Auteur : sesheta_66
Ecrit pour : _hibiscus
Traduction : ReachingforHeaven
Titre : A Time to Move On
Résumé : Essayant de mettre la guerre derrière eux, et leurs blessures toujours à vif, les élèves de Poudlard essaient de découvrir ce que leur réserve l'avenir - et peut-être de retrouver au passage un peu de leur enfance perdue.
Rating : PG-13/PG-15
Prend l'épilogue en compte ? Le tome 7 est pris en compte, jusqu'à la fin de la bataille. Ne suit pas l'épilogue.
Note de la traductrice : Hello again ! Comme promis, pour me faire pardonner mon retard de la partie précédente, je publie la troisième ce soir ! Merci à vous pour vos adorables reviews (j'espère que j'ai répondu à tout le monde, d'ailleurs), merci à mon totally awesome beta-pokemon ; sur ce, ne tardons plus, et bonne lecture à toutes et à tous !
P.S. : la suite et fin dans deux jours, my friends !
P.P.S. : n'oubliez pas les gens, GO GO GO SLYTHERIN sur Pottermore !
A Time to Move On
« Harry, te voilà ! »
« Salut Neville. »
Neville remarqua Malfoy, qui se tenait à côté de Harry. « Malfoy », le salua-t-il, sans avoir l'air le moins du monde perturbé par la présence du Serpentard.
Harry et Neville avaient eu plusieurs longues discussions depuis qu'ils étaient revenus à l'école, et ils s'étaient entendus sur le fait qu'il fallait aller de l'avant. Peut-être ne parviendraient-ils jamais à accorder un pardon complet à ceux qui avaient été leurs ennemis. Et ils n'oublieraient sans aucun doute jamais ce qui s'était passé. Mais il était hors de question, pour l'un comme pour l'autre, de continuer à haïr leurs anciens ennemis.
Malfoy le fixa du regard, l'air tout à fait choqué que Neville lui adresse la parole. Retrouvant rapidement son calme, il lui adressa un signe de la tête. « Londubat. »
Neville se tourna vers Harry. « McGonagall vient d'annoncer qu'on reprenait le Quidditch. »
« Je pensais qu'elle ne voulait pas encourager la compétition entre les maisons », fit remarquer le brun.
« Je sais… On dirait bien qu'elle a changé d'avis. » Il lui tendit un morceau de parchemin. « Elle a fait afficher ça pendant que vous étiez tous à Pré-au-Lard… » Il s'interrompit, fronça les sourcils et jeta un coup d'œil autour de lui. « Où sont Ron et Hermione ? »
« Probablement quelque part en train de se peloter », répondit Malfoy.
Neville éclata de rire, avant de simuler un haut-le-cœur. « Ca doit être un peu difficile de les supporter en ce moment, non ? »
Malfoy fronça les soucils, et Harry s'imagina le dilemme qui devait l'agiter à l'idée d'avoir une conversation presque amicale avec deux Gryffondors. Il ne tarda pas cependant à retrouver son sang-froid, et il sourit. « Je pense que ça devrait s'arranger d'ici peu », offrit-il.
« Oh, vraiment ? Pourquoi ? »
« Grâce à Potter ici présent. » Malfoy lui donna un coup de coude, et Neville tourna la tête vers lui, surpris.
Harry haussa les épaules. « J'étais censé les retrouver à Pré-au-Lard, mais je n'y suis pas allé, et Ron - eh bien, tu le connais - ça l'a, euh… énervé que j'ai préféré passer la journée avec Malfoy. »
Neville haussa les sourcils et écarquilla les yeux. Il donnait l'impression de retenir, avec difficulté, une crise de fou rire. « Oh, j'imagine qu' ''énervé'' est un euphémisme. Je ne pense pas que quelqu'un puisse l'énerver plus que Malfoy, dans toute la communauté sorcière. »
« Eh bien, tu sais… Je fais de mon mieux », répliqua le blond.
Neville ne put se retenir plus longtemps, et laissa échapper un bref éclat de rire. « Oui, je pense qu'on est au courant. » Il se tourna à nouveau vers Harry. « Mais qu'est-ce que ça a à voir avec le fait qu'ils… tu vois ? »
« Qu'ils n'arrivent pas à se décoller l'un de l'autre ? » demanda Malfoy. « Potter leur a dit qu'ils devraient dépasser ce stade avant de recommencer à essayer de parler à d'autres gens. »
« Tu n'as pas fait ça ! » s'étrangla Neville.
« Si », répondit Harry. « Mais je ne voulais pas être méchant, juste… »
« Oh, ils s'en remettront », insista Malfoy.
« J'en sais rien. »
« Mais si, Harry », aprouva Neville. « En plus, tu nous as tous rendu un grand service. » Il s'interrompit, et dirigea son regard vers l'imposante porte du château. « Hey, Weasley ! J'ai des nouvelles pour toi ! » Sur ce, il s'éloigna pour aller parler à Ron.
« Voilà qui fut pour le moins étrange », dit Malfoy.
« De quoi ? »
« Discuter - avec Londubat. »
Harry eut un petit rire. « Les Gryffondors ne sont pas tous mauvais, tu sais. »
Malfoy fronça les sourcils. « Je n'en suis toujours pas convaincu. »
Harry jeta un coup d'œil au parchemin qu'il tenait à la main. « Apparemment, McGonagall parlera des matches de Quidditch au dîner. On se voit là-bas ? »
« Ouais, bien sûr. » Malfoy eut l'air un peu désorienté, avant de se retourner. Harry eut un sourire, s'imaginant que l'autre devait être pour le moins confus par la journée qu'ils venaient de passer. Il se demanda ce que lui-même ressentirait si jamais les Serpentards devenaient brusquement polis avec lui. Un sourire aux lèvres, il reprit son chemin vers la tour de Gryffondor.
« Nous allons reprendre les matches de Quidditch », annonça la directrice une fois le dîner terminé. « Cependant, les équipes ne seront pas constituées en fonction des maisons. »
La Grande Salle résonna sur-le-champ de cris et de protestations.
« Assez ! » s'exclama-t-elle. Le silence se fit à nouveau. « Je n'ai pas changé d'avis depuis le début du trimestre. Nous ferons comme je vous l'ai annoncé, ou sinon rien. Les quatre équipes - deux composées de la première à la quatrième années, et les deux autres pour la cinquième à la huitième années - auront pour capitaines quatre élèves que je vais désigner parmi les plus âgés. »
Une fois que les murmures engendrés par cette déclaration se furent tus, elle continua. « Chaque élève de première année qui réussira à intégrer une équipe - et ces élèves-là uniquement - obtiendront une dérogation qui leur permettra de posséder un balai, et pourront utiliser ceux de l'école jusqu'à ce qu'ils puissent personnellement en acquérir un. Des essais vont être organisés, et chaque équipe se devra de représenter équitablement chacune des maisons - il y aura sept postes par équipe et cinq remplaçants, c'est-à-dire trois élèves de chaque Maison par équipe. Je communiquerai le reste des détails aux capitaines ; quant au reste d'entre vous, vous pouvez vous attendre à obtenir plus d'informations dans les semaines qui viennent. »
« Eh bien, je suppose que ça aurait pu être pire », fit Ron à Seamus. (Il refusait toujours de parler à Harry, apparemment.) « On aurait pu ne plus avoir de Quidditch du tout. »
« Oh, Ronald », dit Hermione. « Est-ce qu'il t'arrive de penser à autre chose qu'au Quidditch ? »
Ron passa un bras autour de sa taille et enfouit son nez dans ses cheveux. Harry se leva avant d'avoir à l'entendre répondre - ou avant de se mettre à vomir violemment.
« Mr Potter. » McGonagall l'arrêta alors qu'il essayait de s'échapper. « J'aurais aimé pouvoir avoir une petite conversation avec vous - dans mon bureau. »
« Euh… bien sûr. »
« Excellent. Passez donc devant, je vous retrouverai là-bas. »
Harry se rendit jusqu'au bureau de la directrice, mais il réalisa, une fois face aux gargouilles qui en gardaient l'entrée, qu'il ignorait totalement quel pouvait bien être le mot de passe. Heureusement, McGonagall ne tarda pas à arriver - suivie par nul autre que Draco Malfoy, qui lui lança d'ailleurs un regard interrogateur. Harry haussa les épaules, et tous deux suivirent la directrice dans son bureau.
« Asseyez-vous, messieurs. » Harry leva les yeux vers le tableau de Dumbledore, endormi contre son cadre. Il jeta un coup d'œil en direction de Malfoy, qui lui avait les yeux baissés vers le sol.
« Très bien. J'imagine que vous pouvez deviner pourquoi je vous ai demandé de venir ici. »
« Nous n'avons rien fait », répondit automatiquement Harry. Il entendit Malfoy étouffer un ricanement à côté de lui.
Les yeux pétillants d'amusement de McGonagall lui rappelèrent un instant ceux de Dumbledore. « Au contraire, Mr Potter, je vous ai convoqués pour vous annoncer que vous serez les capitaines des équipes de Quidditch. »
« Nous ? » s'exclamèrent de concert Harry et Malfoy.
« Oui. J'ai l'impression que si vous parveniez à travailler ensemble, tous les deux, cela servirait d'excellent exemple à toute l'école. »
« Mais il y a quatre équipes. »
« Oui, Mr Malfoy, mais je ne pense pas que les élèves plus jeunes soient capables d'assumer la responsabilité de capitaine. Alors j'espèrais que, bien que vous n'ayez pas à occuper de poste de joueur dans les deux équipes des plus jeunes, vous accepteriez de leur servir de capitaines. »
« Vous voulez que nous nous occupions de deux équipes chacun ? »
« Oui. »
« Mais pourquoi ne pas désigner deux autres élèves plus âgés ? » demanda Harry.
« Parce que dans ce cas-là, ils ne pourraient pas jouer du tout. De plus, je crois chacun de vous capable d'assumer ces fonctions. Vous pourrez même organiser vos entraînements en même temps, et… eh bien, je vous laisse le soin de planifier tout ça. Etes-vous prêts à accepter ? »
« Bien sûr », répondit Harry. Malfoy resta silencieux.
« Mr Malfoy, cela vous pose-t-il un problème ? »
« Je pensais que vous aviez dit que vous vouliez améliorer l'unité inter-maisons. »
« En effet. »
« Mais vous mettez en compétition Serpentard et Gryffondor. »
« Non, Mr Malfoy, ce n'est pas le cas. »
Harry lança un coup d'œil sceptique à son ancienne directrice de maison. « Professeur, je crois que Malfoy a raison, là. »
« Ce que je prévois de faire, messieurs, c'est de choisir les deux meilleurs Attrapeurs de l'école et de leur permettre d'être capitaines des équipes de Quidditch. Si vous faisiez partie de la même équipe, il serait difficilement équitable pour une autre équipe de jouer contre vous deux. »
« Eh bien, je dois dire que c'est un bon argument », reconnut Malfoy.
« Excellent ! » dit McGonagall. « Donc, vous acceptez ? »
« Très bien », fit le blond à contre-cœur. « Comment souhaitez-vous que nous nous organisions ? »
« Oh, je vous laisse le soin de décider des détails entre vous. Je me décharge maintenant de toute responsabilité à ce sujet. Je suis certain que vous parviendrez tous les deux à travailler ensemble. »
Malfoy étouffa une quinte de toux. « Ca va, Malfoy ? » demanda Harry en lui donnant une bonne tape dans le dos.
« Est-ce que vous voulez que votre plan se termine par un fiasco total ? » demanda-t-il à la directrice. « Je veux dire… Potter et moi n'avons pas vraiment une histoire qu'on pourrait qualifier - d'excellente. »
Les lèvres de McGonagall tressaillirent. « En effet », dit-elle. Harry avait l'impression qu'elle se retenait d'éclater de rire. « Mais le trimestre a commencé depuis deux mois, et je n'ai pas entendu parler une seule fois d'une quelconque altercation entre vous. » Elle leur lança un regard soupçonneux. « Ou alors, vous avez réussi à parfaitement dissimuler vos conflits aux yeux de tous. »
« Non, non », se hâta de dire Harry. « On s'entend plutôt bien. »
Malfoy s'éclaircit la gorge. « Si ''bien s'entendre'' signifie avoir eu une demi-douzaine de conversations polies depuis la rentrée, bien sûr. »
« On s'est plutôt bien amusés aujourd'hui », fit remarquer Harry.
« Merveilleux. Vous voyez ? Je savais que vous pouviez y arriver. » Elle se leva et les dirigea vers la porte. « Comme je le disais plus tôt, j'attends de vous que vous serviez d'exemple à cette école, que vous montriez à vos camarades que les élèves des différentes maisons peuvent réussir à s'entendre. Votre rivalité bien connue ne servira qu'à mettre en lumière le chemin que vous avez parcouru pour en arriver jusque là. » Après un dernier « Bonne nuit, messieurs », elle les laissa partir.
« C'est une vraie manipulatrice », dit Mafoy alors qu'ils quittaient l'escalier.
« Elle a appris avec le meilleur », fit remarquer Harry.
« C'est vrai », reconnut le blond. « Très flatteur, de nous désigner en tant que les ''deux meilleurs Attrapeurs de l'école.'' »
« Mais elle a raison », dit Harry. « Tu es le seul véritable rival que j'aie eu, pendant un match. »
« Est-ce que tu viens juste de me faire un compliment, Potter ? »
« Je crois bien, oui. »
« Cette journée devient de plus en plus bizarre à chaque minute qui passe. »
Harry eut un petit rire. « Donc, quand est-ce que tu veux qu'on s'y mette ? »
« Mieux vaut ne jamais remettre les choses à plus tard », suggéra Malfoy. « On se retrouve à la bibliothèque dans un quart d'heure ? »
« Ca marche. »
Novembre, 1998
Deux semaines s'étaient écoulées, et ils avaient étonnamment bien réussi à travailler, Draco et lui. Ils avaient organisé les essais et choisi les meilleurs candidats dans chaque catégorie, s'assurant d'en prendre six de chaque maison parmi les élèves les plus âgés, et six autres parmi les plus jeunes. Maintenant, il ne leur restait plus qu'à diviser les candidats en deux équipes.
Ils avaient réussi à sélectionner les Attrapeurs de réserve, tout comme les Poursuiveurs, les Batteurs et leurs remplaçants. Draco et lui avaient chacun leurs favoris ; et quand ils voulaient avoir le même joueur, ils trouvaient toujours un moyen de se mettre d'accord. Le seul poste qu'il leur restait à pourvoir, c'était celui de Gardien.
« Je n'arrive pas à croire que je m'apprête à dire ça, mais je veux Weasley comme Gardien. »
Harry eut un grand sourire. « Tu veux juste pouvoir lui donner des ordres. »
Les yeux de Malfoy pétillèrent. « Eh bien, c'est vrai, il y a ça. Mais, même si je déteste avoir à l'admettre, c'est le meilleur. Et tu as pris Weaselette au poste de Poursuiveur. »
« Est-ce que tu es en train de suggérer que les Weasley sont les meilleurs joueurs de Quidditch de l'école ? »
« Jamais ! » s'étrangla Malfoy, l'air positivement horrifié. « Toi et moi, nous sommes les meilleurs joueurs. »
« La modestie t'étouffe, Malfoy. »
« Sois aussi modeste que tu veux, Potter - mais c'est vrai. McGonagall nous l'a dit elle-même. Mais je suis prêt à reconnaître - à contre-cœur, et je ne l'admettrai jamais devant quelqu'un d'autre, même si on me menace de mort - que les Weasley ne sont pas mauvais. »
« Ouais, Fred et George étaient les meilleurs Batteurs que j'aie connus. »
« Ils étaient bons, c'est vrai, mais tu dois admettre que les Batteurs que nous avions à Serpentard en première année étaient efficaces. »
« De véritables brutes. »
« Toutes les tactiques se valent. Et de toute façon, tu as déjà atteint ton quota de Gryffondors. »
« Je suis prêt à échanger. »
« Non. Hors de question. La belette est a moi. »
« Oh, je meurs déjà d'impatience de l'annoncer à Ron », se plaignit Harry.
« Ta ta ta, Potter. » Le sourire qui ornait les lèvres de Malfoy était positivement terrifiant. « Laisse-moi m'en occuper. »
Harry gémit - Ron lui adressait déjà à peine la parole. Il lui en voulait toujours pour les remarques qu'il leur avaient faites à Pré-au-Lard - même si Hermione et lui se retenaient désormais un peu plus en public - et maintenant, à cause de tout le temps que Harry passait avec Malfoy, il donnait l'impression de lui en vouloir encore plus. Bon, eh bien, Ron allait juste devoir se faire à la nouvelle.
« Hors de question ! » rugit Ron. « Je ne vais pas jouer dans l'équipe de cette fouine ! »
Malfoy plissa les yeux. « Tu vois ce que j'ai là ? Ce sont les listes des équipes ; tu acceptes ton poste ou tu ne joues pas. »
« Harry… mon vieux… tu ne peux pas me faire ça. »
Avant que le brun eut une chance de répondre, Malfoy reprit la parole.
« Au contraire, la belette, nous pouvons tout à fait. Pour ton information, j'ai pu choisir le meilleur Gardien. Et, je déteste avoir à l'admettre, mais c'est toi. »
Harry dut se retenir d'éclater de rire. Tout le groupe réuni devant eux donnait l'impression d'avoir été frappé par un sortilège de Confusion. Draco Malfoy, après des années d'insultes - et sa chanson devenue un classique, Weasley est notre roi - venait d'admettre que Ron était le meilleur Gardien qu'ils comptaient dans leurs rangs.
Complètement indifférent au choc que sa déclaration avait provoqué, le blond enchaîna. « Les règles sont claires. Pas plus de trois élèves pour chaque maison. Tu es dans mon équipe. Point final. »
Ron avait approximativement la même expression qu'un poisson hors de l'eau. Harry pouvait sentir les années d'animosité entrer en conflit avec le désir instinctif qu'éprouvait son meilleur ami de se réjouir parce qu'on venait de lui faire un compliment en public. Si l'on se fiait à sa bouche qu'il ouvrait et refermait à toute allure, il mourait d'envie de dire quelque chose, mais comment pouvait-il insulter quelqu'un qui venait de lui faire un compliment ? Oh, Malfoy était doué. Presque autant que McGonagall.
« Le but de toute cette histoire », se hâta d'ajouter Harry, « c'est de promouvoir l'unité inter-maisons. Ce qui veut dire qu'on doit travailler tous ensemble. Si quelqu'un », et il lança un coup d'œil appuyé en direction de Ron, « a un problème avec la répartition des postes, il ou elle peut tout à fait refuser de jouer. Malfoy et moi, nous avons fait nos choix, et nous ne changerons rien aux équipes. Bravo à tous. »
Après un dernier regard meurtrier, Ron quitta la pièce, furibond.
« Eh bien, au moins il n'a pas refusé », offrit Harry.
« Pour le moment », ajouta Malfoy avec un sourire qui ne présageait rien de bon.
Février 1999
« Il va y avoir de l'orage », annonça Harry en plein milieu d'une après-midi anormalement chaude pour la saison. Le grognement collectif que poussèrent les deux équipes lui rappela ses premiers entraînements, à l'époque où chaque minute qu'il passait en vol lui paraissait un peu plus grisante. Et, pour dire la vérité, les plus jeunes des élèves étaient presque en adoration devant Malfoy et lui - ce qui avait surpris le Serpentard d'ailleurs, et n'avait pas manqué de lui faire plaisir.
« Donnez-moi les balais de l'école », annonça ce dernier aux élèves de première année qui n'avaient pas encore pu obtenir les leurs.
C'était le signe qui marquait généralement la fin des séances d'entraînement qu'ils avaient programmées deux fois par semaine avec les équipes juniors. Malfoy et lui avaient en effet décidé qu'il leur serait plus facile d'améliorer les compétences de base de leurs joueurs s'ils travaillaient ensemble. Pour l'instant, le système fonctionnait à merveille : Draco et lui s'entendaient bien, tous les deux ; et, fait pour le moins choquant, Ron et lui parvenaient plus ou moins à se supporter.
« Rappelle-moi pourquoi tu as accepté de faire ça, Potter ? » lui demanda Malfoy une fois les élèves partis ; il ne restait plus qu'eux deux, en train de ranger l'équipement.
« Pour la même raison que toi. » Harry jeta un coup d'œil à l'expression confuse de Draco et ajouta, « McGonagall me l'a demandé. »
« Toi, tu n'as pas besoin de ça pour te faire bien voir par la directrice. »
« Non, mais elle me l'a demandé. » Maintenant, Draco avait l'air pour le moins perplexe. « Elle avait une raison valable. Je t'ai dit dans le train, il y a des mois déjà, que j'en avais assez d'avoir à me battre, et j'étais sincère. Avec ce qu'on fait là, j'ai une chance de… je ne sais pas… faire une différence. »
« C'est vrai, parce que toi, tu n'as jamais rien accompli qui ait fait une différence. » Il leva les yeux au ciel, comme s'il n'avait jamais rien entendu de plus ridicule.
« Allez viens, il faut qu'on range tout ça avant qu'il ne se mette à pleuvoir. » Harry se hâta de changer de sujet, et passa devant Malfoy en direction de l'abri où ils devaient ranger les balais et le reste de l'équipement.
Ils remirent toutes les affaires à leur place en un temps record - mais pas assez vite pour éviter la pluie. Avec un violent coup de tonnerre, les nuages se déchirèrent et une pluie torrentielle commença à se déverser sur le parc.
« Merde. Normal. » Draco ferma la porte à clef et lança un coup d'œil au terrain déjà détrempé. « Je déteste être mouillé. »
« Tu es un sorcier », fit remarquer Harry. « Tu peux utiliser un sortilège pour te sécher. »
« Oh, vraiment ? » répondit le blond, ironique. « Je n'y avais pas pensé. »
Harry leva les yeux au ciel. « Bon, alors de quoi tu te plains ? »
« Quand je me prends une averse, il me faut un bon moment avant de pouvoir me réchauffer correctement. » Il frissonna, comme s'il était déjà trempé.
« Eh bien, j'en sais rien - tu n'auras qu'à aller t'asseoir devant une cheminée quand on sera rentrés. »
Draco marmonna quelque chose qui ressemblait à Ouais, bien sûr.
« Tu as dit quoi ? »
« Rien. C'est bon, comme tu l'as dit, je vais m'en sortir. »
Harry se souvint de la fête qui avait eu lieu plusieurs mois auparavant - et surtout de Malfoy, qui s'était tenu toute la soirée à l'écart des autres membres de sa maison. Il passa aussi en revue ce qu'il avait pu constater des repas dans la Grande Salle. Même si Malfoy ne mangeait pas tout seul, on pouvait rarement le voir en compagnie d'autres élèves de son année - à part Zabini, et encore. Même maintenant, après tout ce temps.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Disons juste que je ne suis pas exactement le bienvenu dans la salle commune - et on va en rester là, d'accord ? »
« Tu pourrais rentrer avec moi à la tour de Gryffondor. »
L'éclat de rire de Malfoy résonna dans le petit abri. « Bien sûr. Parce que tes amis seront tellement heureux de m'accueillir. »
« Personne ne s'en prendrait à toi. »
Draco ricana. « Bien sûr », et le ton de voix établissait clairement qu'il ne le croyait absolument pas.
Harry insista. « Vraiment. » Il redressa les épaules, prêt à défendre son point de vue. « Pas si tu es avec moi. »
« Encore une fois, prêt à jouer les héros ? »
Harry se détendit. « Non. C'est une proposition… une proposition venant d'un ami. »
Malfoy lui lança un regard curieux. « Un ami ? »
« Oui », répondit-il. « Je dirais que nous sommes amis, maintenant. Pas toi ? »
« Amis », répéta le Serpentard, comme si le mot lui était étranger. Il lui adressa un sourire. « Qui l'aurait cru ? »
« Ouaip. » Harry jeta un coup d'œil à l'averse qui tombait toujours. « On pourrait attendre ici que la pluie se calme un peu. »
« D'accord. »
Ils s'installèrent chacun sur un banc, de chaque côté de l'abri. Ils restèrent assis en silence, avec pour seule compagnie le son de la pluie en arrière-plan. Après un moment, Harry vit Malfoy frissonner, et prit l'initiative de lancer un sortilège de Réchauffement.
« Foutu héros. »
Harry eut un petit rire. « De rien. »
Il jeta un coup d'œil aux balais rangés contre le mur en face de lui, et se demanda si son père ou Sirius avaient déjà utilisé l'un d'entre eux. En tout cas, vu leur état vestuste, c'était plus que possible. Mais d'un autre côté, tout comme Malfoy, ils avaient tous deux grandi dans des familles suffisamment riches pour se permettre d'acheter leurs propres balais. Harry sourit - il s'imaginait tout à fait James et Sirius à onze ans en train de se plaindre de la lenteur des balais de l'école.
« Potter ? »
Harry se retourna vers Malfoy. « Ouais ? »
« Pourquoi est-ce que tu te donnes tant de mal ? »
Le brun n'était pas sûr de savoir s'il était supposé comprendre directement ce que Malfoy lui demandait. « Me donner du mal ? »
« Avec moi. »
Ah. « Et pourquoi pas ? »
« Personne d'autre ne l'a fait. »
Harry y réfléchit pendant un instant. « Dumbledore n'était pas la seule personne à penser que tu valais quelque chose. »
« Je n'aurais pas pu le faire, tu sais », murmura Malfoy. « Le tuer, je veux dire. »
Harry eut brusquement l'impression d'être revenu à cette terrible journée qui avait marqué la fin de sa sixième année. « Je sais. »
« Comment tu pourrais le savoir ? »
« J'étais là. » Malfoy haussa un sourcil. « En haut de la tour d'Astronomie, cette nuit-là. Dumbledore m'avait Stupéfixé alors que j'étais sous ma cape d'invisibilité, alors je ne pouvais pas bouger. Tout ce que je pouvais faire, c'était regarder et écouter ce qu'il se passait. Je t'ai vu - tu as baissé ta baguette. »
Malfoy détourna le visage. « Et ça n'a servi à rien. »
« Bien sûr que si ! » insista Harry. « C'est la seule chose qui a empêché ton âme d'être divisée. »
Le blond se retourna vers lui. « Qu'est-ce que tu racontes, Potter ? » Son regard était un mélange de confusion, et d'autre chose - de l'espoir, peut-être.
« Tu peux m'appeler Harry, tu sais. » Puisque l'autre ne lui répondait pas, il continua. « Bref, ton âme. Quand tu commets un meurtre, ton âme se déchire. C'est comme ça que Voldemort a fait pour créer ses Horcruxes. Tu t'es toi-même sauvé cette nuit-là. »
Draco sembla prendre un instant pour enregistrer cette information. « Alors Snape… Il a sacrifié son âme pour me sauver ? » Il avait l'air encore plus pâle que d'habitude.
« Non. » Harry se tourna sur le banc pour faire face à Draco. « Dumbledore et lui, ils s'étaient mis d'accord. C'était le souhait d'un homme mourant qui voulait qu'on le libère de sa souffrance, et te sauver par la même occasion. Donc Snape n'a pas eu à se sacrifier pour toi. »
« Vraiment ? » Il n'avait jamais vu Draco avoir l'air aussi vulnérable. Comme si son futur tout entier dépendait de la réponse de Harry.
« Vraiment. » Il hocha la tête et sourit. « Tu vois ? Snape aussi pensait que tu valais le coup d'être sauvé. »
Le silence dura plusieurs instants - cela faisait beaucoup à assimiler, pour Draco. Harry aurait voulu en dire plus, mais vraiment, qu'y avait-il à ajouter ? Personne ne pouvait plus rien faire pour ces deux hommes - les deux hommes qui avaient joué des rôles si importants dans leurs vies.
« Merci - Harry. »
Il eut un sourire. « De rien, Draco. »
Ce dernier se leva, marcha jusqu'à la porte et fixa le terrain de Quidditch que l'on pouvait voir au-dehors, les bras enroulés autour de la taille et la tête appuyée contre l'encadrement de la porte. Harry avait l'envie très étrange d'aller le réconforter. De passer un bras autour de ses épaules. De lui offrir un peu de contact humain. Il marcha jusqu'à lui, et posa une main sur son épaule.
« J'adore le son de la pluie », fit Draco après un long moment.
Harry écouta pendant un instant, avant de respirer une longue bouffée d'air frais. « Mm. Et l'odeur. »
« Seulement à la campagne », ajouta le blond, avant de froncer le nez. « L'odeur est atroce, en ville. »
Harry se remémora la puanteur des poubelles qui flottait dans l'air de Londres, les jours pluvieux d'été. « Hmm. » Puis il prit une nouvelle inspiration, l'odeur des arbres et de l'arbre ne faisant qu'ajouter à la sérénité de l'instant. « Je dois avouer que tu as raison. »
« C'est tellement relaxant, de pouvoir juste écouter la pluie qui tombe dans la forêt, le clapotement des gouttes sur le sol et sur le toit. »
Ils restèrent debouts, côte à côte. Ils se sentaient apaisés, et quand Harry ferma les yeux, il eut l'impression de se trouver ailleurs. Dans un endroit sûr.
« Oui », dit-il. « On en oublie presque tout le reste. »
« Pour un moment, au moins », répondit Draco, et il reprit sa place sur le banc.
« Qu'est-ce que tu vas faire, quand on aura passé nos examens ? » lui demanda Harry, retournant se rasseoir lui aussi.
« Je ne sais pas. »
« Allez, je suis sûr que tu as bien une idée. »
« Tu sais, nous n'avons pas tous un plan de carrière déjà tracé chez les Aurors. »
« Non, c'est vrai », concéda Harry. « Mais tu es intelligent. Un tas de possibilités s'offrent certainement à toi. »
« Oui, si quelqu'un accepte de m'employer. »
« Je suis sûr - »
« Vraiment ? » fit Draco. « Comment peux-tu en être si sûr ? Parce que je sais que ce n'est pas mon cas. »
« D'autres gens croyaient - croient en toi. Maintenant, il ne te reste plus qu'à faire la même chose. »
« Oh, j'ai confiance en mes capacités. C'est juste que je ne pense pas qu'on m'offre une chance de faire mes preuves. »
« Donc tu vas juste - abandonner ? »
Cette question valut à Harry un regard noir qui lui était devenu familier. « Non, je ne vais pas simplement abandonner. Mais parfois… » Il se passa la main dans les cheveux et laissa échapper un soupir. « Tu sais, quand tu dis que tu es épuisé d'avoir à te battre ? »
« Ouais. »
« Moi aussi. Et ce n'est pas seulement d'avoir à combattre qui me fatigue, mais surtout d'avoir à me battre pour qu'on m'accepte. »
Harry se réveilla avec une crampe dans la nuque, et entouré par l'obscurité. La fraîcheur de l'air, accompagnée par le son de la pluie, avait dû les bercer jusqu'à ce qu'ils s'endorment. S'empressant de sortir sa baguette de sa poche, il murmura « Lumos » et fit les quelques pas qui le séparaient du banc opposé au sien.
« Draco. » Harry leva sa baguette. Draco était paisiblement endormi, et il ne put s'empêcher de remarquer à quel point le sommeil le faisait paraître jeune et vulnérable. Il avait l'air délivré de tout souci, et Harry détesta soudain avoir à le déranger - en particulier après la conversation qu'ils avaient eue plus tôt. Etrangement, il avait presque envie de - de protéger son nouvel ami. Draco aurait sans doute dit qu'il s'agissait de sa propension à jouer les héros qui reprenait le dessus, mais c'était plus que cela. Il remit en place une mèche de cheveux qui était tombée devant les yeux du blond, et son estomac eut un brusque soubresaut. Qu'est-ce qu'il se croyait en train de faire ?
Harry jeta un coup d'œil à sa montre et réalisa qu'ils avaient manqué le dîner. Il s'accroupit près de Draco et lui secoua l'épaule. « Draco, réveille-toi. »
Ce dernier se contenta de marmonner dans son sommeil, avant de se retourner - et il tomba de son banc. Pour atterrir tout droit dans les bras de Harry. Le brun retint son souffle, alors qu'un frisson le traversait comme un électrochoc.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » balbutia Draco, brusquement réveillé. « Potter ? »
Le Gryffondor l'aida à se relever. « C'est Harry », le corrigea-t-il, s'efforçant de calmer les battements effrénés de son cœur. « Tu t'es endormi. »
« Pourquoi est-ce que tu m'as fait tomber du banc ? » geignit-il.
« Je ne t'ai pas fait tomber. Je t'ai réveillé, et tu… eh bien, en fait tu as plus ou moins roulé par terre. »
Draco épousseta sa cape, sans cesser de marmonner ce qui devait probablement être une série de jurons. « Donc tu m'as encore sauvé ? »
« Ouais », sourit Harry. « Quelque chose du genre. »
Il était en train de devenir fou - c'était la seule solution possible. Il aimait les filles, par Merlin. Les filles sportives et athlétiques, ne manqua pas de lui faire remarquer une petite voix désagréable dans sa tête. Et c'est vrai, ça a si bien marché avec elles !
Et n'oublie ta réaction quand il a atterri dans tes bras, se moqua la voix. Mais comment aurait-il pu l'oublier ? Lorsqu'il était enfin retourné à la tour de Gryffondor, il avait dû se précipiter dans son dortoir pour se masturber - il n'avait jamais été aussi excité de toute sa vie. Oh, bordel. Et maintenant, qu'est-ce qu'il était censé faire ? Il n'avait jamais vraiment réussi à cacher ses sentiments, et - bordel de merde. Draco arrivait à peine à supporter que Harry soit son ami, alors sortir avec lui…
C'était complètement différent de la situation avec Cho. Après tout, c'était elle qui l'avait embrassé, et non l'inverse. Et avec Ginny… eh bien, elle avait été plus ou moins amoureuse de lui depuis qu'elle l'avait rencontré - sortir avec elle leur avait paru presque naturel, à tous les deux.
Mais Draco était différent. Non seulement on ne pouvait pas dire qu'il appréciait vraiment Harry, mais en outre il s'agissait d'un homme. Un homme hétéro, qui plus est. Merde. Certes, il fallait prendre cet élément en compte. Il n'y avait aucune chance que Draco veuille un jour… aucune chance qu'ils… juste… non, aucune chance.
Et Ron ? Oh, Merlin. Qu'allait en penser Ron ? D'accord, Draco et lui s'entendaient mieux ces temps-ci - bon, peut-être que dire qu'ils ''s'entendaient mieux'' était un peu exagéré, mais au moins ils ne s'étaient pas balancé de sortilège ni ne s'étaient insultés en public depuis des semaines. Et Harry était quasiment certain que Ron n'était pas homophobe. Oh, ils n'en avaient jamais vraiment discuté ; mais Harry soupçonnait Charlie d'être gay, et Ron avait toujours admiré son frère aîné.
Mais là, il s'agissait de Draco, et Ron risquait d'en faire une crise cardiaque. Harry se frappa le front avec la paume de sa main. Plusieurs fois. Hétéro. Draco est hétéro. Arrête de t'imaginer des choses. Il n'y a aucune chance que ça arrive.
Très bien. Il ne lui restait plus qu'à trouver quelque chose qui lui changerait les idées. Pas besoin de s'inquiéter.
TO BE CONTINUED
