Bonjour tout le monde, je tiens à vous préciser que ce chapitre est un peu plus court que ceux habituellement, mais ce n'est qu'une transition à ce qui va suivre. Je vous souhaite une bonne lecture et d'apprécier ce chapitre. Je vous rappelle que les personnages tirés des romans sont propres à leurs auteurs respectifs.
Il n'y a rien de plus frustrant que ce sentiment d'impuissance
Que l'on voit naitre en soi petit à petit, face à la souffrance
Comme une infirmière démunie qui n'a pas assez de ses larmes
Pour apaiser la douleur, et doit, hélas, rendre les armes.
J'ai vu dans ses yeux toute cette peine, cette tristesse
Un appel dans son regard, une balise de détresse
Jetée comme une bouteille sur l'océan froid du silence
Qui s'échoue sur la plage déserte de l'indifférence.
Il n'y a rien de plus amer que ce sentiment d'impuissance
Qui s'infiltre dans votre cœur, face à la souffrance
Quand le don de soi ne suffit plus, quand la dernière volonté
Si dure soit-elle, se doit d'être uniquement respectée.
J'ai vu dans ses yeux, toutes ses questions, cette lassitude
mettre en sourdine ses sentiments, vouloir bousculer les certitudes
faire encore et encore plus telle une héroïne de séries télévisées
Mais la vie se nourrit d'irréversibles et terribles réalités.
Il n'y a rien de plus frustrant que ce sentiment d'impuissance
Qui vous gangrène de l'intérieur, face à la souffrance
Qu'en sonne l'heure où l'autre remet entre vos mains
Les derniers soupirs d'une vie qui s'enfuit dans le lointain.
J'ai vu dans ses yeux toute l'humilité, les douces intentions
D'une âme pure qui veut adoucir les derniers instants
D'un être qui aspire à quitter cette vie pour ailleurs
En suivant avec quiétude la route céleste qui mène au bonheur.
Il n'y a rien de plus amer que ce sentiment d'impuissance
Que l'on voit naitre en soi, petit à petit, face à la souffrance
soyez tolérants face au personnel soignant qui donne le meilleur
Pour que les durs moments soient atténués grâce à leur bon cœur.
- Maman, tu penses que je dois l'appeler Christian ou papa? Me demanda pour la énième fois mon fils durant l'attente au petit aéroport.
Je dois vous avouer une chose, je regrettais un peu d'avoir donné mon accord pour que Christian puisse prendre la garde d'Allan pour le weekend. C'était insensé, il ne s'était même pas soucié de nous depuis tout ce temps. Était-ce mon empathie pour cet homme qui m'avait fait flancher? Était-ce ma naïveté qui nous apportait à cet aéroport? Où était-ce cet homme et son grand pouvoir qui m'y avaient obligé? Toutes ces suppositions auquel je devais m'en tenir me rendaient folle depuis deux jours. Nous étions vendredi, le jour J, Christian devait venir récupérer Allan dans quelques minutes.
Allan faisait les cent pas devant nous en serrant sa figurine de Batman que les Grey lui avaient offert il y a une semaine. Je sentais la nervosité de mon fils, les hommes Grey étaient d'une grande importance pour lui et je ne pouvais imaginer ce qu'il se passait dans sa tête en ce moment. Un instant, cet homme existait juste en photographie pour cet enfant et un autre, il existait comme la figure paternelle qu'il n'avait jamais eue.
- Tu l'appelles comme tu le sens mon grand, lui répondis-je encore.
J'avais passé une horrible fin de semaine à l'emploi. Les avocats nous en voulaient de nous être vus et nous être parlé en dehors des rencontres du divorce, Damien rageait concernant l'auteur que je ne pouvais avoir pour le moment, Sébastien faisait l'homme invisible à cause d'une évasion d'un prisonnier, il travaillait dans le quart de nuit et j'avais l'impatience de mon fils. Vivement le weekend, une journée fille était prévue avec Nikki pour samedi et une journée juste pour moi était mon emploi du temps prévu pour dimanche. Il fallait bien que je m'occupe de moi, une maman à temps plein n'a pas cette occasion.
Sébastien vint me rejoindre après l'un de ces innombrables coups de fil pour cette enquête. Il était tendu et énervé. Il avait accepté de m'accompagner, plus pour lui-même et s'assurer qu'il, parlant de cet homme parfait qui devait nous rejoindre, ne lui vole pas la confiance qu'il avait bâtie avec Allan, si confiance il y avait, et pour moi, vérifier que je ne retombe pas dans ces bras. Si les échanges de gardes se faisaient dans ce genre de contexte, attendant son jet qui devait venir récupérer Allan et revenir le chercher au même endroit, aucun rapprochement entre moi et lui ne pourrait se produire. C'était sûrement mieux ainsi.
- Je ne peux croire qu'ils sont si incompétents en prison, comment pouvons-nous laisser un homme s'échapper, s'exclama Sébastien.
Entre Christian et Sébastien, il y avait une montagne de différence. D'abord, Christian ne discutait pas de travail avec moi, où s'il le faisait c'est parce que je lui demandais, Sébastien, lui, se moquait bien de cet aspect de confidentialité, il s'exprimait à tous les coups sur son mécontentement.
- Dans un sens, ils sont également tes collègues de travail, dis-je.
- Je ne les connais même pas, ils agissent comme s'ils avaient trouvé leur insigne dans une boîte de céréales.
- Je te trouve un peu dure avec eux, tu en fais toi aussi des erreurs.
- Certes des erreurs, mais pas ce genre d'erreur.
Je soupirai en mettait mon mode écoute à mute, s'était également une autre différence qui habitait ces hommes, la compassion Sébastien ne connaissait pas. Christian savait ce par quoi d'autres hommes d'affaires avaient passé pour en arriver au même stade que lui, du travail, du matin jusqu'au soir, sans répit. Sébastien croyait qu'il était toujours le meilleur. Bien que Christian soit également égocentrique avec la force de son pouvoir sur les États.
- Pourquoi ne me l'as-tu pas dit que tu allais déjeuner avec lui?
- Encore cette question qui revenait depuis deux jours, Damien avait prévenu Sébastien de cette rencontre que j'aurais souhaité garder secrète.
- Parce que ce n'était pas prévu, nous sommes arrivés au même moment au même restaurant, ça aurait été déplacé de l'ignorer alors que nous allions nous voir une ou deux heures après, mentis-je encore une fois.
- Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi vous avez discuté de la garde d'Allan à ce déjeuner?
- Nous en aurions discuté de toute façon devant les avocats, il voulait me préparer à l'éventualité de la surprise de cette information.
- Que c'est gentleman!
- Si c'est pour être sarcastique envers ce choix pour mon fils Sébastien, tu as mal choisi ton heure et ta journée. Allan souhaite le rencontrer et c'est ce qui va se passer.
- Tu crois qu'à cinq ans, Allan est en âge de prendre cette décision?
- Tu sous-estimes mon fils, Sébastien. Si tu n'es pas d'accord avec cette situation, tu n'es pas obligé d'être présent.
- Je ne te comprends pas Anastasia, une journée tu aimerais ne pas l'avoir connu et l'autre journée tu lui offres son fils sur un plateau d'argent. Est-ce que tu joues les doubles personnalités à chaque fois?
Peut-être que nous avions tous ces cinquante nuances cachées au fond de nous, que pour une personne on semble bien cacher notre jeu, pour une autre on semble réellement jouer un jeu et que pour une troisième, on ne soit pas capable de jouer un jeu, puisque cette personne détient les reines du jeu.
- Je ne joue pas les doubles personnalités Sébastien, je suis la seule et unique personne qui prend les décisions concernant mon fils. Et si j'estime que rencontrer Christian sous un autre aspect que les photos soit bénéfique pour Allan, alors je lui fais rencontrer Christian.
Il vint pour me répondre, mais son téléphone l'interrompit, encore une fois. Il se leva pour une quatrième fois depuis que nous étions installés sur des banquettes pour aller répondre plus loin. Je pouvais comprendre la frustration qui habitait Sébastien, une évasion de la prison fédérale ne devait pas être une partie de plaisir pour son enquête et je lui rebattais les oreilles avec la nouvelle présence de Christian dans la vie d'Allan, à quel point elle était incompréhensible. Je ne lui avais pas dit que je m'étais donné plaisir en pensant à cet homme, il n'en avait pas besoin. Mais je l'avais questionné, en tant qu'homme aux raisons qui peuvent pousser Christian à revenir. Selon lui? Aucune raison n'est assez logique pour un retour si précipité, pourtant je connaissais bien ce Grey, il y avait toujours une raison derrière ces agissements. Voulait-il réellement connaître Allan ou utilisait-il cet enfant pour revenir dans mes bras?
J'avais parlé à Damien de cette discussion que nous avions eue, du fait que Christian souhaite connaître son fils, sûrement la cause qu'il en avait en retour discuté avec Sébastien. S'il y avait bien une personne qui pouvait se rapprocher à la personnalité de mon cinquante nuances, c'était bien Damien. Nous avions analysé de long en large tout aspect que ce contrat signifiait. Parce que oui, la garde de son enfant est une forme de contrat que les parents s'engagent pour la vie. Les aspects positifs qui en étaient ressortis étaient que Christian pourrait devenir plus réaliste de la vie qu'il ne l'était déjà et que sa vie à lui pourrait en être changé. Il n'avait pas eu cette enfance facile dont on lui aurait souhaité, il aurait ainsi une image nouvelle de l'enfant et ainsi perdre sa peur d'eux. Les aspects négatifs eux tournaient beaucoup plus envers moi, et si Christian utilisait cet enfant de cinq ans pour me reprendre auprès de lui et que l'amour paternel qu'un père doit ressentir vis-à-vis de cet enfant ne naît jamais? C'était ce genre de question que j'aurais voulu éviter de penser, nous savons tous que les sentiments de Christian semblaient encore présents, du moins, c'est ce que ces nouveaux mots sentimentaux à mon égard reflétaient. Mais je ne crois pas que j'accepterais le fait qu'il fasse du mal à notre fils. Dans le meilleur des mondes, Christian ne ferme aucune porte à Allan. Dans le cas contraire, je retrouverai un enfant dévasté à son retour du weekend.
- Maman, c'est long, marmonna Allan en venant me rejoindre triste. Et s'il avait oublié?
Je souris en passant ma main dans ces petits cheveux rebelles, Allan avait tenu à porter son plus bel ensemble d'été, un petit polo bleu royal sur des petits shorts beiges.
- Je ne crois pas qu'il ait oublié mon grand, tu sais c'est long faire accepter le vol dans un aéroport, surtout s'il prend l'avion de sa compagnie ou son hélicoptère.
- Ironman a un hélicoptère? s'exclama-t-il émerveillé.
- Bien sûr qu'il en a un. S'il pouvait détenir un vaisseau spatial, je suis convaincue qu'il en aurait un, le taquinai-je en l'attirant dans mes bras.
Allan posa sa figurine à côté de nous et passa ces petits bras autour de mon cou. J'aimais la tendresse que cet enfant pouvait avoir à mes dépens. Ces petits yeux gris neige semblaient un peu tristes, effrayés même.
- J'ai peur maman, m'avoua-t-il finalement.
- Tu as peur de quoi, mon amour?
Il haussa les épaules et vint cacher son visage contre mon épaule. Allan n'était pas, à la base, un enfant craintif. Les adaptations se faisaient toujours bien, normalement. Il était évident que cette étape était grosse pour lui, ce n'est pas tous les jours que nous rencontrons notre père pour la première fois. Ils allaient passer du temps ensemble, apprendre à se connaître, je l'espérais.
- Tu sais, mon chéri, si tu ne te sens pas bien, tu lui dis. Si tu veux appeler maman aussi tu peux, tu connais mon numéro. Si tu souhaites aller chez ta grand-mère, tu peux le lui demander. La peur, mon ange, se trouve dans ta tête et tu sais quoi? lui demandai-je pour le faire réagir un peu. Maman aussi a peur, c'est long tout un weekend sans son petit garçon, tu crois que maman va faire quoi durant tout ce temps?
- Mais maman, ce n'est pas long un weekend, réagit il en sortant de sa cachette avec un grand sourire qui venait de revenir, un cinquante nuance comme son père.
- Mais qu'est-ce qu'une maman fait sans son super héros?
Il haussa les yeux vers le ciel, posa son petit doigt sur son menton et réfléchi avant de me répondre :
- Elle prend soin d'elle!
Attention les mamans, notre coeur est prêt à fondre! Je souris à sa réponse et posai mes lèvres contre son front. Je ne pouvais imaginer un enfant aussi intelligent que mon fils. Il avait une idée de la personne bien à lui, et ce n'était pas négatif, bien au contraire, il pensait au bien-être des personnes autour de lui.
Mon téléphone annonça l'arrivée d'un message et Allan se précipita vers celui-ci. Les enfants et la technologie d'aujourd'hui, ça me rend folle! Il glissa son petit doigt sur l'écran tactile et déverrouilla sans peine la sécurité et ouvrit le message arrivant. Je savais qu'il comprendrait quelque partie du message qui venait d'entrer, mais qu'il me demanderait aussitôt si cela était véridique.
- Il est arrivé! s'exclama-t-il tout heureux.
Il balança mon téléphone contre la banquette et attrapa la ganse de sa petite valise à roulettes. Comme nous prenions régulièrement l'avion pour nous rendre à Seattle rejoindre la famille qui y vivait, j'avais pris soin de procurer à Allan sa propre valise. Développant ainsi son autonomie à garder son bagage avec lui et cela libérait, un peu, les miens. Je me retournai vers Sébastien qui était toujours occupé au téléphone avec l'un de ces collègues. Tant pis!
Je récupérai mon sac à main et prit la main qu'Allan me tendait. Le message de Christian était simple, il m'annonçait à quel endroit ils avaient atterri et à quelle porte nous devions le rejoindre.
« Objet : Allan,
Bonjour Anastasia,
Nous avons atterri au corridor C-434. Nous devons passer à la gare d'appareil pour faire le plein d'essence. Je profiterai de ce moment pour venir récupérer Allan à la porte D, aile est.
Christian Grey,
PDG Grey Enterprise Holdings Inc. »
J'envoyais un SMS à Sébastien l'informant que Christian était arrivé durant son téléphone et que je revenais le rejoindre dès qu'Allan sera parti.
L'aile est de l'aéroport était bien gardée et j'ignorais même qu'elle existait.
Deux agents nous arrêtèrent à l'entrée. Ils nous demandèrent toutes pièces d'identité, pour Allan, c'était compréhensible, il changeait d'état, mais pour moi je fus surprise. Je ne faisais que m'assurer qu'il se rende bien au bon endroit. Je ne fis aucune scène et leur montrai toute pièce d'identité nécessaire. Un homme bedonnant et grisonnant vint récupérer le passe port ainsi que mes cartes d'identité pour les vérifications légales, disons que depuis le 11 septembre, la sécurité avait quintuplé. Si Sébastien avait souhaité nous rejoindre, il s'en serait dissuadé dès les premiers remparts. Allan déposa sa petite valise sur le tapis vérificateur sans broncher et il la récupéra dès la fin de celui-ci. Mon fils était un petit homme extrêmement débrouillard. À part quelques jouets au travers de ces vêtements, il n'existait pas grand-chose qu'on pourrait vouloir lui enlever.
- Bon voyage, mon fiston, lui souhaita le vieil agent qui avait vérifié son passe port valide.
- Je vais passer le weekend chez mon père, lui annonça Allan.
L'agent leva les yeux vers moi, je crois qu'il était peu normal que les parents s'échangent leur enfant ainsi dans un aéroport et que l'enfant se promène d'état en état, mais bon, nous parlons ici de Christian Grey, l'homme qui ne faisait rien comme les autres.
- Alors bon weekend, mon grand se corrigea l'agent.
- Merci.
- Madame me salua l'agent en me redonnant les cartes. Monsieur Grey vous attend.
Je le remerciai d'un faible sourire, j'aurais dû me douter que nous allions devoir passer dans une aile personnelle. Des hommes comme les présidents des États-Unis devaient passer par cet emplacement. Christian pouvait être plus influant que l'homme au pouvoir de ce pays, parfois je me demande qui détenait les reines de cette nation. Politiquement, le président, moralement, Grey!
Allan s'éloigna vers la grande baie vitrée qui donnait vue sur les appareils de vols. La grande salle d'embarquement était énormément spacieuse, de gros canapés en suède brun trônaient le centre de la place et un écran avertisseur. Il n'y avait pas les éternels petits sièges cordés les uns à la suite des autres. C'était plutôt un salon privé. La porte du fond était en fer métallisé et l'inscription C-434 y était gravée en blanc. Nous étions bel et bien au bon endroit.
- Regarde maman! s'exclama Allan en se précipitant vers la fenêtre qui nous permettait d'apercevoir à l'extérieur. Il y a un hélicoptère!
Mon cœur de maman fit un bond dans ma poitrine, je n'étais pas sûre que cela soit une si bonne idée. En m'approchant à mon tour, je remarquai que l'appareil était plus gros que le Charlie Tango, il était d'un noir lustré et le logo de la compagnie de Christian était peint en blanc sur la queue de l'appareil. On pouvait voir que l'intérieur était en cuir beige et il y avait une banquette arrière. C'était un appareil cinq places.
Sa main se posa dans le bas de mon dos et je sentis sa présence derrière moi. Je ne bronchai pas, suspendant ce moment quelques instants. Je sentais son souffle chaud contre ma nuque découverte, j'avais relevé avec une pince pour ne pas compresser la chaleur sur mon cou. C'était une assez bonne idée en fait, je ne regrettais pas du tout de l'avoir eu. Bien que Sébastien soit dans la même bâtisse que nous, cette proximité ne me dérangea pas. Du moins, pas comme le weekend dernier.
Je me retournai finalement et laissai Allan à la contemplation de l'appareil. Je ne peux vous le cacher, j'envie cet homme et sa beauté. Il portait une chemise grise sur un pantalon noir, sans veston, un second look décontracté qu'il se permettait lorsqu'il prenait congé. Sa barbe était rasée de près et ces yeux gris étaient sans émotion, un vide sans fin. Je ne pouvais savoir ce que cet homme pensait. Cette proximité entre lui et moi ne me dérangeait pas, bien qu'elle le devrait. J'ignorais pourquoi je pouvais sentir sa présence près de moi sans même le voir, mais je le savais, tout comme lui le savait autrefois.
- Tu crois que c'est là-dedans que je vais aller à Seattle maman?
- Tu aimerais que ce soit dans cet appareil Allan? Lui demanda Christian.
Notre fils sursauta et se retourna rapidement vers nous. Christian prenait bien soin que sa main sur moi ne soit pas visible pour lui. Cette émotion de tentation qu'il y avait eu envers moi, i peine quelque seconde, avait changé pour une humeur joyeuse?
Le regarde de mon fils à cet instant valait tout l'or de ce monde, il était impressionné. Il analysait Christian, je le savais, il le faisait avec tous les gens. Cela m'avait surprise lorsqu'il avait sauté cette étape la semaine dernière.
- Bonjour Anastasia, me salua finalement l'homme près de moi, voyant qu'Allan ne répondrait pas à sa question. J'aurais dû te prévenir de la sécurité, pardonne-moi, cet aspect m'avait échappé.
- Ce n'est pas grave, rien ne lui a été confisqué.
- Je l'espère bien, sinon je l'aurais récupéré.
- Croyez-vous détenir le pays, Monsieur Grey?
- Je ne détiens pas ce pays mademoiselle Steele, je détiens le monde vous vous souvenez?
Je passai outre sa remarque et m'attardai sur Allan qui n'avait pas bronché encore, analysant toujours l'homme qui lui avait été présenté comme étant son père. Je fouillai dans mon portefeuille et tendis à Christian les cartes d'identité d'Allan. Je voulais quitter cette passerelle au plus rapidement pour ne pas que mon corps me trahisse davantage.
- Il a son passeport si tu souhaites le récupéré pour ne pas prendre la chance qu'il le perde, l'informai-je.
- Autre chose que je devrais savoir?
- Cinq ans de sa vie, c'est ce que tu devrais savoir… le narguai-je avant de poursuivre. Il est très allergique aux noix, c'est mortel dans son cas, il a son médicament à injection avec lui et il le garde avec lui, je lui ai expliqué que c'était très important. Donc aucune noix dans ces aliments. Il n'est pas très difficile comme enfant, si tu veux avoir un peu de temps à toi tu lui mets un film ou tu peux lui donner ces bandes dessinées sur les superhéros, c'est sa passion du moment. Tu ne le couches pas plus tard que vingt heures trente, sinon la routine de semaine sera brisée et j'aurais toutes les difficultés à le remettre à jour, ton frère à, d'ailleurs, cette magnifique manie. Il a ces propres routines, tu n'as qu'à lui demander et il te les expliquera. Tu peux lui faire couler son bain une heure avant qu'il se couche, mais tu n'as pas besoin de rester avec lui, il joue un peu dans l'eau et il se nettoie. Il adore qu'on lise avec lui des histoires de superhéros, tu peux lui en lire ou si tu es assez brave, en inventer.
Il hocha doucement la tête, je savais qu'il avait retenu la moindre parole que je venais de prononcer. Ou il était déjà au courant de toutes ces choses
- Je ne suis pas sa gardienne, Anastasia, ces choses je les connais.
- Tu as peur? lui demandais-je en faisant une seconde abstraction à sa remarque.
- Et lui?
- Il est effrayé, lui en informai-je.
- Alors nous sommes deux.
Sa main quitta mon dos et il se pencha à la hauteur d'Allan. La chaleur où sa main avait été posée se répandit en frisson le long de ma colonne vertébrale.
- Tu es prêt? Lui demanda Christian en posant doucement sa main sur le bras de l'enfant.
Allan hocha doucement la tête et laissa Christian prendre sa petite valise. Il ne fit aucun geste de recul lorsque Christian se rapprocha davantage de lui et lui pointa l'appareil de l'autre côté de la vitre.
- Tu as déjà pris l'hélicoptère?
- Non, lui avoua Allan en baissant les yeux.
- Est-ce que tu as envie d'embarquer à l'intérieur de l'hélicoptère?
- Je ne sais pas. Ça fait quoi quand on est à l'intérieur? Questionna Allan en vissant son regard à celui qui avait le même que lui.
- C'est comme si on volait, nous-mêmes, comme un superhéros, tu comprends? La sensation est plus légère que l'avion, mais si tu as trop peur, je peux faire venir l'avion si tu préfères.
Notre fils secoua vivement la tête, il voulait embarquer d'un pied ferme dans cet appareil, bien que ma raison ait du sens opposé. Je ne connaissais pas ce Christian, cet homme doux et sensible qui prenait soin de ne pas faire d'erreur. J'avais connu un Christian doux et charmant, charnellement, mais pas d'un côté parental. Il est vrai qu'il ne s'était pas laissé le loisir de le devenir, pas avant aujourd'hui.
- Tu souhaites à ta maman de passer un bon weekend?
Allan se jeta dans mes bras une fois que je me suis baissé à sa hauteur et me serra extrêmement fort dans ces bras. C'était la première fois qu'il changeait d'État sans moi et je me sentais un peu mal de devoir le forcer à le faire. Bien qu'il souhaite connaître son père, j'aurais préféré qu'ils restent à Chicago. Christian se redressa avec la valise dans sa main et son regard ne nous quitta en aucun cas.
- Je t'aime fort maman, me dit Allan en claquant un baiser sur ma joue.
- Tu fais attention à toi, mon héros, s'il te plaît, et tu restes bien sage, lui ordonnai-je.
- Je vais m'ennuyer de toi super-maman.
Je serai mon fils une dernière fois contre moi et m'imprégnais de son odeur de petit garçon. Seules les mamans qui liront ceci comprendront, notre enfant à cette odeur particulière de sa personne qui nous est cher et précieux.
- À dimanche! Me dit-il avant de rejoindre Christian et de me diriger vers la porte du fond.
Je regardai cet enfant s'éloigner de moi, ne serait-ce que pour deux jours, mais qui s'éloignait de moi tout de même. Je ne l'avais jamais laissé me quitter aussi longtemps, et avec une personne envers qui je ne détenais aucun pouvoir ni aucune ressource suffisante pour me parer de l'éventualité de son retour. Est-ce que cet enfant reviendra dévasté et déçu de cet homme ou il reviendra émerveillé de tout ce que cet homme peut lui apprendre et lui montrer? Ce que j'ignorais, s'était comment moi je réagirais face à ces deux éventualités.
