Bonsoir tout le monde !
Pas de grand blabla pour ce soir, si ce n'est les habituels remerciements à ma bêta lectrice grâce à qui je peux poster en toute tranquillité la suite de votre fic.
Bon appétit !


Comme d'habitude, Roronoa Zoro s'adonnait à ses exercices quotidiens.

Ils étaient parfaitement organisés et adaptés à sa personne. S'il était quelqu'un qui aimait dormir, il devait avouer que s'entraîner de bon matin à l'avant du bateau était plutôt agréable. Ce n'était pas tous les jours que sa petite personne allait se lever de bon matin il faut le dire. C'était relativement rare. Pour ne pas dire inhabituel.

Non, il ne s'était pas non plus levé beaucoup plus tôt. Juste un peu avant tout le monde.

La faute à qui ?

A un combo très puissant : les tendances bordéliques de tous les mecs, plus un cuisinier pas totalement réveillé. La pile de linge sale entassée dans la chambre n'était pas des plus pratiques. Et ce matin, Sanji s'y était pris dedans en beauté, s'écrasant par terre comme une vieille chaussette (selon les dires d'Usopp) dans un bruit sourd. Il avait ainsi réussi à réveiller tous les hommes du dortoir et à en faire râler la moitié.

Dont Zoro, hélas.

Si les autres avaient préféré dormir encore un peu le temps que le cuistot leur concocte un bon petit déjeuner, l'homme aux cheveux verts avait choisi de se lever. Tant qu'à faire. Il rattraperait son précieux sommeil plus tard.

Mais il devait avouer que se lever un peu plus tôt avait ses avantages.

Personne pour l'emmerder (soit : le cuisinier du dimanche ne les lui brisait pas), un calme inhabituel pour le mouvementé Sunny (soit : Luffy et les autres dormaient encore), le soleil fraîchement levé, c'était parfait pour lui. Ainsi il pouvait s'en donner à cœur joie. C'était aussi une manière de chasser sa mauvaise humeur. Se faire réveiller parce qu'un certain abruti n'est pas foutu de marcher droit, ça a de quoi fâcher.

Un certain abruti qui le faisait tourner en bourrique depuis un moment maintenant.

Après avoir à quelques reprises tenté de l'embrasser, après lui avoir fait clairement des propositions indécentes, après lui avoir lancé des œillades au cours des repas, il lui avait complètement sauté dessus l'autre jour, dans la vigie.

Zoro ne savait pas trop où Sanji voulait en venir. Bon, il n'était pas con à ce point. Il avait bien lu dans son regard à ce moment-là que, s'il n'avait pas mis fin à cette mascarade, il serait passé à la casserole. Et il n'y avait pas que le regard. Sentir quelque chose de dur contre sa propre cuisse fut suffisant.

Y repenser lui foutait les jetons, sérieux!

A choisir, il préférait aller revoir l'autre tarée de Perona et se manger tous ses fantômes d'un coup. Ça encore, ça avait une fin. Bien que là aussi. Mais elle était plutôt douteuse si vous voulez son avis. Finir dans le pieu de l'autre pervers était une idée bien ... étrange! Après, il ne pouvait pas vraiment se mentir : si la finalité du truc le laissait un peu dubitatif, il devait avouer que tout le reste, en un certain sens ... était agréable. Forcément, il n'était pas doué dans ces choses la, alors recevoir cette attention d'un coup le faisait flipper! Mais ça va, il n'était pas débile au point d'ignorer comment son corps réagissait. Il restait méfiant, mais d'un coté ... il appréciait. Putain, quelle vie!

Il savait donc que Sanji avait des intentions plutôt perverses envers lui, mais ignorait ce qui lui prenait. Le manque ? La frustration? Nouveau délire ? Il ne le savait pas. A aucun moment il ne se mit à penser qu'il pouvait tout bêtement l'attirer.

Donc, pour remettre ses pensées en ordre, rien de tel qu'un entraînement intensif.

Aujourd'hui, cependant, il y eut une petite nouveauté à son entraînement. Qu'il soit matinal ou non.

A la fin de celui-ci, alors qu'il inspirait profondément pour que son cœur retrouve un rythme normal, assis à même le sol pour s'étirer, il put entendre des pas derrière lui, venant en sa direction. Il tourna légèrement la tête pour voir qu'il s'agissait du cuistot.
Sans aucun autre commentaire.

D'habitude, c'était le blond le premier levé sur le bateau, comme preuve la chute de ce matin. C'est qu'il fallait s'y prendre tôt pour nourrir tout un équipage affamé comme celui-ci. Mais, à moins que Sanji ne soit subitement frappé du même mal que Zoro, à savoir avoir le sens de l'orientation d'un roi des mers bourré, il ne voyait pas pourquoi il venait là, vers lui. La cuisine était de l'autre côté du bateau.

Sanji continuait son petit chemin qui le menait à l'épéiste, tranquillement.

Il avait sagement attendu qu'il termine ses exercices, histoire de ne pas se prendre un sabre ou un haltère en pleine figure. Ce serait dommage. Et avoir sous les yeux le Marimo levé si tôt, il fallait tout de même le voir pour le croire. Sanji en avait profité pour fumer une cigarette tout en regardant le corps de l'homme non loin de lui se mouvoir. Après s'être demandé comment l'idée de faire des pompes d'une main avec des poids sur ses jambes, et soulever un haltère de sa main libre était venue à l'épéiste, il s'était laissé aller à l'une de ses activités favorites du moment : mater.

C'était clair, Sanji le trouvait canon comme pas possible.

Il était de ces beautés qui plaisaient à la plupart des femmes : musclé, viril, puissant, et totalement inconscient de son sex-appeal. Quel gâchis. Il se doutait que dans sa vie, Zoro avait dû se faire draguer plus d'une fois. Il était prêt à parier qu'il n'avait même pas dû le remarquer et s'était cassé tranquillement, mettant le pire vent de leur vie à ces dames. Il esquissa un sourire en imaginant cette scène. Ce serait du Zoro tout craché.

Sanji eu une pensée pour toutes ces femmes qui auraient bien voulu plus qu'un rendez-vous avec lui. Parce que le blond les comprenait. La différence était qu'il y arriverait. Oui, il suffisait d'éveiller la part bisexuelle en Zoro, lui donner envie de lui, et bien lui faire comprendre qu'avec lui, ce serait le nirvana.

Il fronça les sourcils, continuant de regarder l'autre homme toujours occupé.

Pour le moment, Sanji ne se posait pas trop de questions dites «pratiques» se disant qu'ils verraient bien le moment venu. Ni de questions par rapport à qui sur ce bateau les avait vus l'autre jour. Pour ça aussi, il était pratiquement sûr que d'attendre était la meilleure solution.

En ruminant ses pensées tout en le regardant, il se posa aussi une question : est-ce que Zoro … enfin, est-ce qu'il l'avait fait ? Vu sa totale indifférence envers les femmes, il hésitait. Sacrée question, pas vrai? Sanji la balaya d'un revers de main, n'ayant pas envie de se prendre la tête avec ce genre de question dès le matin.
Il préférait juste le regarder finir de s'entraîner.

Lorsqu'il le vit reposer ses haltères au sol, il se dit que cela devait sonner la fin de l'entraînement. Alors il jeta son mégot à la mer et quitta son coin pour rejoindre l'autre homme.

Arrivé à sa hauteur, sans le prévenir, Sanji posa ses mains sur les larges épaules bronzées devant lui. L'effet fut immédiat : même si Zoro devait avoir remarqué sa présence, il sursauta tout de même.

«Qu'est-ce que tu fous?

- Tu verras.»

Il commença alors à masser les épaules de son nakama qui, sûrement sous le coup de la surprise, ne se débattit pas. Enfin, pas tout de suite quoi. Quelques secondes plus tard, Zoro tentait déjà de se dégager, cet impatient! Ce qui eut le don de l'agacer, mais il lui en faudrait plus.

Sanji resserra sa prise sur lui tandis qu'il se rapprochait de son oreille, à laquelle il murmura d'une voix suave :

«Tu es tellement tendu …»

Là, ça passe ou ça casse ! Et vu que toute tentative de fuite fut abandonnée, Sanji s'autorisa un sourire satisfait et continua sa douce torture.

«Un petit massage ne peut que te faire du bien, après ce si long et si dur entraînement.»

Pas de réponse de la part d'un Marimo on ne peut plus … perdu? Oh, serait-il sensible aux paroles murmurées dans le creux de l'oreille? Information que le cuisinier nota précieusement.

Zoro eut tout le mal du monde à avaler sa salive aux mots que ce crétin de blond lui susurrait à l'oreille. Surtout que ce qu'il lui faisait ne ressemblait même plus à un massage. Il sentait ses mains se balader sur son dos à leur guise, venir caresser sa nuque, nanties d'une volonté propre.

Bon sang, le voilà de nouveau à le laisser faire. C'était de la faute à ce cuisinier d'abord. Il n'avait pas à lui dire des trucs comme ça, et pas à le toucher ainsi. Qui ne réagirait pas ? En bien ou en mal, impossible de rester impassible. Sauf si on est Mr Glaçon.

Il soupira, dégageant les mains trop audacieuses de son dos. Et au passage un peu trop agréables.

« Ça te prends souvent? Demanda Zoro.

- Quoi donc ?

- De dire des trucs comme ça aux mecs.

- Ah ça. Non, pas vraiment. »

Zoro soupira en se disant que c'était bien sa veine. Il voulait voir s'il faisait de l'effet aux mecs c'est ça ? Et bien la réponse était non. Résolument non.

« Pour tout te dire …

- Quoi?

- Je ne le dit qu'aux personnes qui m'intéressent. »

Ok, cette fois, Zoro en était sûr, Sanji avait pété un plomb. Comme il était tout aussi sûr que cela ne lui déplaisait pas tant que ça.

Les approches du blond ne lui avaient pas déplu.

Ce que venait de faire le cuisinier, et ce qu'il venait aussi de dire le lui prouvaient. Il n'y était pas insensible du tout. Si réellement il était contre, il le lui aurait fait comprendre. Le souvenir d'une claque sur son derrière lui revint en mémoire comme pour le lui prouver. Aurait- il réagit différemment si ça avait été quelqu'un d'autre? Sûrement.

Imaginons un instant que ce geste fut exécuté par Robin. Outre la crise cardiaque, il lui aurait fait comprendre de ne plus jamais recommencer, si elle ne voulait pas se retrouver avec une poitrine à l'amazone. Quelque chose comme ça.
Et pour coller d'avantage à la situation, si ça avait été Usopp, il l'aurait sûrement privé de toute chance de se reproduire.
Et si ça avait été un inconnu, il aurait été tout bonnement tranché en fines rondelles.
Pour Sanji, il s'était contenté de râler, et s'en était suivi une nouvelle bagarre. Mais rien de sérieux.

Le fait que Sanji soit un homme ne dérangeait pas tant que ça l'escrimeur. En fait pas du tout. Il faisait partie de ceux qui étaient attirés par une personne, non pas un genre. Qui se foutaient bien de savoir si en face d'eux c'était un homme, une femme. Alors Sanji aurait bien pu être une femme, ça aurait été la même chose.

S'il ne faisait rien de plus, c'était parce que c'était Sanji.

Non pas parce que c'était le cuisinier à la con, le crétin de service et on en passe. Mais parce qu'il le connaissait et qu'il y avait autre chose qu'il ne comprenait pas dans son comportement. Quoi ? S'il le savait … Cela ne voulait pas dire non plus que s'il savait exactement pourquoi il lui faisait des avances, il y répondrait.
Zoro gardait en tête qu'ils n'étaient pas seuls sur ce bateau.

Visiblement, s'il écoutait Sanji, ce serait l'histoire d'une nuit. Et pas plus. Mais, si plus il y avait, garder cela secret tiendrait du miracle. Et même s'il faisait confiance à ses nakamas, il ne pouvait pas prévoir leur réaction. Hors de question de ternir leurs relations avec le reste de l'équipage pour une histoire de sexe. Et qu'une chose de ce genre puisse se passer entre eux lui paraissait tellement étrange...

Pour être plus clair, pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, Zoro ne voulait pas céder aux avances de Sanji.

Enfin, pour le bien être de sa santé mentale, il se devait de mettre un terme à ces conneries. Et rapidement. Sinon, il sentait qu'il n'allait plus du tout se rebiffer lorsque le blond passerait à l'assaut. Et être totalement passif était impensable. Surtout face à lui. Vu la façon dont il venait vers lui, Sanji était sans nul doute du genre à vouloir dominer. Zoro, laisser Sanji le dominer? Quelle bonne blague!

Il se releva d'un mouvement brusque, ramassant les haltères pour les ranger ensuite.

« Va plutôt servir le petit déjeuner, dit-il d'un ton sec. J'en connais qui ne vont pas tarder à se réveiller.

- Tout est prêt, j'attends leur réveil, répondit tranquillement le blond.

- Ah ça doit être ça alors...

- Quoi ?

- Je dois être en plein cauchemar. Pour que le playboy des bacs à sable se mette à me faire des avances, c'est que ça doit être un cauchemar. »

Zoro avait tourné sa tête vers Sanji, et lui lançait un regard froid.

« Tu as quand même mis le temps, soupira le cuisinier. Je suppose qu'il te faut un bon moment le temps que le modèle réduit qui te sert de cerveau ne comprenne.

- J'espère pour toi qu'il t'en faudra moins pour comprendre que c'est non, répondit alors Zoro d'une voix dure. Fin de l'histoire. »

Comme pour ponctuer ses paroles, ils entendirent la porte du dortoir s'ouvrir, accompagné de la voix du capitaine :

« Saaaaaaaaaaan – jiiiiiiii ! T'es où ? J'ai faaaaaim!

- Je suis là, j'arrive. »

Il laissa alors l'épéiste, occupé à ranger ses haltères, pour aller servir le petit déjeuner à tout ce beau monde. C'est à dire aller faire le joli cœur auprès des dames, faire le flic lorsque le capitaine se montrait trop goinfre, et lancer des vannes à Zoro. Bref, faire comme si de rien n'était.
Ce que l'un et l'autre firent durant le petit déjeuner.

Zoro n'était pas assez stupide pour laisser un quelconque indice à leurs nakamas.

Personne ne pouvait se douter de quoi que ce soit en les observant. L'un et l'autre continuaient leur incessant manège digne de deux gamins de trois ans. Même Robin ne pouvait pas deviner. A moins que durant ces deux ans elle n'ait appris à lire dans les pensées des gens, ce que la plupart de ses nakamas pensaient.

Oui, Sanji faisait également comme si de rien n'était.

Ignorer le bretteur ? Utiliser la fameuse technique qui consiste à faire comprendre qu'il n'a pas besoin de lui, afin que Zoro se rende compte qu'il a besoin de lui? Non, il ne le fera pas. Pas maintenant. Zoro n'était pas à ce stade-là. Pas encore. Si Sanji faisait cela, tout ce qu'il avait fait jusqu'ici n'aurait servi à rien. Et ce serait bien dommage. Donc, même si l'envie de snober la tête de brocolis était forte, il ne le ferait pas.

Il lui compliquait la vie en lui disant non, directement. Il n'avait même pas testé en plus. C'était bien dommage. Mais il en faudrait plus pour décourager Sanji. Ceci n'était qu'un rebondissement.

En servant le café aux demoiselles, il se dit qu'il saurait quoi faire.
Quand on veut on peut.

Et il le voulait.