Bonjour mesdames, je me permets de vous écrire une petite note pour vous remercier très sincèrement pour les bons commentaires que vous me laissez. Les commentaires sont pour moi une source d'inspiration à continuer cette histoire. J'espère que les chapitres ne vous décevront pas pour ceux qui n'aiment pas beaucoup cette histoire, mais sachez que pour moi, elle est la résolution de bien des cas et l'abandon au sentiment. Pour plusieurs, il est plus facile d'écrire que de parler aux gens et c'est dans cette histoire que je le fais. Des gens comme vous et moi, faisons passer nos sentiments et nos plaisirs dans ces écrits et c'est avec plaisir que je vous partage ceci. Je tiens à préciser que seulement les personnages ajouter de l'histoire sont de mon cru et que les personnages que nous connaissons tous sont la propriété de l'auteur. Merci de suivre cette fiction et bonne lecture!


Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris qu'en toutes circonstances, j'étais à la bonne place, au bon moment. Et, alors, j'ai pu me relaxer. Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle estime de soi. J'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n'étaient rien d'autre qu'un signal lorsque je vais à l'encontre de mes convictions. Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Authenticité. J'ai cessé de vouloir une vie différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Maturité. J'ai commencé à percevoir l'abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne, dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment. Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Respect. J'ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m'était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait ça de l'égoïsme. Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Amour Propre. J'ai cessé d'avoir peur du temps libre et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les mégas – projets du futur. Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime, quand ça me plaît et à mon rythme. Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Simplicité. J'ai cessé de chercher à toujours avoir raison et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd'hui, j'ai découvert l'Humilité. J'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir. Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s'appelle Plénitude. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir, mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse.


Le cœur battant, la musique de mon iPod résonnant dans mes oreilles, les pieds endoloris par la pression de mes espadrilles, la cadence de mes pas suivant le rythme des différents artistes qui jouait dans mes oreilles, je donnai les derniers efforts qui me restaient pour en finir avec ce 5 kilomètres. Étrangement, j'aimais courir. C'était un sentiment qui devenait échappatoire. J'aimais regarder le lever du soleil entre les arbres du quartier, entendre les oiseaux se levers et chantonner et j'aimais que les ruelles soient vides de vie, autre que la mienne. Les gens de Chicago aimaient dormir le matin.

Je ne crois pas avoir besoin de vous dire que mes sentiments depuis ce samedi étaient encore plus troublés et affreusement mélangés en moi. C'est pourquoi je m'abandonnai à cet exercice. Je ne comprenais pas cette soudaine attention envers moi et mon fils. Mon but ultime était de passer inaperçue et de donner le meilleur de moi à Allan. Mon fils était celui qui avait su me garder sur terre. Il était celui pour qui je me battais, pour qui je me réveillais aux aurores chaque matin et m'endormais à la noirceur complète. Je suis devenue mère avec mon fils, je ne l'étais pas avant son arrivée, bien que je la préparais. À sa naissance j'étais tellement fatiguée et angoissée, j'étais seule. J'avais appris à le connaître jour après jour et au début, m'occuper de lui était un devoir puis un plaisir immense de le regarder, d'être là, de le sentir contre moi. Nous faisons le choix de devenir mère pour nous. Pour devenir un être qui donne la vie à un enfant qui ne demandait pas mieux, une vie.

Je vous dis tout ceci, parce que je ne crois pas que les volontés de Christian soient fondées. Pourquoi revenir près de nous après six années? Pourquoi vouloir des négociations de contrat de divorce tandis que je ne lui demandais rien? Je n'avais pas besoin de son argent. Tout ce que je voulais, c'était mon fils. Cet être pour qui je me bats corps et âme depuis six ans, dès que j'ai su sa présence en moi. Mais je dois vous avouer que lorsque je les ai regardés, face à face, il y avait une chimie que seuls un père et un fils pouvaient avoir. Jamais je n'avais vu Allan si étincelant, comme s'il avait retrouvé une partie de lui. Pourtant, je vous entends déjà clamer qu'ils se sont à peine parlé. Comment puis-je savoir ces choses-là? Il n'y a qu'à entendre mon garçon depuis sa rencontre et vous saurez de quoi je vous parle.

D'un regard vers ma droite, j'apercevais Sébastien remonter jusqu'à moi. Ces cheveux bouclés volaient à chacun de ces pas, ces sourcils étaient froncés par l'effort physique que nous donnions, son maillot bleuté était collé par la sueur de son corps. Il semblait plus concentré par la course que moi je l'étais. Sébastien avait ce côté compétitif que je n'appréciais pas toujours. Il donnait constamment le meilleur de lui-même sans aucune raison, ou simplement en souhaitant être le meilleur. Je dois vous dire qu'il est mauvais perdant. Bien qu'au travers de ces défauts, il a quelques qualités. Il est beau, bon pas autant que Christian, mais les femmes le regardent. Il est intelligent, une moyenne bien au-dessus de celle des autres. Il est affectueux et romantique, quand il le souhaite, mais pas du tout galant, comme je vous l'avais déjà mentionné. Bien que ce ne soit pas l'homme parfait, il avait su me faire oublier du mieux qu'il le pouvait le père d'Allan, mais aujourd'hui il n'avait plus ce pouvoir.

Nous remontions l'allée en petits cailloux qui menait à la maison et nous diminuons cadence. J'étais essoufflée, pleine de sueur et soulagée que cette tension quitte mon corps pour l'espace de quelques heures.

- Tu sembles anxieuse, me dit Sébastien.

Je secouai la tête en signe de réponse, il n'avait aucunement besoin de connaître mon été d'âme et de connaître mes pensées envers un autre homme. Je crois sincèrement que je détenais la même tête depuis mon retour de Seattle. Comment un homme que nous voyons quelques heures peut détenir le pouvoir sur ma vie et mes sentiments? J'attends les réponses des lectrices avec impatience.

J'aurais voulu qu'il se retrouve dans cette salle de bain, avec moi sous cette eau tombante. Ma petite déesse danse en imaginant ce qu'il aurait pu me faire, mais elle boude en voyant qu'il n'avait rien fait de tout ce que j'imaginais. Elle est tentée de recommencer pour qu'il flanche et nous rejoigne.

Toutes ces idées semblent incongrues? me direz-vous. Imaginez tout ce qu'il se passe dans ma tête.

- Je ne le suis pas, mentis-je.

Une fois la maison désarmée du système, je ne laisse pas mon fils dormir seul sans la maison protégée, je montai à la chambre pour me préparer à la journée. Nous étions mercredi, quatre jours après ses retrouvailles et quelques heures avant la prochaine rencontre. Une rencontre certes différente, mais une rencontre tout de même. Nous allions être face à face avec nos avocats respectifs pour négocier les termes officiels du divorce. Comme il était plus simple pour Christian de se déplacer, dû au jet, à l'hélicoptère et aux nombreuses voitures qu'il possède, la rencontre se ferait à Chicago dans les bureaux de Stark Édition. Je devais donc retrouver l'avocate experte que Damien m'avait envoyée ce matin pour discuter des derniers détails/paperasses.

La routine du matin se passait régulièrement sans problème et ce fut le même scénario ce matin. J'allais courir un cinq kilomètres très tôt, je passai sous la douche, me préparai pour la journée, j'allais réveiller Allan, je lui sortais ces vêtements, je le laissai s'habiller, je descendais préparer le petit-déjeuner pour tout le monde, je préparais le sac pour la journée à la petite école de mon fils, j'allai le reconduire, passai me récupérer un café (extrêmement nécessaire avec un enfant, on en devient accro) et me rendais finalement au travail. Cela peut vous sembler épuisant, mais on finit par s'y habituer.

Les bureaux de Stark Édition étaient au le plein cœur du centre-ville dans une immense tour près de la Willis Tower. Chicago était une ville magnifique et je ne regrettais en rien d'y avoir déménagé, bon d'accord, je le regrettais seulement pour mon entourage, mais nous tombons rapidement sous le charme de cette ville. Les édifices étaient miroitants sous le soleil de la journée et en pleine hauteur. Je crois que c'est ce que je préférais le plus de cette ville, la hauteur de ces immeubles. Les bureaux de Stark Edition étaient dans l'immeuble de Stark Entertainment, tous les revenus de Damien étaient retenus dans une seule et même tour (du moins pour les sièges sociaux des différentes entreprises), Damien aime bien avoir le contrôle. Il misait sur ce qui pouvait donner de l'argent. Bien que l'édition commence à disparaitre, Damien a su regrouper technologie et édition en une seule entreprise. Tous les romans que j'éditais, nous en avions l'exclusivité technologique. C'est ainsi que le monde de Damien roulait, sur la technologie.

- Mes bureaux sont plus exorbitants, entendis-je dire dans mon dos.

Je savais que c'était lui, je reconnaissais cette connexion que je n'avais avec personne d'autre. Ces filaments qui m'attiraient vers lui, je ne pouvais pas me battre contre ça. Je pouvais simplement garder mes distances, chose qui semblait raisonnable et réelle depuis ces six années et qui s'était écrasée samedi.

Je me retournai finalement surprise de l'entendre et de le voir si tôt. Mon cœur battait la chamade lorsque je me retournai. Bon sang, il était encore plus beau sous ce soleil plombant. Ces cheveux prenaient une couleur dorée et ces yeux s'assombrissaient. Il portait un complet noir sur une chemise grise claire et une cravate d'un gris plus charbonneux. Il avait une posture droite et ces doigts ajustaient le col de son veston. Je dois avouer que tout d'un coup la chaleur était écrasante.

- Que fais-tu ici? lui demandai-je.

- Nous avons une rencontre.

- Bien plus tard dans la journée, argumentai-je.

Un petit rictus se dessina sur ces lèvres et je baissai les yeux, je l'avais défié.

- J'aime bien voir mes compétiteurs et leur monde de travail.

- Tu es déjà venu à Chicago Christian et tu connais déjà Stark Entertainment.

- Vous argumentez, Madame Grey, m'avertit-il.

- Steele, le corrigeai-je.

- Pas encore, vous êtes encore lié à moi bien que ceci vous dérange pour le moment.

Il tendit la main jusqu'à mon cou et extirpa de ma chemise bleu poudre la chainette en or à laquelle pendait notre alliance. Il la fit glisser entre ces doigts en prenant le soin de me regarder dans les yeux. Nous avions choisi ces alliances ensemble et s'était un peu mon moyen de garder le père d'Allan avec nous, en fait ça avait été le moyen de garde le père près de nous. J'aimais raconter à Allan comment Christian avait été dans ces côtés plus clairs et doux.

Sa pupille avait grossi, signe que je lui faisais encore de l'effet. J'admets que j'avais pensé à mon coup un peu plus tôt ce matin. J'avais choisi une jupe crayon blanc très ajusté et à taille haute et j'y avais agencé un chemisier bleu poudre, quelques accessoires blancs et des talons blancs magnifiques. Je savais que dans cet ensemble, il regretterait de m'avoir laissé partir. Pas que je veuille qu'il le regrette… En fait peut-être que oui je souhaitais qu'il regrette la femme que je suis.

En revenant de Seattle, j'avais bien réfléchi à la suite de la discussion avec Grace. Christian n'était pas la cause de notre séparation, bien qu'il avait sa charge de responsabilité, c'était à moi la faute de tout ce que je vivais aujourd'hui. Je voulais une histoire pleine de romance, un preux chevalier qui sauvait sa princesse des griffes du méchant dragon ou un prince retenant sa bien-aimée. Mais je devais me faire à l'idée, l'homme que j'aimais était le méchant dragon. En fait, dans tous les contes de notre enfance, la jeune femme tombe amoureuse du beau prince, mais dans la vie réelle, les femmes tombent amoureuses de l'homme qui leur est un défi. Christian avait été et sera à jamais mon réel défi. J'étais partie en sachant très bien qu'il ne me retiendrait pas qu'il souhaitait mon seul bien, comme à toutes les fois que j'ai dû quitter, mais j'aurais souhaité qu'il me retienne.

- Vous déteniez ma vie avec cette alliance, dit-il me ramenant au présent.

- Êtes-vous devenu un homme sentimental, monsieur Grey?

- Peut-être.

Je fronçai les sourcils en entendant ces mots, Christian n'avait pas l'habitude de parler de ses sentiments ou même de les partager, pas même avec moi. Nous apprenions à connaître ces sentiments à mesure que nous apprenions à connaître cet homme, et nous en tombions amoureuses.

Je souhaiterais déjeuner avec vous, madame Grey, nous devons discuter de certaines choses et je ne veux pas que tu sois surprise face aux avocats.

- Steele… le corrigeai-je à nouveau. Monsieur Grey, je suis occupée pour une majeure partie de l'avant-midi et je ne crois pas qu'aller déjeuner avec vous soit une bonne idée.

Il laissa tomber l'alliance contre ma poitrine et replaça une mèche folle qui était tombée de mon chignon. Il se pencha à mon oreille et murmura :

- C'est un ordre, mademoiselle Steele.

Un frisson parcourut mon corps en entier débutant par mes orteils jusqu'à la pointe de mes cheveux et une drôle sensation alla directement se loger dans le creux de mon ventre. Cet homme pouvait être troublant à la fin. Je le regardais se reculer, satisfait de l'état à laquelle il me laissait pantoise et rebroussa chemin vers, je l'imagine, son hôtel. Il fut rapidement rejoint par deux hommes en complet noir, sûrement ces pitbulls marchant. Je reconnus au loin la corpulence de Taylor, mais le second homme ne m'était pas familier.

Je soupirai pour reprendre mes esprits et me dirigeai vers mes bureaux. Bien que Damien soit un homme aussi directif que Christian, son monde s'éloignait complètement de lui. Dans mes souvenirs, les bureaux de Christian étaient entourés de blonde magnifique, un peu trop retouchée et toute vêtue de tailleurs gris, blanc ou encore noir. Chez Stark on pouvait se familiariser avec les couleurs et la chaleur. Damien avait comme optique que si nous savons mettre nos clients à l'aise dans nos bureaux, plus rapidement nous pourrons signer les contrats nous liants à eux. Les meubles étaient en bois d'érables chaud, les murs étaient d'un blanc ivoire et les tapis et les peintures décorant l'immeuble se retrouvaient dans la palette de vert et d'orangé.

Une fois l'ascenseur immobilisé à l'étage de l'édition, je me trouvai à faire face à l'accueil. Mon assistante, Rachel, discutait avec la réceptionniste. Rachel était une jeune femme sortant de l'université de Chicago. Une jeune femme remplie de talent. Elle avait les cheveux d'un noir corbeau et une peau laiteuse. Elle se redressa lorsqu'elle m'aperçut.

- Bonjour Ana, me salua-t-elle en me tendant l'horaire de la journée.

Je n'avais pas besoin de jeter un œil à cet horaire pour savoir le déroulement peu orthodoxe de ma journée d'aujourd'hui. Le droit de la famille composait la grande partie de ma journée.

Monsieur Stark voulait savoir si vous aviez eu des nouvelles du contrat avec Bohard? Me demanda la réceptionniste en posant la main sur le combiné qu'elle venait de décroché.

- C'est Damien? Lui demandai-je en pointant le récepteur.

La vieille dame hocha la tête. Notre réceptionniste était une dame dans la cinquantaine qui avait toujours travaillé pour Damien depuis l'ouverture de l'entreprise, je ne pouvais demander une meilleure réceptionniste, avec mes deux acolytes, même si je suis maladroite, il m'était impossible de manquer aucun téléphone important ni aucun contrat.

- Dites-lui que je prends la ligne dans deux minutes, lui répondis-je.

Les bureaux de l'édition étaient faits en long. Un seul couloir menait aux bureaux des éditeurs qui travaillaient pour nous et mon bureau était le dernier pilier qui regroupait tous ces locaux. Je me sentais parfois comme la meneuse de cette équipe, bien que je ne sache pas diriger cette équipe. Damien s'en chargeait bien à ma place. Mon bureau était très grand, j'avais un petit coin canapé avec une petite table basse lorsque je recevais des clients que je devais traiter d'avantage comme des amis que comme des clients et j'avais mon bureau au centre d'une grande baie vitrée qui faisait la façade derrière celui-ci. Les murs de mon bureau étaient peints d'une verte menthe très pâle et mes meubles étaient en cerisier massif. J'ouvris mon ordinateur et pris finalement le combiné pour répondre à Damien.

- C'est plutôt moi qui devrais te mettre en attente, me dit-il en guise de salutation.

- Malheureusement tu as le don de me téléphoner dès mon arrivée dans mes bureaux, homme qui reste dans sa tour.

- Je te surveille, dit-il à la rigolade.

Bien que je sache que c'était une plaisanterie, je pouvais déceler le fond de vérité qu'elle détenait. Je savais que Damien m'aimait beaucoup et le moindre malheur qui se pointait à moi, il s'en occupait personnellement, comme Christian l'avait fait.

- Comment se déroule l'acquisition de l'œuvre de Bohard?

- Mal, je n'ai aucune nouvelle, dis-je en m'installant déposant mes sacs près de mon bureau et en me laissant tomber dans ma chaise.

Bohard était un auteur anonyme qui écrivait des romans érotiques. Il ne souhaitait pas que son vrai nom paraisse. Habituellement, je n'aimais pas ce genre d'œuvre, mais en lisant ces textes ces choses qu'il faisait vivre à ces personnages cachaient un trouble passager qui rejoignait plusieurs vies, dont mon ancienne et celle du couple de Damien. Au départ, Damien n'avait pas apprécié que ce genre d'œuvre sorte de Stark Edition, mais je lui avais fait lire ce chef d'œuvre et maintenant il ne voulait plus se défaire de cet auteur. Mais il fallait bien que cet auteur accepte de nous livrer ces œuvres.

- Tu crois que tu peux régler ça aujourd'hui?

- Je ne crois pas non, si je regarde mon emploi du temps, j'attends d'ici quelques minutes l'arrivée de l'avocate qui est programmée pour mon avant-midi complètement et j'ai la rencontre du divorce cette après-midi. Tout ceci devrait me prendre la journée.

- Je veux cet auteur Ana, me dit-il sérieusement.

- Je sais Damien, mais je ne peux pas représenter ces œuvres si nous n'avons pas son accord.

- Je te laisse une semaine pour régler tout ça.

- Si tu le dis, conclus-je en raccrochant.

Une fois le combiné posé, l'interphone du téléphone sonna. La voix de Rachel emplit l'espace du bureau.

- Madame Steele? L'avocate est arrivée.

Vous connaissez ce genre d'avant-midi où nous n'apercevons aucunement le temps passer? Et bien ce fut mon cas. L'avocate que Damien m'avait offerte ne comprenait pas le réel désir de cette séparation. Elle voulait salir Christian. Elle ne voulait pas du simple fait que je souhaite simplement obtenir la garde de notre fils, elle voulait que j'obtienne son argent, sa fortune, son entreprise. Tout ce que je ne souhaitais pas. Non, mais regardez-moi! Que ferais-je avec tout cela? Je briserais ce pour quoi il avait tout donné pour en arriver jusque-là. C'est comme si tu gagnais un lot à la loterie et que finalement après plusieurs années, on te réclame la même somme d'argent. Je ne voulais pas le détruire, je n'accepterais pas de le voir ainsi.

L'avocate quitta mon bureau vers les treize heures pour aller déjeuner et me promit de revenir dans une heure pour la dernière préparation de dernières minutes pour le divorce. C'était une femme charmante et je ne doutais pas de ces capacités à être une bonne avocate, mais je compris maintenant pourquoi elle était en droit des affaires et non spécialisé dans le droit de la famille. Elle ne voyait que profit et fortune, et non le bienêtre d'Allan.

Un son retentissant de mon ordinateur me sortit de mes songes m'indiquant que j'avais un courriel qui venait d'entrer dans ma boîte. Mon iPhone sonna au même moment pour m'indiquer la même chose.

C'était un message de Christian.

« Objet : Vous ignorez mes ordres maintenant?

Chère madame Grey, j'ai connu un temps où les ordres étaient respectés à la règle, auriez-vous dérogé de cette belle habitude? Je vous attends dans cinq minutes au restaurant où vous aimez aller déjeuner.

Christian Grey,
PDG Grey Enterprise Holdings Inc. »

Je souris en refermant le message, pris mon sac et mes clés et quittai mon bureau. Peut-être suis-je naïve, mais ce Christian me manquait. L'autorité déjouée était ma plus grande qualité, mais j'aimais aussi répondre à cette autorité. En passant près du bureau vide de Rachel, j'en conclus qu'elle avait pris son heure de lunch. Je tapai un SMS à son issu pour qu'elle sache que j'avais quitté mon bureau et que j'étais, à mon tour, parti déjeuner. Qu'elle pouvait me rejoindre sur mon téléphone en cas de problème.

Je n'aimais pas déjeuner dans les locaux. Régulièrement, je préférais aller déjeuner avec Damien ou Nikki au restaurant du coin. S'était un bistro chic qui accueillait de nombreux hommes et femmes d'affaire qui occupait l'endroit pour clore des contrats ou encore pour déjeuner en tête à tête romantiques avec l'un de leurs collègues amant. J'étais bien connue de cet endroit, nous y allions plusieurs fois par semaine, leur repas était exquis.

Christian m'attendait à la porte d'entrée en vérifiant son téléphone, il attendait sûrement une réponse de ma part ou il vérifiait que je ne suis bel et bien pas en retard. Lorsque je le regardais ainsi, d'une assurance débordante, je me demandais pourquoi je l'avais quitté. Mais ce sont les souvenirs d'un homme contrôlant qui veuille tuer un être qui ne demandait qu'à le connaître qui refaisait surface. Bien que je fonde à l'idée de revoir cet homme et de déjeuner avec lui, je devais garder à l'esprit que je n'étais plus seule maintenant.

- Suis-je en retard, monsieur Grey? lui demandai-je une fois à sa hauteur. Où vous surveillez que je ne le sois pas.

- Mon avocat m'envoie des messages me signalant que ce n'est pas une bonne idée ce que je m'apprête à faire. Me répondit-il

Je fus surprise de sa réponse, il avait donc parlé à son avocat de cette rencontre. Devrais-je le faire? Appeler cette femme qui souhaitait le dérober de son argent ou cacher cette rencontre? Sans l'ombre d'un doute, je choisis la deuxième.

- Vous lui répondez?

- Non, je les supprime. Me dit-il simplement en ouvrant la porte du bistro.

Le restaurant était pratiquement vide, à cette heure, tous étaient probablement de retour à leur poste. Quelques habitués étaient installés à leur table. Les serveuses me saluèrent et une d'entre elles nous installa à une table en prenant soin de s'informer si monsieur Stark se joignait à moi et Christian. Je vous dirais que ce genre de chose me surprit, pas que ce n'était pas habituel qu'une serveuse nous assigne une table ou nous demande si nous allions être seuls ou rejoint plus tard. Ce qui me surprenait, s'était le fait que Christian n'avait pas pris la charge d'une réservation ou la charge de nous assigner une table dans un endroit fermé ou juste nous deux serions. Je ne reconnaissais pas l'homme dirigeant aujourd'hui.

Elle nous assigna une banquette à l'extrémité du Bistro, loin de tous les regards. J'en avais l'habitude, Damien demandait ce genre de table. La serveuse le faisait par simple habitude. Elle nous remplit nos coupes d'eau gazéifiée et nous offrit les menus en nous spécifiant que le repas du jour était le Tartare de saumon fumé. Je passais ma commande au même moment, inutile de regarder le menu, je le connaissais par cœur. Je commandais la même chose que les autres fois et il demanda à ce qu'on lui apporte la même chose. Ainsi nous aurions une quinzaine de minutes sans être dérangés à nouveau. Christian s'installa face à moi en prenant soin que je m'installer confortablement avant et posa son iPhone récent hors de prix sur le coin de la table.

- Tu n'as pas à être nerveuse.

- Je ne le suis pas.

- Anastasia, tu te tiens droite et tu te mords la lèvre.

- Je suis surprise, tout simplement. Avouai-je en lâchant cette lèvre qui le dérangeait tant.

- Surprise de quoi?

- De toi, me contentais-je de dire.

- Suis-je si déconcertant?

- Non tu es troublant.

- Mon but n'est pas de l'être.

- Quel est ton but?

- Rien que tu ne sais pas déjà.

Je posai mon regard sur lui, il était calme et ne démontrait aucune irritation. Il semblait posé, comme lorsqu'il dormait. Je ne l'avais vue que très rarement dans cet état.

- Tu sais Christian que le côté autoritaire ne fonctionne plus avec moi.

- Pourtant tu es ici.

- Je suis ici parce que tu me l'as demandé et je sais que si je ne m'étais pas présenté, tu te serais présenté au bureau et là j'aurais été le sujet de conversation de tous les employés.

- Tu es déjà leur sujet de conversation.

- Pas du tout.

Un petit sourire se forma sur ces lèvres et il prit une gorgée de l'eau qui nous avait été auparavant servie.

- Évidemment, ce ne sont pas les journaux et les télés-nouvelles qui clament haut et fort notre divorce qui s'officialise de plus en plus, me dit-il sournois. Tous les gens ne parlent que de ça.

- Le divorce ne concerne que toi et moi, Christian, peu importe ce que les gens autour de nous disent, nous connaissons les raisons qui nous mène ici.

- En fait, en lisant l'attestation de divorce que tu as fait parvenir à mon bureau, les raisons ne sont pas mentionnées. Est-ce parce que tu ne m'aimes réellement plus ou est-ce pour avoir le contrôle sur ma vie?

- Aucune de ces hypothèses ne sont vraie et fondée, me contentais-je de dire.

Bien que l'avocate qui me défend affirme le contraire. Je ne voulais pas avoir le contrôle sur la vie de cet homme, comme il ne souhaitait pas avoir le contrôle sur la mienne. Du moins, il ne pouvait plus l'obtenir.

- Je ne comprends pas tes démarches, m'avoua-t-il finalement.

- Si tu savais, murmurai-je. Je ne les comprends pas moi-même.

- Pourquoi demander le divorce alors?

- Parce que je n'ai pas le choix, je n'ai pas le choix pour Allan.

- Alors tu le fais pour un enfant? Me dit-il incrédule. Je suis désolé Anastasia mes tes fondements ne tiennent pas la route.

- Tu ne t'es pas soucié de nous depuis six ans, Christian. Je ne voulais pas te déranger avec son dossier scolaire puisque tu ne t'en soucies pas. Le divorce mettait un terme à ton engagement dans son éducation.

- Tu crois que je ne me soucie pas de l'avenir de nos prochains? Me demanda-t-il.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, ne mets pas tous ces gens ensemble. Je te parle de l'enfant que tu n'as pas voulu avoir.

- Je te rappelle que c'est toi qui as décidé de partir, je me faisais doucement à l'idée. M'aurais-tu vu être un père?

Cette question je me l'étais régulièrement posé, aurais-je vu Christian être un bon père? Certainement! Il avait ce don avec les gens, une grande force charismatique, un charme fou, un désir immense et un pouvoir sur les gens. Il suffisait de l'avoir vue avec Allan samedi dernier. Nous avons tout le droit à l'erreur en étant parent, j'en avais fait des erreurs, mais j'avais fait de mon mieux et je ne crois pas qu'Allan m'en porte responsable.

- La peur de devenir parent est dans notre tête, Christian. J'ai eu peur, mais j'ai grandi dans cette peur et avec cette peur. Je ne crois pas qu'Allan s'en plaigne.

- Tu l'as bien éduqué.

- Je fais du mieux que je peux tous les jours, dis-je simplement.

- J'aimerais apprendre à le connaître.

- Nous y étions, le réel sujet de la rencontre avant celle de nos avocats.

- Je veux qu'il sache qui je suis.

- Il sait qui tu es.

- Je ne veux pas être pour lui l'homme sur la photo, Ana.

- Je ne peux changer la perception que cet enfant a de toi.

- Je te demande juste un weekend, avec lui.

- Pourquoi Christian? Pourquoi revenir à l'instant?

- Parce que je te vois heureuse avec un autre homme. Parce qu'en te voyant samedi, magnifique comme tu es devenu. Anastasia, tu as grandi, tu es devenue une belle femme et une femme forte pleine de potentiel. Chaque jour, je regrette le dernier jour parce que je n'ai pas été assez puissant mentalement pour te retenir ou de revenir te chercher. Et si pour moi le seul moyen de te démontrer que je tiens à vous deux est de passer du temps avec Allan, je le ferai.

- Pourquoi est-ce que ça te tient autant à cœur tout d'un coup, mon bienêtre et celui d'Allan?

- Ton bienêtre a toujours été ma priorité.

Je me tus en voyant la serveuse approchée avec nos assiettes. Le téléphone de Christian se mit à sonner au même moment et il refusa l'appel entrant sans même regarder le destinateur de cet appel. La jolie rouquine posa les plats devant nous et nous demanda si nous avions besoin de quelque chose d'autre. Christian se chargea de la remercier poliment en lui disant que si nous avions besoin de quelque chose, nous lui ferons signe.

- Pourquoi avoir choisi le prénom Allan? Me demanda-t-il pour changer de sujet et pour me forcer à débuter mon assiette.

Changement brusque, tournant de direction. Les cinquante nuances étaient de retour. Il savait que parler du passer ne me ferait pas manger davantage. Déjà que j'avais une boule qui commençait à se former dans mon estomac.

- La signification de ce prénom est un mélange de nos deux personnalités, je voulais que notre fils ait une partie de son père, même s'il n'était pas présent pour lui. Il représente bien son nom il est un curieux mélange d'indépendance d'esprit et de dépendance.

- Je n'avais entendu ce prénom que rarement.

- Je n'avais pas choisi de prénom avant son arrivée, c'est en le voyant que ce prénom m'est venu.

- Tu n'as pas eu de complication?

- À l'accouchement? Non, répondis-je simplement.

Tantôt un homme contrôlant, tantôt un sentimental, tantôt un homme foudroyant, tantôt un homme sensible qui s'assure que tout est bien et bon! D'ici la fin de ce repas, il risque de me perdre dans le fond de la banquette à force de tourner les discussions ainsi. Un deuxième appel se fit entendre de son portable et il l'ignora à nouveau. Il prit soin de fermer le son.

- Je veux te prouver que je ne suis plus l'homme qui t'a laissé partir, Ana. Laisse-moi un weekend avec lui, un seul et s'il ne veut plus me voir après ça, je signerai les papiers pour le divorce et renoncerai à sa garde complète, comme tu me le demandes.

- Et s'il souhaite te voir à nouveau? Le laisseras-tu tomber?

- Il faudra me tuer avant de rendre cet enfant malheureux.

- Un seul weekend Christian, lui accordai-je. Mais si tu fais du mal à mon fils, que tu le tourmentes ou que tu lui fais quoi que ce soit qui change sa bonne humeur, sache que tu le regretteras.

Maman ourse avait sorti ces griffes, on ne faisait pas du mal à un enfant de son âge.

Je ne savais pas si c'était les preuves que j'attendais depuis samedi. Les raisons pour lesquelles il avait décidé de revenir. Mais je me disais que je devais le lui accorder, pas pour moi, bien que sa présence et son aveu au sujet d'Allan me réchauffaient le cœur. Je le faisais pour mon fils, pour le regard qu'il avait eu en regardant cet homme identique à lui.

Il se pencha et prit ma main dans la sienne. Ce geste semblait si anodin, mais pour moi il était la résolution de bien des tourments. Était-ce moment où je devais m'affirmer en tant que femme qui partageait ma vie avec un homme ou le moment où je devais courir dans les bras de celui qui me faisait face et m'y blottir jusqu'au bout de ma vie? Ce n'était pas donc ça que j'attendais depuis six ans?

- Vous faites de moi un homme heureux, Madame Grey.

Je n'eus pas la force de défendre mon nom. Il n'avait pas tort, dans un sens, nous étions encore liés. Rien de tout ceci n'allait m'aider à échapper de cet homme, ma tête le souhaitait, mais mon cœur lui, s'était autre chose.