Ce matin, dans la fraîcheur de la rosée, Une poupée, dans l'herbe du parc est allongée. Belle Princesse au teint blanc. Elle dort ici depuis quand?

Cette enfant de roi porte une petite robe à rayures, sur laquelle on peut voir des déchirures. Je m'approches d'elle doucement, de peur de réveiller cette belle au bois dormant.

Mais cette princesse là ne se réveilleras pas, ce sont des taches de sang que je vois là-bas... J'approche, je ne veux pas croire ce que je vois, quelqu'un t'as trouvée bien avant moi.

Pauvre princesse, tu sembles si paisible et moi qui suis là, qui ne bouge pas, je suis si risible. Mais... se sont des bleus que tu as sur tous les corps!

OH mon dieu... je réalise que tu as été battue à mort.

Pauvre petite fée, voilà qui je pleures pour toi, mais je ne m'attendais pas à te voir en partant de chez moi. je tombes à genoux, te sers dans mes bras pour que tu ne sois plus seule.

Jolie princesse aux cheveux d'or...

petite princesse inconnue

Sois heureuse dans cette contrée lointaine où tu es maintenant perdue...


- Ôtez votre jupe, Mademoiselle Steele.

Instinctivement, j'obéis à ces ordres baissant la tête auparavant pour lui cacher le mince sourire qui se dessinait sur mes lèvres. Je fis glisser la jupe crayon noir sur mes hanches et elle finit son chemin sur le sol à mes pieds. Je l'enjambais affichant mon corps à demi nu devant lui. Mes pieds étaient toujours chaussé de mes escarpins argentés, Christian n'avait rien dit à propos de les retirer et je savais qu'il aimait particulièrement cette couleur sur ma peau de lait.

- Le haut, maintenant.

Je m'exécute et lance le vêtement dans le coin de la pièce sombre. Nous étions dans une chambre noire, tout était noir, je ne voyais rien autour de nous, seulement un lit à monture blanc cassant. Un lit, un seul lit meublait cette pièce sombre et sa voix, mais celle-ci je pouvais me contenter de l'entendre.

Je perçois le souffle lent et régulier de Christian, qui resta immobile. Je ne l'entendais pas se déplacer dans la pièce. L'air se comprima autour de nous, j'avais subitement très, très chaud.

- Débarrassez-vous de vos chaussures, et ensuite écartez les jambes.

Je m'exécute à nouveau et je pouvais dire que j'y étais, les pieds nus et les jambes écartées, attendant le doux supplice qui allait certainement suivre. J'entendis des pas, un pied nu se posant sur le sol et le bruit se rapprocher.

Je l'aperçus finalement. Il était torse nu, un abdomen parfaitement dessiné sous les nombreuses heures d'exercice à son actif accentuait cette parfaite descente au bord de son jeans. Un V creusé et terriblement tentant à mes caresses. Avec un simple pincement à ces lèvres, Christian s'approcha lentement de moi et m'inspecta sous toutes les coutures, comme s'il venait de s'offrir le plus beau des tableaux et qu'il vérifiait que celui-ci n'était pas brisé. Ou tout simplement comme un homme qui venait de se payer une esclave sexuelle et j'étais cette esclave, malgré ce terme peu romantique et peu désirant, cela m'excitait, j'aimais ces yeux posés ainsi sur moi. Il termina son chemin derrière moi et il glissa sa main devant moi. Il créa un parcours de décharge électrique sur mon ventre et il empoigna mon entrejambe complètement. Je sursautai, surprise par son audace de dominant. Ces doigts habiles vinrent chatouiller mon clitoris, et ma chair frémit dans sa paume. Je me liquéfiais dans ces bras, les yeux fermés, gémissant à sa moindre caresse.

- Vous en souhaitez encore? Me demanda-t-il en caressant mon sexe de son index.

- Oui…

Ma réponse avait tout d'un feulement étranglé d'un chaton complètement en manque. Puis lentement, sa main se retira et Christian vint se placer devant moi.

- Allez vous étendre sur le lit et allongez-vous. Ne vous touchez surtout pas, me chuchota-t-il à l'oreille. Promettez-le-moi, Mademoiselle Steele.

- Oui.

Il me jeta un regard sévère, sourcils levés. J'aurais voulu exaucer ces moindres ordres pour le moment, je suivais, je voulais simplement que ces mains retournent sur mon corps.

- Je veux dire… oui, Monsieur, me corrigeai-je rapidement.

J'aimerais bien savoir combien de temps je vais devoir l'attendre, mais je ne me risquai pas à le lui demander. Je tournai les talons et me dirigeai vers le lit à monture blanche. Les draps en satins très minces effleurèrent ma peau lorsque je m'étendis et l'attente put enfin débuter. Je guettai avec impatience croissante l'entrée et la venue de Christian.

Le désir, le manque, cette attente idiote… Pourquoi attendais-je un homme dans une pièce complètement noire? Je considérais pour le moment comme une femelle en rut et je vais craquer, si cela continuait.

Mes seins, mon clitoris étaient devenus ultrasensibles. Si un simple courant d'air, j'allais jouir, je le sentais. Je sentais l'obligation de me masturber, sinon c'était le hurlement assuré… Mais Christian me l'interdisait. Je gardais les bras et les jambes écartées pour ne pas céder à la tentation. L'effleurement du satin frais contre ma peau bouillante augmenta le supplice de cette torture.

Et cette position ne me soulagea guère, au contraire. Elle ne faisait que m'exciter davantage, c'est ainsi que j'aimais m'offrir à Christian. Mes seins étaient lourds et le mal s'intensifiait. J'avais besoin de ses caresses, de ses coups de langue.

- J'adore vous regarder.

Sa voix s'éleva du pied du lit. Mon corps de détendit à l'entente de sa voix. Elle était si douce et si ferme à la fois, mais je ne me sentais aucunement dérouté par ce changement entre la stricte et la douceur.

- Je préfère lorsque vous me touchez, lâchai-je pour le narguer.

- Vous n'avez encore rien vu, ma chérie

Je posai mon regard sur l'homme qui se tenait debout au pied du lit. Il se pencha et saisit une mallette qui était posée au pied du lit. Tiens, je ne l'avais pas vue elle. Elle était complètement métallique, elle devait être fraiche sous ces paumes chaudes. Mon rythme cardiaque s'affola. Il la posa contre le bord du lit et l'ouvrit révélant son contenu. Il prit peu de temps avant d'en sortir un objet, je le reconnus aussi tôt. Plusieurs lanières en cuir brun fixées à un manche tressé noir.

- Ça s'appelle…

- Un chat à neuf queues, terminai-je à sa place me souvenant de cet objet.

- Bien mademoiselle Steele... C'est très bien.

Je l'avais aperçu pendu aux murs de la chambre rouge. Je me mordille la lèvre. Le peu de raison qu'il me reste frémit à cette vue, mais ma petite déesse ronronnait de plaisir. Un petit sourire viril se forma à ces lèvres, la tension habita ces épaules en reposant ces yeux sur mon corps nu étendu dans ces draps frais.

Il passa les doigts entre les fines lanières du fouet et le plaça à côté de moi. Penché vers mes hanches, il m'empoigna sans ménagement. Je me cambre, espérant qu'il va y enfoncer ses doigts, et je le supplie en silence : j'en voulais plus, beaucoup plus.

- Fermez les yeux et ne les rouvrez pas. Vous y arriverez? Sinon, je vous les bande…

Sa dernière phrase termina en suspens, l'idée de me voir bandé seulement à sa merci l'émerveillait. Je le savais.

- Non, je ne les ouvrirai pas.

- Vous me le jurez?

- Oui, monsieur, dis-je sans hésitation.

Je m'exécutai fermant les paupières. Le noir envahit complètement mon esprit, j'étais peut-être privé de ce sens, mais mon ouïe s'intensifia. Je le sentis se déplacer et s'approcher de moi. Il me demanda d'une voix douce, mais ferme de soulever les hanches et il me glissa un coussin sous les fesses. Je ne me sentais pas plus élevée, mais sentir mon bassin poussé vers lui à sa merci envoya une décharge dans mon corps.

- Vous êtes si belle, chuchota-t-il plus pour lui que pour moi. Les jambes bien écartées. Il tapota mes genoux les écartant de plus en plus. Ce corps n'attend plus que moi.

Il m'effleura tout doucement, sous le nombril. Secoué par un spasme, brulante de désir, je me cambrai aussitôt. Par la suite, ce fut au tour du chat à neuf queues d'effleurer mes seins et mon ventre. C'était une douce sensation, le cuir se colla à ma peau moite. Christian le fit descendre et remonter quelquefois sur mon corps et, soudainement, il le fit claquer lourdement contre ma poitrine.

Une légère morsure, suivie d'une douce et pénétrante chaleur qui se creusa dans le bas de mon ventre. Un délicieux mélange de plaisir et de douleur. Une lourde sensation plaisante.

- Si c'était réel, je vous baiserais jusqu'au moment où vous me supplierez d'arrêter.

- Si s'était réel… répétai-je surprise en ouvrant les yeux.

- Non! s'écrie-t-il en lâchant une deuxième fois la lourdeur du fouet contre mon corps.

Cette fois-ci la douleur ne laissa aucune trace de plaisir. Une douleur cuisante s'alignant de mon ventre jusqu'à mon cou, puis ma joue et ma tête. Je laissai place à un cri, mais non celui dont j'aurai aimé qu'il sorte de mes lèvres, mais un hurlement. Un hurlement d'impuissance et de douleur. Et je décidai d'ouvrir les yeux pour de bon!

J'ouvris les yeux sur une éblouissante salle. Mon cœur battait, ma respiration était rapide et profonde et les évènements de la veille me revinrent à l'esprit. Le baiser de Christian, l'homme au travers des journalistes, l'hospitalisation d'Allan et le coup de Sébastien. Les bruits des machines se glissèrent jusqu'à mes oreilles, l'odeur d'antiseptique jusqu'à mon nez et l'engourdissement dans ma gorge.

Christian était penché près de moi la main contre ma joue non meurtrit. Ces yeux remplis d'inquiétude suite au sommeil agité dont il venait de me sortir. Une petite ridule formée au creux de ces sourcils. Je plissai des yeux et la frappe de Sébastien se refit ressentir jusqu'à mon âme, la blessure était autant physique que mental et je ne pouvais l'empêcher ou l'amoindrir. Je me redressai avec peine lorsque Christian s'effaça de mon champ de vision.

Mes yeux se posèrent sur mon fils toujours inerte dans ce lit livide d'hôpital. Sa peau avait pris un peu de couleur, se tirant vers le rosé inerte. Ces douces lèvres étaient maintenant closes sans abriter l'énorme tube respiratoire. Les cernes violacés étaient bien en place profitant du sommeil non réparateur de mon fils pour envahir son visage d'enfant innocent.

« Assurez-vous Anastasia que cet incident ne soit pas lié à celui dont je viens d'être confronté et que Sébastien n'utilise pas la santé de votre enfant pour vous faire passer un message »

« J'ai spécifié au vendeur qu'il ne devait avoir eu aucun contact avec des noix. J'ai vu la peau d'Allan devenir bleue rapidement après la première bouchée et il n'arrivait plus à respirer »

Les paroles de ces deux hommes hantaient mon esprit, je ne pouvais imaginer que Sébastien puisse utiliser la vie de mon fils comme moyen de pression contre moi, lui qui disait que s'était un simple accident, un accident certes, mais je me retrouvais dans cette chambre d'hôpital, Allan inerte et un Christian en colère contre l'homme qui m'a frappé et qui dis m'aimer. Une partie de moi croyait fermement à l'accident, après tout, des noix il y en a partout ou presque.

- Comment te sens-tu? demanda-t-il en tournant mon visage de sa main libre vers lui.

La question de Christian et son geste me surprit et me sortit de ma torpeur. Même si nous n'étions plus ensemble, il pouvait être si doux et si… inquiet? Oui, je crois que l'inquiétude était le bon terme pour illustrer son attitude envers moi pour le moment. Je haussai les yeux vers le ciel prenant soin d'étudier mon état. Autre que le spasme qui m'avait traversé, j'avais réussi à faire outre de ma douleur, mais plus j'y pensais, plus ma joue m'élançait. Une sorte de poids constant s'étirant de la paupière interne jusqu'à ma tempe. Je glissai mes doigts contre ma peau et je pus sentir une enflure peu prononcée.

- Ça ira, le rassurai-je.

Il m'aida à me redresser de la petite banquette qui m'avait servi de petit lit de camp depuis et mon cœur tomba dans ma tête, des pulsations rythmiques m'étourdissant davantage. Christian me tendit un café ainsi que deux comprimés pour le mal de tête. Je le remerciai rapidement et me dirigeai vers la petite toilette qui était jointe à la chambre. Le rouge aux joues me rappelant du rêve dont il m'avait sorti.

Peut-être que Sébastien avait raison sur mon attitude, à deux reprises j'avais embrassé Christian et l'avait souhaité, à lui seul il avait le pouvoir de faire de moi ce qu'il souhaitait le loisir de jouer le pantin avec ma personne, mais à aucun moment il ne m'avait forcé. Était-ce si apparent de ma part? Cette attirance envers mon mari qui deviendra l'ex prochainement? Pourquoi détenait-il une si grande charge du monde à la simple parcelle de sa main? Cette main qui m'avait effleurée dans le passé et qui revenait me hanter dans mes rêves les plus érotiques.

Si c'était réel…

Bon sang que j'aurais aimé que cela le soit.

Un petit sac en carton posé contre le robinet attira mon attention, l'écriture noire se détailla. Je me penchai sur le contenu et fus soulagé de retrouver ces petits détails dans le fond du sac. Il y avait un petit contenant de fond de teint, une petite poudre fixative, un cache cerne et même une petite crème pour apaiser la rougeur de ma joue. Cette douce attention comprima mon cœur d'une belle façon et je m'appliquai à faire diminuer l'effet de la frappe sur ma peau.

Je retournai dans la chambre rassurée, Allan ne me verra pas avec de la rougeur sur la joue. Sincèrement, j'étais soulagée que Christian ait pensé à ce petit détail. Bien qu'il fût subtil, c'était important pour moi. Je ne voulais pas inquiéter mon fils avec ce genre de petite chose et devoir tout lui dire. Pas encore, si vous voulez mon avis. Je ne savais pas moi-même où je me situais.

- Merci, remerciai-je Christian en le voyant retourné dans cette chaise. D'abord surpris par cette remarque et certainement un peu confus, je lui montrai le petit sac de la boutique de maquillage.

- C'est Sawyer qui a proposé d'aller te chercher ce qu'il te fallait, tu le remercieras.

- C'est une gentille attention de sa part.

- Il a simplement été prévoyant de la blessure et j'aurais dû prévoir cette frappe.

- Je ne l'ai pas prévu, non plus. Il m'a pris par surprise.

C'était sa remarque sur le fait que j'accepte qu'un homme me fasse du mal qui m'avait désarmé. Pour lui, cette phrase ne voulait certainement rien dire, mais pour moi, elle était le semblant de vie que j'avais tenu avec Christian. Bien qu'il n'y a jamais réellement eu de douleur malsaine entre nous, c'était une douleur physique pour approfondir la plus belle relation qui m'avait été offerte. Dans ces gestes était caché l'homme le plus meurtri que j'avais connue, mais qui était en même temps le plus fort. Pourtant, je ne me souviens pas d'avoir parlé de cet aspect de ma vie à Sébastien, peut-être que dans ces propos il avait rejoint sa personne à ces mots.

Une partie de moi, certes la plus grande, se demandait bien pourquoi l'homme qui avait toujours connu cette vie avait décidé d'y mettre un terme. Après tout, il avait partagé cet aspect avec moi et j'avais apprécié, pas tout, mais une grande partie de moi aimait cet homme dominant.

- Pourquoi avoir tiré un trait sur ta vie de dominant? Osai-je lui demander en m'asseyant en tailleur sur la banquette qui m'avait servi de repos pour quelque heure.

- Je ne crois pas que ce soit la place ni le moment d'en discuter, Anastasia.

- J'ai besoin de le savoir, j'ai besoin de savoir pourquoi tu as abandonné cet aspect de ta vie qui avait pris tant de place, je veux pouvoir comprendre le changement dont tu m'as parlé.

Il poussa un soupir de frustration en s'agrippant une mèche de cheveux. Un geste qui vint me chatouille les joues et certainement les colorés d'une douce couleur rosée. Il était assis sur le bout de la chaise berçante prêt à se lever d'un moment à l'autre, luttant de l'intérieur, mais il ne le fit pas. C'est finalement le regard posé sur Allan qu'il s'attarda sur le sujet.

- Elle a quitté ma vie peu de temps après que tu ne l'as fait. Je n'ai toujours connu que ce seul monde à l'exception de toi. Tu m'as ouvert les yeux sur ce qu'est une vraie relation. Je ne voulais personne d'autre que toi pendu à ces chaines, c'est égoïste de ma part.. Ricana-t-il, tellement égoïste que j'en ai saccagé la pièce.

Il parlait de cet aspect comme si celle-ci était une personne pour lui, comme si cette chambre était une femme, que ces murs étaient ces cheveux, ces objets comme s'ils étaient ces atouts, une perfection que je ne connais pas. Je ne pouvais réellement vous décrire le sentiment qui se glissait en moi lors de ces paroles, je dois même l'avouer être légèrement déçue.

- Saccagé? Il n'en reste plus rien?

- Je suis devenu complètement fou après ton départ, j'ai tout détruit ce qui me rappelait la douleur que je t'ai infligée. C'est cette pièce qui est derrière tout cela.

- Je ne suis pas partie à cause de cette pièce Christian, je n'y avais pas remis le pied depuis tu sais quoi.

- Justement, Ana. À chaque fois, je t'ai perdu à cause d'elle. Et je ne souhaite pas le perdre lui à cause d'elle…

Christian laissa sa phrase en suspens lorsque nous entendîmes un mouvement derrière la porte. Celle-ci s'entrouvrit et laissa le petit visage blême et fatigué du docteur. Cette discussion était officiellement terminée, jusqu'à ce que je décide de la poursuivre. Christian n'aborderait certainement pas le sujet de lui-même.

Le docteur Raynalds avait troqué son sarrau blanc contre une chemise à carreaux bleu et blanche sur un pantalon noir.

- Vous auriez dû rentrer docteur Raynald.

Il entra dans la petite pièce suivie d'une infirmière avec tout un équipement.

- Un patient aussi tenace que votre fils, Madame Steele, mérite d'avoir mon attention, me taquina-t-il en prenant la direction du lit d'Allan.

- Allan est chanceux d'avoir un médecin comme vous.

Un petit sourire se forma contre ces lèvres trapues et il regarda l'infirmière préparer une seringue.

- Nous allons procéder à un réveil forcé sur Allan, ces signes vitaux sont excellents et son corps est prêt à se réveiller.

- C'est la raison pour laquelle vous êtes passé plus tôt retirer le respirateur? demanda Christian.

- Normalement, pour un adulte nous n'aurions pas endormi le patient, nous l'aurions intubé simplement. C'est par souci, pour ne pas effrayer l'enfant. Notre but premier est de ne pas le traumatiser ou ne pas créer une crainte envers les médecins, dit-il en regardant Christian, je savais que celui-ci désirait des informations. Il avait dû aller les chercher bien avant que le médecin ne lui en parle et durant mon sommeil. Connaissant Christian, il avait dû tanner les infirmières pour connaître le moment où ils allaient réveiller Allan, de ce qu'il devait faire ou ne pas faire. Ce genre de chose. L'infirmière piqua dans un conduit reliant le soluté et le corps de notre fils, nous pouvions apercevoir les deux liquides se mélanger avant d'atteindre le corps de notre enfant. Allan est un petit garçon très fort émotivement et physiquement, il devrait pouvoir sortir au courant de la journée. Pour les directives, Madame Steele, les mêmes que la dernière fois. Du repos et je vous prescrirai quelque antibiotique pour diminuer le sentiment d'irritation qui a pu se former au fond de sa gorge.

Pendant que le médecin parlait, nous avions pu voir Allan s'éveiller. Il avait débuté par bouger un peu son corps, puis la tête et avait ouvert les yeux. C'était un sentiment indescriptible, mon cœur s'éveillait depuis la veille et un énorme sourire marqua mes lèvres. C'était comme s'il se réveillait d'une nuit de sommeil, sans sommeil. Des cernes violacés s'étaient formés sous ces yeux, ceux-ci tentant de se refermer à nouveau. J'avais déjà connu toutes ces explications, mais Christian buvait les moindres paroles que le médecin prononçait. Il notait la moindre information, importante ou moins, que le médecin pouvait dire. Allan avait été plongé dans un inconscient, ce n'était pas comme si le corps avait dormi pendant près de 15 heures. En fait, il n'avait pas une heure de sommeil dans son petit corps. Je me penchai vers mon fils et posai ma main contre son visage et me baissai à sa hauteur.

Ces yeux étaient comme des nuages gris annonçant la pluie, ils étaient lourds de fatigue, mais il tenait bon pour rester éveillé. Des veines rouges marquaient son regard pointé vers moi. Un petit étirement de lèvre m'indiqua qu'il tentait de sourire, mais sa fatigue, beaucoup trop prononcé l'en empêcha. Même malade et sortant d'un coma forcé, mon fils tentait d'être plein de vie. Je savais qu'il était inutile d'essayer de lui tirer quelque parole, si c'était comme la dernière fois, il n'y arriverait pas. Je me souvins de ces mots la première fois. « C'est comme du sable dans ma bouche, maman. » Mais une chose était différente aujourd'hui. Ce n'était pas la présence masculine de Sébastien qui était avec nous, mais celle de Christian.

- Comment te sens-tu mon bonhomme? demanda Christian avec une main posée sur le ventre de notre fils. Était-ce par souci de se confronter à l'idée que cet épisode était terminé ou l'idée de se rappeler que ce moment était bien réel?

Allan ouvrit les lèvres, mais aucun son n'en sortit.

- Il se peut que la parole tarde à revenir, ajouta le docteur en se penchant avec une petite lampe vérifiant les signes d'Allan.

L'inquiétude que j'avais cru apercevoir dans les yeux de Christian, un peu plus tôt et durant la veille, s'était évaporée. D'un simple regard de mon fils sur lui avait su dissiper cette tension malsaine qui l'avait habité depuis le coup de Sébastien. Coup qui, je vous le rappelle, tiraillait ma tête encore bien fortement.


Ce n'est que quelques heures plus tard que je passai finalement le seuil de ma demeure, physiquement et moralement épuisé. Je me sentais plus mal que jamais je ne l'avais été. J'avais détesté le regard peiné d'Allan en lui disant que je ne les accompagnais pas à Seattle. Des discussions inachevés, c'est tout ce que je détenait pour le moment! Aucun résultant sur les émotions, aucun résultat sur l'ancien côté dominant et aucun résultat sur la peut-être ancienne chambre yeux d'un gris sans vie, je les avais souvent aperçus dans les yeux de Christian, mais j'avais tout fait pour éviter de le voir dans les yeux de mon fils. Je me sentais mauvaise mère. Non, sérieusement, quelle mère censée laisserait son enfant tout droit sorti de l'hôpital pour éviter les journalistes nous attendant au seuil des portes et pour éviter les moments seuls avec Christian. Ce n'était pas même pour confronter Sébastien, c'était seulement pour éviter la plus grande tentation qui existe… La solitude avec Christian Grey.

Je me massai la nuque en laissant tomber mes sacs sur le plancher de mon séjour. Un sentiment horrible s'affligeait à ma peau, mais pourtant rien ne paraissait différemment. Je trouvai ma vie présentement à un point ridicule de non-limite. Je ne me reconnaissais plus, ni celle dont j'étais avant ni celle dont j'étais devenue. Tout ce que je chérissais, tout ce que j'avais donné de ma vie était à un point éloigné de ma tête. Il doit être dure de me suivre, mais comprenez-moi, je ne sais même plus où j'en suis.

Je ne pouvais le nier, mes rêves étaient bien présents. Je ressentais le désir pour Christian, je me demande même si un amour n'était pas encore là. Bien avoir crié haut et fort sur ce bateau que je l'aimais toujours, ma tête me tiraillait face à Sébastien. Mais je me souvins de ces lèvres contre les miennes, cette douceur connut lors de notre mariage. Cette bonté qu'il avait toujours eue, mais qu'il suffisait d'apprendre à le connaître suffisamment pour. Je m'étais senti ensorcelé dans ces bras sur cette terrasse de verdure. Cette puissance, cette force, ce pouvoir, tout ce dont il était question. Avec Christian, il ne fallait pas réfléchir, mais il fallait vivre. Personne ne m'avait jamais fait ressentir ce que je ressentais près de lui.

J'avais besoin de lui.

Oui c'était cela, j'avais besoin de Christian Grey et pas d'un autre homme.

J'avais besoin de mon mari.

Je glissai mes pieds hors de mes espadrilles et escalada les marches de ma demeure et soudain me vint une odeur horrible, une odeur sale et nauséabonde. Les filaments se frayaient un chemin dans mes narines descendant directement dans ma gorge imprégnant ma mémoire et mon être. Les meubles du second étage étaient sur le sol, écrasés sur la moquette, des feuilles virevoltaient sur le plancher, bougeant grâce à la fenêtre grande ouverte.

Je croyais connaître l'horreur et le châtiment, j'avais entendu des choses horribles avec Christian et j'avais participé à des choses au-delà de la décence, mais ça! Ces choses qui se dressaient sous mes yeux! S'étaient de loin l'extrême de ma vision.

Le meurtre de ma personne se déroulait sous mes yeux…