Bonjour, tout le monde, je suis désolée de ce léger retard, mais aujourd'hui je vous présente le huitième chapitre de cette petite fiction. Je pense avoir oublié de vous dire que les poèmes et les citations tirées du début de chaque chapitre ne sont pas tous de mon cru, plusieurs sont des œuvres célèbres et je tiens à dire que ces écrits appartiennent à leurs auteurs respectifs. Merci à tous et bonne lecture.


Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Tous deux adoraient la belle, Prisonnière des soldats, Lequel montait à l'échelle, Et lequel guettait en bas, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Qu'importe comment s'appelle, Cette clarté sur leur pas, Que l'un fut de la chapelle, Et l'autre s'y dérobât, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Tous les deux étaient fidèles, Des lèvres du cœur des bras, Et tous les deux disaient qu'elle, Vive et qui vivra verra, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Quand les blés sont sous la grêle, Fou qui fait le délicat, Fou qui songe à ses querelles, Au cœur du commun combat, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Du haut de la citadelle, La sentinelle tira, Par deux fois et l'un chancelle, L'autre tombe qui mourra, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Ils sont en prison Lequel, A le plus triste grabat, Lequel plus que l'autre gèle, Lequel préfère les rats, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Un rebelle est un rebelle, Deux sanglots font un seul glas, Et quand vient l'aube cruelle, Passent de vie à trépas, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Répétant le nom de celle, Qu'aucun des deux ne trompa, Et leur sang rouge ruisselle, Même couleur même éclat, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, Il coule il coule il se mêle, À la terre qu'il aima, Pour qu'à la saison nouvelle, Mûrisse un raisin muscat, Celui qui croyait au ciel, Celui qui n'y croyait pas, L'un court et l'autre a des ailes, De Bretagne ou du Jura, Et framboise ou mirabelle, Le grillon rechantera, Dites flûte ou violoncelle, Le double amour qui brûla, L'alouette et l'hirondelle, La rose et le réséda.


Je me réveillais en sursaut vers les 4 h du matin et impossible pour moi de me rendormir. Mon cœur battait à tout rompre, j'étais essoufflée et mon entrejambe était complètement humide. Une pression s'exerçait contre mes reins et mon bas ventre, mes lèvres étaient sèches et rudes… une seule chose pouvait expliquer mon état, je venais d'avoir un orgasme du sommeil et je ne crois pas que Sébastien en soit la cause. J'avais vu mille fois plus d'yeux d'acier et de corps parfaitement musclé sous de petites cicatrices terminer ce qu'il avait commencé sur ce bateau que des yeux comme les siens. Eh! Bien, félicitation Ana, à cause de ce rêve purement érotique, je n'avais dormi que deux heures et impossible pour moi de me rendormir. Tandis que Sébastien dormait profondément, une main posée autour de ma taille. Une chose m'énervait royalement de Sébastien lorsqu'il se réveillait avant moi, s'était qu'il avait l'habitude de torpiller dans le lit sans penser à la personne qui dormait à ces côtés, comparés à Christian qui lui, se levait, reluquait ou me réveillais d'une délicieuse façon. Je me levai pour ne pas le réveiller et me dirigeai vers l'étage inférieur.

La maison était silencieuse et rien ne fonctionnait. J'aimais ce genre de tranquillité, nous avions l'impression d'être seuls au monde. Je comprenais maintenant pourquoi Christian dormait si peu, on se sentait bien seul. Allan dormait tranquillement dans sa chambre et croyez-moi, il ne nous avait pas priés, la veille se dirigeant directement dans son petit lit, il n'avait même pas dit au revoir à son père. Il n'avait, non plus, adresser aucun mot à Sébastien. Je crois qu'à partir de maintenant, déjà que leur relation était difficile, elle le serait davantage avec le retour d'un père qui souhaitait être son père.

Une fois ma tasse de café servi et mon ordi ouverts, je me mis à parcourir mes courriels. J'étais bien installé sur mon canapé enveloppé d'un peignoir doux, les jambes sous mon corps et mon ordi sur mes genoux. Il fallait bien se changer les idées de cet adonis de mari qui restait dans mon décor, même avec tous ces efforts. J'avais beaucoup de messages, nombreux de Rachel m'informant de l'horaire de la semaine. J'en avais également des communications de Stark Édition qui me rappelait que nous avions un cocktail cinq à sept ce mercredi et j'en avais plusieurs de Damien me demandant où était rendu le dossier de Bohard. Je l'ignorais moi-même où était rendu ce contrat, disons que mes jours précédents n'étaient pas entièrement reliés à mon travail, je devais m'estimer heureuse d'avoir un patron/ami. Un message attira mon attention. Il était d'un destinataire inconnu. Pouvions-nous avoir un destinateur inconnu pour un mail?

« Bonjour Madame Grey,

Simplement pour vous dire que je connais votre secret, votre traitrise. Traînée!

H »

Ces mots étaient choquants et même déroutants, comment pouvait-on dire ces choses. Ils étaient cour, mais pourtant, je pouvais percevoir tout ce poids en même temps. Je remontai le message pour voir si je ne m'étais pas trompé et qu'il avait bien un émetteur, mais non. La case était vide de nom et d'heure. Une image en pièce jointe attira mon attention, en ouvrant le fichier, je fus estomaquée. Mon café remonta au bord de mes lèvres. Je pouvais apercevoir une image de Christian en torse nu sur le bateau avec Allan et moi à ces côtés tous souriants. On nous voyait assez loin, mais assez près pour nous reconnaître. Nous étions assis face à la caméra qui immortalisait cet instant et nous sourions tous les trois. Bon, le petit étirement des lèvres de Christian passait pour son sourire, les gens ne le connaissaient pas en souriant. Une chose était certaine, cette photo serait le massacre de nos vies. Pour les gens, nous étions en instance de divorce et non en couple ou en fréquentation. Je travaillais pour son plus prêt compétiteur, j'avais tout fait pour cacher Allan de la vie des médias, j'avais tout fait pour cacher Allan de la vie et des yeux de Christian, tout simplement. Je tapai rapidement un message au deuxième concerné pour qu'il prenne connaissance de cette photographie et lui envoyai ne portant pas attention à l'heure. Je ne pouvais pas imaginer qu'il ait pu être assez distrait pour ne pas remarquer cette faille dans la journée que nous avions passée. Trois hommes de main nous avaient attendus dès la sortie du navire, comment un bateau aurait-il pu se rendre jusqu'à nous sans que l'un de nous trois ne le remarque?

« Objet : Prends-en connaissance.

Je ne veux pas te déranger avec ces histoires, mais je viens de recevoir ceci et je crois que cela pourrait t'intéresser.

Anastasia Steele
Éditrice chef de Stark Edition
»

Je ne pouvais croire que j'avais été aussi naïve de permettre ce genre de chose arriver. Et si Damien tombait sur cette photo? Ou même Sébastien? Ma vie entière que j'avais bâtie ces dernières années s'écroulerait d'un moment. La petite frimousse de mon fils me fit frissonner. Je m'étais tant battu pour l'épargner de ces médias, je ne voulais pas que ces gens le harcèlent.

J'eus simplement le temps de fixer la photographie quelques minutes à peine que mon cellulaire sonna, je connaissais déjà son destinataire. Je répondis sans même regarder le nom qui était affiché.

- Quand as-tu reçu ce fichier? me demanda-t-il sans même une forme de salutation.

- Je viens tout juste de m'installer à mon ordinateur, c'est un message inconnu.

- Il n'y a pas d'heure d'envoi?

- Non aucun, c'est seulement singer H. Tu crois que ça peut être Hyde?

- Non, affirme-t-il. Je viens de vérifier et il est toujours sous les barreaux.

Je ne fus aucunement surprise de savoir qu'il avait déjà vérifié, je savais qu'au plus profond de lui cette photo était aussi terrible que je le pensais. Je ne voulais pas recommencer cette vie de crainte en sachant qu'il était près de moi.

- Christian, tu imagines si cette photo apparait dans les médias, dès demain, ce que nous risquons tous.

- Je ne crois pas que cette photographie sortira, elle est simplement destinée à te faire peur.

- Eh! Bien c'est réussi.

- Anastasia, tu sais très bien que je ne laisserai rien vous arriver à toi et Allan.

- C'est si bien dit, mais six années trop tard, répliquai-je.

Le bobo était réellement là, c'est son absence et ce comportement comme si rien ne s'était jamais produit qui me donnaient cette haine et cette attirance à chaque moment différent. Quelle femme ne serait pas sous son charme en le regardant agir avec son enfant? Mais aussi, quelle femme laisserait un homme revenir dans sa vie aussi rapidement et sans la moindre explication?

- Puis-je te demander de nous fournir ton ordinateur? Je le ferai vérifier et formater pour que la technique puisse retracer ce courriel.

- Oui, répondis-je aussitôt.

- J'enverrai Sawyer à ton bureau venir le récupérer.

- Vous êtes encore à Chicago? m'étonnai-je.

- Pourquoi quitterais-je? Me demanda-t-il simplement?

- Peut-être parce que ta vie est à Seattle, répliquai-je.

- Ce message est une raison de plus qui me force à rester ici, conclut-il.

Si je ne me disais pas qu'il était sur cette photographie et qu'il risquait autant que moi en cet instant, j'aie pu croire qu'il en était l'auteur. Et l'entendre me parler ainsi me paraissait quelque peu traumatisant? Une autre de ces facettes que j'avais un peu oubliées, ce changement d'émotion en fraction de seconde.

Je soupirai, décidément, cette journée d'hier était encore plus, suite à cette nuit de sommeil réfléchi et à ce message, une journée que j'aurais dû éviter. Non seulement j'ai failli commettre la plus grosse bêtise de ma vie en trompant l'homme que j'ai choisi aimer, mais aujourd'hui je recevais des menaces. « Simplement pour vous dire que je connais votre secret, votre traitrise. Traînée! » Ces mots me donnèrent des frissons.

Je décidai que le meilleur moyen pour moi d'échapper à toutes ces histoires était d'aller courir. Une fois vêtue correctement d'un legging sportif et d'une camisole, je laissai une note à Sébastien et débutai mon chemin.

L'air était frais et noir. Les rayons ne perçaient pas encore et aucun bruit ne sortait d'aucune maison. Mon regard fut automatiquement attiré par un 4X4 noir garé au bout de mon allée de terre. Après tout, la vie était nulle à cette heure de la journée. Les vitres étaient teintées et le moteur bien arrêté. Malheureusement pour lui, j'étais bien consciente à qui appartenait la voiture. Et ma colère redoubla, était-ce l'accumulation de ce que je venais de vivre? Oui, surement. Il ne pouvait décider de revenir dans ma vie ainsi, croyez-moi. Je me dirigeai d'un pied ferme vers la voiture éteinte.

Je cognai à la vitre passagère, où je savais que l'un d'eux se cachait et attendit une moindre réponse. Peu de temps après, j'entendis la voiture démarrée et la vitre s'abaisser. C'est un Sawyer, avec les yeux endormis qui apparurent devant moi.

- Vous direz à votre patron que je ne vous veux ni sur mon terrain ni devant chez moi sinon je fais plaintes pour harcèlement, lui dis-je. Rentrer à Seattle, retournez loin de ma vie! Et vous êtes mieux d'être partie lorsque je reviendrai.

À ma voix, la menace devait être entendue et comprise. Je ne leur laissai pas le temps de me répondre et attaquai mon chemin. Non, sérieusement? Il ne nous donnait aucune nouvelle en six années et maintenant, un seul weekend avec mon fils et une journée en ma compagnie, il nous installait deux gorilles devant chez moi. Imaginez le regard de Sébastien s'il les apercevait. Monsieur aux gros biceps ne serait certainement pas heureux de savoir que d'autres personnes étaient engagées pour notre sécurité.

Je calai mes écouteurs dans mes oreilles, actionnai le iPod à un décibel incroyable et filai dans la direction opposée de la voiture. Un bon petit 10 kilomètres allait me faire du bien, ou du moins, allait me faire oublier tout ce qui se passait. Résumons mes péripéties passées depuis plus de dix jours :

Premièrement, je retrouvai l'homme que j'avais tenté d'oublier pendant six années, comme je vous le dis et redis depuis le début de ces mots. Cet inconfort ressenti au début était loin de cette colère bien présente aujourd'hui. Je pouvais lui laisser le bénéfice du doute au sujet de la garde de notre fils, après tout, quel homme ne pouvait pas avoir une chance avec son propre enfant. Je crois que ce qu'il m'avait le plus blessé de cette journée était le fait que Kate et Mia étaient au courant de ces magouilles.

Deuxièmement, je me retrouve encore hypnotisé par cet homme drôlement attirant et énormément excessif de contrôle. Je ne peux réellement vous dire ce que je ressens. Qui ne serait pas attiré par l'homme le plus attirant sur cette terre? Qui savait comment faire monter une femme au septième ciel? Qui savait comment caresser une femme d'un simple bout de doigt? Je sentais encore la pression de ces lèvres contre les miennes, elles y étaient à leur place, elles y avaient retrouvé leur place. Et pourtant, je lui en voulais, je lui en voulais d'avoir profité du sommeil de notre fils, du rythme des vagues, du vin et de moi, parce que j'aurais pu flancher. Et je l'ai fait à moitié.

Troisièmement, je me retrouvais face à l'importance que mon fils lui dédiait. Je n'osais à peine imaginer ce qu'ils avaient pu faire lors de ce weekend. Bon je savais ce qu'ils avaient fait dimanche, puisque j'y étais. Mais vendredi soir et samedi étaient pour moi un vide sans fin. Connaissant Christian il aurait tout donné à notre fils, comme il l'avait fait pour moi auparavant, mais j'avais de la difficulté à voir ce qu'ils avaient fait. Je ne pouvais imaginer Christian dans un parc avec Allan qui joue dans un module ou le voir dans un restaurant-minute parce que notre fils a envie de manger cette nourriture. Cependant je dois voir avouer espérer qu'il prenne ce temps avec lui.

Je soupirai et redoublai d'efforts pour rentrer avant le réveil de mon fils. J'aimais être prête pour son réveil. Je me souvins qu'un jour, il m'avait demandé si je dormais moi aussi, puisqu'il ne m'avait jamais vue endormie. Cette petite voix douce voulant prendre soin de sa mère.

Je finis par entrer dans sa chambre une bonne heure plus tard. J'étais douché complètement. J'étais vêtue d'une petite robe bleue royale avec des mocassins de la même couleur et pour en rajouter à cette journée, ma tignasse s'était voulue indomptable. Le petit déjeuner était prêt et je me sentais reposé suite à cet effort qui avait duré un peu plus de trois quarts d'heure. Grey avait tendance, bien qu'il fût loin de moi, de m'épuiser complètement.

- Bon matin, mon chéri, le réveillai-je en passant ma main dans ces cheveux? J'essayai du mieux que je pus de passer outre ce message et cette photo et me concentrai complètement à mon fils, l'homme avait assez obtenu mon attention.

Allan rechigna lorsque je lui retirai la couverture et finit par se lever. Je lui sortis un ensemble pour la journée et lui demandai de se préparer et de me rejoindre dans la cuisine. Dans des journées comme celle-ci où elle débutait d'une manière que je n'aimais pas, j'aimais faire en sorte de me changer les idées en faisant de beaux cadeaux à mon fils. Ce matin, je lui avais préparé son petit déjeuner préféré, des crêpes.

Vêtu d'une casquette des Mariner sur ces petits cheveux bouclés et de son ensemble vert et brun que je lui avais sorti, Allan s'installa sur le petit banc du bistro devant son déjeuner. Je pris le journal de la journée que Sébastien avait rentré avant de quitter un peu plus tôt et le feuilletai le temps qu'Allan mange. Je vous dirais que mon fils avait la même manie que moi, ce qui veut dire, qu'il ne mangeait pas beaucoup. Je suppose que cela a dû énerver Christian, comme cela l'énervait lorsque je ne mangeais pas.

- Est-ce que je vais aller voir papa ce soir, maman?

Je levai les yeux de l'actualité qui dénonçait l'évasion d'un détenu de la prison de Chicago, l'enquête à laquelle Sébastien passait tout son temps, rien pour m'aider à oublier Christian, et fixai mon fils d'un regard incrédule.

- Je ne crois pas, non.

- Pourquoi?

- Tu as passé tout le weekend avec lui, ce n'est pas suffisant?

- Non, dit-il simplement.

- Je suis désolé mon chéri, ton père a dû rentrer à Seattle, mentis-je sachant très bien que Christian n'était pas rentré.

- T'es pas juste! s'écria-t-il.

- Allan, durant six années ton père nous a laissé seuls toi et moi, et en un seul weekend tu serais prêt à le faire revenir dans ta vie? Je suis désolé mon grand, mais ce n'est pas toi qui décides ces choses.

Il repoussa son assiette, éclaboussant son verre de lait sur la table et se leva de chaise.

- C'est toi le problème maman, pas papa! conclut-il avant de retourner d'un pas rapide à sa chambre.

Évidemment, c'était moi le problème maintenant. L'ange Christian Grey qui retombe du ciel avant de semer tout son charme sur son passage.

Je rentrai au bureau plus tard certainement avec le regard d'une fille qui venait de faire une journée complète et non d'une fille qui devait commencer sa journée. La photo, les hommes de main de Christian et la crise d'Allan m'avaient pris énormément d'énergie et je me demandais comment j'allais pouvoir passer au travers de la journée. Je me sentais mal des larmes qu'Allan avait versées lorsque je l'avais déposé à l'école et je me sentais mal de ce que je lui faisais endurer.

- Anastasia? La voix de Rachel emplit l'enceinte de mon bureau.

Je relevai la tête vers la porte, sortant de la maquette de l'un des auteurs que je devais approuver avant de l'envoyer en presse et regardai Rachel qui se tenait sur le pas de ma porte.

- Bohard souhaiterait discuter avec toi. Il est au téléphone, m'annonça-t-elle.

Je la remerciai rapidement et pris aussitôt le combiné. Elle déposa un café sur mon bureau et quitta la pièce, je peux vous dire que j'avais la meilleure assistante qui pouvait exister.

- Anastasia Steele.

- Bonjour, Madame Grey, me salua une voix masculine profonde.

Je fus surprise d'entendre une voix si jeune de l'autre côté du combiné. Je dois également vous informer que Bohard était un auteur anonyme, donc je ne pouvais le présenter aux yeux de plusieurs personnes et il préférait garder l'anonymat, du moins, pour l'instant. Normalement, je discutais beaucoup plus avec des femmes lorsqu'il était question de nouvelle érotique.

- Je retourne vos appels, m'indiqua-t-il.

- Monsieur Stark organise une levée de fond, un cocktail au bénéfice des enfants sportifs et l'industrie Stark entreprise sera présente. Monsieur Stark souhaiterait vous y voir pour que nous puissions discuter de votre maquette.

- Je souhaiterais plutôt que nous en discutions chez moi, Madame Grey.

- Comme vous le souhaitez, lui accordai-je. Je dois cependant vous dire que Monsieur Stark en sera déçu.

- Je ne crois pas le décevoir si je signe l'œuvre avec vous. En comptant vos nombreux appels, je dois plutôt admettre qu'il a été rare de voir une maison d'édition aussi tenace que vous, Madame Grey.

- Nous adorons vos œuvres, Bohard.

- Vous aimez les nouvelles érotiques? Savoir qu'une femme peut-être ainsi soumise à un homme et s'abandonner à son plaisir sous des mots qui évoque en nous ce même plaisir.

- Les mots ont un pouvoir qui leur sont propre, à vous de décider quels mots vous employer pour nous faire ressentir ce que vous voulez que les lecteurs ressentent.

- En début de la semaine prochaine, je vous fournirai mon adresse.

- Bien sûr, je m'organiserai pour que la maquette soit terminée à temps.

Il coupa la communication et je notai cette nouvelle contrainte temps, aller à son domicile comportait pour moi un ajout supplémentaire à mes tâches concernant cet auteur. Non seulement nous n'avions pas encore signé de contrat, mais il faisait faire plusieurs maquettes du même manuscrit et il choisissait le meilleur qui représentait le plus le roman. Lorsque j'avais trouvé cet auteur dans la série de livres qui trainait dans mes affaires, j'avais su vouloir cet auteur. Damien avait également lu l'édition et croyez-moi, je devais avoir la maquette de cet auteur. Disons que j'étais soulagé qu'il nous donne notre chance. Première bonne nouvelle de la journée!

La journée était couverte, mais bien chaude, Allan avait une pratique de base-ball, sport auquel il avait insisté à être inscrit dès ces trois ans, je crois que ces grands-pères et ces oncles déteignaient grandement sur lui. Il était si adorable avec ces petits pantalons blancs, son petit gilet noir et son casque protecteur à apprendre comment frapper une balle loin, à comment l'attraper correctement et toutes ces choses de ce sport. Je passai le récupérer à la fin de la journée, il n'avait pas changé d'humeur. Il ne me parlait pas, bougonnait dans son coin et partit aussitôt rejoindre ces amis me laissant derrière lui. J'étais épuisée de cette journée, entre le fait que Sawyer ne soit pas passé à mon bureau pour finalement prendre mon ordinateur, la maquette de cet auteur qui devait être prête pour la semaine suivante et entre le fait d'avoir un enfant boudeur, j'ignore ce qui pouvait rendre cette journée pire.

L'équipe d'Allan était composée de 18 garçons de son âge. Des petits garçons remplis d'énergies. Je vous dirais que ces enfants sont un peu les portraits de leurs parents, les uns envers les autres, tous amicaux et bien qu'un soit un nouveau visage, il était immédiatement embarqué dans l'équipe. Lors des matches, je peux admettre que nous ne sommes pas des parents peu compétitifs, mon père prenait ce relai à ma place. Le fait qu'Allan soit dans une équipe était son œuvre et son argent, alors je lui laissais ce loisir, cependant, je devais me taper les entrainements. Cela peut expliquer mon côté plus réservé envers les parents des amis de mon fils.

La belle journée avait attiré un peu plus de parents que les pratiques habituelles, des petits groupes discutant certainement du prochain match à venir et des pratiques diverses affirmant que leur enfant était le meilleur. Avec leur chaise de camping installé un peu en retrait pour ne pas déranger. Le terrain des enfants était situé dans un immense parc à grand terrain vert, je venais souvent avec Allan passer la journée au soleil dans ce parc. C'est lors d'une de ces sorties où nous étions accompagnés de mon père que l'entraineur de l'équipe avait approché Allan pour être lanceur de leur équipe. Disons qu'avec deux grands-pères adorant ce sport et des oncles tout aussi passionnés, Allan avait commencé très jeune. J'avais accepté me disant que cela nous ferait une sortie programmée chaque semaine et que cela permettrait à Allan de sociabilisée. Au début, Allan trouvait difficile de voir tous les enfants accompagnés de leurs deux parents, mais il en avait vite fait abstraction voyant que ceux-ci ne lui posaient pas de question à ce sujet et voyant qu'ils l'intégraient bien. J'étais installé sur un plaid que j'avais tendance à apporter lors de ces pratiques avec un bouquin, j'aimais bien prendre ce moment pour moi. Bien qu'il fût difficile de se concentrer avec des coups de sifflet qui se donnait et des enfants qui criaient des encouragements à chacun d'entre eux, j'arrivais parfois à lire un ou deux chapitres.

Le bruit d'un moteur puissant et peu commun fit retourner les têtes des parents qui se tenaient près de moi. Ce bruit annonçait l'arrivée du pouvoir et de l'argent. Je me retournais à temps pour regarder l'Audi R8 noir se garer à la gauche de ma voiture et d'en voir Christian en ressortir. Je n'étais pas surprise de sa présence, Allan avait le prévenir de sa pratique du lundi et comme il était soudain devenu le super papa qu'il avait tant rêvé, il avait dû lui demander de venir, d'où la question de ce matin.

J'étais constamment bouche bée lorsque je voyais Christian, il était toujours magnifique et je peinais à me rappeler qu'il avait déjà été mon mari. Je savais ne pas être la seule femme qui était attirée par cet homme, elles devaient toutes avoir le regard rivé à ce dieu grec sortant de cette voiture hors de prix en complet noir lui sciant parfaitement la taille. Je crois ne jamais avoir vu Christian mal habillé, simple constatation, lorsqu'il portait ces complets, il semblait un homme beaucoup plus vieux, certes, mais avec plein de vécu et de pouvoir en lui. Il détenait complètement le monde, demandant à ces sujets d'être à ces pieds. Mais lorsqu'il portait ce jean, déchiré au genou sans bouton retenant le morceau à sa taille, j'avais en face de moi un homme complètement différent, mais tout aussi attirant. Mais cet homme était différent de celui qui se présentait à nous aujourd'hui, différent de cet homme qui se dirigeait dans ma direction faisant abstraction de tous les regards curieux des parents autour de lui. Pour eux, il devait être le potin du siècle, l'homme dont ils allaient parler à leur retour chez soi, à leur mari absent. Christian portait un complet noir sur une éternelle chemise blanche et une cravate grise, le complet habituel lorsqu'il était le Christian Grey. Cependant, il avait posé sur sa tête une casquette des Mariners bleus, la même que celle d'Allan et des lunettes fumées nous privait de regarder ces yeux. Ce mélange de pouvoir et de nonchalance éveillait en moi un soupçon de manque.

Il vint à ma hauteur et s'installa à mes côtés sur le plaid, sans demander à y être invité. Il se pencha pour m'offrir la bise, effleurant ma joue comme une plume de ces lèvres et se redressa simplement. J'étais un peu choqué de ce comportement simple du moment. Il ne semblait pas du tout affecter de la journée qui venait de se dérouler, bref, je savais qu'il ne vivait pas les foudres de notre fils ni du court délai d'un auteur précoce, mais il vivait cette photographie de nous et je devais admettre qu'il ne démontrait aucune crainte.

- Vous menacez mes hommes de main, maintenant, mademoiselle Steele? s'enquit-il en posant tournant la tête vers les enfants qui étaient devant nous, sûrement à la recherche d'un petit visage identique au sien.

- Vous me privez de la liberté que j'ai acquise, monsieur Grey.

- Vous appelez ceci une liberté lorsque vous n'êtes pas en sécurité?

- Je suis en sécurité, répliquai-je.

Il retira ces lunettes fumées et ces yeux d'aciers se posèrent sur moi. Ils étaient durs, sévères même, comme si j'avais quelque chose à me reprocher. En fait, s'il y avait bien une personne qui devait se reprocher quelque chose, c'était bien lui.

- J'ai toujours bien réussi à vivre seule avec Allan, et nous avons toujours été en sécurité, nous n'avons pas besoin de ce genre de personne à nous suivre partout où nous allons.

- Vous n'êtes pas en sécurité.

- C'est maintenant que cette soudaine envie de sécurité vient? Dois-je te rappeler qu'hier nous étions avec toi et que nous avons été photographiés sans que tu t'en aperçoives? Dis-je en chuchotant la dernière partie de phrase, ne voulant pas qu'il y ait d'oreille indiscrète.

J'eus à peine le temps de voir son regard se baisser au sol, une petite faiblesse, monsieur Grey? Qu'ils reprirent leur fixe dans les miens, encore plus dure qu'avant.

- C'est une erreur qui ne se reproduira plus, Anastasia, tu le sais très bien.

- Non en effet, elle ne reproduira plus, admis-je. Tout comme la journée d'hier.

Il finit par desserrer sa cravate et par enlever son veston, prenant soin de bien le poser sur le plaid pour ne pas le tacher d'herbe. C'était signe qu'il allait rester. Un geste de sa part m'étonna, cependant, il avait posé son iPhone dans la poche intérieure de sa veste, à une distance éloignée de ces mains. Souhaitait-il prendre l'entièreté de son temps à notre fils?

- Sawyer n'est pas passé à mon bureau, dis-je au bout d'un moment.

- Je lui ai demandé de, finalement, ne pas passer. Je vais m'occuper d'envoyer ton ordinateur à qui de droit.

- Tu crains que cette personne ne soit dans ton équipe Christian?

- Nous ne sommes jamais trop prudents.

- Tu es inquiet? lui demandai-je.

- Et toi? Tu l'es?

- Je suis morte de peur, l'idée qu'une personne fasse du mal à notre fils m'est intolérable.

- Croix moi, Ana, jamais je ne laisserai personne faire du mal à Allan. Je prendrai sa place à tout moment, je préfèrerais mourir que de voir une personne lui faire du mal.

Une partie de moi frissonna de peur et de douceur à l'entente de ces mots. Avoir cette sorte de dévolu envers son enfant était l'une des plus belles choses qui soit, je l'avais également pour mon fils, quand j'avais vu Allan dans des situations difficiles, à chaque moment je souhaitais du plus profond de mon cœur être à sa place, mais malheureusement, je ne le pouvais pas. Le frisson de peur était incontrôlé, la simple idée de perdre Christian par la mort, peu importe si nous étions ensemble ou non, m'effrayait. Je ne le devrais pourtant pas, mais c'était un sentiment que je ne pouvais pas nier, il était bien présent.

Nous passâmes le restant de la pratique des enfants à discuter sous les yeux curieux des autres parents. Christian ne s'en préoccupait pas, tout le contraire de moi, plusieurs parents étaient au courant de ma relation avec Sébastien, je pourrais passer pour une infidèle. Je me redirigeai vers ma voiture, accompagné de près par Christian qui avait absolument tenu à porter le plaid et le ranger dans ma voiture et nous attendîmes Allan.

Il était des plus heureux de voir son père à la sortie de sa pratique et la conversation de ce matin me revint en mémoire, comment voudrais-je séparer cet enfant de son père? C'était impossible, un vrai lien s'était formé entre ces deux hommes. Je perdais en moi, ce petit garçon qui m'était destiné depuis de début et je devais maintenant le partager.

- Maman, est-ce que je peux rentrer avec papa?

- Je ne crois pas que ton père se dirige vers la même direction que nous, Allan.

- Bien sûr mon grand, dit le père en même temps que moi.

C'était maintenant cette bataille, celle d'avoir Allan le plus souvent possible. Celui qui lui offrait plus que l'autre

- Vous souhaitez vous joindre à nous, Anastasia? Me demanda-t-il redevenant l'homme professionnel puisque les autres parents commençaient à rejoindre leur voiture.

- Non, monsieur Grey, c'est aimable à vous de me le proposer, crachai-je avant de lui tendre mon ordinateur et de prendre la route vers chez moi.

En ayant quitté Christian six années plutôt, je m'étais juré de protéger notre fils de ces magouilles d'argent et de charme. Mais plus le temps qu'il passait avec lui, plus je perdais mon fils et plus cette tension en moi grandissait. Je détestais devoir l'admettre, mais Sébastien avait raison. Je devais demander le divorce, même si mes sentiments revenaient à chaque fois de plus en plus forts et que j'espérais qu'il termine ce qu'il avait débuté sur ce bateau. Mais je le devais pour la sécurité de mon fils, cette photo et cet homme étaient nocifs pour lui.


Est-ce que notre chère Anastasia finira-t-elle par flancher et admettre que Christian est celui qui fait et fera toujours battre son cœur? Finira-t-elle par admettre qu'il est un bon père pour son fils et surtout, finira-t-elle par changer d'idée le concernant à tout moment?