Se tenant devant son père, Emma ouvrit la bouche pour parler, la referma, la rouvrit puis la ferma de nouveau… Elle ne savait pas comment lui annoncer la nouvelle. David la dévisageait, perdu par son attitude plus que curieuse. Blanche regardait sa fille se battre entre ses pensées et ce qu'elle allait dire. Elle décida de voler à son secours. Elle attrapa sa fille par le bras pour l'emmener plus loin, une fois hors de porté d'oreilles et d'yeux, elle chuchota :

« Écoute, je ne crois pas que ce soit une bonne idée maintenant, tout le temps que tu ne sais pas exactement quoi dire en tout cas… »

« Si tenté que je trouve un jour quoi dire… »

Blanche serra les mains de sa fille dans les siennes puis lui proposa :

« Si tu veux j'attends d'être seule avec lui ce soir et je lui en parle, je lui ferais du charme. »

Emma grimaça à l'idée

« Yerk M'an… épargne moi les détails. »

Blanche retint un rire à la tête que prenait sa fille à l'instant, elle avait vu cette même mimique sur le visage d'Henry. Elle n'était pas sa mère pour rien.

« Non pas comme ça… Allez, va tranquillement faire ce que tu dois faire et laisse moi m'occuper de ton père, ok ? »

Remerciant sa mère, Emma la prit dans ses bras :

« Ok… »

Provenant de la cuisine, une voix impatiente se fit entendre :

« Est-ce que quelqu'un va finir par m'expliquer ce qui se passe ici ? »

Sur le chemin qui le menait chez Emma, le Chat Crochet se convaincu finalement que de prévenir la sauveuse serait surement le plus avantageux pour lui. Elle saurait comment vaincre le Ténébreux ou du moins comment le libérer lui de sa condition. Les croquettes et les boites de thons avaient assez durées. Mais comment lui faire comprendre… Il ne pouvait pas parler, pas écrire…

Grimpant le long de la fenêtre, il trouva celle-ci fermée. Il vit qu'Emma et son fils étaient allongés sur le lit, regardant de vieilles photos.

Dès la sortie de l'école, Henry avait souhaité en savoir plus sur l'enfance de sa mère biologique et était vraiment triste en apprenant qu'elle avait été ballottée de foyers en foyers. C'est à ce moment là qu'il mesura sa chance d'avoir été adopté par Mme Regina Mills, Maire de Storybrook. Ça n'a pas toujours été facile mais, il fallait le reconnaitre, elle avait tout fait pour qu'il grandisse dans les meilleures conditions.

Le garçon leva la tête vers la fenêtre et vit le chat gratter misérablement à la vitre. Il entreprit donc de lui ouvrir.

« Laisse-le dehors ce sac à puce »

« Mais… le pauvre… il va avoir froid… »

« Froid ? Tu as vu l'épaisseur de sa fourrure ? »

« Il faut bien qu'il ait un toit, tu sais comme c'est important… »

Emma lui lança un regard outré, utiliser cette excuse pour la faire craquer était réellement de la triche.

Fiers de lui, Henry souriait brillamment à sa mère qui soupira en retournant à ses photos. Non content qu'on l'ai enfin entendu s'user les griffes sur le verre, le matou sauta sur le lit. Ne lui prêtant aucune attention, Emma continua de conter l'histoire de son adolescence au garçon qui s'était réinstallé à côté d'elle.

Au bout d'un quart d'heure, c'est encore le chat qui suscita leur intérêt. Les yeux rivés sur une de ses pattes, il s'évertuait à ne sortir qu'une griffe voulant mimer son crochet. C'était plus dur qu'il n'avait imaginé. Comprenant qu'il était observé il lança enfin son plan ; il se dressa sur ses pattes arrières, sortie la griffe qu'il souhaitait tout en laissant son autre patte avant sur ton petit torse poilu. Il ferma également un oeil, il se disait que mimer un pirate devait aussi passer par la perte d'un globe oculaire dans l'esprit de beaucoup. Pour finir, il força un miaulement rauque comme pour appuyer son imitation.

Henry et Emma le regardèrent estomaqués puis se toisèrent mutuellement,

« Emma… ? Qu'est-ce qui lui arrive à ton chat ? »

« Une crise d'épilepsie ? » Répondit-elle en haussant les épaules.

L'image qu'il renvoyait était simplement celui d'un matou avec une patte toutes griffes dehors, prenant la position d'un suricate lanceur de clins d'oeil.

En entendant leurs commentaires, le Chat Crochet retomba sur ses quatre pattes, déçus de ne pas avoir fait impression. Qu'est-ce qu'il fallait faire pour être reconnu ! Même s'il n'avait jamais rencontré Emma et son fils, ils avaient quand même dû lire son histoire quelque part !

Vexé, il s'allongea de nouveau pour réfléchir à une nouvelle idée. Emma et Henry constatant qu'il 'allait mieux', se replongèrent dans les souvenirs de la blonde. Faisant défiler les photos une à une dans ses mains, elle s'arrêta sur une en particulier. Celle de Neal. Ce fut un instant bref puisqu'elle essaya de passer rapidement à la suivante mais son fils n'était pas dupe, il l'avait vu s'attarder dessus.

« C'est qui ça M'man ? »

Henry aimait bien la surnommer comme ça pour la faire craquer et obtenir ce qu'il désirait en temps voulu. Ce n'était pas spécialement méchant, il savait ne pas trop user de cette carte, mais il fallait qu'il sache. Emma se racla la gorge, soudainement à court de mot. Elle jeta la photo devant les genoux de son fils dans un geste décidé et ferme. Elle devait lui parler de son père… Emma hésita un instant, l'idée d'en parler à Regina avant lui traversa l'esprit. Elle finit par secouer la tête en supprimant un rire, voilà qu'elle se sentait déjà fermement en couple avec Mme le Maire ! Assez pour commencer des réunions de famille à trois autour d'une table pour parler de choses difficiles à dire à leur fils. Cette idée lui semblait soudainement plaisante… Mais même si leur relation n'avait pas de nom, elles n'étaient pas 'en couple'… Si ?

« Emma ? » appela Henry légèrement inquiet de l'attitude de sa mère.

« C'est… C'est ton père sur la photo »

Ça y est, c'était enfin tombé. Henry regarda la photo, choqué de la révélation. Il n'avait pas osé lui poser des questions sur son père et voilà qu'il se retrouvait avec une photo de lui sous le nez.

Chat Crochet (appelons le ainsi maintenant) avait ouvert brutalement ses petites paupières pour poser ses yeux bleus sur la photo. Ce visage lui semblait familier… A vrai dire il n'avait plus vraiment de doute sur l'identité du père d'Henry depuis que celui-ci avait réussi à déjouer un sort scellé par la magie du sang. Le garçon avait bien réussi à faire fonctionner le collier que Crochet avait lui même ramené avec lui.

Du temps où il naviguait avec Baelfire, ce dernier lui avait tout raconté sur la dague de son père et sur le pendentif qui lui permettrait d'annuler ou de repérer les sorts lancés par celui-ci. Seulement ce pendentif était trop important et trop fort pour lui, il l'avait enterré quelque part dans la Foret Enchantée et ne l'avait pratiquement jamais porté. Le Capitaine du Jolly Roger n'avait eu de cesse de rechercher ce Talisman après le départ de son moussaillon.

Le félin eu soudain une idée, laissant la mère et le fils s'expliquer, il reparti par la fenêtre. Il fallait qu'il retrouve le Talisman et qu'il le ramène à Henry. Le sort qui le maintenait dans ce petit corps avait été lancé par Rumple, il pouvait donc être brisé par le fils de Baelfire. Au moins ça méritait un essai.

Un peu plus tard dans la soirée, Emma et Henry atteignaient le porche de l'immense maison de Regina. La blonde frappa et la réponse ne se fit pas attendre. La porte s'ouvrit devant eux mais personne n'était derrière. Au fond du salon, Regina avait fait un simple geste de la main pour que la porte laisse entrer ses deux invités tant attendus. Ceux-là entrèrent dans ce qui était encore véritablement un chantier. Ils traversèrent l'entrée puis arrivèrent dans une salle où une guerre mondiale avait dû se dérouler. Regina, qui était jusque là accroupi pour ramasser quelques bouts de verres, se redressa pour les saluer. Henry vint la serrer contre lui alors qu'Emma se contenta d'une bise chaleureuse. Nul besoin de démonstration devant leur fils.

« Qu'est-ce qui s'est passé ici ? Un tremblement de terre ? » Se risqua Emma.

« On peut dire ça. » Répondit simplement Regina.

La brune leur expliqua rapidement la raison d'un tel désordre puis se remit au travail. Henry monta poser ses affaires et préparer les devoirs qu'il avait pour le lendemain. Emma regarda autour d'elle puis se tourna vers la brune :

« Pourquoi ne pas simplement… » Elle finit sa phrase en tentant d'imiter les mouvements de mains gracieux de la Reine quand elle utilise ses pouvoirs… Mais échoua lamentablement.

« Tout est dans le poignet, Shérif »

La blonde sourit puis lui adressa un clin d'oeil coquin :

« Une démonstration Mme le Maire ? »

L'intéressée poussa un soupire en souriant. Cette blonde était vraiment insatiable.

« Nan sérieusement, pourquoi tu ne te sers pas de tes pouvoirs pour ranger tout ce merdier ? » Insista la blonde qui ramassait ce qu'elle pouvait au passage. Regina ne répondait pas, Emma fixa donc son regard sur elle, la trouvant à quatre pattes, la main tendu sous un meuble. La blonde passa en revu les courbes parfaites de sa brune avant de continuer : « Oublie ma question, je préfère définitivement cette manière de faire »

Regina se retourna vers elle pour la prendre en flagrant délit de reluquage. Cachant l'envie qui la tenaillait soudainement, elle se rapprocha de la blonde. Elle sentit que cette dernière avait de plus en plus de mal à déglutir et à respirer.

« Trêve d'obscénité, pour le moment… Il faut qu'on trouve une solution pour Gold. » Lâcha soudainement Regina en retournant à ses affaires.

A cela, Emma ne put qu'acquiescer retrouvant enfin son souffle. Elle était toujours autant étonnée de voir l'effet qu'avait la brune sur elle et il était sûr qu'elle en jouait.

Durant la soirée, une fois le rangement et le diner terminés, ils regardèrent un film tous les trois collés sur le sofa. Un des meilleurs moment des semaines passées.

« Il est l'heure Henry, au lit ! »

« Mais M'an ! »

« Pas de 'mais', demain il y a école. Fais un bisous à Emma et monte. »

« Est-ce que Emma peut venir me border ? »

« Parce que tu as encore besoin de quelqu'un pour venir te border ? »

Regina resta stoïque un moment puis flancha devant les yeux de chiens battus de son fils.

« Bon ok… »

Emma et Henry montèrent rapidement. Une fois dans son lit, Henry lança un regard triste à sa mère biologique que celle-ci ne manqua pas de remarquer.

« À quoi tu penses gamin ? »

« Tu crois que je le rencontrerai un jour ? »

Sachant pertinemment qu'il parlait de son père, Emma remonta la couverture tendrement sur lui avant de lui répondre :

« Je ne sais pas Henry. Peut-être… Je ne peux rien te promettre. »

« Tu sais ce n'est pas grave, je suis heureux de la famille qu'on forme tous les trois. »

Emma rougit brusquement puis sourit à son adorable fils si compréhensif. Elle embrassa son font puis répondit avant de refermer la porte :

« Bonne nuit, mon fils. »

Henry sourit dans le noir et ne tarda pas à s'endormir. Les choses s'arrangeaient pour eux, ils auraient leur fin heureuse.

Au salon, Emma retrouva Regina perdue dans ses pensées, le regard happé par le feu de cheminé et un verre de vin blanc dans une main. La blonde s'installa à ses côtés et passa un bras au dessus de son épaule pour l'inviter à s'appuyer contre elle. La brune se laissa faire, heureuse de retrouver ce contact chaleureux. Devinant son inquiétude, Emma commença :

« Ne t'inquiète pas, on trouvera un moyen d'arrêter Gold, dague ou pas ».

« Dague ou pas ? La dague du Ténébreux est bien la seule chose qui pourrait le stopper. »

Finalement agacée par le refus de vois la vérité en face d'Emma, Regina se redressa.

« Je ne suis pas sûre que tu te rende compte contre quoi on va devoir se battre… »

« Comment le pourrais-je ? Je ne sais pas de quoi il est capable… »

« Il a formé ma mère, il m'a formé moi… Il est bien plus puissant que tout ce que tu peux imaginer. »

« Alors il faudra être plus maligne que lui. »

« Je suppose » Finit par accorder Regina en posant son verre. Elle continua sur un ton plus sec : « il risque de s'en prendre à Henry tu sais. »

« S'il avait voulu le faire il l'aurait fait depuis longtemps. »

« Il n'a pas réussi à nous séparer, il va forcement taper fort la prochaine fois… Et il connait notre point faible. »

Emma resta silencieuse un moment, pesant les mots qui sortaient de la bouche de son amante. Elle se blottit contre elle, serrant ses bras autour de son corps. Regina la serra à son tour, les deux perdues dans leur moment.