Le lendemain était un lundi, et je commençais par de l'Arithmancie. C'était la fameuse Lily Evans qui devait m'y accompagner, mais je prenais mon petit-déjeuner seule à la table des Poufsouffles en attendant : en effet, mes camarades de dortoir continuaient de dormir paisiblement, puisqu'elles ne suivaient pas ce cours.

Enfin, seule… Tout était relatif.

- Personnellement, je suis les cours d'Arithmancie, Métamorphoses, Sortilèges, Potions, Runes et Défenses. Je suis définitivement fait pour l'aventure ! Après les ASPICS, j'ai la ferme intention de faire le tour du monde et de vaincre les forces du mal. Pas toutes, bien sûr, je ne suis pas fou, mais je suis sûr que je serais très bien capable d'en éradiquer au moins quelques unes. Je t'avais raconté que j'ai rencontré un vrai vampire pendant mes vacances ? J'en aurais fait de la chair à pâtée si ce n'était pas un ami de mes parents. Mais il était sympa.

Gil prit un air blasé pendant une demi-seconde puis se relança dans l'un de ses discours interminables. Je regardai tristement dans mon bol de céréales en me demandant comment j'allais reconnaître Lily Evans, puis relevai la tête, prenant mon courage à deux mains. Je scannai la table des Gryffondors : s'agissait-il plutôt de cette fille avec des cheveux bruns et courts ou de cette rouquine à l'air sage ? Une minute… C'était bien un insigne de préfet-en-chef sur sa robe ?

- J'y vais pro- euh, Gil, lançai-je à mon camarade avant de quitter la table.

Dire que j'avais failli l'appeler professeur. Quel idiote j'étais, vraiment !

Je filai à la table des Gryffondors et rejoignis la préfète qui se levait de table. Elle me lança un coup d'œil étonné.

- Euh, salut, la saluai-je avec hésitation. Tu es… Lily Evans ?

- En effet, répondit-elle gentiment sans se départir de son regard curieux. Et toi, tu es… ?

Toute la tablée me regardait. Je me sentis rougir.

- J-Jane, Jane McAvoy. La nouvelle à Poufsouffle… C'est une camarade de mon dortoir, euh, Amélia, c'est ça, voilà, Amélia Bones, elle m'a dit que tu allais en cours d'Arithmancie. Comme moi. Et euh, j'avais peur de me perdre dans le château donc…

- Hé ! Mais t'es la fille de l'autre jour ! s'écria soudain quelqu'un.

Tous les regards se tournèrent vers James Potter. Je fus surprise à nouveau par sa ressemblance avec Harry c'était la première fois que je le voyais depuis mon arrivée en 1977. Allait-il raconter sa rencontre avec moi ? Oh non, c'est pas vrai, c'est pas vrai ! Il ne fallait pas que ça arrive ! Les questions allaient venir et après…

- Quel autre jour ? demanda Lily. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

- Hé bien en fait...

A cet instant précis, j'eus un deuxième choc en reconnaissant les yeux de Lily. Ce vert… Et cette forme… C'était Harry tout craché. Bon sang, c'était sa mère à qui je parlais !

Et j'eus donc une idée absolument lumineuse.

- Vous savez quoi, vous formeriez un très beau couple ! m'écriai-je.

Il y eut un lourd silence.

- Moi ? finit par couiner Lily alors que ses joues se teintaient de rose. Avec lui ?

- Tu trouves ? fit James Potter avec un immense sourire.

- Potter, tais-toi !

- Je n'ai même pas commencé !

- Justement !

- C'est une quasi-inconnue qui le dit, c'est un signe, non ?

Quelqu'un me prit gentiment par le bras et m'entraîna en-dehors de la Grande Salle. Je continuais de fixer les parents de Harry se crier dessus, l'une avec embarras, l'autre avec gaité. Lily allait me retomber dessus plus tard, c'était certain. En attendant, c'était une bonne diversion.

- La semaine dernière, James a demandé à Lily de sortir avec lui, et elle a dit qu'elle allait y réfléchir, me dit mon sauveur. Mais James commençait à trouver le temps long. Je me demande si ce que tu as fait va retarder ou faire avancer l'échéance de leur première sortie.

- Oh, je suis sûre qu'ils finiront ensemble, de toute façon, marmonnai-je sans vraiment y réfléchir.

- Moi aussi, mais ça fait six ans que je les observe. Toi, ce n'est que depuis ce matin. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Je levai enfin la tête vers lui.

Juste après, j'ouvrais les yeux. J'étais par terre, en plein milieu du couloir, au milieu d'élèves curieux. Celui que j'appelais mon « sauveur » se penchait au-dessus de moi, l'air inquiet.

- Jane ? Ca va ?

- Oui oui… Hypoglycé-cémie, balbutiai-je en me levant tout en évitant la main tendue de Rémus Lupin.

- Tu veux un carré de chocolat ? Attends, je dois en avoir quelque part…

- T'en fais pas, dis-je faiblement. Ca va aller.

- J'insiste.

Alors que les élèves se dispersaient et que mon futur ex-professeur farfouillait dans son sac, je tentai de reprendre mes esprits. Rémus Lupin. Le loup-garou. Nom d'un chien. Et s'il me bouffait, là, maintenant ?

Non. Ce n'était pas la pleine lune en ce moment.

Vraiment ? Il avait l'air bien fatigué, et son visage était couvert de petites cicatrices récentes.

- Tiens, dit-il enfin en me tendant un paquet de Chocogrenouille. Tu connais ?

- Oui, ça existe au Canada. Bon, hé bien, merci pour tout…

- Je vais t'accompagner en Arithmancie, c'est là que je vais aussi, dit-il en m'invitant à la marche.

- Ah.

Flûte. Comment allais-je me débarrasser de lui ? Je commençais à sentir le sentiment familier de panique grandir dans mon ventre. Je me l'imaginais en train de se transformer, hurlant à la mort…

Je le suivis, et il tenta vaguement de me faire la conversation en me posant des questions sur l'endroit d'où je venais. Je répondais le plus succinctement possible, terrifiée que j'étais. Allait-il tenter de me dévorer ? Bon, d'accord, c'était fort peu probable : cela faisait six ans et un mois qu'il fréquentait Poudlard, et personne n'avait l'air d'avoir spécialement peur de lui. Mais bon. On ne savait jamais.

- D'accord, j'arrête, dit-il soudain.

- Tu arrêtes… de ?

- De te questionner. Tu as tes petits secrets et moi aussi. Je ne vais pas chercher à t'embêter à ce sujet.

- C'est drôle, mais quand tu le dis comme ça, j'ai l'impression que tu as l'intention de faire exactement le contraire.

Les mots, glacés, avaient filé avant que je n'aie eu le temps d'y réfléchir. Je ne me reconnaissais pas. Etait-ce un genre de mécanisme d'auto-défense ? Une relique de l'Armée de Dumbledore ?

A ma grande surprise, il ne parut pas s'en offusquer. Il m'offrit même un petit sourire.

- Vraiment ? dit-il simplement.

Et il entra dans la salle d'Arithmancie, devant laquelle nous venions d'arriver.

Je fixai la porte pendant quelques secondes, interloquée. Alors il voulait vraiment m'espionner… J'avais intérêt à redoubler de précautions. Il fallait que je l'évite le plus possible, ainsi que ses amis les Marchandeurs. Et en particulier James Potter qui m'avait vue…

- Ah, te voilà !

Je fis volte-face. Lily arrivait, essoufflée, les joues rougies et les cheveux un peu emmêlés.

- Non seulement tu m'as mise en retard, mais en plus, j'ai dû discuter avec James Potter !

- Ma pauvre, comme tu as dû souffrir, lança une voix narquoise dans mon dos.

Il s'agissait de Serpentards. Celle qui venait de parler était une fille aux cheveux châtains et très bouclés. Je cherchai rapidement dans ma tête un élève de ma promotion en 1998 qui lui ressemblerait, mais je n'en connaissais aucun. Deux autres filles étaient avec elle. L'une me rappela Parkinson, une peste de Serpentard de mon époque. Et l'autre… C'était la fille dans laquelle j'avais foncé la veille, quand j'avais rencontré le diable.

A ce souvenir, un frisson me parcourut le dos. Un diable était là. Pour de vrai. Cela m'était sorti de la tête. Je n'avais pas inventé cette fille, donc ce qui m'était arrivé n'était pas un rêve. Un démon était revenu me chercher… et il pouvait être partout dans le collège. Je jetai un coup d'œil derrière moi : non, il n'était pas là. Mais peut-être était-il caché derrière cette tapisserie ? Ou cette statue ?

- Qu'est-ce que tu sous-entends par là, Selwyn ? demanda sèchement Lily d'un ton ferme.

- Je sous-entends par là, Evans, que tes simagrées ne trompent personne et te font passer pour une imbécile de première.

- Je pensais que tu avais passé l'âge de te moquer des gens. C'est tellement puéril de ta part.

Je regardai la Serpentard d'hier. Elle avait les yeux perdus dans le vague, la bouche entrouverte, et était plongée dans ses pensées. Un pli soucieux barrait son front. Elle avait l'air nettement moins impressionnante aujourd'hui qu'hier. Et si elle avait elle aussi rencontré le diable ?

Et si elle me demandait des explications ?

J'avais de plus en plus l'impression que je m'enfonçais dans les problèmes à chaque seconde supplémentaire passée dans le château.

Je remarquai soudain que j'étais restée là, perdue dans mes pensées, alors que Lily était déjà rentrée dans la salle de classe. Ignorant du mieux que je le pus les regards dédaigneux des filles de Serpentard, je filai à mon tour en cours – sans oublier de jeter discrètement à la poubelle le Chocogrenouille en passant – et m'installai à une table vide. Lily, en effet, s'était assise à côté du loup-garou. Le savait-elle ? Probablement pas. J'étais sans doute la seule dans cette pièce à connaître les problèmes personnels de Rémus Lupin.

Je sortis mes affaires et regardai le tableau. La leçon du jour, je la connaissais déjà puisque je l'avais déjà vue au début de l'année… Enfin, dans le futur. Dans vingt ans. Ce paradoxe temporel me troubla un peu.

Quelqu'un s'installa à côté de moi. C'était la Serpentard du couloir, qui semblait avoir retrouvé ses esprits depuis la veille. Elle avait été obligée de s'asseoir ici puisque ses camarades s'étaient installées côte à côte à une table de deux, et qu'il n'y avait aucune autre place de libre de toute façon. Elle ne m'avait pas reconnue, sans doute parce qu'elle ne m'avait pas encore regardée. J'appréhendais le moment où elle tenterait d'engager la conversation avec moi. Je n'en doutais pas : elle voudrait certainement savoir ce que j'avais vu hier soir.

Le professeur arriva. C'était un très vieux monsieur du nom de Kerian Keller, qui parlait lentement, comme s'il pesait chacun de ses mots, et qui avait des yeux marron d'une vivacité peu commune.

- Ah, je vois que nous avons les deux nouvelles, dit-il en se tournant vers ma direction.

- Les deux ? murmurai-je en même temps que ma voisine.

- Jane McAvoy et Honor Lannister. Enchanté de faire votre connaissance, mesdemoiselles.

La Serpentard se tourna vers moi, très surprise. Nous étions arrivées toutes les deux la veille ? Drôle de coïncidence… Cela pourrait me servir. Comme ça, on assimilerait mon arrivée à la sienne, sans doute plus normale, et on ne se demanderait pas trop comment j'avais pu arriver aussi soudainement.

Mais je craignais le pire. Si elle était un minimum sociable, elle tenterait d'engager la conversation avec moi à un moment ou à un autre, ne serait-ce que parce que nous étions toutes les deux nouvelles et qu'elle ne connaissait quasiment personne à Poudlard. Je n'avais certainement pas envie de lui parler. En fait, il fallait que je parle au moins de monde possible pour garder mon secret… secret.

Mais j'étais terriblement curieuse… Avait-elle vu le diable ? Ou n'était-ce qu'une hallucination de ma part, finalement ?

Elle aussi me jetait quelques regards circonspects de temps à autre d'une façon qu'elle croyait sans doute discrète. Elle se posait peut-être des questions quant à hier. Pourquoi lui avais-je foncé dedans de cette façon ? Elle m'observait ainsi avec son air hautain, l'œil plein d'interrogations. Elle caressa distraitement un morceau de parchemin vierge, hésitante, puis finit par en déchirer un petit morceau.

Oh non. Elle allait m'écrire un mot. Il faudrait que je réponde. Et si elle me posait une question sur la veille ?

Elle écrivit une ligne, puis plia consciencieusement le parchemin et le posa sous son doigt, prête à le faire glisser jusqu'à moi. Mais un événement imprévisible eut lieu.

La porte s'ouvrit, et le diable entra.

En fait, il n'avait plus de cornes, et sa peau n'était pas bleue mais pâle comme celle d'un être humain. Il était vêtu du même jean et de la même chemise qu'hier, et avait l'air très décontracté. Il lança un coup d'œil circulaire sur la pièce, regarda le plafond, puis entra à l'intérieur de la salle de classe en fermant la porte derrière lui. Il se dirigea vers le fond de la classe et s'adossa à un mur. Il sortit alors un petit carnet de sa poche et griffonna quelque chose dessus avec un crayon.

Le plus étonnant était que le professeur continuait son cours comme si de rien n'était. Et les élèves faisaient de même, copiant le plus naturellement du monde sous la dictée. Que se passait-il ? Pourquoi personne ne voyait-il rien ? Etait-ce une hallucination ?

Honor Lannister se tourna vers moi et pour la première fois, nous nous regardâmes droit dans les yeux. Vu sa tête un peu effrayée, je compris que nous voyions la même chose. Mais pourquoi étions-nous les seules ? Pourquoi les autres ne le voyaient-ils pas ?

Le diable rangea son calepin et son crayon, puis sortit une baguette de sa poche et ensorcela ses vêtements qui se changèrent en un uniforme de Poudlard : une robe noire toute simple. Il fit également apparaître un sac qu'il balança sur son épaule mais qui glissa le long de son bras. Il le fixa quelques instants, stupéfait, comme s'il ne comprenait pas pourquoi il ne restait pas immobile sur son épaule.

- Miss Lannister, que se passe-t-il ?

Ma voisine sursauta et se retourna d'un coup vers le professeur. Tout le monde la regardait. Elle jeta encore un coup d'œil en arrière alors que le diable se débattait avec son sac, puis se tourna à nouveau vers le professeur et tenta de faire un geste vers le fond de la classe. Elle se ravisa au dernier moment :

- Non… Rien… Je… regardais les autres élèves.

Il y eut quelques haussements de sourcil et des rires étouffés.

- Je vous prierai d'admirer mes chers élèves pendant l'intercours, Miss. Ils sont très beaux, certes, mais vous devriez pouvoir vous concentrer sur mon cours pendant encore une demi-heure, non ?

Elle rougit sous l'humiliation et il y eut quelques ricanements. Honor baissa subrepticement la tête en adressant un regard brûlant au professeur. Celui-ci fit semblant de ne pas le remarquer et reprit son cours.

Je jetai un coup d'œil rapide derrière moi. Le diable était à moitié étranglé avec son sac, mais il faisait comme si cela ne le dérangeait pas. Il retraversa la salle et sortit en refermant la porte derrière lui. Je regardai Honor : elle faisait les gros yeux à la porte en question, comme si celle-ci s'était soudainement transformée en flamant rose. Je n'étais pas la seule à l'avoir vu. Et une chose était certaine, c'était qu'elle aussi l'avait croisé hier soir.

OoOoO

Le cours s'écoula très lentement. Honor semblait mourir d'envie de me parler, ne serait-ce que pour s'assurer que nous avions vu la même chose et qu'elle ne devenait pas folle. La pauvre, subir ça alors qu'elle venait d'arriver à Poudlard ! Mais elle n'osait plus me faire passer le morceau de papier, de peur que le professeur ne l'intercepte. Il la surveillait tout particulièrement.

Me vint à l'esprit le souvenir de ce qu'elle m'avait lancé à la figure hier soir. « Double-infraction au règlement de l'école ». C'était bizarre : comment pouvait-elle le connaître aussi bien alors qu'elle venait d'arriver ? Peut-être l'avait-elle lu avant de venir… N'empêche, cela me laissa un désagréable sentiment dans la poitrine.

A la fin du cours, je me dépêchai de ranger mes affaires et de sortir de la salle. Lannister tenta de me rattraper, mais ses amies de Serpentard la rejoignirent et elle ne put se séparer d'elles. Ouf.

Amélia et Cécile m'attendaient devant la sortie. Toutes les trois, nous nous dirigeâmes vers le cours de Défenses Contre les Forces du Mal, que nous suivions avec les Gryffondors. Pendant tout le chemin, je ne cessai de jeter des coups d'œil en arrière, craignant l'apparition inopinée du diable. Mais il n'en fut rien. Quand nous arrivâmes devant la porte, Lily me lança un regard peu amène et Rémus Lupin un petit sourire d'encouragement.

- C'était bien, ce matin ? me demanda Amélia.

- Oui, oui… J'ai eu cours d'Arithmancie.

- Ah, oui, avec ce prof superlouche, Keller, c'est ça ?

Premier « louche » de la journée, pensai-je.

- En effet. Je crois que c'est un bon professeur. Pourquoi le trouves-tu… euh… louche ?

- Je n'aime pas sa tête, décréta Amélia.

- Pauvre homme, se moqua Cécile. Au fait, il y a aussi une nouvelle à Serpentard. Je ne l'ai pas vue mais j'ai entendu deux Serdaigles en parler tout à l'heure.

- Honor Lannister.

Mes camarades de dortoir se tournèrent vers moi, surprises.

- J'étais à côté d'elle en Arithmancie…

- Elle a l'air sympa ?

- Elle a l'air hautaine.

- Une Serpentard hautaine ? Tout est normal alors, dit Amélia en souriant, tout en m'ouvrant la porte de la salle de cours.

Je m'assis à côté de Julia, qui était déjà arrivée. Elle tourna ses yeux bleus rêveurs vers moi.

- Bonjour. Bien dormi ?

J'eus la curieuse impression qu'elle faisait référence à mon cours d'Arithmancie.

Le cours commença, et après que le professeur de Défenses contre les Forces du Mal m'avait salué et avait exposé le sujet du cours, nous commençâmes par de la pratique. C'était un Sortilège que nous avions longuement travaillé à l'AD : le Stupéfix. Il ne me rappelait certainement pas de bons souvenirs, et c'est à contrecœur que je sortis ma baguette.

Je la fixai, interdite. Ce n'était pas ma baguette du tout… C'était la baguette que j'avais volée à un diable lors de ma poursuite dans les couloirs ! La baguette était d'un noir d'ébène, parfaitement lisse, plutôt longue, et avec un anneau couleur argent à sa base. Une petite tête de mort était gravée dessus. En tremblant, je mis la main dessus pour que personne ne voie le symbole.

- Miss Jane McAvoy ?

Je levai la tête vers le professeur de Défenses. Il m'offrit un sourire engageant.

- Pourquoi ne vous entraînez-vous pas ?

- Je connais déjà le sortilège, avouai-je. Je l'ai appris au Canada.

C'était plus simple de le dire tout de suite plutôt que de faire semblant de ne pas réussir à le faire. En outre, je n'étais même pas sûre d'en être capable.

- Montrez-moi ça.

Je me levai, et me plaçai face à l'une des cibles. Baguette tendue devant moi, je lançai le sort.

L'éclair rouge fila de ma baguette avec une rapidité surprenante, et le bâton en bois exerça une pression sur ma paume qui me poussa à la serrer avec plus de poigne pour ne pas qu'elle me saute des mains. Le Stupéfix fonça au centre de la cible qui explosa dans un grand bruit.

Il y eut un silence. Toute la classe avait cessé de s'entraîner pour regarder ce qui restait de la cible – c'est-à-dire pas grand-chose. Puis les yeux se tournèrent vers moi. Ceux de Lily me regardaient comme si je venais de tuer un petit chat.

- C'est… bien, Miss McAvoy… marmonna le professeur. Vous vous êtes beaucoup entraînée ?

- Les jours ne sont pas sûrs au Canada, professeur.

En voyant la tête de mes camarades, je compris bien vite que j'avais fait une regrettable erreur en parlant ainsi. J'allais être mitraillée de questions. Je glissai la baguette dans la poche de ma cape et me rassis, tandis que Julia prenait tranquillement ma place pour s'entraîner à son tour.

Mais cela n'était pas le pire. Je n'avais jamais aussi bien réussi un sortilège de Stupéfixion. Je ne doutais pas une seconde des capacités de cette baguette. Le diable en vadrouille à Poudlard, je n'en doutais pas non plus, en possédait certainement une semblable… et il était sûrement bien plus doué que moi en la matière. Je ne faisais pas le poids.

Il fallait que je trouve une solution, et vite.


Oho, quel suspense de ouf' t'as vu.
Plus sérieusement, on adore toujours autant vos reviews, et je vous promets que ni Menthe ni moi n'avons jamais tué personne ! ... Enfin, pour Menthe, c'est sûr et certain, elle est trop gentille pour faire ça.
A partir de maintenant ça va être plus difficile de poster les chapitres régulièrement parce qu'après le prochain chapitre...bah... on n'a plus d'avance. Et comme Menthe est en médecine et moi en enfer, c'est très très difficile de trouver du temps pour écrire.

En attendant je rappelle que les reviews sont motivantes. Je dis ça je dis rien !

Ah et pour finir en beauté : il ne faut pas croire les rumeurs, la suite ne mettra pas deux à trois mois à arriver ! ...oui, je sais, c'est moi qui ai lancé la rumeur, raison de plus, faut jamais me croire ! Enfin, là, maintenant, vous pouvez me croire : ce jour-là mes deux seuls neurones fonctionnels se faisaient la tronche et du coup j'ai cru que l'une des reviews pour TCPA était une review pour l'une de mes fics, Ginger la Légende (oubliez très vite le titre siouplé). Donc j'ai répondu comme si c'était effectivement une review pour GLL. Donc voilà. Et je m'excuse à Menthe pour m'être acharnée alors que j'avais tort("Mais non-euh j'ai pas répondu à une review à ta place ! Achète-toi des lunettes !")