Il est des mots et des images qui restent gravées à jamais, comme un album de souvenir, dans ma mémoire ils sont stockés.

Certains évoquent des moments tendres, d'autres, moins doux, se font entendre.

Mais même dans les moments tristesse, ce ne sont plus des mots qui blessent

Ils ont perdu leur fils tranchant, ils ne font plus souffrir autant.

Sans doute ai-je assimilé, toutes ces choses qui font pleurer

Et dans le livre de ma vie, que je feuillette quand vient la nuit

Je me surprends à constater, les moments sombres sont fanés

Ils déambulent dans mes pensées, noyées dans un brouillard épais.

Alors que les moments bonheur, eux, ont su garder leur splendeur

Je peux sentir encore la joie, que j'éprouvais ces moments-là

alors que les douleurs vilaines passent par là et puis s'éteignent.

C'est un peu comme les nuages, qui passent sans qu'il y ait l'orage.

Ils restent des pages vierges à mon livre, où j'y mettrais les moments à vivre

Et je sais parce que j'ai appris, au fil des jours et de ma vie

Que les épreuves qui m'attendent viendront aux pages se suspend

Et que mes heures de bonheur, y mettra leur touche de couleur.

Bien plus tard quand je serai vieille

Ce livre sera ma merveille, je pourrai venir y relire

Les pleurs de ma vie, et les rires, avec un air mélancolie,

Je penserai à ses soucis, mais avec une grande sagesse

Je savourerai ma vieillesse. Oh oui les peines font grandir

Et font partie des souvenirs, parce que la vie est ainsi faite

De belles victoires et défaites.


Je me laissais tomber, tremblante et effrayée contre Damien. Ma tête se reposa sur son épaule lorsqu'il se cala à mes côtés en invitant l'inspecteur à nous rejoindre dans le séjour. Chaque fois que je fermais les yeux, je pouvais revoir cette horreur s'y dresser. Toute cette horreur auquel j'avais grandement contribué. Je répétais sans cesse les mêmes informations d'un ton monotone, et ce depuis que l'inspecteur appelé par Damien avait pris en charge cet évènement.

- Madame Steele vous l'a déjà informée, inspecteur, c'est tout ce qu'elle a à dire pour le moment, conclu Damien.

36 heures, c'était maintenant le décompte officiel depuis que je n'avais guère fermé les yeux. Je pouvais revoir tout ce sang joncher mes meubles, les murs… j'arrivais à toujours sentir cette odeur de soufre et de fer. Je pouvais même déceler ce goût de métal sur mes papilles. Des mots, tout pleins de mots transcrits avec un sang, son sang, tapissaient les murs pâles de cette pièce. Écrit d'une main tremblante, mais droite, les lettres majuscules de grande nature. Je savais que c'était lui, tout ça ne pouvait être d'autres personnes. J'entendais même sa voix remplie de haine me cracher les mêmes mots qui coloraient cette pièce maintenant sans vie.

Trahison.

Mensonge.

Dévergondée.

Tromperie.

Je me souvins des filets rouge foncé, traçant leur chemin vers le sol prouvant leur création subite et nouvelle. Rien n'avait séché, tout était bien réel et tout était récent. Le soir, avant de partir tout était en place, et là, en rentrant, tout était détruit. J'avais l'impression qu'il était entré et détruit toutes les parcelles de ma personne. Et si Allan avait été présent? Et s'il avait juste été conscient de toute cette haine subite.

Lorsque je fermais les yeux, je pouvais le voir, lui, les doigts crispés remplis de sang tombant sur la moquette blanche, maintenant ternis à jamais. Les pupilles tellement dilatées d'horreur qu'on ne pouvait déceler la couleur réelle de son iris. Les cheveux en batailles et plein de sueur affirmant l'effort de l'effroi auquel il venait d'être la proie. Je pouvais imaginer les maques de coupures quadrillant ses avant-bras pour imbiber ses doigts de la couleur rouge, ces mêmes doigts qui avaient servi à tracer ces mots.

- Où étiez-vous avant-hier soir Madame Steele? Insista-t-il

- Elle était à l'hôpital avec son fils et j'y étais également.

Je levai les yeux vers le jeune inspecteur qui nous avait rejoints il y a un bon moment, un jeune homme d'environ 25 ans, les yeux noirs et les cheveux de la même couleur. L'inspecteur avait le teint basané, clairement sorti d'un magazine californien, il ne lui manquait que les yeux bleus et les cheveux blonds. On m'avait posé ces questions un million de fois au moins, où étiez-vous hier soir? Que faisiez-vous hier soir? Pourquoi n'être rentré à votre domicile qu'en fin d'après-midi? Tout pour voir si je me contredisais… Non croyez-moi inspecteur, je me déteste, mais pas au point de me faire vivre cette horreur.

Mes paroles devenaient répétitives et Damien rageait de plus en plus, évidemment que j'étais à l'hôpital, les images de mon fils au teint livide et des larmes jonchant son visage me revint en mémoire. Son regard avait été si insistant pour que je reste près de lui et par la même occasion auprès de Christian.

Mon fils a été victime d'une crise d'allergie, inspecteur, j'étais à la soirée organisée par Damien lorsque mon assistante m'a informé de cet évènement. J'étais alors en présence du père d'Allan, de Damien et de Rachel. Nous avons quitté la soirée et nous avons rejoint Sébastien et Allan qui étaient déjà à l'hôpital de Chicago, dis-je pour la première fois depuis que l'inspecteur était entré dans la demeure de Damien à Chicago, mais la millième fois depuis que ceci était arrivé.

L'inspecteur prit finalement place dans le canapé face à moi et Damien. Assis ainsi, nous pourrions pratiquement passer pour un jeune couple tout fraîchement officialisé. Mais ce n'était pas cette sorte d'émotion que je retirais de lui, c'était plutôt la force de terminer ce que Sébastien voulait débuter.

- Lorsque vous êtes arrivé à l'hôpital, comment était l'enquêteur-chef?

Je me souvins de ces cent pas rapides de long en large dans la salle d'attente de l'hôpital. De la torture qu'il infligeait à ces mains dans l'attente de voir un médecin ou une infirmière venir l'informer qu'Allan allait bien. Mais je me souvins également de ce regard noir, cette rage subite qui l'avait poussé à me frapper au visage, et je me souvins également du réflex immédiat de Christian.

- À notre arrivée, il semblait plutôt anxieux, surpris, mais son comportement s'est rapidement transformé en colère.

- C'est lui qui vous a fait ce coup? Me questionna-t-il en pointant de son stylo mon œil meurtri.

Il me posa cette question comme si elle était d'une évidence non surprenante pour lui. Lors de la rencontre avec l'inspecteur à mon domicile, pour la première fois, il ne s'était pas cacher de bien connaître Sébastien et de pratiquement connaître les habitudes de celui-ci.

- C'est un simple mal entendu que nous avons eu.

- Vous souhaitez porter plainte pour coup et blessure contre l'enquêteur?

Cette question taraudait les lèvres de Damien depuis qu'il avait perçu la cocarde, d'abord croyant que s'était de Christian qui avait subi à un excédent de colère et de punition bien méritée.

- Écoutez, présentement, Sébastien peut se trouver n'importe où avec une rage incontrôlable en lui, vous n'avez qu'à vérifier ce qu'il a fait à la demeure de Madame Steele… Il a également torturé un homme, il est allé assez loin pour lui retirer un membre de son corps et d'y mettre l'alliance à Anastasia. Ragea Damien voyant que les questions de l'inspecteur tournaient en rond.

- Monsieur Stark, reprit l'inspecteur, rien ne nous prouve actuellement que Sébastien ait torturé ou tué une personne dans l'espoir d'effrayer Anastasia. Le doigt humain que nous avons trouvé dans vos draps Mademoiselle Steele nous apprend que le corps à qui il a été retiré est mort depuis plus de 6 semaines et que c'est un homme, rien ne nous prouve encore le lien entre l'entrée par infraction de votre domicile ni un homicide.

Les images de ce membre me revint en mémoire, j'avais essayé, tant essayé de le garder loin de mon esprit. Visiblement, cela m'avait semblé être un doigt d'homme, il était assez gros et enflé pour l'être. Ce qui m'avait le plus dérouté, c'était de voir que mon alliance avait été forcée dans ce doigt mort. Coupant la peau grise et noirâtre d'un métallique scintillant.

- Nous avons également confirmation qu'il y a bien eu deux groupes sanguins qui ont servi à écrire les mots sur vos murs. Le premier groupe correspond à celui de l'enquêteur-chef, soit AB négatif, cependant, le second est d'une autre catégorie, O. positif. Avez-vous des connaissances ou des soupçons sur des personnes qui se retrouvent dans ce groupe sanguin?

- Pas à ma mémoire… soufflai-je.

L'inspecteur baissa les yeux sur un calepin où il inscrivit plusieurs détails.

- Sachez inspecteur que Sébastien n'est pas un dangereux criminel, il doit simplement être perdu dans ces émotions, ajoutai-je au bout d'un moment.

- Que voulez-vous dire pas là, Madame Steele?

- Je mérite les moindres mots qui tapissent ma chambre, je ne suis pas une sainte, j'ai fait des erreurs et je les assume. Sébastien croit que je l'ai trompé avec le père de mon fils, ce n'est pas complètement faux. Je ne me suis jamais abandonné à une moindre relation avec Christian depuis son retour dans notre vie, mais j'ai abandonné à quelque rapprochement, je dois l'avouer.

- Anastasia, nous sommes tous humains, que vous aillez succomber à quelque rapprochement de la part de votre ancien mari n'explique pas les agissements de mon collègue. Sébastien a toujours eu un tempérament bouillant, mais cela n'empêche pas les gestes graves qu'il peut avoir commis. Nous sommes ici pour vous aider et à comprendre qui vous veut autant de mal, nous avons confirmation qu'il n'était pas seul. Est-ce qu'il est tombé entre mauvaises mains alors qu'il était à son plus faible? C'est avant tout ce que nous tenterons de comprendre.

- Je crois que nous pourrions mettre fin à cet entretien maintenant, intervint Damien. Madame Steele est épuisée, elle n'a pas dormi depuis.

- Évidemment, acquiesça l'inspecteur, vous savez où me trouver et comment me rejoindre si vous vous souvenez de quelque chose qui pourrait nous aider. Il me tendit sa carte professionnelle et nous salua d'une poignée de main ferme.

Damien se retourna vers moi et je pouvais percevoir la colère qui colorait ces yeux, il n'avait pas plus dormi que moi. Lorsque j'avais découvert cette terrible scène, il a été la première personne que j'ai contactée le privant de sa soirée avec Nikki et par la même occasion, il fut le second à découvrir ce carnage. Depuis, il ne portait plus Sébastien dans son cœur, mais il me portait grandement responsable de ce qui se passait.

- Plus jamais je ne veux t'entendre te dénigrer à ce point Anastasia, tu m'as compris?

- Damien, toi-même, tu me crois responsable de tout ce qui arrive.

- Avoir un point de responsabilité dans ce qui arrive ne te donne pas le droit de te sous-estimer comme tu le fais.

Je levai les yeux au ciel épuisé par tout ce qui se passait.

- Va t'étendre Ana, ce n'est pas ton patron qui te donne cet ordre, mais ton ami. Tu es épuisé et tu vois tout négatif.

- Tu souhaiterais que je perçoive comment tout ce qui m'arrive Damien? Je trahis Sébastien pour Christian, et ce à deux reprises, et il devient fou à en détruire ma demeure.

Un simple résumé en une phrase qui comprenait absolument tout ce qui se passait présentement. Ma tête avait eu raison, j'aurais dû me tenir loin de Christian, et ce, dès le début. Mes sentiments me mènent à chaque fois dans un corridor de danger.

L'index de Damien se posa sous mon menton et il me releva la tête pour que mes yeux s'imbriquent dans les siens.

- Ana, bien que j'aie aidé à pousser Sébastien dans tes bras, je ne tolère absolument pas le mal qu'il te fait présentement… Maintenant, monte te coucher dans la chambre d'ami, c'est un ordre.

Je le défiai du regard, impossible pour moi d'aller me coucher et de laisser ces images inonder mon esprit à nouveau. Je ne pouvais tolérer à nouveau d'infliger cette souffrance à mon corps.

- Ne me défie pas Anastasia, Nikki a certainement dû préparer un cachet pour le sommeil pour t'empêcher d'y penser. Tu n'as aucune excuse permise.

Je levai les yeux au ciel et regrettai ce simple geste en voyant le regard de Damien virer au noir, même si je n'étais pas considéré et je ne serai jamais considéré comme sa soumise, il demeurait qu'on ne pouvait sortir le dominant de l'homme. J'escaladais les marches en quatre et me dirigeais vers la pièce qui m'avait été attribuée jusqu'à mon retour potentiel chez moi, une fois que tout ce désordre aurait quitté ma maison. L'étage était calme, Nikki devait être au rez-de-chaussée. Je ne pouvais en vouloir à Damien, le sommeil et l'appétit étaient également des aspects prioritaires pour lui, bien manger et bien dormir faisait de nous une femme en santé.

Je me glissais dans la chambre d'ami et de douce couleur feutrée de crème et de vert clair vint m'entourer. Un ensemble de nuit de mon amie était posé proprement sur le lit immense de la petite suite d'ami et un verre d'eau accompagné de deux cachets reposait sur la table de nuit en bois massive. Mais avant de me coucher, je devais détendre mes muscles. Je décidais de me faire couler un bain dans l'énorme baignoire qui meublait le centre de la salle de bain adjacente.

Je glissai l'élastique qui habillait mon poignet et m'attacha les cheveux, les yeux rivés dans mon reflet dans le miroir. Mes cheveux sales plaquaient mes tempes, ma peau tirait vers le blanc, davantage que mes jours heureux, le coup de Sébastien prenait une couleur verdâtre, signe de guérison entamée. Mes lèvres étaient meurtries dues à la souffrance que mes dents leur infligeaient. Christian me dirait qu'une femme comme moi ne devrait se laisser ainsi, il me punirait du châtiment que je m'infligeais.

Je glissai les deux cachets entre mes lèvres avant de me glisser dans l'eau chaude du bain. Automatiquement, la chaleur inonda mon corps et aida mes muscles à se détendre. Mes doigts ondulaient sur le dessus de l'eau dessinant des petits passages clairs entre la mousse bien présente et l'eau.

Le temps Anastasia, seul le temps t'aidera dans ce chemin.

Je tentais de comprendre d'où venait le fondement de la réaction de Sébastien. S'était évident et prouvé par les inspecteurs, s'était bien son sang qui tapissait ma chambre, notre ancienne chambre.

Une demi-heure plus tard, je me glissai finalement sous l'édredon crème et vert clair posant la tête sur l'oreiller. Mon corps était épuisé, je sentais mes membres ankylosés, mais mon esprit vagabondait dans tous les sens. Ce bain m'avait fait grandement réfléchir, après tout je n'étais pas responsable de la folie passagère de Sébastien, non?

Nikki toqua à ma porte avant de se glisser dans l'habitacle maintenant sombre grasse au rideau tiré, je ne voulais pas attirer le regard de Sébastien, s'il avait affaire à l'extérieur, sur le fait que je ne comptais pas dormir. Nicole était toujours resplendissante, elle portait aujourd'hui une robe soleil jaune clair, cette couleur lui donnait un teint frais en cette journée ensoleillée extérieure, mais noire dans mon esprit. Ces cheveux étaient retenus derrière ces épaules avec une énorme pince et ces cils battaient dans l'ombre pour s'accommoder de la noirceur.

- Tu as tout ce qu'il te faut? Me demanda-t-elle gentiment en prenant place sur le bord du lit.

- Oui, merci Nikki.

Cette femme était tout simplement sublime, je comprenais clairement pourquoi Damien en était raide dingue. Le genre de femme qu'on s'empreigne dans la peau. Mais malgré ce physique enchanteur, elle détenait toutes les qualités d'une très bonne amie. Elle avait le cœur à la bonne place et ces conseils étaient souvent justes.

- Tu sais, Ana, Damien est réellement en colère.

- Je sais, j'ai tout gâché.

Je comprenais la colère de Damien, la crainte de devoir perdre quelqu'un. La crainte de l'insécurité tout simplement. Ce genre d'homme, tout comme Christian avait peur de se retrouver pris, sans issue, il se voulait en sécurité, mais avant tout, ils voulaient la sécurité des gens qui les entourent. C'était le reflet du moment où Christian m'avait attribué Sawyer.

- Ne dis pas cela, il n'est pas en colère contre toi, Damien t'aime trop pour cela. Il est en colère après lui. Il s'en veut de ne pas avoir prévu ces évènements.

- Il n'est pas dans ma tête Nicole, il ne pouvait prévoir que j'allais tromper Sébastien.

Un sourire doux se dessina sur son visage, ces lèvres pleines et douces s'étirèrent dans les coins de son visage. Un petit visage de porcelaine, Nikki me faisait souvent penser à une miss poupée de porcelaine, constamment magnifique.

- Vois-tu Ana, je ne suis pas du même avis que toi, tu n'as pas réellement trompé Sébastien. Si nous regardons ceci de l'extérieur, c'est plutôt avec Sébastien que tu as trompé Christian. Vous êtes encore marié.

Instinctivement, je posai ma main le long de mon cou. Cette chaine qui n'habitera plus jamais ma nuque. C'est malsain comme ressentiment, mais je sentais qu'une partie de moi m'avait quitté à ce moment. J'avais perdu mon roc, cette seule chose qui me gardait en vie. J'avais perdu ce seul repère qui me gardait encore lier à Christian, même si j'avais prononcé ces mots d'horreur dans les oreilles de mon fils, je ne voulais remettre mon gage d'amour éternel.

- Mariée sans alliance, celle-ci orne maintenant le doigt d'un cadavre, et en instance de divorce, lui rappelai-je.

Une mine contrite se figea sur son visage, elle était l'une de ces personnes qui arrivaient à changer d'émotion à chaque instant.

- Tu te souviens du premier repas où nous vous avons fait rencontrer toi et Sébastien? C'était la première fois que tu souriais réellement et que tu te sentais à l'aise face à un homme, autre que Damien depuis que tu es arrivé à Chicago. Mais on ne peut passer le fait de te voir face à Christian. Damien m'a dit qu'il ne t'avait jamais vue aussi sereine et taquine, tu souris d'un rien en entendant le prénom de Grey.

Les images du jeune homme se frayèrent un chemin jusqu'à mon esprit. Ce n'était pas celle de l'obsédé que je voyais, mais celle d'un jeune homme sûr de lui en costume marine et un sourire craquant sur les lèvres. Mais ce sourire craquant se transforma en ce sourire amoureux, sexy et sincère de mon mari.

- Nous nous sommes embrassés sur le bateau, et j'ai refusé son approche au diner de sa famille, lui dis-je pour appuyer ma défense.

- Et ces baisers, ils étaient forcés? Tu t'es senti manipulé?

- Non.

- Tu souhaitais l'embrasser.

- Plus que tout.

C'était vrai, juste cet abandon sur le toit de cet immeuble dans les jardins enchanteur. S'était le réel « plus » que j'avais besoin. Oh! Christian Grey, vous me menez à ma perte…

- Nikki, dans ce bateau il détenait tout pour me faire flancher, il m'a toujours dit ne pas être un romantique, mais il fait tout le contraire. Il est attentif aux moindres gestes que moi ou Allan faisons. Sur ce bateau, Allan m'a boudé alors que je lui disais qu'il n'y avait pas de relation possible entre son père et moi, que ce n'était pas aussi simple qu'il l'entendait. Christian a été merveilleux avec Allan, si j'avais connu cet aspect de lui avec son fils bien avant, rien de tout ceci n'arriverait.

Elle secoua la tête d'un léger mouvement faisant danser ces boucles dorées le long de son visage et prit ma main en la pressant doucement. Elle avait les mains si douces.

- Ana, peux-tu me rappeler le réel fondement de ton départ il y a maintenant 6 ans?

- Je voulais qu'il… Je ne voulais pas nous faire du mal, je voyais qu'il n'était pas à l'aise de devenir père et je ne pouvais le forcer. Je voulais simplement le laisser réfléchir, mais il n'est jamais revenu.

- Ana, ma douce Ana, n'as-tu jamais réalisé qu'il attendait peut-être le moment que tu reviennes à lui? Me fit-elle remarquer. Les hommes comme Grey et comme mon mari ne courent pas après nous, ils sont rancuniers pour cet aspect. Ils nous trouvent, fait de nous la parfaite soumise pour eux, nous tombons amoureuses et eux aussi, mais ils ont peur de ce nouveau sentiment. Il était si amoureux de toi, qu'il n'a voulu que ton bien et il se disait prêt à attendre ton retour. Il a dû être choqué de voir que ce n'est pas ton retour qu'il a eu, mais une instance de divorce.

Je me souvins de l'homme rassurant qu'il était, de ces paroles, de ces gestes, chaque moment de notre vie ensemble, chaque caresse, chaque baiser scellant une promesse éternelle.

- Tu crois qu'il m'a attendu tout ce temps?

- Je crois qu'il a fait bien plus que t'attendre, je crois qu'il a toujours été dans ta vie durant tout ce temps, mais que tu étais trop chagrinée pour l'apercevoir.

- Tu crois que je devrais aller le rejoindre?

- Ma chère Ana si j'avais été toi, je n'aurais pas téléphoné à Damien ce soir-là, mais à Christian.

Elle m'offrit un doux sourire avant d'appuyer ces propos.

- Tu as dit aux inspecteurs que tu avais monté précipitamment dans ta chambre, non parce que tu sentais qu'il se passait quelque chose, mais parce que tu étais poussé à récupérer certains de tes effets. Je crois que tu te précipitais à aller rejoindre Christian et Allan avant qu'ils ne quittent pour Seattle.

Est-ce mal? Je suis poussée, attirée, chimiquement et physiquement vers lui, je n'ai aucun pouvoir, c'est comme un aimant qui m'attire à lui. Cette gravité qui tourne autour de lui m'attire chaque fois que je m'y trouve.

- Ce n'est pas mal Anastasia, c'est de l'amour… Tu es et resteras, jusqu'à changement majeur, amoureuse de Christian. C'est ton instinct maternel qui t'a fait partir, tu avais sur toi la charge d'un nouvel être, tu as pris la décision qui te semblait le plus juste.

- Tu as raison, Nikki, merci.

- Et si par hasard tu décidais de partir après avoir dormi, il y aura un sac de voyage dans le hall prêt et nous aurons quitté la maison.

Après un petit clin d'œil de sa part, elle se releva gracieusement et se dirigea vers l'extérieur de la pièce.

Je me retournai sur mon flanc droit en entendant la porte se refermer. Les cachets commençaient à faire effet et je sentais mes paupières s'alourdir. Cependant, dès qu'elle se fermait. Je le voyais lui, installé sur mon lit le regard vide et inerte vrillé dans mes yeux. Il tenait dans ces mains un canif à base noir, je l'avais régulièrement aperçu attaché à sa taille lorsqu'il était en uniforme. Un petit sourire de vengeur s'afficha sur ces lèvres en tendant son avant-bras entre nous. La pointe de la lame argentée faisant reflet sur sa peau bronzé.

La lame se planta durement dans sa peau, sans broncher, ni aucun mouvement de recul, il se quadrilla l'avant-bras qui se remplit rapidement de sang. La salive me manquait simplement à la vue de cette souffrance corporelle infligée pour me faire souffrir. Mon cœur battait à tout rompre, mais il se moquait clairement de ma présence. Il se redressa du lit, laissant une flaque de sang frais sur la moquette et laissa tomber le couteau à ces pieds. Malgré l'abondance de sang qui devait l'affaiblir, il se dirigea vers les murs en silence. Gravant à jamais sur ces murs les mots qui me représentaient désormais.

Laissant tomber son bras blessé le long de son corps, il se dirigea vers moi. J'étais pétrifié, je ne trouvais et ne pouvait en aucun cas trouver un moyen de fuir… j'avais l'étrange sensation de devoir le laisser faire de moi tout ce qu'il voulait. D'abord, son autre main se glissa sur mon visage l'effleurant d'une caresse délicate.

- Tu aurais pu tout avoir avec moi, souffla-t-il au bout d'un moment. Mais si je ne peux t'avoir, personne d'autre ne t'aura… je t'offrirai alors une caresse mortelle.

Sa main descendit jusqu'à mon cou, je t'offrirai une caresse mortelle.

Ses doigts s'implantèrent dans ma chair. Je ne pouvais plus respirer… du moins je ne savais plus respirer. Les yeux rivés dans les siens, une haine maladive se répertoriait dans ces membres. J'étais paniquée, je perdais à chaque seconde qui passait un repère. Mon corps en entier tremblait et dans ces yeux, je pouvais déceler que la moindre réaction de ma part faisait augmenter sa haine envers moi. J'étais à sa merci ainsi, pendu à ses doigts fermes. Il me contrôlait.

De plus en plus fort…

Je ne pouvais plus respirer…

Sébastien, s'il te plaît…

Entre la vie et la mort, il n'y a qu'un pas… Je franchissais ce pas aujourd'hui. Sous ces yeux remplis de haine et de reports.

Christian, je t'aime…

Sébastien me plaqua durement contre le mur le plus prêt. La tête cognant fermement contre le plâtre.

Sébastien, s'il te plaît arrête…

Je n'y arrive plus…

Je me sentais partir… quitter ce corps que j'avais habité durant quelque année. Mes paupières se faisaient lourde à nouveau, mais à la place de laisser libre court au sommeil, je me sentais asphyxié. C'était ainsi que j'allais mourir, plaquer à un corps monstrueux, taché de sang, privé de l'or le plus pur du monde, l'oxygène.

Je me réveillais en sursaut cherchant par tous les moyens de respirer. Je courais jusqu'à la fenêtre et ouvrirent les baies pour laisser passer l'air pour remplir à nouveau mes poumons.

Anastasia, tu dois inspirer… Expirer… doucement!


Je rentrais dans l'ascenseur sur la pointe des pieds.

Bon je vous entends déjà me dire que cela ne servait à rien puisqu'il savait sûrement déjà que j'étais dans la bâtisse, mais je craignais sa réaction. La plus petite je me ferai, mieux je me porterai.

J'entrai le code dont je me souvenais dans la boîte de commande. Mes doigts tremblaient et mon souffle se fit plus rapide. Je craignais qu'il eût changé les codes, et si s'était le cas que devais-je faire? Appeler à son appartement et lui dire;

« Bonjour, Christian, Sébastien est devenu un vrai fou et je cherche refuge dans tes bras »

Je fus cependant soulagé lorsqu'elle prit son ascension. Mais je réalisais ma possible erreur, et s'il me refusait? Et si Nikki avait tort? Plus les étages défilaient, plus mon cœur battait rapidement et un sentiment de nausée s'infiltra dans ma gorge. Mon ventre se noua et mes doigts se crispèrent davantage. J'étais passé dans un hôtel à proximité de l'Escala, au cas qu'il ne veuille pas de moi, j'étais propre et féminine, comme il aimait. Espérant qu'il aime toujours…

Tu es ridicule Ana, tu as pris cet ascenseur des centaines de fois, reprend toi.

Certes plusieurs fois, mais aucune depuis mon retour.

« Ding »

J'étais finalement arrivée, après plusieurs heures de voiture à me maudire d'avoir fait ce choix ridicule.

Je ne fus guère surprise de le voir se tenir là devant moi lorsque les portes s'ouvrirent enfin. En même temps j'étais soulagée de le voir attendre ma présence ainsi.

Tu vois, tu n'es pas venue pour rien!

Maintenant, parle-lui…

Je posai mon regard au sol automatiquement, après tout j'étais ridicule, à croire qu'il était LA personne pour me venir en aide.

Qu'est-ce que je pourrais bien dire pour briser le silence et expliquer ma présence?

Ce n'est pas mal Anastasia… C'est de l'amour.

Les paroles de Nikki résonnèrent dans mes tympans. Ma voix s'éleva enfin avant qu'il ne s'impatiente. Prenant mon courage à deux mains.

- Je crois avoir enfreint plusieurs règles, monsieur, enfin j'ai enfreint toutes les règles… je mérite d'être punie.