Mieux vaut la dure vérité que le plus doux des mensonges.
Vous m'auriez dit qu'il y a une semaine, je serais sur ce bateau avec mon ancien mari et que je lui affirmais encore ressentir des sentiments à son égard, je vous aurais traités de menteurs. Mais je dois vous avouer être menteuse à moi-même, je ne voulais pas voir l'évidence. Je ressentais toujours et pour toujours la même chose pour Christian Grey.
Depuis le début de ce récit, je dois vous sembler sauter d'un sentiment à un autre, une fois, je dis cacher mes sentiments, une seconde fois je vous dis vouloir les anéantir et une troisième fois je vous dis les accepter. Je crois tout simplement que ce changement est dû à mon humeur. Samedi j'ai dit que ce simple geste, cette proximité étaient de tromper Sébastien, mais le voir ainsi, près de moi, face à moi et étendu avec moi sur ce matelas me fait tout oublier la raison. Cette raison qui me préservait de l'erreur que je risque de commettre. Sa peau luisait sous les reflets de la lune et semblaient pratiquement blanche bleuté, comme si elle était devenue glaciale. Mais je savais, à la grandeur de ces prunelles qu'une braise s'échauffait de son intérieur. J'aimais regarder sa pupille prendre l'entièreté de son iris pour voir combien il me désirait toujours, c'était le même regard que samedi.
- J'ai aimé apercevoir samedi que tu portais toujours ton alliance, murmura-t-il me réveillant de cette chaleur soudaine.
Je portais cette alliance, puisqu'elle était pour moi, le seul moyen de garder mes souvenirs et sa personne près de moi. Au début de notre séparation, lors de ma grossesse, lorsque j'avais les hormones dans le ciel, je ressentais encore la sensation sur mon annulaire, cette douce sensation lorsque ces doigts étaient glissés sur le mien pour placer cette bague. Mes joues devaient être en feu avec ces pensées mon corps entier se réchauffait sous ma robe et je voyais déjà ma petite déesse étendue sur son lit de satin rouge et en attente de désir. Comme il m'avait dit ne plus être cet homme, est-ce qu'il attachait toujours ces femmes? Est-ce qu'il détenait toujours la chambre rouge de la douleur? Cette merveilleuse douleur.
- À regarder vos yeux, vos cuisses se refermer et vos joues mademoiselle Steele, je peux deviner la moindre idée qui vous passe dans la tête, dit-il d'un œil sévère et de reproche.
Comme si j'imaginais toujours Christian dans cette pièce. Bon je l'avoue, la petite fille naïve en moi l'imaginait dans cette pièce. Je me redressai aussitôt, mal à l'aise de cette soudaine révélation. Oui je le désirais, s'était mentir de dire le contraire. Ma petite déesse avait déjà retiré le moindre de ces vêtements et elle était déjà étendue sur ce matelas offert aux moindres de ces caprices d'homme puissant et tentant. Il repoussa mes cheveux sur le côté de ma tête et posa ces lèvres sur l'arc de ma nuque. Décidément, il connaissait vraiment le moindre racoin qui pouvait exciter les femmes. Je sentis cette compression directement liée à mon bas ventre et qui rejoignit le frisson que ces lèvres produisent sur moi.
- J'aime savoir que je te fais toujours frissonner.
- Pourquoi en douterais-tu? répliquai-je.
- Souviens-toi des règles Anastasia, je suis le seul et unique homme qui ait droit à ceci, chuchota-t-il contre mon oreille accompagnant sa parole d'un geste contre ma poitrine.
Ce simple effleurement explosa dans mon ventre et je me retournai vers son visage. Surprise par sa proximité, ces lèvres furent déjà contre les miennes. Premier sentiment? Hum… Jouissance? Passion? Maison? Réconfort? Ces baisers, dans mes souvenirs, étaient plus confiants, plus entreprenants. Celui-ci était davantage comme une simple plume, une petite douceur que je découvrais pour la première fois ou plutôt comme si je retrouvais un homme blessé qui avait peur du rejet. Je n'avais qu'une seule chose à dire pour le moment, pardonnez-moi pour ce qui allait suivre. J'en avais envie et lui aussi, j'en avais eu envie toute la journée à le regarder se dresser devant moi, sans haut et son membre bien dessiner dans son short de bain. J'apercevais la petite lutine sautiller dans un recoin dans ma tête, se tordant de plaisir. Plaisir de tromper? Non… Plaisir de retrouver l'homme que j'avais toujours aimé.
Son bras passa autour de ma taille et il me souleva sans difficulté pour m'étendre contre les coussins du matelas. Ces yeux m'observaient en craignant que tout ceci ne soit guère réaliste. Croyez-moi, je ne croyais pas que c'était réel, j'allais me réveiller d'un moment à l'autre, évidemment, souhaitant que mon rêve me mène à la jouissance libératrice. Il monta à califourchon sur mes hanches en me faisant prisonnière sous lui. Une sorte de moyen pour qu'il détienne le pouvoir sur cette unique douceur. Avec Christian, s'était aussi merveilleux que l'ébat soit doux et sensuel, que passionné et dominant. Il resta un moment ainsi, sur moi à me regarder simplement. Je ne m'étais pas toujours trouvée jolie, en fait, jamais, mais le voir me regarder ainsi, comme aucun autre homme ne m'avait regardé, mais en cet instant, je me sentais belle, désirable. J'avais changé en six ans, la maternité changeait une femme. On pouvait trouver notre corps plus désirable ou plus meurtri à cause d'une grossesse difficile pour soi. Dans mon cas, je me sentais plus désirable. Une confiance en moi que même Christian n'avait su me donner. En fait, il me l'avait donné grâce à cette grossesse, mais ce n'était pas directement grâce à lui. Bon, revenons à l'essence de ma tromperie.
Voyant que je ne posais aucune contrainte, il se pencha doucement et ces lèvres se refermèrent sur ma bouche. Ce baiser était d'abord tendre et délicat, comme s'il apprenait à me redécouvrir. Il titillait mes lèvres, les parsemais de ces baisers. Puis d'un coup, croyez-moi, je rêvais de ce moment d'abandon, sa bouche se fait plus dure, sa langue se lia à la mienne et son baiser se fit plus profond et plus exigeant. Deuxième signe de contrôle et de domination, il voulait contrôler mon plaisir. J'enroulai les mèches rebelles de ces cheveux autour de mes doigts et je me laissais aller à cette fermeté que je retrouvais. Cette bouche sensuelle et la sauvagerie de son baiser éveillèrent une partie de moi fortement endormie. Demain, mes lèvres seront endolories, et le regard de Sébastien sera présent, mais présentement, je dois vous avouer ne pas être capable de résister à ce baiser qui nous embrase tous les deux.
Je fus haletante quand il se dégagea enfin de quelque millimètre. Mes lèvres étaient si gonflées que je me demandais si j'avais déjà été embrassé ainsi, même par Christian. Était-ce pour lui un moyen de retrouver le temps passé? Ou de s'assurer que le moment est bien présent? Même moi je me posais la question.
Il pencha ces lèvres contre ma joue et y déposa ces lèvres en un doux frôlement, je retiens mon souffle surpris par ce doux contact. La seconde fois, son baiser se logea au creux de ma gorge, je renversai la tête en arrière pour lui offrir un meilleur accès et je sentis mon pouls battre en concert sous ses lèvres. Elles continuèrent leur chemin vers ma poitrine, s'arrêtant sur mon cœur qui devait frapper comme un boxeur sur son coussin de boxe. Un cri s'arracha de mon corps lorsque je sentis sa bouche se refermer sur mon sein, au travers de ma robe. Faites qu'Allan ne monte pas sur le pont du bateau à la recherche de ces parents infidèles. Ses dents me taquinèrent et je me cambrais, perdue dans les vapes de mon désir inconnu depuis ces six années. J'avais des douleurs dans le bas ventre, mon corps se souvenait de ces touchers exquis. Il s'attaqua maintenant à mon sein gauche tandis que sa main écarta les pans du droit. Sa peau était fraîche contre la mienne. S'était comme si son corps était un câble électrique où passait l'énorme charge de courant qui m'électrifiait à chaque contact. Des étincelles jaillissaient de ses doigts et gagnaient l'emprise sur mes seins. J'étais insatiable de désir. Mon dieu, pardonnez-moi.
Trop vite, il changea de position, abandonnant mes seins pour errer tel un fantôme retrouvant son passé doucement, ses lèvres étaient seulement séparées par le mince tissu de la robe d'été rose poudre. Seigneur que je voulais qu'il la retire, qu'il la jette au fond de ces eaux qui nous entouraient. C'était assez excitant de subir cette douce torture sous les étoiles bercées par la mer. Sa bouche était désormais sur mon ventre et des dents taquinaient mon nombril. Ses mains étaient passées sous ma robe et rabattaient le bord contre mes cuisses. La douce étoffe glissait sur ma peau. Relevant le regard vers moi, ses doigts immobilisés sur les parois de mon sous-vêtement, vêtu plus tôt, il me demanda silencieusement le pouvoir de le retirer. J'étais assez heureuse d'avoir revêtu un petit ensemble en dentelle blanche. Je savais qu'une fois ce rempart franchi, je ne pourrais plus revenir en arrière. Je hochai doucement la tête, signifiant mon accord. Je ne pouvais plus reculer et lui non plus, à moins qu'il ne me fasse monter jusqu'à la limite et qu'il se retire pour me faire regretter d'être partie. C'était une alternative que je devais garder en tête. Ces lèvres se reposèrent contre mon ventre, ces baisers étaient légers comme des plumes se posèrent sur mes hanches puis sur mon pubis en le découvrant nus de vêtement et de poils. Mon sous-vêtement glissa le long de mes jambes jusqu'à finir sa course près de moi. Je pouvais sentir l'étirement de ces lèvres contre ma peau douce, il faut que je vous avoue avoir choisi l'option épilation définitive pour cette région, je me sentais comme une petite fille vierge qui se dévoilait pour la première fois.
Je poussai un cri en sentant sa langue se filtrer entre mes plis et finir sa course sur mon clitoris, exigeant et brûlant de désir. Ses mains remontèrent sur mes jambes, ses pouces caressant ma peau sensible de l'intérieur. Il écarta mes cuisses et mon plaisir s'intensifia, lentement, très lentement sous cette délicate torture qu'il m'infligea.
- Je vais te baiser Anastasia. Là, tout de suite, sur l'eau à la belle étoile. Je vais te posséder sous le regard de l'univers entier, parce que tu es à moi et que tu le seras toujours, quoi qu'il advienne et peu importe le choix que tu feras.
Je ne répondis rien, tout simplement puisqu'il n'y avait rien à répondre. Ses mains m'effleuraient, ses yeux débordant d'une admiration nouvelle. Admiration de la femme que j'étais devenue ou de la faiblesse qui m'envahissait en cet instant? En cet instant, je me sentais comme ces filles uniques et qui avaient leur importance dans la vie d'un homme. Je lui retournai ces caresses et regardais la passion monter dans ces yeux. J'enfonçai mes doigts dans ces cheveux et l'attirais jusqu'à moi. Moi aussi je pouvais quémander et diriger, après tout, c'était moi qui trompais un homme. Notre baiser était avide et sauvage, comme les vagues qui pouvaient déferler autour de nous et qui terminaient leur course contre le bateau. Je le serrais contre moi, insatiable. Il poussa ses caresses sur mes flancs, mes seins entre mes cuisses et poussa un gémissement en sentant ma moiteur juste pour lui.
Nos lèvres se séparèrent et d'une main, il se souleva au-dessus de moi. Je n'avais pas remarqué qu'il avait baissé son pantalon de lin et qu'il était déjà prêt à s'introduire. Son genou s'inséra entre mes cuisses pour se frayer un chemin et je le sentis à mon entrée. Nous y étions, j'allais définitivement passer dans l'air des femmes qui trompaient leur homme. Une larme glissa de mon œil et vint se loger dans mes cheveux, j'avais toujours eu peur de devenir une de ces femmes et s'était contre mes principes et mes valeurs.
- Je te brusque, n'est-ce pas? dit-il simplement en se reculant un peu avec ce regard de tristesse que je détestais apercevoir dans ces yeux, nous étions bien loin de l'homme qui avait clamé haut et fort qu'il allait me baiser quoi qu'il allait se produire.
Je posai une main contre son visage et caressai sa joue, un peu rude dû au manque de rasage. Il s'inquiétait encore.
- Je suis simplement contre mes valeurs, avouai-je. Ce n'est pas toi Christian, j'en ai autant envie.
Mes valeurs pour le moment étaient un infirme problème à ce que je m'apprêtais à faire. Je croisai mes jambes autour de son bassin et pressai mes talons de sorte qu'il me pénètre davantage. Je voulais oublier cette petite fille de valeur. Ces bras posèrent une résistance contre le matelas et il me jeta un regard d'avertissement. Puis, un petit sourire de douceur se posa contre ces lèvres charnelles et il posa sa main contre ma joue, effaçant le tracer de la larme. Il l'avait bien aperçue.
- Je te demande pardon, je suis égoïste de penser qu'à mon plaisir.
- Tu n'es pas égoïste Christian, je t'ai laissé faire.
- Il n'y a que toi qui peux me résister, se moqua-t-il gentiment.
- C'est ce que tu préfères de moi, le taquinai-je.
- En effet, madame Grey, c'est ce que j'ai toujours préféré. J'aime me battre pour ce que je veux.
Christian se redressa, il décroisa mes jambes et cela créa un vide dans ce coin qui avait été absent de sa présence si longtemps, et remit en place ces vêtements après avoir pris soin de replacer les miens. Il m'offrit un second sourire d'excuse et reprit sa coupe de vin, qui avait décidé de rester sur le coin du matelas. Disons que son destinataire était occupé à autre chose, et moi et ma cervelle trop réfléchie avions tout gâché.
- La prochaine fois, Anastasia, je ne te laisserai pas le temps de réfléchir, dit-il d'une vois remplis de promesse, comme s'il y allait y avoir une prochaine fois.
Je le regardai avaler le restant de son verre et redescendre au pont inférieur, l'expédition en mer était terminée et la chance de retrouver Christian également.
J'étais réellement une vraie femme stupide qui ne savait pas ce qu'elle voulait. Bon, nuance, je savais ce que je voulais; Christian. Je l'aurais voulu à l'instant même, pourquoi ai-je dont tout gâcher?
Il ne nous fallut qu'une cinquantaine de minutes pour rentrer à la marina, les vagues avaient mené le bateau dans la bonne direction et je dois le dire, Christian avait mené ce bateau de main ferme. Je ne sais pas comment je me sentais réellement. Damien avait eu raison, il n'était pas prêt à me laisser filer aussi facilement. Du temps? Il m'en avait laissé amplement, mais il ne m'avait pas abandonné, du moins c'est ce que j'avais cru percevoir dans ce début d'ébat. Était-ce une simple tentative de deux personnes qui s'était déjà aimée? Était-ce un amour retrouvé? Je l'ignorais. Je me forçais à croire qu'il ne le faisait pas que pour lui, comme il s'était dit égoïste. Moi qui m'étais juré de rester fidèle à un seul homme, je suis bien mal placé maintenant. Bien que Christian soit, par écrit, mon mari, Sébastien était l'homme que j'avais choisi, il y a quelque mois. Et Sébastien était l'homme cocufié par mon mari, en fait pas complètement cocufié, mais presque. Bon je suis vraiment dû pour aller hiberner au fond d'un trou pour penser à tout ça.
Allan remonta l'échelle du pont inférieur en traînant les pieds et en se frottant les yeux. Christian venait de le réveiller et ça ne devait pas faire vraiment son affaire. Dire que j'avais failli coucher avec son père sur le toit du même bateau auquel il était profondément endormit, je me trouvais indigne comme mère présentement. Une chaleur restait bien présente dans mes joues. Le petit bougon se laissa prendre volontiers par son père et se cala contre son épaule pour, aussitôt, refermer ces yeux. Le poids d'Allan ne sembla aucunement déranger Christian qui se repinça sans effort pour amasser le sac de l'enfant. Il ne semblait pas du tout dérouter de ce qui venait de se passer. Pourtant je me sentais vraiment faible. Mes yeux se confrontèrent à une image que j'aurais aimé voir bien avant. Les bras d'Allan enserraient le cou de Christian par peur de ne pas tomber, son visage était bien calé dans son cou et son souffle devait caresser la peau réchauffée de Christian. Lui avait une posture détendue, on dirait que le fait de prendre son fils dans ces bras le détendait. Son bras ferme était posé sous les fesses de notre fils pour le tenir contre sa hanche. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine en regardant cet homme et cet enfant ensemble. Je vous en prie, qui ne succomberait pas à un Grey avec son enfant dans ces bras?
- Vous admirez Madame Grey? Me taquina-t-il voyant mon regard sur eux.
Je secouai la tête doucement, je ne voulais pas qu'il sache que je les enviais de cette soudaine belle relation père/fils, parce que oui, je crois sincèrement qu'il y avait maintenant une relation entre ces deux garçons. Je me penchai pour ramasser les derniers sacs de notre journée sur l'eau et suivi Christian sur le pont. Deux 4X4 étaient garés près du pont.
Il y avait trois hommes qui nous attendaient près des deux 4X4, Sawyer et Jason Taylor étaient deux personnes que je connaissais et, du moins, j'aurais préféré les rencontrer pour la première fois. Le premier me jeta un regard sévère, il faut dire que la dernière fois que je l'avais vue, je m'étais sauvé de son emprise pour sauver la sœur de Christian. Je baissai le regard ne sachant que faire d'autre. Je me sentais coupable, un peu, de m'être sauvé, même si c'était pour le bien-être de la sœur cadette de Christian. Le deuxième m'offrit un sourire sincère une fois que je fus à sa hauteur et un léger signe de tête en guise de salutation. Taylor, un homme que j'avais jugé beaucoup trop rapidement. Il était d'un réel réconfort pour Christian bien qu'il vivait dans l'ombre de l'homme planétaire. Le troisième homme semblait aussi vieux que Taylor, pas qu'il était vieux, mais je vous dirais dans les mêmes âges, et s'il se tenait avec l'équipe de Christian, il avait dû mériter sa place. L'homme avait une petite barbe courte qui commençait à virer grisonnante et des cheveux lissés vers l'arrière de sa tête, poivre et sel. Les trois hommes portaient le même complet noir, la même chemise blanche et les mêmes lunettes pliées à leurs cols. Disons que je me retrouvais face à une version trio du célèbre couple du film Men in black.
- Anastasia, je te présente Abraham Stanley, ou Stan comme le prénomme Allan, me présenta Christian. Je l'ai engagé pour veiller sur la sécurité d'Allan.
- Vous devez avoir un curriculum vitae assez garni pour que Christian vous laisse la vie de notre fils entre vos mains, lui dis-je en acceptant la main ferme de cet homme.
- Oui, madame.
Sans plus… un éternel, oui madame. Je vous avoue ne pas m'ennuyer de cette vie stricte. L'homme devait être une personne patiente pour suivre la boule d'énergie qu'était mon fils. Je me figeai en me souvenant du terme que je venais d'utiliser sans m'en rendre compte, notre fils. L'avais-je dit haut et fort?
- Je te ferai parvenir son dossier si tu doutes de mes choix, m'informa Christian au bout d'un moment.
Je secouai aussitôt la tête et me renfrognai. Christian avait toujours choisi les meilleures personnes pour veiller sur les membres de son entourage. Il m'avait confié à Sawyer, qui je dois dire était un réel pot de colle, comme le voulait Christian. Ce monde était donc rempli de gens qui me voulaient du mal! Non, sérieusement. Je devais bien avouer que ce geste protecteur envers Allan me rappelait l'ancien homme qui avait partagé ma vie et non ce nouvel homme sentimental.
Le dénommé Stan ouvrit la portière du premier 4X4 et laissa Christian installer Allan sur la banquette arrière. Sawyer et le nouvel homme s'installèrent en avant. Bon, je devais me faire à l'idée, les deux gorilles allaient nous ramener moi et Allan à la maison. Il faudrait que j'invente un bon mensonge pour Sébastien qui devait tourner en rond dans la maison. Christian s'assura qu'Allan était bien adossé au siège et bien calé pour dormir confortablement. Il déposa son petit sac de superhéros qui lui servait également de sac d'école, à ces pieds et se recula finalement pour me laisser la place. Il m'aida à prendre place sur la banquette arrière et s'accota contre la portière encore ouverte de la voiture.
- Ils vont vous ramener chez toi, m'informa-t-il comme si je n'avais pas deviné déjà. Il continua ne portant pas attention au regard que je venais de lui lancer. Dormez bien.
Il referma la portière sur nous et Stan qui était derrière le volant démarra la voiture pour nous ramener aux cottages. Je me retournai juste à temps pour apercevoir Christian encore debout à côté de son 4X4. Taylor devait être déjà derrière le volant. J'eus le temps de voir qu'il avait sorti son téléphone pour taper quelque chose. Je me retournai brusquement et ouvrit mon sac, une partie de moi espérait que ce qu'il faisait sur son téléphone m'était adressé. J'ignorais la raison, peut-être que ce que nous avions vécu sur ce bateau expliquait mon espoir. Allan gigota un moment dans ma brusquerie et se reposa contre la banquette sans ouvrir les yeux. Il était difficile à endormir, mais une fois endormi, il était dur à réveiller. Les deux hommes devant gardaient le silence, j'avais un peu l'impression d'être à l'arrière d'une voiture de patrouille, comme si j'avais quelque chose à me reprocher. En fait, oui j'avais tout ce qui s'était passé aujourd'hui à me reprocher. Mais je me permettais une petite pause et une fleur sur ma peau. Mon téléphone sonna entre mes mains m'annonçant l'arrivée d'un message.
« Objet : Dormez bien
Anastasia
Vous m'avez donné la chance de passer le plus beau weekend de ces six années et je dois vous en remercier. Permettez-moi de rester auprès de notre fils, pour son bien et pour le mien. Sachez que vous faites de moi un homme changé avec cet enfant et je regrette tout ce qui s'est passé bien avant, mais je ne regrette pas du tout cet échange charnel entre nous et je sais que lorsque vous serez prête, vous me reviendrez. J'en tiens une promesse.
Et cette fois, je ne vous laisserai jamais partir.
Dormez bien, Anastasia.
Christian Grey,
PDG Grey Enterprise Holdings Inc. »
« Et cette fois, je ne vous laisserai jamais partir » murmurai-je en répétant ces mêmes mots qu'il venait de m'envoyer. La promesse que formaient ces mots m'enchanta, ce n'était donc pas ce que j'avais toujours souhaité? J'avais le cœur battant.
Le trajet fut assez court puisque je demeurais à une dizaine de minutes de la marina, mais il fut assez long pour que je mémorise le message de Christian. Ces mots reflétait une passion envers cette enfant que j'aurais voulu qu'il ait bien avant, mais comme le dicton le dit, mieux vaut tard que jamais, non?
Sébastien nous attendait sur le perron de ma demeure les bras croisés. J'avais l'impression de me faire attendre de ma première sortie par mon père et que j'avais fait une faute, aussi petite soit-elle.
- Souhaitez-vous que nous vous accompagnions, Madame Grey? demanda Sawyer en apercevant l'homme qui m'attendait de pied ferme.
- Ana, s'il vous plaît Sawyer, le réprimandai-je, j'avais trop de petits papillons dans l'estomac pour me soucier d'un nom. Et non, tout devrait bien aller.
- Nous avons des ordres, madame, s'enquit Stan.
- Et j'ai mes propres règles, répliquai-je pour clore la conversation. Vous restez dans cette voiture.
Si Sébastien voyait que ce n'était pas les hommes de main de Damien, mon heure aurait sonné. Stanley gara la voiture au pied des escaliers de la façade, mais les deux hommes ne firent aucun mouvement. Je crois qu'ils savaient que la foudre qui allait s'abattre dans quelque seconde m'était destinée. Je me tournai vers Allan pour le réveiller et amassai nos sacs de la journée. Allan sortit le premier en bougonnant, passa devant Sébastien sans même lui adresser un mot et prit la fuite vers sa chambre. Sébastien descendit du perron et vint m'aider avec la valise d'Allan et les sacs. Il portait un pantalon de jogging et un t-shirt ample, il devait être rentré depuis un moment déjà. Ces cheveux étaient humides dû à la douche qu'il venait de prendre.
- Tu as passé la journée avec Damien? Me demanda-t-il en remerciant les deux chauffeurs et en refermant la portière.
Je fus soulagé qu'il ne me pose pas davantage de question et qu'aucune attaque ne me fût mise sur le dos. Il attrapa mon sac de plage et le petit de celui d'Allan, me laissant prendre la seule petite valise de l'enfant et nous rentrâmes. Le 4X4 démarra et descendit mon aller seulement lorsque la porte de la demeure fût refermée sur nous.
Une petite musique jazz jouait en fond et les lumières des pièces principales étaient tamisés. La maison sentait bon et c'était un peu insensé. Habituellement, les assiettes de son repas traînaient sur le comptoir et ces vêtements de la journée sur le sol de mon salon. Cette fois-ci rien ne traînait, comme si je n'avais jamais quitté la maison. Sébastien posa les sacs dans l'entrée et m'invita à faire la même chose avec la valise d'Allan.
Il prit ma main dans la sienne et me guida vers notre chambre. J'étais énormément mal à l'aise face à ce qui aurait pu se passer avec Christian. Et regarder l'homme qui me tenait la main, insouciant du désordre dans mon cœur et dans ma tête, me rendit nostalgique. Je ne voulais pas le blesser, mais je savais que d'une façon ou d'une autre, je le ferais tôt ou tard. Mon cœur me disait de courir rejoindre cet homme sur ce bateau et le laisser me baiser de pied ferme me faisant crier d'extase sans que personne ne puisse m'en empêcher. Mais ma tête elle, se souvenait de ces six années de solitude, de peine, de frustration et de manque. J'ignorais ce que je devais faire.
- Comment c'est passer le weekend d'Allan? Me demanda-t-il lorsque nous fûmes installés dans les draps.
J'avais pris soin de prendre une douche pour retirer l'odeur que Christian aurait pu laisser sur moi, ne voulant pas éveiller les foudres de Sébastien ce soir. Une nuit de sommeil s'était bénéfique pour le cerveau. J'avais revêtu un simple t-shirt ample sur un sous-vêtement de coton, un bon signe pour ne pas qu'il tente quelque chose. Je n'avais pas la tête à deux hommes pour l'instant.
- Bien, il m'a raconté sa chambre et la maison qu'il a à Seattle. Je ne crois pas qu'il ait déménagé.
- Il t'a simplement parlé de la pièce?
- Oui, j'ai dû lui parler du divorce et ça l'a fâché.
- Il n'a jamais connu son père et en un weekend, il devient fâché après toi puisque tu divorces de son père?
- Christian a toujours eu le pouvoir de se faire aimer rapidement des gens.
- Moi, si tu veux mon avis, il a simplement tenté d'acheter ton fils.
- Notre fils, répliquai-je.
- Depuis quand la première personne du pluriel vous représente-t-elle?
- Tu devras t'y faire Sébastien, Allan aime beaucoup Christian. Nous devrons vivre avec cette éventualité.
- Comme allez-vous vous organiser pour la garde?
- Christian souhaitait l'obtenir le weekend, j'ignore si c'est pour tous les weekends ou seulement deux weekends par mois.
- Il t'ignore pendant six ans et tu serais prête à lui céder tous les weekends?
- J'ignore ce que je suis prête à lui concéder, il faut que je discute avec Allan et avec Christian.
- Tu vas être capable d'être confronté à cet homme?
J'ignorais où il souhaitait aller avec cette discussion, mais la direction qu'elle prenait ne me plaisait guère.
- Il n'y a pas de confrontation Sébastien, je ne suis plus amoureuse de lui, mentis-je.
J'entendis un petit soupir derrière moi et je sentis ces mains, douces, mais moins confiantes que celle de Christian, se glisser sur ma taille. Il se plaça en cuillère derrière moi. Mes cheveux habitèrent un petit baiser chaste de sa part. Je me sentais mal de lui mentir ainsi, mais en lui mentant, peut-être que j'accepterais moi-même ce mensonge. Il fallait que j'arrive à rester le plus loin possible de cet homme.
- J'ai parlé à Damien aujourd'hui.
- Ah oui? dis-je inquiète craignant de me faire prendre.
- Il m'a dit que tu étais partie récupérer Allan, je lui ai demandé de te faire le message de me retéléphoner, tu n'as pas eu mes messages?
En réalité, oui j'avais eu ces messages, une fois bien installés dans la voiture pour le retour d'ici. J'avais même eu un message de Damien disant qu'il m'avait sauvé les fesses.
- Oui il m'a fait le message, mentis-je, j'ai simplement oublié et la pile de mon téléphone était vidée.
J'étais bien heureuse que les lumières soient closes, il aurait aperçu que je lui mentais sinon. Il est vrai de dire que dire la vérité est mieux de de dire le plus simple des mensonges, mais pour moi, dire la vérité aurait signifié mettre fin à la relation avec Sébastien, admettre que je voulais ravoir Christian dans ma vie, admettre que j'avais eu tort… En fait, cale aurait signifié choisir la vie que j'avais déjà choisi il y a six ans. En mentant à Sébastien, le plus souvent possible pour moi ouvrait la porte sur la vie que j'avais dessiné moi-même, par choix, et non vivre cette vie d'inconscient, mais, aux croyez-moi, bien tentante. Je ne devais plus flancher, ni pour mon fils ni pour moi. Je ne pouvais enlever la colère, sa colère lorsqu'il avait appris le sujet de notre enfant, je crois que s'était réellement ça mon problème.
Le sommeil qui m'habita cette nuit fut très agité de corps de Christian nu m'offrant la plus douce caresse qui soit…
