Disclaimer: Tout à JKR.

Titre: Parce que la vie continue

Auteur: 1001 . Nuits

N/A: Arrivée à ce point je ne pense pas que je puisse trouver une autre excuse que la vie reprenant ses droits...Mais je tiens à le dire et à le redire, cela prendra le temps qu'il faut, mais je finirai cette fic! Merci à ceux qui y croient encore et toujours, votre soutien est inestimable!

Sur une autre note, je voudrais préciser que toute personne souhaitant s'inspirer de ma fic est priée de bien vouloir m'en faire part d'abord! Cela a déjà été fait et j'ai le bon sens de comprendre que l'on puisse s'inspirer les uns des autres, mais je ne tolère pas qu'on reprenne ma fic mot pour mot sur un autre site en disant que c'est la sienne! Merci de respecter cette règle élémentaire de courtoisie entre auteurs, (même si nous ne sommes qu'amateurs), qui veut que l'on demande la permission avant de reprendre une idée!

Sur ce: BONNE LECTURE!

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Chapitre 39: Si peu de temps

Ginny ne savait pas pourquoi elle pleurait.

Elle ne savait pas pourquoi elle avait l'impression que le monde courrait à sa perte, pourquoi il lui apparaissait si horrible.

C'était un mensonge.

Elle savait exactement pourquoi.

Une partie d'elle avait espéré.

Une partie plus grande que ce qu'elle avait pensé.

Cette partie de son âme avait cru, si profondément, avec tant de force, à un changement.

Elle avait espéré.

James posa une main sur son épaule et les sanglots de Ginny, loin de s'amoindrir à ce geste tendre, ne firent que redoubler.

"Je suis désolé", murmura son mari. "Je suis tellement, tellement, désolé. Je croyais…"

Il se stoppa et la rousse enfouie un peu plus son visage dans ses mains.

Oui, James avait espéré, tout comme elle.

Ils avaient espéré que leurs amis…ces êtres qui formaient leur famille…ces personnes qui comptaient plus que tout…que leurs amis prennent la décision de tout changer.

Changer le funeste avenir, éviter les drames, la douleur, la tristesse.

Mais ils ne l'avaient pas fait.

"Pourquoi ?" Demanda Sirius d'une voix rauque.

Il était le seul à être resté presque stoïque durant le récit de Ginny. Le seul à avoir encaissé un à un les évènements futurs sans réellement broncher.

Étonnement, le premier à avoir craqué était celui auquel Ginny n'aurait jamais pensé.

Albus Dumbledore avait baissé la tête (seul mouvement qu'il pouvait faire à cause des sorts de James).

Il avait baissé la tête dès l'annonce de la prophétie.

Et la rousse, avec stupeur et tristesse, s'était vite rendue compte qu'il pleurait.

Voir un homme si fort s'effondrer était de loin une vision dramatique.

Beth, Alice et Minerva avaient rapidement suivies.

Frank et Gordon avaient finalement craqué après quelques instants.

Remus et Gidéon avaient quant à eux résister jusqu'à l'annonce de la mort future et proche de Gordon.

Pourtant Sirius…Sirius avait résisté. Son regard avait fixé Ginny, il avait calmement écouté ce qu'elle avait à dire.

"Pourquoi ? "reprit-il. "Pourquoi nous dire tout cela maintenant ?"

Ce fut James qui lui répondit, la rousse ne se sentant plus le courage de dire quoique ce soit de plus.

"Parce que nous ne pouvions pas décider de l'avenir du monde, de votre avenir. Nous ne sommes pas des dieux. Vous aviez le droit de savoir et de prendre vos décisions. Lorsque vous vous réveillerez demain matin, aucun de vous ne se rappellera de cette soirée."

"Pas vous", devina Sirius.

"En effet. Vous aurez prit votre décision et nous nous chargerons de l'appliquer, quoiqu'il en coûte."

"Mais vous ne savez pas ce qu'il adviendra alors."

"Non", répondit honnêtement James.

Sirius garda quelques instants le silence. Les autres reprenaient peu à peu leurs esprits.

"Et si nous vous demandions de…tuer Peter. Pour l'empêcher de vous trahir, le feriez-vous ?"

James planta son regard chocolat dans celui acier de son meilleur ami.

"Non", lui dit il clairement.

Sirius fronça les sourcils.

"Pourquoi ?"

"Parce que nous savons, et nous respectons le fait que certains évènements soient nécessaires pour donner une chance au futur."

"Comme quoi exactement ?"

Sirius pouvait lire la résignation dans le visage de son frère de cœur et soudain il comprit.

"C'EST HORS DE QUESTION JAMES !"

"Malheureusement tu n'as pas le choix."

Beth, les yeux bouffis les regarda sans comprendre et demanda d'une voix tremblante une explication.

"Ils veulent se laisser mourir ! Hurla Sirius fou de rage. Et qu'est ce qu'on y gagne hein ? Pourquoi ?"

Il semblait que Sirius craquait à son tour. Ginny pouvait clairement voir les larmes se former au coin de ses yeux gris.

"Sans vous, rien ne sera plus pareil de toute façon ! Que restera-t-il de nous hein ? Êtes vous si égoïstes ? Vous allez nous abandonner, abandonner Harry, votre fils, et pourquoi ? Parce que certains événements ne doivent pas êtres changer ? C'est stupide !"

Cette fois, Ginny vit les larmes de Sirius couler le long de ses joues.

"Il a raison", fit soudainement Remus.

Il fut approuver pas Frank et Alice, mais aussi par Beth, Gidéon et Gordon.

Sévérus, Minerva et Albus semblaient encore en transe.

James passa sa main dans ses cheveux déjà naturellement ébouriffés.

"Comprenez nous", murmura-t-il doucement en les fixant un à un." Si nous ne mourons pas, le monde magique n'aura personne pour le défendre. Ne vous méprenez pas, je déteste le fait qu'Harry, mon bébé, soit mit au centre d'une guerre, mais il représente à lui seul l'unique espoir du monde magique."

Il s'arrêta, prit une grande inspiration et se saisit de la main de Ginny en la serrant fort. Cette dernière comprit qu'il ne se sentait pas la force de prononcer les mots qui marquaient leur décision.

"Nous sommes prêts à mourir", dit-elle fermement. "Nous sommes prêts à mourir pour le sauver. Pas le monde magique, nous ne sommes pas altruistes à ce point. Mais nous sommes prêts à mourir pour Harry. Il est notre fils et nous l'aimons plus que tout. Nous voulons qu'il grandisse, qu'il aime, qu'il vive. Il aura certes cette horrible guerre sur les épaules et oui, sa vie ne sera pas que joie. Mais en devenant le Survivant et en donnant ainsi l'espoir au monde magique de combattre et de vaincre Voldemort, il se créera par la même un monde où il pourra connaitre le bonheur."

Elle marqua une pause.

"Ne nous en voulez pas", les suplia-t-elle. "Nous vous aimons mais Harry…il est notre fils. Et si mourir signifie lui donner un avenir meilleur, alors nous mourrons."

Un long silence suivi sa tirade.

Puis, soudain Beth demanda de sa voix tremblante :

"Et moi ?"

Ginny haussa un sourcil sans vraiment comprendre.

"Et moi ?" répéta Beth. "A aucun moment tu n'as cité mon destin. Est-ce que moi aussi je vais mourir ? Certainement, car je n'aurais jamais laissé Sirius être enfermé, ni Remus se terrer dans sa solitude…et encore moins confié Harry à ta peste de sœur."

"Pour tout t'avouer, je n'en sais rien. Je n'avais jamais entendu parler d'une Elisabeth Smith avant d'atterrir dans le passé."

Cela sembla plus angoisser Beth que la rassurer.

Un autre long silence s'étendit durant plusieurs minutes.

"Alors…je t'ai tué."

Sévérus venait de briser le silence qui devenait pesant.

Son teint était blafard et sa voix n'était qu'un murmure rendu audible seulement par l'absence de bruits.

Ginny fronça les sourcils.

"En lui révélant la prophétie, je t'ai tué", chuchota-t-il encore.

Il semblait réellement effondré.

Pire, c'était comme si d'un coup il avait été privé de tout espoir, de toute lumière.

La rousse sentit son cœur se tordre.

"Ne sois pas stupide Rogue!" Lança James, agacé. "Tu ne l'as pas plus tué que moi !"

Le reste des personnes présentes se tourna vers le brun à lunettes, surpris.

"Cela n'a jamais été ta faute Sévérus, cela ne le sera jamais", dit Ginny doucement.

"Le seul fautif est et sera toujours Voldemort, ne te blâme pas", le ton de James était emprunt de gentillesse et les autres notèrent tout de suite l'absence d'hostilité dans sa voix. "Tu devrais plutôt te sentir fier et nous, nous sentir reconnaissant. Tu es après tout celui qui sauvera Harry plus de fois que je ne peux le compter. Pour cela, Rogue, je te remercie."

L'étonnement se lisait sur le visage de chacun, sur celui de Sévérus encore plus. Ginny posa un baiser sur la joue de son mari, reconnaissante.

"Qu'attendez-vous de nous exactement ?"

L'étonnement disparu et l'atmosphère s'alourdit soudain alors que Dumbledore sortait de sa transe, les sillons tracés par ses larmes encore visibles sur son ancien visage.

Ginny planta son regard dans celui d'Albus.

"Nous attendons que vous choisissiez votre destin."

Et ils avaient décidé.

Tous.

Cela n'avait pas été sans peines ni débats, mais tous, sans exceptions, avaient été d'accord sur la décision finale.

Rien ne devait changer.

Ginny avait entendu ces mots comme un prisonnier entend sa condamnation à mort.

"Qui sait ce qui se passera si nous changeons tout ?" Déclara solennellement Gordon plus tard dans la soirée. "Nous ne pouvons enlever au monde magique treize années de paix et de reconstruction. Nous ne pouvons le priver d'espoir, et je ne parle pas que d'Harry car nous ne le laisserons pas porter son fardeau seul, mais de tous les autres qui seront nécessaire à la lutte et qui, si nous décidons d'un changement, ne seront peut être plus capable de combattre."

"Alors quoi !" S'exclama Remus, en colère. "Tu vas te laisser mourir toi aussi ? Je ne te laisserai pas faire !"

"Moi non plus", ajouta vivement Gidéon." Je peux très bien être le seul des deux à partir, ça n'affectera pas vraiment l'histoire…"

Gordon blanchit.

"Ne raconte pas de bêtises", dit-il d'une petite voix.

"Est-ce que vous vous rendez compte que vous débattez sur votre mort ?" S'indigna Minerva. "Il y a forcément un moyen de garder tout le monde en vie !"

"Et tout le monde sain d'esprit", murmura Alice le teint encore pâle.

Albus était silencieux. Il n'avait pas prononcé un mot depuis sa précédente question. C'était comme s'il ne voulait pas participer au débat, comme s'il ne voulait pas décider.

Et lorsque une à une, les personnes présentes se tournèrent vers lui en quête de réponse, il secoua sa tête avant de la baisser, défait.

"J'ai déjà le poids de tant de culpabilité qui pèse sur mes épaules, ne me faites pas choisir pour vous, s'il vous plaît."

Sa voix était suppliante, tremblante.

La décision se prit donc sans lui.

Au final, ce fut Sirius qui amena les autres à faire ce choix maudit aux yeux de la rousse.

"Gordon a raison et vous le savez tous. On ne pourra pas sauver nos peaux sans altérer profondément le déroulement des évènements. Et nous ne sommes pas des enfants, il est temps de réaliser que nous ne survivrons pas tous. James et Lily (il marqua un longue pause), James et Lily ont décidé et ont accepté l'inacceptable. Je ferais de même. Je sais que cela me mènera à la mort même si vous trouvez le moyen de me sortir de ce voile. Mais ça en vaut la peine. A quoi ça sert de vivre dans un monde où tout ce que nous haïssons le plus a toutes les chances de régner sur nos vies? Je préfère mourir et donner la possibilité à ceux qui restent de faire en sorte que ces chances soient réduites au minimum."

"Non", protesta Beth.

"Je veux garder espoir que tu survives", murmura seulement Sirius en réponse.

Après ça, une à une les personnes présentes se rangèrent à l'avis de Sirius. Toutes étaient en larmes. Toutes semblaient au bord du désespoir. Mais toutes étaient déterminées.

"Alea jactas est, qu'il en soit ainsi", murmura Albus.

Et c'était tout.

Juste comme ça.

En quelques mots, ils avaient scellés définitivement leur destin et celui du monde magique avec lui.

Ginny était effondrée.

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"Tu n'as pas l'air dans ton assiette", dit Gordon avec sollicitude deux jours après la nuit fatidique. Le sort de James avait fonctionné à merveilles et aucun de leurs amis ne se rappelait de ce qui leur avait été révélé.

Aucun ne se souvenait de leur terrible décision.

Ginny, elle, était condamnée à savoir.

"Tu dois me le dire si quelque chose ne va pas, je suis ton gynécomage."

Ginny tenta de sourire à son ami mais échoua lamentablement.

"Cela n'a rien avoir avec ma grossesse Gordon", lui murmura-t-elle en passant presque inconsciemment une main tendre sur son ventre qui doucement commençait à enfler.

Les vacances de Noël étaient entamées et malgré les temps sombres qui régnaient, Godric Hollow était habité par une ambiance de fête. Ginny et James avaient pourtant beaucoup de mal à se joindre aux festivités.

Gordon aidait Ginny dans le cuisine quand il l'avait abordé.

"James et toi...vous vous êtes disputé?"Demanda-t-il, incertain. Il semblait rechigné à poser la question et évitait soigneusement de la regarder dans les yeux.

Ginny comprit que leur comportement à elle et James avait été remarqué par leurs amis et qu'il les inquiétait. Apparemment, Gordon avait été désigné pour faire son enquête auprès d'elle, pendant un bref instant elle se demanda qui avait été désigné pour aborder James. Sirius, certainement.

"Tu sais", continua Gordon en voyant qu'elle ne lui répondait pas, "ce n'est pas si grave. Tous les couples se disputent...Ca va s'arranger."

Il lui offrit un sourire encourageant.

Peut être était-ce les hormones, l'accumulation du manque de sommeil, la tristesse et le choc qui avaient suivis cette fameuse nuit ou, qui sait, ces trois facteurs réunis, mais Ginny sentit le masque qu'elle s'était forgé pour faire face aux évènements éclater en mille morceaux.

C'en était trop.

"Ca va s'arranger?" Reprit-elle lentement en sentant la colère gronder en elle." Non Gordon ça va de mal en pire. La guerre nous entoure, et les morts, les disparitions s'accumulent. Chaque jour je me demande pourquoi le destin est si cruel pour nous infliger tout ça et chaque jour je prie pour qu'une solution apparaisse, pour que l'espoir subsiste, mais chaque fois, il est écrasé; si bien que je me demande si ça vaut encore la peine d'espérer. Je vais mettre au monde un enfant que j'aime plus que tout mais qui devra grandir dans un environnement froid, hostile, plein de haine et de rancœur. Il devra faire face à des choix qu'aucun enfant ne devrait faire et affronter un mal dont la racine est si profonde qu'il est presque impossible de la détruire. Et tu sais quoi? Je ne vais rien pouvoir faire. Alors non, Gordon, CA NE VA PAS S'ARRANGER!"

Et sur ces derniers mots criés avec toute la force de son désespoir, Ginny tourna les talons prête à s'en aller. Elle s'aperçut alors que Remus et Beth se trouvaient dans l'encadrement de la porte, la regardant bouche bée.

Elle voulut dire quelque chose mais sa gorge était trop nouée, alors elle secoua la tête et contourna ses amis pour se diriger à grands pas dans sa chambre.

Là, elle s'effondra sur le lit et pleura.

Elle se demanda sarcastiquement si son corps était assez fort pour produire cette mer de larmes qu'elle semblait déverser depuis des années maintenant.

Oui, c'en était trop. Elle avait survécu à Tom Riddle, survécu à la renaissance de Voldemort, survécu encore à sa venue dans le passé, à la perte de sa vie en tant que Ginny Weasley. Elle avait surmonté les épreuves du sort en s'adaptant à sa nouvelle identité, en aimant sa nouvelle famille sans conditions, en tombant amoureuse, en acceptant son destin.

Mais c'en était trop. Trop.

Un être humain n'était pas fait pour supporter tant de souffrance.

Car faire croître un espoir fou de changement et le voir s'effondrer comme un château de sable face à un tsunami dévastateur était une souffrance. La plus grande qu'elle ait eu à éprouver jusque là.

"Lily?"

La voix de James était douce mais hésitante.

"Laisse moi tranquille."

La voix de Ginny, elle, était brisée.

"Je suis tellement désolé", murmura James avant de sortir de la pièce.

Ces derniers temps, c'était là les seuls mots que son mari prononçait en sa présence.

Des litanies de « Je suis désolé » qui la faisaient se sentir vide de l'intérieur.

Objectivement, la rousse savait que ce n'était pas de la faute de James. Il n'y était pour rien dans le choix de ses amis. Lui aussi avait espérer.

Mais contre toute raison, elle lui en voulait. Elle lui en voulait terriblement de l'avoir fait espérer.

Cette rancœur finirait par disparaître, Ginny en était sure, mais pour le moment, elle ne pouvait s'empêcher de la ressentir et de l'exprimer.

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La tension ambiante qui régnait à Godric's Hollow faisait fuir ses habitants. Ginny savait pertinemment que c'était de sa faute.

Elle s'était murée dans un silence absolue depuis ces derniers jours.

Enfermée dans sa chambre, elle repensa à sa vie en tant que Ginny puis à celle en tant que Lily. Une personne pour deux histoires différentes.

La rousse caressa son ventre.

Elle ferma les yeux et de tout son être pensa à Harry. Un flot d'amour déferla dans ses veines et elle sourit faiblement.

Molly Weasley avait-elle ressentie la même chose lorsqu'elle même était enceinte de sa seule et unique fille? Certainement.

Le mince sourire qui s'était dessiné sur les lèvres de Ginny s'évanouit et pour la première fois depuis des années, elle se demanda quelle réaction sa famille, les Weasley, et sa mère en particulier, auraient lorsqu'ils apprendraient par une froide nuit de décembre 1996 qu'elle avait disparue. Pour toujours et à jamais.

Elle s'imagina leurs visages dévastés, leur désespoir.

Elle passa de nouveau sa main sur son ventre.

Et Harry? Elle n'avait pas songer à sa réaction face à la révélation de son identité en tant que Lily Evans depuis tant de mois maintenant. Comment réagirait-il? Serait-il furieux?Triste?Confus?Lui en voudrait-il de n'avoir rien changé?

De toute sa vie, Ginny n'aurait jamais pensé aimer quelqu'un comme elle aimait son fils. Elle aimait James irrémédiablement et sans limites, et elle avait toujours cru qu'elle ne pouvait aimer plus que cette tonne d'amour qu'elle avait pour son mari; mais c'était faux.

L'amour d'une mère pour son enfant n'avait aucun égal.

Et ce n'était que depuis qu'elle était enceinte qu'elle l'avait vraiment réalisé. Et cela ne donnait que plus de sens et de puissance à cette formule qu'elle avait découvert par hasard un jour dans la réserve, écrite sur les pages d'un livre dédié à l'Ancienne Magie. Un livre qui lui avait offert les trois mots qui feraient de Harry Potter, le Survivant.

La rousse soupira.

Ses pensées la menaient toutes dans le même sens au final: à sa propre mort.

Elle sursauta presque tant cette réalisation était forte: bientôt elle cesserait d'exister, bientôt elle mourrait. Elle l'avait toujours su, elle l'avait toujours accepté mais jusqu'à maintenant elle n'en avait pas réellement pris conscience.

Un infime partie d'elle même avait espéré que la décision de ses amis conduirait à sa survie et à celle de James. L'espoir était une chose dangereuse.

Cette minuscule partie d'elle avait été stupide de penser qu'elle pourrait survivre: car si elle survivait, Harry mourrait et ceci était complètement inacceptable.

"Je vais mourir", murmura-t-elle dans la pièce vide.

Et cette prise de conscience en amena une autre.

"Il me reste si peu de temps", soupira-t-elle.

Il était temps de chasser toutes les tensions qui régnaient à Godric's Hollow.

Il était temps de vivre pleinement les deux années à venir...avant la fin.

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Les maraudeurs étaient réunis dans la cuisine lorsque Ginny, forte de sa résolution, alla les retrouver.

"Ou sont Beth et Gordon?" Demanda-t-elle d'un ton léger.

Les quatre jeunes hommes se retournèrent d'un bloc pour la regarder, James les yeux brillant d'espoir lui répondit faiblement que Beth faisait la sieste et que Gordon n'était pas encore rentré de l'hôpital.

En voyant ses cernes profondes et son visage blafard, Ginny sentit une vague de culpabilité monter en elle: cela avait été tellement injuste de sa part d'en vouloir à James.

Déterminée, elle s'avança vers lui et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.

"Par Merlin, je n'aurais jamais cru ressentir tant de joie en vous voyant vous faire un bisou!" S'exclama joyeusement Sirius.

"Si tu manques tellement d'action, plains toi auprès de Beth camarade!" Rétorqua James en riant.

Et juste comme ça, la bonne humeur reprit du service dans tout le manoir.

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J'ouvre les yeux brusquement.

Ma respiration est saccadée et mon souffle erratique.

Un instant je songe qu'un sombre cauchemar est à l'origine des battements désordonnés de mon cœur mais non…c'est autre chose…

En sueur, je me redresse et passe lentement une main sur mon visage dans le but de me calmer.

D'un geste tout aussi lent je me saisis de mes lunettes et constate avec un grognement qu'il est à peine cinq heures du matin.

Le soleil perce à peine au loin, par delà la fenêtre…

Un malaise profond est ancré en moi.

Quelque chose qui me ronge…un sombre pressentiment…

Je sens que quelque chose vient de changer.

De changer à jamais.

Une vague de panique s'empare de moi, car depuis longtemps ce genre d'impression m'est apparu comme une future découverte macabre.

Ce n'est pas la première fois que je me réveille ainsi.

Mais cette fois…cette fois c'est plus fort.

Un étau se referme dans ma poitrine et ni ma respiration ni mon cœur ne veulent reprendre un rythme normal.

Je suffoque.

Puis, tout aussi brusquement que c'est arrivé tout s'achève et je sens une chaleur bienfaitrice m'envahir.

Comme si un être invisible m'enlaçait et me berçait.

Pourtant il n'y a personne.

Non personne.

Je suis seul alors pourq…

De nouveau cette chaleur.

Mais d'où vient-elle ?

Ma main passe inconsciemment sur mon torse et…

Le pendentif !

C'est le pendentif qui déclenche cette chaleur !

Alors je souris.

Il faudra vraiment que je remercie Ginny pour ça.

A l'évocation de la rouquine je sens un froid m'envahir.

Comme si…comme si quelque chose de grave lui était arrivé.

Je hoche la tête, désabusé, décidément je deviens vraiment parano…

Mais j'ai de quoi l'être d'un certain côté…

Non.

Ne pense pas à ça de si bon matin, Harry.

J'y pense déjà assez le reste de la journée, je peux au moins m'accorder ce petit répit…

Une voix vicieuse me susurre que Sirius lui n'est plus là pour profiter des moments de répit que la vie offre…il n'est plus là à cause de moi…

De nouveau je hoche la tête comme pour chasser cette pensée, qui je le sais, me hantera toute la journée, comme à l'habitude.

Définitivement cette journée commence mal.

Et pire que tout le sommeil ne risque pas de retarder un peu l'échéance…

Je me lève donc, m'habille sans empressement et descend à la Salle Commune d'un pas morne.

Et là je me fige.

Le sentiment d'intense panique reprend sa place.

Hermione est là.

Dans un des fauteuils qu'elle affectionne tant.

Son regard fixe le feu mourant, vide de tout.

Sur ses joues, de longs sillons sont tracés en continu par des larmes silencieuses.

Elle ne sursaute même pas quand je m'assois près d'elle.

"Hermione ?" Je l'appelle d'une voix tremblante.

Rien dans son attitude ne montre qu'elle m'a entendu.

"Hermione ?" Répète-je.

Cette fois-ci, ses yeux se plongent dans les miens et j'y lis une immense tristesse teintée de résignation.

Puis, avec lenteur elle niche son visage contre moi et je l'entoure maladroitement de mes bras.

Mais Merlin tout puissant !

Que se passe-t-il ?

Mon cœur a reprit un rythme plus que désordonné.

Les épaules d'Hermione tressautent et j'entends un gémissement plaintif.

Je ne l'avais jamais vu comme ça.

C'est comme si…comme si elle venait de perdre un être cher.

Cette pensée me fait frissonner.

"Harry ! Hermione ! Qu'est ce que…"

Je n'avais pas entendu Ron arriver.

En levant la tête je croise son regard bleu plein d'incompréhension.

Je lui fais signe que je suis aussi perdu que lui et il s'assoit avec nous.

Le silence qui s'installe n'est brisé que par les sanglots de mon amie.

Je sens vraiment une crainte sourde montée en moi.

Pitié Merlin…pitié…

Faites que rien ne soit arrivé…

Merlin…

Mais alors qu'aucun de nous n'ose bouger le portrait de la Grosse Dame pivote et je sens mon cœur s'arrêter brusquement.

Car Albus Dumbledore, lui-même, vient de pénétrer dans la Salle Commune et son air grave ne me rassure pas du tout.

Il nous lance un regard indescriptible, passant de la tristesse à autre chose que je ne saurais définir.

Hermione a cessé de pleurer.

Elle s'est redressée et a essuyé ses larmes d'un revers de la manche en fixant le directeur.

Ce dernier n'a pas eu besoin de parler pour que l'on se lève et qu'on le suive jusqu'à son bureau.

Le trajet se fait silencieusement.

Ron a le visage livide, et Hermione les yeux dans le vague.

Dumbledore, lui, regarde simplement devant lui marchant d'un pas souple.

Et moi…moi je sens ma peur grandir à chaque pas.

Une boule d'angoisse s'est formée dans ma gorge et rien, pas même ce si beau pendentif ne vient me rassurer.

Lorsque nous franchissons la porte du bureau directorial, je sens mon cœur tomber dans un gouffre infini.

Sont présents dans un coin en retrait, Remus Lupin, Sévérus Rogue, Minerva Mc Gonagall et une femme dont j'ignore l'identité.

Dans l'autre coin se tiennent nerveusement tous les Weasley.

Monsieur et Madame Weasley, (l'air apeuré et fatigué), Bill, Charlie, Percy, Fred et George.

Oui tous les Weasley.

Sauf une.

Je vois chacun des membres de ma famille de substitution pâlir en ne voyant pas la cadette de leur troupe entrer avec nous.

Dumbledore nous invite à nous asseoir et je sens le regard de Remus, Rogue, Mc Gonagall, et de cette femme inconnue, se braquer sur moi.

Le directeur se racle la gorge et toute mon attention se fixe sur lui.

J'ai peur.

Vraiment très peur.

"Je vous ai convoqué ici de si bon matin car il est enfin l'heure de révéler un lourd secret qui pèse sur certains d'entre nous –dont moi-même- depuis trop longtemps."

Il marque une pause et plante son regard dans le mien.

Je frissonne.

"Aujourd'hui je dois vous annoncer une triste, bien triste nouvelle", murmure-t-il presque, d'une voix chargée d'émotions contenues.

Et alors que les Weasleys se redressent, attendant la suite, encore pleins d'espoir malgré les sombres propos de Dumbledore, je sais.

Je sais et mon monde semble s'écrouler quand que je comprends que jamais plus je ne reverrai Ginny Weasley.

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A suivre...

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Court chapitre qui j'espère vous aura plus!

Les reviews sont toujours bienvenues si le coeur vous en dit!