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Salut !
Comment ça va depuis le temps ?
Hum…oui, oui, je sais…le retard est inexcusable…ne me tuez pas…pitiééééééééé !!
J'ai deux excuses valables : la première est que j'ai été très occupée (les études et ma vie perso…c'est que ça prend du temps tout ça !lol), la deuxième est encore plus valable que la première (au cas ou vous douteriez, sait-on jamais…), j'ai eu un terrible manque d'inspiration, et en relisant ma fic je la trouvais vraiment banale et mal faite…ça m'a complètement découragé…
D'ailleurs, cela va certainement se ressentir dans le chapitre et je m'en excuse sincèrement d'avance !
En parlant de ce chapitre 35, pour faire court, il fait avancer l'histoire et amène doucement mais sûrement vers le début de la fin, je pense en effet qu'il ne reste guère plus de 10 chapitres (ce qui est en soi beaucoup !)…il fait environ 33 pages (je ne pouvais pas le faire plus court en sachant l'attente que vous avez subit !!).
Bref, je m'excuse encore et vous souhaite une BONNE LECTURE !
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Titre : Parce que la vie continue…
Auteur : Eléonore-dem
Disclaimer : Tout est à JKR, merci à elle de nous avoir offert le monde HP…
Rating : T, pour plus de liberté…
Résumé des chapitres précédent : De retour des vacances de Noël où James a découvert toute la vérité sur Ginny et l'a accepté, les maraudeurs et Beth passent les examens d'entrée pour l'école d'Auror et seul Peter ne réussit pas, il s'en remet grâce à Ginny. Plus tard, Remus écoute une conversation entre James et « Lily » et se promet que quoiqu'il arrive, il les protégera…
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Dédicace : A ma Marion bien sur, mais aussi A VOUS TOUS PARCE QUE VOUS ETES SIMPLEMENT MERVEILLEUX !! Merci pour vos reviews, elles m'ont aidés et m'ont beaucoup encouragés !
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Chapitre 35 : Le premier Adieu.
- Je persiste à dire que c'est une très mauvaise idée…
- Enfin Gordon ! Ce ne serait que justice !
- Attends…si je me rappelle bien, ni Lily, ni moi ne sommes impliqués dans cette affaire…
- Oui, mais vous ne me lâcherez pas…parce que vous êtes mes meilleurs amis !
- C'est bas Beth, très bas…
Ginny rit devant l'air larmoyant de Beth et celui exaspéré de Gordon.
- En tout cas, dit la rousse avec un sourire, pour la discrétion on repassera…
Les deux autres se turent, se rendant soudain compte qu'ils se retrouvaient tous les trois dans un couloir peu éclairé, en plein milieu de la nuit et que Rusard et sa chère chatte rodaient dans les alentours…
La raison de leur sortie nocturne ?
Sirius.
Depuis presque une semaine, le jeune Black et sa petite amie s'étaient lancés un pari : le premier des deux à réussir à faire chanter l'hymne de l'école aux professeurs tout en leur colorant les cheveux (la couleur restait au choix du candidat, dixit James qui s'était autoproclamé arbitre) gagnerait le droit de demander n'importe quoi à l'autre.
Bien évidemment, Sirius avait l'énorme avantage de faire équipe avec les maraudeurs ce qui le rendait exaspérant de part son attitude : il était certain de gagner.
Pour autant, Beth n'avait pas dit son dernier mot et elle avait embarqué Ginny et Gordon à sa suite, et ce, bien malgré eux…
- C'est par ici…
- Vérifie qu'il n'y a personne sur la carte…
- Rien à signaler…
Les trois rouge et or avancèrent le plus silencieusement possible et finirent par se retrouver devant le tableau à coupe de fruits cachant l'entrée des cuisines.
- Dites, est ce que les elfes dorment ? Demanda Gordon, perplexe devant la vue qui s'offrit à eux lorsque le portrait coulissa. Des centaines d'elfes s'agitaient énergiquement dans tous les sens.
Ginny haussa les épaules et entra, suivit de Beth.
- Clarki !
Un elfe minuscule apparut dans un « pop » sonore.
- Maîtresse Elisabeth a appelé Clarki, Clarki obéit à maîtresse Elisabeth…
Beth parut radieuse à ces mots.
- Vraiment ? Alors tu ne verras aucun inconvénient à glisser ça dans la boisson des professeurs demain matin n'est ce pas ? Dit elle en tendant au petit être une fiole d'un bleu éclatant.
L'elfe sembla proprement horrifié et Ginny eut pitié de lui tout en songeant avec nostalgie (comme souvent lorsqu'elle voyait ces petites créatures) à la SALE qu'Hermione avait crée dans un autre temps.
- Beth, murmura la rousse, je ne crois pas que ce soit bien d'impliquer les elfes la dedans, je trouve ça…cruel.
Gordon hocha affirmativement, une moue indignée collée au visage.
Cependant la jeune Smith ne parut pas s'en émouvoir, elle prit un air dédaigneux qui était étranger à Ginny, jamais au grand jamais elle n'avait vu sa meilleure amie arborer cet air qui était propre aux Sang Purs.
- Les maraudeurs le font bien eux ! Et puis…ce ne sont que des elfes. Tu feras ce que je te dis n'est ce pas Clarkie ?
Ginny la regarda avec surprise, Beth n'avait-elle donc aucune pitié pour l'elfe qui semblait trembler de tous ses membres à l'idée d'enfreindre les règles de l'école ? La rousse chercha des yeux Gordon et fut satisfaite de voir que ce dernier semblait tout aussi ébahi.
- Beth ! S'écria-t-il choqué. Les elfes sont des créatures intelligentes et sensibles, par Merlin ! Comment oses-tu les traiter comme s'ils n'étaient que…que…
- De la bouse de dragon, acheva Ginny en fixant son amie d'un air franchement réprobateur.
Beth les scruta avec surprise et sembla légèrement honteuse sous leurs regards mais ne fléchit pas. De nouveau elle arbora un air dédaigneux (qui d'après Ginny ne lui allait pas du tout) et dit :
- Ok, je dois admettre que je suis un peu dure…Mais les elfes aiment servir les sorciers, ils y sont destinés…ce sont mêmes eux qui se lient à nous, volontairement…et puis de toute façon je fais ce que je veux ! Sirius ne gagnera pas, sinon j'en entendrais parler le reste de ma vie.
Sur ce, sans plus prendre en compte les visages stupéfaits de ses amis, elle se tourna vers Clarki qui se trémoussait de gêne, le regard larmoyant et fuyant. Elle l'incita à prendre la fiole et il ne put la refuser.
- Merci Clarki. Bien sur que tout cela reste entre nous, si quelqu'un demande nous ne sommes jamais descendus dans les cuisines, d'accord ?
L'elfe couina un « Oui Maîtresse Elisabeth, Madame ».
Et Beth se dirigea vers la sortie d'un air digne, sans prêter attention aux deux roux qui n'avaient pas bougé et qui la regardait toujours avec un air stupéfait.
Ils finirent tout de même pas la suivre (les elfes commençaient à les regarder bizarrement en leurs proposant une panoplie de pâtisseries toutes plus appétissantes les unes que les autres.).
- Beth, chuchota Gordon, je ne comprends pas que tu…
- Chut ! Intima Ginny. J'ai entendu du bruit…la carte regarde sur la carte !
L'histoire des elfes fut soudainement lancée aux oubliettes car effectivement des bruits de pas s'approchaient inexorablement d'eux.
Ce qui n'était évidemment pas une bonne chose puisqu'ils avaient dépassé le couvre feu de deux bonnes heures…
La carte confirma leurs doutes, Rusard s'avançait sur leur gauche (inutile de préciser que c'était ce chemin là qu'ils devaient emprunter) et Miss Teigne se profilait sur leur droite.
- Qu'est ce qu'on va faire ? Chuchota fébrilement Gordon.
- Je ne sais pas, paniqua Beth.
Ginny les regarda comme s'ils étaient fous et les prit chacun par la main.
- Courrez ! Dit elle en les tirant derrière elle.
Pour une raison inexplicable (du moins pour Gordon et Beth), la rousse trouvait cette situation follement amusante, cela lui rappelait le bon vieux temps avec les jumeaux…elle ne put s'empêcher de sourire discrètement.
Combien de fois avait-elle courut à travers Poudlard pour échapper au concierge et à sa saleté de chatte ? Dix fois ? Vingt fois ? Cent fois ? Elle ne savait plus, mais cela restait toujours aussi excitant…Elle se dit avec une pointe de tristesse que ce comportement ressemblait plus à celui de Ginny Weasley qu'à celui de Lily Evans…mais au fond quelle importance cela avait-il maintenant que James était au courant ? Aucune…vraiment, aucune car le maraudeur y verrait toute l'étendue de son bien être malgré ce à quoi ils étaient tout deux destinés.
Les trois Griffondors entendirent distinctement Rusard jurer et entamer une course effrénée à leur poursuite.
Ils bifurquèrent plusieurs fois, montèrent quelques étages, passèrent deux ou trois tapisseries et finirent par s'arrêter, incapables de continuer plus avant.
La respiration saccadée, ils essayèrent de déceler la présence de Rusard dans les alentours puis rassurés ils entamèrent une ascension vers la tour des Griffons.
Seulement…
- Smith ! Evans ! Prewett ! Dans mon bureau ! TOUT DE SUITE !
McGonagall se tenait au bout du couloir, vêtue de son éternelle robe de chambre écossaise, les narines élargies par la colère telle une dragonne prête à cracher son feu.
Le trio baissa la tête dans un même mouvement.
Comme trois condamnés à la potence ils suivirent leur directrice de maison jusqu'à son bureau…et là semblèrent se déchaîner les enfers.
- N'AVEZ-VOUS PAS HONTE ! A CETTE HEURE ? DEHORS ! OU COMPTIEZ VOUS ALLER COMME CA ? PAR MERLIN ! QU'EST-CE QUI VOUS A PRIT ? JE NE TOLERE PAS CE GENRE DE COMPORTEMENT VENANT DES GRIFFONDORS, JE SUIS OUTREE ! VOUS MISS SMITH QUI ETES PREFETE JE NE VOUS FELICITE PAS ! QUANT A VOUS DEUX, PREWETT ET EVANS J'ATTENDAIS MIEUX DE LA PART DE DEUX ETUDIANTS INCLUS DANS LE PROGRAMME ACCELERE !
MacGonagall s'arrêta pour scruter les trois rouge et or devant elle, qui semblaient se recroqueviller à chacune de ses paroles. Elle se pinça l'arrête du nez et prit une grande inspiration :
- Je retire vingt points à Griffondors, pour chacun d'entre vous. Et vous aurez une retenue samedi, avec Monsieur Rusard. Je ne cache pas ma déception, il faut croire que Black, Lupin et Potter déteignent plus sur vous que ce que l'on pourrait croire. Maintenant je vais vous raccompagner à votre salle commune.
Le chemin jusqu'à la tour sembla long (voir très long) aux yeux de Ginny. S'il y avait bien une chose qu'elle détestait dans ses escapades nocturnes (toutes époques confondues) c'était bien ça, se faire prendre par McGonagall. Bien sur se faire repérer en plein délit de maraudage n'était pas exceptionnel en soi, combien de fois s'était elle fait pincée par Rusard, Rogue, Chourave ou Ombrage ? Mais avec McGonagall c'était différent. Ginny se sentait toujours, toujours honteuse lorsque sa directrice de maison la prenait sur le fait, ce qui n'était pas le cas avec les autres.
Ce soir là n'échappa pas à la règle et Ginny sentait ses joues brûler.
Finalement, une fois dans son dortoir elle eut tout de même un sourire en entendant Beth marmonner :
- Sirius ne va jamais plus me lâcher avec ça…je suis maudite !
Elle s'installa confortablement dans son lit et après un « bonne nuit » à son amie elle ferma les yeux, songeant aux derniers évènements mi-amusée, mi-gênée. Elle fronça les sourcils en se souvenant du comportement de Beth envers les elfes de maison…cet air dédaigneux qu'elle avait arboré…un air qu'elle avait tant de fois vu sur des Serpentards au Sang pur tel Draco Malfoy, ou Bellatrix Black…
Ginny ouvrit brusquement les yeux à cette pensée.
Beth avait arboré un air propre au Sang Pur parce qu'elle était une Sang Pur, élevée comme une Sang Pur par des Sang Pur…par des Nobles…comme Sirius…
Elle secoua la tête comme pour chasser ses pensées.
Certes Beth et Sirius étaient issus de milieux qu'elle détestait, parmi des gens qu'elle abhorrait mais ils n'étaient pas comme eux. Beth et Sirius étaient deux personnes qui avaient renié les principes de Sang Pur, deux personnes généreuses…Beth et Sirius étaient ses amis.
Pour une raison inexplicable, Ginny avait l'impression que derrière cette pensée son esprit tentait de lui révéler autre chose…quoi ? Cela Ginny l'ignorait…
Elle s'endormit sans s'en rendre compte et le lendemain elle avait oublié tout son raisonnement sur les Sang Pur.
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- James Christopher Potter tu es louche ! s'exclama Ginny faisant sursauter tout ses amis, présentement réunis dans la salle commune en ce samedi matin.
- Pardon ? Répliqua le dit Potter avec étonnement.
La rousse plissa les yeux et agita un doigt accusateur en direction de James mais aussi des trois autres maraudeurs.
- En fait, dit elle avec lenteur, vous êtes tous les quatre louches…vous cachez ou préparez quelque chose…vous êtes trop sages…et puis tu n'as pas arrêté de recevoir des lettres suspectes toute la semaine, finit elle en scrutant son petit ami avec suspicion.
- Mais enfin, tu t'imagines des…, commença le brun à lunettes avant d'être coupé.
- Ne cherche pas d'excuses j'ai un sixième sens pour ces choses là !
Il y eut un instant de silence pendant lequel James regarda Ginny avec un air mi-amusé, mi-agacé et où celle-ci l'observa avec attention.
Cela faisait en effet quelques jours qu'elle soupçonnait les maraudeurs (et plus particulièrement James), de préparer quelque chose, quelque chose qui n'avait rien avoir avec le pari stupide qu'avaient fait Sirius et Beth.
D'ailleurs, il était inutile de préciser que non seulement Sirius avait remporté le pari la veille (voir ses professeurs, les cheveux teint d'un rouge éclatant, chanter l'hymne de l'école sans pouvoir s'en empêcher resterait une scène inoubliable dans l'esprit de Ginny) mais qu'il avait aussi préféré garder secret ce qu'il avait demandé à Beth en retour, à la plus grande frustration de ses amis.
Il était également inutile de préciser que les maraudeurs avaient rit de leur mésaventure avec Rusard et McGonagall pendant plus d'une heure, sans parler de leurs regards à l'annonce de la retenue qui devait avoir lieu le jour même.
- Lily, intervint Remus brisant le silence qui s'était prolongé, tu te fais des idées…
- Remus, rétorqua Ginny, même toi tu ne pourras pas me convaincre que vous ne comploter pas une quelconque farce douteuse…
- Hey ! S'exclama Sirius. Nos blagues ne sont pas douteuses ! Elles sont pleines de malice et de génie…
La rousse lui lança un regard significatif et Beth préféra bâillonner son petit ami en levant les yeux au ciel.
Gordon prit alors la parole, venant au secours des maraudeurs au grand désespoir de Ginny :
- Lily, fais leur un peu confiance…et puis de toute façon nous devons y aller, Rusard n'aime pas les retards, et je préfèrerais éviter d'avoir une nouvelle retenue…tu ne voudrais pas rater une journée de plus de formation avec Madame Pomfresh n'est ce pas Lil' ?
La jeune Evans eut un air boudeur, mais comme elle ne souhaitait effectivement pas perdre une journée de plus de médicomagie (l'expression qu'avait eu l'infirmière lorsqu'elle et Gordon lui avaient annoncé la retenue n'était pas prête de s'effacer de sa mémoire) elle soupira et abdiqua.
- Très bien, mais si j'ai l'écho de la moindre petite blague ou que je retrouve Rogue dans un mauvais état, vous connaîtrez ma colère ! Dit elle en regardant spécifiquement le jeune Potter.
Ce dernier lui renvoya son regard, il avait compris depuis bien longtemps qu'il ne devait plus s'en prendre à Séverus Rogue, d'ailleurs depuis qu'il connaissait la vérité au sujet de la rousse, il n'avait guère l'envie de persécuter celui qui protégerait la vie de son futur fils au dépend de la sienne.
Quelques minutes plus tard Ginny, Gordon et Beth s'en allaient, la mort dans l'âme, rejoindre Rusard, sous l'œil moqueur des maraudeurs.
Les quatre garçons se regardèrent et partagèrent un sourire complice…aujourd'hui ils avaient des choses à faire.
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- Beurk ! S'exclama Gordon.
Ginny estima que son ami résumait bien la situation.
Rusard, le regard brillant de satisfaction, les avait amené dans la salle des trophées avec ordre de la nettoyer de fond en comble…sans magie.
Le problème résultait dans le fait que cette pièce était répugnante.
Ginny soupira mais ne se laissa pas abattre, ce n'était certainement pas la première fois que Rusard lui assignait cette tâche ; elle se souvenait très bien du jour où elle avait (avec Fred et George) du astiqué toutes les coupes présentes derrière les différentes vitrines. Elle était alors en première année.
- Bon, entama la rousse énergiquement, Beth tu t'occupes de ce côté-là, Gordon de celui-ci et moi je m'attaque à…quoi ? S'interrompit-elle devant les regards surpris de ses deux amis.
- On dirait que tu as fait ça toute ta vie, marmonna la jeune Smith.
Ginny cligna des yeux, un instant déstabilisée. Elle ne pouvait aisément pas dire que pour elle, cette retenue n'était pas une inconnue…mais après tout pourquoi pas ? Pourquoi ne devrait-elle rien dire ? Cela ne changerait rien à l'avenir d'avouer qu'elle n'avait pas été très sage dans un autre temps…
Ginny fut surprise de ne pas ressentir de tristesse à l'évocation de son passé, en fait, constata-t-elle avec stupéfaction, cela faisait plusieurs semaines déjà que des souvenirs lui revenaient constamment en mémoire sans que cela ne déclenche autre chose qu'une touche de nostalgie…
Elle se sentait…sereine. C'était étrange. Ou peut être pas. Elle sourit, c'était depuis que James connaissait toute la vérité qu'elle était sereine…parce qu'à présent elle n'était plus seule. Plus seule face à ce destin tout tracé. Plus seule face à ce passé si lourd. Plus seule face à sa vie.
- Lily ? Tout va bien ?
Ginny se tourna vers Gordon avec un sourire étincelant.
- Oui, je vais très bien. Et puis pour répondre à ta question Beth, sache que ce n'est certainement pas la première fois que je fais une retenue telle que celle-ci !
- Pardon ? s'exclama la brune, prise au dépourvu.
- Et bien, j'ai eu une vie avant de vous connaître n'est ce pas ? Répondit-elle avec un sourire, malicieux cette fois-ci.
Elle saisit tous les ustensiles mis à disposition par Rusard et s'approcha des trophées qu'elle devait astiquer sans se préoccuper des mines franchement étonnées de ses deux amis.
En trois ans, 'Lily' n'avait jamais, jamais, évoqué son passé. Un passé qui semblait si douloureux qu'elle tentait elle-même, selon toute vraisemblance, de l'oublier. La voir l'évoquer ainsi, sans peine, avec une touche joyeuse, rendait la situation un brin surréaliste.
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Cela faisait trois heures ! Trois longues et interminables heures !
Ginny n'en pouvait plus.
Ses gestes étaient devenus mécaniques.
Astiquer, astiquer, astiquer, astiquer, astiquer…
Elle ne faisait que ça depuis le début ! Depuis quand ce stupide concierge n'était-il pas venu faire la poussière dans cette pièce par Merlin !
Si au début il y avait eu un semblant de conversation entre les trois griffondors (et ce, après que Gordon et Beth se soient remit de leur étonnement), au bout d'une heure le silence s'était installé en maître.
Ginny tentait de se distraire en lisant le nom des personnes, des faits et des dates qu'elle trouvait inscrits sur les coupes, médailles et autres récompenses que l'école avait accordé.
Elle reposa avec lassitude la coupe obtenue par Alphard Magnimus en 1922 pour résultats exceptionnels et s'empara d'une médaille en or.
La poussière la recouvrait entièrement, si bien que la rousse ne décrypta d'abord aucune information.
A force de coups de chiffons elle dégagea la date…1943…le fait…service rendu à l'école…et puis, le nom…
Ginny laissa tomber la médaille comme si elle s'était brûlée. L'objet atterrit sur le sol dans un bruit retentissant.
Un tremblement l'agita et elle recula d'un pas, fixant la médaille avec horreur.
Non…non…
Un autre tremblement la parcourut, plus violent cette fois.
Elle ne s'aperçut même pas du fait que Beth et Gordon s'étaient approchés d'elle et l'appelaient avec inquiétude.
Ce nom.
Ce nom, elle ne le connaissait que trop bien.
Ce nom, il l'avait hanté pendant des mois.
Ce nom…
- Non, chuchota-t-elle sans s'en rendre compte.
Elle recula encore et ferma les yeux. Son visage était pâle et ses lèvres tremblaient.
« Je m'appelle Ginevra Molly Weasley et ceci est désormais mon journal intime.
- Bonjour Ginevra Molly Weasley. Je m'appelle Tom. Tom Elvis Jédusor.
- Tu réponds !
- Bien sur que oui. Je suis coincé dans ce journal…
- Coincé ?
- Je suis une sorte de…souvenir.
- Je ne comprends pas très bien je dois dire…
- Et bien, pour tout avouer, je ne comprends pas bien non plus…mais cela fait si longtemps que je n'ai pas eu de compagnie…tu…tu voudrais bien…non c'est stupide…
- Dis le moi, je peux peut être t'aider ?
- Tu voudrais bien être mon…amie ?
- Oh oui alors ! »
Ginny sentit sa bouche s'assécher, son ventre se contracter et sa tête tourner.
Elle ne voulait pas se souvenir. Pas maintenant. Pas comme ça. Non…non…
« - J'ai peur Tom.
- De quoi ?
- Il se passe des choses…des choses horribles. J'ai l'impression que je suis responsable…et Harry, il se fait accuser à ma place…J'ai si peur…
- N'ais crainte Ginny, tout se passera bien au final…
- Comment…comment peux tu dire ça !
- Tu as peur parce que tu aimes Harry, cela trouble ton jugement, je suis sure qu'au fond tout cela n'est pas si terrible…
- Peut…peut être… »
Ginny savait qu'elle devait bloquer le flux de souvenirs douloureux qui la traversait si cruellement. Elle devait stopper ce courant noir et néfaste qui déferlait dans sa mémoire.
Elle se sentait si…si…misérable. Elle avait l'impression de revivre ces instants. Elle avait l'impression de ressentir cette peur incessante qui l'avait tenaillé.
Elle ressentait encore cette honte, ce désespoir, cette froideur…cette horreur d'elle-même.
Les coqs égorgés, les longs sifflements sortant de sa propre bouche, la Chambre si pleine d'épouvante, le Basilic si effroyable…et…et Tom.
« - Pourquoi est ce que tu fait ça Tom ?! Je pensais…je pensais que tu étais mon ami ! Mon premier ami…
- Oh Ginny…si tendre…si jeune…si naïve…si stupide !
- Tom…ne fais pas ça…
- Faire quoi ? Belle et douce petite Ginny, sens tu la fin approcher ? Entends tu la mort ? Elle approche…
- Ne fais pas ça…ne fais pas de mal à Harry…
- Harry ! Pauvre idiote…tu penses encore à ce magnifique et héroïque Survivant…Oh Ginny, Ginny…ton corps reposera à Jamais dans la Chambre… »
Elle entendait encore les sifflements froids sortir de la bouche de Tom, elle le revoyait aspirer sa propre vie et la regarder mourir avec une joie malsaine…
Les genoux de Ginny cédèrent.
Sa respiration devint laborieuse et ses tremblements convulsifs. Elle se tenait la tête entre les mains et murmurait inlassablement des « non » suppliants…
Inquiets, Beth et Gordon avaient fait quérir un professeur par le biais d'un fantôme et tentaient avec angoisse de faire réagir la rousse, mais cette dernière était prisonnière d'un monde auquel ils n'avaient pas accès.
Dans un dernier soubresaut, des larmes roulèrent doucement sur les joues de Ginny avant qu'elle ne s'évanouisse.
Gordon la rattrapa, et Beth, paniquée, se mit à hurler.
C'est ainsi que les trouva Dumbledore.
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Des chuchotements.
Des pas au loin.
Et cette douleur latente. Ce mal être qui enserrait sa poitrine.
Non. Non, elle ne voulait pas revivre ça. Elle ne voulait pas revoir encore ce qui s'était passé cette année-là.
Il lui avait fallu tant de temps, tant de volonté pour oublier, enfouir ces incidents dans sa mémoire, ne plus y penser.
Pourquoi fallait-il que tout recommence ?
Pourquoi fallait-il que la douleur réapparaisse alors qu'elle se sentait plus vivante qu'elle ne l'avait jamais été ?
Ginny prit une brusque inspiration souhaitant par là, chasser toute son angoisse à l'égard des évènements.
Elle ouvrit les yeux et fut aveuglée durant quelques instants par la lumière qui se profilait dans ce qu'elle devina être l'infirmerie.
Il lui fallut encore quelques minutes pour comprendre qu'autour d'elle les rideaux étaient tirés et qu'aucun son ne filtrait à travers eux…elle se demanda pendant une fraction de seconde qui avait bien pu jeter un sortilège d'impassibilité…avant de croiser un regard bleu intense.
- Pro…professeur ?
Ses yeux pétillaient au travers de ses lunettes en demi lune mais une lueur d'inquiétude transparaissait.
Lueur dont elle était, de toute évidence, à l'origine.
Elle sentit des larmes poindre au coin de ses yeux.
Des larmes de peur.
Des larmes de soulagement.
Dumbledore était là. Dumbledore était toujours là. Dumbledore allait chasser ses mauvaises pensées, ses souvenirs si horribles.
- Comment te sens tu Lily ?
- Passablement bien…que s'est-il passé ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
- Et bien…il semblerait que tu es eu une crise de panique.
Il y eu un instant de silence durant lequel ils se scrutèrent l'un l'autre.
Dumbledore se leva finalement et lui tendit quelque chose.
Précautionneusement, Ginny s'en saisit et constata avec effroi qu'il s'agissait de la médaille qui l'avait tant bouleversée.
- Lily…
Elle releva la tête, ne se souvenant pas l'avoir baissée, et planta ses deux émeraudes dans les yeux de son directeur.
Et Albus Dumbledore comprit.
Il n'y avait aucunement besoin de mots à cet instant.
Sans qu'il ne se l'explique il se pencha et prit dans ses bras la rousse.
Surprise, Ginny ne lui rendit pas tout de suite son étreinte puis, sentant monter en elle un besoin irrépressible de chaleur et d'amour, elle entoura de ses bras le vieil homme et laissa couler d'amères larmes.
- …M'EN FICHE !
Ginny sursauta et Dumbledore se détacha d'elle.
Les rideaux venaient de s'ouvrir brusquement sur un James furieux et inquiet. Derrière lui, Madame Pomfresh rouspétait.
Les deux se figèrent lorsqu'ils avisèrent la scène qui se déroulait sous leurs yeux.
Le directeur lança un regard significatif à l'infirmière qui hocha la tête et fit demi-tour, refermant soigneusement les rideaux derrière elle.
James, sortant de son étonnement s'approcha vivement de la rousse.
- Lily…que s'est-il passé ? Est-ce que tu vas bien ? Beth et Gordon étaient paniqués ! J'ai eu si peur…
Il se tut en remarquant les larmes de sa bien aimée. Il lui prit le visage entre ses mains et essuya de ses pouces les sillons salés.
Puis avec délicatesse il embrassa ses lèvres en un baiser qui signait tout l'amour, toute la tendresse qu'il éprouvait pour elle.
Et Ginny sentit soudain toute sa peine s'envoler, son angoisse disparue, et une bouffée de bien être l'envahit.
Les souvenirs ne disparaîtraient pas, elle le savait. Mais après tout, ils ne l'avaient pas fait auparavant, ils ne l'avaient pas fait et s'étaient même mêlés à d'autres souvenirs tout aussi douloureux ; pourtant elle vivait, elle vivait et elle était heureuse.
Alors qu'elle était là, dans les bras de l'homme qu'elle aimait, Ginny su que plus jamais elle ne s'effondrerait, que plus jamais les souvenirs ne viendraient la hanter comme ils l'avaient fait tant de fois.
Ginny se sentit forte. Plus forte que jamais.
Lorsque James se détacha il fut surpris de voir s'étirer les lèvres de la rousse en un sourire lumineux.
Il lui sourit en retour et voulu lui prendre la main mais il ne rencontra qu'un métal froid.
Avant que Ginny puisse dire ou faire quoique ce soit, il se saisit de la médaille et en lu l'inscription avec horreur.
- James…
- Cette ordure a eu le droit à une médaille pour le mérite ! Cracha-t-il avec fureur.
Dumbledore, qui jusqu'alors s'était tenu en retrait, s'approcha et fronça les sourcils.
- Lily…je crois avoir besoin d'explication.
Le ton était neutre, mais Ginny vit bien dans le regard de son directeur une lueur de pure désapprobation.
- Professeur, je…
Mais elle se tut, ne se sentant pas capable d'avouer à Dumbledore qu'elle avait tout révélé à James…
- Professeur, je suis au courant.
Cela prit par surprise Ginny.
La voix de James était ferme et la détermination en émanait.
La rousse évita consciencieusement le regard de son directeur lorsqu'elle le vit planter son regard sur elle.
- Lily…
Comment Dumbledore pouvait-il mettre autant de reproches et de déception dans un seul prénom ?
- Professeur ce n'est ce que vous pensez, continua James de sa voix toujours aussi ferme.
Le directeur de Poudlard se tourna alors vers le jeune Potter dans l'attente de plus amples explications.
James soutint le regard de Dumbledore avec courage et débita lentement, sans omettre aucuns détails, comment il avait par lui-même découvert d'où venait Lily, comment elle avait fini par tout lui avoué, comment il avait juré sur tout ce qui lui était le plus cher que jamais, jamais il ne la trahirait.
Le silence qui s'en suivit fut pesant pour les deux étudiants.
James, qui avait saisit la main de Ginny au début de son petit discours, la serra fort comme pour rappeler à la rousse qu'ils étaient deux, et qu'à deux ils franchiraient toutes les barrières.
Devant eux, Dumbledore semblait profondément plongé dans ses pensées, leur jetant des regards impassibles qu'ils jugeaient tous deux assez inquiétant.
Et soudain, l'homme leur parut vieux.
Oui, Dumbledore et ses rides profondes et soucieuses, Dumbledore et ses yeux brillant mais ô combien inquiets, Dumbledore et son visage las, fatigué…Dumbledore, l'homme qui se souciait tant de Ginny, était vieux.
Il était vieilli par les sombres temps qui couraient, par les responsabilités qu'on lui imposait sans pitié.
Ils eurent soudain, un élan profond de compassion pour cet homme qui en avait tant vu.
Le directeur soupira et les regarda avec gravité.
- Je pense que c'était inéluctable. J'aurais aimé que cela reste secret et je ne peux cacher une certaine inquiétude…, il soupira, mais je crois qu'il n'y à rien à redire. J'insiste cependant pour que cela reste strictement entre nous.
Il les scruta du dessus de ses lunettes en demi lune.
Avec le même sourire soulagé, quoique grave, James et Ginny acquiescèrent et promirent.
Le directeur s'apprêtait à les laisser mais le jeune Potter le retint par la manche alors que l'homme passait à côté de lui.
- Professeur, Monsieur…Merci. Merci d'avoir fait tout cela pour Lily. Merci de l'avoir soutenu quand tout allait mal pour elle. Merci…Merci de faire tout ce que vous faites chaque jour pour nous tous.
Durant une fraction de seconde une lueur indéfinissable passa dans le regard d'Albus Dumbledore, bien vite cependant elle disparue, laissant place aux éternels pétillements dans ses yeux bleus.
- Il n'y a pas lieu à des remerciements, James, dit-il calmement. Bon rétablissement Lily, j'espère que tu sortiras bien vite de l'antre de Madame Pomfresh, ajouta-t-il avec amusement.
Une fois encore, Ginny et James lui sourirent.
Lorsqu'il fut parti, le brun à lunettes s'installa sur le lit, entourant d'un bras sa petite amie. Elle posa doucement sa tête sur son torse et ferma les yeux.
- Dis moi, commença-t-elle, finalement, tu vas te décider à me dire ce que tu as fait cette après midi ? Quelle farce les maraudeurs ont-ils encore inventé ?
James pouffa.
- Tu ne veux vraiment pas me croire innocent, hein ?
- Désolée, j'ai du mal…
- Je vais essayer de ne pas me vexer, fit-il d'une voix faussement blessée.
- Comédien !
- Hey !
Ginny rit et James sourit, satisfait. Il détestait quand sa « Lily » pleurait.
- Sérieusement…alors, qu'avez-vous fait ?
- Tu n'accepteras donc jamais que…
- James ! La vérité…tout de suite !
Il grommela quelque chose d'incompréhensible et elle rit de nouveau.
- Et bien, vraiment, on a rien fait.
Elle se redressa quelque peu et lui lança un regard sceptique.
- Je te jure ! On est juste allé à Pré au Lard.
Cette fois, ce fut un regard surpris qu'elle posa sur lui.
- Mais la sortie officielle est prévue dans une semaine ! Vous n'aviez rien d'urgent à y acheter pourtant…vous auriez pu attendre ! Ou au moins, nous attendre Beth, Gordon et moi…
- L'image de toi comme fille parfaitement respectueuse des règlements en prend un coup, chérie…
- N'as-tu pas écouté ce que je t'ai raconté sur les jumeaux ?
Il eut un rire, se souvenant des anecdotes décrites, avec moult précisions, par la rousse.
- Et bien…on ne s'ennuie pas ici ! Nous qui étions morts d'inquiétude !
La voix de Sirius les fit tous les deux sursauter.
Ils découvrirent avec étonnement tous leurs amis debout, tout près des rideaux (cette constatation les fit soupirer de soulagement…ils n'avaient rien pu entendre de compromettant).
Un à un ils prirent « Lily » dans leurs bras, ce qui fit rire la rousse.
Oui, se dit Ginny une boule de bonheur au creux de l'estomac, jamais plus les souvenirs ne l'assailleraient, jamais plus elle ne serait faible face au passé. Jamais plus. Pas quand enfin, elle avait trouvé sa place dans ce monde.
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- Mais enfin James ! OU est ce que tu m'amènes comme ça ? Et pourquoi tous les autres avaient l'air pressé de partir je ne sais ou…James ! Tu m'écoutes ?
- Pas vraiment ma chérie…
- JAMES !
Ginny était furieuse.
En ce beau samedi de début avril, le soleil rayonnait, et une sortie à Pré au Lard était prévue.
Toute la petite bande de Griffondor s'était empressée de rejoindre le village sorcier, avec beaucoup d'entrain…notamment chez les maraudeurs, qui pour une raison ou une autre, avaient, encore, aux yeux de Ginny l'air vraiment louches.
Ils cachaient quelque chose et ce, depuis plus de deux semaines.
En soit, que les maraudeurs fassent des cachotteries n'était pas exceptionnel, ils complotaient toujours pour tel ou tel mauvais tour.
Mais cette fois, c'était différent.
C'était différent, parce que, Ginny en était persuadée, cela ne concernait pas une simple farce, un quelconque mauvais coup. Non il y avait quelque chose…quelque chose dans leur manière d'être, dans leurs yeux…
Mais elle ne savait pas. Et cela l'agaçait prodigieusement.
Cependant, ce qui la mettait si en colère était le fait d'être la seule à ne pas être au courant.
Car à n'en pas douter, Beth et Gordon savaient.
- James…
- On est arrivé !
Ginny cligna des yeux.
Elle ne connaissait pas cet endroit.
C'était une clairière entre les bois qui surplombaient Pré au Lard. D'ici, on pouvait voir le village et ses alentours…même Poudlard !...sans être vu.
Ginny admira le lieu. Il respirait le calme et la sérénité.
- C'est magnifique.
- Je sais. On l'a découvert il y a quelques mois avec les autres.
Ginny s'avança un peu et regarda le paysage paisible, presque magique, devant elle. Oui, c'était très beau.
Elle sentit James lui prendre la main avec douceur et se tourna vers lui avec un sourire, toute colère l'avait quittée.
Elle embrassa le brun à lunettes qui sourit contre ses lèvres.
Mais James se détacha d'elle.
- Lily, commença-t-il d'une voix douce, grave et profonde. Lily, je t'ai amené ici parce que…
Il la regarda un instant, un feu semblant briller dans ses yeux chocolat. Un feu intense, un feu ardent, un feu éternel…un feu que rien ne pouvait éteindre.
Ginny en fut hypnotisée.
Elle sentait son cœur battre furieusement dans sa poitrine, son sang pulsait dans ses veines encore et encore…elle se sentait entière…sous ce regard, elle se sentait vivante…
Avec lenteur et sans que Ginny puisse dire ou faire quelque chose (pas qu'elle en fut capable à cet instant !), James mit un genou à terre, tenant sa main droite avec délicatesse.
- James…, souffla la rousse, un air surpris sur le visage.
- Lily Evans, veux tu devenir ma femme ? Demanda-t-il, de but en blanc, une détermination farouche dans la voix et un amour infini dans les yeux.
James n'était pas passé par quatre chemins et Ginny, elle-même, ne prit pas la peine de réfléchir.
- Oui ! Oui, oui ,oui !
Elle se jeta dans ses bras, le bonheur la transperçant de part en part dans une sensation délicieuse. Des papillons semblaient avoir établis domicile dans son ventre.
Définitivement, sous son regard et dans ses bras, elle se sentait plus forte que jamais, plus heureuse que le monde entier réuni…elle l'aimait, et avec cette force, ce n'était pas des montagnes qu'elle aurait déplacé mais des étoiles, et même la lune s'il l'avait fallu !
James la réceptionna mais sous l'élan se retrouva plaqué dos au sol, Ginny allongée sur lui. Cela ne sembla pas le gêner…pour dire vrai, il en était plutôt heureux…
Elle l'embrassa avec passion.
Lorsqu'elle se détacha, leurs regards se rencontrèrent, exprimant tant de sentiments, tant de sensations, tant d'amour.
A cet instant, le monde aurait pu s'effondrer qu'ils ne l'auraient pas remarqué.
- Ouch !
- Beth ça va ?
James et Ginny, toujours allongés sur le sol, tournèrent dans un même mouvement la tête vers l'endroit d'où provenait le bruit.
- Bordel ! Il n'y a aucun moyen d'être discret avec vous ! Regardez, on s'est fait repéré bande d'imbéciles !
Les, désormais, fiancés reconnurent Gordon et soupirèrent mi-agacés, mi-amusés.
- Pourquoi cela ne me surprend pas ? Dit James.
- Peut être parce que ce n'est pas la première fois qu'ils nous espionnent ?
- Peut être…
- Oh ça va…, grogna Sirius en sortant de derrière une grosse masse de buissons que Ginny n'avait pas remarqué jusque là.
A sa suite, le couple vit défiler dans l'ordre, une Beth aux cheveux ébouriffés qui se tenait le genou (selon toute vraisemblance, elle avait chuté en plein dans la séance d'espionnage, massacrant toute la discrétion), un Gordon à l'air grognon mais ravi, un Remus au sourire lumineux, et enfin un Peter riant aux éclats.
James et Ginny se regardèrent encore et d'un commun accord se relevèrent avec grâce…avant d'être étouffés par les diverses étreintes de leurs amis.
- Félicitations ! Clama Gordon, tout air grognon ayant déserté son visage.
- Je me sens toute chose ! C'est vraiment trop beau ! lança Beth, les yeux pétillant.
- A quand les petits faons ? S'exclama Sirius, plus enthousiaste que jamais.
Tandis que simultanément Beth, Gordon, Remus et Peter levaient les yeux au ciel, James et Ginny, eux, échangèrent un regard complice qui en disait long…Pour bientôt, Sirius, pour bientôt.
- Hum…James tu n'aurais pas oublié quelque chose ?
La voix de Remus était calme, mais malgré l'air sérieux qu'il arborait, il semblait sincèrement amusé.
Le brun à lunette se tourna vers le lycanthrope et cligna des yeux…puis se tapa le front de sa main.
- Non mais quel abruti ! Gémit-il. J'étais si stressé que j'ai oublié le plus important.
Dans mouvement presque théâtral, il reposa un genou à terre et ressaisit la main de Ginny avec douceur.
Cette dernière le contempla sans comprendre jusqu'à ce qu'elle le voit sortir un écrin de sa poche et en retirer une bague.
C'était la bague la plus belle qu'elle ait jamais vu.
Faite dans un or pur (qui lui rappela le collier qu'elle portait autour du cou), elle représentait deux mains enlacées autour d'une émeraude resplendissante.
Avec tendresse, James glissa l'anneau autour de son annulaire, le regard ancré dans celui de la rousse.
Et alors des applaudissements retentirent dans la clairière. Leurs amis avaient formé un cercle autour d'eux et des sourires joyeux étiraient leurs lèvres.
James se redresse et souleva Ginny dans les airs, la faisant tournoyer, entendant son rire avec délice.
Il était l'homme le plus heureux de la Terre.
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Plus tard, Ginny apprit que toutes les cachotteries de ses amis n'étaient liées qu'à la demande en mariage. Devant son air surpris, James lui avait expliqué qu'il avait d'abord du avertir la famille Potter de ce qu'il prévoyait de faire (d'où la densité de son courrier ces derniers temps), qu'il avait ensuite du demander une autorisation de sortie de Poudlard pour lui et les trois autres maraudeurs…
- Pourquoi demander l'autorisation alors que vous pouvez sortir sans ? Avait-elle questionné, incrédule.
- Parce que nous allions rejoindre mon grand père à Godric Hollow, avait répliqué James.
- Godric Hollow ? Pour y faire quoi ?
- Pour qu'il jette le sort de protection sur ta bague.
- Le sort de protection ?
- Oui, maintenant, si tu es en danger, les protections ancestrales des Potter te protégeront…même si bien sur, elles sont limitées…
Après cela, il avait prit son courage à deux mains et s'était rendu dans une poste moldu pour affronter…un téléphone. James respectait profondément les traditions qu'il estimait justes, et demander la main de Ginny à Henry Evans était apparu comme plus que nécessaire à ses yeux.
Etant donné les restrictions concernant les déplacements magiques en territoire moldu (dûes à la guerre contre Voldemort), James n'avait pas pu se rendre en personne chez les parents de sa bien aimée. Cependant, il voulait montrer sa bonne foi en utilisant un objet moldu, plutôt qu'un hibou. Aussi, Remus, Sirius, Peter, Harry et lui s'étaient-ils déplacés au village de Gordic Hollow (à pieds évidemment) et avaient mit en pratique leur savoir moldu.
Se servir d'un téléphone n'avait de toute évidence, pas été une mince affaire (et Ginny, après que James lui eu raconté, en riait encore des jours plus tard).
Mais le résultat était là, Henry et Rose avaient acceptés de bon cœur et la rousse était émue par tant de délicatesse de la part de James.
Après ces révélations, elle s'était d'ailleurs empressée d'écrire à ses parents qui ne lui avaient répondu que par des félicitations…et beaucoup d'amusement.
« C'est un garçon respectueux qui t'aime sincèrement, Lily. Je suis heureux pour toi. Oh, et puis…il est vraiment très drôle, mais je te conseille vivement de lui en apprendre plus sur notre monde…par égard pour les oreilles de ses interlocuteurs téléphoniques…Ah, et au fait s'il te fait le moindre mal, je le tue, sorcier ou pas. »
Telles avaient été les paroles de son père dans la lettre qu'elle avait reçu en réponse à la sienne. Sa mère s'était contentée de lui faire part de toute les choses qu'elles devaient préparer ensemble pour le mariage…
« …les fleurs…la robe…le coiffeur !...la salle de réception…les témoins…le repas…la cérémonie (mi-sorcière, mi-moldue bien sur)… »
De la part de Harry et Léonora, Ginny avait reçu ces simples mots :
« Bienvenue dans la famille Potter, Lily. »
Quant à Dumbledore, il avait autorisé James à faire tout ce qu'il voulait en entendant le but de sa requête…le directeur avait été le premier à venir les féliciter en personne, chaudement.
Deux semaines plus tard, Ginny ne croyait toujours pas en son bonheur.
Elle avait l'impression de flotter sur un nuage, et une sensation intense de joie coulait dans ses veines.
Bien sur, cette demande était inéluctable mais…James avait su la surprendre ! Il avait tout fait dans la simplicité…parce qu'il la connaissait mieux que personne.
Ginny sourit.
- Je me questionne Lily…vraiment.
Sirius avait la voix rieuse, et ses yeux pétillaient. La bonne humeur régnait sur leur petit groupe et rien ne semblait vouloir la chasser.
- A propos de quoi Sirius ? Demanda Ginny distraitement.
- Jusqu'à quand ton sourire va-t-il rester ? Et…est ce que tu crois que James s'est fait une crampe à force de montrer ses dents ? Je m'inquiète…
Beth rit, suivit de Gordon, Remus et Peter, tandis que dans un même mouvement les fiancés lancèrent leur serviette de table en direction du jeune Black.
Puis soudain, dans un grand bruit d'ailes et de hululements, le courrier arriva par le biais de centaines de hiboux. Une lettre tomba sans grâce dans l'assiette de Beth qui grimaça, déclenchant une nouvelle vague de rire.
C'était un vendredi matin, le Grande Salle était toujours aussi bruyante de rumeurs et ragots (depuis deux semaines, l'annonce du futur mariage de James et « Lily » était en tête du top 50 des conversations de l'école) et les vacances de printemps commençaient le lendemain.
Les maraudeurs, Beth et Ginny, avaient décidé de rester à Poudlard pour commencer les révisions des ASPICS. Seul Gordon rentrait chez lui et ceci pour un but précis.
Le roux avait en effet réalisé qu'il ne pourrait en aucun cas habiter avec Remus si ses parents n'étaient même pas au courant de sa relation avec l'autre garçon…ce retour au bercail avait donc pour objectif cette annonce difficile. Remus aurait aimé l'accompagner, mais la pleine lune tombait (comme à chaque fois, pensait le lycanthrope) au mauvais moment.
- Si vous ne vous dépêchez pas on va être en retard au cours de Slug' ! Lança Gordon.
Divers grommellements lui répondirent mais tous se levèrent pour se rendre au cours de potion, en commun avec les Serpentards.
Ginny soupira en son fort intérieur. Depuis l'annonce de ses fiançailles avec le jeune Potter, il lui semblait que l'attitude de Sévérus était encore plus glaciale qu'auparavant, elle pensait pourtant que cela était impossible.
Après la découverte de la condition de mangemort de Rogue par Ginny plusieurs mois plus tôt, la rousse avait vainement tenté à plusieurs reprises de renouer un dialogue…mais les répliques du Serpentard restaient obstinément haineuses, blessantes. Dans ses yeux, elle ne pouvait plus rien déceler. Il avait déjà, semblait-il, la maîtrise complète de l'Occlumencie.
Sévérus Rogue ressemblait à son futur lui, amer, aigri, rancunier. Et rien de ce que Ginny avait pu faire ne changeait cela.
Elle ne pouvait que continuer à se comporter normalement avec lui, comme elle l'avait toujours fait, et ce malgré les insultes et la haine.
Elle était si triste pour lui. Elle savait que Sévérus était un être bon, courageux et loyal…son destin était injuste et plus encore était injuste le fait qu'elle ne pouvait rien y changer.
Les cours de potion étaient donc assez tendus entre elle et lui. Elle était la seule à parler, lui se contentait de gestes brusques et de regards dégoûtés.
Ginny hocha la tête de droite à gauche, ce n'était pas le moment d'y penser.
Elle sentit une main douce se saisir de la sienne et elle sourit.
James était là.
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Les cours de métamorphose avaient toujours été particulièrement compliqués, ce jour là n'exceptait pas à la règle. Ginny était pourtant douée la plupart de temps, mais elle devait cela à un travail acharné, pas à un don naturel.
Agacée de ne pas réussir ses exercices pratiques (que James et Sirius avaient exécuté en moins de dix minutes à son grand damne...) elle releva la tête et promena son regard sur la classe.
Les maraudeurs s'étaient installés dans le fond certainement pour pouvoir manigancer en toute tranquillité, contrairement à Beth, Gordon et Ginny qui avaient préféré les places se situant devant le bureau de Mc Gonagall…les ASPICS étaient si proches, cela valait bien ce sacrifice.
A côté d'elle le jeune Prewett semblait aussi agacé qu'elle, tout comme le reste de la classe (minus James et Sirius)…c'était assez réconfortant de voir qu'elle n'était pas la seule à avoir du mal.
Elle jeta un coup d'œil à Beth et fronça immédiatement les sourcils.
La jeune Smith était pâle, très pâle. Son regard était fixe et elle ne faisait même pas semblant d'exécuter les exercices demandés.
Ce n'était pas dans les habitudes de Beth de se laisser aller.
Il était vrai cependant que depuis le matin, son amie était ailleurs mais Ginny n'y avait pas réellement prêté attention.
La rousse se mordilla la lèvre inférieure, pensive. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait préoccupée Beth et cela l'inquiétait.
- Beth ? Tu vas bien ? Murmura-t-elle doucement en se penchant vers sa camarade.
Cette dernière sursauta légèrement et tourna son regard vers elle, lui lançant un faible sourire.
- Oui, oui…pourquoi ?
Ginny ne dit rien pendant quelques secondes. Puis décidant que le cours de métamorphose n'était pas le lieu parfait pour parler, elle souffla :
- Ce soir, après le dîner, toi et moi on va avoir une sérieuse conversation, Elisabeth.
La rousse avait consciemment utilisé le prénom entier de son amie pour que celle-ci comprenne qu'elle n'avait pas d'échappatoire.
Inutile de préciser que cela marcha à merveille.
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- Alors ?
- Alors quoi ? Répéta Beth dans un grognement, refermant la porte du dortoir des filles, septième année derrière elle.
Ginny n'avait eu aucun mal à la traîner à sa suite après le dîner, invoquant une « discussion entre filles » pour faire fuir (et le terme était sincèrement approprié) les garçons.
- Ne m'oblige pas à te harceler, Beth, ça nous éviterait une perte de temps inutile.
La jeune Smith ne dit rien pendant de longues minutes, puis dans un mouvement gracieux, elle s'installa sur son lit, sortit un parchemin froissé de sa poche et le tendit à la rousse.
Ginny fronça les sourcils et la rejoignit sur le lit tout en se saisissant du parchemin.
« Elisabeth,
Cette comédie a assez duré ! Je refuse que tu continues cette mascarade !
Il était déjà affligeant que tu sois répartie à Griffondor, que tu te lies d'amitié avec ces gens si loin de notre rang et qu'en plus tu bafoues notre honneur avec ce traître de Black !
Il est hors de question que tu restes à Poudlard pour ces vacances !
La récréation est terminée, tu m'entends ? Je t'ai laissé trop de liberté, vois comme tu me déçois aujourd'hui !
Il a été dur de te trouver un bon parti après toutes tes frasques à l'école, mais les Goyle ont été assez généreux en t'acceptant malgré tout.
Demain, tu prendras le PoudlardExpress en direction de Londres et nous clôturerons ton union avec le jeune Grégory.
Obéis ou il t'en coûtera jeune fille !
A.Smith »
La rousse pâlit considérablement en achevant sa lecture.
Quelle chose ignoble ! Comment pouvait-on faire ça à sa propre fille?!
Avec une certaine horreur elle se souvint que, quelques semaines auparavant, elle avait elle-même tenu un raisonnement sur les sang purs et leurs traditions, et qu'elle n'avait même plus songé à celle-ci…la plus atroce de toute : le mariage forcé. Le sang pur était si important pour les familles comme celle de Beth…
Elle dirigea son regard vers son amie pour voir les larmes rouler doucement sur ses joues.
- Beth…viens par là…
Elle l'attira contre elle et la laissa déverser son chagrin.
Ginny se mit à réfléchir à toute vitesse. Il était complètement hors de question de laisser Beth à son triste sort ! Jamais elle n'abandonnerait son amie aux griffes de ses parents ! Après tout, son amie était bien la seule personne dont elle ne connaissait pas le destin, elle pouvait donc intervenir sans avoir de remords !
- Calme toi…allez…chut…voilà…
- Li-Lily…qu'est-ce que-que je-je vais faire ?
- On va trouver une solution, tu m'entends ? Répliqua la rousse avec douceur, passant une main apaisante dans le dos de Beth.
Il y eut un moment de silence durant lequel la jeune Smith essuya ses larmes et tenta de chasser celles qui venaient l'assaillir.
- Le meilleur serait que…
Ginny s'arrêta peu sure d'elle.
Mais le regard brillant d'espoir que lui lança Beth, la dissuada de se taire.
- Le meilleur serait que tu restes à Poudlard malgré tout.
- Mais si je fais ça, il le prendra comme un signe de rupture et il me reniera ! Rétorqua Beth dans un gémissement. Il…il ne voudra plus jamais me revoir.
Ginny la regarda. Elle n'arrivait pas à comprendre que Beth puisse encore aimer son père malgré tout ce qu'il lui avait fait. La jeune Smith n'avait jamais aimé sa mère, car cette dernière l'avait haï depuis toujours, mais son père…
- Je n'ai pas dit que ça serait facile, dit la rousse. Mais Beth…ce qu'il veut faire…il est juste entrain de te vendre ! Il veut te marier contre te volonté !
Beth, qui s'était retiré de l'étreinte de Ginny, y retourna sans un mot.
Puis…
- Je savais que ce jour viendrait, chuchota-t-elle. Je le sais depuis longtemps, depuis que mon cœur bat pour Sirius en fait. J'aurais pu supporter qu'il me marie si je n'avais pas été amoureuse de lui…Mais je ne peux pas alors que je le suis désespérément. J'ai peur Lily. Que va-t-il advenir de moi ? Il est évident que je resterai ici demain. Mais et après ? A partir du moment où je refuse d'obéir à mon père, je n'ai plus de famille, plus de maison, plus d'argent, donc plus de financement pour mes études…plus d'avenir.
- Tu te trompes.
Ginny desserra son étreinte et prit le visage de Beth en coupe, plantant ses yeux émeraude dans le regard noir de son amie.
- Tu te trompes. Nous sommes ta famille. Nous sommes ta maison. Tu as Sirius, et tu sais que jamais il ne te laissera. Ne pense pas aux aspects matériels Beth, car il y a une solution à chaque problème. L'important, c'est que tu choisisses ton avenir. L'important c'est que tu sois celle qui décide, tu comprends ?
Elle marqua une pause.
- Et n'oublies pas que nous ne t'abandonnerons jamais. Que je ne t'abandonnerais jamais.
Beth ferma les yeux un instant. Lorsqu'elle les rouvrit, une lueur de détermination s'y étaient établit.
Elle esquissa un faible sourire et acquiesça.
Ginny lui sourit en retour et se leva, lui tendant la main. Beth lui lança un regard interrogateur.
- Maintenant, tu vas aller parler avec Sirius. Je ne sais pas pourquoi, dit elle avec un air malicieux, mais je suis sure qu'il saura te réconforter et te prouver que j'ai raison !
Le sourire de son amie s'accentua.
Beth se leva et suivit Ginny le cœur plus léger.
La rousse pour sa part, était tout aussi déterminée. Décidée à ce que tout se passe pour le mieux.
Parce qu'ils devaient tous être heureux, ensemble, et ce dès maintenant.
Car ils ne leurs restaient à tous que peu de temps…
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Les vacances débutèrent dans une ambiance survoltée.
Sirius avait décidé de faire oublié à Beth sa tristesse en se surpassant au niveau des blagues et des pitreries.
En soi, c'était un succès complet.
Ginny n'avait pas vu la jeune Smith pleurer une seule fois en une semaine, et pourtant elle portait une attention particulière à son amie, prête à réagir à la moindre trace de tristesse.
Les maraudeurs avaient suivis Sirius de bon cœur, d'autant plus que Remus avait du laissé partir Gordon et sa lourde tâche loin de lui. Le stress de roux lors de son départ avait été à son sommet et Ginny priait chaque jour pour que tout se passe bien pour lui…d'après ce qu'elle savait de part Gordon et aussi de part sa mère (Molly Weasley, bien évidemment), les parents Prewett étaient des personnes ouvertes et généreuses…et puis, Gidéon serait également présent aux côtés de son frère (ce qui se révélait être un atout important)…
Il y eut une légère accalmie dans les diverses agissements marauderesques durant la pleine lune…qui se termina bien vite cependant.
Une semaine après le début des vacances, alors qu'ils riaient tous d'une blague de Sirius dans la Salle Commune (désertée depuis longtemps par les plus studieux), et que l'après midi battait son plein, le portrait de la Grosse Dame coulissa et laissa passer Mc Gonagall.
La manière qu'elle avait de se tenir, fit tout de suite penser à Ginny que quelque chose était arrivé.
Quelque chose de grave.
La rousse avait cessé de rire depuis longtemps lorsqu'elle croisa le regard plein de compassion de sa directrice de maison.
Le silence se fit et Ginny sentit une boule d'inquiétude et de peur lui obstruer la gorge. Son cœur cessa un instant de battre et les couleurs quittèrent son visage.
Oui, quelque chose de très grave était arrivé.
- Miss Evans, Monsieur Potter, vous êtes attendus dans le bureau du directeur, la voix de Mc Gonagall était ferme mais une touche de douceur s'y ajoutait.
- Que se passe-t-il ? Demanda James en fronçant les sourcils, lui aussi semblait inquiet.
- Suivez moi, rétorqua simplement la professeur de métamorphose.
Ginny se leva, tremblante, James à sa suite.
Il lui prit la main et la serra fort.
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Les yeux de Dumbledore ne pétillaient plus.
Ce fut la première chose qui frappa Ginny lorsqu'elle et James entrèrent dans le bureau directorial.
Ca et le fait que Mc Gonagall avait préféré se retirer.
Le directeur les fit s'asseoir et leur proposa une tasse de thé. Suite à leur refus, il s'installa en face d'eux et les scruta gravement.
Son regard bleu se planta dans les yeux verts de Ginny.
Elle avait déjà vu ce regard plein de compassion et de résignation. Elle avait déjà vu, cette lueur triste et amère. Elle avait déjà sentit cette aura indescriptible de peine.
Alors elle comprit.
La rousse ferma les yeux fort et espéra de tout cœur que ce fut un cauchemar.
Lorsqu'elle les rouvrit, Dumbledore ouvrit la bouche et commença à parler…
- J'ai reçu un hibou il y a une heure. Tes parents ont un accident de voiture, avant-hier, tard dans la soirée. Ils ont été conduits en urgence à l'hôpital le plus proche, mais leur état était critique. Je suis désolé, Lily…ils n'ont pas survécu.
Ginny aurait voulu qu'il se taise. Qu'il ne lui annonce pas…qu'il la laisse dans l'ignorance.
Elle aurait voulu lui crier qu'il mentait. Que ce n'était pas la vérité. Que tout cela n'était qu'un vaste mensonge. Que ses parents l'attendaient à la maison pour préparer son mariage. Qu'ils étaient en vie. Qu'ils étaient heureux.
Elle aurait voulu lui hurler que c'était impossible. Impossible. Qu'on n'avait pas pu lui prendre ses parents une deuxième fois. Qu'on n'avait pas pu lui enlever ceux qui à bras ouvert l'avaient accueillis, soutenus, aimés. Que personne n'était assez cruel pour lui infliger ça alors que tout commençait à aller pour le mieux dans sa vie.
Elle aurait voulu crier et hurler, encore et encore.
Mais tout ce qu'elle fut capable de faire, fut de fermer les yeux une nouvelle fois, de laisser couler les larmes et de demander d'une voix à peine perceptible :
- Quand a lieu l'enterrement ?
- Demain, chuchota Dumbledore.
Les yeux toujours fermés, comme pour ne pas voir la réalité, pas tout de suite, elle murmura :
- Je suis autorisée à y aller n'est ce pas ?
- Bien sur…
Et elle sentit qu'on l'enveloppait d'une douce étreinte, que des bras forts la serraient.
Alors, elle rouvrit les yeux et plongea dans le regard chocolat de James…
- Je viens avec toi, mon Ange.
…et elle enfouie son visage dans le cou de son fiancé.
Si, on n'avait été assez cruel pour lui prendre ses parents une deuxième fois.
Mais on avait été assez généreux pour lui offrir James.
Et pour cela, elle remercia le ciel.
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De fines fissures lézardaient le plafond que Pétunia Evans, épouse Dursley, observait depuis des heures.
Le doux ronflement de son époux berçait ses pensées amères et tristes.
La journée avait été longue et éprouvante, mais Pétunia supposa que cela devait être le cas pour chaque journée où l'on enterrait des êtres qui nous étaient chers…
Elle soupira.
Sa colère avait été si puissante en voyant débarquer Lily, sa « sœur ».
Comment ce monstre de la nature, cette abomination, avait-elle osé se présenter à l'enterrement de ses parents ?
De plus Elle avait emmené son petit ami…un imbécile aux lunettes rondes et aux cheveux ébouriffés que Pétunia avait déjà rencontré à l'occasion d'un Noël…et qu'elle avait méprisé autant que sa sœur…
Pourtant, sa colère si forte avait fondu comme neige au soleil lorsque Pétunia avait croisé le regard vert de Lily.
Un regard si emprunt de tristesse et de douleur.
Un regard qui avait éveillé des souvenirs que Pétunia avait cru enfoui au plus profond de son être.
Oui, l'aînée des Evans s'était souvenue. Elle s'était souvenue avoir croisé le même regard plus de deux ans auparavant. Elle s'était rappelée de cette fille rousse au visage si perdu, un visage qui l'avait tant touché.
Elle avait revu cette fille qui avait tout perdu, famille, amis, maison, et qui n'était venue chercher qu'un peu d'amour et de chaleur chez les Evans.
Amour et Chaleur que la brune lui avait offert sans conditions.
Alors Pétunia, en mémoire de cette rencontre avait laissé parler son cœur.
Elle qui avait tant méprisé Lily, elle qui avait été si froide envers la rousse, elle encore qui avait privé sa sœur d'un Noël en famille (le dernier Noël de leurs parents !), elle avait décidé qu'en ce jour et en cette heure Lily avait autant le droit qu'elle d'être là.
Pétunia, par ce simple regard, avait donné à Lily l'occasion de lui faire ses adieux.
Car il ne faisait aucun doute à l'épouse Dursley que sa sœur partirait à l'aube pour ne jamais, jamais, revenir dans sa vie.
De nouveau elle soupira, les yeux toujours fixés sur le plafond blanc de la chambre.
Oui, la journée avait été longue et éprouvante.
Accueillir tant de personnes dans la maison de feu ses parents alors qu'une partie d'elle (une partie plus que dérangeante de l'avis de Pétunia) s'apprêtait à faire un nouveau deuil, le deuil d'une sœur qui …Cela avait été loin d'être un plaisir.
Un goût amer trônait dans sa bouche.
Pourquoi réagissait-elle comme ça à la fin ? N'était-elle pas supposée mépriser la rouquine ?
Une petite voix, (qui étrangement ressemblait à celle de sa défunte mère), lui murmura que peut-être elle aimait bien plus Lily que ce qu'elle s'efforçait de croire. Que peut être Pétunia n'avait jamais vraiment éprouvé de mépris pour sa sœur…que peut être elle devrait…
A partir de là, Pétunia su avec certitude qu'elle ne fermerait pas l'œil de la nuit.
Scrutant le cadran du réveil, elle étouffa une exclamation de surprise en constatant qu'il était déjà cinq heures du matin.
Au loin, au travers des rideaux, l'aube chassait déjà la nuit…
Un sentiment inexplicable d'urgence monta alors en elle.
Elle se leva précipitamment (prenant tout de même soin de ne pas réveiller Vernon) et descendit à pas feutrés l'escalier.
Elle ne fut aucunement étonnée de voir Lily assise à la table de la cuisine, une tasse de thé fumante entre les mains, des cernes violettes sous les yeux.
Après un moment de flottement où elle fut saisie par la pensée que si elle n'était pas descendue, elle n'aurait jamais revu sa sœur, Pétunia s'assit à côté de la rousse.
Le silence s'installa et perdura alors que les premiers rayons du soleil illuminaient peu à peu la pièce.
Dans un geste qui l'a surpris elle-même, Pétunia posa doucement une main sur le bras de Lily.
Cette dernière, qui avait gardé les yeux obstinément fixés sur sa tasse, les releva lentement pour croiser le regard de son aînée.
Il n'y avait pas vraiment besoin de mots, pourtant…
- Sois juste heureuse dans ta vie.
Pétunia acheva sa phrase avant même d'avoir essayer de la retenir.
- Je ferais tout pour, fais en autant, tu mérites le bonheur.
La voix douce de Lily résonna dans la cuisine mais Pétunia ne voyait que ses émeraudes, elle n'entendait que la tristesse et la résignation qu'ils criaient.
Elle hocha la tête par automatisme et un nouveau silence plana entre elles sans que jamais elles ne se quittent du regard.
- Pétunia, appela Lily. Je-je…je voudrais te demander quelque chose…je…
La rousse semblait hésitante mais la détermination ornait ses orbes verts.
Pétunia lui fit signe de continuer.
- Promets moi…promets moi de l'aimer, promets moi de veiller sur lui quoiqu'il arrive…
L'aînée, complètement perdue par cette demande inattendue et incompréhensible, vit avec horreur de lourdes larmes dévaler les joues de la plus jeune.
Qu'est ce que...?
Que se passait-il ? Pourquoi tant de larmes ? Quelle était cette promesse ? Que lui demandait Lily au juste ? De qui parlait-elle ?
Qu'est ce que…?
- Promets moi que ton mépris ne sera qu'un masque et que tu l'aimeras comme ton fils, que tu le protégeras comme la chair de ta chair…
Pétunia était de plus en plus confuse et des sanglots incontrôlables agitaient à présent sa sœur.
- Lily…calme toi…s'il te plaît…de quoi parles tu…Lily…je…
La lueur qui brilla dans les yeux de la rousse coupa Pétunia. Cette lueur était si forte, si prenante, si désespérée…Cette lueur lui remuait l'âme…elle su ce qu'elle devait faire.
- Je te le promets, déclara-t-elle d'une voix ferme bien qu'elle ne sache absolument pas de quoi elle parlait.
Lily se jeta littéralement dans ses bras et la serra fort. Si fort.
Parce que ce serait la dernière fois.
Parce que…parce que c'était un adieu.
Alors Pétunia pleura elle aussi.
Elle pleura pour ses parents défunts.
Elle pleura pour cette sœur que s'en irait à jamais dans un monde dont elle était exclue.
Et elle pleura sans s'en rendre compte, pour cet être qu'elle avait promis de protéger sans le comprendre. Pour cet être qui serait sans doute le dernier lien entre elle et sa sœur.
Pétunia ne su jamais d'où lui était venue cette pensée, ni même ce sentiment oppressant dans sa poitrine. Un sentiment qui lui annonçait la venue prochaine d'un être démuni et triste dans sa vie, un être que Lily laisserait orphelin.
Non, elle ne su jamais comment cette certitude l'avait envahie, mais l'avenir lui montra à quel point elle avait vu juste ce matin là, alors que pour la dernière fois, elle serrait sa sœur contre son cœur.
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A suivre…
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Voilà !!
J'espère que ça vous a plu…j'ai un gros doute, parce que moi-même je ne le trouve pas formidable…loin (très, très loin) de là ! Vraiment désolée, j'espère que vous ne serez pas trop déçus !
En ce qui concerne la demande en mariage, je ne sais pas si vous vous y attendiez ou pas, mais personnellement je la vois comme ça…je pense que James devait vraiment faire quelque chose de simple, pas les choses grandiloquentes qu'on voit parfois dans certaines fics…
Pour la mort des Evans…elle était prévue depuis le début de la fic, pour moi il était nécessaire qu'ils meurent car cela marque le tournant définitif de la vie de Ginny, une page qui se tourne et la fin qui débute…
En ce qui concerne la promesse de Pétunia, et toute la scène qui l'entoure, vous comprendrez mieux à la fin de la fic…
Bref ! Merci d'avoir lu !
Si vous voulez donner votre avis, me trucider pour l'attente ou quoique ce soit d'autre…REVIEW !
RAR's anonyme :
Doriane : La meilleure histoire HP ? Wouah, je suis franchement émue de lire ça !! Merci beaucoup !! Si tu voyais mes joues, elles sont aussi rouge que les cheveux de Ginny !lol ! Merci beaucoup pour ta review ! Ca m'a fait très plaisir ! Et vraiment désolée pour le retard, je sais combien c'est énervant d'attendre !! Plates excuses !
Aurélie : Je ne vous oublie pas !!lol ! J'ai mis le temps, mais le nouveau chapitre est là ! Merci pour tes encouragements ! Merci vraiment ! J'étais vraiment touchée, et ça m'a beaucoup motivé ! En ce qui concerne tes études (oui, je suis vraiment à la traine du coup, beaucoup de choses ont du changer depuis ce que tu m'as dit…), j'ai des amis en psycho qui travaillent à côté, je t'encourage à faire pareil si tu peux bien sur, ça serait dommage que ne fasse pas ce qui tu aimes !! Bon courage ne tout cas ! Je suis de tout cœur avec toi !! Bisous à toi ! et encore merci !
Eliz' : Merci beaucoup ! Ravie que ça t'ait plus ! J'espère qu'il en sera de même pour ce chapitre-ci ! Encore merci pour ta review !
Sheryne : Encore et toujours merci pour ta compréhension !! Je suis vraiment contente que le chapitre précédent t'ait plus, c'est que ton avis est important ! J'espère que celui là te plaira aussi, même si j'ai un doute !! En tout cas, ton soutien est un moteur je tiens à te le dire !! Merci beaucoup !! Bisous à toi !
Tania : D'abord, merci à toi d'être toujours là pour cette fic !! Ensuite, encore merci à toi pour me laisser de si belles reviews ! Pour répondre à ta question, le fait que Ginny et James choisissent ou non leur destin est une question qui sera plusieurs fois reposée dans la suite et ne t'inquiètes pas il y aura des…euh…débats ?...à ce sujet...(plus que ça en fait mais je ne peux rien dire sans en dévoiler trop)…et une explication viendra en temps et en heure…patience !!lol !mdr !Encore merci pour ta compréhension face à l'attente !! Bisous et à bientôt !
Le Roi Elessar : Je suis ravie de voir que ma fic te plait toujours !! Et je suis surtout désolée pour l'attente, je sais que c'est franchement désagréable…En tout cas merci pour ta review, elle était motivante au possible !! Bisous !
Biba : Je suis vraiment, vraiment désolée, pour l'attente !! Toutefois je suis ravie que ça te plaise !! Merci pour la review !
Voilà !!
A bientôt…(pas avant plusieurs semaines cependant, mes exams sont dans très bientôt…priiez pour moi…)
Bisous à tous et encore Merci !!
Eléonore
