Restée plantée là, Emma fut surprise à nouveau par le ronronnement à ses pieds. Ce maudit chat avait dû se glisser entre les jambes de Belle au moment de sa sortie. Il fit des tours et des détours puis sauta délicatement sur le comptoir. Fixant ensuite Emma, il attendit que son regard se pose sur lui pour sauter sur une étagère du mur. La blonde l'incita à descendre mais sans résultat. Le matou têtu marqua un temps puis leva la patte doucement devant lui, atteignant une fiole verte émeraude. Voyant le drame arriver et surtout la colère de Rumple s'il arrivait malheur à ses objets, Henry eu juste le temps de s'approcher, de rattraper la fiole puis de déposer le chat à terre. Celui-ci, miaulant joyeusement, semblait heureux de son action. Henry se redressa puis au moment où il reposait le récipient, fut surpris de la lueur qui traversait ses vêtements. Il dégagea alors le pendentif de son col :
« Regarde Emma ! Il brille ! »
Emma fit le tour du comptoir pour rejoindre son fils :
« Tu as volé le pendentif du navire ? ! Henry ! »
« Oui mais ce n'est pas le plus important là ! »
Le garçon le tira de son cou et se rendit compte rapidement que l'objet brillait de plus en plus en fonction de l'orientation qu'Henry donnait à sa main. Il ne chercha pas longtemps. Au summum de son intensité, le bijou brilla une dernière fois avant de s'éteindre brutalement, comme court-circuité. Une petite porte dans le mur s'ouvrit alors juste à l'emplacement de la fiole sauvé de justesse. Poussés par leur curiosité respective, les deux complices regardèrent à l'intérieur. Emma étant la seule assez grande pour atteindre le recoin, tendit la main pour en sortir une boite en bois, luisante elle aussi. Le scintillement semblait venir de l'intérieur cette fois-ci. Quelque chose dans la boite appelait Emma, du moins elle cru l'entendre. Au moment où elle allait l'ouvrir, Henry lui prit des mains pour la cacher dans son dos. Quelqu'un venait par ici. Surprise, ils eurent à peine le temps de se remettre en place devant le comptoir que Rumple rentrait dans sa boutique. Visiblement agacé de leur venus.
« Il parait que vous vouliez me voir. »
Ayant trouvé une excuse bidon pour sortir de là, Emma et son fils couraient à présent comme des gamins prit sur le fait.
« Qu'est-ce que tu ne me fait pas faire, gamin… »
Ils stoppèrent net devant Regina leur barrant la route. Un sourire carnassier se dessina alors sur les lèvres quand elle reconnut les deux complices.
« Alors on se promène ? »
« On s'amuse bien oui » Henry força un sourire angélique alors qu'Emma avait reprit la boite, la conservant derrière elle. Regina se rapprocha d'eux, comme pour essayer de lire dans leurs regards et deviner ce qu'ils pouvaient bien lui cacher. Tout à coup, ses yeux se perdirent dans le vague, elle ressentait une sensation étrange au moment où elle se rapprochait de la blonde, comme si elle atteignait une partie d'elle. Le Shérif, quant à elle, eu du mal à maintenir la boite correctement, elle lui semblait chauffer de plus en plus entre ses doigts, il fallait qu'elle la lâche ou qu'elle parte.
« Nous n'avons pas finit notre course… Je te le ramène juste après ? »
« Bien-sûr … » Reprenant le contrôle d'elle-même, Regina se décala sur le côté, laissant place à la compétition mère/fils. Les deux se regardèrent, remercièrent le Maire d'un sourire puis reprirent leur course effrénée.
Une fois au loft, ils montèrent les marches deux par deux pour atteindre la chambre d'Emma. Elle se sentait retomber en enfance quand elle était en compagnie d'Henry, elle adorait ce sentiment infantile. C'était, en quelque sorte, une manière de rattraper le passé.
Henry se jeta sur le lit, pria sa mère d'en faire de même mais surtout d'ouvrir la boite. Emma la posa devant son fils et s'aperçut des brulures superficielles recouvrant sa paume.
« Tu t'es brulée ? C'est la boite ? »
« Je crois oui… Au moment où Regina s'approchait, j'ai senti comme une chaleur intense provenant de la boite. »
Henry écarquilla les yeux, il entreprit de lever le petit fermoir et d'ouvrir enfin le coffret. Ses yeux s'agrandirent d'avantage en découvrant ce qu'il contenait. Emma jeta un oeil à son tour, ébahit.
« C-c'est… c-c'est un coeur ? » Prononça Henry levant les yeux vers sa mère.
« Oui… Comme celui qu'on a retrouvé dans les bois… Sauf que celui-ci…. » Elle chercha ses mots « …Brille… ? »
Henry atteignit une nouvelle fois son livre, il savait que cette histoire lui rappelait quelque chose.
De l'autre côté de la ville, Regina entra en furie dans le magasin qu'Emma venait de quitter. Gold se tenait là, nettoyant le coeur d'un pendentif retrouvé sur le sol. Il avait heurté le bijou par hasard et savait qu'il ne faisait pas parti de ses trophées. Pourtant, l'homme reconnu aussitôt la frappe spécifique du forgeron auquel il faisait appel dans la forêt enchantée. Il se rappelait parfaitement avoir acheté puis enchanté cet objet pour quelqu'un de spécial.
La forêt enchantée, plusieurs années auparavant
Rumple ne boitait plus. Il tenait le village en respect, fabriquait même de l'or et pourtant son fils n'était pas heureux. Il ne lui faisait pas confiance. Malgré son coeur devenu noir, le Ténébreux était peiné que son propre fils doute de lui.
Il revint donc avec l'objet forgé pour lui, entra dans sa modeste demeure et s'affaira à enchanter le pendentif. Au retour de son fils un peu plus tard dans l'après-midi, il le déposa sur la table devant ses yeux en souriant.
« Tiens Bae. C'est un petit cadeau pour toi. »
Baelfire prit l'objet dans ses mains, le scrutant un moment. Il se tourna ensuite vers son père :
« Qu'est-ce que c'est p'pa ? »
« C'est un talisman fils »
Bae le reposa aussitôt sur la table :
« Je ne veux pas de tes objets magiques. Ils n'apportent que le malheur. »
« Pas celui-ci… Je sais que tu n'as aucune confiance en moi, c'est pour ça que je t'offre le seul objet enchanté qui te permettra d'outre passer mes sorts. Tu pourras ouvrir mes cachettes secrètes pour regarder dedans si tu le souhaites, tu pourras t'assurer qu'aucun sort ne soit jeté sur qui que ce soit ou quoi que ce soit autour de toi. »
« Tu n'as pas peur que ça tombe entre de mauvaises mains ? Si tes ennemis me l'arrachaient ? »
« Ne t'en fais pas pour ça, seul une personne partageant le même sang que moi peut s'en servir. Et tu es mon seul fils Bae. »
Il caressa la chevelure noire de son fils aussi affectueusement qu'il le pouvait encore, puis la souleva pour faire place au collier.
« Voilà, avec ça je n'aurais plus de secret pour toi. »
De retour à Storybrook, Rumple caressait encore le talisman en pensant à son fils bien aimé. Si seulement il ne l'avait pas abandonné… L'arrivée brutale du Maire ne le fit pas sursauter, il se contenta de poser devant lui l'objet de son passé, se demandant encore comment il avait pu arriver là. Bae était-il dans le coin ? Se cachait-il de lui ? Ou cet objet était-il venu avec les deux fouineurs de tout à l'heure ? Cela n'avait aucun sens.
Le bijou était sertit d'une dizaine de fragments de rubis, au fur et à mesure des utilisations, ces grains rouges étaient censés s'éteindre un à un. Gardant le compte du nombre de découvertes que Bae aurait faite sur les agissements de son père. Seulement, le Ténébreux en était sûr, son fils ne l'avait porté que peu de temps et ne s'en était pas servit une fois. Pourtant, un des fragments avait bien rendu l'âme…
Il leva enfin les yeux sur Regina, qui pestait violemment contre lui :
« Où est-il ? »
C'était surement ça… Gold se leva de son tabouret pour se retourner vers l'endroit dans le mur où il cachait la plupart des choses de grandes valeurs. Il passa une main dessus, attendit que l'aura rouge se dissipe puis ouvrit la petite porte donnant sur un renfoncement à présent vide. Heureusement qu'il n'avait pas caché sa précieuse dague ici. Il fit le lien entre le vol de l'objet qui s'y trouvait et le talisman de son fils qu'il regarda à nouveau. Regina reprit de plus belle :
« Vous ne m'avez pas simplement figé sur les quais l'autre matin ? Vous m'avez arraché le coeur ! »
Le plus important pour Rumple n'était pas de contenter la Reine et encore moins de continuer son manège pour le moment. Il était trop intrigué par le fait que son fils puisse réapparaitre ainsi. Il referma le petit accès puis se retourna en adressant un sourire diabolique à la brune :
« Vous m'avez arraché le coeur et séparé de lui pendant des décennies, en emprisonnant Belle. Vous pensiez trouver votre bonheur ici Votre Majesté ? » Il sourit de plus belle, un instant Regina crut voir le Ténébreux alors qu'il continuait : « Alors souffrez maintenant ! »
Rumple leva une main vers Regina qui disparue soudainement dans un nuage rouge. L'homme avait bien d'autres choses à faire avant d'achever sa vengeance.
Il prit de nouveau le talisman entre ses doigts tremblants puis soupira :
« Bae… »
Dans une rage démente, Regina laissait aller ses pouvoirs à détruire tout ce qui se trouvait dans la pièce où Rumple l'avait renvoyé. Elle savait que ce n'était pas la peine qu'elle y retourne, le Ténébreux avait été son mentor, elle connaissait sa puissance et savait qu'elle ne ferait jamais le poids seule contre lui.
Elle s'arrêta un moment dans sa folie, cherchant à reprendre son souffle. Il lui avait arraché le coeur pour qu'elle n'ait pas sa fin heureuse et elle était bel et bien tombée amoureuse de cette maudite sauveuse. Le fait de ne plus avoir son palpitant ne lui enlevait pas cet amour, il lui était simplement impossible d'en tirer du bonheur. Si Rumple gardait son coeur, il ne lui rendrait jamais. Il fallait qu'elle mette fin à ses sentiments pour la blonde… Mais elle ne s'en irai jamais…
La seule solution qui lui vint à l'esprit fut de mettre fin au jour de son ancienne amante. Au bout d'un moment sa blessure se refermerait tout comme les autres.
Elle se redressa, quasiment soulagée par la solution toute trouvée qui venait de lui traverser l'esprit. C'est avec le regard dément qu'elle fixa son miroir, oui, la solution était là. La sauveuse lui avait fait perdre la tête ? Elle réglerait ce problème à la façon de la Méchante Reine, comme elle l'avait toujours fait. Elle envouterait même son fils pour qu'il oublie jusqu'à l'existence de sa mère biologique. Elle sourit à son reflet avant de disparaitre dans une brume violette.
