Bonjouuuur... Pas grand-chose à dire à part que je bosse comme une malade et que Menthe aussi. Au passage on adore toujours autant vos reviews. Sur ce...

Bonne lecture !


- Je ne suis pas sûre que les Sombrals se nourrissent de cupcakes, Amélia.

- Cécile, tu embêtes tout le monde avec tes questions existentielles, alors arrête de râler. Je te signale que c'est uniquement pour toi qu'on va leur rendre visite.

- Et puis, les cupcakes d'Amélia sont très bons, renchérit Julia, comme si c'était l'argument ultime.

Nous marchions toutes les trois sur un sentier en bordure de la Forêt Interdite. Je n'avais jamais aimé la Forêt. Pour deux raisons : « forêt » et « interdite ». Dans les forêts, il y a plein d'animaux, il fait sombre, on peut se perdre. Et quand une chose est interdite, généralement, il y a une bonne raison surtout chez les sorciers, d'après ce que mon expérience dans ce monde m'avait appris.

Bref, j'étais très angoissée.

Le but de l'escapade était de rendre visite aux jeunes Sombrals que Hagrid avait reçus d'un éleveur Irlandais. Celui-ci avait invité Cécile à les voir, car il savait qu'elle était très intéressée par des études sur les Créatures Magiques. J'aurais vraiment préféré ne pas venir. Non seulement c'était dans la Forêt Interdite, mais en plus, c'était pour voir des animaux particulièrement dangereux. Cerise sur le gâteau, ils portaient malheur ! Sans compter que j'allais croiser Hagrid. Je n'avais rien contre le garde-chasse, mais… Il était très grand… Et il avait une telle barbe… Je dois avouer qu'il me faisait un peu peur.

Amélia avait été ravie en apprenant qu'on l'autorisait à se promener dans la Forêt et pour justifier sa participation à la visite des Sombrals de Cécile, elle s'était précipitée dans la petite cuisine derrière la Salle Commune de Poufsouffle pour cuisiner des cupcakes, sa spécialité. Elle tenait absolument à en offrir aux chevaux funestes. Cécile n'avait rien dit. Julia s'était contentée de me demander si j'avais l'intention de venir, et, mal à l'aise à l'idée de devoir rester seule dans le château pendant l'heure du déjeuner, j'avais accepté.

Je le regrettais amèrement à présent. Si j'avais décliné, je serais en train de prendre un bon repas chaud dans la rassurante Grande Salle, bref, je ne serais pas en train de marcher dans le froid de novembre avec un panier à cupcakes dans les bras.

Nous arrivâmes finalement à la cabane de Hagrid. Celui-ci était déjà dehors et s'occupait d'un jeune chiot, que j'identifiai immédiatement comme étant le redoutable molosse que deviendrait Crockdur. Je frissonnai.

- Bonjour, bonjour ! Tu es venue avec des amies, Cécile ?

- En effet ! Et je vous amène aussi l'une des nouvelles, Jane McAvoy.

- Ah, Jane, j'ai entendu parler de toi.

Ma gorge se serra d'anxiété. Avait-on découvert ma condition ? Avait-il compris que je venais de 1998 ?

- Ah bon ? répondis-je d'une toute petite voix.

- Bien sûr ! On n'a pas souvent de nouveaux élèves à Poudlard, et encore moins en ces temps troubles.

Une ombre passa brièvement sur son visage, puis il secoua son énorme tête et retrouva le sourire.

- Allons ! Je ne vais pas vous faire perdre de temps, après tout, vous avez cours cet après-midi et je ne voudrais pas vous mettre en retard.

- Le professeur McGonagall n'apprécie pas les retardataires, m'expliqua Amélia.

Grande nouvelle. Le professeur McGonagall avait toujours été psychorigide en ce qui concernait l'heure à laquelle nous devions arriver en cours. Je m'efforçai cependant de prendre un air naïf, comme si je n'étais pas au courant.

Hagrid enferma Crockdur dans la cabane et revint avec un thermos magique rempli de thé. Il le confia à Amélia, et nous nous mîmes en route. Cécile et Hagrid étaient en tête, Julia juste derrière, et Amélia et moi fermions la marche avec les cupcakes et le thé.

- J'ai tellement hâte, souffla-t-elle, surexcitée.

- Tu as déjà vu des Sombrals, Amélia ?

- Non, jamais. Mais ma grand-mère est décédée il y a deux ans donc maintenant, je devrais y arriver. Je trouve ça tellement fascinant ! Des animaux qu'on ne peut voir que dans de telles conditions ! C'est un peu louche quand on y pense. Et toi, tu peux les voir ?

- Oui, répondis-je, la gorge nouée.

Amélia comprit bien vite son manque de tact.

- Oh, bien sûr, je suis désolée, j'avais oublié, dit-elle à toute allure. Pardon.

- Ce n'est pas grave, marmonnai-je.

Je battis des paupières pour chasser les images des corps qui parsemaient ma maison, le dernier soir de ma vie avant d'arriver ici. Le pire était que je ne savais pas si je pourrais un jour en faire le deuil. Allais-je mourir avant de pouvoir revenir en 1998 ? Et si j'y arrivais, y avait-il un moyen de les sauver des Mangemorts ?

- Tu peux me tenir ça une seconde, Jane ?

Amélia me tendit le thermos et je le plaçai dans le panier à cupcakes. Pendant ce temps, elle sortit sa cape d'hiver de son sac et l'enfila. Je réalisai que les autres étaient loin devant. Heureusement qu'Amélia était avec moi, parce que seule dans la forêt, mon cœur aurait lâché.

- J'essayais d'ignorer le fait que l'hiver approche, mais là, j'ai vraiment trop froid… Je déteste l'Ecosse, grogna-t-elle. Tiens, tu peux me rendre le – OH LA VACHE !

Je sursautai à ce cri, et elle partit en courant droit devant nous.

- Jane, viens, j'ai vu un Sombral ! Ils sont juste là ! cria-t-elle par-dessus son épaule.

Ses cris excités furent bientôt étouffés par la forêt.

J'étais seule.

Dans la forêt interdite.

- , fis-je.

Ce qui augmenta conséquemment la fréquence de mes pulsations cardiaques.

Seule dans la forêt interdite. Je ne pouvais pas rêver pire. Il y avait des araignées géantes ici, et des centaures, et des loups-garous, j'allais mourir en moins de deux minutes ! C'était trop bête ! Affolée, je suivis le chemin qu'Amélia venait d'emprunter. Mais au bout de quelques pas, il n'y avait plus de chemin… Rien que des buissons morts et des arbres aux longues branches dégarnies et acérées. Je tournai sur moi-même : tout se ressemblait. Je gémis : j'étais perdue.

J'entendis un bruit et je retins mon souffle, essayant de devenir la plus silencieuse possible. Il y avait quelqu'un. Qui ? Un Mangemort ? Un monstre ? Tendue à l'extrême, j'attendis que le bruit se manifeste à nouveau.

Un sanglot retentit.

Je sentis mon cœur se serrer, par compassion. Je détestais entendre les gens pleurer. Les larmes me faisaient perdre toute méfiance vis-à-vis des autres. Et si c'était un piège ?

Il y eut un nouveau sanglot, et je me sentis fondre. Quelle que soit cette personne, elle ne méritait sans doute pas de pleurer. Et si elle s'était perdue dans la forêt ? Je ferais mieux d'aller l'aider et la soutenir… Et puis, à deux, peut-être que nous retrouverions notre chemin ? En tout cas, je ne serais plus seule.

Priant pour que cette personne ne soit pas une ennemie, je suivis le son des sanglots jusqu'à une clairière. Au centre se trouvait Honor Lannister, la nouvelle à Serpentard. Je me sentis d'autant plus remplie de compassion que je savais que sa famille devait lui manquer, et caetera, comme à toute personne débarquant fraîchement à Poudlard.

Je fis trois pas vers elle, et elle me remarqua. Elle leva brusquement la tête et mon premier réflexe fut de soulever le panier devant mon visage en guise de bouclier.

- Qu'est-ce que tu veux ? siffla-t-elle.

Son visage était ravagé de larmes, et elle avait l'air à la fois déprimée et humiliée. Peut-être qu'elle n'aimait pas être vue en position de faiblesse : après tout, elle venait de Serpentard, elle avait sa propre fierté…

Elle se leva lentement, débarrassa sa cape des brins d'herbe qui s'y étaient collé d'un geste vif de la main, puis s'approcha de moi. Elle me toisa avec le regard le plus dédaigneux que j'avais jamais vu.

- Alors ? répéta-t-elle. Réponds.

Je n'eus pas le temps de répondre que son regard tomba sur le panier rempli de cupcakes. Ses yeux s'écarquillèrent.

- C'est… pour moi ? souffla-t-elle avant de se retourner et de fondre en larmes.

J'étais désarçonnée. Je n'avais jamais eu affaire à qui que ce soit d'aussi émotif. Je n'avais pas le temps de me remettre de son comportement hautain qu'elle se trouvait à nouveau en train de pleurer.

Et qu'est-ce qui pouvait bien lui faire penser que les cupcakes lui étaient destinés ?

La voir aussi triste me fit mal au cœur, mais je ne savais pas quoi faire. Je lui aurais bien donné un cupcake, mais sa fierté risquait fort de lui faire détester ce geste de charité… Je n'eus pas de choix à faire, car elle cessa brusquement de sangloter et fis volte-face. De surprise, je lâchai le panier par terre. Elle me lança un regard menaçant qui me fit reculer de quelques pas, puis elle plongea sur le panier, en sortis une pâtisserie et l'engouffra rapidement dans sa bouche avec un air de défi.

Je clignai des yeux. Ca ne ressemblait vraiment pas à un comportement de Serpentard hautain. On aurait dit une petite fille accro au glucose.

Elle se servit un nouveau cupcake et elle le mangea tout aussi vite. Puis elle récupéra le Thermos dans le panier, se servit une tasse de thé et la but en une gorgée.

Mais qu'est-ce que j'allais bien pouvoir raconter à Amélia ? « Je suis tombée sur une Serpentard dans la forêt et elle a mangé toute la nourriture des Sombrals. Je te jure que ça s'est passé comme ça ! »

- Ca va mieux ? demandai-je enfin, alors que ses larmes s'étaient taries.

Elle regardait depuis un moment dans le vide. Lorsque je repris la parole, elle sursauta légèrement, reboucha le Thermos et le rangea dans le panier qu'elle posa par terre. Elle se racla la gorge et répondit d'une voix étonnamment contrôlée :

- En effet.

- C'est ta vie d'avant Poudlard qui te manque ?

Elle me fixa un court instant, comme si elle pesait le pour et le contre. Elle finit par hocher lentement la tête.

- Je sais de quoi tu parles, dis-je. Je vis la même chose.

Je ne pus retenir un sourire amer. J'étais à peu près sûre que nous ne vivions pas du tout la même chose, mais si elle savait qu'elle n'était pas seule, elle se sentirait certainement mieux. De façon assez surprenante, un petit air narquois fleurit sur son visage.

- Ca, j'en doute, répliqua-t-elle, sa fierté de Serpentard de retour.

Il y eut un instant de silence. Je finis par lever à nouveau les yeux vers elle. Honor ouvrait et fermait la bouche, hésitante. Un pli irrité barrait son front. Que voulait-elle me dire ?

Quand je compris, je faillis éclater de rire. Elle rougit de colère.

- Qu'y a-t-il ? grogna-t-elle.

- Ca ne va pas t'écorcher la bouche, répondis-je.

Elle rougit davantage.

- De quoi parles-tu ?

- De ce mot que tu as envie de me dire.

Elle soupira fortement, ferma les yeux, tenta de se calmer, puis, toujours aussi en colère, elle s'écria :

- Merci, voilà, t'es contente ? Je n'en reviens pas de devoir dire ça à une Poufsouffle comme toi !

Elle espérait que cela me blesserait, mais il n'en était rien. Elle siffla de rage, tourna les talons et partit à grands pas.

Quelques minutes plus tard, Amélia, Cécile, Julia et Hagrid me retrouvèrent.

- On t'avait perdue ! s'écria Amélia.

- Tu l'as perdue, rétorqua Cécile. On ne peut rien te confier, Amélia !

- Tu étais là depuis tout ce temps ? demanda Julia sur un ton très calme.

- Oui… J'étais perdue… J'ai failli avoir peur.

Elle pensait que je plaisantais.

- C'est idiot, nous sommes à la lisière de la forêt, me signala Hagrid. Tu n'avais pas à t'inquiéter !

- Ah bon ? dis-je d'une petite voix. Je croyais qu'on était au cœur de la forêt…

Tous éclatèrent de rire et je me sentis particulièrement stupide.

OoOoO

- Tu es sûre que tu n'as pas envie de retourner à la Forêt ?

- Oui Amélia, répondis-je. Ce n'est pas si grave que ça, que je n'aie pas vu les Sombrals.

- Mais tu en es vraiment sûre ? Parce qu'on peut te raccompagner, tu sais, en tout cas, moi, je peux te raccompagner. Ca ne me dérange pas.

- Dis plutôt que ça t'arrange, soupira Cécile.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? grogna Amélia, qui rougit tout de même.

Avant que j'ai eu le temps de demander à Cécile le sens de sa question, le cours de métamorphose débuta. L'exercice du jour était la transformation d'une table en cochon. Tout le monde était ravi, car le professeur McGonagall lançait traditionnellement ce sort au début de la première année pour motiver les jeunes sorciers cela rappelait de bons souvenirs. A tout le monde… sauf à moi. Je savais que cette métamorphose était l'une des plus difficiles à exécuter. Je n'eus même pas à faire semblant d'avoir du mal à lancer le sortilège.

- Ce n'est pas si compliqué, Miss McAvoy, me dit sévèrement le professeur en passant à côté de moi. Il faut que votre prononciation soit claire et limpide et ne laisse planer aucun doute sur la nature de votre sort…

- …que mes gestes soient vifs, précis et naturels, et que les mouvements de ma baguette soient le prolongement de ceux de mon corps, complétai-je. Je vais essayer, professeur.

Ce qui était loin d'être facile avec une baguette qui n'était même pas mienne. Mais le fait de m'être remémoré cette phrase me redonna du cœur à l'ouvrage, et il suffit d'un éclair bleu provenant de ma baguette pour transformer la table en cochon. Satisfaite, je me tournai vers le professeur McGonagall pour lui offrir mon plus beau sourire. Mais elle ne souriait pas du tout. Elle avait l'air… choquée. Qu'avais-je fait de mal ?

Je ne mis pas longtemps à comprendre.

« Il faut que votre prononciation soit claire et limpide et ne laisse planer aucun doute sur la nature de votre sort, que vos gestes soient vifs, précis et naturels, et que les mouvements de votre baguette soient le prolongement de ceux de votre corps ». C'était la petite phrase que McGonagall répétait sans cesse aux oreilles des élèves comme moi qui avaient du mal avec sa matière. A force, je la connaissais par cœur, et il était tout à fait normal que je sois capable de compléter sa phrase.

Mais il n'était pas normal du tout, en revanche, qu'une élève arrivée deux jours auparavant puisse réciter cette phrase sans faire d'erreur, voire même qu'elle la connaisse sur le bout des doigts.

- Miss McAvoy… Où avez-vous appris cette phrase ?

Le silence dans la salle était complet. Les murmures au fond de la pièce se taisaient petit à petit alors que la nouvelle se propageait. La Canadienne connaissait la phrase de McGonagall. Comment était-ce possible ?

- A Poudlard, répondis-je d'une vois tremblante.

- Qui vous l'a apprise ?

Je faillis répondre que c'était elle, mais je mordis ma langue à temps. Je baissai la tête vers mon cochon, qui me renvoya un regard plein de tendresse. Je le retransformai à nouveau en table.

- Répondez, m'ordonna-t-elle sévèrement.

Je levai les yeux et croisai le regard du professeur Lockhart… euh, de Gil, derrière la prof de métamorphose.

- C'est Gil, répondis-je sans réfléchir.

Elle fit volte-face et se dirigea à grands pas vers lui. Il avait l'air surpris et terrorisé à la fois.

- Mr Lockhart ! Cela vous amuse de vous moquer de vos professeurs dans leur dos ?

- Mais, mais, mais…

- Cinq points en moins pour Poufsouffle !

Amélia me fit une accolade discrète et me murmura à l'oreille « Jane, t'es géniale ».

OoOoO

- C'est vraiment Gil qui t'a parlé de la phrase de McGo ? me demanda Cécile à la fin du cours.

- Je ne sais plus… Quelqu'un m'en a parlé, mais je ne sais pas qui, mentis-je.

- Et donc, dans le doute, tu as accusé Gil. Excellent choix, me lança Amélia avec un immense sourire. Ca va lui faire les pieds, à ce crétin.

- Il va penser que tu corromps Jane, signala Julia de sa voix rêveuse. Tu ne risques pas de détendre tes relations avec lui, Amélia.

- Ce n'était pas dans mes intentions.

- On en reparle après ton entraînement de Quidditch avec lui, rigola Cécile.

- Tiens donc, quand on parle du loup…

Amélia se para de son regard le plus moqueur et croisa les bras pour accueillir Gilderoy Lockhart. Celui-ci marchait droit vers moi. Je regardai à droite et à gauche, à la recherche d'une cachette mais malheureusement pour moi, Amélia et Cécile m'encadraient. Je ne pouvais pas m'échapper. Je me mis à trembler qu'allait-il me dire, qu'allait-il me faire ? Mais surtout, qu'allais-je répondre quand il me traiterait de menteuse ? Allais-je trouver un mensonge convaincant ?

- McAvoy, je peux te parler ? me lança-t-il d'un ton qui se voulait posé.

- Oh là là, tu es effrayant, Lockhart, se moqua Amélia.

C'était exactement ce que j'étais en train de penser.

- C'est pas à toi que je parle, Bones. Jane, pourquoi m'as-tu dénoncé ?

- Je… euh…

Mon visage chauffait. Je ne trouvais rien à dire. Ca y était, j'étais démasquée, j'étais fichue, les diables allaient me retrouver et j'allais mourir !

- Quand je t'ai dit la petite phrase de McGonagall, je ne pensais pas que tu la retiendrais et que tu la lui balancerais à la figure ! Tu sais que tu es à Poufsouffle ? On est sensé s'entraider dans cette maison, pas se dénoncer les uns les autres !

Il avait l'air sérieux.

Je clignai des yeux, déboussolée. J'avais visé dans le mille sans m'en rendre compte. Lockhart, dans son babillage incessant, m'avait parlé de cette phrase... Quelle chance inouïe ! J'étais sauvée ! Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Et ça te fait rire ? s'écria-t-il d'une voix suraiguë.

Amélia explosa de rire.

- Tais-toi ! cria Gil. Tu rigoleras moins sur le terrain de Quidditch !

- On parie, tête d'œuf ? répliqua Amélia en dégainant sa baguette.

- C'est le moment où on file, me signala Cécile. Julia, on s'arrache.

- Bonne idée, répondit-elle en souriant.

Elles se retournèrent et s'éloignèrent à grands pas. Je décidai de les suivre en voyant que Gil avait également sorti sa baguette de sa poche. Je n'aimais pas du tout les combats. J'en gardais un très, très mauvais souvenir…

- McAvoy, ne me dis pas que tu t'en vas !

Je tournai la tête vers Harry… euh, James Potter. Sa ressemblance avec son fils me troubla comme la première fois. Il était suivi de près par Sirius Black, Rémus Lupin et Peter Pettigrow. Mon soulagement d'il y a quelques secondes se mua brusquement en terreur. Je détestais être en leur compagnie à cause de ce qui leur était arrivé… ou plutôt, de ce qui allait leur arriver. Lupin, le loup-garou, m'adressa un sourire poli en guise de bonjour. Je me sentis trembler, alors que la tension augmentait entre les deux Poufsouffles près de moi : un cercle d'élèves s'était formé autour d'eux et Amélia se faisait un malin plaisir à lancer ses piques de méchanceté à son capitaine de Quidditch.

- Ces Canadiens ! s'exclama Black. Faut tout leur apprendre ! C'est maintenant que ça devient intéressant, ce n'est pas le moment de s'en aller.

Lupin arrêta de sourire quand il comprit que je n'avais pas l'intention de lui rendre cette civilité. Pour autant, il ne cessa pas de me fixer avec insistance, comme s'il cherchait à percer mon secret. J'avais l'horrible impression qu'il risquait d'y arriver rien qu'en m'observant. Je détournai les yeux.

- Laisse tomber, c'est une Poufsouffle, rigola Pettigrow. Ce sont des trouillards et des lâches.

- Ca suffit, Queudver, gronda Lupin me lâchant enfin du regard. Lockhart, Bones, arrêtez immédiatement !

Bones avait le bras en l'air et s'apprêtait à lancer un sort. Elle s'arrêta au milieu de son geste et tourna la tête vers le préfet.

- Il y a un problème, Lupin ? demanda-t-elle innocemment.

- Oui, il y a un problème, Bones. Le problème, c'est que tu attaques tout ce qui bouge dans les couloirs de l'école, ces temps-ci. Ai-je vraiment besoin de te rappeler que ce n'est vraiment pas le moment de te faire des ennemis ?

Amélia baissa lentement son bras elle avait l'air très irritée mais ne dit rien. Lockhart regardait son adversaire avec suffisance, comme si c'était lui qui l'avait persuadée de ne pas se battre. Décidément, entre cette époque et celle où il était professeur de Défenses contre les Forces du Mal, il avait bien peu changé.

- Et toi, Lockhart, fais un effort, ajouta Lupin en se tournant vers lui. Tu es préfet aussi et tu n'as pas à attendre comme une demoiselle en détresse qu'un autre te sauve lorsque tu te fais attaquer. Fais preuve d'un peu d'autorité, bon sang !

Le cercle d'élèves éclata de rire et Gil devint tout rouge. Amélia, elle, ne riait pas du tout. Elle était devenue toute rouge aussi, de honte mais également de colère. D'un pas vif, elle se dirigea vers moi. Je reculai de quelques pas, effrayée, avant de me rappeler qu'elle n'avait pas de motif d'être énervée contre moi.

- Viens Jane, on s'arrache, marmonna-t-elle en passant à côté de moi et en lançant un regard furieux à Lupin.

Je la suivis sans un mot et en évitant soigneusement de croiser les yeux de Lupin.


C'était le dernier chapitre en stock... Le prochain devrait malheureusement mettre du temps à arriver. Une fois de plus les études prennent le pas sur notre plaisir qu'est l'écriture, mais croyez-nous, nous sommes les plus embêtées dans cette affaire. Cela dit ça aide quand vous reviewez pour nous donner votre avis :) Merci à tous de votre lecture et de votre fidélité, et à bientôt j'espère !