A part quelques disputes et un litige entre voisins Emma n'eut pas grand chose à faire dans la journée que de rêvasser à son bureau de Shérif. Les papiers qu'elle devait remplir la firent bailler et un instant elle cru trépasser en lisant des lois dépassées et rébarbatives. Elle posa la tête un moment et, sans s'en rendre compte, s'endormi pour ne se réveiller que bien plus tard. Elle se leva d'un bond en regardant l'horloge.
« Merde, Henry ! »
Il était déjà l'heure qu'elle passe le chercher, il était même dix minutes plus tard. Elle se hâta et trouva, devant l'école, un Henry fort charmeur, parlant à une gamine à peine plus âgée que lui. Henry faisait de grands gestes et des bruits d'explosions en expliquant sa, soit-disant, dernière aventure en tant que fils de la sauveuse. Emma souriait en marchant dans sa direction et ne fut pas surprise que son fils ne l'ai pas remarqué tout de suite. Une fois son histoire terminée il se dirigea vers Emma en lançant un dernier regard à sa dulcinée.
« Elle est mignonne gamin. »
« Je sais oui. Avoue qu'on a quand même de bon goût en matière de femmes dans la famille »
Il fixa Emma qui comprit aussitôt le sous entendu, elle se figea sur place toisant son fils comme s'il lui avait assénée un coup de poing dans le ventre. Il lui sourit puis couru en direction de la voiture, laissant sa mère biologique digérer la situation.
Le chemin vers le manoir fut silencieux. Henry, qui semblait content de son coup, jouait maintenant avec sa console portable, un rictus accroché aux lèvres. Il sentait qu'Emma lui jetait des regards de temps à autres, tantôt interrogateurs, tantôt anxieux.
Au manoir, Regina n'était pas encore rentrée. Henry monta dans sa chambre faire ses devoirs après un goûté bien mérité mais toujours dans le silence. Tout au long de celui-ci, Emma ne l'avait pas lâché des yeux, alarmée mais incapable de creuser le sujet avec lui pour le moment.
Seule à présent, Emma explorait le salon, se délectant du moindre indice révélant toujours un peu plus de la personnalité de Regina. A n'en pas douter, ce n'était pas les couleurs qui étoufferaient cette pièce. Tout comme les autres, elle était épurée et seules les nuances de blanc, de gris et de noir semblaient trouver grâce aux yeux de la Reine. Emma se demanda si la chambre était dans les mêmes ton, après tout elle n'avait pas encore eu la chance d'y entrer. Elle s'arrêta devant la porte de celle-ci, s'apprêtant à poser une main sur la clanche quand le son de la porte d'entrée claquée avec force la fit sursauter.
Elle se faufila en direction du salon et se jeta sur le sofa pour finalement prendre une position plus ou moins naturelle.
« Emma, je suis désolée, je suis un peu en retard. La journée à été longue. »
Regina soupira en accrochant son manteau dans l'entrée puis rejoignit Emma sur le sofa.
« Ce n'est pas grave, j-je bouquinait » Emma désigna les magazines et livres éparpillés sur la table mais en lisant les titres comme 'Beautifuls Homes' ou encore 'Les incroyables aventures de Bob l'éponge', elle se mordit les lèvres. Regina laissa échapper un rire sarcastique.
« Tu n'as vraiment aucune imagination en terme d'excuses… »
« Non, je crois que je ne suis pas douée dans ce domaine » Emma riait aussi en s'enfonçant dans le sofa. Quand les deux furent calées, Emma reprit :
« Alors… Il fallait qu'on parle je crois. Je suis là ! »
« Oui… Beaucoup de choses se sont passées depuis le malheur qui est arrivé à Henry, nous n'avons pas encore eu le temps de mettre à plat certaines choses. »
« A vrai dire je pense avoir été assez clair » lâcha Emma en se souvenant avoir confié ses sentiments à Regina dans un moment de fragilité. La brune acquiesça et continua :
« Je le sais… c'est justement pour ça qu'il fallait que l'on éclaircisse les choses… »
La brune débuta son explication à une Emma de plus en plus blessée. Selon elle, elle ne ressentait pas la même chose… ç'a n'avait été que du sexe. De plus, elle ne tombait pas amoureuse des femme et elle ne couchait habituellement pas avec non plus. Elle trouva des excuses telles que sa détresse émotionnelle du moment, son manque d'affection et d'attention de la part d'un autre être humain. Bref, elle débita ses inepties avec un tel aplomb qu'Emma resta paralysée un moment. La Reine savait porter un masque de neutralité quand elle parlait de sentiments. Elle continua comme ça un moment semblant ignorer la douleur de la blonde assise à ses côtés.
Aucune des deux n'avaient entendus Henry redescendre les marches doucement. Il avait entendu le discours de sa mère adoptive et aurait eu envie de pleurer en imaginant la douleur provoquée chez Emma. Il secoua la tête en remontant silencieusement les marches, une nouvelle opération devait prendre place et comme tout ce bazar avait commencé avec sa malédiction du sommeil il décida de lui donner un nom en rapport cette fois ci.
« Opération Sleeping-Spell amorcée ! » lança-t'il en flanquant tout un tas de vêtement dans son sac à dos.
Emma sortit du manoir, retenant les larmes qu'elle n'avait pas voulu laisser couler devant une Regina si froide. Elle ne l'avait pas reconnue. La brune avait été encore plus distante que la femme qu'elle avait rencontré pour la première fois en arrivant dans cette ville.
Assis paisiblement à côté de la coccinelle jaune, le matou noir la regardait se diriger vers lui, visiblement dévastée. Elle le fixa étonné :
« Mais tu me suis ou quoi ? Tu t'es déjà regardé dans un miroir ? Tu es un chat, pas un chien… »
Le chat n'eut que faire de ces conseils et tourna autour de ses jambes, visiblement heureux de la revoir.
« Laisse moi ce n'est pas le moment… »
Elle laissa son dos reposer sur la portière de sa voiture, regardant le manoir du Maire en se demandant si Regina avait vraiment pensée ces mots. Leurs étreintes avaient été tellement fortes et réelles… Elle porta le chat dans ses bras avant de prendre la place conducteur. Elle le déposa sur le siège à coté d'elle, toujours étonnée qu'il ne bronche pas, puis prit la direction de chez elle.
