Bonsoir à tous, j'espère que vous vous portez bien.
Pour égayer votre soirée, pour occuper votre week end, après un long dîner avec les grands parents, voici un nouveau chapitre de la Recette du Succès !

Merci encore pour vos commentaires, je prends un grand plaisir à les lire, merci !
Et Kimoha vous remercie également, vous qui la félicitez pour son travail et vous avez bien raison.

Régalez-vous bien !


Une semaine était passée depuis le jour ou Zoro et Sanji avaient été sur le point de conclure. Une semaine durant laquelle l'un comme l'autre était plus au taquet que jamais pour trouver une occasion de se sauter dessus.
En vain.

Et cette situation ne plaisait que très peu à l'épéiste.

Si on avait dit à Zoro, qu'un jour, il chercherait la moindre occasion pour aller s'envoyer en l'air avec le blond, il aurait tranché en fines rondelles le crétin auteur d'une telle débilité. Et ce volontiers. Et pourtant, voilà ce à quoi il était réduit : trouver un moment pour assouvir ses pulsions.

« Sérieux, ça craint ... »

Oh, et pourtant, il avait essayé un jour de se battre contre ça.
En voyant qu'aucune occasion ne se présentait, il avait alors décidé que ce serait son occasion à lui pour oublier ça. Ainsi, durant toute une journée, il avait arrêté de penser à ça. Il s'était fait violence et avait usé de plusieurs techniques pour y arriver. Entre un entraînement plus difficile que d'habitude, une longue séance de méditation et éviter du mieux qu'il le pouvait le blond, il avait eu de quoi faire. Et cela marchait plutôt bien. Zoro était sur le point de se traiter d'idiot pour avoir failli céder. Se laisser prendre par Sanji sans rien dire ? Marrante cette blague.

« Il croyait vraiment m'avoir si facilement, ce crétin? Manquerait plus que ça, tiens! »

Bref, Zoro était un peu plus soulagé. Mais bien sûr, tout ne se passe pas toujours comme on l'espère. Parce qu'au dîner, le soir-même, il avait eu le malheur de s'asseoir à côté de Sanji, chose qu'il avait évité de faire depuis qu'il l'avait percé à jour. S'il s'était assis ailleurs, il n'aurait peut-être plus eu ce désir si violent qui le tenaillait.

Alors qu'il était en train d'écouter tranquillement une nouvelle histoire du si preux et courageux Capitaine Usopp, il avait senti une main sur sa cuisse.
Il n'y avait personne à sa gauche. A sa droite, il y avait Sanji. Voulant tout de même vérifier que ce n'était pas Robin qui lui faisait une blague, de très mauvais goût, il avait jeté un coup d'œil pour savoir à qui appartenait cette main. Il avait eu du mal à avaler le saké qu'il avait en bouche en ayant la confirmation qu'il s'agissait de la main de Sanji.

Celui-ci l'avait posée sur sa cuisse, tout en écoutant, visiblement attentivement, le récit d'Usopp. L'escrimeur tenta de le dégager, sans attirer l'attention sur eux, ce qui était mission impossible. Il avait beau bouger sa jambe autant qu'il voulait, la main du cuisinier restait. Il avait été tenté de lui planter un couteau dedans pour tout dire. Mais il ne l'avait pas fait. Alors il fit comme si de rien n'était, comme si cette main ne lui caressait pas la cuisse. Ce n'était pas comme si elle commençait à s'aventurer beaucoup trop loin en fait.

Sentant une vague de chaleur lui enflammer le bas-ventre, Zoro vida d'une traite sa coupe de saké. Comme si ça pouvait l'aider à oublier que le cuisinier le caressait sous la table. Devant tous leurs amis en plus !

« Et en plus il ne sait plus se tenir ! Sale cuistot pervers! Et putain, pourquoi tes mains savent faire toutes sortes de merveilles? Dérangé du sourcil! »

Il disait ça, mais d'un autre côté, il lui avait fallu cinq bonnes minutes avant d'avoir l'idée de se lever de table. Ce fut un pur miracle que personne n'ait rien remarqué, vu l'état dans lequel il était …

Zoro ne savait pas s'il avait juste envie de Sanji, ou bien s'il avait envie de s'envoyer en l'air et que son attention s'était portée sur le blond, seulement car il était la seule personne à bord avec laquelle il pourrait se soulager. Il l'ignorait. A choisir, ce serait plutôt la seconde situation. Il ne rêvait pas du cuisinier à chaque instant, il ne louchait pas sur lui … Juste cette envie qui le tenaillait.

Il détestait cette situation pour tout dire. Zoro avait horreur d'être dominé par quoi que ce soit. Non, Sanji ne le dominait pas. C'était ses envies, ou ses besoins sexuels. Il se ficherait bien des claques pour être tombé si bas que ça. Laisser les plus bas désirs de l'humanité s'emparer de lui était un fait qui ne lui plaisait pas. Raison pour laquelle il avait voulu remédier à cela.

Alors un matin, résigné à tout faire pour arranger son cas, il avait commencé à se toucher dans son lit. Même si généralement, il n'était pas un adepte des plaisirs solitaires, ce jour-ci, il lui semblait qu'il n'avait pas d'autre choix. Comme ça, il serait débarrassé de ce problème sans avoirquelque choseà faire avec l'autre débile.

« Tant pis, aux grands maux les grands moyens... ou remèdes ? Qu'importe. »

Ça lui avait paru être une bonne idée. Sauf lorsqu'il s'était mis à imaginer que c'était Sanji, endormi non loin de lui, qui le caressait. Il avait tout de suite arrêté ce qu'il faisait, un peu dégoûté de lui-même sur le coup. Ensuite, il avait maudit le cuisinier jusqu'à sa trentième descendance, avant de se dire qu'il allait veiller à ce que le blond n'en n'ait jamais. Il s'était recroquevillé sous son drap, fixant d'un œil mauvais la chevelure blonde non loin de lui.

« Face de citron périmé, je te hais t'imagine même pas combien! C'est de ta faute si je suis dans cet état ! Qu'est-ce que je donnerais pas pour t'éclater contre un mur, te trancher en morceaux, te baiser … »

A ces pensées, Zoro se dit qu'il le haïssait pour avoir réussi à inclure dans la liste de ses sévices réservés au blond l'idée de retrouvailles au fond d'un lit. Dire qu'il y a peu il pensait que Sanji n'était qu'un moyen comme un autre pour assouvir ses pulsions, maintenant, il ne savait plus trop. Tant pis, pour l'instant, il allait picoler.

Après une matinée bien occupée à s'entraîner, il s'était alors allongé sur le pont arrière, une bouteille de saké à la main, profitant du beau temps pour piquer un petit roupillon bien mérité selon lui. Et même s'il n'était pas mérité, et bien il allait quand même dormir. Zoro était très bien installé là, et ferma l'œil pour dormir un peu. Ouais. C'était plutôt cool.

Les choses l'étaient moins lorsqu'il sentit quelque chose contre ses lèvres. Il n'avait pas besoin de bouger le moindre muscle pour savoir à qui appartenaient ces lèvres. Selon la façon dont il l'embrassait, il pouvait sentir la fine moustache du cuisinier. Et puis, maintenant, il savait qu'il n'y avait que lui pour aller le tripoter sur ce bateau. Il ouvrit tout de même son œil valide pour découvrir un Sanji plus excitant que jamais : le souffle haché, tremblant, brûlant. Zoro pouvait voir le désir briller dans cet œil si bleu.

« Qu'est-ce que t'as foutu pour être dans un tel état ? Demanda Zoro.

- Ferme-la, j'en peux plus. »

Sanji prit alors place sur les cuisses de l'escrimeur pour lui retirer ses vêtements avec hargne, les déchirant presque. Il alla presser ses lèvres contre celles du plus bronzé avec empressement, mordant, léchant ces mêmes lèvres, et commença à faire onduler son bas ventre contre celui de Zoro, lui arrachant un grognement de surprise.

« Ça te plait, hein? demanda Sanji, d'une voix qui trahissait son état d'excitation.

- Parce que tu crois que je vais te répondre? pesta l'escrimeur. N'oublie pas que je ne peux pas te supporter. Je te déteste.

- C'est réciproque. N'empêche, tu aimes ça, je le sais. »

Ce n'était pas une question du tout. C'était un fait. Et oui, ils savaient tous deux que l'autre aimait ça. Plus qu'ils ne voudraient jamais l'avouer. Ils aimaient tous les deux ces contacts tout à fait insolites, inattendus. Zoro ne pouvait pas dire qu'il n'aimait pas ces baisers violents partagés avec le cuisinier. Sinon, il l'aurait déjà envoyé balader. Lorsque Sanji l'échauffait, il adorait ça. Et il ne demandait qu'à aller plus loin, continuer encore sur le chemin de la découverte du corps de l'autre, pour finalement le conquérir totalement.

Zoro eut un tremblement lorsqu'il sentit les mains de Sanji ouvrir son pantalon. Le blond lui lança un clin d'œil avant de reculer, pour se baisser. L'épéiste eut un mal incroyable à se maîtriser en voyant la tête blonde se glisser entre ses cuisses, et lorsque sa bouche se rapprocha de son membre …

« AH ! »

Zoro se redressa brusquement, fixant un point éloigné devant lui, le corps en sueur.

Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu'il n'y avait aucun cuisinier pervers dans les environs. Ses vêtements étaient toujours en place, non déchirés. Il lui fallut un instant de plus pour réaliser qu'il avait rêvé.

« Putain, quel cauchemar! »

Ou cauchemardé … Lui restait comme unique souvenir un bel état d'excitation, mêlé à un peu d'il ne savait quoi. Un état étrange qui ne lui plaisait pas.
Ensuite, il avait vidé le reste de sa bouteille à une très grande vitesse.

En avalant l'alcool, il se dit que la situation ne pouvait plus durer, que ça craignait à fond. Il venait de faire un rêve à caractère érotique les mettant en scène, lui et l'autre débile.
Mais où allait le monde?

Il ne voulait plus penser à ça. Ni au rêve, ni à la situation en fait. Ne pas oublier, mais ne pas ressasser.
Pour le moment, il se contentait de vivre sa vie au jour le jour.
Zoro refusait catégoriquement de prendre la tête à cause de Sanji.
Et il l'avait déjà trop fait à son goût.

[...]

Pour Sanji, les choses étaient encore pires que pour Zoro.

C'était peut-être parce que lui avait dû attendre dans son coin plus longtemps. S'il était sadique et qu'il savait se maîtriser totalement, il ferait languir Zoro autant de temps que lui-même avait attendu.
Mais il avait trop envie de lui pour ça.

« Vraiment, je me répète, mais la tronche de brocolis m'emmerdera dans n'importe quelle situation. »

Le plus difficile était sûrement de le voir tous les jours sans pouvoir le toucher. Certes, c'est ce qu'il subissait déjà avant. Mais les choses étaient différentes maintenant. Avant, il se contentait de regarder, sans plus. De désirer, sans oser demander.

Le coup de grâce fut certainement cet événement, à première vue anodin, qui s'était déroulé la veille dans l'après-midi. La journée avait commencé plus calmement que le reste des autres jours précédents. Luffy et Usopp étaient occupés à pêcher, motivés à ramener un poisson géant pour le croquer. Au bout d'un bon moment à attendre que ça morde, Luffy avait senti qu'il avait une touche. Alors tout heureux, il s'était mis au travail pour remonter son casse-croûte.

Cependant ce dernier n'était pas d'accord. Et après une lutte acharnée, le poisson avait tiré un coup trop sec ce qui surprit le capitaine et l'entraîna avec lui à la mer. Alarmé par les cris d'Usopp et voyant que le médecin de bord et le musicien s'apprêtaient à sauter à leur tour, Zoro avait réagi rapidement. D'abord, assommer les deux idiots. Inutile de devoir repêcher deux enclumes en plus. Ensuite, sauter à la mer pour ramener à bord du bateau leur capitaine. Il n'avait eu qu'à suivre les bulles pour le retrouver, le tirer à la surface, et le ramener sur le bateau :

«Luffy, ça va?

- Poissooooooon … avait gémit le capitaine.

- Ouais, il survivra. » avait annoncé Zoro.

Si le reste de l'équipage avait vu la scène comme quelque chose d'habituel à bord avant de retourner à leurs occupations, ce ne fut pas le cas de Sanji. C'est cliché, c'est attendu, mais il s'en fichait, les choses s'étaient déroulées ainsi : de voir le corps trempé de Zoro, dont les vêtements collaient à cette peau mate si appétissante, il avait eu aussitôt un coup de chaleur immense.

« Ce type est l'incarnation même de la luxure, et ce con n'en n'a pas la moindre idée … Bon sang! »

Et en voyant leur capitaine dans ses bras puissants, malgré l'absence totale d'ambiguïté, il n'avait pu s'empêcher de jalouser Luffy. Sanji ne demandait que ça, d'être aussi près de l'homme aux cheveux verts que l'était l'homme élastique à ce moment précis. Il s'était ensuite giflé mentalement pour avoir trouvé cette scène terriblement érotique.

« Ne pense plus à ça, ne pense plus à ça Sanji ! »

Mais il n'y avait plus eu ces moments, comme ceux où, à deux reprises, Sanji avait failli réussir sa mission, plus si secrète que ça. Et ça le tuait !
Parce qu'il savait maintenant que Zoro ne dirait pas non, bien au contraire. La frustration était toujours là, et elle s'était mêlée à autre chose : l'impatience. Il crevait d'envie de lui sauter dessus.

Lorsqu'il le voyait à table, il devait se faire violence pour ne pas avoir de pensées obscènes envers Zoro, pour éviter de se faire remarquer.
Lorsqu'il le voyait s'entraîner sur le pont, il n'avait qu'à voir ce corps musclé travailler pour sentir un feu dévastateur se déclencher dans son bas-ventre. Ça le tuait.

Et ça le tuait d'avantage lorsqu'il croisait le regard du chasseur de pirates. Il voyait parfaitement que lui aussi pensait à ce qu'il pensait lui-même. Sanji n'était pas dupe. Le désir était partagé, mais aucune occasion ne s'était encore présentée à eux.
Pas la moindre. Ou du moins lorsqu'ils le croyaient, il y avait toujours autre chose pour les stopper dans leur élan. Sanji n'en pouvait plus, il commençait à être à bout de nerfs. Il en avait assez de devoir se contenter de regarder Zoro de loin sans pouvoir le toucher.

Le cuisinier avait tout bonnement besoin de l'avoir dans son lit une bonne fois pour toutes. Jamais il n'aurait pensé que cette simple envie de lui puisse tourner à l'obsession. A un point tel que ça le faisait souffrir. Il allait devenir dingue. Sanji s'en serait arraché les cheveux. Il avait envie de Zoro. Non, il avait besoin de lui.

« J'ai besoin de son corps. Ça s'arrête à ça, mais c'est déjà trop. »

C'est la conclusion à laquelle il était arrivé tout en rangeant la vaisselle propre. Il avait refermé les placards de la cuisine en soupirant.

Décidément, cette histoire lui prenait la tête. Un peu trop d'ailleurs. Dire qu'au début, il voulait seulement lui montrer qu'il pouvait avoir qui il voulait dans son lit! Ça avait évolué en un désir insoutenable, un membre de l'équipage au courant – et discret soit dit en passant – et deux frustrés.
Surtout Sanji.
Il respira alors profondément. Il devait se ressaisir, ce n'est pas comme ça qu'il pourrait nourrir l'équipagece soir-là.

Aller, courage !

Le cuisinier descendit alors tranquillement dans la réserve, lorsqu'il entendit du bruit. Il sentit un certain énervement prendre possession de lui.
C'était Luffy qui voulait encore dévorer des pâtes crues? Cette fois-ci, Sanji le prendrait sur le fait ! Il s'approcha à pas de loup de la source du bruit.
Plus il s'approchait, plus il se disait que ça ne pouvait pas être le capitaine. Que ferait-il avec des bouteilles ?
Franky pour son cola ? Ou bien l'autre solution ?

L'autre solution.

Sanji avait sous les yeux l'épéiste du navire en train de chercher une bouteille convenable à vider. Bah voyons. Il pensa d'abord à aller l'engueuler, disant que ce serait sa faute s'ils tombaient en panne d'alcool avant la prochaine île. Mais finalement, Sanji eut une meilleure idée.

« Qu'importe si tu existes ou non, mais merci mon Dieu. »

Sans un bruit, il verrouilla la porte de la réserve afin de s'assurer la tranquillité. A part lui-même, Zoro, ou Franky, peu de personnes descendaient ici. Les autres étaient tous occupés.

Ils avaient trouvé une occupation pour le moins étrange. Apparemment, ils naviguaient sur une zone où un poisson qui ressemblait à une poule et à un cheval en même temps vivait. Sanji ne voulait surtout pas savoir où est-ce que Luffy avait été cherché une telle idée. C'était sûrement Usopp qui avait raconté quelque chose y ressemblant.

Mais le fait est que, tout le navire voulait au moins vérifier cette histoire. Et surtout, une autre partie voulait pêcher cette chose afin de s'en faire un casse-croûte. Robin se disait que cela pouvait être intéressant à observer, on ne rencontre pas de telles créatures tous les jours après tout. Enfin, pour eux si. Mais ils n'étaient plus une référence depuis longtemps. Ça avait inspiré une chanson à Franky, alors lui et Brook chantaient gaiement sur le pont. Zoro avait décrété qu'il s'en foutait, et Sanji avait toute la vaisselle à faire. Ce qui fait qu'ils étaient les seuls sur ce bateau à ne pas attendre ce poisson mythique.
Alors, le voilà venu, le moment, l'occasion tant rêvée.

Le cuisinier marcha derrière l'alcoolique afin de se placer juste derrière lui. Il alla alors plaquer le corps de Zoro contre le mur, et colla son torse au dos de l'escrimeur rendu muet par la surprise,à moins qu'il n'ait détecté le blond depuis un moment déjà. Il l'emprisonna de ses bras et sa bouche alla remonter à l'oreille du sabreur pour lui susurrer :

« Cette fois, je te tiens. »

Et il ne le lâcherait pas.