Coucou tout le monde !

Alors, je me trouve plutôt rapide sur ce coup là…hey, ne faites pas cette tête ça fait pas plus de trois semaines que j'ai posté la dernière fois ! lol

Et puis là, vous ne pouvez vraiment pas m'en vouloir…sachez jeunes gens que ce chapitre fait 30 PAGES…c'est le plus long que j'ai jamais écrit…

En plus il était super dur à écrire sachant qu'il s'y passe vraiment tout un tas de trucs !

Alors bon…vous m'aimez quand même un peu, non ?lol

J'espère vraiment qu'il va vous plaire…

BONNE LECTURE !!!

Note IMPORTANTE : Le Bac, même s'il n'est que dans deux mois et demi, me prend beaucoup de temps. Je n'ai vraiment pas un bon niveau au lycée, et je vais devoir bosser dur pour avoir mon diplôme, donc je me vois dans l'obligeance de vous dire que les chapitres seront dès a présent plus rares, d'ailleurs le prochain n'arrivera sans doute que durant les vacances de Pâques…ne m'en voulez pas, mais je dois vraiment avoir mon bac...Merci de votre compréhension, et désolée…

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Dédicace : A Marion, Bonne rentrée, ce chapitre est là pour t'encourager, je sais que la reprise des cours c'est toujours très dur ! Et puis bon, tu l'attendais tellement que je me suis pressée pour l'écrire ! Bisous ma belle !

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Chapitre 30 : « Je te le promets »

Lorsqu'elle sortit de l'infirmerie le lendemain, Ginny se sentait à la fois étrangement rassurée, et quelque peu perturbée.

Gordon était le seul à lui avoir rendu visite.

Il lui avait annoncé la sentence concernant Diggory, (hormis bien sur les maintes contusions, fractures et hématomes causés par James), le poufsouffle avait écopé de trois mois de retenues avec Rusard, d'une perte de trois cents points pour sa maison, ainsi qu'une interdiction formelle de l'approcher à moins de vingt mètres.

Avec une voix déçu, Gordon lui avait dit que si Diggory ne s'était pas fait renvoyé, purement et simplement, c'était parce qu'il n'était pas dans son état normal au moment des faits.

Dumbledore avait été juste en donnant une deuxième chance à Amos.

Ginny soupira.

Au fond, elle savait que Diggory ne lui aurait rien fait s'il n'avait pas bu deux bouteilles de Whisky pur feu.

Oh bien sur, elle ne lui pardonnait pas…il lui avait fait trop peur pour ça !

Mais elle se devait d'être juste au même titre que son directeur…elle ne jetterait certainement pas la pierre la première.

Une autre pensée vint perturber la rousse alors qu'elle se rendait d'un pas paisible vers sa Salle Commune, aucun des maraudeurs, ni Beth d'ailleurs, n'étaient venus lui rendre visite.

Eux qui avaient été si prompts à la défendre (James avait tout de même cassé le bras de Diggory !)…

Elle murmura le mot de passe d'une voix lasse, décidément l'esprit d'un maraudeur était bien trop dur à comprendre.

Alors qu'elle pénétrait dans la Salle Commune, elle fut frappée par le silence qui y régnait.

On était dimanche après midi, il faisait trop froid pour que les griffons soient en dehors de leur tour, l'excitation du week-end trop présente pour que les élèves étudient…alors bon, que se passait-il ?

Elle jeta un regard circulaire à la salle commune et constata non sans stupeur que celle-ci était vide.

C'était vraiment étrange.

- Mais ou sont-ils tous passés ? Murmura-t-elle.

Comme en réponse à sa question, le tableau de la Grosse Dame pivota derrière elle.

Sirius, Beth, Remus, Peter et Gordon entrèrent d'un pas rapide.

En pleine conversation ils ne s'aperçurent pas tout de suite de sa présence.

- Puisque je te dis qu'il n'y a aucune chance pour que ça arrive ! Disait Sirius.

- Mais si ! Assurait Peter.

Ginny se racla la gorge.

Ils se turent dès qu'ils l'aperçurent.

Un long silence s'imposa.

Puis, dans un geste qui étonna beaucoup Ginny, Beth s'approcha et enlaça la rousse.

- Lily…j'ai eu si peur…, murmura la jeune Smith.

Ginny après un instant d'hésitation, rendit son étreinte à celle qui visiblement était entrain de redevenir sa meilleure amie.

- Par Merlin, Pomfresh m'avait dit que tu sortais ce soir ! Je ne voulais pas…oh désolée Lil', je voulais être la pour ta sortie de l'infirmerie…, dit Gordon en se pinçant les lèvres.

La rousse lui sourit après avoir relâché Beth.

- C'est rien…et puis je ne risquais de me perdre…, le rassura-t-elle.

Il y eu un nouveau silence gênant pendant lequel Ginny n'osa pas regarder Sirius, et où celui-ci sembla fasciné par la cheminée…

La rousse avait mille questions en tête…

OÙ étaient tout les griffondors par Merlin ?

Et surtout, surtout, ou était James ?

Le jeune Potter brillait en effet par son absence.

De nouveau elle se racla la gorge.

- Euh…Ce n'est peut être pas approprié mais…ou sont tout les autres ? Finit elle par demander.

Lentement mais sûrement, elle vit se former sur le visage de Remus, Sirius et Peter, un sourire typiquement maraudeur…

Et pour la première fois depuis de trop nombreux mois, Sirius Black planta ses iris grises dans les yeux émeraude de Ginny et lui adressa la parole sans une once d'agressivité :

- Ils sont entrain d'admirer le spectacle voyons.

- Le…le spectacle ? Fit Ginny sans comprendre.

- Tu ne pensais tout de même pas que ce que t'a fait Diggory hier allait rester sans conséquences pour lui…, dit Sirius avec un sourire presque diabolique.

Pour une fois, le si sage, le si raisonnable Remus Lupin semblait en accord complet avec son ami…Ginny comprit soudain pourquoi le lycanthrope faisait parti des maraudeurs…ses yeux étaient…wouah…aucun mot ne pouvait définir cet état…

- Qu'est ce que…qu'est ce que vous lui avez fait ? Osa demander la rousse.

- Oh rien de bien méchant… disons que Poudlard aura pour quelques temps une diva en tutu rose, aux cheveux jaune fluo, et aux acrobaties surprenantes…, fit Sirius comme si c'était la chose la plus normale au monde.

- Il doit être entrain de piailler au deuxième étage…, dit Peter qui semblait très fier de lui.

- Acrobaties surprenantes ? Grimaça Ginny craignant le pire.

- Tu n'as pas envie de savoir, crois moi…, lui souffla Gordon.

Effectivement, peut être bien qu'elle n'avait pas envie de savoir finalement…

Ginny éprouva une once de pitié pour Diggory, cette humiliation le poursuivrait certainement longtemps…

- Bon si on allait s'asseoir…c'est pas tout mais moi je suis exténuée…et puis les autres ne vont pas tarder à revenir…on bloque l'entrée, fit Beth en se laissant tomber sur un des fauteuils de la Salle Commune, tout près de feu.

Les autres la suivirent et un à un ils s'écroulèrent sur les fauteuils devenus si douillets à leurs yeux.

Ginny les regarda faire et se dit que ses amis, -car il n'y avait aucun doute sur le fait qu'ils étaient tous de nouveau, des amis-, étaient très fatigués, comme s'ils n'avaient pas ou peu dormis.

Réflexion faite, la rousse trouva cela assez logique…si ce n'était pas cette nuit, quand est ce qu'ils auraient pu réaliser cette…vengeance ?

Elle alla s'écrouler tout comme eux sur un fauteuil rouge, près de Gordon, qui dans un geste protecteur passa son bras autour de ses épaules.

- Je…Merci. Dit finalement Ginny au bout de quelques minutes de silence.

Que pouvait elle dire d'autre ?

Elle leur était infiniment reconnaissante d'être arrivés à temps, d'avoir voulu la venger, et de rester là, auprès d'elle après tout ces mois de querelles.

Elle vit Sirius soupirer et hocher la tête de droite à gauche.

- Non, dit il d'une voix douce en la regardant à nouveau dans les yeux. Surtout ne nous remercies pas Lily…une telle chose de serait pas arriver si nous n'avions pas été si…si butés. C'est à nous de nous excuser. Crois moi, on est désolé.

Ginny ouvrit grand les yeux.

Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.

Sirius Black, venait il vraiment de s'excuser?

- Je te demande pardon ? Souffla-t-elle.

Il eu un sourire en coin, made in Sirius Black.

- C'est étrange que tu sois si étonnée, Lil'…après tout on a tous des torts, moi en premier. Cette histoire avec…avec James (il déglutit légèrement et Ginny rosit) ne concerne que lui…et toi bien sur je veux dire…et…enfin tu vois…je…

- Sirius, mon chéri, tu commences à t'embrouiller, laisse moi faire. Dit Beth.

Ginny fut étonnée de la voir lui parler ainsi, avec tant de…de…elle-ne-savait-quoi…la relation entre Sirius et Beth avait semblait-il évoluer, leur complicité s'était accrue de manière fulgurante.

La jeune Smith tourna son beau visage vers la rousse.

Après un instant, elle se leva et s'assit sur l'accoudoir du fauteuil où Ginny s'était laisser choir avec Gordon.

- Lily…ces mois de disputes, de froideur, et de méchanceté ont été durs pour nous, mais on en est tous conscient, ils l'ont été encore plus pour toi. On ne s'était pas vraiment rendu compte de nos actes. Tu nous connais pas vrai ? On s'emporte facilement, on a chacun un ego surdimensionné, une fierté parfois mal placée…en fait on a beaucoup de défauts…et quand on se sent blessé c'est ces défauts qui nous guident et qui nous aveugles…mais à présent qu'on y voit plus clair…on est vraiment, vraiment…sincèrement…infiniment…et irrémédiablement…désolé.

- C'est vrai que tu t'en sors mieux que moi, chérie…, ironisa Sirius avec un sourire amusé.

Beth lui tira -de manière très mature cela va sans dire-, la langue.

Ginny eu un large sourire.

Mais elle-même savait qu'elle devait s'excuser…ça allait dans les deux sens.

- Tu as sûrement raison Beth…seulement vos « défauts » comme tu dis ne seraient pas ressortis si vous ne vous étiez pas sentis blessés. Je dois moi aussi m'excuser, je…

- Non. Fit Sirius d'une voix ferme, toute trace d'amusement ayant disparu de son visage. Non tu ne vas surtout pas t'excuser, et surtout pas te justifier…je te l'ai dit, ces histoires ne nous concernent pas…en fait elles ne nous ont jamais concernés…ce sont vos histoires, pas les nôtres.

Un lourd silence s'abattit sur la Salle Commune.

Puis Sirius finit par sourire.

- Maintenant que tout est réglé…tu ne veux pas faire un gros câlin à tonton Sirius ?

Ginny ne pu se retenir, elle rie comme elle n'avait plus rie depuis le début de toute cette histoire et d'un bond sauta entre les bras de Sirius sous l'hilarité générale.

Il en profita pour la chatouiller comme il savait si bien le faire…de petites larmes se formèrent au coin des yeux de la rousse…pour une fois qu'elle pleurait de bonheur…

C'est ainsi que les élèves de griffondors les trouvèrent en entrant dans la Salle Commune.

Lorsque la tornade Sirius se calma et que Ginny eu reprit son souffle, le jeune Black se pencha doucement à son oreille et murmura :

- Tu m'as manqué petite sœur.

La rousse le serra fort dans ses bras, elle n'eu pas besoin de parler, il avait compris.

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Après maintes blagues plus ou moins douteuses, maintes discussions sur tout et n'importe quoi et maintes accolades et étreintes entre ce groupe de nouveau soudé, Sirius, Beth, Peter et Remus, décidèrent qu'une bonne sieste ne serait pas de trop.

Comme un seul homme, ils s'étaient tous levés d'un pas lourd pour se rendre dans leurs dortoirs respectifs.

Seuls, Gordon et Ginny se fixaient depuis presque une demi heure, sans qu'un seul mot ne soit prononcé.

La rousse fut la première à céder.

- Je t'en supplie Gordon, explique moi ! Je me sens perdue là…je veux bien croire que ce qui s'est passé avec Diggory (elle grimaça fortement) les aient secoués…mais de là à les faire s'excuser et…Merlin, tu te rends compte, ils se sont excusés…alors que c'est moi qui aurait du…et…

- Lily ! Stop ! La coupa Gordon avec un sourire amusé.

Il la regarda avec douceur un petit moment, puis prit une mine plus sérieuse.

- Je ne vois pas pourquoi ça t'étonne tant qu'ils s'excusent…ils étaient en torts.

- Mais…

- Lily ! Ecoutes moi…

- Mais…

- Lily, prévint Gordon d'un ton presque dangereux.

- Ok, d'accord. Je ne t'interromps plus.

Il sourit de nouveau avec amusement devant l'air presque boudeur de la rousse.

- Tu sais Lily…après ce qui est arrivé, James s'en ait voulu.

- Quoi ! Sursauta Ginny.

Le regard de son vis-à-vis la dissuada d'en dire plus.

- James s'est senti coupable de t'avoir privé de tes amis…parce qu'ils ont voulu le soutenir lui plutôt que toi…et que par conséquent tu te retrouvais seule…même si Remus et moi on était là, ce n'était pas suffisant…et disons qu'hier il était très…très en colère…il a comme qui dirait…pété un câble…tu aurais du voir ça…c'était impressionnant…

Gordon marqua une pause puis, reprit.

- Il a dit que rien de tout ne serait arrivé si les autres ne t'avaient pas snober…et que de cette façon c'était de sa faute…quand Sirius a voulu dire quelque chose…Merlin, James lui a crié dessus comme jamais je ne l'avais vu faire…il leur a ordonné de s'excuser…parce que leur attitude n'était pas celle qu'auraient du avoir des amis…il leur a dit que cette histoire était ridicule au final… que si tu ne voulais pas sortir avec lui, c'était ton choix, que si lui il ne voulait pas te parler, c'était son choix…mais qu'en aucun cas cela ne devait affecté vos amis respectifs…il leur a fait la morale pendant presque une heure et demi…

Le roux marqua une nouvelle pause.

Ginny le regardait, et n'en croyait vraiment pas ses oreilles.

- Tu sais, cette scène m'a un peu fait pensé à un père disputant ses enfants après que ces derniers aient fait une grosse bêtise. Mais ça, ce n'est rien comparer à sa colère lorsqu'il a apprit pour Rogue.

- Pardon ! S'exclama Ginny. Ne me dis pas... Vous ne lui avez rien dit pour le livre, n'est ce pas?…, supplia-t-elle presque.

- Désolé Lily, on a du lui dire…je ne sais pas si tu l'as vu mais Rogue était là lorsque Diggory t'a attaqué…il allait intervenir…mais on l'a fait avant lui…James trouvait ça très étrange…quand on lui a dit pour le livre…j'ai vraiment cru qu'il ne s'en remettrait pas…

Ginny malmena sa lèvre.

- A ce point ? Demanda-t-elle, d'une petite voix.

- Je crois que tu m'as mal compris Lil'…il n'était pas furieux après Rogue…bien qu'un peu dégoûté mais ça, c'est normal (Ginny lança un regard noir au roux)…James était furieux contre les autres, parce que même un Serpentard a été plus présent et plus prévenant avec toi ces derniers moi…

- Comment ont-ils réagit ?

- Et bien…ça leur a fait un choc…mais ils ont du se rendre à l'évidence…James avait raison…du coup eux aussi se sont sentis coupables…Je ne te raconte même pas la motivation qu'ils avaient tous a vouloir te venger…chacun a apporté son petit détail au plan…ils ont passé la nuit entière à faire les potions nécessaires…

- Ils n'ont même pas attendu que Diggory sorte de l'infirmerie…

- Non, ils ont estimé que la punition ne serait que plus…forte…si elle était infligée sans aucune attente…et puis je dois dire que James et Sirius étaient vraiment trop intenables…

Un long silence suivit ces explications…

Une question que Ginny estimait primordiale n'avait cependant pas été abordée…

- Gordon, ou est James ?

Le roux eu un petit sourire désabusé.

- Tu sais il n'y ait vraiment pas aller de main morte avec Diggory…il a écopé de trois semaines de retenues pour violences importantes envers un camarade de l'école…sa mère n'a pas été très contente…

- Oh…

Gordon lui sourit.

Et Ginny se sentit bien.

Tout simplement.

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- Je te dis que cette coupe t'ira à merveille !

- C'est ça…je vais avoir l'air d'un balai brosse…

- Mais non…tu seras irrésistible…

- Quoi, je ne le suis pas déjà ?

Ces conversations anodines et typiques à Beth et Sirius, avaient beaucoup manqué à la rousse.

Remus ne s'était pas encore réveillé…Gordon s'était éclipsé elle ne savait où…Peter était aller aux cuisines…et James, lui, n'était toujours pas réapparu de sa retenue.

Ginny observa le couple en face d'elle avec un sourire.

Ils étaient mignons.

Enfin, autant que le permettaient leurs caractères respectifs…

Beth agita dangereusement sa baguette magique en la pointant vers la chevelure ébène de Sirius…

- N'y pense même pas ! Prévint le jeune Black.

Beth eut un sourire en coin.

Sirius prit alors son air le plus misérable, ses yeux devenant larmoyant au possible, ses traits prenant un aspect des plus innocents.

- Tu n'as pas le droit d'user de ça avec moi ! S'exclama Beth.

- Mais de quoi, ma chérie ?

- De cet air de chien battu ! C'est injuste ! Tu sais très bien que moi je n'arrive pas à le faire !

- Tu veux que je t'apprenne peut être ? Susurra Sirius d'un ton machiavélique.

Ginny savait que le jeune Black avait atteint son but, à savoir faire oublié à Beth cette idée de coupe de cheveux…elle retint un sourire amusé.

Beth fronça les sourcils et administra une tape sur le derrière de la tête de son petit ami tout en murmurant un « sale cabot » que la rousse entendit parfaitement.

Ainsi la jeune Smith était au courant pour les animagis…

Elle soupira en se demandant si elle, elle serait mise au courant…

- Tu m'en veux ? Fit la voix de Sirius.

Beth eu de nouveau un sourire en coin.

- Peut être que oui, peut être que non, ça dépend…

- De quoi ?

- Voyons…, (elle mit un doigt sur son menton et fit mine de réfléchir), peut être que si tu m'embrassais, là, maintenant, j'oublierai que tu…

Elle fut coupée par les lèvres de Sirius.

Ginny détourna les yeux, un petit sourire scotché sur les lèvres.

Le portrait de la Grosse Dame pivota alors.

Son sourire disparu.

Une boule d'angoisse inimaginable lui enserra la gorge.

Le moment qu'elle redoutait le plus était arrivé.

James Christopher Potter venait d'enter dans la Salle Commune.

L'atmosphère de la pièce sembla se figer pendant plusieurs secondes.

Beth et Sirius se détachèrent l'un de l'autre, leurs regards vaquant de James à Ginny.

Lorsqu'il arriva à leur hauteur, Ginny vit clairement qu'il paraissait aussi mal à l'aise qu'elle.

Il posa ses yeux chocolat sur Sirius, un échange muet auquel elle ne comprit rien ou presque eu alors lieu.

D'un mouvement souple, le jeune Black se leva et se dirigea vers son dortoir, Beth ne perdit pas de temps et le suivit d'un pas rapide après avoir jeté un regard anxieux à ses deux amis.

Lentement, très lentement, James tourna son visage vers elle.

Il planta son regard dans celui de Ginny qui frissonna.

Durant ce qui sembla être une éternité ils se scrutèrent.

Puis James se laissa tomber sur le fauteuil sur lequel Ginny était assise.

De nouveau la rousse frissonna.

Pendant encore plusieurs minutes, ils ne parlèrent pas, ne se regardèrent pas.

Puis…

- C'est vraiment plus dur que ce que j'avais imaginé, murmura James.

Il se tourna vers elle et la fixa avec intensité.

- Je crois…qu'on a beaucoup de choses à se dire…, continua-t-il maladroitement.

- Oui, souffla Ginny.

Elle ne savait vraiment pas par quoi commencer.

Prenant son courage à deux mains, elle ouvrit la bouche pour parler au même moment que James…

- Je te demande pardon, dirent ils d'une même voix.

Surpris l'un et l'autre, ils se sourirent.

Finalement, peut être que cela ne serait pas si dur…

- Ecoute James…je suis tellement désolée pour tout ce que je t'ai fait endurer…je me sens si stupide…

- Non…non, c'est moi, je n'aurais jamais du…et…

De concert ils rougirent tout les deux sans raison.

- Je crois qu'on a tout les deux nos torts, dit finalement James.

- Oui.

- Alors peut être que…si on oubliait tout…tu…tu voudrais tout reprendre depuis le début ?

Le cœur de Ginny battait si fort…elle était persuadée que James l'entendait…

Avait-elle bien compris…il voulait oublier toute cette histoire et tout recommencer ?

Un sourire éclatant naquit sur les lèvres de la rousse.

- C'est vraiment ce que je souhaite…plus que tout autre chose ! Affirma-t-elle d'une voix où perçait le soulagement et la joie.

Lui aussi sourit.

- Alors…on se pardonne mutuellement…et on reprend tout ? Demanda-t-il presque timidement.

- Oui !

Ils échangèrent un regard brillant.

Ils étaient heureux.

Cependant il y avait quelque chose dans les yeux de James…quelque chose que Ginny ne comprenait pas…Cela paraissait presque trop simple comme réconciliation.

Ce ne fut qu'en voyant le brun tendre la main qu'elle saisit ce qui jusque là lui avait échappé.

- Amis ? Proposa-t-il.

Elle eut un sourire crispé.

En vérité elle se sentait déçue…mais à quoi s'était-elle attendue ?

Il n'allait pas tout oublier d'un revers de la main !

Malgré tout, ce qui avait été dit ce soir là, après le match de quidditch, devait être encore bien présent dans l'esprit de James.

D'ailleurs, la rousse se rendit compte que James n'avait pas abordé la cause direct de cette « séparation »…il n'avait pas parlé de ce qui avait fait tant de mal à chacun…il n'avait pas parlé de sentiments…elle soupira.

Et comme elle l'avait fait un an auparavant, elle lui serra la main.

- Amis. Conclut elle.

Dans toute la tour, on entendit un « WAOUH!!!!!!!! » chargé de soulagement.

Dans un même geste, James et Ginny levèrent les yeux au ciel en marmonnant un « Sirius » d'un air accablé.

Ils eurent des sourires amusés et échangèrent un regard complice.

Ginny se promit alors que, qu'importe le temps qu'il faudrait, qu'importe les difficultés, James et elle seraient réunis, pour le meilleur et pour le pire.

Et cette promesse ci, elle la tiendrait quoiqu'il arrive.

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La semaine qui suivit la « réconciliation », Poudlard trembla de tous ses murs.

Les maraudeurs semblaient vouloir partager leur joie, le pauvre Rusard en perdait la tête, sans parler des Serpentards qui n'en finissaient pas de défiler à l'infirmerie. Bizarrement Rogue fut relativement peu touché…

Ainsi, entre autres choses, le lundi, une série de feu d'artifices avaient explosés dans les cachots faisant évacuer les lieux pour la journée. Le mardi fut marqué par l'omniprésence du slogan « vive griffondor »…étrangement chaque élève avait ces inscriptions collés sur le derrière de sa robe. Le mercredi, jour d'Halloween, tout les bonbons distribués à cette occasion, s'échappèrent des mains de leurs propriétaires qui s'amusèrent beaucoup a essayé de les rattraper. Le jeudi au dîner chaque personne ayant bu du jus de citrouille (soit l'école entière) se retrouva avec des oreilles de lapin…Et enfin le vendredi, chaque élève eu droit à un changement de voix tout à fait mystérieux…les filles eurent pour une soirée entière les voix de garçons et vice versa.

Ginny avouait avec beaucoup d'amusement que même Fred et George n'avaient jamais été si productifs en une semaine seulement.

Les maraudeurs ressemblaient à des enfants à qui on aurait autorisé une semaine de récréation.

C'était assez…déconcertant.

La rousse n'avait jamais autant rie.

Elle se sentait bien.

Beth et elle avaient eu une conversation des plus constructives sur les évènements majeurs qui s'étaient déroulés pendant la période où elles ne se parlaient pas, cependant à aucun moment elles n'abordèrent le sujet plus qu'épineux qu'était les sentiments que Ginny éprouvait pour James.

La rousse adorait le fait d'avoir une présence féminine à ses côtés et Beth lui avait avoué qu'elle-même commençait à saturer à force de n'être en contact qu'avec des garçons.

Sirius, lui, s'était remis à la taquiner comme si aucune discorde n'était venue obscurcir leur amitié.

Peter la faisait rire avec ses blagues parfois maladroites, et souvent elle se demandait comment le jeune Pettigrew deviendrait cet homme abject, alors qu'il était adorable avec elle. Et toujours elle chassait cette pensée car elle impliquait directement son funeste destin.

Quand à James, c'était le seul qui avait un comportement qui montrait que quelque temps auparavant, il y avait eu discorde. Il était plus distant avec Ginny, et n'était jamais rester seul avec elle depuis leur réconciliation. Il était pourtant amical et chaleureux, et la même flamme brillait dans ses yeux rendant l'espoir à la rousse.

Ce fut donc d'une humeur joyeuse qu'elle se réveilla le samedi matin pour se rendre à l'infirmerie.

Lorsqu'elle arriva dans la Salle Commune, elle constata que, comme à l'habitude, Remus était debout, lisant tranquillement, tandis que Gordon, lui, semblait lutter de toutes ses forces pour ne pas retourner entre les bras de Morphée.

- On y va ? Fit elle au roux qui acquiesça en baillant.

- Pourquoi faut il que tu sois d'aussi bonne humeur ? Marmonna Gordon d'une voix pâteuse.

Ginny pouffa.

Une fois arrivée, l'infirmière se rua sur eux : ils avaient du travail.

La journée fut longue, harassante, et très pénible.

Une épidémie de grippe s'était installée dans le château et se répandait à une vitesse affolante. Les plus touchés étant bien évidemment les plus fragiles, et donc les plus jeunes. Ginny avait assez vu de premières années, elle n'en pouvait plus…ce que ces petits pouvaient être douillets par Merlin !

Elle sourit, désabusée. Ce n'était pas son genre de faire de telles réflexions, elle devait vraiment être fatiguée.

- Merlin…j'ai cru que cette journée n'en finirait pas ! S'exclama Gordon lorsque Madame Pomfresh les libéra.

- Oui…dire qu'on en est qu'au début…il va falloir être en forme pour demain…

- Tu t'es vraiment mit en tête de me décourager, c'est ça ? Grimaça le roux.

Ginny rie doucement.

Lorsque le portrait de la Grosse Dame pivota et qu'ils entrèrent dans la Salle Commune, elle sentit immédiatement l'atmosphère lourde, chargée de colère, qui régnait dans la pièce.

Elle échangea un regard troublé avec Gordon.

Au lieu du chahut habituel qui régnait en ce lieu, le silence s'imposait, seulement perturbé par quelques chuchotements.

Gordon et Ginny s'approchèrent du reste de leurs amis, tous assis près du feu. Ils arboraient de sombres mines.

- Qu'est ce qui se passe ? Demanda Ginny d'une voix angoissée.

Pour seule réponse, Beth lui tandis la Gazette du Sorcier.

C'était une édition spéciale.

La rousse se glaça d'effroi lorsqu'elle lu le titre puis l'article. Gordon poussa un juron d'indignation.

ATTAQUE MASSIVE SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE : LE LORD NOIR DECLARE UNE GUERRE OFFICIELLE.

Ce matin, alors que le chemin de traverse grouillait de monde, des dizaines de serviteurs du Seigneurs des Ténèbres, qui se plaisent à se nommer « Mangemorts », ont exécuté un raid sanglant à l'encontre de la communauté magique. Le bilan de cette attaque est le plus lourd qu'on ait connu depuis la fin de la guerre contre Grindewald. Le ministère fait acte de vingt morts, et trente blessés.

La suite de l'article décrivait les détails de l'attaque.

Plus bas, la journaliste du nom de Rita Sketter (Ginny eu une grimace de dégoût en lisant son nom), avait recueilli les propos de Harry Potter, chef des Aurors.

Je demande à la communauté magique de se tenir aux aguets. Ce que nous avions réussi à garder au rang d'actes terroristes, est devenu à présent une guerre officielle. Le Lord Noir est puissant et il a à ses côtés beaucoup d'adeptes. La vigilance est de mise, cependant je préconise à la population de ne pas céder à une quelconque panique.

Ginny se laissa doucement glisser sur le fauteuil le plus proche. Elle était pâle et se sentait étrangement fragile.

Un long frisson lui parcourut l'échine.

Elle sentit une main se saisir de la sienne.

Surprise, elle releva la tête et croisa le regard de James.

Il lui sourit faiblement et elle resserra sa prise.

Elle ne voulait plus jamais lâcher cette main qui lui apportait tant de réconfort, tant de chaleur, tant de tendresse.

Non plus jamais.

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Madame Pince avait le don de rendre n'importe quelle personne au bord de la crie de nerfs.

Depuis le temps, Ginny s'était habituée à cet état de fait.

Seulement voilà, en ce mercredi soir, elle n'avait pas la tête à ça, et le regard de la bibliothécaire l'exaspérait au plus au point.

Que Merlin l'aide…

- Je préfère vérifier moi-même si ce mot vient vraiment du professeur Slughorn.

- Mais puisque je vous dis…

- La réserve n'est pas interdite pour rien Miss Evans !

Sur ces paroles Madame Pince se leva et se dirigea vers une arrière salle qui devait lui servir de bureau.

Ginny soupira.

Cela faisait deux semaines que les hostilités entre Lord Voldemort et le reste de la communauté magique étaient déclarées.

Deux semaines de pur effroi.

Le Seigneur des Ténèbres ne manquait aucune occasion de dévaster le monde de la sorcellerie. Ses mangemorts étaient fourbes et cruels.

Chaque jour voyait son lot de victimes.

Avec tout ce qui s'était passé ces deux dernières années, Ginny devait avouer, qu'en dehors de ce qui s'était déroulé à Poudlard, elle n'avait guère fait attention à la situation avec Voldemort.

Mais le fait était que depuis presque six ans, le mage noir avait mené des attaques isolées mais néanmoins terrifiantes. Cependant jusqu'à l'attaque du Chemin de Traverse, les sorciers ne s'étaient pas rendus compte de l'ampleur de son pouvoir.

En fait, la rousse en était venue à s'avouer que depuis son arrivée à cette époque, elle avait momentanément occulté la guerre.

Cela l'avait dérouté.

Mais à présent elle était déterminée à faire face, coûte que coûte.

Tout comme elle l'aurait fait à son époque, elle s'engagerait dès sa sortie de Poudlard dans la lutte contre Voldemort, et entrerait dans l'Ordre du Phénix.

Elle soupira de lassitude en se rappelant que Dumbledore n'avait pas encore crée l'Ordre, il ne le ferait que dans quelques mois…mais Ginny ne savait pas quel élément de la guerre déclencherait la décision du directeur…

- Le professeur Slughorn a confirmé vous avoir donné ce mot…, marmonna une voix sèche dans son dos.

Madame Pince n'avait pas l'air enchantée à l'idée qu'une élève entre dans sa si précieuse réserve.

Ginny se dépêcha donc de suivre la bibliothécaire qui la conduisit au cœur même d'immenses étagères où s'empilaient des centaines et des centaines de livres, classés pour la grande majorité dans la catégorie « magie noire ».

- Voilà…je vous laisse effectuer vos recherches, dit Madame Pince.

La bibliothécaire la regarda un moment avec une lueur dangereuse dans les yeux.

- Et surtout n'endommagez rien…sinon vous le regrettez amèrement ! Fit elle avant de s'en aller d'un pas vif.

Ginny leva les yeux au ciel, exaspérée.

Elle devait faire des recherches sur une plante excessivement rare que l'on utilisait dans les temps anciens et qui aujourd'hui avait presque disparu de la surface de la Terre.

Cette plante se nommait luz et possédait des propriétés extraordinaires, elle permettait en effet de ressouder le flux magique présent dans chaque sorcier si celui-ci venait à se briser pour une quelconque raison.

Alors qu'elle passait entre les différents rayons (où le nom des livres lui donnait la chair de poule pour la plupart), un rayonnement lumineux attira son attention.

Intriguée, elle en chercha la source…après tout qu'est ce qui, dans une bibliothèque, pouvait produire un rayon lumineux ?

Elle tourna à droite du rayon « Malédictions », et trouva finalement la cause de cette mystérieuse lumière.

Un livre.

Quoi de plus normal dans une bibliothèque…

Ginny sourie, amusée par sa propre ironie.

Lorsqu'elle ramassa l'ouvrage, toute lumière disparue.

Déconcertée, elle l'ouvrit.

Il n'y avait pourtant rien d'anormal dans ce bouquin…il était certes âgé…en fait il devait bien avoir plus de trois cents ans…mais rien de son contenu ne paraissait extraordinaire.

En y regardant bien, Ginny se demanda pourquoi ce livre se trouvait dans la réserve.

Il traitait d'Ancienne magie.

Mais il y avait à Poudlard des dizaines de livres qui traitaient d'Ancienne magie.

Plus intriguée encore, Ginny oublia le but de sa visite dans la réserve, et s'assit à même le sol pour feuilleter l'ouvrage avec avidité.

Ce ne fut qu'en lisant attentivement les premières pages que la rousse comprit son erreur.

Ce livre n'était pas comme les autres. Ce livre offrait à qui le lisait la possibilité de connaître l'Ancienne magie. Pas de l'étudier. De la connaître.

Fascinée la rousse songea avec une pointe de nostalgie qu'Hermione aurait adorée pouvoir lire cette œuvre. Elle sourie cependant en pensant que peut être, celle qui avait été sa presque sœur, le lirait un jour, dans un futur plus lointain.

«Au fond de chaque être réside une part d'Ancienne magie, car l'Ancienne magie repose sur les sentiments, sur les émotions. L'Ancienne magie n'a pas besoin de baguette ni d'un autre instrument ; pour qu'elle se manifeste il faut la ressentir. Chaque enfant a en lui un potentiel immense, sans bornes, cependant en grandissant il apprend à maîtriser ses émotions et ses sentiments, à les occulter, et ce faisant il fait taire l'Ancienne magie qui sommeillait en lui.

Seule une forte émotion peut alors la faire ressurgir, et dès lors, le sorcier peut la pratiquer en ne se basant que sur ce qu'il ressent. »

Pourquoi cela lui rappelait-il quelque chose ?

Pourquoi…pourquoi avait-elle l'impression que ces quelques lignes étaient vraiment importantes…presque vitales ?

Elle sentait qu'un souvenir primordiale lui échappait…c'était comme vouloir retenir de l'eau entre ses mains…

Ginny trembla de fureur…ainsi tous ses souvenirs n'étaient pas revenus…

Merlin…mais qui avait effacé de sa mémoire ces éléments?

Et surtout dans quel but ?

Frustrée, elle décida néanmoins de poursuivre.

Les minutes défilèrent, et plus elle avançait dans sa lecture, plus cette impression d'approcher de quelque chose d'essentiel la submergeait.

Lorsqu'elle eu atteint, quelques pages plus loin, la partie du livre concernant les sorts de protection utilisant l'Ancienne magie, elle sentit son cœur s'arrêter puis repartir à toute allure.

« Cette incantation repose sur le sentiment le plus fort qui existe, mais aussi sur le plus complexe.

L'amour.

La personne qui décide de l'utiliser doit sincèrement aimer l'être qu'elle souhaite protéger, à un point où elle serait prête à offrir sa vie pour lui.

Le Sacrifice de Protection, tel que les anciens l'ont appelé, requiert non pas une puissance magique énorme, mais un amour sans bornes, un amour inconditionnel.

Si cette condition est respectée l'Ancienne magie de celui qui prononce l'incantation ira se loger chez la personne à protéger en formant un défense indestructible contre le danger que l'on voulait éviter. L'incantateur perdra alors la vie, car une existence sans Ancienne magie est impossible. »

Plus bas sur la page était inscrit trois mots en latin.

Ginny garda les yeux fixer sur ces trois mots.

Trois mots.

Trois mots qui allaient tout changer.

Trois mots qui le sauverait le moment venu.

Trois mots qui la tueraient.

Ginny se souvenait parfaitement à présent.

Oui elle se souvenait de ce jour d'été, au Square Grimmault…

« - Je ne comprends pas ! Bougonna l'unique fille du clan Weasley en jetant à la poubelle une pile d'immondices qui semblaient ne jamais vouloir disparaître de la maison Black. Pourquoi doit il rester avec ces horribles moldus ?

- Ginny, c'est comme ça ! Le professeur Dumbledore à ses raisons…viens plutôt m'aider…, répliqua Molly.

- Mais…

D'un regard la matriarche la fit taire.

- Ce que Ginny dit n'est pas faux Madame Weasley, fit alors Hermione d'un ton docte, tout en se dégageant d'un tas de papiers qui semblaient avoir une vie propre. Ne serait-il pas possible de poser des protections similaires à celles qu'il a chez les Dursley, ici ?

- Oh, tu ne vas pas t'y mettre aussi Hermione ! Souffla Molly.

- Mais c'est vrai Maman…Harry n'est pas heureux là-bas, et tu le sais aussi bien que nous…Dumbledore le sait certainement aussi…, intervint Ron.

Le roux tentait, tant bien que mal, de déplacer le lit de la pièce, mais ce dernier semblait clouer sur place.

- Ma parole, qu'est ce que c'est que ce truc horrible ! S'exclama la voix d'Hermione que avait réussi à se dépêtrer de sa pile de papier…elle désignait une chose verte très gluante et qui se mouvait de façon étrange.

Molly lança un sort d'un geste agacé et la « chose » disparue.

Hermione en profita pour revenir à la charge.

- Madame Weasley, Harry a besoin de nous après ce qui s'est passé en juin dernier, pas de sa famille qui l'a toujours blâmé parce qu'il était sorcier.

- Et puis Maman, ce n'est pas toi qui te plains qu'il est toujours trop maigre en revenant de chez eux ? Renchérit Ron.

- Laissez donc, Molly un peu tranquille, dit une voix rauque.

Tous se retournèrent pour scruter Sirius sur le pas de la porte.

- Mais Sirius c'est vous qui disiez que Harry devait être auprès des siens ! S'exclama Ron, outré.

Black, hocha la tête de gauche à droite, ses longs cheveux emmêlés ondulant doucement.

Ses yeux gris fixèrent un point quelconque de la pièce puis il dit calmement :

- Je sais ce que j'ai dit Ron. Cependant Harry a la meilleure protection qui soit là-bas. Une protection si forte que même Voldemort (Tous frissonnèrent en entendant le nom honni) ne peut la briser tant qu'il reste chez sa tante. Et cette protection, Dumbledore ne pourra jamais la reproduire malgré toute sa puissance.

Un silence s'imposa dans la pièce.

- Sirius, résonna la voix de Ginny. Quelle est cette protection ?

Black se tourna vers la rousse et de ses iris grises la fixa avec une intensité qui la fit frissonner. Dans ses yeux pourtant, Ginny lu une tendresse infinie, et une douceur palpable…mais peut être l'imaginait-elle…

Lorsqu'il lui répondit, Sirius sembla sous le coup d'une émotion particulière car sa voix était basse…trop basse et encore plus rauque qu'à l'ordinaire.

- Lorsque Voldemort est allé à Godric's Hollow ce soir là, murmura-t-il en continuant de la fixer, il voulait éradiquer les Potter, seulement voilà, après avoir tué James... ( il se tu un instant et reprit sa respiration)…il s'est retrouvé face à une femme qui voulait défendre son fils unique qu'elle aimait plus que tout…Lily savait qu'elle était la seule à présent à pouvoir protéger Harry…je ne sais pas comment elle s'y ait prit…mais elle était prête à tout, même à mourir. Et c'est ce qu'elle a fait, elle est morte en voulant le protéger, elle est morte par amour pour lui…Un acte tel que celui-ci n'est pas bénin…c'est de l'Ancienne magie, de la magie pure. Et Harry en portera la marque toute sa vie. Cette protection restera en lui, et sera d'autant plus forte lorsqu'il se retrouvera près d'une personne de même sang que sa mère…en l'occurrence Pétunia. ( note 1)

De nouveau un silence suivit ces paroles. La tristesse transperçait chaque personne présente.

Sirius regarda la rousse comme se remémorant un instant de sa vie d'avant, puis ferma les yeux comme pour faire fuir un mauvais souvenir.

Ginny songea avec douleur que sans doute il était meilleur pour Harry de rester là où il était…du moins pour l'instant. »

Trois mots.

Ginny les contemplait totalement subjuguée.

- Miss Evans ! Par Merlin mais que faites vous encore là ?!

La rousse sursauta et releva la tête.

Madame Pince semblait furieuse, les mains sur les hanches, elle tapait du pied d'un air impatient.

- Je suis désolée…j'étais prise…par ma lecture et…j'ai oublié l'heure et…, balbutia Ginny.

- Mais que racontez vous ? Fit la bibliothécaire en fronçant les sourcils.

La rousse baissa les yeux et se figea.

Le livre avait disparu.

Merlin ! Le livre avait disparu !

Comment allait elle faire pour formuler l'incantation sans lui ?

- Alors ? Reprit Madame Pince un air revêche collé sur le visage.

Ginny se releva lentement et s'en alla d'un pas sur sous l'œil indigné de la bibliothécaire.

Elle traversa les couloirs de Poudlard d'un air paisible malgré ce qu'elle venait de lire.

Une certitude s'était installée dans son cœur, balayant tout le reste.

Le moment venu, elle se souviendrait des trois mots.

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Quelques jours plus tard, Ginny revenait des cours en discutant joyeusement avec Beth.

En entrant dans la Salle Commune, les deux jeunes filles se figèrent.

- …SI TU NE VEUX RIEN ENTENDRE JE NE VOIS PAS A QUOI CA SERT !

- MAIS C'EST TOI QUE NE COMPRENDS PAS !

- MOI ? MAIS OUVRE LES YEUX BON SANG !

Gordon et Remus se tenaient debout, l'un en face de l'autre, rouges de colère, les poings serrés.

Les autres griffondors s'étaient terrés dans un coin de la pièce et observaient l'échange avec avidité.

Ni James, ni Sirius, et ni Peter n'étaient en vu.

Ginny n'en croyait pas ses yeux.

Depuis qu'ils s'étaient mis ensemble, jamais elle n'avait vu Gordon et Remus se disputer, et encore moins avec tant de force et devant tant de personnes.

Elle se précipita donc vers eux, Beth sur ses talons.

- Merlin mais calmez vous, tout les deux ! S'exclama-t-elle.

- Lily, reste en dehors de ça, dit Gordon avec froideur.

La rousse en fut bouche bée, jamais il ne lui avait parlé comme ça.

Gordon fusilla Remus du regard.

- Pourquoi ne veux tu pas admettre que ce que je te dis est la vérité ? Dit-il.

- Tu…tu sais pourquoi…, répondit Remus d'un ton misérable.

En y regardant de plus près Ginny constata que le lycanthrope était pale, et que ses yeux étaient bien trop brillants.

- Tu sais très bien que ce que tu te forces à croire est faux ! S'exclama le roux, encore plus en colère.

Ginny était un peu perdue, même si elle sentait que cette dispute avait certainement pour origine la lycanthropie de Remus.

Ce dernier sembla sur le point de craquer.

Il sortit de la Salle Commune, sans un regard pour Ginny ou Beth, et encore moins pour Gordon.

Le roux pour sa part, serra les poings plus fort, cependant on lisait clairement sur son visage le débat intérieur qui le rongeait, il hésitait entre suivre son petit ami ou décider de l'ignorer.

Finalement, il monta à son dortoir en jetant un regard noir à la porte par laquelle était sortie Remus.

Un lourd silence envahi la Salle Commune, puis comme un seul homme tout les griffondors se mirent piailler en même temps.

Ginny et Beth se regardèrent.

- Je vais suivre Gordon dans le dortoir des garçons, tu vas voir Remus ? Fit la brune d'une voix anxieuse.

La rousse acquiesça et sortit à son tour de la Salle Commune.

Une fois dans le couloir, elle constata l'ampleur de sa tâche ; Remus pouvait se trouver n'importe où dans le château…

Alors que d'un pas hésitant elle s'engageait sur le chemin de la bibliothèque, elle croisa les trois autres maraudeurs qui riaient, pour ne pas changer, d'une blague contre les Serpentards.

Ils eurent la présence d'esprit de prendre une mine sérieuse en voyant que Ginny semblait légèrement perturbée.

- Lily ? Est-ce que quelque chose ne va pas ? S'inquiéta James.

Ginny lui sourit avec douceur.

Ce qu'elle l'aimait par Merlin…ce qu'elle l'aimait…

Reprenant contenance, la rousse entreprit de leur raconter ce qui venait de se dérouler sous ses yeux.

- Je cherche Remus…je ne sais vraiment pas ou il a pu aller…

- On ferait peut être mieux de le retrouver nous même, tu ne crois pas ? Fit Sirius d'un ton sérieux.

- Non…je crois qu'une présence féminine est meilleure dans ce cas là…sans vouloir vous vexer bien sur…

Ils sourirent.

- Dans ce cas…viens par là, dit James d'un ton de conspirateur.

Ginny, intriguée le suivit derrière une statue imposante, Sirius et Peter les rejoignirent avec un sourire en coin…

Le jeune Potter sortit de sa poche un parchemin vieux, usé, rapiécé, qui semblait daté de plusieurs années…

Le cœur de Ginny rata un battement.

- Ceci, fit James en désignant le parchemin, est notre idée la plus brillante…

- C'est aussi la plus ingénieuse…, rajouta Sirius.

- Et la plus utile…, lança Peter.

Il y eu un silence durant lequel les trois maraudeurs scrutèrent Ginny qui les observait elle aussi ne sachant pas trop comment réagir…

Dans bel ensemble ils murmurèrent « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ».

La rousse vit alors une encre noire apparaître pour former ce qu'elle savait être la carte du maraudeur…

Elle était si surprise.

Pas par la carte…combien de fois l'avait elle observé pour monter un mauvais coup avec Fred et Gorge…ou pour surveiller les couloirs contre Ombrage…

Non, elle était surprise de voir que les maraudeurs lui montrent l'un de leur précieux secret.

Il était loin d'être le plus important, mais c'en était tout même un !

James mit la surprise de la rousse sur la découverte de la carte.

- Nous sommes fiers de te présenter la carte du maraudeur, dit il doucement.

- Lunard, Quedever, Patmol et Cornedrue…qu'est ce que ça veut dire ? Ce sont des surnoms ? Demanda Ginny sautant sur l'occasion pour les inciter à lui révéler plus.

Elle avait presque oublié pourquoi elle était sortit dans les couloirs…

Ils parurent gênés.

Evidement.

Aucun d'entre eux n'avaient pensé à ça.

Elle soupira.

- Enfin bref, reprit elle en se souvenant du jeune lycanthrope qui devait en plein désarroi en ce moment. Est-ce qu'avec ça je peux retrouver Remus ?

Ils parurent soulagés qu'elle ne cherche pas plus loin.

James lui désigna ensuite un petit point qui annonçait que « Remus Julian Lupin » se trouvait présentement dans le parc, près du lac.

A l'endroit exact où s'était retrouvé Gordon lorsque la rousse avait apprit qu'il aimait son ami le loup garou.

- Ok…cet objet est vraiment…surprenant. Lâcha-t-elle. Je vais le rejoindre…souhaitez moi bonne chance…

Elle leur sourit, jeta un dernier regard à la carte en songeant que revoir ce vieux parchemin lui procurait une sensation de joie inexplicable.

Elle n'eu cependant pas le temps de faire un pas.

On la tira en arrière…elle se retourna et se retrouva nez à nez avec James et ses yeux chocolat si hypnotisant.

- Lily…fais attention s'il te plait.

Ginny haussa les sourcils, très étonnée.

Faire attention ? Mais à quoi ?

Il était vrai que le jeune Potter s'était montré protecteur depuis l'épisode Diggory mais tout de même...

- Je veux dire, reprit James en la lâchant, subitement très gêné. Je ne voudrais que tu croises les serpentards ou même Rusard…

- Ne t'inquiètes pas…je ne risque vraiment rien.

Elle lui sourit et s'engagea dans le couloir en essayant de ne pas penser à la main douce et chaude de James posée sur son bras…

Elle traversa maints couloirs avant de se retrouver finalement devant la haute porte en chêne qui menait au parc de Poudlard.

Il faisait froid.

Le mois de novembre était bien entamé et le vent était glacial, annonçant l'hiver qui promettait déjà d'être rude.

Ginny repéra tout de suite Remus.

Il était assis sur un banc, son regard était tourné vers l'horizon et un air bien trop mélancolique peignait son visage creusé pas la fatigue.

La rousse ne pu réprimer la vague de tristesse qui l'envahissait doucement…Remus…sa vie allait être si misérable…son regard se chargerait de douleur…mais il continuerait, il continuerait…et Ginny se demanda alors, tandis qu'elle le fixait, comment son ami avait bien pu trouver la force de rester debout dans cet avenir sombre qui serait le sien…comment ce jeune garçon si peu sur de lui, deviendrait un jour, le meilleur professeur de défenses contre les forces du mal qu'elle ait jamais connu…

En songeant à sa deuxième année à Poudlard, Ginny ne pu qu'avoir un sourire, bien qu'un peu amer.

Elle farfouilla dans sa poche à la recherche d'une chose bien précise que son professeur lui avait conseillé de garder toujours près d'elle…elle sortit alors une tablette de chocolat de sa robe de sorcière.

Sans un mot elle s'approcha de son ami qui ne réagit aucunement, et lui tendit le merveilleux remède contre les maux du cœur.

Il sursauta.

Pas parce qu'il ne l'avait pas entendu arriver…c'était un loup garou après tout…mais parce qu'elle lui donnait quelque chose d'inattendu…

Ginny sourit encore une fois.

Il la regarda sans comprendre.

- Un jour, un excellent professeur à Salem (note 2), m'a dit que le chocolat était le meilleur des remèdes lorsqu'on avait mal là, dit elle doucement en pointant son cœur.

Remus la scruta un moment avant de prendre le chocolat et de le manger en silence.

- Ca a au moins le mérite d'être succulent, souffla-t-il finalement avec un très léger sourire.

- Oui.

Ginny sentait qu'elle ne tirerait rien ou presque de Remus.

Après tout si lui et Gordon s'étaient disputés au sujet de sa lycanthropie…peut être aurait-elle du laisser les maraudeurs venir le voir à sa place…

- Tu sais…je ne suis sans doute pas la personne à qui tu aimerais te confier…mais je suis tout même là, dit elle d'une petite voix.

Il sourit, encore.

- Tu es la seule personne que j'ai envie de voir dans ces moments là, souffla-t-il.

- Je…

Il eu un petit rire et la prit dans ses bras sans que la rousse ne comprenne grand-chose.

- Tu veux savoir pourquoi ? (Elle acquiesça). Parce qu'avec toi, je n'ai pas besoin de parler, de me confier comme tu dis, j'ai juste à entendre la douceur de ta voix ; la chaleur de ton étreinte et mon mal s'en va tout seul. Parce qu'avec toi j'ai l'impression d'être normal et même d'être quelqu'un de bien.

- Mais tu ES normal…tu ES quelqu'un de bien ! S'offusqua Ginny, rouge d'émotion face à l'aveu de son ami.

- Tu vois ! Rie Remus.

Ginny leva les yeux au ciel et le prit à son tour dans ses bras en le serrant fort contre son cœur. Il se blottit contre elle comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

Comme il l'aurait fait avec sa mère, si cette dernière avait survécue.

- Ta mère, de là ou elle est, doit vraiment être fier de ce que tu es, Remus, chuchota elle doucement.

Il enfouit un peu plus sa tête au creux de son épaule.

Puis, au bout d'un moment il se détacha.

- Tu ne veux vraiment pas te confier ? Demanda la rousse. Je peux aussi écouter tu sais ?

Il sourit.

- Il y a des choses que tu ne sais pas Lily. Des choses si affreuses que tu ne les imagines pas…

- Mais…

- Tout comme je ne saurais jamais pourquoi tu ne nous parles jamais de ta vie à Salem, pourquoi est ce que ton professeur a éprouvé le besoin de t'offrir du chocolat pour que ton cœur aille mieux, ni pourquoi tes yeux perdent parfois leur lueur de joie et d'espoir, tu ne sauras pas pourquoi je viens de me disputer avec Gordon, ni pourquoi les maraudeurs te cachent des choses.

Ginny ouvrit et ferma la bouche à trois reprises.

Remus n'avait pas l'intention de la blesser.

Son ton était doux et compréhensif.

Mais la rousse était estomaquée.

- Je…je…

- Lily, tu es intelligente, et nous le sommes aussi. Depuis le début il y a un accord tacite entre nous, oserais tu le nier ?

De nouveau la rousse ouvrit la bouche pour parler, mais elle la referma aussitôt.

- Tu vois…mais malgré tout ça, une amitié sans failles nous lie. Alors ne sois pas triste que je ne me confie pas. Garde juste en tête que ta simple présence suffit à me sentir mieux.

- Je…je…tu veux dire que vous ne voudrez jamais me dire…je croyais pourtant…ce n'est pas parce que je ne vous fais pas confiance que je ne…je…, balbutia-t-elle totalement désorientée.

Et dire qu'elle était simplement venue pour consoler son ami…elle n'avait absolument pas prévue de se retrouver dans cette position.

- Hey…Lily, calme toi. Ce n'est pas parce qu'on a pas confiance en toi qu'on ne te dit rien, et je suis sur que de ton côté il en va de même. Je n'ai pas dis qu'on ne te dirait jamais rien. (Il sourit doucement). Il n'est juste pas encore temps pour toi de tout découvrir sur…nous.

Ils se regardèrent un long moment.

Puis Remus se leva, dépoussiéra ses habits, et se tourna vers elle en lui tendant une main.

Elle le contempla un instant.

Dans un geste lent elle s'en saisit, et Remus sourit.

- Je peux quand même te confier un secret, fit il. (Il se pencha vers elle). Je crois sincèrement que j'ai un sérieux penchant pour les roux ! Il n'y a qu'à voir ma meilleure amie et mon petit ami, n'est ce pas ?

Ginny se tourna vers lui, et finit par éclater de rire.

…Un accord tacite…

Oui, il avait raison.

Il y avait toujours un accord tacite.

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Le reste de la semaine s'écoula lentement.

Gordon et Remus s'étaient réconciliés en moins de temps qu'il fallait pour le dire.

Les maraudeurs avaient, à cette occasion, fait une petite expédition chez les Serpentards de septième année qui s'étaient tous retrouvés à chanter au lieu de parler durant une journée entière.

Ginny bien que légèrement agacée, (Severus lui avait jeté un regard glacial en cours de potion), avait pourtant bien rie lorsqu'un vert et argent très irrité, s'était mit à chanter des insultes d'un ton mélodieux…

Le samedi avait eu lieu le premier match de quidditch de l'année.

Un Serdaigle/Serpentard tout ce qu'il y avait de fascinant.

Ginny et Gordon avaient été exemptés d'option médicomagie la journée du samedi, à leur plus grande joie, cela va s'en dire.

Le dimanche, lui, avait été des plus mornes, la rousse avait passé sa journée à fabriquer une potion compliquée qui lui avait miné le moral.

Et lorsque le lundi arriva, bien trop vite au goût de tous, elle mit un temps infini à se lever.

Elle bailla pour ce qui lui semblait la millième fois en descendant les escaliers.

En arrivant dans la Salle Commune, Ginny cligna cependant des yeux avec surprise.

Il y avait beaucoup trop de Griffondor dans la pièce pour cette heure !

Tous les griffons chuchotaient entre eux d'un air sombre ce qui fit frissonner la rousse.

Soudain elle sursauta en entendant un grand bruit, comme si quelque chose de très lourd était tombé sur le sol.

Cela venait du dortoir des garçons.

Sans vraiment réfléchir, elle se dirigea dans cette direction.

Personne ne la reteint.

Elle monta les marches quatre à quatre.

…Dortoir des premières année…rien.

Elle monta encore et encore.

…Dortoir des sixièmes année…rien.

Son cœur se mit à battre à une vitesse folle lorsqu'elle comprit que toute cette perturbation venait des maraudeurs.

Une sourde inquiétude se propagea en elle.

En arrivant devant le dortoir des septièmes années, elle découvrit un amas de garçons devant la porte.

Ils la regardèrent sans rien dire, et ils la laissèrent même passer.

Mais Merlin que se passait il ?

Elle trouva Sirius, Peter, Remus et Gordon qui tentaient en vain semblait il, d'entrer dans leur propre dortoir.

Elle ne s'étonna pas de voir Beth à leurs côtés.

Sirius jeta un sort puissant contre la porte.

Cette dernière resta de marbre.

Ginny se sentait légèrement nauséeuse, le seul absent était James.

Merlin…

- Mais qu'est ce qui se passe ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante.

- Lily ! Fit Beth d'un ton anxieux.

Ils se tournèrent tous vers elle.

- Je…il…, tenta son amie.

La jeune Smith ne semblait pas trouver ses mots, ses lèvres tremblaient de manière incontrôlable.

Ginny constata alors que Remus tenait (très, très) discrètement la main de Gordon, que Peter semblait sur le point d'éclater en sanglots, et que Sirius était dans une colère noire et infinie.

- Je…tu devrais lire ça, murmura simplement Beth au bout de quelques minutes de silence, seulement brisées par des bruits étouffés provenant de derrière la porte.

La rousse s'empara de la Gazette du Sorcier que lui tendait son amie et en lu le titre.

« HARRY POTTER, CHEF DES AURORS, ENLEVE PAR LE SEIGNEUR DES TENEBRES. »

Son sang se glaça.

Un frisson de dégoût et de peur lui traversa le corps.

Ses mains tremblèrent.

Ce n'était pas vrai !

Cela ne pouvait pas être vrai !

Pas maintenant !

Elle laissa glisser le journal qui tomba à terre.

- James…souffla-t-elle.

Merlin, il devait tellement souffrir.

On lui avait déjà prit son père au commencement des actions du Seigneur Noir…et maintenant on lui prenait son grand père…

Une petite voix retentit en elle… « Il n'est pas mort »…

Mais une autre voix, plus sournoise répliqua… « Il n'est pas encore mort »…

Personne n'échappait à Lord Voldemort.

Personne.

Elle n'avait jamais entendu parler d'une évasion possible des prisons impitoyables du Seigneur des Ténèbres.

Merlin…

Il fallait qu'elle voie James.

Il fallait qu'elle le soutienne.

Il fallait qu'elle…qu'elle…

Merlin…

Dans un geste brusque, surprenant tout le monde, Ginny sortit de ses pensées et poussa Sirius qui s'acharnait sur la porte, obstinément close.

Elle tenta plusieurs sorts plus puissants les uns que les autres.

Mais rien n'y faisait.

Ce n'était pas pour rien que James était le meilleur de toute l'école.

A nouveau un grand bruit retentit.

Comme du verre que l'on aurait brisé.

Ginny sentit des larmes d'impuissance couler lentement sur ses joues.

Non…non…elle ne laisserait pas James…

Pas dans un moment comme celui-ci…

Merlin, faites que cette maudite porte s'ouvre…pitié…

- James ! Cria-t-elle d'une voix tremblante, en tambourinant sur la porte. James je t'en supplie ouvre…ouvre s'il te plait…James…ouvre moi je t'en prie…

La porte ne bougea pas.

- James, souffla Ginny d'une voix devenue faible.

A cette dernière supplique, la porte s'ouvrit dans un déclic sonore.

Ginny ne perdit pas un instant et se précipita à l'intérieur.

A peine entrée dans le dortoir elle entendit la porte se refermer avec force, et Sirius, qui à l'évidence avait voulu la suivre, gémit de douleur.

La pièce était sombre, les rideaux étaient à moitié tirés.

Des milliers de morceaux de verre jonchaient le sol, brillant de mille feu…reste d'un miroir qui ne pourrait sans doute jamais être réparé.

Etaient présent, cinq lits dont les baldaquins rouge pourpre avaient été arrachés.

Une énorme armoire en chêne massif s'étalait sur le sol, tout ce qu'elle contenait était éparpillé un peu partout dans la chambre.

Et au milieu de tout ça, tremblant de rage, de peur et de tristesse, se tenait droit comme un « i », un James au visage blême, aux mains ensanglantées et aux cheveux encore plus en bataille qu'à l'habitude.

Il regardait Ginny avec tant de désespoir.

Ses yeux chocolat semblaient éteints.

Cependant, aucunes larmes ne sillonnaient ses joues.

N'y tenant plus, Ginny s'approcha de lui.

Elle le regarda et sans un mot le serra dans ses bras.

Il l'enlaça, ses bras s'enroulèrent naturellement autour de la taille de la rousse, il s'accrochait à elle comme si d'un coup sa vie ne dépendait plus que d'elle…que d'elle et de son étreinte empreinte d'amour et de tendresse.

Il enfouit sa tête au creux de son cou et elle caressa doucement ses cheveux dans un geste de réconfort.

Lentement ils glissèrent au sol, faisant tout deux fi des derniers morceaux tranchant qui s'étalaient sous eux.

Et alors il pleura.

Ses larmes vinrent s'écraser sur la peau de Ginny qui resserra son étreinte.

C'était comme s'il avait attendu qu'elle soit là pour pouvoir laisser sortir ses pleurs.

Elle le berça doucement.

En silence.

- Je…ce n'est…pas juste ! Fit il d'une voix déchirante au bout de quelques instants. Pas lui ! Je…ça fait trop mal…mon père est déjà parti…je ne veux pas que mon grand père parte aussi…Lily…j'ai si…si mal…

- Ca va aller James…il n'est pas mort…

- Il ne reviendra pas…et tu le sais aussi bien que moi…, murmura la voix de James dans son cou.

Pour toute réponse, elle lui caressa les cheveux tendrement.

- Il était là quand j'avais mal…tu…tu vois ? Chuchota-t-il. Il m'a aidé lorsque mon père est mort…il avait mal lui aussi…mais il…je ne veux pas le perdre…

La rousse ne savait pas quoi répondre.

Et James pleurait, la serrant contre lui, plus fort à chaque mot, comme pour s'assurer qu'elle était bien là, qu'elle ne s'en irait pas.

- Je suis là…, souffla la rousse alors qu'il tremblait, secouer par les sanglots.

- Lily…Lily…promets moi…promets moi que tu ne partiras jamais…promets moi que tu ne me laisseras pas…

Ginny le redressa de sorte qu'il la regarde.

Doucement elle prit son visage entre ses mains et sécha le flot de larmes intarissables qui s'y répandaient.

- Je te le promets, murmura-t-elle.

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Quelques petits rappels, au cas où...

Note 1: Ginny a le même sang que Pétunia depuis que Dumbledore lui a lancé un sort dans ce but, cf chapitre 7.

Note 2: Dumbledore a fait croire a tout le monde que Ginny avait poursuivit ses études à Salem avant de venir à Poudlard.

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Alors, j'espère que ça vous a plu ?

Si il y a des choses que vous ne trouvez pas très claires (notamment le passage sur l'Ancienne magie), faites le moi savoir, je répondrais avec plaisir à vos questions…

Le prochain chapitre parlera de…et bien…de…argh ! Désolée je ne peux pas le dire ! lol

A bientôt…

Oups attendez, revenez…il faut que je vous remercies quand même, c'est la moindre des politesses…

MERCI A :

Lilly.p…Kaena Black…Maiionnette…Le Roi Elessar...Salma Snape...Sheryne...Aurore Doudou…Crunchies…Lisianne Black…Shaeline…Mina Murrey…dark and devil time…Niyalune…Lisou52…Takinza…Miss Lisa Black…

Chaton Weasley : sache que j'ai commencé à lire ta fic, et que je n'ai pas encore posté de review parce que je veux la finir avant, mais comme je l'ai dit je n'ai pas beaucoup de temps, donc ce ne sera pas pour tout de suite, en tout cas le début est prometteur bien que triste…pauvre James quand même…

Voilà, j'espère n'avoir oublié personne…si c'est le cas, je m'excuse…

Gros bisous à tous !

Eléonore