Bonjour !
Aujourd'hui m'a l'air d'être un jour parfait pour poster la suite.
J'espère que ça vous plaira.
Les papiers éparpillés sur la table perdaient rapidement tout ordre. D'un geste brusque, il referma l'ouvrage qu'il s'efforçait à consulter et le mit sur le côté pour séparer rapidement les données essentielles à son dossier de ses brouillons.
Ses yeux picotaient légèrement dans la lumière trop vacillante que le grand chandelier diffusait dans la salle. Il prit une gorgée d'eau des croates et s'étira pour se débarrasser de la désagréable impression de fatigue qui l'envahissait avant de se remettre au travail, mais le bruit de sanglots l'empêcha de se replonger dans son calcul.
La nouvelle – la plus jeune du tas – pleurait bruyamment, la main portée au visage. Les éclats de glace à ses pieds laissaient clairement suggérer qu'elle venait d'être frappée par un sort de Gray. Un sort perdu, si la tête qu'il faisait était un indice.
L'incident n'aurait pas dû le retenir un instant de plus, il n'avait relevé la tête que parce qu'il n'était pas habitué à la voix de la gamine, mais quelque chose surgit dans la vision périphérique de Laxus alors qu'il détournait le regard. Mirajane venait de surgir et de saisir Gray par le col, sa main libre levée dans un geste menaçant, une main épaisse et rugueuse teintée de brun et de vert. Le bras de cette fille était métamorphosé en une chose qu'il n'avait jamais vue. Le regard terrifié de Gray se posa dessus, mais déjà elle l'avait saisi par la gorge et plaqué au sol. Suivant le corps de son adversaire dans un geste fluide, elle se baissa jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de son visage.
Elle s'adressa à lui d'une voix sombre, audible de tous : « Tu touches encore une fois ma sœur, voulu ou pas voulu, et je t'arrache l'organe qui produit ta pathétique petite glace et je le fais bouffer à ton petit copain, c'est clair ? »
Gray, à l'évidence impressionné, hocha la tête sans ouvrir la bouche. A quelques pas, Natsu observait la scène, presqu'aussi effaré que lui. Sans lui accorder un seul regard, Mirajane se redressa avec énergie. Elle toisa encore l'enfant à ses pieds en ajoutant : « Maintenant, tu te lèves et tu vas t'excuser. Ca vaut aussi pour toi, Natsu. »
Les deux garçons se précipitèrent pour s'exécuter. Quand il passa devant elle, elle frappa encore le haut du crâne de Natsu d'une main à la fois négligente et puissante. Les deux garçons s'avancèrent vers la gamine qui avait séché ses larmes et observait à présent calmement son aîné. Elle ne semblait pas vraiment impressionnée, tout au plus paraissait-elle curieuse ou contemplative. Elle accepta les excuses qui lui étaient présentées avec un sourire timide, presque gêné. Rapidement, elle chercha à détourner l'attention et proposa d'aller jouer dehors pour se faire oublier. Il y eut un mouvement désordonné dans le hall et bientôt la majorité des enfants présents s'était éparpillée à gauche ou à droite.
Mirajane les regarda sortir, les lèvres pincées, puis s'appuya à une table d'où elle pouvait surveiller l'extérieur.
Laxus ne put retenir une grimace appréciative. La méthode de la fille ne manquait pas d'efficacité, elle savait définitivement se faire respecter. C'était assez rare chez les nouveaux, enfants comme adultes, pour être remarqué.
Il se replongeait dans son dossier quand il la vit elle-même sortir des feuillets de sa poche arrière et les comparer avec attention.
La guilde se fit calme, presque silencieuse. Il finit son eau de croate en reprenant le calcul que l'incident avait interrompu. Comme il s'en doutait, bien que les conditions météorologiques du Nord fussent très différentes de celles qu'il connaissait, rien ne laissait prévoir l'activité orageuse que subissait le village de Lormes. Même en tenant compte de la zone désertique frontalière, il ne voyait aucune raison justifiant la trentaine d'éclairs qui le frappaient quotidiennement. Il n'avait rien trouvé non plus la veille dans les archives relatives à la localité.
Satisfait de ses recherches préliminaires, il rassembla en un paquet ses notes les plus importantes, une copie des relevés locaux de l'humidité de l'air et de la pression atmosphérique et trois cartes des lieux, puis se saisit des livres qu'il avait consultés pour les ramener à la bibliothèque.
Quand il en sortit, Mirajane l'attendait de l'autre côté de la porte, adossée au mur. Il haussa un sourcil intrigué dans sa direction, l'invitant à parler.
« Le maître veut que je sois accompagnée pour mes premières missions, expliqua-t-elle confusément. La boîte de conserve parle trop, elle m'énerve. Viens une fois avec moi. S'il te plait. »
Elle avait à l'évidence des difficultés à trouver le juste ton pour formuler une requête. Sa voix, initialement sèche, s'était précipitée quand elle avait dû présenter une demande qui la mettait visiblement mal à l'aise.
« Je n'ai aucune raison de faire ça pour le vieux, répondit Laxus en la dépassant.
- Qui te parle de lui ? dit-elle en se redressant pour le rattraper. C'est à moi qu'il impose cette règle débile, pas à toi. Et c'est moi qui demande, pas lui.
- C'est pareil, non ? Ce genre de mission ne m'apporte rien, donc je n'ai pas de raison de le faire.
- Tu ne sais même pas de quelle mission il s'agit.
- Ecoute, dit-il en se retournant, j'ai entendu le vieux t'interdire de partir plus de deux jours tant que ton frère faisait pipi au lit. Aucune mission de deux jours ne m'intéresse. Point. »
Le visage de la jeune fille s'assombrit notablement quand il mentionna son cadet, mais elle prit sur elle et répondit, d'une voix toutefois plus énervée :
« Ouais, peu importe. Ecoute, j'ai trouvé un genre de minotaure dans un hameau pas trop loin à l'ouest. Tu viens, on tape, on rentre. Je ne vois pas en quoi ça serait plus ennuyeux que passer la journée ici. »
Il baissa les yeux vers elle, gardant une expression impassible. Elle n'avait pas tort. Il ne pouvait partir pour la mission qu'il préparait que quatre jours plus tard, avec un train bimensuel, et devrait ou accepter de brèves quêtes ou se tourner les pouces en attendant. Quatre jours ne suffisaient pas non plus à s'accorder des vacances. Cette occasion n'était pas plus mauvaise qu'une autre.
« Ecoute, concéda-t-il, j'aime bien tes manières. Si tu frappes la bête comme tu frappes les gosses, le spectacle peut être intéressant. Mais je ne te baby-sitterai que cette fois-ci. »
Encore une fois, elle refusa de relever sa pique et lui demanda d'un ton égal s'il préférait partir avec le train de sept heures trente-quatre ou celui de huit heures trente-quatre.
Ils s'accordèrent sur les détails et se quittèrent dans le hall.
Quand il la retrouva à la gare de Magnolia le lendemain matin, elle portait un de ses habituels shorts avec un t-shirt violet recouvert d'une cape de voyage. A ses pieds traînait un sac de randonnée assez semblable à celui qu'il portait lui-même à l'épaule. « Prête ? », lui demanda-t-il en guise de salutation. Elle se saisit de ses affaires en hochant la tête, le guidant vers un wagon peu occupé.
Le voyage fut paisible. Elle lui expliqua en peu de mots le détail de la mission pendant que le train démarrait. Comme elle le lui avait annoncé la veille, il s'agissait de traquer une bête anthropomorphe cornue qui s'en prenait essentiellement aux lavandières du village d'Etour. L'animal semblait incapable de mener ses agressions à bien puisque l'essentiel des victimes avait pu s'enfuir, mais un corps nu et mutilé avait été retrouvé un mois auparavant, et une jeune fille demeurait introuvable depuis près d'une semaine.
Mirajane sortit une pelote et des aiguilles en terminant son récit. Elle lui lança un regard sévère, le défiant sans doute de faire une remarque, mais il n'avait rien à dire.
Elle avait certainement besoin refaire toute la garde-robe des gamins à sa charge avant l'hiver. C'était son affaire. Laxus n'avait aucune envie de lancer une conversation sur le sujet. Il préféra se concentrer sur un exercice de précision qu'il pratiquait depuis peu. Fermant les yeux, il fit apparaître de petits éclairs et les guida, à vitesse réduite d'abord, naturelle ensuite, les faisant slalomer d'un doigt à l'autre. L'un d'eux lui échappa et Mirajane lui demanda sèchement de faire attention.
Ils passèrent le reste du trajet en silence.
Créya, la gare la plus proche d'Etour, était cinq kilomètres du village, ils se mirent en marche sitôt sortis du train. Posant un œil sur les bottes de sa compagne, Laxus lui demanda si elle saurait parcourir cette distance.
« Je ne vois pas pourquoi je n'y arriverais pas, observa-t-elle froidement.
- C'est vrai que ce ne sont pas celles que tu portes d'habitude.
- Il n'y a qu'Erza qui soit assez stupide pour ne pas savoir qu'on peut se changer en rentrant de mission. »
Un bruit continu se faisait entendre de manière toujours plus distincte. Ils virent bientôt arriver une charrette tirée par deux chevaux. Le cocher arrêta son attelage à leur hauteur et leur proposa d'abréger leur route, ce qu'ils acceptèrent poliment. Il s'extasia d'abord sur leur âge et leur statut de mages, mais n'eut bientôt plus de platitudes à leur communiquer et finit par se tourner vers le monstre qui terrorisait les habitants pour meubler la conversation.
« C'est sûr que c'est quelque chose, cette bête. Et vous croyez que vous pouvez l'avoir ? Alors que la demoiselle, elle n'est pas plus grande que ma dernière, hein ! Tenez, rien que ce matin, il paraît qu'il a attaqué une fille qui apportait son repas à son père. Un berger, je crois, ouais, en tous cas il travaille du côté de la Colline aux Roches. »
Intéressé, Mirajane l'interrompit et lui demanda plus de détails sur l'endroit en question. Devant ses explications embrouillées, elle finit par lui demander de simplement leur indiquer comment le rejoindre. L'homme était aussi inutile que bavard.
Ils se séparèrent de lui en le remerciant aussi rapidement que possible.
Quand Laxus lui signala qu'ils ne s'étaient pas même présentés auprès de leur employeur, Mirajane haussa les épaules en marmonnant qu'ils iraient aussi bien plus tard. Bien entendu, elle n'avait pas tort. Il fallait profiter de la piste fraiche tant qu'elle l'était. Ils pourraient rencontrer le client après leur reconnaissance, voire même après avoir attrapé la bête s'ils s'y prenaient bien. Avec un peu de chance, ils pourraient rentrer dans l'après-midi. Le vieux serait content qu'il ait supervisé la gamine. Peut-être même se conduirait-il normalement avec lui pour le reste de son séjour.
« Là ! », s'exclama Mirajane, interrompant ses pensées. Elle désignait les fourrés entourant la source qu'ils s'apprêtaient à dépasser. Plusieurs branches du bosquet avaient été brisées. La direction que prenaient les éclats et les brindilles laissait penser que quelqu'un s'était soigneusement glissé à l'intérieur pour en sortir autrement plus brusquement.
Sinon, si jamais ça vous intéresse, voici en guise de table des matières la chronologie telle que je la vois, avec en texte normal les informations qu'on a du manga et en gras les axes narratifs que j'ai prévus.
X778 (13 ans) – Arrivée. Minotaure. (Laxus devient mage de classe S)
X779 (14 ans) – Cartes
X780 (15 ans) – Porte. Collaboration. Erza devient mage de classe S
X781 (16 ans) – Magies. Mira devient mage de classe S
X782 (17 ans) – Lisana disparaît. Cuisine
X784 (19 ans) – Manga
(Ici, on est au premier tiers de Minotaure. Il y aura un peu plus d'action par la suite, je vous rassure. Ils ne passeront pas leur mission à voyager en train et à tricoter ^^)
Et sinon... N'hésitez pas à me donner votre avis. Ca m'est utile s'il est critique et ça me fait plaisir s'il est positif, donc ça apporte toujours quelque chose.
