Pitié, cachez vos armes.
Je sais que je suis super en retard, et je n'ai pas d'excuses, surtout que ce chapitre est écrit depuis longtemps. Mais je n'avais jamais le temps de le poster, Mak n'avait pas écrit le suivant, et mieux vaut avoir une petite réserve non ?
Mais comme je suis maintenant en vacances (oui oui, enfin !) pour une semaine, les premières depuis septembre (même pas eu de pause pour les fêtes...), je peux avancer cette histoire.
Donc voilà un petit chapitre qui j'espère vous plaira.
Bonne lecture !
Et bonne année ;)
Je ruminais les paroles du professeur d'Arithmancie. Arriver à me faire des reproches, à moi, et en public qui plus est. Et le premier cours. Et le premier jour. Et devant tous ces gens. Et à moi. Et...
Il fallait que je me calme.
Mais me ressasser cette humiliation me permettait d'oublier la Poufsouffle blonde. Cette fille avait certainement vu ce type entrer. Enfin, ce type... Ce monstre plutôt. Rien qu'à repenser à mon cauchemar d'hier, j'en avais des frissons.
Enfin, apparemment, ce n'était pas un cauchemar.
…
N'y pensons plus, pensai-je.
- Oh, je comprends que tu veuilles oublier, lança Parkinson avec un petit air compatissant.
Penser sans parler, une utopie apparemment.
Je vis Selwyn lancer un regard entendu à Parkinson. Elles devaient me trouver totalement stupide.
- Mais... Vous n'avez rien remarqué pendant ce cours ?
- Oh, si. Keller t'a humilié publiquement. On a tous vu. Je suis navrée pour toi.
En effet, elle aurait pu paraître navrée, mais Selwyn continuait de me regarder avec un sourire en coin et un air méprisant sur le visage. Adorable.
- Merci de nous trouver beaux au fait, ajouta Parkinson avec ce même sourire.
Je préférai m'emmurer dans un silence plein de dignité, qui dura une bonne minute au moins.
- Tout de même, je n'aurais pas aimé être à ta place.
- Evans avait l'air enchantée qu'une Serpentard se fasse reprocher quelque chose.
- Il faut dire qu'il est inacceptable de s'attirer des ennuis pareils le premier jour.
Alors là, je ne pus m'empêcher de sourire. Parce que depuis la charmante discussion que Tom et moi avions eu, qui paraissait déjà si lointaine – enfin, qui était vraiment très lointaine – les ennuis, je les collectionnais. Entre autres, j'avais réussi à mourir, à me retrouver trente ans dans le futur, à obtenir pour camarades de dortoir les filles les plus charmantes imaginables, et à rencontrer une Poufsouffle qui semblait avoir les même hallucinations idiotes que moi.
Mes pensées furent interrompues par l'arrivée de Zabini, qui s'empressa de se placer à la droite de Selwyn.
-De quoi parlez-vous ?
-Lanister s'est sentie ridiculement seule en cours.
-C'est vrai ? Racontez-moi !
Et elles s'empressèrent de satisfaire la curiosité de Zabini, bien sûr. Celle-ci se moqua aussitôt de moi, et me reprocha de salir l'honneur de la fantastique maison à laquelle j'avais la chance d'appartenir.
Quand je disais que ces filles étaient charmantes.
OoOoOo
Les cours d'Histoire de la Magie n'avaient pas changé : le professeur Binns était toujours aussi ennuyeux. Nous étions seulement cinq en cours, moi et quatre Serdaigles qui avaient l'air stupéfaits de voir quelqu'un d'une autre maison suivre ce cours.
Mais j'avais décidé de sacrifier certaines précieuses heures de ma semaine à étudier cette matière, espérant en apprendre un peu plus sur ce qui s'était passé au cours des trente dernières années. Et après tout, j'avais parfaitement le niveau.
Malheureusement, je déchantai vite. Le programme de septième année portait encore sur des sujets tels que la révolte des Gobelins de 1298, ou des traités oubliés depuis des lustres.
Et je m'ennuyais.
Et quand on s'ennuie, généralement, nos pensées dérivent très rapidement vers les sujets les plus improbables. C'est exactement ce que firent les miennes durant cette heure-ci.
"Binns, terreur des insomniaques."
"Les Gobelins, c'est quand même moches et bêtes."
"Quand même moins moche que le monstre de mon cauchemar."
"...Monstre qui est d'ailleurs arrivé en cours ce matin."
"Et je suis pas la seule à l'avoir vu."
Nom d'une baguette farcie, comment allais-je m'en tirer ?
Bon, il fallait tout de même préciser que j'avais quand même certains doutes sur ma santé mentale.
Vraiment.
Aviez-vous déjà tiré un rideau pour vous retrouver face à un diable bleu ? Diable bleu qui accessoirement vous avait poursuivi dans les couloirs de la mort ?
Hé bien moi, oui.
Le rideau dissimulait tant bien que mal un jeune homme vêtu d'une chemise et d'un pantalon moldu. Il se retourna brusquement, et je vis que sa peau était bleue, et que des cornes pointaient à travers ses noirs cheveux bouclés.
Stupéfaite, je me figeai.
-Est-ce qu'il y a un problème ? me demanda-t-il le plus naturellement du monde.
-Oui, répondis-je sans réfléchir. Tu es bleu.
-Ah.
Il plissa les yeux, et sa peau devint tout à fait normale.
-C'est mieux comme ça ?
-Oui.
-Bonne soirée alors.
-A toi aussi.
Et il tira le rideau.
Quand je m'éveillai le lendemain, je me souvenais de tous les détails de ce rêve étrange. Tous. Comme si je l'avais vraiment vécu.
Et apparemment je l'avais vécu.
Après tout, la Poufsouffle là... Quel était son nom déjà ?
…
Tout de même, il faudrait que j'y fasse un minimum attention...
Bref, cette fille avait sûrement aussi vu ce diable. Puisqu'elle s'enfuyait à toute jambes quand elle m'avait renversée dans le couloir.
Ma logique m'impressionnait de plus en plus.
Je maudis le professeur d'Arithmancie de ne pas m'avoir permis de lui passer le bout de papier. Si elle l'avait lu, et si j'avais pu lui parler, peut-être que j'aurais eu quelques explications...
D'ailleurs, pourquoi s'était-elle enfuie ?
Je ne me rendis compte que le cours avait pris fin que parce que les autres élèves se levaient et rangeaient leurs affaires. Je m'empressai de les imiter, et sortis – enfin – de la salle avec deux idées précises en tête. Premièrement, il y avait un diable déguisé en étudiant qui se promenait dans ce château, probablement à ma recherche, et j'avais plutôt intérêt à l'éviter. Deuxièmement, il fallait que je retrouve cette fille. Elle pourrait peut-être m'aider, même si elle restait une Poufsouffle.
Je descendis dans le hall, regardant autour de moi dans l'espoir de déceler une auréole de cheveux blonds parmi la marée de robes noires. Comme j'arrivai en bas de l'escalier, une main me tapota l'épaule. Surprise, je me retournai vivement, pour me retrouver face à face avec...la serpillière.
- Eh... On a Potions là. Tu sais où c'est ?
- Evidemment, rétorquai-je séchement. Dans les cachots. Où d'autre veux-tu que ce soit ?
Je compris mon erreur une demi-seconde trop tard.
- Selwyn me l'a dit, m'empressai-je de préciser.
- Selwyn ? Vraiment ?
En voyant la tête qu'il faisait, je compris que c'était cela qui le surprenait le plus. Et à y réfléchir, il était vrai que je n'avais pas choisi le meilleur exemple. Après tout, Selwyn, aider quelqu'un...Utopie, pure utopie.
- Enfin, je lui avais demandé, ajoutai-je.
- Ah. Bon, alors tu trouveras seule.
Et il me laissa en plan.
Ce type avait vraiment été éduqué dans une porcherie.
oOoOoOo
- Bonjour, bonjour. Je suis ravi de vous annoncer que nous accueillons une nouvelle élève dans ce cours, et d'autant plus ravi qu'elle a été répartie dans ma maison. Bienvenue Miss Lanister !
Et Slughorn applaudit de ses petites mains grassouillettes. Je voulais mourir.
Les Gryffondors me fixaient avec animosité – jusque là, rien d'anormal. Je reconnus ceux qui avaient embêté Rogue dans la Grande Salle. Je les fixai d'un air méprisant, avant de me tourner vers le tableau où le professeur indiquait la recette de la potion du jour.
Cela semblait promettre un cours tout à fait normal.
Et pourtant, j'avais eu très, très peur en entrant dans la salle. Et si jamais Slughorn me reconnaissait ? Et s'il me posait des questions devant tout le monde ? Et si, et si, et si...
Et...rien. Il me salua poliment, s'attarda peut-être une seconde de trop sur mon visage, mais cela pouvait très bien n'être seulement dû qu'à ma beauté naturelle.
Mais tout de même, j'avais été l'une de ses élèves préférées, j'avais disparu tragiquement, et il ne se souvenait ni de mon nom, ni de mon visage ? Cela m'arrangeait, certes, mais j'en éprouvais un petit pincement au cœur.
En rajoutant un ingrédient à mon mélange, je tournai la tête discrètement vers les Gryffondors. La rouquine que Selwyn avait apostrophée au premier cours de la journée semblait connaître cette fameuse Poufsouffle. Peut-être que si je lui demandais où elle était...
Je rejetai cette idée à l'instant même où elle me traversa l'esprit. Une Serpentard demander à une Gryffondor où était une Poufsouffle ! Et pourquoi pas demander en mariage le calmar géant ?
Non, je devais trouver autre chose.
En attendant, je me tournai vers mes camarades de maison.
Selwyn se limait les ongles, laissant à Parkinson le soin de préparer leurs deux potions. Zabini avait déjà fini, et semblait s'ennuyer ferme. Deux ou trois garçons travaillaient – ou feignaient de le faire – en jetant des regards hargneux à ceux de la maison ennemie, et en chuchotant entre eux.
Je notai mentalement que si Rogue se tenait près d'eux, il concentrait ses regards sur la rousse. Et au vu de son visage, il semblait éprouver un dégoût certain à voir le fameux Potter dont il m'avait parlé se plier en quatre pour aider la jeune fille. Jeune fille qui n'avait d'ailleurs pas l'air d'apprécier cette marque d'affection certaine, car elle levait les yeux au ciel d'un air tellement exaspéré que je m'étonnais de ne pas voir le plafond s'effondrer.
- Je ne comprends pas comment un type tel que Potter peut s'intéresser autant à une Sang-de-Bourbe, entendis-je soudain derrière moi.
Je me retournai pour voir Zabini fixer la scène avec une répugnance visible.
- Cette fille est une Sang-de-Bourbe ? demandai-je d'un air choqué.
- Hélas oui. Et c'est elle la préfète-en-chef. Et c'est elle la préférée de notre directeur. Et c'est elle qui a les meilleurs résultats.
T'entends ça Tom ?
- Il ne m'a pas l'air tellement intelligent en même temps, lançai-je en désignant Potter du menton.
- C'est un sang-pur. Gryffondor peut-être, mais drôle, et particulièrement doué au Quidditch. Lui et sa bande ont un succès fou, continua-t-elle avec un sourire rêveur. Mais je les méprise, bien sûr, s'empressa-t-elle d'ajouter quand elle s'aperçut que je l'écoutais toujours.
- Bien sûr.
Je continuai de regarder le manège du fameux joueur de Quidditch. Pour toute récompense, la préfète-en-chef lui avait jeté un verre de sang de rat à la figure.
Allez savoir pourquoi, mais j'appréciais ce genre de comportement.
Elle sembla sentir qu'on l'observait, puisqu'elle tourna la tête dans ma direction. Elle me fixa un instant, puis détourna le regard.
Je fis de même, et rien de notable ne se passa jusqu'à la fin du cours, si l'on fait bien sûr abstraction de la chute de Rogue dans son propre chaudron. Chute causée par l'un des amis de Potter, un grand brun à l'air vraiment idiot.
Quelque chose dans son allure me rappelait quelqu'un, mais je n'allais pas y prêter attention. C'était un Gryffondor, et je n'avais aucune envie de passer mon temps à le lorgner du coin de l'œil.
Je m'apprêtai à emboîter le pas à Zabini, quand une voix me retint.
- Miss Lanister ? Pouvez-vous venir un instant ?
Mon cœur s'arrêta. Slughorn. C'était Slughorn.
Je me retournai très, très lentement, me dirigeai très, très lentement vers son bureau et levai lentement, très lentement la tête.
Oui, j'avais des airs de famille avec les escargots quand je voulais. En moins gluant.
- Oui monsieur ?
- Alors, comment se passe votre première journée ? Je dois avouer que je suis un peu surpris de vous avoir vue débarquer comme ça, dans ma maison. Je me sens aussi un peu coupable de ne pas m'être présenté convenablement. Je suis Horace Slughorn.
Sans blague.
- Enchantée monsieur. Mais vous savez, je ne suis pas la seule nouvelle... Il y en a une autre. A Poufsouffe, précisai-je inutilement.
- Certes, certes, mais elle n'est pas de ma maison hmmm ?
- Apparemment...
- Votre potion me paraît fort convenable, Miss.
- Merci monsieur. J'ai eu un excellent professeur.
Slughorn ne releva pas. Il était amusant de constater que les gens n'étaient vraiment attentifs qu'aux compliments qu'ils se savaient destinés à recevoir.
- D'où venez-vous déjà ? Ah oui. Salem. Le Grand Institut.
- En effet...
N'y ayant jamais mis les pieds de ma vie, je priai intérieurement pour qu'il ne s'attarde pas sur le sujet.
- Bien bien bien. J'espère que vous pourrez nous raconter de belles anecdotes vendredi prochain.
- Pardon ? m'exclamai-je, horrifiée.
- Oui, je vous convie au Club de Slugh. Entre gens convenables, nous nous réunissons parfois. Cela crée des liens de tout intérêt et...
- Initiative fort louable monsieur, dis-je en souriant malgré moi.
Il n'avait pas changé.
- Merci, Miss. C'est une tradition qui dure, depuis que j'enseigne ici. Mes petites réunions sont très prisées.
Pour en avoir été membre un grand nombre de fois, je ne pouvais qu'approuver.
- Savez-vous que l'une de mes anciennes élèves portait le même nom que vous ?
- Ah ? m'entendis-je répondre le plus bas possible.
Mon cœur et ma respiration s'accéléraient pendant que je baissais la tête.
- Une très jolie et très intelligente jeune fille... Disparue tragiquement hélas. Vous lui ressemblez un peu d'ailleurs. Mais bien sûr, vous ne pouvez pas avoir de lien avec elle, puisqu'elle était fille unique et...
- Excusez-moi, monsieur, coupai-je grossièrement, mais j'ai cours.
- Oh, bien sûr. Au revoir.
- Au revoir.
Je m'imposai le calme en sortant. Me ruer vers la porte n'aurait pas été des plus intelligents.
Je marchai le plus vite possible le long du couloir, avant de me mettre à courir. Où j'allais, je n'en savais rien, mais j'y allais. Et vite.
Les sanglots montaient doucement mais sûrement dans ma poitrine, et je sentais les larmes commencer à me picoter les yeux.
J'oubliai toute notion du temps, de l'endroit où j'étais. Je courais à en perdre haleine, et ne pensais plus aux cours, à la discrétion et à tout le reste. Le vent de ma course retentissait à mes oreilles, et mes cheveux formaient un rideau noir dans mon dos.
Mais je ne voyais rien de tout cela, aveuglée que j'étais pas un voile de larmes.
Je ne me rendis compte que j'étais sortie du château que lorsque je sentis le bas de ma robe s'alourdir de rosée. Je continuai néanmoins à courir, les larmes dévalant mes joues, la respiration sifflante.
Et quand je m'arrêtai enfin, quand je regardai autour de moi où j'étais, quand je repris mes esprits... Je reconnus l'endroit.
C'était à l'orée de la Forêt Interdite, entre des arbres qui avaient tous changés. Mais je savais où j'étais. Je ne le savais que trop bien.
C'était là que j'étais morte.
Siouplaît, comme preuve de votre soutien envers nous, pauvres étudiantes surbookées, une petite review ?
Ca fait un joli début d'année vous savez ;)
