Il est des mots et des images qui restent gravées à jamais, comme un album de souvenir, dans ma mémoire ils sont stockés.
Certains évoquent des moments tendres, d'autres, moins doux, se font entendre.
Mais même dans les moments tristesse, ce ne sont plus des mots qui blessent
Ils ont perdu leur fils tranchant, ils ne font plus souffrir autant.
Sans doute ai-je assimilé, toutes ces choses qui font pleurer
Et dans le livre de ma vie, que je feuillette quand vient la nuit
Je me surprends à constater, les moments sombres sont fanés
Ils déambulent dans mes pensées, noyées dans un brouillard épais.
Alors que les moments bonheur, eux, ont su garder leur splendeur
Je peux sentir encore la joie, que j'éprouvais ces moments-là alors que les douleurs vilaines passent par là et puis s'éteignent.
C'est un peu comme les nuages, qui passent sans qu'il y ait l'orage.
Ils restent des pages vierges à mon livre, où j'y mettrais les moments à vivre
Et je sais parce que j'ai appris, au fil des jours et de ma vie
Que les épreuves qui m'attendent viendront aux pages se suspend
Et que mes heures de bonheur, y mettra leur touche de couleur.
Bien plus tard quand je serai vieille
Ce livre sera ma merveille, je pourrai venir y relire
Les pleurs de ma vie, et les rires, avec un air mélancolie,
Je penserai à ses soucis, mais avec une grande sagesse
Je savourerai ma vieillesse. Oh oui les peines font grandir
Et font partie des souvenirs, parce que la vie est ainsi faite
De belles victoires et défaites.


Ma voix résonnait dans l'espace vaste du hall d'entrée. Non sérieusement, s'était moi qui venait de prononcer ces mots? Moi qui avais tant tenté d'obtenir le contraire de cet homme!

L'espace d'un instant, tout sembla se suspendre, l'air, le temps, les paroles, la nuit, les gens qui pouvaient dormir déjà à l'heure qu'il était, les gens qui comme nous s'affrontaient dans l'espace entre la colère, le supplice et la tentation. Des gens qui faisaient l'amour, une baise d'un soir. Des gens qui vivaient le jour… L'appartement était si silencieux, la tranquillité était encombrée par le battement de mon cœur. Notre fils devait se trouver à l'étage caché dans la noirceur de sa chambre à coucher. Je ne pouvais que regretter mes paroles, allait-il les suivre à la lettre? Comme la fois où je lui avais exigé de le faire ou allait-il simplement comprendre ce dont mon corps avait besoin. Parce que sincèrement, je vous avouerais ne pas savoir moi-même ce que mon corps à réellement besoin, de ce que moi j'ai besoin. Étais-je si naïve de retourner à son domicile, notre ancien domicile, croyant qu'il allait m'accueillir les bras ouverts comme si tout ceci ne s'était pas passé? Savait-il déjà ce que je fuyais de Chicago? Le cœur battant, je pris finalement le courage pour lever les yeux et la vue que tout ce qu'il pouvait m'offrir me désarma. Je ressentais à l'instant tout ce que je pouvais avoir mis de côté durant ces années, la haine envers moi-même, la tristesse, la colère, la révolte et la trahison. Tous des sentiments qui me frappèrent d'un simple coup tout droit au cœur. Il se tenait là, debout, attendant le moindre geste dans l'un de ses plus simples pantalons de survêtement. L'élastique le retenant fermement sur le bas de ces hanches dévoilant un V prononcé tirant sur ces poils pubiens. Oui, c'était ça, c'est de cela que j'avais besoin, le contrôle! Cet homme était dévoué au contrôle au plus profond de son être, et moi j'étais dénudé de contrôle présentement. Je voulais qu'il me contrôle, qu'il me possède pour me léguer une partie de son contrôle. J'étais vulnérable ainsi, debout dans une simple robe soleil évasée de la taille jusqu'à mes genoux, sous son regard noir, noir de désir et de colère face à ce supplice. Mais je savais qu'il voyait la même chose que moi je voyais, j'étais au plus bas de ma personne. On avait joué avec mes sentiments… j'avais joué avec mes sentiments. J'avais tenté de les contourner, de les cacher, de les trahir ou tout simplement, j'avais tenté de les changer. J'étais misérable ainsi, debout, dans un ensemble magnifique sorti de la part de Nikki, les cheveux retenus par l'arrière avec une natte, un maquillage beaucoup trop prononcé pour cacher l'œil monstrueux, les lèvres détruites à force de les avoir mordillés tout le long du trajet pour me rendre jusqu'à chez lui. Ma peau était moite et froide, attendant le simplement moment où il y aura un réveil, un réveil de chaleur.

- Enlève tes chaussures, elles risquent de réveiller Allan, m'ordonna-t-il.

Je levai mes pieds un pied à la fois et me débarrassa des sandales qui les habillait. J'avais l'impression de rentrer chez moi, finalement. Une douce chaleur me monta aux joues lorsqu'il me prit la main et se dégagea de la vue de l'appartement. Je fus agréablement surprise de voir que rien n'avait changé. Je retrouvais mon homme mystérieux et simple qui aimait qu'on apprenne à le cerner dans des objets futiles et magnifiques. Tous les murs étaient blancs et ils étaient couverts de tableaux différents et colorés. Les meubles étaient massifs et en bois sombre. J'avais l'impression de n'être jamais partie, ou qu'il n'avait plus vécue ici. Peut-être que cela avait été trop difficile pour lui?

Il finit par nous diriger vers un passage que j'avais si bien connu, le chemin de la chambre à coucher. Peut-être qu'il allait répondre à ma demande finalement. La chaleur de se main dans la mienne se répandit en filament le long de mon avant-bras, un simple contact de sa part pouvait tout changer, du moins, il arrivait à tout changer pour moi. Il poussa le battant de la porte qui fit apparaitre une pièce dont je n'avais aucunement le souvenir. En fait, oui je me souvenais bien de cette pièce, mais elle ne ressemblait plus à ce que nous avions battit. J'avais l'impression que tout avait été effacé. La nuit sombre dévastait le ciel du centre-ville de Seattle et elle rendait cette pièce encore plus sombre qu'elle ne l'était devenue. Bien que tous les murs de cet appartement soient d'un blanc impeccable, cette pièce respirait le froid dense de la nuit. Les murs blancs étaient habités de tableau noir et gris, lourd d'émotion. De lignes se rejoignant, des plusieurs couleurs sombres pour créer un chaos. Les meubles étaient d'un noir lustré et les tissus étaient également de la même couleur. Bien que tout semblait extrêmement chic et d'un énorme luxe, je sentais le poids de cette pièce sur moi. Le lit faisait dos aux bais vitrés de la pièce. Il se fermait au monde extérieur. Je savais que j'étais la cause de ce brusque changement, croyez-moi, je préférais réellement le bleu qui avait autre fois habillée cette pièce et l'avais illuminé. Dans cette pièce, l'odeur de cet homme me frappa. Cette odeur qui m'avait manqué, un sentiment réconfortant, le seul dans cette pièce.

Christian finit par lâcher ma main et se retourna vers moi. Dans cette pièce, il semblait tout sauf contrôlant, il dégageait même quelque chose de vulnérable. Peut-être n'étais-je pas la seule à avoir besoin de l'autre…

- Je suis désolée de débarquer chez toi comme ceci… soufflai-je commençant à trouver ce silence pesant.

Il ne fit que secouer la tête en esquissant un rictus au bord de ces lèvres. Oh, s'il te plaît Christian, dit quelque chose avant que je ne m'enfonce encore plus dans l'embarras.

- Je ne peux te donner ce que tu me demandes Anastasia, tu le sais bien.

- Vous satisfaire est notre priorité, monsieur.

Son regard lourd et noir se posa sur moi, d'abord en m'observant simplement, ensuite en se torturant. Je savais que j'y étais.

- Nous pouvons ce sortir du monde de la domination, mais on ne peut sortir le dominant de soi. Cela fait longtemps que tu n'as pas joué Christian, laisse-moi assouvir ce besoin et assouvis le mien.

J'entendis un feulement sortir de sa gorge… j'avais touché la corde sensible et je le savais. Je vis son torse se gonfler face à l'inspiration qu'il se donnait et se dégonfler face à la dépendance. Ces muscles ondulaient à chaque inspiration et expiration profonde qui habitait son corps. Cette tension éveilla chaque parcelle de mon corps, prête à chaque instruction qui allait émaner de lui.

- Ce n'est plus moi Anastasia, mais comme tu le souhaites, je répondrai à tes désirs.

Il s'installa sur l'édredon et me tendit la main pour que je prenne place sur lui. Il n'avait aucune parole à prononcer après ce qu'il venait de m'avouer, je connaissais le déroulement de la fessée. Mes avant-bras se posèrent à plat sur le matelas retenant mon poids et mon ventre était posé sur ces genoux. Ce n'est plus moi Anastasia, mais comme tu le souhaites, je répondrai à tes désirs. Doucement, je sentis ces mains remonter les jambes prendre l'ourlet de ma robe et la replier sur mon dos, j'espérais que le choix d'un sous-vêtement en dentelle de couleur chair pouvait satisfaire ces yeux. Je pouvais sentir la satisfaction de ce petit geste grossi contre mon flanc.

- Tu vas avoir la fessée Anastasia, souffla-t-il en passant un doigt sous ma culotte préparant à la descendre le long de mes jambes. À chaque règle que tu dicteras avoir enfreinte, je me ferai un plaisir de colorer ces jolies fesses de rose pour que tu te souviennes de ce que tu as enfreint. Plus les règles seront graves, plus la fessée sera forte.

Je retins mon souffle en sentant le vêtement quitter sa place initiale. Il est encore temps, Ana, tu as le choix de te relever et de quitter la pièce. Ma raison avait certainement un bon raisonnement, mais mon corps et ma personne avait besoin du contraire. Je me sentais assez vulnérable ainsi, que peu importe ce qui se rajoutait, peu importe ce que je disais, rien ne pouvait m'apporter plus bas. À chaque règle que tu dicteras avoir enfreinte… Oh, Christian, si tu savais, il y en a beaucoup trop. Je comprenais cette forme de fesser, il ne m'avait auparavant jamais demandé les règles que j'avais enfreintes, il les connaissait puisqu'il me punissait sur le coup et j'aimais le défier. Mais aujourd'hui, j'avais le sentiment qu'il ne se sentait pas aussi bien qu'il ne le laissait paraître, il voulait savoir, il voulait savoir ce que j'avais enfreint et ce qui me mettait dans cet état.

- J'attends Anastasia, mais je ne suis pas un homme patient.

Je pris une grande inspiration et fermai les yeux.

- Le sommeil, dis-je pour commencer, après tout il fallait bien débuter à la règle la moins importante et je me souvins qu'elle faisait partie du contrat qu'il m'avait remis, il y a quelque année. Je n'ai pas respecté les heures de sommeil idéal pour être votre épouse Monsieur.

J'entendis un léger soupir de soulagement de sa part. Et je crois même qu'il avait un petit sourire sur ces lèvres, mais s'il savait ce que je lui réservais comme aveux, ce sourire disparaîtra rapidement. Sa main se posa d'abord doucement sur l'endroit où je savais il allait frapper. Je tournai le visage vers lui, dans la position dans laquelle j'étais, je ne pouvais voir complètement son visage, simplement son profil. Son visage était déformé par un pli de sourcil, il semblait indécis, résigné… avait-il réellement changé? Je vis les muscles de son bras se tendre, sa main quitter mes fesses puis se rabattre à la naissance de celle-ci où mes cuisses. Mon corps fut légèrement projeté vers l'avant sous cet impact et je fermai les yeux. D'un simple geste, il avait détendu mon corps, je me savais en sécurité avec lui, bien que le geste pouvait paraître absurde pour plusieurs, je ne voyais pas ce geste comme un châtiment corporel, mais plutôt comme une situation de contrôle, s'était contrôlant, dominant, tentant, sexy et défoulant.

- J'ai mis ma vie en danger pour sauver ta sœur.

Pour la deuxième fois, sa main s'abattit contre ma peau, cette fois-ci à un endroit différent. Il n'avait fait aucun geste de recul ni de pause. La fessée avait été un peu plus dure que la précédente et je savais que les prochaines allaient s'amplifier.

- J'ai manqué à ma contraception.

Une fessée.

- J'ai quitté votre domicile, monsieur.

Une autre.

- J'ai déménagé à Chicago pour être le plus loin de vous.

Et puis une autre.

- J'ai trahi votre entreprise en donnant des renseignent, le peu que je détenais, à une autre personne pour croître son entreprise.

Elles étaient plus régulières et plus fortes. La douleur libérait mon esprit.

- J'ai développé une relation avec un autre homme

Je savais qu'en apprenant tout cela, il allait être furieux, mais je le faisais pour lui et pour moi.

- J'ai demandé le divorce pour vous éloigner de votre fils.

La douleur commençait à monter le long de mon dos et à descendre le long de mes jambes. Celles-ci commençaient à trembler sous la force des impacts, mon corps abandonnait, mais mon esprit vagabondait. Je ne voulais pas lâcher encore, je voulais libérer mon corps de toute cette tension.

- J'ai développé un désir incroyable envers vous Monsieur sur ce bateau et sur ce toit. Je suis rentré chez moi pour fuir mes sentiments réels.

Je fermai les yeux attendant la prochaine fessée, mais il ne se passa rien. J'étais essoufflée et tremblante, mais étonnamment, je me sentais bien. Je me sentais libéré des tensions et des souffrances que je m'étais infligées. Je me sentais bien, ainsi offerte à ces yeux, pour son regard et pour son contrôle. Je me redressai légèrement sur mes avant-bras et tournai le visage complètement vers lui, cette fois-ci, je pouvais entièrement déceler ces sentiments. Il était là, juste sous moi, ces yeux cherchant la moindre marque dans les miens, ils étaient lourds de sentiment, heureux et malheureux, violent et pourtant si délicat. Un continuel combat entre le dominant qu'il était et qu'il avait toujours été et le nouvel homme qu'il tentait de devenir. Était-ce possible de se dire un jour de retomber amoureuse de la même personne? Celle qui en fait avait toujours détenu votre cœur? Être ici, dans cette pièce aux lourds souvenirs, me faisait réaliser que je n'avais jamais réellement aimé Sébastien, peut-être détenir une certaine attirance physique ou de ressentir de l'amour pour lui simplement parce que je devais l'aimer, mais jamais un amour comme celui-ci, un amour réparateur, un amour fort, un amour risqué, mais un amour sincère.

Il finit par m'aider à me relever devant lui, j'avais les sous-vêtements aux chevilles et la robe mal placée sur mon corps, mais je savais qu'à son regard, cela lui satisfaisait amplement. Ces yeux s'assombrissaient de plus et plus, lorsqu'ils longeaient mon corps partiellement habillé. Il avait un sourire tentant, je souhaitais m'agripper à ces fermes épaules et embrasser ces lèvres fermes, comme sur le toit de cet immeuble.

- Je souhaite te voir nue, Anastasia, complètement nue.

À ces douces paroles prononcées comme un félin, il se dressa sur ces pieds devant moi. Mon corps se tendit face à cette proximité grandissante. Bon d'accord, je dois l'admettre, la fessée était en soi un geste très proche, mais je ne parlais pas de châtiment. Je levai les yeux et les rivai au sien. J'avais l'impression d'avoir ceux de notre fils face à moi, cependant ceux de Christian étaient habités d'une tentation, d'une résolution, mais également d'une peine. Le sentiment que j'y avais installé.

À la noirceur, son torse en mouvement paraissait comme une photographie en noir et blanc. Les ombres se dessinaient sur sa poitrine, ces muscles peints délicatement sur la toile et ces côtes qui définissaient sa cage thoracique semblaient tout droit sortis d'un magazine. Christian Grey, dans sa perfection sublime, sortait tout simplement d'un magazine.

Je fermai doucement les yeux, donnant à mon corps le courage d'effectuer le premier geste. Je savais qu'il ne bougerait pas, du moins, pas tant que je ne lui en aurai offert le loisir de le faire. Je glissai mes doigts vers la fermeture éclair se trouvant sur mon flanc et déverrouillais mon corps de son vêtement. Je laissais tomber celui-ci jusqu'au sol, étant maintenant entièrement nue sous son regard. Je levais un à un mes pieds pour libérer les deux vêtements qui m'avaient chaussé. En ouvrant les yeux, je remarquai que les siens n'avaient pas bougé, il me regardait dans les yeux, une main tendue devant lui par invitation à le rejoindre.

Une fois étendue sur le lit, je le regardais se positionner à mes chevilles. Il en attrapa l'une d'elles et l'immobilisa dans sa main. Vrillant son regard au mien, attendant le moindre signe d'arrêt. Mais je ne fis rien, je voulais qu'il continue. Il posa alors, un simple baiser dans le creux de la plante de mon pied, observant la réaction de mon corps qui fut rapidement parcouru d'une décharge électrique. Je le vis esquisser un petit sourire et il reprit le doux chemin de ces lèvres. Il embrassa mon pied goulument, comme s'il se délectait de cette douce partie de mon corps, puis ces dents vinrent rejoindre ma peau délicate me tordant de plaisir sous ces caresses. C'était une sensation divine qui m'envoyait des sensations de choc électrique dans chacune de mes veines. Mon corps au complet se tendit attendant la moindre caresse supplémentaire, mais il ne fit rien. Se contenta de reposer ma cheville et de me regarder.

Alors il finit par poser les yeux sur mes seins avec le regard d'un homme affamé qui s'attendrit un simple instant avant de reprendre sa tentation. Son corps se hissa sur le mien et ces lèvres vinrent rejoindre la peau tendue de mon sein droit. Il l'embrassa doucement, comme si c'était une simple plume qui venait de se poser sur ma peau et il fit la même douce torture au second. Cet homme comprenait ce qu'on lui offrait, il était un connaisseur de la gent féminine, mais il était connaisseur de moi. Je reconnaissais dans ces gestes la joie d'un collectionneur qui retrouve l'amour d'un objet interdit, l'amour d'un objet parfait, puisque seul dans ces bras je pouvais me sentir comme telle. Ses doigts pressèrent mes tétons qui se durcissent à cette demande et répondirent, parfaitement à son ordre silencieux.

Mon envie de lui qui s'était habité sur ce bateau, ce toit et maintenant dans cette chambre était irréversible. Mais aujourd'hui rien ne me privera de cette atteinte. Mes cuisses s'écartèrent malgré elles et mon entrejambe fut rapidement trempé. Je poussai les hanches vers lui, l'attente était insupportable. Il savait et sentait mon désir pour lui qui montait à chacune de ces caresses, il quitta mes seins et embrassa mon torse entreprenant une descende sur mon corps. Chaque baiser glissait sur ma peau comme l'eau d'un ruisseau, chaque coup de langue faisait frémisser ma peau et envoyait une décharge électrique au centre de mon corps. Il posa ces lèvres d'un doux baiser sur mon pubis cabrant mon corps davantage et posa finalement ces lèvres ou je le quémandais tout entier. Il posa sa bouche contre mon sexe, sur mon désir battant pour lui, sa bouche douce et chaude…

Je suis trempée, sa salive se mélange au liquide que je sécrète. Alors qu'il me lèche, ses mains agrippent fermement mes hancher, sa langue en pointe, à la fois dure et douce, appuie, lape, cherche et trouve mon clitoris. Il me lèche comme une flamme qui engloutirait tout sur son passage. Parfois il m'effleure à peine et ses lèvres se font plumes. Cette caresse me fait frissonner de la tête au pied. Je suis en transe, j'ai des picotements, mes terminaisons nerveuses se hérissent, il continue de lécher mon clitoris et ses dents vinrent rejoindre cette torture physique. Le plaisir en devint intolérable pour mon pauvre corps meurtri. Tout se met à briller autour de moi et je sens les vibrations de mon corps affluer. J'avais l'impression que la foudre s'abattait sur moi.

- Oh Christian…

Ma voix n'était qu'un simple souffle mélangé à de la délivrance et un atout d'émotion libérateur. Il releva son visage d'ange vers moi avec un sourcil levé. Mais qu'est-ce que tu me fais Christian?

- Je t'en supplie, ne t'arrête pas!

Qui avait prononcé ces mots? Moi? Cette voix tremblante qui avait été il y a quelque seconde un souffle était maintenant comme un sanglot. Les émotions me frappaient, les larmes coulaient le long de mon visage et un trou béant grossissait dans ma poitrine. Le cauchemar frappait dans mon corps, ne voulant laisser place au plaisir qui s'y installait. Christian reprit sa place au-dessus de moi, posant les coudes de chaque côté de ma tête. Je pouvais déceler de l'incompréhension dans son regard. Oh non, Christian, je t'en supplie, je t'ai rejoint pour oublier, pour tout oublier. Ces doigts vinrent recueillir une larme qui tombait de ma paupière.

- S'il te plaît Christian, ne t'arrête pas.

- Je ne peux pas faire ça Ana, pas lorsque tu es dans cet état.

- Je veux oublier… fais-moi tout oublier.

Il semblait dans l'incompréhension face à mes demandes, j'arrivais chez lui, demandant un châtiment et demandant cet homme, mais mes sentiments étaient plus forts que moi et me bloquait, mais je voulais sincèrement tout oublier.

Sébastien.

Le divorce.

L'hôpital.

Le malade qui avait pris la photographie de nous deux.

Le sang.

La trahison.

L'invasion de domicile.

Jack Hyde.

Moi!

Je voulais m'oublier, moi.

- Ne mord pas cette lèvre ainsi, ma douce Ana.

Sa remarque me fit lever les yeux vers lui et ces doigts se posèrent sur ma lèvre inférieure la libérant de mes dents. Je soufflai doucement contre son index, qu'il retira rapidement pour le remplacer par ces lèvres. Mon corps se raidit par surprise, puis de détendit rapidement se laissant aller dans cette étreinte. Ces lèvres caressaient les miennes, les effleuraient comme une plume et les aspiraient comme le vent. Il était si doux. Sa langue vint caresser doucement ma bouche lui demandant accès et nous revivions cette étreinte que nous avions débutée. Mes doigts se glissèrent jusqu'à ces cheveux agrippant ces mèches rebelles. Je sentis son index descendre le long de mon visage, caressant mon cou et continuer leur chemin contre mon flanc. Plus il avançait, plus mon corps se détendait et une sensation de comble montait en moi. Son baiser devint exigeant et ferme, il laissait place à son désir également. Il frotta langoureusement son érection puissante contre mon bas ventre qui imita son mouvement. Je gémis contre ces lèvres alors que cette douce sensation me réveilla complètement et éloigna les démons. Oh oui, il m'avait manqué.

Il se redressa du lit pour se débarrasser de son pantalon de survêtement. Il glissa les pouces sous les bandes élastiques gardant ces yeux rivés aux miens et laissa tomber le vêtement à ces pieds. Le tissu de son boxer d'une grande marque était tendu au maximum, laissant mon imagination se souvenir de son membre massif. Cet homme n'avait aucun complexe. Il refit le même mouvement et me dévoila son sexe, le voilà, comme avant, nue face à moi. Ces petites cicatrices rondes formant l'homme de son passé. Nous étions maintenant égaux, plus rien à cacher. Aucun mensonge, aucune trahison. Seulement lui… Seulement moi. Il reprit la place qu'il venait de quitter ne laissant aucunement son poids m'affecter.

Je ne pouvais pas m'empêcher de me mordre la lèvre et de sourire à la vue de son érection, de son gland qui luisait contre ma peau moite de chaleur. Il était nu, tendu au-dessus de moi. Je tendis la main vers son torse, mais je m'arrêtais à quelque millimètre de sa peau, plus certaines s'il acceptera cette caresse. Je le regardai et attendit un simple geste de sa part qui me ferait reculer. Je ne voulais pas nous brusquer, bien que cette petite démone en moi n'attende que ce moment que je vivais finalement. Il l'attrapa et la posa contre son torse sans aucune hésitation, ma paume reposait contre sa peau et sa paume la pressa davantage contre lui. Cet homme qui ne voulait aucune caresse, aucun geste sur son corps. Il n'avait pas été touché ainsi depuis six ans et c'est sans barrières que je pouvais reposer mes mains sur lui. J'avais toujours aimé sentir la contraction de ces muscles contre ma peau.

Il répandit des baisers légers comme des plumes autour de mon oreille et sur ma nuque. Sa main frôlant ma taille, glissant sur ma hanche, dressant le derme de ma peau le long de mes cuisses vers l'arrière de mon genou qu'il redressa jusqu'à sa taille. Il fit le même parcours pour mon autre jambe éveillant les moindres recoins de mon corps. Chaque choc électrique que ces doigts laissaient sur mon corps se rendait directement vers mon centre. Il glissa l'une de ces jambes entre les miennes faisant en sorte de bien les écarter pour se dresser pleinement entre celles-ci. Son pouce se fraya un chemin jusqu'à mon entre-jambes continuant ce dont mes sanglots nous avaient privés.

Ses longs doigts massèrent délicatement mon clitoris d'un lent mouvement circulaire. Son souffle était si doux sur mon visage tandis que ces dents mordillaient la ligne de ma mâchoire.

- Tu sens tellement bon.

Il frotta son nez derrière mon oreille, glissant et respirant mes cheveux, mon corps, ces mains caressant mon corps d'un geste circulaire et délicat. Mes hanches ondulaient seules sous l'effet d'un plaisir d'une intensité presque douloureuse, crispant les parois internes de mon corps. Lentement, il inséra un doigt en moi pour caresser mon intérieur. Toute mon énergie et ma source étaient rivées à cette parcelle de mon anatomie. Une parcelle qui se comblait. Je gémis en le sentant parcourir un point délicat.

Ses lèvres esquissèrent un sourire contre ma peau et je sentis ces dents effleurer par la suite mon oreille, commençant à aller et venir de ses doigts. Chatouillant à chaque passage mon clitoris. Je fermai les yeux et tentai de maitriser ma respiration qui se faisait déjà haletante, une sensation de frisson et de chaos se place dans mon organisme, il m'arracha encore une fois un gémissement.

- Tu es toujours aussi réceptive ma douce Anastasia, grogna-t-il en continuant ces caresses tentatrices clouant mon corps sur place.

Sa voix est rauque et irrégulière, presque comme un grognement animal. Sa bouche se pencha sur la mienne et notre baiser n'avait plus rien de doux ni de délicat : il était affamé et j'étais affamé. En manque. Je le caressai délicatement, glissai mon pouce sur la goutte humide de son extrémité, explorai les veines, les lignes et le contraste entre le soyeux et la dureté de son membre que je retrouvais enfin.

J'attendis désespérément qu'il me pénètre, mais il ne le fit pas.

- Tu me jures que c'est ce que tu veux réellement? murmure-t-il avec douceur.

Je me contentai d'acquiescer et essayai de l'attirer contre moi. Mais il résistait, il me regardait de ses yeux impénétrables.

- Ne ferme pas les yeux, si tu veux oublier, ne laisse pas les souvenirs inonder ton esprit. M'ordonna-t-il. Ne quitte pas mon regard.

Avant que je puisse lui fournir une réponse, je le sentis à mon entrée. Nous y étions finalement, je l'avais repoussé la dernière fois, à cette même étape, mais je ne ferai pas la même chose cette fois-ci. Et lentement il me pénétra, lentement, beaucoup trop lentement jusqu'à ce qu'il soit en moi. Je suspendis mon souffle tandis qu'il ondula des hanches, se retira et recommença son doux supplice. Ces pénétrations étaient lentes, cette sensation que mon corps avait d'être remplie à nouveau. Ces gémissements remontant le long de sa poitrine. J'abaissai mon bassin l'emprisonnant dans mes plis, encore plus loin. Il était massif, imposant et énorme. Je laissai mes doigts emprisonner ses bras tandis qu'il glissait entièrement en moi butant contre le fond de mon ventre, la sensation de la chair glissante contre la mienne trempée et envoutante était plus sensuelle que tout ce que j'avais pu ressentir auparavant. Je nous sentis bouger, doucement, tranquillement, je me sentis ouvrir sous l'énormité de son sexe, mon humidité nous faisant glisser l'un contre l'autre. Un grognement de satisfaction sortit de son buste et il appuya son front contre le mien. Je sais ce que tu ressens, Christian, je ressens la même chose.

Ces doigts se frayèrent un chemin vers mon clitoris et débuta une légère pression. C'est haletante que je rejoignis sa main enlaçant mes doigts aux siens et on me caressa tous les deux. Je savais que cette image et cette sensation lui plairaient. Mon autre main était posée contre sa mâchoire et il enfouit son visage dans ma paume y déposant ces lèvres le plus délicatement possible. Dans ces yeux, je pouvais y lire toute la douceur, la tension, l'appréhension et la fierté qu'il ressentait. Il pétrit mes seins tout en gardant la caresse sur mon bouton enflé, ses cuisses se contractèrent dures comme du bois contre mes cuisses, mes jambes toujours entourées autour de sa taille soulevèrent mon bassin, poussant toujours plus loin dans mon fond.

- Oh, bébé… souffla-t-il.

Je sentis la chaleur de son souffle contre ma joue, sans voix, murmurant mon prénom, comme s'il s'avouait son amour pour moi, il me répéta à quel point j'étais belle, douce, délicate, comme dans ces souvenirs.

- Tu es parfaite, Ana… Tu sens comme nos corps s'emboîtent.

Chaque mot qui s'échappait de ses lèvres était comme une douce mélodie à mes oreilles une chanson rythmée par le va-et-vient de nos corps enlacés.

Il y avait un début, celui-ci, mais il n'y avait pas encore de fin, du moins, je le repoussai au plus loin possible. Il n'y avait que nous, dans cette chambre dénudée de couleur reflétant seulement celle de nos peaux. Il n'y avait que le fusionnement du plaisir et de l'abandon final.

Le moment vint trop rapidement, je sentais mes muscles se raidir et mon ventre frémir, et je jouis, fortement l'entourant fermement dans mes entrailles et le soulagement était infini. Vagues après vagues de tensions délicieuses, d'une chaleur flottante dans l'habitacle, des volutes d'extase et des flots d'amour si puissant que je n'arrivais plus à respirer, mais je continuai à jouir autour de lui, le menant à son tour au paroxysme en murmurant son prénom. Il se déversa en moi dans des soubresauts. Seule chose que je pouvais faire en ce moment.

Il n'y avait aucune recette miracle dans notre histoire. Je n'allais pas me réveiller demain en n'ayant plus aucun problème, joyeuse et fière de ce que je faisais présentement. J'aurai toujours mal à ma joue, je serais encore blessé du temps passé. Mon fils sera encore bougon, mais ce moment, aujourd'hui en cet instant, avait rendu toutes ces choses beaucoup plus supportables. Il me guérissait, quelques minutes, mais il l'avait tout de même fait.

Il se retira doucement créant un petit vide à l'emplacement qu'il venait de récupérer et m'étendit entre les draps. Je me sentais sereine avec lui à proximité. Il se retourna vers la petite table de chevet ultra moderne et en sortit un kleenex pour nettoyer l'intérieur de mes cuisses. Son geste était sans arrière-pensée, simple et réconfortant. Loin de la romance que nous venions de vivre!

- Tu regrettes? Me demanda-t-il

- Non, pas du tout.

Il jeta le kleenex souillé et se redressa pour prendre son pantalon de survêtement. Pendant qu'il se le glissa sur les hanches, je me redressai dans le lit. Un sentiment étrange m'habita, comme s'il allait se désister.

- Tu es à quel hôtel? Me questionna-t-il en ramassant ma robe et mon sous-vêtement.

- Fairmont Olympic. Répondis-je aussitôt.

Oh non, Christian, je ne partirai pas d'ici. Pas après ce que tu venais de me faire vivre. L'un de ces sourcils se redressa à l'entente du nom de l'hôtel, eh oui, je suis capable de me l'offrir maintenant. Tu n'es plus face à ce jeune diplômé.

- Ta voiture est dans le stationnement?

- Oui.

- Tu peux dormir ici, si tu veux, tu n'as qu'à prendre l'un de mes t-shirts et l'un de mes boxers.

Il se dirigea vers la porte me laissant cloîtrer sur le lit à le regarder s'éloigner. Vas-y Ana, parle avant qu'il ne soit trop tard et qu'il ne t'abandonne.

- Tu ne dors pas ici? lui demandai-je.

- Oui, mais pas avec toi.

- Pourquoi?

- Parce que. Me répondit-il simplement.

D'où sortait son humeur exécrable tout d'un coup, nous venions pourtant de vivre quelque chose de magnifique. À moins qu'il ne l'ait fait simplement pour moi et que je ne suis plus rien pour lui. Mon cœur se mit à battre à tout rompre et ma respiration fit des soubresauts. Que j'étais idiote de croire que je pouvais revenir et que tout redevienne comme avant, du moins le temps d'une nuit.

- Oh Ana, non ce n'est pas ce que j'ai voulu te dire. Se reprit-il désolé. Il se pencha doucement vers moi posant une main contre ma joue. Je ne crois pas que tu sois prête à cela, tout comme tu n'étais pas prête à faire ce que nous venons de faire.

- Mais je ne comprends pas, pourquoi m'avoir laissé le faire?

- Parce que tu es débarqué chez moi déboussolé me demandant de te punir pour tes châtiments.

- C'est toi qui regrettes, pas moi.

- Je regrette, Anastasia, certes, mais pas comme tu le sous-entends. Tu étais consentante et je l'étais également, mais il y a quelque chose que tu me caches et c'est cela que je regrette.

- Je suis désolée.

- Tu n'as pas à l'être… dors maintenant, on se retrouve demain.

Son pouce traça un doux chemin de ma tempe vers ma lèvre et il posa un baiser sur mon front. Son regard qui avait débuté tentant, inquisiteur, exigeant, fébrile, laissait place à l'émotion que je ne souhaitais pas percevoir, de la tristesse. Il quitta la chambre avec mes vêtements dans ces mains. La pièce sombre et triste posa tout son poids sur mes épaules. Je m'effondrai dans ces draps laissant place à mes sanglots. Moi, j'avais déçu Christian Grey…