«Demain est un mystère»
Mon regard incrédule s'attarda sur Rachel. Je sentais les émotions monter en moi en se bousculant. L'inquiétude, l'amertume, la trahison, l'abandon… Cette chaleur qui venait de m'habiter dans les bras de Christian venait de s'évader sous un seau d'eau glacial. Malgré le soleil chaud et couchant, les frissons parcouraient mon derme se frayant un chemin entre mes omoplates. Qu'est-ce que je foutais ici? Après tout, je détestais ce genre de soirée et maintenant j'apprenais que mon fils était dans le dernier endroit sur terre ou une mère espère le voir. Je ne voulais pas revivre ce que j'avais vécu quelques années plutôt, je ne devais pas revivre ce cauchemar. Damien et Rachel s'exprimaient avec de grands gestes, mais je ne pouvais les entendre. J'étais bloqué sur place, le cœur battant, pas le même battement que Christian venait de me faire vivre. J'avais le cœur au bord des lèvres, les oreilles bloquées de tout son extérieur. Dans l'ampleur du moment, j'avais regardé Damien s'approcher de moi en continuant ces grands gestes, je ne pouvais l'entendre, je n'arrivais à l'entendre. Une main ferme c'était posé sur sa poitrine bloquant Damien de s'approcher davantage. Des insultes? Oui certainement. Une protection? Également. Une main posée contre mes cheveux, cette chaleur si familière parcourant ce frisson, l'empêchant de se poser sur mon derme durant un instant. Et c'est à cet instant que tout revint, les bruits, les paroles, l'importance du moment.
- Ana, bouge bon sens! s'exclamait Damien.
- Anastasia est en route, Sébastien. Rachel qui informait Sébastien au téléphone de ma venue.
- Anastasia, s'il te plaît tu nous entends? Cette voix, la seule et unique que je voulais entendre pour le moment, cette seule voix qui arrivait à me tirer de tout chemin, cette voix qui pouvait me plonger dans des songes.
Je me retournai apercevant le regard inquiet de Christian. C'était sa main qui était posée contre mes cheveux, d'une simple pression dans mes cheveux. Il me détaillait, souhaitant certainement une réponse de ma part, mais je ne savais trouver les mots exacts pour le moment. J'étais déchiré entre la beauté d'un moment que je venais de partager et le moment où l'inquiétude prenait place.
- La voiture t'attend, m'informa Damien.
- Taylor est en bas, il nous attend, ajouta Christian en posant sa main contre ma joue.
Étais-je en train de rêver où ces deux hommes jouaient la carte de la plus forte testostérone? Je restais droite, sans broncher. Je n'en étais pas capable. Je pouvais percevoir dans les mots de Christian son désir d'être présent, mais était-ce une bonne idée? Après tout, je devais ressembler à une femme qui avait vécu la plus belle douceur depuis plusieurs années.
- Anastasia, c'est un choc anaphylactique sévère, hoqueta Rachel en posant sa main sur la récepteur du combiné. C'était certainement la première fois qu'elle était confrontée à une émotion telle que celle-ci. Je ne comprends pas ce qu'il me dit.
C'est la fin de cette phrase qui fut le déclenchement de mes gestes, je ne voulais tout simplement pas que tout ceci recommence. J'entendais leur voix qui me suivait, celle de Christian, de Damien et de Rachel.
- Anastasia, s'il te plaît!
- Ana, écoute-nous!
- Madame Steele, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, il y a les journalistes et tout.
Tous trois me priant de les écouter, de ne pas agir sur un coup de tête, mais je n'avais qu'une seule intention. Celle de ne m'être jamais présenté à cette soirée, il n'y aurait pas eu d'hôpital, il n'y aurait pas eu de baiser, il n'y aurait pas eu de colère. J'aurais passé ma soirée dans mon canapé avec un bol de crème glacée et mon fils devant ces comédies qu'il aime tant.
Je fus abstraction des journalistes qui campaient à l'extérieur de l'immeuble. L'importance du moment était de rejoindre Allan le plus rapidement possible. Une masse de personnes se formèrent devant nous, je n'avais plus la patience d'afficher le sourire poli et mon premier geste, en réponse au flash éblouissant des appareils photo, fut de placer ma main devant mes yeux. Je me moquais bien de ce à quoi je pouvais bien ressembler, une douleur à ma poitrine grandissait à chaque seconde qui s'éternisait et m'éloignait davantage de mon fils.
- Laisse-toi guider, me murmura sa voix contre mon oreille.
Je me retournai ébahi par cette douceur, une douceur qui me poussait à me blottir contre lui et le laisser me guider vers la voiture. Son bras passa autour de moi, collant mon corps contre son flan et il nous fraya un chemin vers la voiture. Cette chaleur créa le mur qui bloquait le froid de l'inquiétude. Je pouvais voir le 4X4 noir qui était garé derrière la limousine que j'avais empruntée avec Damien et Christian nous dirigea vers celui-ci. Les journalistes ne se laissant duper nous bloquèrent tous les quatre dans un troupeau de personnes nous posant des questions très personnel. J'avais envie de hurler, d'enlever ces chaussures et de courir jusqu'à cet hôpital. L'air se faisait de plus en plus rare et je me sentais hoqueter. Mes yeux s'emplirent de larmes qu'aussitôt je séchai avec mes doigts, personne ne devait voir cette faiblesse. J'étais une femme forte et je voulais que les gens le voient aujourd'hui. Laissant paraitre une faiblesse sous les yeux de ces vautours était comme se lancer soi-même sous un pont. Tout ce que je voulais pour le moment c'était d'être près de mon fils et le réconforter, je ne voulais pas être sous cette horde de gens mal polis.
Ma main fut agrippée par l'un de ces journalistes, il me tirait vers lui souhaitant certainement avoir l'exclusivité d'une primeur. Une légère douleur se fraya de mon poignet jusqu'à mon avant-bras. Me retournant pour regarder cet homme, je me bloquai. Ce n'était pas l'homme à la grosse barbe noir qui me tenait qui retenait mon attention, mais l'homme qui se tenait derrière lui. Hyde? Non, impossible. Des cheveux courts glissant sur le blond, des yeux vert émeraude. Le visage de cet homme avait des angles droits, sévères, il semblait amaigri, creusé par le temps. Sa peau était blanchâtre, une petite barbe picorait sa mâchoire.
- Ne la touchez pas! S'imposa la voix de Sawyer.
Il passa entre moi et l'homme à la barbe noirs, coupant mon regard de cet homme qui me disait quelque chose. La main ferme de Sawyer libéra mon bras et me poussa vers Christian qui m'étreignit plus fermement. Il s'était à peine retourné se trouvant bloqué également. Taylor dut venir le secourir lui aussi. Je ne pouvais croire que nous étions si importants tout un coup, et pourquoi ne nous laissaient-ils pas tranquille? En me retournant, l'homme avait disparu. Ce ne pouvait être lui, Christian m'avait affirmé un peu plus tôt cette semaine qu'il était toujours sous les barreaux.
Christian me poussa la première à bord du 4X4 et se glissa rapidement à ma suite. Damien et Rachel avaient dévié leur chemin et utilisaient la limousine. Sawyer se glissa auprès de Taylor qui avait pris place derrière le volant et le second écrasa la pédale d'accélération dans le plancher et la voiture prit la route dans un crissement de pneus.
Je tremblais, non de froid, mais de peur et d'inquiétude. Je tremblais de tout mon corps, plus intensément à chaque instant, je ne savais plus comment agir, l'impuissance au fonds de moi rendait chaque mouvement de mon propre corps impossible, les larmes se faisaient de plus en plus abondantes sur mon visage, finalement elles tombaient d'elles-mêmes. La nausée s'emparait de moi à force de pleurer et de respirer avec difficulté, on ressentait la panique dans ma respiration . Christian et Sawyer eu simplement le temps de me tendre quelque chose avant que les soubresauts de l'alcool du cocktail ingéré ne ressortent. Créant une douleur au fond de ma gorge, la même que ce qu'Allan devrait ressentir au même moment.
- Pardon, m'excusai-je alors que Christian repoussait mes cheveux derrière mes épaules d'un geste excessivement trop doux.
- Ce n'est rien, m'assure-t-il
Sawyer retira le sac en plastique noir le rapportant à l'avant du véhicule et me tendit une bouteille d'eau. Je ne sais réellement ce qui me rendait ainsi, le fait qu'Allan soit dans cet hôpital? Le fait que je crois, simplement croire, avoir vue l'homme qui avait tout brisé? Ou le fait que je ne cesse de tromper Sébastien à chaque fois que je voyais Christian?
- Ça va mieux? Me demanda Christian alors que nous nous rapprochions de l'hôpital.
- Je me contentai simplement de hocher la tête, si je parlais, je craignais que mon estomac se vide une seconde fois.
- Bois, m'ordonna-t-il. Ça va te faire du bien.
Je m'exécutai sous son ton autoritaire. Pourquoi me sentais-je donc obligé de suivre à la lettre ces moindres désirs. L'eau refroidissait l'intérieur de ma gorge et je ne pus m'empêcher d'émettre un léger soupir. Je voulais simplement arriver dans cet hôpital et prendre mon fils dans mes bras.
Mes pieds nus se tordaient de douleur sur les carrelages froids de l'hôpital, j'avais abandonné mes souliers hors de prix dans la voiture de Christian. Mon cœur battait à tout rompre et mes pas se faufilait au travers de la soie de ma robe, une chance que Rachel avait opté pour une robe plus courte devant que derrière. Je tournais des coins dans chaque recoin de cet édifice connaissant le chemin de la pédiatrie par cœur, j'y avais déjà passé plusieurs jours. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir que Christian était sur mes talons et peu importait ce que penserais Sébastien. Je ne pouvais imaginer que mon fils revivait cet enfer à cause de lui. Ma tête ne comprenait pas, mon cœur non plus, il ne m'avait jamais démontré aucune animosité, alors pourquoi avoir été aussi naïf et laisser ainsi en suspend la vie de mon enfant?
Je ne voulais pas imaginer ce qui pouvait se passer dans la tête de Christian pour l'instant. De la frustration? Sûrement. De l'inquiétude? Comme toujours. De l'incompréhension? Comme je l'avais ressentie la première fois. Ce n'était pas une étape facile pour un parent de regarder son enfant maintenu inconscient pour que la morphine puisse faire effet sans l'effrayer. Si les médecins faisaient le même traitement, ils auraient branché Allan sur un respirateur pour l'aider à respirer puisque les parois à l'intérieur de sa gorge seraient trop enflées pour laisser passer l'air et il lui donnerait une petite dose de morphine pour descendre le taux de douleur. Ils le garderaient inconscient le temps que l'enflure disparaisse, ce qui pouvait prendre plusieurs heures.
Sébastien faisait les cent pas dans la salle d'attente, Allan ne devait pas être sorti encore de la salle d'examen. Disons que Taylor, voyant mon état, avait conduit précipitamment? Bon je l'avoue, extrêmement hors des limites permises. Je m'en voulais encore d'avoir vomi dans le véhicule.
Il se rongeait les doigts et parlait d'une voix basse. Il portait le même ensemble du début de la soirée, un jean et un t-shirt ample.
- Qu'est-ce qui s'est passé? Lui demandai-je rapidement voyant qu'on ne pourrait continuer notre chemin, la porte de passage pour les chambres était close.
Surpris il se retourna vers moi, il ne devait pas m'attendre aussitôt, seulement dix minutes s'était écoulé depuis l'annonce de Rachel et maintenant. Ces yeux se tombèrent sur la silhouette derrière moi. Mon cœur battait la chamade, dû à l'effort physique pour nous rendre ici rapidement et par crainte pour mon fils. Il me regarda d'un œil mesquin avant d'attaquer le fond de ces pensées.
- Qu'est-ce qu'il fait ici, celui-là? Cracha il en pointa Christian. Ne me dis pas que tu m'as demandé de garder ton fils, putain, pendant que tu allais voir ailleurs?
- Pas du tout.
Je me rapprochai rapidement de lui voulant bloquer sa colère et posai mes mains sur ces avant-bras, je ne voulais pas qu'il se donne en spectacle et croyez-moi, vous n'avez pas envie de voir Sébastien en colère. Le regard brun de Sébastien se posa sur moi et je sentis peu à peu la tension quitter ses épaules musclées.
- Que s'est-il passé? répétai-je.
- Je voulais qu'on aille se lancer quelque balle au terrain dans le parc, nous y sommes allés et il y avait un camion de crème glacée. J'ai spécifié au vendeur qu'il ne devait avoir eu aucun contact avec des noix. J'ai vu la peau d'Allan devenir bleue rapidement après la première bouchée et il n'arrivait plus à respirer. J'ai de suite posé l'injection contre sa jambe et je suis venu aussitôt. Pourquoi n'as-tu pas répondu à mes appels?
- J'étais occupé avec des fournisseurs à Damien, mentis-je en me laissant tomber contre une chaise près de la porte où se trouvait Allan.
Un accident, c'était simplement un accident.
Puis peu à peu, les autres commencèrent à venir nous rejoindre. Taylor et Sawyer se postèrent au bout du corridor ne se faisans remarquer que si s'était nécessaire. Damien et Rachel arrivèrent peu de temps après moi et Christian et celui-ci prit place dans une chaise face à moi.
Nous attendîmes près d'une heure dans le silence complet. Damien avait dû quitter souhaitant retourner auprès de Nikki comme celle-ci ne se sentait pas très bien. Il me fit promettre de lui téléphoner dès les premières nouvelles. Rachel fut raccompagnée par Sawyer, lorsque Stanley finit par nous rejoindre. Est-ce que Christian voyageait toujours avec son équipe complète? Christian se comporta de manière très gentille en lui proposant de la faire reconduire chez elle, en voyant qu'elle ne faisait que se ronger les doigts.
Trop tôt à mon goût nous nous retrouvâmes tous les trois seuls. Après ce trop-plein d'émotion, je me remémorais les yeux verts mélangés aux journalistes. Je ne crois pas que Christian l'ait remarqué, ou du moins s'il l'avait remarqué, il n'en faisait pas tout un plat. Il n'avait dit aucun mot depuis notre arrivée commune, il avait posé ses coudes contre ces genoux et posé son menton contre ces poings. Son regard n'était pas rivé sur moi, il me traversait. Il semblait absent. Je vous entends déjà me dire, Christian Grey? Absent? Impossible! Et bien je vous répondrai que c'est bien le cas du moment.
La main de Sébastien se posa sur ma cuisse et pressa mon genou. Ce toucher était si différent, beaucoup moins doux que le toucher que j'avais eu plus tôt. La main de Sébastien était ferme et moite, je pouvais même déceler un léger tremblement.
- Tu dois être épuisé, Sébastien, tu peux rentrer, lui dis-je doucement sans poser mon regard sur le concerné.
Il ne s'était pas couché, du moins, pas encore. Il passait énormément de temps hors de la maison. Il avait été le vaillant pour le quart de nuit et à ce dont il m'avait informé un peu plus tôt dans la journée, il avait dû rester pour régler plusieurs choses. Il avait ensuite pris le relais pour garder Allan et maintenant il était ici avec nous.
- Je vais bien ma chérie, je t'assure. Tenta-t-il de me convaincre.
Christian se redressa et se dirigea soudainement vers le comptoir du département médical. Je ne voulais pas que ce soit lui qui s'éloigne. Je voulais que la main de Sébastien quitte ma jambe, qu'il quitte ce couloir devenu beaucoup trop étroit pour les trois personnes que nous étions. Je voulais que ce soit la main de Christian posé contre moi, pour me réconforter de savoir notre enfant dans un état critique. Je voulais hurler à Sébastien de partir, mais je ne le fis pas. Je ne voulais pas créer de mal entendu.
- Tu n'as pas beaucoup d'heures de sommeil, le contredis-je.
- Je vais bien mon cœur, je t'assure.
Ce soudain besoin de dire des mots doux me mit mal à l'aise. Sébastien n'avait pas cette habitude. Et je dois vous l'avouer, je détestais cela moi aussi.
Je me tournai vers Christian pour créer une barrière psychologique entre moi et Sébastien, je n'avais réellement pas le cœur de créer une bataille entre moi et Sébastien. Christian était accoté au comptoir discutant certainement avec une infirmière. Son veston était ouvert tombant sur ces hanches, sa chemise avait un pan légèrement sorti lui donnant un aspect extrêmement sexy. Comme si j'avais voulu lui sortir la chemise de ces pantalons pour le dévêtir complètement et gâter mes yeux de son corps de dieu. J'aurais voulu le faire, j'aurais voulu que cela soit la simple vérité. M'abandonner dans ces bras au lieu d'être ici. Et si cet incident ne s'était jamais produit, est-ce que cela se serait produit?
- Je vais aller voir si Allan va bientôt sortir de la salle, dis-je simplement en me redressant.
- Je vais y aller, s'enquit Sébastien en se redressant également.
- Non!
Ma voix était forte et ferme, beaucoup plus que ce que cela aurait dû être. Le regard de Sébastien m'informa que je n'aurais pas dû. Ces yeux bruns s'emplirent d'un noir colérique et il expira fermement de son nez. Ces poings se fermèrent fortement créant une blancheur extrême contre ces jointures.
- Je veux dire… Ça ira, Sébastien, je suis simplement inquiète pour mon fils.
- Tu souhaites simplement retourner auprès de lui, grimaça-t-il en pointant Christian d'un doigt.
- Il est le père d'Allan.
- Je trouve drôle qu'en l'espace de deux semaines, il détienne soudainement ce titre. Se moqua-t-il. Je connais beaucoup mieux Allan que lui.
- Allan ne t'apprécie pas Sébastien, il te tolère pour moi.
Je regrettai aussitôt mes mots, pourquoi étais-je donc si stupide. Sébastien se redressa de tout son être et attrapa fermement mon poignet. C'était la deuxième fois en l'espace d'une heure qu'une personne attrapait mon poignet créant ainsi une douleur. Je me plaignis :
- Sébastien, tu me fais mal.
- Ce ne sera pas la première fois qu'un homme te fait mal, tu es censé aimer cela.
L'impact de ces mots me vint droit au cœur, je ne crois pas qu'il réalise ce que ces mots disaient. Christian m'avait menotté, il m'avait fouetté, fessé et j'en passe. J'avais pratiquement aimé le moindre de ces gestes. Mes yeux s'ouvrirent grandement au son de ces mots. Non, il ne pouvait être au courant. Je ne l'avais dit à personne! Sauf à Damien puisqu'il l'avait deviné.
- Anastasia? La voix de Christian s'éleva derrière moi. Tout va bien?
- Oui, tout va bien, m'empressai-je de répondre en lançant un regard ferme à Sébastien.
- L'infirmière souhaite te parler, m'informa-t-il.
Je fis un geste pour me retourner, mais la main de Sébastien me tenait toujours en place. Ces doigts s'imprégnèrent de plus en plus dans ma peau, j'allais certainement finir avec des ecchymoses. Mon cœur se remis à battre, non Christian ne pouvait voir ça! J'étais en choc et ce n'était certainement pas le moment pour régler tous nos problèmes.
- Tu vas devoir choisir, Anastasia, tu le reconnais, m'indiqua-t-il avec du venin dans la voix.
- Je n'ai absolument aucun choix à faire entre toi et mon fils, Sébastien.
- Je ne parle pas entre moi et Allan… Mais entre moi et Grey.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Je vous ai vu arriver. Tu avais les joues rougies, les lèvres enflées, les pupilles dilatées et tu te mordillais la lèvre. Tu as ce genre de geste lorsque nous sommes intimes avec toi.
- C'est n'importe quoi, marmonnai-je tentant d'être convaincante, puisqu'après tout, il avait raison.
- T'es qu'une trainée que les hommes aiment mettre dans leur lit.
Et c'est à cet instant que je crois que la colère de chacun l'emporta. Mon esprit eu du mal à enregistré cette information, venait-il réellement de me traiter de trainée, devant l'homme qui avait le titre d'époux? Je ne peux vous dire ce qui s'est réellement déroulé dans ces quelques secondes. La main ferme de Sébastien s'était abattu contre ma joue et le simple temps de poser ma main contre celle-ci, il s'était retrouvé au sol par un Christian en colère. Le temps était en suspense, je m'étais senti tiré par l'arrière par des mains fermes et le visage stupéfait de Sawyer était apparu devant mes yeux brouillés. Taylor avait fait un geste vers Christian et celui-ci avait répliqué. Tiens ils étaient revenus?
- Tu traites ma femme de trainée une seconde fois et je te promets que tu ne te réveilleras pas, le menaça Christian en secouant sa main douloureuse.
Le monde était comme en suspens, les infirmières autour de nous ne savaient pas si elles devaient nous venir en aide ou laisser cette dose de testostérone masculine dans le piton redescendre. Elles nous regardaient comme si nous étions le meilleur spectacle qu'elles n'avaient pas vu depuis longtemps. En bon homme de main, Taylor créa une barrière entre les deux hommes furieux. Je ne pouvais vous dire si s'était pour empêcher Christian de le frapper à nouveau ou pour bloquer l'homme qui été affalé au sol. Sébastien dégagea sa main de son nez en sang et cracha celui-ci sur le sol blanc immaculé du corridor de la pédiatrie. Il était décoiffé par cette attaque soudaine et je crois que même son cerveau ne l'avait pas encore assimilé. Christian ne sembla, pas le moins du monde, affecter par la douleur qui devait tirailler son poing. Plus les secondes avançaient, plus ma douleur s'intensifiait, me faisant gémir. Sawyer sortit un linge de son veston qu'il enduit d'eau de sa bouteille et il la pressa contre ma joue. Mon cœur tambourinait contre ma poitrine et une boule se forma au fond de ma gorge. Il ne m'avait vraiment pas manqué. Ma joue me lançait jusqu'à mon temps et le dessous de mon œil battait au rythme de mon cœur. Ce qui veut dire, à la vitesse mille. Je ne comprenais pas cette soudaine colère, mon aventure sur le bateau avait été gardée secrète et ce n'était pas réellement une aventure. Les messages que j'échangeais avec Christian étaient demeurés d'ordre professionnel. Et comment avait-il pu déceler ce baiser sur le toit de cet immeuble? Étais-je donc si simple à déchiffrer? Il ne suffisait que d'une fois, de nous voir arriver ensemble pour croire à la tromperie?
- Parents d'Allan Grey, entendis-je d'une voix derrière nous.
L'image que nous devions projeter ne devait pas être très joyeuse. Je devais être rouge de honte d'avoir reçue une telle frappe contre mon visage, Christian se tenait droit entre moi et Sébastien, tel un preux garde du corps et Sébastien était encore au sol laissant tomber les gouttes de sang qui tombait de son nez. Taylor se pencha vers Sébastien pour le relever et lui prier de quitter avant que cela ne dégénérassent. Sawyer le suivit en amassant ce que l'homme avait laissé tomber.
Je fus soulagé de voir le docteur Raynalds, le médecin qui s'était occupé la première fois du cas d'Allan. Le petit homme, parce que oui, il était très petit, nous regardait derrière ces lunettes d'un œil sévère. Il se tenait debout derrière un Sébastien extrêmement gêné de cette fâcheuse position. Nous devions ressembler à une bande d'adolescents pris en faute. Le petit homme bedonnant aux cheveux blancs portait le sarrau blanc sur une chemise brune, le dossier d'Allan en main. J'éloignai le linge de mon œil et battais des cils pour essayer d'apercevoir les dégâts, s'était mission impossible pour le moment, mon corps battant sur les airs de l'adrénaline encore.
Je vis simplement Sébastien nous contourner avec Taylor et Sawyer de chaque côté et reprendre la fuite loin de nous, toujours la main sur son nez. Il ne devait pas avoir l'habitude d'être dans cette position, lui qui avait habituellement le rôle inverse, l'homme qui accompagnait. Christian devait lui avoir cassé le nez.
- Je vais demander à une infirmière de vous apporter une compresse pour votre main, monsieur Grey, et une pour votre joue, madame Steele, nous informa le docteur en s'installant sur une chaise de la salle d'attente en nous invitant à faire la même chose.
Nous nous installâmes côtes à côtes, la main rougie de Christian poser sur mon genou à la même place que celle de Sébastien, un peu plus tôt. Cette chaleur effaça le contraste entre la moiteur de celle de l'autre homme. Je crois que cette insulte l'avait grandement touché. Il était vrai que d'un côté, j'étais une trainée. Mais d'un autre, pas réellement, je ne couchais pas avec plusieurs hommes et il n'y avait encore jamais eu de relation complète avec Christian, à l'exception de celle avant notre séparation.
- Nous avons été chanceux qu'Allan détienne son choc d'anaphylactique sur lui lors de l'ingestion des noix. Cette injection sous-musculaire lui a sauvé la vie. Les symptômes normaux d'un choc anaphylactique sont pratiquement tous présents. L'allergie de votre fils est très importante, il est primordial que vous fassiez attention.
- Nous faisons attention, j'ignore pourquoi il y a eu cette faille docteur, lui dis-je.
- Allan est intubé et sous assistance respiratoire, comme la dernière fois, nous devrions retirer tout le matériel demain en matinée. Vous pourrez passer la nuit dans la chambre, nous vous ferons préparer le même lit d'appoint que la dernière fois.
- Merci docteur, le remercia Christian en imitant le même mouvement que le médecin alors que le petit homme se redressa.
Le petit homme accepta volontiers la main que lui tendait Christian, sa main non blessée, et répondit avec fermeté.
- Assurez-vous Anastasia que cet incident ne soit pas lié à celui dont je viens d'être confronté et que Sébastien n'utilise pas la santé de votre enfant pour vous faire passer un message, me dit-il en serrant ma main. Nous vous ferons entrer dans la chambre d'ici quelque minute le temps que les infirmières terminent avec Allan.
Lorsque nous pûmes enfin entrer dans la chambre d'hôpital, la même vision horrible me frappa. J'avais déjà vu Allan dans cette position, mais mon pauvre cœur de mère se comprima à cette vue. Mon fils pourtant toujours si coloré avait le teint livide et blanc, presque translucide. De petits cernes violacés s'étaient colorés sous ces paupières et ces lèvres étaient absentes de couleur. Un tube de respiration était appliqué à ces lèvres et disparaissait dans sa bouche, je savais que ce tube descendait dans sa gorge, mais le simple fait d'y penser me donna un haut-le-cœur. C'était certainement la même sensation de brulure que j'avais ressentie au début de la soirée, dans la voiture. Allan ne faisait aucun mouvement, il était maintenu dans une position sur le dos, la tête bien reposée sur des oreillers entourés de diverses machines qui s'occupaient de sa respiration et nous annonçaient son battement cardiaque. Je m'approchai de lui et fis le même geste que je lui avais fait la première fois. Je l'embrassai sur la tête et lui caressai les cheveux. Il n'y avait simplement rien à ajouter, le temps allait nous dire le moment opportun. Je tirais la chaise qui était près de son lit, m'installai dessus ne faisant pas la moindre attention à la robe haute couture que je portais toujours, pris la main froide de mon fils dans la mienne et posai ma tête contre le lit. Je me moquais de savoir ce que faisais Christian pour le moment, il pouvait bien remuer ciel et terre pour essayer d'écraser Sébastien, moi je voulais seulement voir mon fils ouvrir les yeux, mais je devais me faire à l'idée, les médecins n'allaient pas le faire ce soir. Les larmes me menaçaient de tomber, je ne devais pas flancher, pas devant Christian du moins.
Je sursautais en sentant les mains de Christian se poser sur mes épaules, une ayant une plus forte prestance que l'autre. Sa main devait lui faire mal, mais il ne le démontra pas une seconde. Il se pencha pour caresser la joue de notre fils du revers de la main. Je le regardais surprise de ce petit geste délicat envers notre fils. Il fit la même chose avec ma joue meurtrie.
- Il faut que j'aille passer un coup de fil à mes parents, ma mère va faire exploser ma boîte vocale. Je peux vous laisser seuls quelques minutes?
Je hochai doucement la tête, il m'offrit un petit sourire et reposa son regard sur Allan quelques instants. Je ne sais pas ce à quoi il pensait pour le moment. Était-il aussi atteint que je l'étais? Non, impossible, il ne connaissait pas assez Allan pour avoir le même sentiment que j'avais. Il sortit de la petite chambre de l'aile et me laissa à cette ambiance peu réconfortante. La chambre était un espace complètement stérile ou on ne pouvait entendre que les bruits des machines qui étaient présentes pour le bien de mon fils. Allan semblait si impuissant sous ces draps verdâtres, une perfusion était branchée à son bras lui donnant les doses nécessaires pour lui. Je dois vous dire que c'est cet enfant qui avait su me garder en vie après ma séparation, je l'avais fait pour lui. Je faisais toujours tout pour lui. Pourquoi ressentons-nous toujours le besoin d'être plus sentimental lorsqu'un être cher est dans un état semblable? Je me souviens lorsque mon père avait été hospitalisé lors de son attaque, j'avais ressenti le besoin de clamer mon amour pour lui. En cet instant, je voudrais tout donner pour être sur ce lit à la place de mon fils.
Pour me changer les idées et ne pas pleurer? Penser à ces choses qui m'avaient rendue heureuse? Oui peut-être que c'était ça l'idée. Un sentiment en moi m'obligea à me reconcentrer sur tout ce que j'avais caché à mon fils. Et j'étais encore loin d'être capable de tout lui raconter. Le sentiment d'amour que j'avais ressenti pour son père, notre mariage, tout ce que nous avions bâti ensemble, avant que je n'aie peur, peur pour lui. Mon cœur se serra à l'idée d'avoir ignoré Grace et ne pas avoir réussi à lui parler. J'aurais dû le faire.
Je relevai finalement la tête lorsque je sentis quelque tension dans mon cou, j'ignorais depuis combien de temps j'étais dans cette position. Christian était assis dans la chaise à côté de la banquette qui nous servait de petit, très petit, lit d'appoint pour la nuit. Un sac était posé à ces pieds, il était silencieux, le regard poser sur nous. J'ignorais depuis combien de temps il était présent.
- Ma mère est passée chez toi pour te récupérer quelque chose pour te changer, dit-il avec le regard doux. Sébastien n'était pas présent.
Il portait toujours ce smoking noir, cependant, il avait retiré sa cravate qui reposait sur l'appui-tête de la berceuse et deux boutons de chemise étaient détachés, signe qu'il avait pris ces aises depuis un moment. Il avait le regard livide, signe qu'il avait aussi mal d'être présent dans cette chambre que moi.
Je me redressai et regardai dans le sac que Grace avait apporté. Un jean était plié parfaitement et un t-shirt blanc était posé dessus. Un ensemble parfait lorsque nous devions passer la nuit dans un hôpital. Je remarquai, aussi, plus loin dans le sac un ensemble pour Christian. Une vraie maman pour prendre soin de son fils, je ferais certainement la même chose lorsqu'Allan aura l'âge de Christian. Un t-shirt bleu royal et un jean noir constituaient l'ensemble de Christian choisi par sa mère, elle avait dû prendre soin de commander Taylor à la recherche d'un habit le temps qu'elle passait chez moi. Puis couché au fond du sac, la figurine de Batman qu'ils avaient offert à Allan il y a deux semaines, soit la première journée du retour officiel de Christian. Je passai la première dans la petite salle de bain de la chambre d'hôpital et Christian passa le second. Le sentiment de satisfaction en retirant cette robe, bien que magnifique, pour passer quelque chose de beaucoup plus confortable. Je m'étais installé sur la petite banquette, avec le plaid entouré sur mes bras et Christian avait repris la même place qu'il occupait depuis que nous étions rentrés dans cette chambre. La petite figurine de Batman avait rejoint le lit de son propriétaire dans l'attente de son réveil.
- Je ne t'ai vue qu'une seule fois comme ça, c'était lors de l'hospitalisation de Ray, me confia Christian au bout d'un moment.
- C'est un sentiment beaucoup plus douloureux que ce moment.
- J'aimerais pouvoir prendre sa place, m'avoua-t-il au bout d'un léger moment.
Oh, mon cinquante nuance, un homme sentimental et merveilleux à la fois.
- Je crois que nous ressentons tous ce besoin vital de prendre la place d'un être qui nous est cher, dis-je simplement.
- Est-ce que tu avais ressenti la même chose la première fois que c'est arrivé?
- Non c'est un peu différent, avouai-je. Je ressens également cette peine et cette tristesse que tu dois ressentir présentement, mais j'ai moins de cette inquiétude et cette impuissance de ne pas connaître la suite, puisque je le connais.
Son regard était posé sur moi comme s'il souhaitait en connaître davantage, il buvait mes paroles dès qu'elles sortaient de mes lèvres. Nous savoir ici, ensemble m'encourageait sur le fond de ces pensées face à notre fils, peut-être est-il réellement prêt? Son regard qui s'était éteint d'étincelle en entendant Rachel nous informer de l'hospitalisation, tout ceci était dont réel?
- Comment te sens-tu?
- J'ai un mal de tête tenace, rien qui ne me dérange réellement, constatai-je. Et toi, ta main?
- Je vais bien, Ana.
Ce petit surnom fit un bon dans ma poitrine, j'aimais l'entendre m'appeler ainsi, j'avais l'impression d'être face à mon époux et non à l'homme qui nous avait laissés. Mon regard dévia vers sa main droite qui semblait contrainte à quelque mouvement. Ces jointures étaient rougies et sa main repliée sur elle-même. Je me levai et pris la compresse que les infirmières nous avaient apportée. Je pris soin de la passer sous l'eau froide, pratiquement glaciale et revint vers l'homme qui n'avait absolument pas bougé. En m'installant à nouveau sur la banquette, j'attirai sa main sur mes cuisses et appliquai la compresse sur les rougeurs. Je sentis à peine le léger mouvement de douleur qu'il fit. Sa main était douce et ferme à la fois, comme elle l'avait toujours été.
- Une vraie maman, me taquina-t-il doucement.
- Et un vrai enfant, répliquai-je à sa remarque.
- Je suis désolé si je vous ai causé du tort à toi et Sébastien.
- Il va finir par se calmer et voir le côté réel de cette relation.
- J'aimerais pouvoir te prouver que j'ai changé Anastasia et que nous avons une réelle relation.
- Tu n'as pas besoin de me prouver le changement Christian, je le vois.
- Je sais que tu doutes des raisons de mon retour.
- Je crois que nous en doutons tous.
- J'ai tout laissé derrière moi pour notre fils, et je travaille sur mon côté contrôlant.
Je pressai doucement son poignet pour lui accorder ces dires et pour ne pas l'énerver. Je me doutais que cette conversation viendrait entre nous, mais je ne crois pas être prête à lui accorder ce que j'étais sur le point d'entendre.
- Tu m'as demandé de travailler sur moi et de savoir ce que mes sentiments voulaient. Je me souviens de ton regard meurtri à l'idée que je te demande d'avorter. Ta voix tremblait et tu m'as alors dit : Je veux simplement que tu travailles sur toi-même. Sans moi et sans personne. Apprends tes propres sentiments et apprends la place que tu es prêt à accorder à moi et à un enfant, parce que nous sommes à cette étape Christian. Que tu le veilles ou non, je suis enceinte et c'est ton enfant que je porte. J'ai travaillé sur moi-même, et je le fais chaque jour depuis que j'ai réalisé ce que je voulais plus que tout au monde. Je connais mes sentiments, envers toi et envers Allan, et je connais également la place que je suis prêt à vous accorder.
- Je me suis formé une vie, Christian, je ne sais pas si je suis prête à tout abandonner pour revenir à l'ancienne.
- Je ne te demande pas d'abandonner ta vie Anastasia, je te demande simplement de croire en ce que je te dis. Tu as dit que si j'arrivais à enlever cette peur de ta tête tu serais prête à m'écouter. Je ne suis plus celui que tu crains… Il devrait être celui que tu crains.
- Est-ce vrai qu'il n'y a plus de domination-soumission? demandai-je ne voulant pas approfondir ce qui venait de se passer avec Sébastien.
Un petit sourire se forma sur ces lèvres et il me répondit :
- Il n'y a plus de chambre de la douleur et plus de soumises qui entre dans ma vie. Mais je ne peux te promettre que je n'aime plus faire souffrir une femme pour son plaisir et le mien.
Je hochai simplement la tête et remerciai dieu que notre fils soit inconscient en cet instant.
- Plus de salle de jeux?
Il secoua la tête.
- Non Anastasia, plus de salle de jeux.
- Plus de soumises?
Il secoua à nouveau la tête.
- Non plus.
- Qu'avez-vous fait de mon mari?
- L'homme que vous souhaitiez.
- Je ne voulais pas que tu changes pour moi, Christian, je voulais seulement que tu prennes conscience de tes sentiments. Je savais que tu m'aimais, bien que le dire ne te soit jamais venu en premier. Je n'ai jamais douté de tes sentiments, mais je crois que tu ne les connaissais même pas toi-même.
- J'apprécie ce que je suis devenu Ana, je me sens plus serin vis-à-vis tout ce qui m'entoure.
- Je suis heureuse d'abord que tu te sens mieux.
Et je dois vous avouer que j'étais sincère. Voir Christian ainsi, plus heureux en lui réveillait en moi un sentiment merveilleux. Quelque chose que je ne pouvais vous décrire, disons que s'était aussi bon que de sentir ces lèvres sur les miennes.
- J'ai reçu les nouvelles de l'équipe technique concernant le courriel que tu as reçu, dit-il en changeant de sujet complètement. Ils m'ont dit que le courriel avait été programmé pour qu'il te soit envoyé dès que tu ouvrirais ta boîte de réception.
- Je ne comprends pas, ils n'ont trouvé personne?
Il secoua la tête avant de poursuivre :
- Le plus étrange, c'est que ce courriel a été créé depuis ton réseau. Un voisin de quelques rues pourrait te l'avoir envoyé ou une personne à ton domicile, également.
- Je ne crois pas que Sébastien aurait pu faire une chose pareille, de toute façon, il travaillait lors de cette journée. Il travaille toujours.
- Je dois rentrer à Seattle demain, j'aimerais que vous veniez avec moi.
- Je ne crois pas que cela soit une bonne idée, Christian.
- Seulement pour me rassurer et pour te permettre de réfléchir à ce qui s'est passé ce soir. Je crois que toi et Sébastien avez besoin de temps.
- Est-ce toi, l'homme hors de relation amoureuse, qui me donne des conseils sur ma relation?
Il leva les mains vers moi, faisant tomber la compresse que je tenais contre sa main, en signe d'abandon. Je pouvais comprendre sa crainte, elle était fondée et le geste de Sébastien aujourd'hui ne m'aidait pas à le mettre du bon côté des choses. Une partie de moi, celle de la jeune femme qui s'était fait frappé voulait tout abandonner et retrouver l'étreinte de Christian et mon fils réveillé et la seconde partie de moi voudrait comprendre les gestes de Sébastien. Allais-je finalement accepter la proposition de Christian? Retourner dans cette vie, celle que je voulais avant tout échapper. Le regard de Christian me confronta à cette idée, c'était le même regard que lorsqu'il m'avait embrassé. C'était avec ce regard que je voulais avancer, mais j'étais bloqué et il avait raison. Sébastien avait raison. C'était lui ou Christian…
