Bonjour tout le monde !
Je vous souhaite une très bonne année et plein de bonnes choses ! J'espère que vous avez bien fêté, que vous avez bien été gâtés.
Voici pour vous la suite de la Recette du Succès. Merci à ma correctrice pour la relecture :]
Sondage : qui selon vous est le voyeur/la voyeuse mystère?
Allez, profitez-en, nous sommes censés mourir à la fin de l'année...
«Tu finis pas ton assiette, Chopper ?
- Si si … Ah, Luffy, nooon !»
Une matinée habituelle, où chacun sortait encore péniblement du sommeil, aidé par un bon petit déjeuner préparé par les soins du cuisinier du Thousand Sunny. Forcément, de bons croissants, du café justement dosé, et on en passe, ça a de quoi réveiller n'importe qui, de la meilleure des façons.
Même ceux qui n'étaient pas tellement du matin.
Zoro buvait distraitement son café en regardant Chopper se faire voler ses pains au chocolat par un Luffy plus morfale que jamais. Sans rire, son estomac avait-il un fond? À se le demander. Il tourna la tête pour voir ce qu'il y avait de bon à se mettre sous la dent, lorsque son regard croisa celui du cuisinier.
Visiblement, cela faisait un moment que Sanji le regardait. Il se demanda ce qu'il pouvait bien avoir en tête à le regarder comme ça. Sans gêne. Normalement.
Il aurait juré avoir vu un sourire se dessiner sur ses lèvres avant qu'il ne tourne la tête pour pouvoir mettre fin à la guerre qui se déroulait entre l'assiette d'un renne et celle d'un capitaine goinfre comme pas deux.
Zoro préférait occulter ce petit événement sans importance.
Oui, parce que ce n'était pas important.
[...]
«Nami-swaaaaan, Robin-chwaaaaaaaan, voici un petit rafraîchissement afin de parfaire cette douce matinée !
- Merci Sanji-kun, lui répondit Robin avec un sourire.
- Ah, merci Sanji, ajouta Nami avec un sourire elle aussi.
- À votre service mesdemoiselles! Si vous avez besoin de quoi que ce soit n'hésitez pas, votre servant de l'amour vous est tout dévoué !»
Sanji s'éloigna des deux femmes de l'équipage en dansant, évitant de justesse de se prendre en pleine poire une nouvelle invention d'Usopp, visiblement pas très au point. Il jeta un coup d'œil à la vigie avant de mettre en place le plan qu'il avait prévu au petit déjeuner. Ainsi il fit un léger détour par la cuisine, avant d'aller y grimper. Non, il n'allait pas s'entraîner. Mais voir son principal occupant.
À mi-chemin, il jeta un coup d'œil pour tenter d'intercepter un regard en sa direction. C'est qu'il n'avait pas abandonné l'idée de savoir qui était la personne de l'autre jour à les avoir surpris. Cela dit, rien. Ses deux beautés buvaient en discutant de choses et d'autres. Il pouvait voir Usopp courir après sa nouvelle invention, qui elle volait vers Chopper, occupé à tenter de la semer. Il voyait un joyeux remue-ménage, mais personne ne regardait vers lui.
Tant pis, mais tant mieux.
Après avoir grimpé jusqu'à la vigie, le blond arriva enfin à hauteur de son nakama. Enfin, de là où il était, il avait une vue des plus plaisantes.
Zoro lui tournait le dos, occupé à soulever des poids bien lourds, dans des mouvements répétitifs. Ce type avait des tendances masochistes, faudrait qu'on lui explique un jour. Même s'il ne s'en plaignait pas.
De là où il était, Sanji avait vue sur son dos, dont la peau était recouverte d'une fine couche de sueur due à l'effort. Il voyait ses muscles se contracter et, plus bas … il s'humecta les lèvres en matant sans vergogne le postérieur plus qu'appétissant de son nakama. Il le détailla de haut en bas sans aucune gêne. Oui, la vue était on ne peut plus plaisante. Et il aurait bien aimé pouvoir le rejoindre, et lui sauter dessus. Littéralement.
L'homme à la couleur de cheveux douteuse devait avoir senti le regard qui pesait sur lui. Ou avoir remarqué une présence. Peu importait. Zoro avait tourné la tête vers celui qui venait d'envahir son espace vital. Pour découvrir un cuisinier, dont le torse uniquement dépassait de la trappe. Qu'est-ce qu'il foutait là?
«Qu'est-ce que tu veux ?
- Pas besoin d'être désagréable, je venais juste te filer à boire.»
Zoro releva un sourcil à cette affirmation, et se stoppa dans son effort.
Sans rire, le cuistot s'était bougé jusqu'à lui, pour lui donner à boire ? Il posa les poids sur le sol et se rapprocha du cuisinier, s'accroupissant face à lui.
«Tu t'es donné le mal de venir jusque-là pour ça?
- Faut le dire si tu ne veux rien.
- Hum ..»
Il était sérieux alors ? Bon, note pour lui-même, aller voir Chopper et lui demander de l'ausculter un de ces quatre. Love-cook devenait de plus en plus étrange ces derniers jours, et voilà maintenant qu'il venait lui donner de quoi boire.
«Sans rire?
- Sans rire.»
Sanji termina de monter entièrement et lui montra la bouteille de rhum qu'il tenait à la main, qu'il tendit à un épéiste désormais assis sur le banc. Celui-ci ne se fit pas prier pour la lui prendre, c'était donné si gentiment ! Cela dit, il le regarda d'un œil méfiant.
«T'es sûr que ça va bien chez toi?
- Pourquoi tu voudrais que ça aille mal?
- Bah, j'sais pas … tu daignes monter jusqu'ici pour me donner de quoi boire, avoue que c'est zarb, non?
- Et alors?»
Le alors qui voulait dire : « il est ou le problème ? Pourquoi tu nous chie une pendule? Apprécie ! »
Zoro ouvrit la bouche pour parler, mais la referma sans qu'un son n'en sorte. Cela dit, il jeta un coup d'œil à son propre torse. Non, aucune poitrine n'avait poussé à son insu qui aurait pu expliquer cela. Roulant des yeux, Sanji reposa son regard sur l'homme.
« Cela te dérange que je me soucie de ton bien-être? »
Zoro releva un sourcil suspicieux face à cette phrase.
Sanji se pencha face à lui, un sourire au coin des lèvres. La tête d'algues n'était pas foutue de capter les signes subliminaux, qui n'en n'étaient pas vraiment en fait, alors allons y franco.
Il se rapprocha d'un épéiste, visiblement à côté de la plaque, et se pencha vers lui.
«Mais … qu'est-ce que tu nous fais? T'es bizarre ces derniers temps.» Demanda l'homme aux cheveux verts.
Le cuisinier ne prit pas la peine de répondre. Il leva les mains à hauteur des bras de celui-ci, frôlant paresseusement sa peau du bout des doigts, remontant aux épaules lascivement. Zoro était tout bonnement à l'ouest. Il pensait que c'était un nouveau plan foireux du cuisinier. Cela dit, il sentait parfaitement sa peau frissonner sous les doigts de ce cuisinier de malheur. Réaction primaire et basique pas de quoi s'inquiéter, enfin si on exclue que c'était un mec qui en était la cause. Enfin, pas n'importe quel mec.
Sanji s'amusait comme un petit fou à cela d'ailleurs. De le voir sans pouvoir lui répondre quoi que ce soit, perdu, sans savoir à quoi s'attendre, de l'avoir rien que pour lui … C'était tout bonnement jouissif. Un peu casse-gueule aussi.
«Tu as perdu ta langue?»
Pas de réponse. Brusquement, Sanji agrippa fermement les hanches du sabreur pour l'allonger à terre, en profitant pour se rapprocher de lui. Il laissa une main sur ses hanches pour le maintenir sous lui, utilisant ses jambes pour les nouer à celles de l'objet de ses convoitises, et remonta sa main droite sur la mâchoire de l'autre homme.
Convaincu qu'il était fou, Zoro ouvrit la bouche pour laisser passer entre ses lèvres une exclamation de surprise. Oui, le cuisinier avait pété un boulon ! Il picolait en douce en cuisine, il ne voyait que ça.
D'ailleurs, Sanji avait rapproché son visage du sien, un peu trop près si vous voulez l'avis du type en dessous.
Zoro pouvait parfaitement sentir son souffle sur sa peau, sentir l'odeur de cigarette qui l'accompagnait … il devait avoir fumé juste avant de grimper. Ah mais ! Il ne devrait pas pouvoir sentir ça! Et idiot de coeur, pourquoi il se mettait à battre plus fort, hein? Et volonté de fer, t'es ou quand on a besoin de toi?
«Tu veux que je t'aide à la retrouver? » Demanda le blond.
Il mit deux secondes à se rappeler de quoi il voulait parler. De … de sa langue? Hein ?
Sanji ne laissa pas le temps à Zoro de répliquer quoi que ce soit, et brisa les quelques derniers centimètres pour poser ses lèvres sur les siennes. Brièvement. Juste pour voir. Comment allait-il réagir ? Le repousser? Continuer le baiser? Et bien ni l'un ni l'autre ! Zoro se contentait de l'observer, penaud, ne comprenant pas.
Zoro avait très nettement senti son cœur perdre les pédales un instant. Il s'était attendu à tout de la part du cuistot, mais pas à ça ! Et après c'était lui qui vidait les réserves de rhum et autre alcool ?
Prenant ça pour un encouragement vu qu'il n'avait pas tenté de le tuer, Sanji l'embrassa de nouveau, avec plus d'ardeur cette fois-ci. Et là, le temps que l'information soit bel et bien passée, Zoro comprit enfin la situation.
Il était allongé à même le sol, sous un cuisinier qui avait des intentions pas très claires. Qui était en train de l'embrasser.
Lorsqu'il sentit la langue de celui-ci venir caresser ses lèvres langoureusement, un long frisson se propagea dans tout son être. Pas forcément un frisson de plaisir. Mais pas un frisson de dégoût non plus. Il ne savait pas.
Et ça ne lui plaisait plus trop là ! Enfin, si, c'était pas ce qu'il voulait dire, mais … non enfin, c'était …. Sanji allait le rendre aussi dingue que lui là !
Déjà l'autre jour dans la cuisine Zoro n'avait pas vraiment cherché à comprendre ce qu'il lui avait pris à lui lécher le coin des lèvres. Ni pourquoi il lui avait pratiquement fait des avances hier. Alors trouver une raison à pourquoi il tentait de lui en rouler une, c'était trop lui demander. Il était tombé sur la tête voilà tout.
Oui, Zoro n'avait toujours pas tout compris. Si ça avait été une autre personne que Sanji, n'importe qui, il aurait capté depuis un moment. Mais c'était le crétin de cuisinier, alors, forcément, il devait y avoir anguille sous roche. Et ça lui plaisait moyennement. Ce que son manège cachait. Pas forcément tout le reste en fait ...
Comme le cuisinier s'y attendait, le sabreur ne se laissa pas faire. S'il mit un moment à se remettre du choc, et à réaliser que le coureur de ces dames voulait plus qu'un simple contact de leurs lèvres, il fut bien déterminé à éjecter ce dangereux parasite!
Il dut user de tout son poids pour pouvoir le maîtriser, alors qu'il sentait les lèvres de Zoro s'ouvrir, mais pas pour approfondir le baiser, pour le mordre. Il aurait dû s'y attendre. Mais tant pis, le cuistot allait faire en sorte qu'il n'ait pas à subir ça. Il se doutait bien que la force de sa mâchoire devait être monstrueuse … donc, ne pas se faire mordre. Il n'avait pas trop envie que Chopper lui demande comment il s'était débrouillé pour ne plus avoir de bouche …
Il se sépara brièvement de ses lèvres pour reprendre son souffle et repartit à l'attaque, sentant les mains du sabreur décidées à l'éjecter. Hors de question ! Il souffla contre les lèvres de l'homme :
«Quoi, tu as peur de moi?
- T … tu rêves espèce de … »
On ne sut ce qu'il voulait dire, Sanji ayant de nouveau replongé sur ses lèvres gonflées par la lutte, ses mains occupées à le maintenir en place afin qu'il ne le morde pas, tentant d'aller chercher sa langue avec la sienne.
D'un côté, il s'en était douté. Leur premier baiser n'aurait pas pu être doux, ni plein de tendresse. Il fallait qu'il soit si violent, si rude. Cela n'avait rien à voir avec les autres baisers qu'il avait pu partager cependant. Quelle femme aurait fait preuve d'autant d'agressivité ? Cela ressemblait plus à une prolongation de leurs éternelles jouxtes, qu'à un baiser, leurs langues ayant engagé un nouveau combat pour savoir qui allait dominer ici aussi.
Et ça le rendait dingue … c'était tout bonnement divin. Zoro n'embrassait pas comme un dieu, ça non, mais qu'importe, cela ne changeait rien à l'intensité du moment.
Pourtant, même s'il continuait à se débattre, à bouger autant qu'il le pouvait, Zoro ne fuyait pas le baiser. Il n'avait pas mordu la langue trop audacieuse qui s'incrustait dans sa bouche. Non, même s'il n'y avait pas la moindre once de douceur, il y répondait. Maladroitement d'abord, à cause de la surprise de sentir la langue de l'autre homme rencontrer la sienne. Puis voracement, comme s'il s'était souvenu qu'il se faisait rouler une galoche royale par le cuisinier du navire et qu'il était hors de question de le laisser s'en tirer si facilement. Ou peut être que justement, il avait oublié que c'était Sanji qui l'embrassait. Allez savoir.
Mais Sanji n'était pas dupe malgré l'ivresse de l'instant : si Zoro n'appréciait pas, il n'aurait pas répondu. Et l'aurait bel et bien mordu.
Si ça le dérangeait réellement, il l'aurait envoyé voler au loin depuis un moment déjà. Et ses mains ne se seraient pas agrippées ainsi à sa chemise. Et il ne mettrait pas autant d'ardeur à répondre à ce baiser.
S'il avait eu encore le moindre doute quant à son attirance, en cet instant, tout était limpide pour lui : Zoro, il le voulait, tout entier.
Par manque d'air, ils mirent fin au baiser, du moins, si on pouvait appeler ça un baiser.
Le blond sentit alors tout son sang se diriger vers une zone bien précise de son anatomie lorsqu'il croisa le regard d'un sabreur complètement largué, le souffle court, les joues rougies et les lèvres entrouvertes …
Qu'il était désirable! Une vague de désir prit possession de son être, comme il n'en n'avait jamais ressentie avant. Il réalisa qu'il était légèrement à l'étroit dans son pantalon et que son souffle était irrégulier. La faute au baiser et à ce désir qui lui brûlait le bas ventre.
S'il s'écoutait, il violerait le sabreur sur place, peu importe les conséquences. Il lui arracherait ce qu'il lui restait de vêtements et lui ferait subir les pires obscénités. Il désirait goûter chaque partie de son corps, chaque parcelle de peau, il le désirait entièrement. Il voulait voir ce même regard teinté de plaisir, cette voix rauque pousser des cris indécents pendant qu'il le prendrait. Zoro aimerait tellement que l'idée de le repousser ne serait plus qu'un lointain souvenir.
Cela dit, il ne fallait pas pousser non plus, il n'était pas sûr que Zoro se laisse faire à ce point. Avoir réussi à l'embrasser sans qu'il ne perde un membre était déjà un exploit en soi.
Il ne savait pas si Zoro avait lu le désir dans ses yeux. Celui-ci le repoussa, pas violemment mais sûrement, ce qui eut pour effet de faire revenir le cuisinier sur terre.
«Putain … mais t'es malade !
- Ah, de nouveau capable de parler à ce que je vois !
- Te fous pas de moi, c'était quoi ça ? Casse-toi, sale pervers !»
Sentant que s'il tentait quoi que ce soit de plus pour cette fois, il allait réellement y passer et que son plan tomberait à l'eau, Sanji préféra lancer un sourire aguicheur au sabreur avant de se relever, le laissant par terre. Même si l'envie de le prendre là, ici, et maintenant était forte.
Le cuisiner fit demi-tour et laissa alors Zoro en plan pour redescendre. Ce dernier étant bien motivé à vider sa bouteille pour se changer les idées, tiens ! Et pour faire fuir cette scène de sa tête. Définitivement.
Puisque cette fois-ci, il ne pouvait plus dire que ce n'était rien.
De retour en cuisine après avoir savamment évité de se faire repérer, Sanji se demanda s'il n'y était pas allé un peu trop fort pour le coup … oh non en fait, il s'était montré agréable, était-ce de sa faute si Zoro ne savait pas apprécier ? Non mais sans rire !
«Bon … un problème chasse l'autre ...»
Il jeta un coup d'œil à son entre-jambes encore gonflé. Pas question de se toucher en pensant à lui ! Viendrait le jour ou Zoro s'en chargerait lui-même.
Avec un sourire carnassier, Sanji se rassura en se disant que ce n'était plus qu'une question de temps. De quelques jours. Oh que oui.
Dorénavant, il était plus confiant que jamais : Zoro finirait dans son lit.
