaine d'années, et la sécurité que représentait Poudlard. Il me garantit qu'ici, je serais à l'abri. Il y avait cependant des chances pour que certains membres du personnel me reconnaissent, mais ce n'était pas un danger immédiat. Je n'aurais qu'à faire figure basse, éviter qu'on me remarque.

Je ricanai. Comment ne me reconnaîtrait-on pas ? Mon nom avait tout de même été assez connu, et tout Poudlard savait qui était Honor Lanister. Alors si par malheur je rencontrais quelqu'un qui m'eût rencontrée, il s'en souviendrait.

- Miss, je crains que vous ne soyez en train d'oublier que pour tout le monde, vous êtes morte et enterrée depuis trente ans. Certains feront peut-être un rapprochement, surtout avec votre nom, mais je ne pense pas qu'ils penseront que vous êtes la même Honor Lanister.

- Vous semblez bien sûr de vous, grommelai-je, un peu vexée.

- Si jamais un problème se présentait, faites-m'en part. J'arrangerai cela.

- D'accord, lâchai-je à contrecœur.

- Cependant, je pense que ce serait bien mieux si vous pouviez regagner votre époque. Incognito bien sûr. Car il va sans dire que votre arrivée ici bouleverse légèrement l'équilibre de l'univers tout entier.

- Je comprends Monsieur. Mais…Je ne sais pas comment faire…

- Moi non plus, Miss, moi non plus. Le temps est un mystère pour moi également. Cependant, il y a sûrement un moyen, et je crois que notre bibliothèque est remplie de connaissances utiles.

- Vous croyez ?

J'aurais donné beaucoup pour revenir à la normale, d'où la légère note d'espoir qui transparaissait dans cette question. Ce ton m'était inhabituel.

- Je ne crois pas, Miss, j'espère.

Merci du soutien.

- Maintenant, continua-t-il, vous allez vous rendre dans le dortoir des Serpentards de septième année. Un lit y est libre, et vous serez sûrement en meilleur état pour affronter la journée qui vous attend demain. Vos nouvelles camarades vous interrogeront certainement sur votre venue soudaine, dans quelques heures. Vous leur direz que vous venez de l'Institut des Sorcières de Salem et que vous avez déménagé en Angleterre en bénéficiant d'une bourse d'études.

Cela arrive parfois. Rarement, mais parfois. Ah, et je parlerai à Mrs Pince, et vous aurez accès illimité à la Réserve, pour faire des recherches qui vous permettront de regagner votre époque.

- Qui est Mrs Pince ?

Je me reconnaissais bien là. Toujours à poser des questions intéressantes et existentielles.

- La bibliothécaire. Elle est bien plus jeune que vous, cela dit, ajouta-t-il avec un regard rieur.

Je ne sus si je devais rire ou me vexer. Dans le doute, je ne réagis pas.

S'ensuivirent des formules de politesse assez classique, et je me retrouvai, encore une fois, dans les couloirs glacés du château. J'avais heureusement eu la présence d'esprit de demander le mot de passe de la Salle Commune avant de sortir. Je descendis les escaliers, riant presque de leurs minables petits pièges que je connaissais par cœur. Cependant, certains étaient nouveaux, et je manquai par trois fois de trébucher contre une marche traîtresse.

Quand j'arrivai enfin dans le Hall d'entrée, je me sentis étonnamment seule. Jamais je ne m'y étais trouvée seule, de toute ma vie. Il y avait toujours quelqu'un avec moi, ou un retardataire qui courait vers un cours quelconque. L'atmosphère glacée de l'immense pièce me rendais insignifiante, et je ne m'attardai pas. Les cachots étaient bien plus rassurants.

Mes pas me guidaient, machinalement, vers la Salle Commune. Pendant ce temps, je me pris à penser à ce que le professeur Dumbledore m'avait dit. Me débrouiller seule, je pouvais le faire. Ce qui m'inquiétait davantage, c'était l'éventualité de ne jamais retrouver le chemin de mon époque seule. Ou pire, de le retrouver, et de retomber sur Tom. Enfin, Jedusor.

Il ne fallait plus que je l'appelle Tom. Il m'avait tuée de sang-froid. On n'appelle pas son assassin par son prénom. Ce n'était pas un ami. Ce n'était même pas un héros, un sauveur ou quoi que ce soit. Un poids immense m'écrasa la poitrine quand je pensais à tout ce que j'avais cru. Naïve. Je m'étais montrée naïve. Si seulement je m'étais contentée de lui répondre quand il m'interrogeait, j'aurais vécu. Je ne me serais pas retrouvée trente ans plus tard, perdue dans une époque qui n'était pas la mienne, à jongler entre la vie et la mort.

Idiote que j'avais été. Je m'étais comportée en véritable Moldue. Stupidement.

Une larme coula sur ma joue, et je l'essuyai avec rage. Je n'allais pas en plus me mettre à pleurnicher tout de même.

Soudain, je m'aperçus que j'étais arrivée au mur de pierre qui cachait une pièce que j'appréciais entre toutes.

- Ab irato, murmurai-je avec un petit sourire.

Le mur s'ouvrit, et j'entrai rapidement. Elle n'avait presque pas changée. Bon, certains fauteuils avaient été remplacés, et la disposition des meubles légèrement modifiée. Mais la cheminée imposante restait la même, tout comme ses gravures délicatement ouvragées. La douce lumière verte, familière, me rassura. Dans mon esprit, elle était synonyme de sécurité.

Je m'avançai vers les portes menant aux dortoirs, quand une voix m'interpella.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ?

Je me retournai brusquement. Devant moi se tenait le même garçon au nez crochu que j'avais vu avant de tomber sur le concierge. Il se tenait assis une table, des monceaux de parchemin étalés devant lui, une plume à la main et des cernes lui creusant le visage.

Il avait l'air assez effrayant.

- Je… commençai-je, cherchant une explication plausible. Je vais me coucher.

Pour faire bonne mesure, je lui lançai un regard hautain, en espérant qu'il se tairait.

- Ca ne répond pas à la question. Tu n'as pas à être ici, rétorqua-t-il.

C'était quoi déjà le mensonge que je devais sortir en pareille situation ? Ah, oui, Salem.

- Je viens de l'Institut des Sorcières de Salem, pour ma dernière année d'études. J'ai bénéficié d'une bourse, et je sors du bureau du Directeur. Il m'a envoyée dans cette maison.

- Vraiment ? Alors pourquoi arrives-tu si tard ? Et quel intérêt de venir en Angleterre ?

- Euh… Le décalage horaire, lançai-je en priant pour que ce soit une réponse logique. Et je viens en Angleterre car j'ai l'intention d'y travailler plus tard.

Il n'avait pas l'air très convaincu. Cependant, je ne me démontai pas.

- Et toi, qu'est-ce que tu fiches ici ? demandai-je assez sèchement.

- Je travaille. J'ai beaucoup à faire.

Bon, vu les valises qu'il avait sous les yeux, ça devait être vrai. Je hochai la tête, et marchai sans hésiter vers la porte du dortoir des filles. Je sentais son regard sur ma nuque.

Soudain, je m'arrêtai net. Je n'étais pas censée savoir quelle direction prendre. Je regardai les deux portes tour à tour, d'un air que je voulais hésitant. Je devais avoir l'air ridicule.

- C'est celle de droite.

Je me retournai, et vit le garçon me fixer d'un air plus aimable qu'avant. En tout cas, c'est l'impression que j'en eus.

Je lui adressai un signe de tête pour le remercier, et me dirigeai vers la porte que je savais être la bonne. Alors que j'étais sur le point de l'ouvrir, il me lança :

- Tu n'as pas tellement d'accent, pour une Américaine.

- Mon père est Anglais, répondis-je après un léger silence.

- Oh. Et comment t'appelles-tu ? Tu avais l'air tellement vexée tout à l'heure, j'aimerais beaucoup revoir ça.

Si je me retournais, je savais que je le verrais sourire. Sale petit morveux.

- Honor Lanister.

- Enchanté. Moi, c'est Severus Rogue.

- Ravie, maugréai-je en m'engouffrant dans le couloir.

Malgré moi, je souriais.

OoOoO

Le lendemain, je me trouvai face à trois visages inconnus à mon réveil. Les demoiselles qui partageaient le dortoir me regardaient toutes d'un air surpris, ce qui était sans doute compréhensible. Enfin, je suppose que c'était de la surprise. Ca aurait aussi pu être de la colère, de la jalousie. Elles n'avaient pas l'air tellement engageant, c'était certain.

Je me redressai vivement, et leur débitai mon mensonge spécial-Dumbledore. J'accompagnai mes paroles d'un sourire léger et me levai d'un air digne. Je remarquai alors avec horreur que j'avais dormi toute habillée.

Elles me lancèrent des regards moqueurs, mais ne firent aucun commentaire.

Heureusement pour elles.

- Tes affaires doivent être dans ta malle, me lança une des filles.

Elle était très belle, même moi, je dus le reconnaître. Elle avait un corps fin, une peau foncée dont on percevait clairement la délicatesse du grain, des longs cheveux d'un noir encore plus profonds que les miens, des jambes interminables et des yeux à faire tourner la tête de n'importe quel homme normalement constitué.

Heureusement, n'étant pas un homme, ma tête ne bougea pas. Je lui adressai un petit sourire en guise de remerciement, auquel elle répondit assez rapidement.

J'en profitai pour lui demander son nom.

- Zabini, répondit-elle. Astrée Zabi…

- Moi, interrompit vivement une plus petite, je m'appelle Elsa Parkinson. Mon frère est Charles Parkinson.

Elle se rengorgea, signe que ce nom devait être assez connu. Ses deux amies la regardèrent d'un air assez agacé. Elle devait sûrement souvent parler de ce Charles.

- Je suis navrée, mais je suis Américaine… Ce nom ne me dit rien.

Elle parut extrêmement choquée, et m'apprit en parlant très vite que son frère travaillait au Département des Jeux et Sports Magiques, en tant qu'ancien champion de Quidditch international.

Je fis mine de réfléchir, avant de lancer d'une façon qui me sembla très hypocrite un « Ah, bien sûr ! » des plus convaincants.

En tout cas, ça dut convenir, car Parkinson prit aussitôt un air ravi.

Je me tournai alors le plus naturellement du monde vers la dernière demoiselle en lice. Elle était de taille moyenne, avec des yeux en amande bleus foncés et des cheveux châtains ternes, mais très bouclés. Elle me regardait d'un air peu sympathique, et je ne comprenais pas vraiment pourquoi. N'y prêtant aucune attention, je lui lançai un regard hautain, et lui adressa la parole d'une manière qui témoignait de ma bonne éducation. Je faillis ajouter une révérence, mais là, ça aurait sans doute fait un peu beaucoup.

En tout cas, ça parut fonctionner, puisqu'elle se détendit imperceptiblement et daigna me fournir son patronyme.

« Danaé Selwyn ».

Le nom retentit longtemps à mes oreilles après qu'elle l'eut prononcé. Une Selwyn. Cette fille faisait partie de ma famille, et je lui parlais. Elle allait naître longtemps après moi, elle n'était même pas encore née d'ailleurs. Et je lui parlais. Je cherchais dans son visage quelque chose qui me rappellerait ma mère, mais je ne trouvai aucune autre ressemblance que la taille moyenne. Un peu dépitée, et consciente de l'avoir trop fixée, je me mis à regarder la pièce en elle-même.

Elle était assez semblable à celle que j'occupais jadis – enfin, « jadis », c'est vite dit – et semblait agréable à vivre. Les couleurs vertes et argent dominaient, comme il se devait, mais il y avait aussi des petites touches plus vives qui rendaient le tout assez chaleureux. Aucune décoration n'ornait les murs, mais les occupantes avaient pris soin d'en placer le plus possible un peu partout. Ainsi, on retrouvait un magnifique serpent brodé sur la couverture de l'une, ou bien un vase en argent finement ouvragé sur la table de nuit de l'autre. Le tout me semblait parfaitement convenable.

Je me dirigeai sans réfléchir vers la grosse malle au pied de mon lit, avant de me rappeler que je n'avais rien ici. Il faudrait que je me fasse livrer quelques affaires, ou les choses allaient vite devenir comiques. Cependant, mon hésitation semblait étrange, on aurait dit que j'avais peur d'ouvrir le couvercle. Et comme il fallait faire bonne impression, autant ouvrir, et pester contre ces foutus elfes qui ne m'avaient pas encore apporté mes bagages.

Cet excellent plan en tête, j'ouvris brusquement la malle. Et là, surprise ! Je trouvai trois uniformes marqués honorablement au blason de Serpentard, une cape neuve, un tas de livres qui me parurent légèrement défraîchis, et une bonne réserve de plumes et parchemins.

J'espérais ne pas m'être fait refiler tous les fonds de tiroir en matière de fourniture scolaire.


Et voilàààà.

J'espère que ça vous a plu :)

Une petite review ? *yeux de chien mouillé*