Désolé, j'ai eu un petit problème quand j'ai posté ce chapitre ! Certains mots étaient collés à la suite.

XXX

La semaine suivante fut assez mouvementée. Eméraldia avait trouvé comment prendre le contrôle et il ne fallut pas longtemps à Harry pour le comprendre aussi. Ils passaient un peu leurs temps à se métamorphoser, ne pouvant avancer ou agir. Puis ils s'organisèrent un peu. Et surtout ils sentaient venir la douleur, beaucoup moins forte à présent que le corps s'habituait. Et ils avaient un certain pouvoir d'action sur ces transformations. Par exemple Harry pouvait retarder l'arrivée d'Eméraldia s'il avait vraiment besoin. Pas de longtemps certes mais c'était toujours mieux que rien.

Du coup Harry allait vraiment moins en cours. Eméraldia ne se lassait pas d'explorer et Harry lui laissait volontiers la place. Ron n'y croyait toujours pas et accusait son meilleur ami de s'être arrangé avec le directeur. Cet avis changea très vite.

Eméraldia parcourait les couloirs, déserté à cette heure-là. Elle laissait trainer sa main sur les murs de pierre, distraitement. Hermione et Ron cherchaient leur ami. En tournant dans un couloir la jeune Gryffondor vit une brune, dans des vêtements bien trop grands, en train de flâner, le nez en l'air dans les couloirs.

- Harry !

Elle se mit à courir, suivi de Ron qui ne comprenait pas. Comme la personne en face ne se retournait pas, Hermione se souvint :

- Eméraldia !

Cela eut bien plus d'effet. La jeune femme se retourna. Ron s'arrêta net, la bouche grande ouverte. L'inconnue était vraiment… superbe. Le rouquin n'avait pas d'autre mot pour la qualifier. Hermione fit comme si elle n'avait pas vu :

- C'est bien toi Eméraldia ?

- Oui… Il y a un problème ? demanda Eméraldia en penchant légèrement la tête sur le coté.

- Non ne t'en fais pas ! Nous sommes les meilleurs amis d'Harry.

- Je sais… Je partage les souvenirs d'Harry. Toi tu es Hermione, la plus intelligente de toute l'école et Ron, son meilleur ami qui le croit pas.

- Et je m'en excuse, intervint le dernier interpellé, les oreilles devenant cramoisies. Je sais pas comment j'ai pu douter de lui.

Eméraldia se mit à rire doucement, se cachant la bouche de sa manche. Ron rougit encore plus qu'avant. Hermione en profita pour se faire une nouvelle amie :

- N'hésite pas ! Si t'as le moindre souci, viens me voir !

- Ben, justement, maintenant que t'en parles ! dit-elle en lui saisissant ses mains entre les siennes.

- Alors ? On commence par quoi ?

Les deux jeunes filles étaient à présent dans le dortoir des filles de Gryffondor. Eméraldia avait eu un peu peur en montant que les escaliers ne deviennent encore un toboggan. Mais quand elle réussit à monter sans problème elle se détendit et se laissa aller. Hermione avait même du mal à l'arrêter de parler. Puis elle avait forcé la brune à s'asseoir et sortait tous les magazines de vêtements sorciers qu'elle avait.

- Tu veux des vêtements pour toi et voilà tout ce que j'ai. Maintenant on a plus qu'à trouver quelque chose qui te plait. Tu fais quelle taille d'ailleurs ?

- Euh…

- Je vois… Attends j'ai une idée.

Hermione fit enfiler ses propres vêtements à Eméraldia avant d'y jeter un sort. A présent les vêtements et sous-vêtements s'adaptèrent parfaitement au corps fin de l'adolescente. Elle agit de même avec les chaussures. Hermione n'avait plus qu'à vérifier les nouvelles étiquettes des habits, elles aussi transformées. Puis les deux femmes passèrent en revue tous les magazines disponibles pour trouver de quoi remplir une garde-robe normale. En une après-midi elles développèrent une grande complicité.

Le soir, quand Harry reprit possession de son corps, Eméraldia étant fatiguée, il trouva un petit mot sur sa table de chevet :

« Au cas où : j'ai utilisé un peu de ton argent pour m'offrir des vêtements. J'ai fait de la place dans ta malle. Bonne soirée.

Eméraldia »

C'était très surprenant. Il avait le souvenir d'avoir écrit ça, enfin, qu'Eméraldia l'ai fait, mais ce n'était pas son écriture. Harry se laissa tomber sur son lit :

- C'est galère !

A ce moment Ron entra dans le dortoir. Il se posa devant Harry, les mains dans les poches et parla :

- Ecoute vieux. Je suis désolé de pas t'avoir cru. J'aurais dû savoir que tu ne nous mentirais pas. Mais c'est vrai que ces derniers temps c'est dur pour moi. Faut me comprendre aussi.

Harry se releva et lui posa une main sur l'épaule :

- T'en fais pas. Si toi tu m'avais dit un truc pareil, je pense pas que je t'aurais cru tout de suite. Bon tu viens, le repas doit être servi.

Juste avant de passer la porte Ron retint son ami :

- Au fait, elle est vraiment mignonne cette Eméraldia. Tu sais pas si elle est déjà intéressée par quelqu'un ?

- Et Hermione ? rit le brun. Tu l'as déjà oublié ?

- Non, je l'aime ça changera pas. Mais on sait jamais.

Harry sourit avant d'entamer la descente de l'escalier en colimaçon. Mais Ron fit encore une gaffe :

- T'en as de la chance en fait ! Tu peux savoir ce que ça fait d'être une fille et tout le monde fait ce que tu veux, même le directeur. T'a vraiment une vie de rêve !

- Pauvre con ! pensa Harry.

Il préféra ne rien dire. Ron venait juste de s'excuser ce qui était assez exceptionnel comme ça. Il ne fallait pas lui demander de compatir en plus !

Et de fait Harry trouva une pile d'habits neufs dans sa malle dès le lendemain. Il commença à fouiller, voir exactement les goûts de son double féminin. Il sortit quelque chose de fin et se mit à rougir. Il tenait un soutien-gorge noir, bordé de dentelle, à bout de bras. Quand son cerveau se remit à fonctionner il se dépêcha de le cacher tout au fond de la malle, la refermant d'un coup sec et s'asseyant dessus. Il faisait un peu écho à l'attitude d'Eméraldia quand elle avait découvert les caleçons d'Harry. La fuite en moins. Elle avait beaucoup de mal à rester dans le dortoir des hommes. De fait Hermione avait gardé la moitié des vêtements achetés. Pour finir elle avait réduit des tenues complètes et les avait données à Harry. Ce dernier avait préféré ne pas ouvrir le paquet cette fois et l'avait glissé dans sa poche.

XXX

Deux jours plus tard Harry avait fait sauter le cours d'Histoire de la Magie en faisant comprendre à Eméraldia qu'il lui laissait la place bien volontiers. La jeune fille était donc partie se changer dans les toilettes pour filles. Vêtue alors d'un jean bleu délavé et d'un haut noir laissant apparaître ses épaules elle alla dans le parc. Le printemps arrivait tout juste. Il faisait encore un peu frais mais ce n'était pas gênant. Eméraldia hésita un instant à plonger dans le lac. Puis les souvenirs de la quatrième année d'Harry coupèrent son élan. Elle s'assit juste sur l'herbe, observant l'horizon. Elle laissa ses pensées dériver sans but, jusqu'à en perdre le fil du temps. Quand elle regarda de nouveau elle vit qu'elle avait trop largement trainé. Harry risquait de reprendre le contrôle. Et bien que les vêtements qu'elle portait à cet instant soient ensorcelés, ils pouvaient s'adapter quand le corps changeait, elle savait qu'Harry aimait bien se retrouver directement dans son uniforme.

Elle arrivait dans le hall quand elle sentit quelqu'un s'approcher rapidement. En se retournant elle étouffa un cri de surprise. Snape s'était faufilé comme une ombre jusque derrière elle.

- Vous revoilà mademoiselle. On peut savoir ce que vous faites dans une école où vous n'êtes pas inscrite ?

- C'est… Dumbledore m'a autorisée à rester ici. Je n'ai pas d'autre endroit où aller.

Ce n'était pas faux en soi, le directeur ayant effectivement autorisé Eméraldia à rester à l'école. En quelque sorte. Eméraldia n'aimait pas mentir, encore moins à un professeur. Mais le directeur de maison ne comptait pas lâcher si vite :

- Alors pourquoi n'êtes vous pas en cours ?

- Je ne dois pas y aller !

Ce qui était vrai aussi. A cet instant on entendit un remue-ménage venir des étages. Les élèves sortaient de cours. Eméraldia se dit qu'elle devait se dépêcher avant d'être vue de quelqu'un. Alors qu'elle partait Severus lui attrapa le bras. Il avait eu réflexe inexpliqué. Quand elle se retourna pour plonger ses yeux dans les siens il improvisa :

- Tu ne veux pas être vue c'est ça ? Suis-moi ! Tu peux passer l'heure suivante dans mon bureau.

Voyant la réticence clairement affichée sur le visage de la jeune fille il ajouta :

- Je te promets que je ne te ferai rien.

La jeune fille se laissa faire, à contrecœur. Mais elle n'avait pas le temps de réfléchir. Et puis ce n'est pas comme si c'était la première fois que le professeur Snape la voyait. Ce n'était pas « quelqu'un d'autre » selon les idées de Dumbledore.

Arrivée dans le bureau Eméraldia s'assit dans un des fauteuils avant de laisser son regard se poser sur ce qui l'entourait. Harry s'était replié en voyant avec qui il se trouvait. Il ne valait mieux pas pour lui de sortir de suite.

Severus observait discrètement la jeune femme. On aurait dit un animal apeuré qui cherche une issue.

- C'est pas gagné ! pensa t-il. Tu veux boire quelque chose ? lui demanda t-il ensuite.

Eméraldia se figea, comme prise par surprise puis, gênée, marmonna :

- De l'eau…

Severus matérialisa un verre d'eau qu'il lui apporta. Eméraldia serra les mains sur le verre, baissant les yeux. Quelques mèches glissèrent devant ses yeux. Severus la contemplait sans un mot. Elle semblait si pure, si fragile. Puis notant que le silence pesant s'éternisait, il entreprit de la faire parler. C'était aussi un bon moyen pour lui d'en savoir un peu plus sur cette petite fée :

- Bon, alors pourquoi tu es à Poudlard ? Et pas en cours ?

- Dumbledore m'a autorisée à rester ici. Mais je ne dois pas aller en cours, répondit-elle sur le ton d'une leçon bien apprise

- J'avais compris ! Tu viens d'où ?

- Je ne sais pas.

A cet instant des larmes perlèrent au coin des yeux de la jeune femme. Effectivement elle ne savait pas qui elle était ni d'où elle venait. Et cette ignorance était une souffrance. Elle cachait cela derrière un sourire mais là c'était trop dur. Severus se mordit la lèvre inférieure en voyant les larmes couler sur les joues blanches. Il crut que s'était de sa faute. Il avait toujours fait peur et jamais il ne s'en était plaint. Jusqu'à présent. Son cœur lui dictait d'aller la prendre dans ses bras. A la place il fit apparaître un mouchoir et l'envoya essuyer les larmes de la jeune brune. Elle fut touchée de cette attention.

Severus tenta un autre sujet de conversation :

- J'ai vu que tu portais un uniforme de Gryffondor la dernière fois. Tu t'es fait des amis parmi eux ?

Là le mensonge semblait impératif. Elle ne pouvait pas dire que ses deux meilleurs amis étaient Ron et Hermione. C'était comme tout avouer direct.

- J'ai trouvé cet uniforme. Je n'ai vu aucun élève pour le moment. Seulement Dumbledore et vous.

- Tu peux me tutoyer puisque tu n'es pas une élève. Et si Dumbledore t'a prise sous sa protection il n'y a aucun problème, insista le professeur de potions.

- Si vous… tu veux, répondit Eméraldia en baissant les yeux.

- Et pour revenir aux Gryffondors, je te conseille de ne pas les fréquenter. Il y a bien trop de personnes peu fréquentables sur leurs bancs. En particulier je ne saurais trop te conseiller de ne pas t'approcher de la bande à Potter. C'est un conseil. Tu seras bien plus heureuse si tu ne les connais pas.

Eméraldia acquiesça, incapable d'articuler le moindre son. Elle sentait Harry s'agiter et savait qu'elle ne pourrait pas le retenir longtemps. Le jeune homme avait entendu les accusations de son pire ennemi et ne souhaitait qu'une chose : se défendre. Eméraldia n'eut pas d'autre choix que se lever d'un bond, faisant tomber le verre d'eau par inadvertance.

- Je suis désolée !

Sans attendre elle se rua dehors.

- Attends !

Severus se précipita à sa poursuite. Il la vit monter les escaliers et disparaître dans un couloir.

Pendant ce temps Harry avait réussi à pénétrer dans les toilettes et à se changer. Quand il sortit il tomba nez à nez avec son professeur de potions. La haine enflamma instantanément le regard des deux hommes. Le professeur Snape jeta un regard dédaigneux sur l'uniforme :

- J'enlève 5 points à Gryffondor, dit-il avec un petit sourire en coin.

Harry resta stupéfait :

- En quel honneur ?

- Votre uniforme est taché au possible ! Vous pourriez faire attention à vos affaires. Vous donnez une piètre image de notre école.

- Sale enfoiré !

Harry tenta de s'emparer de sa baguette. Snape le devança et lui brûla la main entière ainsi que le bras. La colère lui faisait perdre les idées :

- Je ne vous permets pas, Potter !

- Oh ne vous inquiétez pas, je prends la permission tout seul !

- Sale petit merdeux !

Harry avait la main droite qui ne bougeait plus mais continuait de cramponner sa baguette. La douleur se propagea dans le corps. Harry devait se retenir au mur à présent. Son bras tout entier n'était plus que cloques et chair grillée. Il fallait vite le guérir au risque de le perdre. Snape sentit qu'il avait gagné. Il passa à coté du jeune Gryffondor, lui murmurant à l'oreille :

- Vous ne m'arriverez jamais plus haut que la cheville Potter…

Puis il le fit basculer contre le mur, lui arrachant un léger cri de douleur, avant de repartir tranquillement dans son cachot. Ses pensées étaient toutes tournées vers une petite fée aux yeux verts qui s'était envolée.

Harry rangea sa baguette et monta tant bien que mal jusque dans la salle commune. Il emprunta surtout les passages secrets de l'école, ne voulant se montrer à personne dans cet état. Les cours n'étant pas terminés, Harry dut attendre. Longtemps. Il alla chercher un flacon de potion calmante dans sa valise pour tenir. Il avait toute une trousse de médicaments et de potions au cas où. Pourtant rien n'aurait pu marcher sur cette blessure.

Quand Hermione remonta enfin elle resta la bouche ouverte devant le spectacle. La manche de l'uniforme n'existait plus et le bras pendait lamentablement le long du corps d'Harry, cloqué, rougi ou même noirci par endroits. La salle sentait la chair brûlée. Hermione mit sa main devant sa bouche pour tenter de camoufler sa surprise :

- Harry ! Qu'est ce qui s'est passé ?

- Snape…

- Ne bouge pas ! Je reviens.

Durant son absence Ron revint à son tour dans la salle commune. Harry avait caché son bras en le voyant arriver par réflexe. Du coup Ron, se la jouant bon copain, donna une claque sur l'épaule du brun :

- T'as loupé une super journée, vieux !

Harry émit un cri de douleur qui ne passa pas inaperçu.

- Bah, y'a un problème ? demanda le rouquin

Au même moment Hermione redescendit, les bras chargés de fioles de toutes les tailles et toutes les couleurs. Elle se mit à genoux devant Harry et lui prit le bras avec délicatesse. Elle badigeonna la chair brulée avec une crème avant d'y jeter un sort puis d'enchainer avec une potion puis une autre. Ron restait les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte. Harry préférait regarder ailleurs.

- T'as eu une journée chargée, dit Ron. Tu expliques ?

- Je me suis battu avec Sn… le professeur Snape

- Ah mais c'était vraie alors cette histoire de bataille avec la chauve-souris !

- Ron ! Tais-toi !, menaça Hermione. Tu aurais dû m'appeler plus tôt ! M'envoyer un papier.

- Je ne pouvais pas. Je n'arrive plus à tenir ma baguette.

- Bon voilà, conclut Hermione en se relevant. C'est tout ce que je peux faire.

Harry déplia son bras, le bougea dans tout les sens, serra la main. La peau tirait encore un peu mais il ne fallait pas en demander plus.

- Merci beaucoup Hermione !

- T'as eu beaucoup de chance cette fois ! Faudra que je refasse mon stock de potions de soins en tout genre ! Quelque chose me dit que je vais en avoir besoin.

Harry eut un petit sourire mais la tristesse voila ses traits un instant. Ron ne voulait pas s'en arrêter là :

- Non mais sérieux ! Pour qui il se prend ce bâtard graisseux ?

- Ron !, intervint Hermione. Tu parles d'un professeur !

- Un prof qui veut tuer Harry !

Se tournant vers Harry :

- Va en parler à Dumbledore ! Il t'écoutera et foutra Snape à la porte.

- Il ne me croira pas, répondit Harry de façon lasse.

- Mais bien sûr que si ! Il croit toujours tout ce que tu lui dis !, s'emporta Ron en faisant des grands gestes.

- Ce qui est marrant, dit Harry en lui faisant face, c'est que lui me croit toujours mais pas celui qui se dit mon meilleur ami.

- C'est bon, je me suis excusé…

- Il faut que je risque de perdre mon bras pour que tu me croies ! Tu ne crois pas qu'il y a un problème ?

Ron baissa la tête, bien conscient qu'il n'avait pas été parfait ces derniers temps. Harry se dirigea vers les dortoirs. Il avait besoin de se reposer un peu. Ron le rattrapa en bas des marches :

- Attends je vais t'aider à monter !

- Lâche-moi !

Le cri avait fusé et Ron se figea sur place. Harry monta les marches sans se retourner. Ron retourna s'asseoir sur un des fauteuils. Levant son regard vers Hermione il demanda :

- J'ai fait une bêtise ?

Hermione secoua la tête :

- Ah les hommes, pensa-t-elle.