Nico se réveilla 6 heures plus tard, comme à son habitude. C'était à la fois un désavantage, et un avantage, puisque pour pouvoir voler efficacement, la nuit était un atout majeur.
Il se leva, renfila le jean noir qu'il avait quitté pour dormir, et enfila ses rangers, celles qu'il avait hérité de son père et qui ne le quittaient plus depuis le début de son escapade. Tout en faisant ses lacets, il réfléchit au lieu qu'il allait cambrioler cette fois-ci. Il essayait de suivre un schéma basique, tout en le modifiant à chaque fois, et jusque là, jamais il n'avait eu d'ennuis.
Il décida enfin de sa cible. Une ancienne petite supérette au bord des limites de la ville. C'était le point le plus éloigné de son antre, et par extension, le plus risqué, mais c'était également le seul moyen qu'il lui restait de sortir de son schéma actuel.
Il atteignit rapidement la supérette, dont l'enseigne au néon affichait "Rainbow Organic Foods and Lifestyles". Il n'aurait jamais mis les pieds ici si jamais une armée de méchants aliens n'essayait pas en ce moment même de lui prendre son corps, sa mémoire, et son esprit, en lui arrachant son âme au passage.
Nico souffla bruyamment. Il avait une tâche à accomplir.
Il ouvrit la porte sans problèmes. S'ils avaient beaucoup de défauts, il devait avouer que les âmes étaient très respectueuses de la loi. À tel point que de voler ne viendrais pas à l'esprit de l'une d'entre elles, ce qui arrangeait Nico. Il n'avait pas à forcer les serrures, puisqu'elles laissaient les portes ouvertes, sans craintes. Remarquez, Nico n'avait jamais volé non plus. Enfin. Pas avant d'y avoir été forcé par les âmes...
Il savait exactement ce qu'il venait chercher, aussi mit-il peu de temps à ressortir, juste à temps pour voir les phares d'une voiture s'approcher. Les âmes l'avaient trouvé. Mais il ne se rendrait pas si facilement. Laissant tomber son sac (il ne lui semblait pas aussi important que sa survie), il se mit à courir, encore une fois, en direction de l'arrière de la boutique.
Il entendit les claquements de portes, et les pas des âmes qui se rapprochaient de lui.
Il était fait comme un rat. La boutique se situant en bord de falaise, il se retrouvait dos à celle-ci, avec devant lui, un sourire aux lèvres, Brumeuse.
Non, il ne voulait pas se rendre.
Non, il ne serait pas effacé.
Non.
Non.
Alors il ouvrit les bras, et se laissa tomber en arrière, avec le détachement de celui qui attends la mort et l'accueille.
"Neeks ! Non !", cria Brumeuse, une larme roulant sur sa joue. À moins que ce ne soit Bianca. Mais oui, il allait revoir Bianca dans l'au delà. Pour peu qu'il existe. Et sa mère.
Un sourire se déposa légèrement sur ses lèvres.
Et il se laissa tomber, ses pensées s'éparpillant jusqu'à ce qu'il n'est plus qu'un nom à la bouche.
B
I
A
N
C
A
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