Voilà la toute fin, le dernier épilogue ! Un peu plus joyeux, promis !
Severus sortit, la tête vide. Il ne savait pas quoi faire, comment agir. Il se laissa tomber sur la première marche de l'escalier et s'appuya sur la porte. Il se mit à penser. A ce qu'il avait fait, à toutes les atrocités qu'il avait commises. Le remords le submergea. Oui il détestait Harry. Mais il n'avait aucun droit d'essayer de le tuer. Et jamais il n'aurait écouté Eméraldia ou même ne se serait intéressé à elle. Alors qu'il avait connu le plus grand des bonheurs dans ses bras.
Il ne devait plus la voir. Autant pour sa sécurité que pour la sienne. Il retourna dans les cachots, pleurant silencieusement dans les couloirs sombres.
XXX
Harry s'était traîné dans la salle de classe vide. La douleur lui faisait serrer les dents.
- Eméraldia ! Réveille-toi ! Si tu veux pas qu'on y passe tous les deux.
Il fallut plusieurs minutes avant que se sœur ne montre un signe de vie. Des minutes qui semblèrent interminables. Quand Eméraldia reprit le contrôle elle prit quelques minutes pour respirer calmement. Elle tâta un peu son corps, pour être sûre qu'il n'y avait plus de traces. Elle se releva lentement, dépliant tous ses membres, guettant le moindre problème.
- Alors ?
- T'en fais pas, frérot. Tu pourras encore faire l'andouille.
- Très drôle.
- Je sais !
Elle sortit dans le couloir. Il y avait encore les grosses taches de sang sur les pierres. Elle les fit disparaître d'un sort. C'était bien plus prudent.
- On va aller se reposer dans la salle commune ! proposa la jeune femme. On en a besoin je crois !
- Tout ce que tu veux, tant qu'on part d'ici.
Elle remonta rapidement jusqu'à la salle des Gryffondors. Là elle se laissa tomber sur un des gros fauteuils.
- Harry ?
- Hum …
- Tu devrais reprendre la place. Comme ça on pourrait se reposer tranquille. Y'a pas de risque que je sois découverte.
- Si tu le dis.
Il n'avait pas l'air convaincu mais il accéda à sa requête. Une fois confortablement installé il s'endormit.
XXX
- Dis t'as entendu la dernière sur Snape ?
- De quoi ?
- Il est devenu… gentil !
- Non !
- Si je t'assure ! Il ne donne plus de retenues, il aide, il ne crie plus !
- Tu crois qu'il est malade ?
Les rumeurs parcouraient le château plus vite qu'un vif d'or. On ne parlait plus que de ça parmi les élèves. Tous émettaient leurs hypothèses sur ce changement radical. Ron était bien enthousiaste sur le sujet :
- Tu imagines un peu ! On va pouvoir se venger, il ne dit plus rien.
- Ron ! Tu n'oserais quand même pas faire ça !
- Mais Hermione ! C'est maintenant ou jamais.
Harry restait silencieux à les écouter. Une idée germait dans son esprit. Une idée qui permettrait de rendre tout le monde heureux.
A la pause de midi il se rendit directement au bureau de Snape. En le voyant devant la porte celui-ci ne le laissa pas entrer. Harry dû s'acharner sur le panneau de bois.
- Ouvrez !
- Non !
- Ouvrez, c'est un ordre !
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'un élève !
- Et de la part de votre petite amie ?
Il y eut un silence. Mais Snape avait réponse à tout :
- Ce n'est pas parce que vous avez le même corps que vous pouvez me donner des ordres de sa part !
- Ça ne marche pas ! S'il faut, elle peut venir !
- Hors de question ! Je refuse de la revoir !
Harry s'arrêta instantanément, comme foudroyé. Il n'avait pas pensé à ça. Il n'avait même pas pu l'imaginer. Son plan tombait à l'eau. Mais pas question de se laisser faire comme ça :
- Expliquez-vous ! Elle a le droit de savoir.
Harry entendit du bruit venant du bureau. La porte s'ouvrit et Severus le laissa entrer. En revanche il refusa de le regarder en face. Il se tint dos à lui, les mains appuyées sur le bureau. Harry ne pouvait voir que la cape noire. Il ne lâcha pas l'affaire :
- Expliquez-vous ! Je suis son frère…
- Justement ! coupa Snape en se retournant. Pensez-vous qu'elle voudra d'un homme qui a manqué de tuer son frère.
- Manqué seulement ! J'ai la peau dure !
Snape ne releva pas la pique. Il faisait les cent pas dans le bureau.
- J'essaye de me changer ! Mais faut pas rêver ! Je suis comme ça. Jamais je ne pourrai vous supporter. Alors imaginer vous avoir quand je vois Eméraldia... Et comme je n'y arriverais jamais, je ne mérite pas d'être avec elle.
- Et si je vous dis qu'il y a une solution pour que vous ne me voyiez plus justement ?
XXX
La maison était vraiment accueillante. Surtout à cette période de l'année. C'était si lumineux. Elle avait bataillé un long moment avant qu'il n'accepte toute cette luminosité. Mais comme il ne pouvait rien lui refuser.
- Lapis ! Lylia ! Descendez !
Un bruit dans l'escalier lui annonça que ses enfants descendaient les marches. Tout en se bousculant, naturellement. Eméraldia eut un petit sourire. Son regard dériva un instant sur les cadres photos. La plus grande était celle de son mariage, une bonne quinzaine d'années avant. Elle avait eut droit à une superbe robe verte, pleine de dentelles et de voiles. Le plus beau jour de sa vie. Puis des photos de ses enfants, à chaque étape de leurs jeunes vies. D'abord Lapis, l'ainé. Appelé ainsi par sa mère car il avait de magnifiques yeux bleus comme des pierres, hérités de la mère de Severus. Ensuite, deux ans plus tard, ce fut Lylia, appelé ainsi en hommage à la maman d'Eméraldia. Et si les deux enfants avaient les mêmes longs cheveux noirs de jais, Lylia impressionnait tout le monde par l'éclat vert de ses yeux.
Eméraldia fut sorti de ses pensées par ses deux enfants, bien droits devant elle. Elle prit un air faussement sérieux, les inspectant de la tête aux pieds. Au bout de quelques secondes elle leur ébouriffa les cheveux avant de dire avec un grand sourire :
- Allez rejoindre votre père ! Il est temps d'y aller !
Ils filèrent sans attendre. Severus était revenu pour le week-end et toute la famille comptait bien en profiter pour passer un bon moment au bord d'un lac. D'ailleurs le maitre de potions venait de la rejoindre dans le salon. Les deux marmots étaient chacun accrochés à une jambe, gênant considérablement la marche. Severus riait de bon cœur. Il était devenu tellement plus souriant ces dernières années.
- Il va falloir y aller ! Je ne pense pas qu'on puisse les tenir plus longtemps !
- Effectivement.
Ils s'échangèrent un rapide baiser et Severus essaya de se défaire de ses petits monstres. Eméraldia monta dans la chambre, récupérer un petit sac pour le voyage. Alors qu'elle le mettait sur son dos elle eut une sensation familière, si lointaine.
- Petite sœur ?
- Harry ? Tu es enfin revenu !
- Ça fait vingt ans ! Comme promis.
Eméraldia se rappelait très exactement les termes de l'idée d'Harry : « J'ai eu vingt ans de vie. Je le lui en laisse vingt aussi. Qu'elle puisse profiter à son tour. Pendant ce temps je dormirais, sans jamais déranger. Dans vingt ans je verrais s'il y a une nouvelle solution pour nous ou s'il faut faire un choix »
- Vingt ans, déjà !
- Et oui petite sœur ! Alors ? Raconte-moi !
- Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Ce que tu as fait, ce dont tu es fière ! Je veux tout savoir.
- Alors, j'ai fini tes études. Dumbledore m'a aidé. Il m'a aussi obtenu des papiers en bonne et due forme. J'ai pu devenir une Potter en me faisant passer pour ta cousine. J'ai pu avoir une baguette à moi ! Il y a quinze ans j'ai épousé Severus. Une très belle cérémonie, en petit comité. Ah oui, tu as même eu une place à ton nom, en souvenir et en attendant. Ensuite, j'ai eu deux très beaux enfants : Lapis et Lylia. Ils sont assez turbulents mais je ne les changerais pour rien au monde. Quoique…
- Tu n'as pas perdu ta bonne humeur en tout cas ! constata Harry. C'est bien.
- Que veux-tu, je suis comme ça !
- Et à propos de moi ? Tu n'as pas été embêtée ?
- Oh ne t'en fais pas ! Tu es devenu une vraie légende, un héros disparu ! On a annoncé ta disparition et depuis ça n'arrête pas ! Pas un mois sans qu'il n'y ait une nouvelle théorie sur ton départ et surtout ton retour. Et bien sûr il y a eut beaucoup de rajouts sur la vérité. Je crois que peu de personnes connaissent encore la stricte vérité. Tu es devenu un mythe Harry !
- Et je dois le rester…
Eméraldia s'était assise sur le lit. Elle avait peur de comprendre.
- Comment ça ? demanda-t-elle.
- Le monde n'a pas besoin de moi. Bien au contraire. Revenir serait anéantir la légende. Et les personnes ont besoin de ce mythe, ce héros. On ne va pas les décevoir.
- Tu comptes faire quoi ?
- Disparaître. Toi tu as une vie, une famille. Ils ne peuvent pas te partager. Je resterai endormi, caché profondément en toi.
- Mais…
- Ne t'en fais pas petite sœur. Je serais toujours là si tu as besoin de moi ! Surtout contre Snape.
- T'as pas fini un peu, rit Eméraldia.
- Profite ! Vis pour deux, petite sœur.
Eméraldia sentit disparaître la présence de son frère.
- Merci mon frère. Merci…
Une larme se mit à couler sur sa joue. Elle entendit du bruit et vit la porte s'ouvrir. Severus avait l'air inquiet :
- Tout va bien petite fée ?
- Mieux que jamais. La vie est belle…
Severus ne tarda pas à comprendre. Même s'il n'en parla jamais. Lui-même remerciait Harry. Plus que jamais.
XXX
Deux jours plus tard Eméraldia se pencha vers Severus :
- J'ai… une bonne nouvelle mon amour. Même si je ne sais pas vraiment comment tu vas réagir.
- Je dois prendre peur ?
- Euh non je ne crois pas, dit Eméraldia en étouffant un rire. Il va juste falloir préparer une chambre en plus… Je suis enceinte.
La vie continuait…
FIN
Alors ?
J'ai vraiment pris du plaisir à écrire cette fic, même si ça ne rend pas tout à fait comme je le pensais ! Mais enfin…
J'espère que vous avez aimé la lire !
