Bonsoir !
J'espère que vous vous portez bien et que votre semaine n'a pas été trop difficile.
Et sinon, j'espère qu'une petite dose de la Recette du Succes suffira à vous revigorer !
Merci à vous qui laissez des commentaires, vous qui prenez le temps de lire cette fic, merci sincèrement.
Toujours merci à ma bêta lectrice qui fait un super travail. Merci à toi !
Et pour vous, bonne lecture !
Sanji le savait. Lorsque Zoro disait quelque chose, il le pensait. Lorsqu'il disait qu'il allait faire quelque chose, il le faisait. Mais, rappelez-lui à quel moment il avait prévu de devenir hyper chiant?
Explications.
Zoro était devenu le pro de l'esquive, fouteur de vent professionnel. C'était nouveau et ça ne plaisait pas à Sanji. Ce dernier saisissait chaque instant possible pour retourner à l'attaque, à chaque moment d'inattention ou d'absence de la part du reste de l'équipage, il en profitait.
Ou du moins il voulait en profiter. Puisque son petit jeu avait été mis à jour, le radar de Zoro s'était activé. Depuis, chaque fois qu'il voyait Sanji se rapprocher un peu trop près de lui, il s'en allait. Dès qu'il commençait à parler d'un sujet un peu plus intime, il changeait de sujet, et s'il y avait des doubles sens, il lui clouait le bec par une réplique bien sentie.
Trois jours que ça durait.
Cela dit, à aucun moment il ne lui avait cassé la figure comme Sanji le pensait. Zoro préférait lui lancer des vannes, des objets à la figure, mais il n'y avait pas cette même intensité comme durant leurs habituelles bagarres. C'était différent. Comme si Zoro voulait lui prouver que ce n'était pas important pour lui.
En fait, on aurait dit qu'il cherchait à éviter le moindre contact avec le cuisinier. Enfin, le résultat était le même, Sanji faisait du sur place.
Et ce n'était pas faute d'avoir essayé. A chaque fois qu'ils étaient seuls pourtant, Sanji en avait profité pour tenter quelque chose. Mais en vain. A chaque fois … qu'ils étaient seuls?
Bien malgré lui, Sanji afficha un sourire de psychopathe alors qu'il se trouvait en train de couper des carottes. Oh, il venait d'avoir une idée démente …
« Ha ha ha … tu vas voir ce que tu vas voir, Marimo ... »
[…]
La nuit était tombée sur les mers. Le Thousand Sunny continuait son chemin, portant à son bord un équipage endormi. Enfin, presque.
Sanji était allongé sur son lit, immobile. Mais parfaitement éveillé. Il attendait le retour du tour de garde d'un homme aux cheveux verts. Si celui-ci ne s'était pas endormi bien entendu … Alors pour s'occuper, il observait le dortoir. Il entendait les respirations de ses compagnons, mêlées à des ronflements. Il put même percevoir le soupir bienheureux de Chopper. Il trouverait ça sûrement adorable si ses pensées n'étaient pas toutes dirigées ailleurs, vers la porte et surtout vers celui qui devait la franchir dans peu de temps.
Après ce qui lui parut une éternité, le cuisinier entendit la porte s'ouvrir et des pas résonner doucement dans la chambre. Il vit la silhouette de Zoro passer devant lui, et en profita pour parler, enfin :
«C'est bon, le bateau suit sa route ou tu nous as perdus?
- Ha ha, très drôle. »
Fin de la discussion. C'était juste histoire de lui faire savoir qu'il ne dormait pas, enfin, de le prévenir. Puisqu'il saurait assez tôt qu'il était parfaitement éveillé.
Zoro se déshabilla sous les yeux du cuisinier, pour aller se coucher sans plus tarder.
Obéissant à une impulsion qu'il ne put contrôler, Sanji se leva alors de son hamac pour rejoindre la couche de Zoro.
Celui-ci n'en crut pas ses yeux lorsqu'il vit le blond soulever son drap.
« Hé, mais t'es pas bien !
- Si si, pourquoi ?
- Ils dorment tous, arrête ton cirque maintenant et laisse-moi pioncer.
- C'est toi qui es bruyant. »
Sans plus rien ajouter, Sanji alla rejoindre Zoro dans son lit, rabattant le drap sur eux. La chose ne plaisait visiblement pas au second. Mais voilà, il n'avait pas le choix. Parce que cela faisait partie de son plan.
Le blond vit que Zoro s'apprêtait à lui hurler dessus, chose qu'il aurait sûrement faite à sa place également. Mais il ne voulait vraiment pas attirer l'attention sur eux. Leurs amis étaient tous plongés dans un profond sommeil, et il avait envie de profiter de ce moment d'inattention de leur part. Alors il posa sa main sur la bouche de l'autre homme, et lui fit signe de se taire
« Shht … sois plus tranquille, tu vas les réveiller »
Il sentit sous ses doigts la mâchoire de Zoro se serrer, et fut soudainement très heureux que rien ne se trouvait à la portée de ses dents. Si ce n'était sa main. Mais il l'aurait mise à couper que jamais l'autre homme n'allait blesser l'une de ses précieuses mains. Ils pouvaient se battre aussi longtemps qu'ils le voulaient, jamais Zoro ne ferait ça. Il ne l'avait jamais fait. Pourquoi allait-il commencer ? Par ce que Sanji s'était tapé l'incruste dans son lit ? Voyons …
Voilà le plan de Sanji : si lorsqu'ils étaient seuls lui pouvait aller le chercher librement, Zoro pouvait l'envoyer bouler tout aussi librement. Alors, il n'avait pas eu le choix : Sanji s'était résolu à prendre l'équipage « en otage » pour le bien de sa cause.
Ceci dit, si vraiment ça dérangeait Zoro, il ne se serait pas gêné pour lui mordre vraiment la main, et l'envoyer valser à l'autre bout de la pièce, quitte à trouver un petit mensonge pour les autres pirates. Mais voyez-vous, la seule raison pour laquelle il ne le fit pas, ce n'est pas pour un semblant de respect pour le sommeil d'autrui, ni pour la main de Sanji ... Non, c'est parce qu'à nouveau, il ressentait ce truc en lui, cette sorte de curiosité qui au fil du temps, se faisait plus profonde et petit à petit, se muait en autre chose. Quoi? Il ne savait pas vraiment, c'était trop tôt. En tout cas, faisant mine de jouer le jeu, il essaya un peu de taire ce ressenti ... En vain.
Sanji retira alors sa main de sa bouche, pour la remplacer par la sienne. Sous lui, Zoro joua la carte de l'indifférence. Il n'eut aucune réaction à ce contact. Son œil était parfaitement ouvert et, si c'était possible, l'aurait tué du regard. Les gestes de Sanji ne lui faisaient rien, il était bien décidé à faire de cette phrase une vérité.
Le blond ne se découraga pas pour autant. Il laissa glisser ses mains le long du corps musclé de son nakama, lentement. Sanji se permit alors, avec délice, de découvrir les formes de celui-ci, ainsi que la texture de sa peau. Son corps alla se rapprocher de celui immobile de Zoro, glissant ses jambes contre les siennes.
L'espace d'un instant, il se demanda si Zoro était capable d'entendre son propre cœur battre. Parce qu'il avait l'impression qu'il battait si fort qu'il serait capable de réveiller tout le bateau. Depuis le temps que le blond désirait un contact comme celui-ci, depuis le temps qu'il le regardait dormir, tuant tous ses désirs, pour finalement les voir renaître le lendemain … Mais encore, le borgne ne répondait pas. Pas encore.
Mais Sanji était bel et bien décidé à trouver toutes les zones sensibles de ce corps tant désiré.
Il libéra ensuite la bouche résolument fermée de Zoro pour aller dans son cou, y apposant ses lèvres doucement, laissant ses mains vagabonder à leur guise.
Lorsqu'il se mit à lécher, toujours dans une lenteur extrême malgré son envie de lui, le cou de Zoro, il sentit nettement celui-ci se tendre. Sanji eut alors un sourire et continua son œuvre, léchant, mordillant, embrassant le cou du bretteur. Ses mains longeaient la cicatrice qui lui barrait le torse, de haut en bas. Trop bas selon le goût de l'épéiste :
« Arrête ça tout de suite, ordonna Zoro de sa voix la plus sérieuse que lui permettait le moment.
- Non, je crois que j'ai très envie de continuer. Pas toi ? »
Zoro ne put réprimer un sursaut de surprise, maudissant ses faiblesses si humaines, lorsqu'il sentit la main de Sanji s'aventurer encore plus bas. Et ce qu'il lui faisait dans le cou commençait à l'échauffer sérieusement. Presque à regret, il sentit le cuisinier cesser cela, et retrouva la bouche du blond plaquée contre la sienne.
Cette fois-ci, il ne resta pas de marbre et lui accorda l'entrée à sa bouche lorsqu'il sentit sa langue la lui demander.
Zoro semblait avoir oublié que c'était le type le plus chiant qu'il lui ait été donné de rencontrer qui commençait à le faire planer.
Ce soir, le baiser en fut réellement un.
Il n'y avait pas de violence dans leurs gestes. Peut-être était-ce dû à la proximité des autres, obligeant l'un comme l'autre à rester un maximum discret.
Sanji put alors parfaitement profiter du moment. Il sentait ces fameux papillons dans son ventre, un délicieux frisson traverser son corps en sentant la langue de Zoro jouer avec la sienne.
Et il crut mourir de bonheur lorsqu'il sentit Zoro abandonner toute tentative de résistance. Enfin, sa petite comédie.
C'est que pour le moment, les choses étaient plutôt agréables au goût du sabreur.
Et, malgré sa maigre expérience sur le sujet, il pouvait dire sans se tromper que Sanji savait bien embrasser. Ça, il ne l'avouerait jamais à haute voix. Il pouvait courir. Pour le moment, il avait, un peu, envie d'en goûter d'avantage. Grâce à la magie du dentifrice, il n'y avait plus cet arrière-goût de cigarette comme l'autre jour.
Lorsque Sanji lui avait sauté dessus dans la vigie, il devait avouer qu'il n'avait rien compris à ce qui lui arrivait. Voir le cuistot se jeter sur lui comme un affamé, ça l'avait surpris. Il avait même cru à une mauvaise blague.
Pourtant ce soir, il sentait que ce n'en n'était pas une. Ses caresses ne l'avait définitivement pas laissé de marbre, et s'il avait feint au mieux qu'il pouvait l'indifférence, ce n'était que pour l'autre ne sache pas à quel point ça lui faisait de l'effet. A quel point le fait de sentir ses mains sur sa peau lui avait plu. Combien leur proximité, étrangement, lui plaisait. Et également ce baiser, Zoro devait avouer qu'il appréciait le chose. Oh oui, vraiment.
Afin de reprendre leur souffle, ils mirent fin au baiser.
Malgré l'obscurité, Sanji voyait parfaitement que Zoro ne comprenait pas pourquoi il faisait tout ça. Tant mieux.
Le chef eut un sourire avant de glisser ses mains le long du corps hâlé, et finalement, laissa l'une d'entre elles descendre plus bas que tout à l'heure. Il vit l'escrimeur se tendre. De sa main libre, Sanji alla prendre l'un de ses poignets, et vin de nouveau capturer ses lèvres. Et il se dit qu'il avait bien fait, car il venait d'étouffer le gémissement que Zoro allait pousser lorsque sa main s'était posée sur sa virilité.
Zoro n'avait pu se retenir en sentant sa main à cet endroit.
Son corps se crispa lorsque les doigts de ce crétin commencèrent un va-et-vient à travers la fine couche de vêtements.
Sa tête lui hurlait de faire quelque chose. De le repousser, de lui mordre les lèvres, de lui casser la gueule, de le castrer, de lui faire une tête au carré, n'importe quoi, mais quelque chose. Sa tête lui hurlait de ne pas rester ainsi, à subir ces délicieuses attentions.
Tandis que son corps lui ordonnait de ne surtout pas laisser partir le blond. Parce que s'il s'était crispé, c'était en majeure partie dû à la surprise, mais pas que. Ses baisers dans son cou, ses mains sur lui, cette bouche audacieuse, cela ne le laissait pas indifférent. Loin de la. Tout lui plaisait beaucoup trop.
Et on peut dire que Sanji était le mieux placé pour avoir remarqué que ses caresses eurent l'effet escompté.
Ravalant un sourire qui aurait pu passer pour celui d'un pur pervers et donner une bonne raison à Zoro de l'exploser, il continua de plus belle ses attouchements, délaissant la bouche pour descendre, à son cou, puis à son torse dénudé.
Puis il remonta à l'oreille de Zoro, et, chuchotant, lui demanda :
«Dis-moi, ça fait combien de temps que tu ne l'a pas fait?
- Fait … quoi au juste? Demanda l'escrimeur, totalement l'ouest.
- Fais pas l'innocent. T'envoyer en l'air je veux dire.»
Zoro manqua de s'étrangler sous le coup de la surprise. Ce qui ravit on ne peut plus Sanji.
« Quel dommage, pourtant …»
Il se rapprocha de lui, allant chatouiller l'oreille du bretteur, d'une manière un peu trop … excitante. Et encore, ce n'était rien comparé aux paroles qu'il lui susurra d'une voix sensuelle :
«Je suis sûr qu'en toi sommeil un pur démon de luxure qui n'attend qu'une chose ...»
Il laissa sa phrase en suspens, volontairement, puisque sa bouche alla mordiller gentiment l'oreille de l'autre homme. Mais ce n'était plus son oreille qui était importante pour Zoro. Puisqu'il avait senti la main de Sanji se glisser dans son pantalon. Et il ne put retenir un frisson, proche de l'excitation.
Zoro n'avait pas la moindre idée de ce que le pseudo démon de luxure pouvait bien vouloir. Il avait une nette idée de ce que lui, voulait : que Sanji continue, et termine ce qu'il faisait. Il porta la main à sa bouche lorsque la main si fine du blond se rapprocha de plus en plus de son membre, afin d'étouffer tout gémissement qu'il n'aurait pu retenir, se fichant soudainement pas mal de sentir son propre corps se cambrer.
D'ailleurs, le blond n'en menait pas large non plus. De voir ainsi Zoro, le souffle court, les jambes liées aux siennes, mordant sa main pour que personne ne l'entende soupirer de plaisir … de savoir qu'il était à l'origine de cet état, Sanji sentit alors sa propre virilité réagir. Il se lécha les lèvres alors que sa main allait prendre le membre du sabreur et lui faire voir les étoiles.
« Ouah … crevé. »
Zoro et Sanji se figèrent aussitôt.
La porte venait de s'ouvrir, laissant apparaître un Usopp somnolent, ne demandant qu'une chose ; son lit. Il bâilla en refermant la porte, passa devant le lit de Zoro, occupé par les deux, hommes, le lit vide de Sanji, et grimpa sur le lit du dessus pour se coucher. Quelques secondes plus tard, il avait rejoint le pays des rêves.
Pas les deux ex-futurs amants.
Cette intervention eut le mérite de retirer toute envie de continuer au sabreur. Et le fit revenir à la réalité. Il sentit un malaise l'envahir en réalisant que …
« Le cuistot allait me branler. »
Zoro et la poésie... Mais il n'avait pas le temps d'en composer un poème, réalisant toute l'horreur de la situation. Parce que oui, il y avait pire :
« Le cuistot m'a fait bander. »
Et là encore, il y avait pire :
« J'ai aimé ça. »
Oh que oui ! Et pas qu'un peu. Il ne pouvait plus se mentir. Ni à lui, et encore moins à Sanji.
Zoro sentait son corps entier réclamer la suite des choses, ses muscles étaient tendus, sa respiration hachée. Il avait le regard perdu dans le vide, l'une de ses mains occupée à étouffer ses propres gémissements et l'autre accrochée à l'épaule de Sanji. Si Usopp n'était pas entré à ce moment, qui sait jusqu'où ça aurait pu aller. Il remercia intérieurement son ami au long-nez pour l'avoir fait redescendre sur terre avant qu'il ne soit trop tard. A moins qu'il aurait préféré que rien de cela ne cesse?
Cette fois ci, il réussit à agir, à repousser le corps de Sanji du sien, à retirer sa main baladeuse, mettant une distance raisonnable entre eux.
« Va te coucher maintenant, murmura Zoro.
- Je …
- Maintenant. »
La voix de Zoro était assez ferme pour lui faire comprendre que s'il insistait il n'aurait aucun scrupule à lui défoncer la tête.
Le blond ne préféra pas tenter une nouvelle approche. Le feu de l'action passé, retour à la case départ. Zoro attendit que Sanji se soit levé pour tirer le drap sur lui et lui tourner le dos. Il se força à se calmer rapidement pour pouvoir s'endormir et ne plus y penser, sachant que le lendemain, ce souvenir allait venir à lui.
Le chef opta pour sortir du dortoir, sachant parfaitement qu'il ne trouverait pas le sommeil.
Il était mitigé.
D'un côté, il avait envie de noyer un certain sniper, mais de l'autre, il se sentait très léger. Parce que maintenant il en était sûr, Zoro n'était pas insensible, même pas du tout. Il se retint de faire une danse de la victoire et préféra s'allumer une cigarette en contemplant la mer de nuit.
Même si la frustration était toujours présente, il ne s'était jamais senti aussi joyeux.
