Salut tout le monde et BONNE ANNEE 2009 !

Oui, je suis encore en retard, oui je vous ai fait attendre, oui vous me détester…je sais, je sais…

Mais pour me faire pardonner voici, un long, très long chapitre…pas moins de 44 pages !!! C'est le plus long que j'ai jamais écrit et, soyez heureux, j'en suis satisfaite. Bon ok, il est pas parfait (en fait il est blindé d'imperfections plus grosses que moi, c'est dire !lol) mais je l'aime bien, il fait avancé l'histoire.

A vous de me dire ce que vous en penser bien sur !

BONNE LECTURE !

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Disclaimer : Tout à JKR, comme d'hab'

Titre : Parce que la vie continue

Auteur : Eléonore-dem

Résumé du chapitre précédent : Tout le monde est réuni à Godric's Hollow. James et Lily se sont mariés sous l'œil de leurs amis et de leur famille. Peter a décidé de trahir. C'est le commencement…de la fin.

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Dédicace : Dois-je le préciser ? A ma MARION bien sur (mon petit parachute adoré…ne me tue pas, pitié…)

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Chapitre 37 : …de la fin.

Des chuchotements.

Des échos d'une autre vie.

Ginny baignait dans un brouillard oppressant, se tournant et se retournant sans distinguer quoique ce soit.

Ou était-elle ? Que signifiait la brume ? Et ces chuchotements incessants allaient la rendre folle !

Soudain le brouillard se volatilisa pour ne laisser place qu'à deux grands yeux verts, la fixant, la scrutant, la jugeant. Deux grands yeux verts emplis de douleur et de tristesse.

Les chuchotements se faisaient plus insistants, plus stressants, comme s'il n'y avait plus de temps à perdre, comme si tout allait se briser, mais elle ne les comprenait pas, elle ne saisissait pas ce qu'ils voulaient lui dire.

Un éclat brilla dans les yeux verts, les chuchotements se firent plus forts et elle su…

Ginny se réveilla en sursaut.

De fines gouttes de sueur coulaient sur son visage faisant état de son agitation et sa respiration était pantelante.

- Lily ?

Une voix douce et chaude sortit la rousse de sa torpeur et elle se tourna vers sa provenance.

Allongé auprès d'elle, son mari la regardait avec inquiétude.

- Ca va ? Toujours le même cauchemar ?

Elle acquiesça les larmes aux yeux.

Il soupira, ses yeux chocolat brillaient de résignation, de détermination et d'amour. Surtout d'amour.

- Aller, viens mon Ange, chuchota-t-il. Tu ne veux pas commencer ton premier jour à l'hôpital avec ces poches sous les yeux, si ?

Elle sourit faiblement et se blottit contre lui.

Mais elle ne se rendormit pas.

James non plus, elle le savait.

Mais ils ne parlèrent pas. A quoi bon ? La présence de l'autre suffisait amplement.

Ils savaient tous deux ce que voulait dire ce cauchemar.

Et…Ils étaient prêts.

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche…Il naitra de ceux qui par trois fois l'ont affronté.

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Ginny bailla à s'en décrocher la mâchoire et agita sa baguette faisant se mettre en action des dizaines d'instruments dans la cuisine.

Elle avait finit par s'endormir contre toute attente.

Aujourd'hui était son premier jour en tant qu'interne à l'hôpital Saint Mangouste, et elle était assez pressée d'y être.

La porte de la cuisine s'ouvrit et James, Sirius, Beth et Remus entrèrent en fil indienne pour aller s'asseoir autour de la table, les yeux bouffis. A peine furent-ils assis que la porte laissait à nouveau passer Léonora et Harry, tout deux rayonnant de bonne humeur.

- Essayez d'avoir l'air moins heureux, grogna James à leur encontre. Ca devrait être illégal de se lever en souriant le matin.

Ginny échangea un regard amusé avec les deux autres Potter.

James, Sirius et Beth avaient commencé leur formation d'Auror une semaine auparavant. Ils en rentraient exténués tard le soir pour repartir tôt le matin. Remus, pour sa part, avait abandonné toute idée de devenir Auror lorsque, malgré ses résultats exceptionnels aux examens surprises qu'ils avaient tous passés à Poudlard, on l'avait recalé pour des prétextes flous. Il ne s'était pourtant pas démonté, sous les encouragements de ses amis il s'était inscrit à des cours de défenses contre le mal avancés.

Ginny jeta un coup d'œil à l'horloge qui indiquait six heures trente.

A sept heure trente tapantes il lui faudrait être à Saint Mangouste, et ses amis au Ministère.

Elle fronça les sourcils et soupira.

- Gordon et Peter ne sont pas levés ? Dit elle un air réprobateur collé sur le visage.

Gordon devait, bien évidemment, l'accompagner pour la formation. Quant à Peter, lui aussi avait abandonné la formation d'Auror pour se consacrer à une carrière d'oubliator, domaine dans lequel il excellait, à la surprise de tous.

- Tu les connais, répliqua Remus l'air un peu plus réveillé après avoir bu une tasse de café. Si tu ne vas pas toi-même les tirer de leurs lits douillet ils n'en sortiront jamais.

La rousse leva les yeux au ciel.

- Vous êtes tous de vrais gamins ! Lança-t-elle.

- Hey ! S'indigna Sirius lui aussi un peu plus réveillé. Pourquoi tu nous inclus dedans…après tout nous on s'est levé sans ton aide !

- Oui mais vous n'êtes pas capables d'avoir l'air humain si le petit déjeuner n'est pas prêt à votre arrivée dans la cuisine, fit James.

- Regardez qui parle ! S'outra Beth.

- Moi je suis un cas à part, expliqua James un faux air pompeux sur le visage.

- Et pourquoi donc !?

- Je suis son mari, répliqua le brun à lunettes comme si c'était une évidence.

De nombreux rires fusèrent dans la cuisine de Godric's Hollow lorsque Ginny lui tapa l'arrière du crane.

Le jeune Potter regarda la rousse jouant à l'amoureux blessé, elle lui sourit et déposa un baiser sur son front. Puis dans un soupir elle se résolut à aller réveiller les deux marmottes qui profitaient outrageusement de sa bonne volonté.

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- Je suis stressé, je suis stressé, je suis stressé, je suis stressé, je suis stressé…

- Arrête par pitié ! Se lamenta Ginny alors que Gordon répétait dans une litanie sans fin les mêmes mots.

Ils étaient arrivés vingt minutes auparavant à Saint Mangouste et on leur avait demandé de se rendre dans le vestiaire réservé aux internes pour se mettre en uniforme (que leur avait gracieusement offert l'hopital et qui était d'un blanc éclatant, barré d'une baguette et d'un os croisés).

A présent, ils se tenaient toujours dans le fameux vestiaire ou ils avaient déposés leurs affaires (un casier à leur nom leur avait été attribué) et ils attendaient en compagnie d'une quinzaine d'autres étudiants (tous plus vieux d'au moins deux ans) que la responsable de Saint Mangouste vienne les trouver et leur expliquer ce qui était attendu d'eux.

- Et puis pourquoi tu stresses ? Chuchota Ginny en voyant que Gordon continuait de marmonner dans sa barbe inexistante. Nous vivons avec la responsable…Léonora ne va pas nous manger !

Gordon haussa les épaules et lança un regard circulaire sur la pièce.

Il grogna.

- Quoi encore ? S'exaspéra la rousse.

- Ce mec te matte. Je vais lui défoncer le portrait.

Ginny haussa un sourcil et fronça l'autre, avant de se tourner vers le « mec » en question. C'était un grand blond, aux traits raffinés et aux yeux d'un noir pénétrant. Et, effectivement, il la regardait intensément.

- Tu ne feras rien du tout, dit elle tranquillement à Gordon, un soupçon de menace dans la voix.

- Non tu as raison, je vais juste le dire à James, murmura Prewett un sourire malicieux étirant ses lèvres.

Ginny le regarda, horrifiée.

Gordon rit de bon cœur.

- Je plaisantais, petite fleur (depuis le mariage, Gordon et Remus n'avaient de cesse de la surnommer ainsi, à son plus grand désappointement, après tout, elle n'était pas petite !).

- Tu as intérêt…James ne se contrôle pas vraiment dans ce genre de situation…

- Oui, je suis sur que Diggory s'en rappelle encore.

Ginny lui jeta un regard noir et il sourit encore plus.

A ce moment, la porte s'ouvrit laissant place à Léonora et deux autres personnes que la rousse identifia comme étant Thomas Anderson et Violetta Brown, les deux examinateurs que Saint Mangouste avaient envoyé à Poudlard en juin dernier pour évaluer leurs capacités à elle et à Gordon.

Le silence se fit dans la salle et Léonora, s'avança jusqu'à être au centre de la pièce. Elle n'avait fait aucun signe montrant qu'elle connaissait Ginny ou Gordon, mais les deux roux ne s'en soucièrent pas : avant le départ de Godric's Hollow la mère de James les avait prévenu.

- Bonjour, commença Léonora d'une voix ferme et pleine d'autorité. Je suis Léonora Potter, chef médicomage de Saint Mangouste. Voici Thomas Anderson et Violetta Brown responsables de votre formation.

Les deux médicomages les saluèrent d'un hochement de tête.

- Vous êtes dix huit et vous serez donc répartis en deux groupes de neuf sous la direction de Thomas ou Violetta qui seront alors vos référents.

Elle marqua une pause et les scruta.

- Nous sommes en guerre, leur rappela-t-elle. Vous avez été choisi parce que vous êtes les meilleurs, parce que nous pensons que vous pourrez supporter ce que vous verrez ici. Nous sommes en guerre, répéta-t-elle. Votre formation ne sera pas de tout repos.

De nouveau elle s'arrêta, comme pour leur laisser le temps de bien intégrer le fait qu'ils seraient bien assez tôt confronté au sang, à la ruine et au désespoir.

- Bien, reprit-elle. A l'énoncé de votre nom vous rejoindrez l''un ou l'autre des groupes.

Ginny attendit anxieusement, se demandant si elle serait avec Gordon ou non…elle fut presque étonnée que le nom Evans ne retentisse pas avant de se souvenir qu'elle était une Potter depuis plus d'un mois.

- Potter, Lily, appela Léonora. Vous êtes avec Thomas. Prewett, Gordon Frédéric avec Thomas…

L'appel continua mais Ginny ne pu que remarquer la manière dont on la regardait.

« On voit tout de suite ceux qui sont pistonné » marmonna une fille blonde de son groupe en la fusillant du regard. Ginny s'intima le calme, et retint de justesse Gordon qui prévoyait, au vu de la lueur meurtrière dans ses yeux, de sauter sauvagement sur le dite fille.

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Globalement, la journée se passa bien. Anderson leur fit visiter Saint Mangouste de long en large en leur rabâchant de bien retenir les différents passages et couloirs parce qu'il n'avait pas le temps de leur montrer une deuxième fois.

- Nous sommes en guerre, leur répéta-t-il une bonne dizaine de fois.

Aussi le soir, dans les vestiaires, le sujet principal des conversations était les actions de Voldemort.

Ginny écoutait distraitement les autres parler en se demandant ce qu'elle allait préparer à dîner en rentrant…tout pour ne pas penser aux regards noir de ses camarades qui l'avaient poursuivi depuis le matin et à Gordon qui fulminait à côté d'elle.

- Moi ce que je me demande, intervint un garçon d'une voix plus forte que les autres, ce qui attira l'attention de Ginny malgré elle, c'est comment en ces temps de guerre (il singea Anderson en prononçant ces mots), l'hôpital peut encore faire du piston alors que nous avons besoin de médicomage compétent…

Ginny sentit ses joues s'enflammer alors que tous les yeux se posaient sur elle et que Gordon émettait un grognement digne de son loup garou de petit ami.

- Rien à dire ? Continua le garçon, le même qui ce matin encore la fixait intensément de ses yeux noir, dans sa direction. Tu es quoi au juste pour le grand chef, sa fille, sa nièce ?

La rousse fronça un sourcil et haussa l'autre avant de répliquer calmement :

- Je ne vois pas en quoi cela te regarde…ton nom ?

- Scott, Perceval Scott.

- Je ne vois pas en quoi ça te regarde Scott. J'ai subi la formation accélérée de Poudlard et les examens de Saint Mangoutse : j'ai autant ma place ici que toi.

Il y eu un silence.

- Enfin Scott tu es aveugle ? Tu n'as pas remarqué son alliance ? Ou bien tu n'as pas lu la rubrique mariage de la Gazette pendant l'été ? Elle est la belle fille du grand chef…marié à James Potter, Auror en formation, petit fils de Harry Potter…

Ginny regarda la fille qui venait de s'exprimer, c'était la blonde du matin…Millicent quelque chose…

- Tais toi ! Lança Gordon avant que Ginny n'ait le temps de réagir. Tu n'as même pas le tiers de connaissances en médicomagie de Lily…Et ce n'est certainement parce que ta vie sentimentale est aussi déserte que le Sahara que tu as le droit de médire sur les histoires d'amour des autres…à moins que ça ne te fasse te sentir moins seule ? Pauvre fille va…

- Dis moi Potter, fit Scott avec un sourire en coin tandis que Millicent devenait aussi rouge que l'étendard Griffondor, est ce que ton mari sait que tu as un autre chevalier servant ?

- Espèce de…

- Gordon ! Appela Ginny en lui tenant fermement le bras, l'empêchant de se jeter sur Scott. Ca suffit. Ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent, je sais ce que je vaux, tu le sais et James le sait. Maintenant allons nous en, ils ne méritent pas qu'on les écoute…

Ginny se saisit tranquillement de son sac et sortit tout aussi tranquillement de la pièce, suivit par tous les regards…

- Lily, Gordon était derrière elle. Il la rattrapa et lui prit la main. Je suis désolé Lily, ce ne sont que des abrutis.

Ginny lui sourit.

- Je sais. Et je m'en fiche.

Le roux lui lança un regard incertain avant de lui rendre son sourire.

- On rentre ? Proposa-t-il.

- Oui…j'ai décidé que ce soir ça serait Lasagnes…

- J'adoooooooooore les Lasagnes, fit Gordon les yeux soudain brillant.

Ginny pouffa.

- Ca je le sais imbécile…oh et Gordon ?…Ca reste entre nous…ce qui vient de se passer je veux dire…pas la peine de mettre James au courant.

Le jeune Prewett soupira.

- Je crois en effet que ça serait plus sage.

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Septembre passa en flèche.

Une routine s'installe à Godric's Hollow. Tous les matin, les habitants du manoir se réunissaient dans la cuisine, se souhaitaient une bonne journée et se séparaient pour ne se réunir que le soir autour du délicieux dîner que Ginny préparait avec amour. Trois fois par semaine, ils allaient ensemble aux réunions de l'Ordre du Phénix et écoutaient les différents rapports des combattants et se voyaient (principalement Beth, Sirius et James sans oublier Harry) attribuer des missions par Dumbledore.

Ginny, Gordon et bien évidemment Léonora étant les seuls médicomages de l'Ordre, ils servaient surtout à réparer les bobos de leurs amis lorsque ces derniers revenaient amochés de leurs missions.

A l'hopital, Ginny aurait souhaité que cela se passa aussi bien qu'avec l'Ordre (qui fonctionnait très bien, mieux qu'en 1996 à vrai dire) mais si Anderson chantait ses louanges (comme il le faisait pour Gordon en fait) ses camarades avaients la rancœur tenace à son égard.

Elle avait beau dire qu'elle s'en fichait, qu'elle savait qu'elle n'était pas en tort (elle était juste douée en médicomagie par Merlin ! ce n'était pas un crime !), les remarques blessantes de Scott finissaient par la faire douter d'elle-même.

Cette après midi là de début octobre, une petite attaque sur un village moldu avait fait des blessés chez les Aurors.

Ginny avait été dépêché avec (ô malheur) Scott aux urgences et s'occupait présentement d'un homme d'une quarantaine d'années qui pestait contre sa stupidité…

- Comment est ce que j'ai fait pour ne pas voir ce sort venir ! Répéta-t-il pour la cent cinquantième fois.

- Monsieur Marche, arrêtez de vous morigéner, vous êtes en vie, c'est ce qui est la plus important non ? Lui rétorqua Ginny.

- Vous êtes bien gentille, mademoiselle.

- Madame, glissa Ginny avec un léger sourire.

- Mariée si jeune ? S'étonna Marche.

- Et on sait tous avec qui, hein Potter ? On sait tous pourquoi aussi…

Ginny fusilla Scott du regard alors que celui-ci lui lançait un sourire mauvais. Il se retourna et tira le rideau sur la gauche de la rousse afin de découvrir son patient.

Patient qui pointa sa baguette sur la poitrine de Scott avec une rage que Ginny reconnu tout de suite.

- James !

- Toi ! Fit le jeune Potter. Je te conseille de t'excuser auprès de ma femme ! Maintenant ! Je ne sais pas ce qui me retient de faire de toi de la chair à pater ! Excuse toi !

- James ! Appela encore Ginny. Baisse cette baguette !

- Excuse toi auprès de ma femme tout de suite, murmura dangereusement James sans prendre en compte la rousse.

Scott était livide et ses yeux fixaient la baguette braquer sur lui avec une peur lisible.

- Par-pardon, chuchota-t-il finalement.

- Tu peux faire mieux j'en suis sur…

- Potter ! Intervint finalement Marche (Ginny sursauta, elle l'avait presque oublié). Ca suffit maintenant, baisse ta baguette ou je te colle une suspension. Et vous, (il s'adressa à Scott avec une voix menaçante) je vous conseille de déguerpir ou je vous jette moi-même un sort !

Scott ne se le fit pas dire deux fois et s'en alla d'un pas rapide et incertain. Marche se tourna vers Ginny.

- Vous avez fini ? Lui demanda-t-il en désignant son bras que la rousse venait de soigner.

- Oui.

- Dans ce cas je dois aller faire mon rapport.

- N'oubliez pas de signer la feuille de soin, et surtout de ménager votre bras pendant les deux heures qui suivent…

- Oui, oui, je connais la procédure…(il se tourna vers James)…Potter ! Quand tu auras fini ici, passe dans mon bureau, on va discuter…

Il se dirigea vers la porte sans plus de commentaires sauf…

- Oh et Potter…bonne chance. Tu vas découvrir qu'il n'est jamais bon de mettre sa femme en colère…Madame Potter, au plaisir.

Ginny acquiesça machinalement, fixant James qui venait de saisir le sens des paroles de son collègue, et la porte se referma.

Et le couple Potter eut sa première dispute conjugale.

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Et leur dispute dura plus d'une heure pendant laquelle James affirma qu'il n'avait fait que son devoir, que ce « type horrible aux cheveux blonds ridicules » aurait mérité plus qu'une petite menace. Il s'offusqua d'apprendre que ce n'était pas la première fois qu'il parlait ainsi à Ginny et manqua de s'étouffer d'indignation en comprenant ce que pensaient les camarades de la rousse quant à son admission à la formation de médicomagie.

Ginny quant à elle, n'en finit pas de lui reprocher son comportement puéril qui allait plus jouer contre elle qu'autre chose, elle lui reprocha son impulsivité qui finirait par lui causer des problèmes et…et s'arrêta net en constatant la grimace de douleur de James lorsque ce dernier, fatigué, s'assit sur le lit de la chambre de l'hôpital.

- Oh mon Dieu, James tu es blessé !

- C'est rien, grommela ce dernier.

Mais ce n'était pas rien et la rousse s'en voulu tout de suite de ne pas l'avoir remarqué.

- Laisse moi voir, lui dit-elle doucement, oubliant d'office leur dispute.

- Dire que j'avais tout fait pour que ce ne soit pas toi qui me soigne.

Elle lui jeta un regard noir.

- Je ne voulais pas que tu t'inquiètes pour rien, chuchota-t-il avec tendresse en lui caressant la joue.

- Imbécile, rétorqua Ginny mais son ton ruisselait tant d'amour que l'insulte sonna comme un « je t'aime ».

Elle le soigna en silence et lorsqu'elle eut finit le serra dans ses bras comme si sa vie en dépendait.

- Ne recommence plus jamais ça, lui dit elle en déposant un baiser sur ses lèvres.

Et James se demanda s'il ne devait plus jamais menacer les abrutis qui s'en prenaient à sa femme ou s'il ne devait plus jamais éviter de montrer une blessure à Ginny…dans un sourire maraudeuresque il opta pour la seconde option et souhaita bonne chance à l'horrible type aux cheveux blond ridicules s'il venait à croiser son chemin une seconde fois…

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La nuit était paisible et aucun son ne venait briser le calme qui régnait sur la demeure.

Quand soudain, une alarma stridente résonna bruyamment dans Godric's Hollow, réveillant ses habitants dans un sursaut mémorable.

- Une attaque, grogna fébrilement James en se levant. Le ministère appelle ses Aurors…

Ginny se leva à son tour, un peu perdue, jamais encore l'ampoule de détresse remise à chaque Auror n'avait résonner dans la maison…et pour une première fois, ce n'était pas une mais quatre ampoules qui hurlaient. Celles de James, Beth, Sirius et Harry.

Sans rien comprendre, mais les sens en alertes, elle suivit James au salon où Sirius achevait de boutonner sa chemise, Beth de lacer ses chaussures et où Harry parlait fébrilement dans un miroir à double sens avec…Dumbledore. Léonora, arriva elle aussi habillée de pied en cape.

Puis, James déposa un baiser amoureux sur ses lèvres et jeta de la poudre de cheminette de l'âtre de la cheminée avant de disparaitre rapidement suivis de son grand père, de Beth et de Sirius.

Ginny, pas franchement réveillée, sentit ses entrailles se tordre d'angoisse…oh Merlin, que se passait-il, pitié que James revienne en un morceau…

- Tenez vous prêts, fit Léonora. Gordon, Lily je vous conseille d'enfiler vos blouses d'intervention d'urgence et de me suivre à Saint Mangouste, ainsi vous serez prêts au moment où l'alerte retentira chez nous aussi…Peter, Remus, vous feriez mieux de joindre l'Ordre, je pense qu'on aura besoin de vous là-bas…

Devant l'air interrogateur des jeunes qui lui faisaient face, Léonora murmura tristement :

- Il est rare que le Ministère fasse appel aux Aurors en formation…l'attaque doit être de très grande envergure.

Puis, elle disparu à son tour dans l'âtre de la cheminée.

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L'angoisse de Ginny n'avait fait que croitre entre le moment où ils avaient tous quitter Godric's Hollow et celui où elle avait atterrie à Saint Mangouste.

Le signal d'urgence avait retentit dans l'hôpital deux minutes après leur arrivée à elle et Gordon.

Andersen réunit son équipe dans les vestiaires.

- Bon écoutez bien, nous allons devoir exceptionnellement nous rendre sur place. Les Aurors sont trop débordés pour s'occuper des blessés, ils nous ont créé une zone de protection pour qu'on puisse y aller nous même.

Il y eu de nombreux hoquets de stupeur.

D'habitude, on n'envoyait pas les médicomages sur un champ de bataille. C'était beaucoup trop dangereux.

Anderson les regarda gravement.

- Nous vous avions prévenu que c'était la guerre, nous ne plaisantions pas. Ceux qui ne se sentent pas capable de venir, personne ne vous en tiendra rigueur. Les autres suivez moi, le temps presse.

Complètement terrorisée mais absolument résolue Ginny emboita le pas à Andersen, suivie de ses camarades.

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Lorsque Ginny atterrit sur le champ de bataille, rien, non, rien n'aurait pu la préparer à ça.

Des dizaines et des dizaines de blessés jonchaient le sol.

Des dizaines et des dizaines de corps sans vie se mêlaient à eux.

Au loin un incendie magique faisait rage, ravageant un grand nombre de bâtiments.

Plus loin encore, le combat.

Le combat qui continuait.

Et Ginny sentit ses entrailles se liquéfier sachant que James était là-bas.

- Très bien écoutez moi! Hurla Anderson. Les Aurors en sont encore à repousser les mangemorts et à sécuriser le périmètre. Ils font leur possible pour amener le maximum de blessés dans la zone. La priorité est de savoir si ces personnes sont aptes à transplaner, si c'est le cas, faites le sans tarder, dans le cas contraire, faites votre possible ! Maintenant allez y !

Cependant aucun d'entre eux ne bougea, sans doute trop paralysés par ce qu'ils voyaient.

- Qu'est ce que vous attendez ? Bougez vous !

Ginny croisa l'espace d'une seconde le regard de Gordon et se lança.

La « zone » comme l'avait appelée Anderson, était en vérité un espace plus ou moins vaste ou les Aurors déposaient les blessés avant de retourner au combat. Elle était protégée par une mince lueur bleutée que Ginny identifia comme un bouclier.

Sentant l'urgence monter en elle, elle s'approcha du premier blessé devant elle, prit son pouls, constata l'état de ses blessures et transplana immédiatement à Saint Mangouste.

L'heure qui suivit fut uniquement rythmée par ses allés et retour à l'hôpital, elle remerciait Merlin car les Aurors étaient arrivés avant que les blessures de ces gens ne deviennent vraiment trop grave…si on laissait la magie noire s'infiltrer pendant trop longtemps dans un corps, les chances de survie s'amenuisait à chaque seconde…

Mais alors qu'elle se penchait sur un homme d'âge moyen, elle entendit les bruits de combats se rapprocher.

Elle releva la tête et se figea.

Non…ce n'était pas possible…Non…

La mince barrière bleutée érigée pour qu'aucun sort perdu ne touche les blessés et les médicomages venaient de se briser.

Ce qui signifiait que maintenant ils étaient tous dans la zone de combat…

Ginny scruta les alentours, soudain paniquée.

Il y avait trop blessés, ils n'auraient jamais le temps de tous les évacuer…

Merlin…pitié…

Elle vit Gordon quelques mètres plus loin transplaner trois blessés à la fois.

C'était beaucoup trop…le danger était trop grand…mais c'était la seule solution.

Elle échangea un regard avec ses autres collègues et tous imitèrent Gordon dans la limite de leur possibilité.

Ginny empoigna l'homme qu'elle soignait, ainsi qu'une vieille femme qui serrait elle-même contre elle une petite fille d'à peine six ou sept ans.

Elle pria de toutes ses forces qu'elle arrive à tous les transplaner d'un seul coup.

Quel ne fut pas son soulagement en atterrissant sur le plancher de Saint Mangouste avec les trois personnes qu'elle transportait.

Mais Ginny ne s'attarda pas et retourna sur le champ de bataille après avoir donné les détails de l'état de ses patients.

Elle continua ainsi durant de longues minutes au prix d'un effort surhumain.

Il était déjà épuisant de transplaner plusieurs fois en un laps de temps si court, mais transplaner avec plusieurs autres personnes en même temps était une attitude folle.

Ginny fut rapidement trop fatiguée pour transporter d'autres blessés, mais l'avantage était que maintenant les victimes étaient en nombre moindre, presque toutes étaient des Aurors ou des membres de la brigade ministérielle, plus aucun civil ou presque n'étaient présents, ce qui voulait dire une chose, elle pouvait, si le besoin s'en faisait ressentir, se lancer dans la bataille.

Elle s'occupa de plusieurs Aurors dont la plupart retournait au combat dès qu'elle leur avait jeté un sort revitalisant, ou alors un sort anti-hémorragie, elle avait tenté d'en retenir plus d'un, mais aucun ne l'avait écouté.

Pourtant, malgré tout cela, ce ne fut qu'en voyant Franck Londubat inconscient qu'elle se rendit vraiment compte que la bataille penchait douloureusement du côté des mangemorts.

Elle le soigna du mieux qu'elle le pouvait songeant qu'Alice la tuerait si Franck n'en ressortait pas vivant.

Lorsqu'elle l'eu amené à l'hôpital et qu'elle se retrouva de nouveau en plein dans les combats, Ginny constata qu'elle n'avait plus vue Gordon depuis un moment déjà.

Elle le chercha désespérément sans le trouver.

Mais les combats l'entouraient à présent bien trop dangereusement pour qu'elle avance encore sans esquiver les sorts, il fallait qu'elle se batte, le moment était venu.

Elle prit le temps de scruter les environs, constatant par la même que beaucoup de ses collègues s'étaient engagés dans la bataille pour préserver un certain périmètre de sécurité (toute relative mais malgré tout présente) autour des blessés que l'on ne pouvait pas transplaner.

Ginny prit une grande inspiration et s'avança vers un Auror qui était vraiment en très mauvaise posture, à plus de trois mètres de là.

Il combattait seul face à deux mangemorts et elle le sentait se fatiguer.

Elle jeta alors le premier sort qui lui passait par la tête.

- Expelliarmus !

Un des deux mangemorts vola deux mètres plus loin.

L'Auror quant à lui sembla soulagé qu'on lui vienne en aide, Ginny comprit alors que ce dernier était méchamment blessé sur le flanc droit.

A deux ils purent maîtriser le deuxième mangemort en le mettant hors d'état de nuire, puis Ginny s'approcha de son désormais compagnon d'armes.

- Je suis médicomage, dit elle en s'essuyant le front. Laissez moi regarder ça. Quel est votre nom ?

- John…John Stuart.

- Lily Potter, se présenta-t-elle rapidement.

Elle ne pu empêcher une grimace de s'étaler sur son visage en constatant les dégâts de sa blessure.

- Je dois vous emmenez tout de suite à Saint Mangouste.

- Mais je ne peux pas laisser le combat…

Ginny planta ses émeraudes dans les yeux bruns de l'homme qui ne devait pas avoir plus d'un ou deux ans de plus qu'elle.

- Ecoutez moi bien, si vous restez ici, vous mourrez pour la simple raison que cette blessure vous rendra inconscient dans moins de cinq minutes et qu'il sera alors trop tard, je ne pourrai plus vous transplaner…

Il voulu répliquer mais changea d'avis devant le regard ferme de la rousse qui le transporta aussitôt à l'hôpital. Il s'évanouit quelques secondes à peine après leur atterrissage.

Ginny qui n'avait vraiment plus de force se dit que ce transplanage était vraiment celui de trop…mais à la pensée que James…Sirius…Beth…et Gordon étaient encore là bas…

Elle puisa dans ses dernières réserves et retourna sur le champ de bataille.

Les quelques minutes qu'il lui avait fallu pour amener Stuart à Saint Mangouste avaient vu s'aggraver la situation.

Désormais il n'y avait plus aucune zone pour les blessés dont l'état ne permettait pas le transplanage, et les combats étaient de plus en plus violents.

Elle n'eu pas le temps de s'horrifier car on l'attaqua par derrière.

Elle esquiva sans trop de difficultés.

Le mangemort face à elle eu un sourire goguenard sans doute du fait qu'elle ne soit que médicomage et non pas Auror.

Elle allait lui montrer…

S'en suivirent une lutte acharnée ainsi que de nombreux sorts mortels, mais Ginny était encore debout et apte à se battre.

Le seul problème étant qu'elle avait identifié ce mangemort comme de niveau un. Ce qui voulait dire qu'elle était très, très mal partie…

L'Ordre du Phénix avait classé les mangemort en trois niveaux. Le niveau trois regroupait les mangemorts « débutants », tout juste marqués ou qui ne possédaient pas une grande puissance magique. Le niveau deux regroupaient le nombre le plus important de partisans de Voldemort, ceux qui avaient les capacités d'un sorcier moyen ou plus et qui pour certains avaient des atouts magiques non négligeables. Le niveau trois comportaient les mangemorts les plus fidèles, les plus doués, et surtout les plus dangereux. Ils étaient le cercle de confiance du Seigneur des Ténèbres.

Ginny s'accrochait néanmoins, elle avait de l'expérience en matière de mangemort, pour cause ce n'était certainement pas le premier qu'elle voyait.

Cependant Ginny faiblissait et son adversaire le sentait bien.

- Crucio !

- Stupéfix !

- Impédimenta !

Ginny esquiva.

Mais le temps de redresser sa baguette pour attaquer et le mangemort avait déjà lancé son sort…

Elle se sentit projetée sur le côté et une voix qu'elle aurait reconnue entre mille lança un puissant « Expelliarmus » qui acheva son adversaire.

Il enchaîna par un sort de stupéfix et de ligotage avant de se tourner vers elle.

Il avait une longue entaille le long de la joue droite, son épaule avait certainement subit l'épreuve du feu, mais il restait droit, et fier.

Ginny lui sauta au cou.

- James…j'ai eu si peur…

- Merlin ; Lily mais qu'est ce que tu fais là ?

Elle lisait très bien l'inquiétude dans sa voix comme dans ses yeux.

- Je…les blessés…

- Lily retourne à l'hôpital !

- C'est hors de question !

- Lily…

- James vous êtes en sous nombre.

Il ouvrit la bouche pour protester mais une vague de panique se propagea parmi tous les combattants.

Il se tourna vers la source de ce nouveau désastre et pâlit considérablement.

- James qu'est ce que…

Ginny se tourna à son tour, et le sang quitta définitivement son visage.

IL était là.

Sa robe noire flottant sous l'agitation d'une brise inexistante.

Son teint blafard rayonnant comme une lueur macabre.

Et Ses yeux, d'un rouge sang, qui scrutaient le champ de bataille avec jubilation.

Lord Voldemort.

Ginny frissonna.

- Lily, appela la voix trop rauque de James, rentre s'il te plait…

- Non, James on a besoin de moi.

- Lily, par pitié…

Mais la rousse était déterminée.

Elle déposa brièvement ses lèvres sur celles de son mari en lui murmurant un « je t'aime » vibrant.

Puis d'un pas assuré elle se plongea dans le cœur même des combats.

Et bien évidemment James la rattrapa.

Il savait qu'il ne la convaincrait pas alors à son tour il lui dit tout son amour et ce fut en duo qu'ils se réengagèrent dans la bataille.

Ils ne se débrouillaient pas si mal et ce du fait qu'ils se connaissaient l'un l'autre mieux que quiconque.

Bien sur, Ginny ne pouvait aucunement remplacer Sirius (partenaire de James dans toutes ses missions) qui était plus efficace mais c'était une bonne combattante malgré tout.

Dans leur avancée ils croisèrent plusieurs connaissances dont Alice que Ginny rassura brièvement sur l'état de Franck, mais aussi Gordon qui sembla soulagé de les voir vivants et enfin Sirius qui se battait comme un beau diable à moins de deux mètres d'eux contre un mangemort particulièrement coriace.

Pourtant ils ne s'étaient pas rendus compte que chaque pas qu'ils faisaient les amenait inexorablement de plus en plus près de Voldemort lui-même.

Et ce fut dans un sursaut que Ginny croisa pour la première fois de sa vie les yeux rouges du Seigneur des Ténèbres.

James à ses côtés grogna et se plaça instinctivement devant sa femme.

Et IL sourit.

- Tiens, tiens, mais qu'avons nous là ? Ne serait-ce pas le couple Potter de la nouvelle génération…intéressant…très intéressant…

Ginny ne pu s'empêcher de frissonner.

Cet être n'était pas humain n'est ce pas ?

Aucun homme n'avait la voix si froide

De douloureux souvenirs lui vrillèrent les tempes…Tom Elvis Jedusor…le journal intime…non, non ce n'était pas le moment de se souvenir…

- Rejoignez moi, susurra Voldemort, rejoignez moi ou vous ne trouverez que la mort.

D'une même voix James et Ginny lancèrent un « Jamais ! » retentissant.

A deux, baguettes dressées, ils savaient qu'ils se battraient jusqu'au bout sans céder.

IL eu un rictus.

- Crucio !

Le couple Potter esquiva avec brio.

Mais le Seigneur des Ténèbres n'était pas ce qu'il était pour rien…

- Avada Kedavra !

Nouvelle esquive.

Ginny jeta un puissant « Expelliarmus » qui eu juste l'effet de faire reculer d'un pas Voldemort, et de le mettre très en colère par la même occasion.

- Doloris !

Cette fois elle ne pu esquiver.

Elle sentit comme des milliers de lames chauffées à blanc la transpercer de toutes parts.

Une douleur infinie et innommable la consuma.

Et elle ne souhaita qu'une chose…en finir

Elle entendait un cri au loin…un cri déchirant…et il lui sembla vaguement qu'il provenait de sa propre gorge.

Elle entendit James hurler un « Lily » tout aussi déchirant.

Mais la douleur était si forte…

Si forte…

Aussi forte que Voldemort était puissant.

Puis tout cessa.

Elle fut parcourue de violents spasmes.

Usant des dernières forces qu'elle possédait elle se releva courageusement pour voir que James était face au Seigneur Noir et qu'il n'avait vraiment pas l'avantage.

Sans vraiment s'en rendre compte elle lança le premier sortilège qui lui passa par la tête.

D'énormes chauves souris entourèrent Voldemort qui, surpris, ne réagit pas tout de suite, ce qui sauva James d'une mort certaine.

Son mari se retourna vers elle.

Plusieurs choses se passèrent à cet instant.

De nombreux bruits caractéristiques de transplanages se répercutèrent en écho sur la zone de combat. Et Voldemort se défie du sortilège de chauve furie lancée par Ginny.

Parmi les arrivants se distinguait nettement un homme à la longue barbe scintillante.

Albus Dumbledore.

Ginny su qu'ils étaient sauvés à l'instant même où elle croisa les prunelles bleues du directeur de Poudlard.

Ce dernier se dirigea prestement vers eux en voyant dans quelle position ils étaient.

Voldemort lui-même se désintéressa du couple pour faire face à Dumbledore.

Ce fut James qui eu la brillante idée de s'éloigner du combat à peine commencé des deux plus puissants sorciers du monde magique.

- Lily…Lily tu vas bien ?

- Oui…et…et toi ?

- J'ai vu pire ou presque…On a eu de la chance…beaucoup de chance…, ajouta-t-il dans un frisson, avant de la serrer dans ses bras avec forces. Lily…Il…il faut retrouver les autres…

- Oui…

Ils étaient tous les deux mal au point, mais ils ne pouvaient sincèrement pas partir en laissant leurs amis derrière eux…surtout qu'ils n'avaient pas croisé Beth une seule fois depuis leur arrivée…

Ils achevèrent deux mangemorts avant d'être finalement séparés.

La rousse chercha désespérément son mari…Merlin…ou était-il passé ?

Ginny, vraiment très affaiblie par le doloris du mage noir, avait du mal à tenir debout.

Sa vue devenait trouble.

Elle eu la chance de s'éloigner, sans le vouloir, des combats les plus virulents.

Elle se retrouva en marge du champ de bataille.

Et elle constata avec horreur qu'une marrée humaine de blessés s'étendait à ses pieds.

Qu'ils soient mangemorts ou non, tous étaient dans un état proche de la mort.

Ginny s'avança…Et l'horreur se mua en quelque chose d'encore pire…quelque chose qu'elle n'était même plus capable d'identifier.

Car ces hommes et ces femmes, n'étaient pas dans un état proche de la mort…ils étaient morts.

Elle sentit ses entrailles se retourner et les larmes roulèrent sur ses joues.

Les bruits du combat résonnaient à ses oreilles.

C'en était trop.

Trop.

- Mmmmmmm…

Un gémissement plaintif lui parvint, la faisant sursauter.

Parmi cette foule macabre se trouvait un survivant.

Ses instincts de médicomages, la poussèrent, malgré le fait qu'un rien la fasse sombrer, à chercher l'origine de ce gémissement.

Il fallait qu'elle sauve cette personne.

Oui il le fallait.

Désespérément elle scruta les corps autour d'elle.

L'un d'entre eux bougea imperceptiblement.

Le sang de Ginny se glaça.

C'était un mangemort.

Elle n'allait pas sauvé un des ces monstres sanguinaires !

Elle n'allait certainement pas permettre à un de ces combattants de la mort de retourner à la bataille.

Mais sa conscience la titillait.

Car malgré tout, cette masse ensanglantée qui gisait à ses pieds était un être humain.

Ce fut sans vraiment s'en rendre compte que Ginny se laissa tomber à genoux près du corps du mangemort.

D'un geste lent, elle souleva le masque pour savoir…

Le cœur de Ginny rata un battement.

Son visage était tuméfié par endroit.

Son teint déjà pâle l'était encore plus.

- Sévérus…, souffla-t-elle.

Comme s'il l'avait entendu, Rogue ouvrit les yeux au prix d'un effort surhumain semblait il.

Il parut surprit de la voir.

- Pou…pourq…pourquoi…

Il tenta de parler, mais Ginny l'en dissuada d'un geste.

Elle savait que sa décision était prise.

Elle ne pouvait pas laisser Sévérus Rogue mourir.

Ce n'était même pas concevable.

Alors avec des gestes lents, elle souleva la robe du mangemort qui ne fit aucun mouvement, de toute façon vu son état cela aurait été un miracle, pensa la rousse.

Elle se saisit de sa baguette et sonda la profonde blessure qui se traçait le long de l'abdomen de Sévérus.

Les poumons.

Les poumons avaient été touchés.

Ce n'était qu'une question de minutes.

Il fallait qu'elle se dépêche.

Vite.

Mais elle était si fatiguée.

Si fatiguée.

Toutes ses forces l'avaient quittées.

La respiration de Sévérus se fit plus douloureuse et ce fut cela plus qu'autre chose qui poussa Ginny à agir malgré toutes ses blessures, toute sa fatigue.

Elle jeta d'abord un sort qui fit se multiplier les cellules de ses poumons, avant d'en jeter un qui referma la plaie au niveau du poumon droit.

Puis elle lança un charme visant à la conservation de cet organe vital.

Mais elle ne pouvait raisonnablement pas faire plus.

Elle n'en pouvait plus.

C'était trop lui demandé.

Dans un dernier effort, elle lui lança un sort anti-hémorragie.

- Je…suis…désolée…Sévérus…peux pas…faire…plus…

Elle croisa le regard noir de Rogue et y lu une lueur indéfinissable.

- Ba…baguette…, pu-t-il demander avec peine.

Elle lui tendit.

Elle ne pouvait plus rien faire.

Non.

Ses paupières devenaient lourdes.

Bien trop lourdes.

Son corps s'affaissa.

Et Ginny dans un dernier soupir sombra dans le noir total.

Ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

- Toujours rien ?

- Toujours rien.

Silence.

- Quelles sont les nouvelles ?

- Vingt morts de notre côté, une bonne cinquantaine de blessés…et nous avons attrapés quelques mangemorts

- Bien.

Silence.

- James, tu…

- Je vais bien. Elle va s'en sortir. Comment va Beth ?

- James…

- Sirius, j'ai dit, comment va Beth ?

- Bien, elle n'arrête pas de se plaindre parce qu'elle n'a pas eu le temps de se battre correctement, les médicomages l'ont amené ici au tout début de la bataille…j'ai pas besoin de te dire que j'en suis fabuleusement content…

- En effet. Et les autres ?

- Tout le monde est en pleine forme à deux ou trois égratignures près. Mais James…

- Elle. Va. Bien.

Silence.

- Je vais bien Sir'.

- LILY !

- Je vais prévenir les autres…

Des pas qui s'éloignent.

- Je t'aime Lily, mais ne me refait jamais ça.

- Promis.

Ooooooooooooooooo

Ginny avait perdu connaissance et avait été plongée dans le coma pendant près de cinq heures.

Cinq heures pendant lesquelles James était resté à ses côtés refusant obstinément qu'on le soigne, la regardant juste, lui tenant la main et attendant.

Attendant qu'elle se réveille, car elle allait forcément se réveiller.

Parce que ce n'était pas ainsi que sa vie devait s'achever.

Cela avait été la première fois depuis qu'il était au courant de l'avenir qui leur était réservé à Lily et à lui que James avait été heureux de connaitre le futur.

Même si cette connaissance ne l'avait pas empêché d'être un rien angoissé.

ooooooooooooooooooooo

Quelques jours plus tard, alors que l'Ordre se réunissait, Sirius posa une question qui, si James n'avait pas habilement détourné la conversation, aurait eut de graves conséquences pour Ginny.

- Je suis sur de moi, avait affirmé le jeune Black. J'ai mit ko Rogue en lui renvoyant le sort qu'il m'avait lancé…un sort vicieux, très vicieux car quand il se l'ait prit il est tout de suite tombé raide. Pourtant on ne le compte pas parmi les blessés ou les morts et encore moins parmi les prisonniers. Quelqu'un l'a aidé.

- Et alors ? Avait demandé Remus, blasé.

- Et alors, les mangemorts avaient autre chose à faire que de le soigner…c'est quelqu'un de notre camp, ou supposément de notre camp qui l'a fait…on doit savoir qui c'est.

Ginny avait échangé un regard avec James (elle lui avait raconté sa rencontre avec Rogue) et ce dernier avait prit ce ton autoritaire qu'aucun de leurs amis ne contestaient.

- Laisse tomber Sirius. Rogue est un mangemort du troisième niveau, il est loin d'avoir une réelle importance.

Et Sirius avait simplement haussé des épaules au grand soulagement de Ginny.

Comment aurait-elle pu expliquer le fait qu'elle ait sauvé Sévérus d'une mort certaine ?

Durant cette réunion, il fut aussi abordé le fait que le jeune couple Potter avait ouvertement confronté Voldemort.

- Dès à présent, la prudence doit être décuplée, leur avait dit Dumbledore. Voldemort n'aime pas qu'on s'oppose aussi directement à lui.

- Vigilence constante ! Avait alors grogné Maugrey.

Et Ginny, malgré le caractère dramatique de la discussion n'avait pu empêcher un sourire amusé d'effleurer ses lèvres.

Ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

La seule chose positive qui ressortit de cette attaque était le nouveau comportement des camarades de Ginny et Gordon à Saint Mangouste.

Il n'en restait plus un pour critiquer sa place à l'hôpital, mis à part Scott qui avait la rancune plus tenace que les autres. Beaucoup avait admiré le courage de « Lily » durant la bataille, plus encore le fait qu'elle ait affronté le Seigneur des Ténèbres en en ressortant vivante.

Finalement, Octobre, Novembre et Décembre passèrent sans que la routine de Godric's Hollow ne change réellement.

Et ce du fait que Ginny et James faisaient tout pour pouvoir connaitre des instants inoubliables avec leurs amis…avec cette famille qu'ils s'étaient construit tous ensemble.

Le couple Potter n'oubliait pas que le temps passait inexorablement. Mais plutôt que se morfondre ils avaient décidé de profiter de la vie, car bientôt il serait trop tard.

Alors ils vivaient.

Ils vivaient pleinement, oblitérant la guerre dès qu'ils le pouvaient.

Leur bonheur (presque incompréhensible aux yeux des personnes qui ne les connaissaient pas), rayonnait tant qu'il touchait, englobait Léonora, Harry, Remus, Sirius, Beth, Gordon et Peter.

Ainsi en cette veille de Noël, il régnait une humeur bonne enfant à Godric's Hollow.

Ginny fredonnait doucement en cuisinant, une délicate et savoureuse odeur s'échappait de la cuisine appâtant les habitants de la maison…la rousse avait déjà du repoussé une attaque de Sirius-ventre-sur-pattes-Black, et une attaque groupée de Beth, Gordon, Remus et Peter.

Elle eut un sourire amusé en voyant le jeune Black, à la porte de la cuisine, transformé en Patmol, lui faire les yeux doux.

- Oh tu veux de la pâté ? Lui proposa-t-elle d'un ton innocent.

Il se contenta de grogner.

Ooooooooooooooooooo

- C'est excellent !

- Mmmmmm…chaprouve ! Ch'est exchellent !

- Patmol, fit James avec une grimace de dégoût, ne parle pas en mangeant par pitié…tu vas finir par me donner des cauchemars…

Le dîner se déroulait calmement…enfin, aussi calmement que pouvait se dérouler un dîner de veille de Noël avec les maraudeurs.

- On ouvre les cadeaux ! S'excita Sirius dès qu'il eut englouti le dessert de Ginny.

- Parce que tu crois que tu en as ? Rétorqua cette dernière.

Ce à quoi le jeune Black répondit en lui tirant la langue.

- En tout cas, on n'ouvre pas les cadeaux tout de suite ! Dit Harry.

- Mais pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? Fut la plainte qui sortie unanimement des bouches de Sirius et James.

- Parce que, décréta Potter senior.

Ginny eut un rire en voyant la tête de son mari. James décida d'aller se blottir contre elle, boudeur, il enfouit sa tête dans son cou et elle lui caressa tendrement les cheveux.

- Je te donne mon cadeau ? Lui chuchota-t-elle.

- Tu serais prête à tricher ? Murmura-t-il en retour.

- Pour toi je suis prête à tout.

Il se redressa doucement, prit son visage en coupe et planta durant de longues secondes son regard chocolat dans celui émeraude de Ginny. Puis il l'embrassa. C'était doux, tendre et chaud. C'était un baiser comme ils en échangeaient chaque jour : un baiser d'amour.

- Je n'ai pas besoin de cadeau, dit James toujours à voix basse. Je t'ai toi.

BOUM

Le couple sursauta et se tourna vers la provenance du bruit avant d'exploser de rire.

Gordon, Beth, Sirius et Peter étaient amassés les uns sur les autres dans un enchevêtrement de corps tout à fait risible…visiblement contrairement à l'interdiction de Harry ils avaient tenté de s'approcher des cadeaux sous le sapin…mais Remus (qui se trouvait debout à un mètre de la chose qu'était devenue leurs amis, une baguette en main), en avait décidé autrement aux vues du sourire moqueur qui étirait ses lèvres.

- Le Monsieur a dit non les enfants, dit le jeune lycanthrope une lueur amusée dans les yeux.

Ooooooooooooooooo

- Et maintenant on peut les ouvrir ?

- Siriuuuuuuuuus…

- Et maintenant ?

- Qu'on le bâillonne par pitié…tout pour le faire taire !

Harry regrettait presque sa décision d'attendre minuit pour ouvrir ces maudits cadeaux. Presque.

- Comment fais-tu ? Demanda-t-il à Beth. Comment fais tu pour le supporter ?

La jeune Smith haussa les épaules mais ses yeux criaient l'amusement.

- Moi je peux répondre, intervint Ginny un sourire jouant sur ses lèvres.

- Ah ?

- Oui.

- Alors ?

- Et bien…elle ne le supporte pas, pour la simple raison qu'elle est exactement pareille que lui.

- Je ne suis pas sur de comprendre, marmonna Harry.

Ce fut ce moment que choisit Beth pour dire…

- On peut les ouvrir maintenant ? s'il vous plaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit…

Harry leva les bras au ciel en braillant des « qu'ai-je fait à Merlin » qui firent rire jusqu'aux larmes l'ensemble de la famille.

Ooooooooooooooooooooo

- MINUIT ! Annonça Léonora d'une voix forte et presque soulagée.

- Cadeauuuuuuuuuuux ! Hurlèrent Beth et Sirius.

Les autres secouèrent la tête amusés et résignés.

Mais à ce moment une alarme stridente retentit dans la maison, leur rappelant cette nuit là, trois mois auparavant.

- J'ai comme l'impression que les cadeaux devront attendre, murmura Sirius tout air enfantin, joyeux et joueur ayant disparu de son visage.

Il ne fallu pas cinq minutes à chacun pour se retrouver là où il devait être.

A savoir pour Gordon, Ginny et Léonora, à Saint Mangouste.

Les deux roux ne furent pas étonnés d'être à nouveau envoyés sur le terrain, à la différence que cette fois était bien pire que la précédente.

Il n'y avait strictement aucune zone de protection des blessés. Le seul ordre d'Andersen avait été de trouver les blessés, de les amener à l'hôpital et surtout, surtout de rester en vie.

Ginny cru halluciner devant les scènes d'horreurs auxquelles elle assista. Les mangemorts étaient déchainés.

Peur. Sang. Désespoir.

Dès leur arrivée, Gordon et elle avaient été séparé. La rousse avait vite compris que leur présence en tant que médicomages étaient secondaires, il y avait plus de morts que de blessés. C'était leur capacité à combattre dont on avait besoin.

Alors elle combattit.

Cette fois-ci, elle ne rencontra ni James, ni Sirius, ni personne.

Cette fois-ci et pour la première fois de sa vie, c'était elle, et elle seule face aux mangemorts.

Elle perdit le fil du temps.

Inconsciente de son trajet parmi les combats, elle se retrouva pourtant une fois encore, face à cet être qu'elle méprisait et qui était la cause de toutes ses souffrances, passées, présentes et futures.

Elle tremblait face à Lui. Elle ne pouvait s'en empêcher.

Cependant, Ginny n'était la seule qui le combattait. Ils étaient quatre.

Des trois autres elle ne reconnu que Maugrey. Mais même à quatre contre un, ils n'avaient aucune chance. Aucune chance.

Merlin devait cependant avoir eut pitié d'eux, car d'autres combattants vinrent se joindre à eux.

Dont James, et Franck qui encadrèrent la rousse qui s'en sentit tout de suite plus forte.

A présent ils étaient dix contre un.

Pourtant Voldemort ne faiblissait pas. Il ne faiblissait pas, par Merlin !

Dans un coin de son esprit, une voix que Ginny identifia comme étant celle d'Hermione dans ses mauvais jours, cria, paniquée, que si Voldemort n'arrivait pas à faiblir devant dix sorciers confirmés, comment ferait Harry le jour venu ? Comment ferait Harry ? Hurla encore et encore cette partie de son cerveau.

Comme la dernière fois, Dumbledore apparu finalement de nulle part et engagea la bataille avec Voldemort.

Il ne fallu que quelques minutes pour que ce dernier ordonne le repliement.

Ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Ginny passa les jours qui suivirent l'attaque de Noël dans un brouillard total. L'Ordre n'avait eu de cesse de lui rappeler chaleureusement qu'une nouvelle fois, elle et James s'en étaient sortis vivant après une confrontation d'avec le Lord Noir.

Mais elle ne parvenait pas à s'en réjouir.

Maintenant que la bataille était finie, son esprit s'était accaparé du problème qui lui avait sauté aux yeux pendant qu'elle se déroulait.

Comment ferait Harry pour vaincre Voldemort ?

Il fallu une semaine entière à James pour faire avouer à Ginny son trouble et en être imprégné à son tour.

Mais il leur fallu à tous deux beaucoup, beaucoup plus de temps pour se résigner à comprendre que cela n'était, n'avait jamais été et ne serait jamais de leur ressort.

Car ils ne seraient pas là le jour où Harry affronterait ce monstre. Ils ne seraient pas là.

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche…et il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ne connait pas…

Et Ginny priait chaque jour pour que, quelque soit ce pouvoir (Harry ne lui avait jamais révélé sa nature dans le futur), il aide son bébé à vaincre.

Oui, Ginny priait chaque jour.

Ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

L'année 1979 commença donc.

Et le temps passa.

Comme s'il avait lui aussi senti que les jours étaient comptés et que bientôt de sombres choses arriveraient, Dumbledore vint les voir plus souvent.

Il restait assis pendant plusieurs heures en compagnie de Ginny et James, discutant de tout et de rien. Passant de la guerre à la météo, sans oublier les bonbons au citron, et ce, sans transition.

La rousse avait seulement compris que le vieil homme venait surtout pour profiter des derniers instants qu'il pourrait passer avec les seules personnes qui le comprenaient vraiment.

Ooooooooooooooooooooo

Les deux évènements marquant de ce début d'année furent l'obtention du diplôme d'Auror avec quatre mois d'avance de James, Sirius et Beth et la nomination en tant que sous capitaine du jeune Potter.

Ginny ne s'en étonna pas : James avait un don pour commander les gens dans les moments les plus critiques.

Outre cela, Voldemort multiplia ses attaques et l'Ordre fut de plus en plus débordé. Bientôt, il leur apparu évident que le Ministère de la Magie était infiltré jusque dans ses fondements.

Un climat de tensions et de suspicion s'installa sur l'ensemble du monde sorcier. Un climat auquel Godric's Hollow semblait encore échapper.

Ginny devait pourtant avouer que plus le temps passait plus elle s'inquiétait de l'avenir, et ce, même si elle le connaissait déjà…

Et elle voyait bien que James était aussi perturbé qu'elle. Elle savait, que dans le noir de la nuit, des dizaines de questions se formaient.

ooooooooooooooooooo

Un bruit sourd.

Des cris de douleur.

Et ces chuchotements de colère.

James savait qu'il rêvait.

Qu'il cauchemardait.

Cela lui arrivait souvent. Aussi souvent que Lily.

A chaque fois, c'était la même scène qui inlassablement se répétait.

Il revoyait Lily lui murmurer au coin du feu l'avenir dans sa noirceur la plus cruelle et des images défilait alors les unes après les autres, au fil du récit de la rousse.

Remus seul, dans une maison délabrée, pleurant sur ses blessures autant physiques que morales.

Sirius dans une pièce froide et sombre, recroquevillé sur lui-même, tremblant sous le joug des Détraqueurs.

Peter révélant sournoisement à son maître leur secret.

Beth et son image flou, car il ne connaissait rien de son futur.

Gidéon, mort.

Gordon, mort.

Sa mère, morte.

Son grand père, mort.

Harry…son fils…seul. Blessé…Mort.

Et ces chuchotements. Ces chuchotements qui lui murmuraient vicieusement que c'était de leur faute à Lily et à lui.

Qu'il leur suffirait de parler, de prononcer quelques mots pour que cet avenir s'efface.

Et ces cris, ces cris de douleur qui lui hurlaient sans cesse que Lily, sa Lily, son Ange, sa Petite Fleur…Lily, bientôt, Lily mourait.

James se réveilla en sursaut.

Un cauchemar ? Non, ce n'en était pas un.

C'était juste le reflet de la réalité.

James posa son regard sur le visage calme et endormi de sa femme.

Comme il l'aimait. Oh oui Merlin, comme il l'aimait.

Et pour elle, seulement pour elle, il endurerait tout cela.

Il supporterait de savoir.

Il supporterait de ne rien faire.

Du moins, il l'espérait.

Pour elle.

Ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Il faisait froid.

Très froid.

Et ce n'était absolument pas normal.

Le mois d'aout battait son plein par Merlin ! Ginny pesta contre le monde entier lorsqu'il se mit à pleuvoir.

Les mois avaient défilés comme dans un rêve. Gordon et elle avaient obtenu leur diplôme de médicomages en juin dernier avec fierté. Ginny s'était laissé engagée avec une certaine résignation (dans une autre situation elle n'aurait certainement pas choisi cela) dans le service des urgences de Sainte Mangouste.

Gordon quant à lui avait refusé de faire de même.

- Je vois assez de morts, de blessés et de sang pendant les batailles où nous sommes réquisitionnés, avait-il dit avec un léger sourire. Je veux voir la vie. Quoi de mieux que le service néonatale pour cela ? Je veux voir la vie, avait-il répété doucement son regard glissant sur Remus.

Et Ginny avait compris que Gordon voulait surtout pouvoir mettre au monde des enfants que lui n'aurait certainement jamais. Sa gorge s'était alors serrée et James lui avait tendrement prit la main en signe de réconfort.

Les attaques régulières étaient presque devenues une routine, les réunions de l'Ordre du Phénix faisaient parties de leur quotidien, les batailles aussi.

La vie continuait malgré la guerre.

C'était étrange, vraiment, mais c'était ainsi.

Aujourd'hui, les maraudeurs, Beth, Gordon et Ginny avaient congé tous ensemble. Ce fait était exceptionnel.

Ils avaient prévu de faire un pique nique pour célébrer cet évènement rarissime en allant dans la clairière qui surplombait Pré-au-Lard. Celle là même où James avait fait sa demande en mariage plus d'un an auparavant.

Et il pleuvait.

- Je déteste la pluie ! Grogna Ginny.

Les autres l'observaient maugréer depuis maintenant vingt minutes.

Il fallait préciser que Ginny pour l'occasion avait préparé un panier pique nique gigantesque et que cela lui avait prit beaucoup de temps.

James, en chevalier servant dévoué, finit par la prendre dans ses bras.

- Ma Lily, dit il doucement. Nous sommes sorciers, qu'importe la pluie quand la magie est là ?

La rousse le regarda sans comprendre puis jeta un coup d'œil aux autres qui lui adressaient un sourire en coin.

- Je me suis ridiculisée c'est ça ?

- Bien sur que nooooooooooooooooooooooon ! Fit Sirius en riant.

Ginny lui lança un regard qui se voulait noir.

- Ouh j'ai peur ! S'exclama le jeune Black en frissonnant faussement.

- Sirius, je te déconseille de mettre la femme de ton sous capitaine en colère, dit Remus d'un ton docte.

- Et Pourquoi ?

- Peut être parce que le dit sous capitaine est prêt à te botter joyeusement les fesses, fit Beth avec un sourire amusé.

ooooooooooooooooooooooo

Après deux ou trois sorts, la clairière était sèche, la température ambiante raisonnable, la nappe de pique nique mise et un soleil artificiel flottait même à deux mètres au dessus de leurs têtes.

- Ce n'est pas le meilleur moyen de montrer que nous sommes là ? S'inquiéta Ginny.

- Nous le voyons mais les autres ne peuvent le voir.

- Ingénieux, admira la rousse.

- Maraudeur, répliqua James avec un sourire pompeux.

L'après midi s'égrena tranquillement.

Entre rire et discussions joyeuses, ils firent tous en sorte d'oublier la guerre.

- Non, non, vous vous rappelez la fois où Beth, Lily et Gordon se sont fait prendre par Mac Gonagall ? Ca c'était tordant ! S'exclama Sirius.

- Hey ! s'indignèrent les trois concernés.

- Non Patmol le plus drôle…c'est le jour où pour la première fois Lily a giflé James…il est resté pendant dix minutes à regarder le vide sans comprendre…, dit Remus.

Il y eut encore plusieurs rires.

- Et les moments les plus gênants ? Demanda Beth.

- Hum…quand James a…

- Sirius je te déconseille de continuer ou je cafte pour tu-sais-quoi…

- Tu ne ferais pas ça Cornedrue…

- Tu crois ? Répliqua le jeune Potter avec un faux sourire innocent.

- C'est pas sympa pour nous, grommela Beth.

- Oui, on aimerait tous savoir, fit Remus avec un sourire diabolique.

- Remus ! S'exclamèrent James et Sirius.

Le jeune Lupin leva les mains en signe de reddition, soucieux de ne pas se mettre ses amis à dos. Gordon se pencha alors sur lui et posa un long baiser sur ses lèvres.

Lunard rougit plus que de raison : c'était la première fois que Gordon et lui s'embrassaient devant leurs amis…

- J'adore quand tu fais ce sourire, chuchota le jeune Prewett, lui aussi rouge.

La clairière résonna de nouveau en éclats de rires.

- Personnellement, intervint Ginny pour masquer la gêne de ses amis, le moment le plus marrant et aussi le plus frustrant pour moi reste le jour où vous nous avez espionné James et moi, dans la chambre des garçons…

- Oui, affirma James. J'étais à ça (il fit un minuscule écart entre son pouce et son index) de l'embrasser mais il a fallu que vous veniez…je n'oublierai jamais vos têtes quand j'ai ouvert la porte…

Le couple Potter échangea un regard et explosa de rire à ce souvenir.

Vers la fin de l'après midi, Sirius se racla la gorge et prit la main de Beth dans la sienne.

- Mes chers maraudeurs, et affiliés maraudeurs, j'ai une nouvelle importante à vous annoncer.

Il y eut un silence et le jeune Black planta ses yeux bleu nuit dans ceux de la jeune Smith.

- Beth et moi, sommes fiancés, déclara-t-il finalement.

Ginny qui s'en doutait depuis quelques jours, leur sauta dessus pour les étouffer dans une étreinte dont elle seule avait le secret.

- Je suis si heureuse pour vous ! Dit elle en leur faisant un sourire lumineux.

Elle s'empressa d'ailleurs d'immortaliser ce moment, cette journée entière à vrai dire, en prenant une photo avec l'appareil que James lui avait offert au Noël précédent.

Oooooo

Ginny déchira le papier cadeau, impatiente de voir ce que son mari avait pu lui trouvé.

Elle fut étonnée de trouver un appareil photo (sorcier) dans la boîte.

Devant son évidente surprise, James la serra dans ses bras et lui murmura :

- J'ai pensé que l'on pourrait laisser des souvenirs à Harry.

La rousse se contenta de l'embrasser pour toute réponse.

oooooo

Cette après midi là, Ginny eut de nouveau la force de croire que tout irait bien.

Oui, tout irait forcément bien.

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Ginny pressa le pas, soucieuse d'en finir au plus vite.

Elle n'aimait pas être ici.

Mais Dumbledore lui avait personnellement demandé de le faire.

En ce mois d'octobre, venteux et nuageux, une tension sans égale planait sur le monde magique.

En effet, depuis plus d'un mois, aucune attaque n'avait eu lieu.

Il était clair, très clair, que l'ennemi préparait quelque chose.

Quelque chose, qui connaissant Voldemort, ne tournerait pas en la faveur de l'Ordre.

La peur s'infiltrait chez chacun des combattants du Phénix.

Mais cette tension prendrait bientôt fin, et c'était ce que Ginny allait signifier à James et aux autres présentement.

Elle traversa l'Atrium en jetant des regards suspicieux à toutes les personnes qu'elle croisait. Elle eut une moue dégoûtée en voyant la statue du grand hall qui lui rappelait de mauvais souvenirs.

Ginny s'engouffra dans un ascenseur et en ressortit deux minutes plus tard avec un certain soulagement : elle se trouvait enfin dans le département des Aurors.

De nombreuses têtes se tournèrent sur son passage, la rendant nerveuse.

- Excusez moi, mademoiselle, l'intercepta un Auror à l'air pompeux en l'englobant d'un regard appréciatif, on peut savoir ce que vous faites ici ?

- C'est Madame, Fletcher, fit une voix à quelques pas de la. Et c'est aussi ma femme. C'est moi qui lui ai demandé de passer.

Ginny se tourna vers James qui regardait froidement le dénommé Fletcher, et s'approcha de lui.

Fletcher haussa les épaules et s'en alla, non sans lancer à la rousse un regard significatif qui fit grogner James.

- Je hais ce type, lâcha d'ailleurs le jeune Potter.

- James, chuchota Ginny sans plus faire attention à la réflexion de son mari, je dois vous parler à toi et aux autres, tout de suite, ordre de Dumbledore.

La rousse vit James prendre un air sérieux avant de le suivre jusqu'à une salle rectangulaire où une large table entourée d'une dizaine de chaises, tenaient lieu de mobilier.

- C'est la salle de débriefing, expliqua-t-il. Attends moi ici, je reviens dans une minute.

Et en effet James revint quelques moments plus tard accompagnés de Beth, Sirius, Harry, Maugrey et quelques autres…tous Aurors, tous membres de l'Ordre du Phénix.

- Pourquoi Albus n'a-t-il pas utilisé le moyen habituel, s'enquit Harry après avoir jeté plusieurs charmes d'impassibilité sur la salle.

- Parce qu'il fallait que nous soyons réunis…, expliqua rapidement Ginny.

- Pourquoi ? Fit Maugrey en fronçant les sourcils.

A ce moment une énorme sirène retentit dans tout le ministère de la magie, faisant presque trembler les fondations.

- Pour ça, répondit la rousse.

- Le Ministère est attaqué, ceci n'est pas un exercice, le ministère est attaqué…, fit une voix mécanique au dessus d'eux.

- Les mangemorts attaquent sur trois fronts, fit Ginny en parlant vite, ils seront partout à la fois. Le Seigneur des Ténèbres lui-même va être de la partie.

- Quels sont les ordres ? Fit James alors que l'alarme retentissait encore et encore.

- Les repousser à tout prix. Si le Ministère tombe…

Personne n'eut besoin qu'elle achève sa phrase.

Ooooooooooooo

C'était le chaos, Ginny en était bien consciente.

Les mangemorts attaquaient de tous les côtés, ne leur laissant aucun répit.

Elle ne se souvenait même plus comment elle s'était retrouvée dans l'Atrium alors qu'une demi heure plus tôt elle était encore dans le département des Aurors.

Elle avait perdu de vu les autres à peine la bataille commencée.

Alors qu'elle stupéfixiait un mangemort de niveau deux, elle fut attirée par un bruit retentissant près des ascenseurs.

Ginny eu une grimace d'horreur en voyant James, Franck, Alice, Sirius, Maugrey, Léonora et Harry, plus quelques autres dont le nom lui échappait, aux prises avec Voldemort lui-même et cinq mangemorts de niveau un.

Sans vraiment réfléchir elle s'élança vers eux, baguette tendue.

Elle se jeta dans la bataille en attaquant Voldemort lui-même.

James la regarda et pendant une fraction de seconde, Ginny vit la peur et la résignation dans ses yeux.

Ils étaient sept contre le Seigneur des Ténèbres : le couple Potter, le couple Londubat, Harry, Maugrey et une femme que la rousse ne connaissait pas.

Bien vite cependant, il fut évident que le combat se déroulait réellement ente Harry et Voldemort. Les autres furent happés par les mangemorts de niveau un (ils étaient huit à présent) qui s'étaient massés autour de leur maitre.

De nouveau, Ginny fut séparée des autres et se retrouva à se battre seule.

Elle n'était pas vraiment en situation dominante dans ce combat, le mangemort avait toujours une légère avance sur elle.

Soudain, un sort bleu se dirigea vers l'homme encagoulé contre qui la rousse luttait.

Le mangemort esquiva, mais Ginny eut un soupire de soulagment.

- Besoin d'aide, lui lança Léonora en se plaçant à ses côtés.

En l'entendant, le mangemort eut un rire qui glaça la rousse.

ooooooooooo

La bataille s'acheva mais Ginny ne s'en rendit pas compte.

Oui, les duels cessèrent, les mangemorts s'enfuirent, les bruits de combats s'éteignirent.

Mais Ginny ne s'en rendit pas compte.

Figée, les yeux écarquillés d'horreur, elle fixait le visage paisible de la femme qui reposait dans ses bras.

Incapable de bouger, incapable de penser.

Tout n'était que silence à ses oreilles alors que ses yeux voyaient ce que son esprit ne voulait voir.

Oui, silence.

Un silence assourdissant.

Un silence oppressant.

Elle n'entendit pas les autres s'approcher. Elle ne les entendit pas paniquer, hurler, lui demander si elle allait bien, lui demander de lâcher le corps sans vie qu'elle pressait contre elle.

Elle n'entendit rien.

Car le silence autour d'elle était aussi puissant que la peine immense qui était venue s'ajouter à tant d'autres dans son cœur, dans son âme.

Rien n'aurait pu la sortir de cet état léthargique.

Rien.

- Lily…, la voix était rauque car obstruée par une tristesse presque palpable.

A part lui.

Ginny leva les yeux et croisa le regard hagard, éteint et mortellement triste de James.

Un regard qui était le reflet parfait de son propre regard d'un vert émeraude où plus une seule lueur ne brillait.

Longtemps ils se contemplèrent avant que leurs yeux n'aillent la fixer encore, comme pour s'assurer que tout cela était bien la réalité et pas un cauchemar comme ils en faisaient tant.

Mais rien ne pouvait effacer l'effroyable vérité.

Morte.

Léonora Potter était morte.

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A suivre…

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Dans le prochain chapitre:

Ginny regarda son mari avec une angoisse sans fin.

- On ne peut pas faire ça James, on ne peut pas.

Il la regarda, et elle pu lire une détermination farouche dans ses yeux chocolat : elle ne pourrait pas l'arrêter.

Pas qu'elle en ait réellement envie.

- On le peut, Lily. On le peut, et on le doit, répliqua finalement James.

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Voilà…j'espère que ça vous a plu…une petite review ??

Désolée pour cette fois je ne réponds pas aux reviews, je n'ai pas le temps…Merci à tous, vraiment, vos commentaires me vont droit au cœur !!!

Bisous

Eléonore-dem.