Disclaimer : Tout à JKR bien sur

Auteur : 1001 . Nuits (et oui j'ai changé de pseudo…)

Titre : Parce que la vie continue

Notes : Je suis sincèrement désolée de cette attente très (trop) longue. Ce chapitre est (en plus) assez court par rapport aux autres mais j'ai fait de mon mieux. J'ai pensé que vous préféreriez avoir le chapitre (même amputé de quelques pages) maintenant que d'attendre encore Dieu sait combien de temps…je me suis aussi dit, suite à certaines reviews (merci à vous, vous m'avez motivé!), que vous aimeriez savoir que je n'abandonne pas et que je suis toujours vivante ! lol

Bonne lecture à tous, j'espère que ce chapitre vous plaira !

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

- Très bien, dit Ginny. Appelez tout le monde le diner est servi.

Il n'y eut cependant aucune réaction dans la cuisine de Godric's Hollow. Fronçant les sourcils, la rousse se tourna vers les personnes présentes.

Gordon, Remus, Sirius, Peter et Beth la regardaient avec une détermination qui la fit soupirer.

Elle était fatiguée.

Fatiguée.

Une dizaine de jours s'étaient écoulés depuis l'attaque du ministère, et Léonora Potter avait été enterrée sous les honneurs, deux jours auparavant.

- Qu'y a-t-il ? Demanda finalement Ginny. Aucun de vous n'a envie d'aller chercher James ?

Le regard des autres se porta sur Sirius.

Bien, ainsi le jeune Black avait été désigné comme porte parole.

Sirius prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage.

y On ne peut pas Lil'.

Ginny haussa un sourcil surpris.

- On ne sait pas ou il est par Merlin ! Il disparait des heures chaque jour ! Fit Sirius en se passant une main nerveuse dans ses cheveux noirs.

- Oh.

- Ça ne t'attire pas d'autre réaction que « oh » ? Ragea le jeune Black.

Les autres restaient obstinément silencieux et Ginny se dit que ce discours avait du être répété avant cet instant. Elle ne s'en sentit qu'encore plus exténuée.

Bien sur, elle savait ou était James. Elle savait ce qu'il faisait, et pourquoi il le faisait. Elle savait que son comportement comme celui de son mari devaient sembler suspect aux yeux de leurs amis.

Et Merlin, elle était fatiguée.

- Merde, Lily ! Léonora est morte ! Morte, bordel ! S'énerva Sirius, comme à bout de patience.

- Langage, lui rétorqua automatiquement Ginny avant de comprendre son erreur en voyant leurs visages à tous s'affaisser.

- Lily, intervint Remus d'un ton calme. Ce n'est pas normal.

- Quoi donc ?

- Ca ! Grogna Sirius, presque hystériquement.

- Sois plus explicite Black, fit la rousse sentant ses nerfs d'une fragilité affreuse.

- Lily, soupira Patmol de manière désespérée. Ce n'est pas normal que vous réagissez de cette manière toi et James…non attends, ce n'est pas normal que vous ne réagissiez pas, plutôt. Léonora est morte. Morte. Et vous agissez comme s'il ne s'était rien passé. Ce n'est pas normal.

Sirius semblait sur le point de pleurer. En observant les autres, Ginny constata avec un énième soupir que c'était aussi leur cas.

Merlin, ses nerfs n'allaient vraiment pas tenir…

- James disparait constamment on ne sait ou ! Bordel Lily, James n'a même pas pleuré ! Pas même pour l'enterrement ! Reprit Sirius.

- Sirius…, tenta la rousse.

- Non, il faut que…que…, un sanglot échappa au jeune Black qui enfouit son visage entre ses mains, effondré.

- Oh Sirius, chuchota Ginny doucement.

Elle s'approcha de lui et posa une main réconfortante sur son épaule. La réaction de Sirius à ce geste fut d'une rare violence.

Il se dégagea de l'étreinte brutalement faisant sursauter tout le monde et saisit Ginny par les épaules avant de la secouer.

- Sirius…arrête, tu me fais mal…Sirius !

- Mais réagis bon sang ! Réagis !

Et Ginny sentit sa patience et ses nerfs s'effondrer.

Elle s'éloigna de Sirius avec une force due à une colère sans nom qui brûlait dans ses veines.

- REAGIR ! REAGIR ! hurla-t-elle, complètement hors d'elle.

Sirius, Remus, Gordon, Beth et Peter se statufièrent, figés de surprise devant cet éclat.

- Mais qui te dit que nous ne réagissons pas ? Qui te dit que James n'a pas pleuré ? Qui te dit que nous ne sommes pas tristes, épouvantés, horrifiés par ce qui s'est passé ? Qui te dit qu'aucun cauchemar ne me réveille la nuit pour me faire revivre sa mort ?

Ginny s'arrêta.

Elle inspira plusieurs fois tentant de se calmer, mais rien n'y faisait.

- Es tu là, Sirius, lorsque le soir, James appelle sa mère dans son sommeil ? Es tu là quand il se réveille en pleurs réalisant qu'elle est morte, tout comme son père avant elle, le laissant orphelin ? Es tu là, Sirius ? Et ressens-tu cet effroyable sentiment, suffocant, étouffant, qui à chaque fois que tu fermes les yeux, te rappelle ta culpabilité pour ne pas avoir empêché ce qui s'est passé ?

De nouveau, elle marqua une pause.

Elle ferma les yeux.

Il fallait qu'elle se calme. Il le fallait.

Elle commençait à trop en révéler.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle lu l'horreur dans les yeux de ses amis et encore une fois, se sentit vraiment épuisée.

Une bouffée de remords monta en elle. Elle n'aurait pas du crier ainsi. Elle n'aurait pas du.

- Je suis désolée, chuchota-t-elle.

- Lily…, fit Gordon.

- Non…écoutez…il faut que vous compreniez…ce…Nous sommes tristes. Nous sommes effondrés, James et moi. N'en doutez pas un instant. Mais…vous devez réaliser…La vie est courte. Tellement, tellement courte.

Les émeraudes de Ginny balayèrent le visage de chacun.

- Il faut en profiter maintenant. Il faut avancer. Qui vous dit que demain ne sera pas le dernier jour où nous serons ensemble ? Il faut vivre.

Ginny se massa les tempes et ferma encore une fois les yeux.

- La mort n'est pas une fin, ce n'est que le début d'un autre voyage. Elle n'est douloureuse que pour ceux qui restent…à nous de montrer à Léonora que nous ne l'oublions pas, que jamais nous ne cesserons de l'aimer, mais il faut vivre.

Ils devaient comprendre. Oui, tous, autant qu'ils étaient. Ils devaient comprendre maintenant.

- La vie continue, chuchota Ginny.

Puis, sans plus jeter un regard à ses amis, elle sortit de la cuisine.

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Ginny chuchota son nom au mur vierge devant elle. Dans un léger bruit de coulissement ce dernier laissa place à un passage dans lequel elle s'engouffra.

La première chose qu'elle remarqua lorsqu'elle entra dans la bibliothèque ancestrale des Potter fut la lumière vive qui l'éclairait malgré l'heure tardive.

Il était deux heures du matin passées.

La deuxième était le corps endormi de son mari, par terre, contre le seul pan du mur vide de tout livre.

James tenait étroitement contre sa poitrine un énorme volume poussiéreux, son sommeil semblait agité.

Ginny poussa un soupir et hocha la tête de droite à gauche avant d'aller s'asseoir près de lui.

Le jeune Potter était à bout. Deux jours auparavant, alors qu'ils revenaient de l'enterrement, il avait craqué. Il s'était laissé aller à une colère sans nom, puis à une infinie tristesse avant de fondre en larmes dans les bras de la rousse.

Depuis, il semblait aller mieux mais avait un air préoccupé inquiétant. Il passait tout son temps dans cette bibliothèque. Isolé.

Cette pièce ne laissant passé qu'exclusivement les membres de la famille Potter, seuls Ginny et Harry pouvaient l'y rejoindre, ce qui semblait satisfaire James.

La rousse tenta de prendre le livre des mains de son mari, mais le mouvement le réveilla.

- Lil' ?

- Oui. Tu t'es endormi. Viens, allons dans notre chambre, ça sera plus confortable, tu ne crois pas ?

James s'étira et se frotta les yeux.

- Non, dit il.

Ginny haussa un sourcil étonné.

- J'ai trouvé, Lil'.

Perplexe sa femme le regarda, interrogatrice.

James sourit d'un sourire, qui pour la première fois depuis la mort de Léonora, semblait sincère.

- J'ai trouvé, répéta-t-il en lui tendant le volume qu'il tenait, ouvert à une page précise.

Intriguée, elle s'en saisit, mais n'en comprit pas plus la joie de James.

Il semblait si heureux, presque soulagé.

Mais Ginny ne voyait pas où il voulait en venir.

- Ok, James…tu-tu es sur que tu vas bien ? Les autres sont inquiets…tu ne viens même plus manger avec nous et…

- Ecoute, je vais bien, je te le jure.

Il prit son visage en coupe et déposa un baiser sur ses lèvres.

- Ma mère est morte. C'est dur, mais je l'accepte d'accord ? Ce que je n'accepte pas…ce que je n'accepte plus, c'est de savoir, Lily…je ne peux plus continuer…

Ginny sentit l'inquiétude montée en elle. Est-ce que James voulait…

- Je veux leur dire. Je peux accepter que notre mort soit nécessaire, je l'accepte même sereinement, car je sais que c'est notre choix Lily, mais pas eux. Eux ne l'auront pas choisi. Ils vont subir une décision que nous aurons prise pour eux en ne leur disant rien, en taisant cet effroyable avenir.

Le cœur de la rousse rata plusieurs battements. Elle pâlit considérablement et sa respiration devint saccadée.

- Lily ?

Ginny le regarda mais ses yeux s'embuaient de larmes.

- Non Lily, s'il te plait écoute moi…ok, laisse moi m'expliquer d'accord ?

Elle se sentait si assommée qu'elle ne protesta pas.

Il s'accroupit devant elle et lui prit les mains avec douceur.

- Lily, calme toi. Il faut que tu comprennes. Je ne peux plus faire semblant, je le voulais, tellement, parce que je connais les conséquences qu'engendrerait un futur révélé, mais je ne peux plus regarder les gens que nous aimons souffrir, mourir, alors que nous avons les moyens d'empêcher ce qui se passe.

Il marqua une pause et plongea ses yeux chocolat dans les deux émeraudes de sa femme.

- Nous ne pouvons plus continuer ainsi Lily. Les cauchemars viennent hanter notre sommeil, ils se sont imprégnés dans nos rétines à un tel point que je les vois, tu les vois, dès lors que nous fermons les yeux. Et c'est comme ça depuis des mois. Pas depuis la mort de ma mère. Et la culpabilité nous ronge. La tristesse nous ronge. Je t'ai entendu tout à l'heure, Lily, je t'ai entendu leur dire que la vie continuait, mais elle ne continue plus pour nous. Plus depuis des mois.

Il caressa doucement sa joue et essuya de son pouce les larmes qui y coulaient silencieusement.

Ginny savait qu'il avait raison. Elle le savait. Mais elle s'était résignée depuis si longtemps.

Parce que c'était mal. Dire cette vérité cruelle était mal. Cela pourrait, non, cela les mènerait au chaos.

- James…

- Non, Lily, laisse moi finir. Il y a moyen. Il y a un moyen de leur dire, de les laisser choisir…de les laisser choisir de leur destin, sans qu'ils n'influent eux-mêmes sur ce qui se passera.

Ginny fronça les sourcils sans comprendre.

James agita devant elle le livre.

- Nous allons leur jeter ces sorts Lily. Puis nous leur dirons tout. Tout.

- Non…James…

- Puis ils oublieront, Lily, ils oublieront…, continua James sans prendre en compte son interruption, ce sera à nous de nous charger de la suite. Ils ne s'en rappelleront que lorsque nous le déciderons Lily…pour que plus tard, ils comprennent…

Ginny regarda son mari avec une angoisse sans fin.

- On ne peut pas faire ça James, on ne peut pas.

Il la regarda, et elle pu lire une détermination farouche dans ses yeux chocolat : elle ne pourrait pas l'arrêter.

Pas qu'elle en ait réellement envie.

- On le peut, Lily. On le peut, et on le doit, répliqua finalement James.

Et Ginny, épuisée de lutter, épuisée de ses sentiments, épuisée d'être silencieuse depuis si longtemps, épuisée, épuisée tout simplement, hocha la tête en accord.

- Advienne que pourra, murmura-t-elle alors que James la serrait dans ses bras à l'en étouffer.

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Idiote ! Elle avait été idiote d'accepter ! C'était dangereux, immoral, stupide !

Se morigénant ainsi, Ginny marchait dans Sainte Mangouste, sans faire réellement attention à ce qui l'entourait.

Cela faisait un mois que James avait eu sa « brillante » idée et un mois qu'elle ne cessait de pester contre sa propre faiblesse face à lui.

Elle n'aurait pas du accepter.

Ginny avait compris les tenants et aboutissants de ce que ferait un futur dévoilé. Elle savait combien il était catastrophique de jouer avec le temps. Elle le savait depuis longtemps, bien avant même son arrivée à cette époque.

Tout comme elle savait ce que James ressentait pour l'avoir ressenti des centaines de fois depuis cette même arrivée. Elle connaissait cette douleur lancinante, cette brûlante culpabilité et cette tristesse étouffante. Mais à la différence de l'héritier Potter, elle avait appris à vivre avec.

La rousse soupira.

Il était trop tard pour arrêter son mari.

Il avait déjà tout préparé dans les moindres détails, il avait sélectionné les personnes qui devaient être présentes, il s'était exercé à jeter les sorts qui assurerait l'absolu secret de cette réunion que Ginny prévoyait fort éprouvante.

Le pire était sans doute le fait qu'une partie d'elle, une partie qu'elle savait très importante, souhaitait et encourageait ce que James préparait. C'était cette partie là de son cœur qui l'avait fait céder et c'était cette même partie qui la faisait aider son mari envers et contre tout.

C'est mal, chuchota une voix dans son esprit. Ginny s'empressa de la faire taire.

Il était trop tard.

La réunion fatidique devait avoir lieu le lendemain et toutes les personnes concernées étaient déjà au courant, ou le seraient dans la soirée. Toutes sauf une, que Ginny devait trouver et persuader.

De nouveau elle soupira.

- Lily ! Hey Lily !

La rousse se retourna et sourit à Gordon qui courait dans sa direction.

C'était la pause déjeuner et ils avaient l'habitude de manger ensemble. Quoique depuis plusieurs jours Ginny n'avait plus trop d'appétit, elle était souvent prise de nausées et se sentait immensément fatiguée.

Elle en connaissait la cause bien entendu. Comment l'ignorer alors qu'elle y pensait à chaque minute de chaque jour. Merlin, cette foutue réunion allait avoir sa peau. Ginny était persuadée qu'une fois la soirée du lendemain achevée elle serait de nouveau en parfaite santé.

- Dis le si je t'ennuie surtout, plaisanta Gordon.

La rousse rougit.

- Désolée, je suis juste préoccupée.

- Tu ne devrais pas, regarde, James à bien repris du poil de la bête lui, tu devrais faire pareil…

- Mmm…

- Tu es sûre que ça va ? J'ai remarqué ton manque d'appétit…ta fatigue…

- Oui, je suis inquiète, avoua la rousse.

Gordon lui jeta un regard perçant alors qu'ils s'asseyaient à une table de la cafétéria de l'hopital.

- Quoi ? s'agaça Ginny au bout de quelques minutes de son petit manège.

- Tu as des sautes d'humeur aussi.

- Ne raconte pas de bêtises !

- Rien qu'hier, tu as fustigé Remus parce qu'il était en retard au diner, de cinq minutes à peine en passant, avant de t'excuser les larmes aux yeux. Il y a deux jours, tu riais ouvertement d'une blague de Sirius puis tu t'es mise en colère sans raison apparente.

- Je suis fatiguée, Gordon, et puis je ne sais pas mes hormones doivent me jouer un tour je suis bientôt dans ma période…, murmura Ginny légèrement gênée.

Le jeune Prewett la regarda comme si soudainement elle possédait une deuxième tête, semblant avoir une révélation.

- Lily, depuis combien de temps n'as-tu pas eu tes règles ? Dit il, d'un coup tout excité.

- GORDON ! Cria Ginny, morte de honte. Ce n'est pas le genre de chose qu'on demande !

Le roux leva les yeux au ciel en marmonnant quelque chose qu'elle ne pu entendre.

Il se leva ensuite, lui prit la main et la força à le suivre le long de plusieurs couloirs, ils montèrent un étage et se trouvèrent devant une porte que la rousse connaissait bien : c'était le cabinet médicomagique de Gordon, dans le service obstétrique.

- Entre. Assieds toi.

- Gordon, ma pause se finit dans dix minutes…

- Oh mais ça n'en prendra que deux.

- Pour faire quoi au juste ?

Gordon lui sourit d'un air énigmatique, ses yeux bleus brillaient de mille éclats. Cela faisait des mois que Ginny n'avait pas vu son ami si plein d'espoir et de joie. Elle se demanda intriguée ce qu'elle avait manqué de si joyeux dans leur précédente conversation.

- Donne moi ta main Lil', lui ordonna Gordon.

Ginny s'exécuta, intriguée.

Son ami piqua le bout d'un de ses doigts la faisant sursauter. Avec des gestes dus à l'expérience, il fit tomber précisément une goutte du sang de la rousse dans un gobelet plein d'une potion bleu clair avant de faire disparaitre la minuscule plaie qu'il avait ouverte.

- Maintenant attendons.

Et soudain, Ginny comprit.

Elle comprit ce qui venait de se passer et elle su par avance comment la potion allait réagir à son sang.

Et elle se trouva stupide. Si stupide.

Comment avait-elle pu seulement oublier ? C'était la chose la plus importante de sa vie et elle s'était faite distraire, elle avait oublié.

Puis, étouffant un grognement, elle se rappela le sort de mémoire qui pesait encore sur elle…ce satané sort qui avait fait disparaître de sa mémoire tant d'évènements!

Doucement la potion tourna de bleu clair à un vert pomme parfait.

- Oh Lily ! Fit Gordon dans un éclat de rire avant de la serrer fort dans ses bras.

Ginny, en état de choc, ne réagit pas de prime abord.

Puis lentement, elle sentit une chaleur bienfaitrice l'envahir, une bouffée de joie pure monta dans son ventre.

Elle rendit son étreinte à Gordon alors qu'une larme de bonheur s'échouait sur sa joue.

- Je suis enceinte, murmura-t-elle.

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Ginny hésita un instant.

Elle ne savait pas ce qui l'avait prise de venir ici, sans prévenir, sans urgence, alors qu'elle était débordée de travail et qu'il lui restait encore une « mission » à accomplir pour la soirée du lendemain.

Dans son euphorie, elle avait oublié toute raison et s'était précipitée au Ministère de la Magie.

Parce qu'il fallait qu'elle prévienne James. Il le fallait.

Harry…elle posa une main sur son ventre pour l'instant plat…Harry arriverait bientôt dans leur vie.

Mais à présent alors qu'elle traversait l'Atrium reconstruit, des souvenirs de la bataille l'assaillaient et elle se demandait si elle avait bien fait.

Elle prit une grande inspiration et accéléra son pas.

Lorsque quelques minutes plus tard elle atteignit le service des aurors elle poussa un soupir de soulagement.

Elle fut presque tout de suite interpellée.

- Lily Potter, que fais tu là par le slip de Merlin ?

Elle eut un sourire et se tourna vers Maugrey qui fronçait les sourcils dans sa direction, demandant implicitement si sa présence était due à l'Ordre du Phénix...comme la dernière fois.

- Je suis juste passée pour parler avec James…rien d'urgent, le rassura-t-elle, mais je dois tout de même le voir…

Il sembla se relaxer légèrement et lui fit signe de le suivre.

Ils arrivèrent devant une porte close où Ginny détecta au moins trois sorts d'impassibilité. L'écriteau indiquait qu'il s'agissait d'une salle de réunion.

Maugrey l'ouvrit silencieusement et la rousse pu entendre la voix de son mari résonner à l'intérieur : forte, autoritaire mais calme, une voix de guideur d'hommes.

- Potter, appela Maugrey, on te demande.

- Cela ne peut pas attendre ? Fit James, agacé. Je suis en pleine réunion.

Ginny se mordilla la lèvre. Bien sur que si cela pouvait attendre…elle n'aurait pas du venir, James avait d'autres choses a penser…Mais il s'agissait d'Harry

- Je ne pense pas que tu veuilles faire attendre ta Lady, Potter. Bouge tes fesses.

Il y eu quelques rires lorsque James sortit précipitamment de la salle, la mine inquiète.

- Lily ? Tu vas bien ? Viens, on sera plus tranquilles dans mon bureau.

Il lui prit la main et la conduisit jusqu'à une pièce de taille moyenne où le désordre semblait régner en maitre.

- Assieds toi. Qu'est ce qui se passe ?

Ginny se trouva soudain sans voix.

Comment annonçait-on à son mari qu'on attendait son enfant ? Un enfant plus que désiré, qui plus est.

- Je suis enceinte, dit-elle sans plus de réflexion.

Il y eu une ou deux minutes de silence, puis James tomba a genoux devant le siège où elle s'était assise, lui saisissant les mains au passage.

Un grand sourire se dessina sur le visage du futur père alors que d'une voix tremblante il murmurait au ventre de Ginny :

- Bienvenue à toi Harry James Potter, il y a longtemps que nous t'attendions.

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

- OH MON DIEU !

- Sirius épargne nous…

- OH MON DIEU !

- Sirius…

- JE VAIS ETRE TONTON PATMOL !

- Sirius !

La nouvelle de la grossesse de Ginny avait provoqué de nombreuses réactions.

Harry était devenu plus immobile qu'une statut avant d'éclater de rire en marmonnant « j'ai réussi à vivre assez longtemps pour être arrière grand père…je suis le meilleur ! ».

Beth et Remus s'étaient presque tout de suite mit à gazouiller en direction de l'utérus de la rousse, de ce que la futur maman avait compris de leur nouveau langage, ils lui souhaitaient la bienvenue.

Peter s'était contenté de sourire.

Quant à Sirius…

- OYEZ OYEZ, LA NOUVELLE GENERATION DE MARAUDEURS EST EN MARCHE ! SEIGNEURS DE L'ORDRE ET DU RESPECT DES REGLES TREMBLEZ !

- Sirius…pitié…

- Tonton Patmol va t'apprendre tout ce qu'il faut pour rendre tes parents dingues mon filleul adoré…

- Qui t'a dit que tu serais parrain au juste ?

- C'est une évidence Cornedrue.

Soudain Sirius saisit Ginny par la taille et sans prévenir se mit à la faire tournoyer joyeusement.

- Lily dis lui, toi, que je serais parrain.

Ginny rit et acquiesça.

- Pose ma femme par terre, sale brute, grogna James.

- Pense au bébé, espèce de crétin, grommela Gordon.

Sirius reposa Ginny délicatement.

- Je suis sur que ce sera un garçon, affirma le jeune Black.

- Pfff, ce sera une fille, rétorqua Beth.

Ainsi commença un long débat…

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

Bien plus tard dans la soirée, dans les environs de minuit, Ginny se faufila hors de Godric's Hollow pour prévenir le dernier invité de leur réunion du lendemain.

James avait hésité à la laisser partir, mais après maintes suppliques, il avait admis que la rousse était la seule à pouvoir convaincre cette personne de venir.

Ginny transplana près de la clairière de Pré-au-Lard, cette même clairière où il n'y avait pas si longtemps James lui avait demandé de l'épouser.

Resserrant sa cape dans une tentative pour échapper au vent glacial de début décembre elle scruta les environs nerveusement.

Viendrait-il ? Rien n'était moins sur.

Et s'il venait, l'écouterait-il ? Là encore résidait un mystère.

Elle avait laissé à plusieurs reprises dans la Gazette du Sorcier des petites annonces lui désignant l'endroit et l'heure de ce rendez-vous, puisque aucun des hiboux qu'elle lui avait envoyé n'avait réussi à le trouver.

- Tu devrais être plus vigilante, Evans, susurra une voix à son oreille la faisant sursauter.

- Sévérus !

Habillé tout de noir, le visage fatigué et le corps aminci, Sévérus Snape la scrutait de ses yeux insondables, baguette en mains.

Mais Ginny savait qu'il ne lui ferait aucun mal. Elle avait d'ailleurs rangé sa baguette dans sa poche.

- Je suis heureuse que tu ais eu mon message, tu es un homme dur à contacter, lui dit elle doucement.

- C'est peut-être parce que je ne veux pas être contacté, répliqua-t-il froidement. Que veux tu ?

Il tenait toujours sa baguette, mais semblait un peu plus détendu.

- Comment vas-tu ?

- Tu ne t'ais certainement pas donné autant de mal pour me joindre juste pour prendre de mes nouvelles, Evans…ou devrais-je dire Potter ?

Ginny poussa un soupir, cela n'allait pas être simple, mais Sévérus devait être présent lors de cette réunion si spéciale, James lui-même en avait convenu.

Et la rousse savait comment le convaincre.

- Sévérus, je ne te mentirai pas, j'ai besoin de toi.

Il fronça les sourcils et tout son corps se tendit.

- Qui te dit que je t'aiderai ? Remarqua-t-il avec acidité.

- Tu me dois une dette de vie.

Il sembla étonné un instant puis étrangement triste et blessé.

Ginny savait qu'elle aurait pu le convaincre d'une autre façon, mais le temps lui manquait.

- Parle, je verrai ce que je peux faire pour toi.

Et la rousse, sans rougir, lui dévoila le mensonge qui amènerait Sévérus Rogue à Godric's Hollow le lendemain.

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- Tout va bien se passer.

Ginny jeta un regard noir à James tout en continuant à se tordre les mains.

- Lily…Lily, me fais tu confiance ?

Le chocolat rencontra l'émeraude.

La rousse soupira.

- Bien sur que oui. Je suis juste…terrifiée. Et si cela tournait mal ? Dumbledore…

- Aussi puissant qu'il soit, même Dumbledore ne peut contrer les sorts que nous avons préparés. Calme toi. Tout va bien se passer.

Pour faire taire toute autre protestation de la part de sa femme, James entreprit de l'embrasser, avec douceur et langueur.

- Hum hum.

Sursautant, le couple se sépara pour faire face à leurs amis.

Un sourire amusé jouait sur les lèvres de Sirius et Gordon tandis que Beth et Remus arboraient un air attendri.

- Vous nous avez convoqué pour un spectacle pour adulte, tututut James, Lily, je ne vous pensais pas exhibitionnistes ! Plaisanta Sirius.

Beth roula des yeux et lui claqua l'arrière de la tête en marmonnant un « pervers » qui fit rire les autres.

Tout le monde s'installa confortablement dans les canapés du salon.

- Alors ? Pourquoi cette réunion ? Où est Peter ? Je pensais qu'il serait déjà là ? Demanda calmement Remus.

- Tu le sauras lorsque tous les invités seront présents.

Nombreux furent ceux qui haussèrent les sourcils à cette déclaration de James. Mais avant même que l'un d'entre eux n'ouvre la bouche pour en savoir plus, Harry entra dans le salon accompagné de Mc Gonagall et étonnement de Gidéon, Alice et Frank.

- Vous avez réuni l'Ordre ? Questionna aussitôt Sirius, toute trace d'amusement ayant disparue de ses beaux traits.

- Non, fut la simple réponse de James.

Les nouveaux arrivants reçurent un chaleureux accueil, Gidéon se précipita pour serrer Ginny dans ses bras, suivi de près par Alice qui avec un énorme sourire annonça qu'elle aussi était enceinte.

De nombreuses exclamations retentirent alors.

- Si James et Lily ont un garçon, et Frank et Alice, une fille nous les marierons et ils nous feront une ribambelle de mini-aurors ! lança Sirius en riant.

- Voyons Sirius, ils ont à peine la taille d'une noix et tu penses déjà à les marier et à faire de nous des grands parents croulants ? Rétorqua Frank avec un sourire.

- Qui parle de grand parent croulant ? Je suis bientôt arrière grand père et je suis en pleine forme jeune homme ! S'offusqua faussement Harry.

- Ca reste à voir Chef ! Minauda Alice.

- Oh toi, si tu n'étais pas enceinte…

Les rires fusèrent mais Ginny eut du mal à être aussi sincère qu'elle l'aurait due. L'inquiétude et la nervosité montaient à chaque seconde qui passait.

C'était une idée idiote. Idiote, idiote, idiote.

Cela allait très mal se finir !

La rousse était si occupée à s'inquiéter qu'elle ne remarqua pas l'arrivée de Dumbledore avant que James ne lui serre la main.

Le directeur de Poudlard leur sourit mais Ginny pouvait voir que dans ses yeux les étincelles qui semblaient de tout temps scintiller, n'étaient pas aussi brillantes qu'à l'habitude.

Elle fut littéralement foudroyée en réalisant ce qui attristait le vieil homme. Trealawney avait passé son entretien quelques jours auparavant…la prophétie…

Avant qu'elle ne puisse se remettre, cependant, James lui serra la main une nouvelle fois, beaucoup plus fort.

Il était temps que leur mascarade commence et cela même si un invité manquait encore à l'appel.

Elle se leva et avec un talent d'actrice digne de Fred et Georges dans leur meilleur jour, elle feignit un malaise attirant le regard de tous dans sa direction.

James fut rapide, précis et efficace.

Sans que la rousse ne s'en rende compte chaque personne présente dans le salon de Godric Hollow s'endormit simultanément.

Ginny se releva et observa le tableau qui s'offrait à sa vue.

Sirius avait la tête sur l'accoudoir de son fauteuil et ronflait bruyamment. Beth, Gidéon, Remus, Alice et Frank s'étaient endormis dans une position assise qui semblait plutôt inconfortable. Mac Gonagall, Harry et Gordon étaient, eux, allongés sur le sol car James les avait surpris alors qu'ils se précipitaient sur Ginny pour l'aider.

Et enfin Dumbledore était assis, la tête droite, les yeux clos mais il semblait lutter contre le sommeil.

- James, souffla Ginny paniquée en pointant le vieil homme.

Son mari réagit au quart de tour en relançant le sort sur le directeur dont la tête tomba presque immédiatement en arrière. Il émit un ronflement, bizarrement assez semblable à celui de Sirius, et les époux Potter poussèrent un soupir de soulagement.

- Quand est ce que Rogue doit arriver ? Demanda James.

- Dans quelques minutes…

- Profitons de l'attente pour les mettre dans une position plus confortable, dit le brun à lunettes en désignant Mac Gonagall, Gordon et Harry.

Ils firent en sorte que tous les endormis soient le plus à l'aise possible et quelques instants plus tard une sonnerie retentit dans la maison.

Ginny alla ouvrir la porte le cœur battant.

Rogue se tenait sur le porche de la maison et malgré son masque d'impassibilité sa nervosité transparaissait.

- Entre.

Il acquiesça, s'avança, et reçut le sort en pleine poitrine avant de tomber, endormi, sur le sol.

O o O o O o O o O o O o O o O o O o O o O

- Je vais compter jusqu'à trois, Lily, lorsqu'ils se réveilleront tu auras exactement trois heures avant qu'ils ne commencent à regagner l'usage de la magie.

Nerveusement Ginny hocha la tête pour montrer à James qu'elle avait compris.

- Un…

Elle espéra que tout se passerait bien.

- Deux…

Par où commencer ? Bien sur elle avait répété son discours des jours et des jours mais à cet instant il lui sembla creux, vide de sens.

- Trois !

Le premier à sortir du sommeil fut Dumbledore suivi de près par Frank et Sirius.

- Lily, James qu'est ce que…

Sirius se tut lorsqu'il comprit qu'il ne pouvait pas bouger. Son corps comme celui des autres était paralysé et sa magie figée.

Beth émit un gémissement et regarda autour d'elle sans comprendre.

Les autres se contentèrent de fixer les époux Potter, qui debout près de la cheminée, les regardait avec un air grave et solennel.

Dumbledore semblait vouloir de ses yeux bleu clair et perçant saisir la situation, lire en eux, mais le vieil se retrouvait dans l'incapacité de faire quoi que ce soit.

- Ne tentez pas de vous libérer cela serait une perte de temps, lui dit James.

- A quoi ça rime ? Grogna Remus d'un ton menaçant qui fit frissonner Ginny.

Sirius émit alors un son d'étranglement en en constatant la présence de Rogue, que James avait fait léviter jusqu'à un canapé.

- Qu'est ce que ce mangemort fait là ! S'écria-t-il.

- J'aimerai bien le savoir Black, cracha furieusement Sévérus.

- Ca suffit ! Interrompit froidement James. Nous vous avons tous réunis ici dans un but, pour une fois dans vos vies, mettez de côté votre rancœur puérile, nous avons des choses à vous dires…des choses d'une importance vitale.

Le silence qui suivit fut si lourd que Ginny le sentit presque peser sur sa poitrine.

C'était à son tour de prendre la parole. C'était à son tour de révéler ce qu'on lui avait pourtant interdit de révéler.

- Lily, non…, le ton de Dumbledore était presque suppliant.

Mais Ginny, serrant la main de James et fixant sur un point invisible au fond de la pièce, parla.

Et elle parla longtemps.

Comme elle l'avait fait avec James, elle raconta le Terrier, le temps de paix, sa famille…

Elle leur conta l'histoire d'Harry James Potter, le Survivant.

Elle relata dans les moindres détails le sort de chacun d'entre eux.

Chaque blessure, chaque désespoir, chaque drame…chaque mort.

Elle n'oublia rien.

Et lorsqu'elle eu finie, lorsqu'elle croisa leur regard horrifié, elle ne pu s'empêcher de ressentir du soulagement.

Le soulagement de ne plus avoir leur destin entre les mains.

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A suivre...

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Une review est toujours la bienvenue si le coeur vous en dit...

Dans tous les cas, MERCI A VOUS TOUS POUR VOS REVIEWS! Vous pouvez être surs qu'elles sont appréciées! Et merci d'être encore là, après tant de temps...

A bientôt...j'espère.