Auteur : sesheta_66

Ecrit pour : _hibiscus

Traduction : ReachingforHeaven

Titre : A Time to Move On

Résumé : Essayant de mettre la guerre derrière eux, et leurs blessures toujours à vif, les élèves de Poudlard essaient de découvrir ce que leur réserve l'avenir - et peut-être de retrouver au passage un peu de leur enfance perdue.

Rating : PG-13/PG-15

Prend l'épilogue en compte ? Le tome 7 est pris en compte, jusqu'à la fin de la bataille. Ne suit pas l'épilogue.

Note de la traductrice : Salut tout le monde ! Bon, d'abord, désolée pour cette journée de retard, mais mon beta a passé la soirée d'hier coincé dans un avion - et sans accès à Internet -, so il n'a pu m'envoyer la suite et fin de cette traduction qu'aujourd'hui. Mais BON, on l'excuse parce qu'il est gentil et mignon ! Ensuite, comme un malheur n'arrive jamais seul, j'ai eu un bug des MP sur le site, et du coup je n'ai pas encore pu répondre à vos reviews ni à vos messages (cela dit, je les ai lus et vous êtes toutes et tous adorables :D). Je vais voir si le problème est résolu, et je vous réponds aussi vite que possible !

Sooo. Merci pour vos reviews, et j'espère que la suite et fin de cette histoire vous plaira !


A Time to Move On


Mars, 1999


Pas besoin de s'inquiéter - tu parles. En vérité, les quelques semaines qui suivirent furent une véritable torture. Enfin, pas totalement. Le seul problème pour Harry, c'était qu'il n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à Draco.

Il songeait à ses yeux. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer avant à quel point les différentes nuances de gris de ses iris étaient nombreuses, comment ces derniers changeaient de teinte en fonction du temps ou de l'humeur de Draco ?

Harry n'avait pu s'empêcher de remarquer ses mains. Et ses doigts agiles, élégants quand le Serpentard préparait une potion, ou l'énergie avec laquelle ils agrippaient le manche de son balai.

Il avait longuement étudié les cheveux de Draco, aussi - et la manière dont-ils étincelaient au soleil.

Sans mentionner les longues jambes du blond, et la façon dont son uniforme de Quidditch mettait ses fesses en valeur.

Les traits de son visage n'étaient plus pointus, mais aristocratiques.

Son accent traînant était devenu étudié, soigné, plutôt qu'irritant.

Sa démarche -

Bordel de merde - par le calecçon à fleurs de Merlin, je suis devenue une putain d'adolescente amoureuse ! se dit un matin Harry, après une semaine de lamentations silencieuses sur l'injustice de sa vie.

Heureusement, personne ne semblait avoir remarqué ce qu'il ressentait (il lui était impossible de décrire avec plus de précision la nature exacte de ses nouveaux sentiments, d'ailleurs). Il savait qu'Hermione n'aurait pu se taire si elle avait soupçonné quelque chose, et elle était la personne la plus observatrice que Harry connaissait. Pour une fois, il était bien content que toute son attention soit accaparée par la relation qu'elle entretenait avec Ron. Oh, mon dieu, il n'était pas comme eux, n'est-ce pas ? - Non. Quelqu'un le lui aurait dit. N'est-ce pas ?

La semaine suivante fut plus supportable - Harry avait l'impression de réussir à prendre du recul. Enfin… dans la mesure du possible, tout du moins. Maintenant il réussissait plus ou moins à se maîtriser - même si chaque fois que Draco lui effleurait accidentellement le bras ou lui posait la main sur l'épaule, il sentait un frisson traverser son corps comme un électrochoc. (Merci Merlin pour les robes de sorciers qui pouvaient cacher tellement de choses.)

Après trois semaines, il pensa avoir traversé le pire. Il était toujours attiré par Draco comme un Billywig par la lumière, mais grâce à un planning de masturbation bien organisé, il était capable de garder le contrôle sur ses pulsions. La plupart du temps. Oh, bien sûr, Harry - ou du moins une partie de lui - était épuisé par toute cette situation, mais il était jeune. Il survivrait. Et il arrivait enfin à se concentrer à nouveau en classe. Tant que Draco ne s'approchait pas de lui. Ou ne le touchait pas accidentellement. Ou ne regardait pas dans sa direction.


« Harry, mon cher », lui fit un jour Slughorn en entraînant Harry à part après un cours. « Je me demandais - puis-je vous parler un instant ? »

« Euh… Bien sûr, professeur. »

« Excellent. Ecoutez, Harry, je sais que vos résultats cette année n'ont pas été brillants dans ma matière, mais… »

Harry n'avait évidemment jamais parlé du livre de Snape à Slughorn. Il s'était simplement dit que son professeur finirait par réaliser par lui-même qu'il n'était pas le génie en Potions que sa mère avait été.

« Cet ami à moi, un maître des potions - il possède une boutique d'apothicaire. Un homme remarquable, tout à fait remarquable. » Il eut un grand sourire, et tendit nonchalamment au jeune homme un ananas confit. Quand Harry déclina poliment, il enchaîna. « Il cherche un apprenti. Je lui ai dit que j'avais l'élève parfait en tête. Une excellente disposition d'esprit. Naturellement doué. Mon ami voulait un nom, mais je lui ai dit que je préférais le garder pour moi tant que mon élève n'avait pas accepté la proposition. »

Il lança un coup d'œil plein d'espoir à Harry. Ce dernier fit semblant de réfléchir à son offre pendant quelques secondes - puis une solution merveilleuse se présenta à lui.

« Vous avez dit, Monsieur, qu'il ne savait pas de quel élève vous parliez ? »

« C'est cela, mon garçon. Mais ne vous en faîtes pas. Il n'est pas du genre à répandre des rumeurs, ce genre de choses - c'est un homme très terre-à-terre. Je vous assure. Il fait totalement confiance à mon jugement. Il recherche simplement quelqu'un d'enthousiaste et d'intéressé par le métier. »

Harry eut un sourire. « C'est fantastique, professeur. »

« Excellent, Harry. Tout à fait excellent. Dois-je convenir d'un rendez-vous pour la semaine prochaine ? »

« A mon avis, vous devriez voir avec Draco d'abord. »

La confusion de Slughorn était plutôt comique à voir. Harry en profita pour continuer.

« J'apprécie que vous soyez aussi sincère avec moi, professeur. Après tout, je sais que vous souhaitiez que je continue dans la voie des potions, mais c'est fantastique que vous ayez accepté mon choix de devenir Auror. Et soyons honnêtes - même avec les notes que j'ai obtenues dans votre matière en sixième année, je ne fais pas le poids comparé à Draco. La préparation de potions le passionne - il est naturellement doué, plus que tous les gens que je connais. Je ne pourrais pas trouver moi-même un meilleur choix. »

Harry se mordit l'intérieur de la joue pour contenir l'éclat de rire qui menaçait de lui échapper. « Je réalise bien que vous n'entretenez pas avec lui des rapports aussi proches qu'avec moi - c'était très bien pensé de votre part de venir me voir, sachant que Draco et moi sommes amis. Je dois le prévenir de venir vous voir après le dîner ? »

« Euh… »

« Parfait. Merci, Monsieur. Je suis sûr qu'il sera ravi ! » Et Harry s'empressa de quitter la salle de cours. Certes, il s'agissait d'un plan sournois. Certes, c'était hypocrite. Mais - Draco était le meilleur. Et il adorait les potions. Il n'était pas juste que des gens comme Slughorn s'octroient le droit de choisir qui pouvait avoir un avenir couronné de succès ou non. Harry savait que son professeur voudrait sauver les apparences, et qu'il ne dirait jamais rien qui puisse démentir qu'il s'agissait depuis le début de son idée. Et puis, d'un autre côté, Slughorn devait bien reconnaître que Draco était le meilleur. Tout le monde y gagnait. Personne - y compris Slughorn et Draco - n'aurait besoin de savoir le rôle que Harry avait joué dans cette histoire.


Harry sortit de la classe de Potions ; alors qu'il avançait dans le couloir, il remarqua un groupe d'élèves assez suspect.

« … foutue tapette. »

« Dégage, Smith. » La voix ressemblait fortement à celle de Draco.

« Ah, tu vois, tu ne cherches même pas à te défendre. »

« Et en quoi ça te concerne, exactement ? »

« Je me demande ce que Potter dirait s'il le savait. »

« Si je savais quoi, Smith ? » les interrompit Harry.

Draco écarquilla les yeux lorsqu'il remarqua la présence du Gryffondor. « Rien du tout. » Il se retourna et lança un regard noir à Zacharias.

« Oh, voyons, Malfoy. Je ne dirais pas ça. Après tout, ton nouveau meilleur ami devrait savoir pour quelle équipe tu joues. »

Draco jeta un coup d'œil en direction de Harry, avant de détourner le regard. Le corridor était bondé, et il n'avait donc aucun moyen de s'échapper.

« Tu sais, Potter, on dirait que tu t'intéresses drôlement à Malfoy ces derniers temps. Les gens commencent à se poser des questions. »

« Les gens se posent toujours des questions sur moi », répondit le brun en haussant les épaules. « Pourquoi est-ce que je devrais m'en soucier ? »

« Eh bien, je suppose que tu devrais t'y intéresser cette fois, étant donné que toi et ton supposé petit copain ici présent êtes le sujet des toutes dernières rumeurs. »

« Va te faire foutre ! » cracha Draco.

Smith eut un rictus. « Tu aimerais bien. »

« Même pas si on était les seules personnes vivantes sur la planète. »

« De quoi tu parles, Smith ? » demanda Harry.

« Rien d'important », fit Draco.

« J'ai appris de source sûre, c'est une ancienne de ses connaissances qui me l'a dit, que Malfoy est un putain de pédé. »

« Quoi ? » s'exclama Harry. Il est gay ? Il eut la brusque vision d'une mini-version de lui-même - à laquelle appartenait sans aucun doute la petite voix moqueuse dans sa tête - entamant une ridicule danse pour célébrer la nouvelle. Mais bien vite l'expression de Draco le ramena sur terre. En voyant son masque de calme s'effondrer, Harry sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine, comme si son cœur était soudainement saisi dans un étau qui menaçait de l'étouffer.

« Connard », finit par dire Draco à Smith. Il agita impérieusement sa baguette en direction de la foule qui les entourait et les élèves le laissèrent passer.

Zacharias ne cherchait même pas à cacher sa satisfaction, et Harry le poussa sans ménagement pour pouvoir passer à son tour. « T'es vraiment qu'un salaud », dit-il, avant de se lancer à la poursuite de Draco.

« Fais gaffe, Potter », entendit-il alors qu'il s'élançait dans le couloir. « Tu commences à lui ressembler ! » Harry décida de l'ignorer.

« Draco ! » s'écria-t-il. « Draco, attends ! »

Mais ce dernier ne ralentissait pas, et bientôt il atteignit le tournant du couloir. Harry dut se mettre à courir pour le rattraper.

« Draco ! » Toujours pas de réaction. « Malfoy ! »

Draco s'arrêta enfin, et s'adossa au mur de pierre. « Qu'est-ce que tu veux, Potter ? » Il avait l'air abattu, comme s'il s'avouait vaincu.

« Pourquoi est-ce que tu t'es enfui comme ça ? »

« Tu n'es pas sérieux ? »

« Bien sûr que si. »

« Ecoute, Potter - »

« Harry, tu te souviens ? Je croyais qu'on était amis. »

« Plus maintenant, je suppose. »

Harry se plaça juste en face de lui, et le regarda droit dans les yeux. « Tu peux être vraiment con des fois, tu sais ? »

Le blond plissa les yeux et leva le menton avec un air de défi. « Parce que je ne t'ai pas spontanément fait part de tous mes secrets, c'est ça ? C'est un peu fort venant de ta part, Potter. »

« Pas pour ça, espèce de crétin. Parce que je pensais que tu me connaissais mieux que ça. Tu devrais savoir que quelque chose comme ça ne mettrait pas fin à notre amitié. Merde. Tu me prends vraiment pour un connard, c'est ça ? »

Draco mit quelques instants avant de trouver quoi répondre. Harry pouvait presque entendre les rouages tourner dans son cerveau. « Donc, tu t'en fiches que je sois gay ? »

« Eh bien. » Il saisit les poignets de Draco et les plaça sans ménagement de chaque côté de sa tête, contre le mur de pierre, avant d'avancer son visage à quelques centimètres de celui du blond. « Je ne dirais pas ça. » Il sourit et pressa ses lèvres contre celles de son ami.

« Tu… mais… » balbutia Draco. Récupérant rapidement de sa surprise, il lui lança un regard noir. « Je pensais que tu étais hétéro ! »

Harry glissa son genou entre les jambes de Draco. Il utilisa son corps pour plaquer le blond contre le mur, et se pencha vers lui pour lui mordiller l'oreille. « Il semblerait que tu ne sois pas le seul à avoir des secrets », dit-il.

Lui relâchant le bras, Harry traça une ligne de baisers le long de sa joue, de son cou, et au coin de ses lèvres, avant de reculer un peu. Il croisa le regard du blond et vit le désir qui brûlait dans ses yeux gris - un désir qu'il savait se refléter dans les siens. Il eut la brusque impression de se trouver là où il devait être. C'était exactement ce qu'il voulait - la personne avec laquelle il voulait être.

Il prit le visage de Draco entre ses mains et l'embrassa à nouveau, savourant avec délectation le frisson qui les parcourut tous les deux. Il traça de sa langue le contour des lèvres du Serpentard, lui demandant silencieusement de les entrouvrir, de le laisser entrer. Avec un gémissement étouffé, Draco obtempéra - et quand leurs langues se rencontrèrent enfin, le monde autour d'eux leur sembla s'évanouir. Harry, tout son être, était focalisé sur ce baiser.

Il avait l'impression de se noyer, de se perdre dans toutes ces nouvelles sensations qui l'assaillaient. Il enfouit une main dans les cheveux de Draco, l'autre continuant de lui caresser la joue. Les lèvres de Draco étaient douces, sa langue le poussait à donner plus,à aller plus loin encore. Et Harry ne pouvait que s'efforcer de faire de son mieux pour explorer sa bouche, en mémoriser chaque courbe et chaque contour.

Les mains de Draco ne tardèrent pas à descendre sur les hanches de Harry. Bientôt leurs deux corps étaient plaqués l'un contre l'autre, le plus près possible, et la situation était à la fois merveilleuse et frustrante. Partout où ils étaient en contact, Harry avait l'impression que sa peau était en feu. Trop d'habits. Trop d'obstacles. Comme s'il pouvait lire dans son esprit, Draco laissa échapper un gémissement frustré ; il agrippa les fesses de Harry et essaya de rapprocher leurs deux érections l'une contre l'autre.

Harry pouvait sentir son cœur s'affoler, le sang battre à ses oreilles, et il était terriblement conscient de son excitation qui ne cessait de s'accroître.

« Ahem. » Oh. Voilà qui les interrompit plus efficacement encore qu'un seau d'eau glacée.

Ils se séparèrent, à peine, et Harry utilisa son bras pour s'appuyer contre le mur en essayant de reprendre son souffle - il savait qu'il ne pouvait pas faire confiance à ses jambes pour tenir debout. Et apparemment, Draco avait autant de mal que lui.

« Jeunes hommes », résonna la voix de McGonagall dans le couloir. « Bien que je sois ravie de voir que vous… ahem… avez réussi à dépasser votre rivalité bien connue, pourrais-je vous suggérer de trouver un lieu un peu moins public pour exprimer les manifestations de votre nouvelle entente ? »

« Oui, professeur », répondirent-ils de concert dans un murmure. Ni l'un ni l'autre ne bougèrent cependant avant d'avoir entendu le bruit des pas de la directrice disparaître dans le lointain.

Harry tenta un coup d'œil à Draco, et la situation délicate dans laquelle ils se trouvaient le frappa. « Une minute de plus », gémit-il.

« Une minute, Potter ? Dix secondes auraient suffi, je pense. »

Ils éclatèrent tous les deux de rire, et eurent bien du mal à rester debout.

« Eh bien, je crois qu'on ferait mieux d'y aller », finit par dire Draco, la tête appuyée contre le mur.

« Mm », fit Harry, son excitation revenant au galop. Il caressa le cou de Draco non sans délicatesse, avant de suivre le même chemin avec sa langue. « C'est une invitation ? »

La main du Serpentard agrippa les cheveux de Harry, le forçant à reculer la tête et le brun croisa le regard brûlant de Draco. « Absolument. »


Sur le chemin du dortoir des Gryffondors - ils préféraient éviter d'avoir à croiser des Serpentards, dans la mesure du possible - Harry se souvint de la raison pour laquelle il s'était mis à la recherche de Draco au départ.

« Au fait, tu as rendez-vous avec Slughorn après le dîner », annonça-t-il.

« Quoi ? »

« Oui, il a un ami qui recherche un apprenti, et Slughorn lui a dit qu'il avait un candidat parfait - un de ses meilleurs étudiants, naturellement doué, une excellente disposition d'esprit et très intéressé par cette matière. »

Draco ralentit l'allure. « Pourquoi est-ce que c'est toi qui me dis ça, et pas Slughorn ? C'est le directeur de ma maison, après tout. »

« Oh, il m'en a parlé à la fin du cours, et je lui ai dit que je t'en toucherais un mot. »

« Je répète, pourquoi toi ? » Il plissa les yeux. « Tu es encore en train de jouer les sauveurs, c'est ça ? »

« Non, bien sûr que non », répondit le brun - il espérait que le ton indigné qu'il venait d'adopter suffirait à masquer son mensonge.

« Il me semble quand même que Slughorn aurait été tout à fait capable de me l'annoncer lui-même directement. »

Harry haussa les épaules, s'efforçant d'avoir l'air innocent. « Qui sait ce qui lui est passé par la tête ? Tu sais bien qu'il essaie toujours d'utiliser ses relations à droite à gauche. Il a sûrement remarqué qu'on était amis, et il a dû se dire que je pourrais te pousser à accepter son offre. »

Draco parut accepter son raisonnement - avant de s'arrêter net. « Et quand est-ce que tu comptais me l'annoncer, exactement ? »

« Je viens te le dire, là », répondit Harry sur la défensive. « C'est ce dont je voulais te parler quand je suis tombé sur toi et Smith. »

Le Serpentard haussa un sourcil.

« Quoi ? J'ai été un peu… distrait. »

« Oh, vraiment ? C'est comme ça que tu appelles ce qui s'est passé ? »

« Euh… oui ? »

Ils reprirent leur chemin en silence. Lorsqu'ils parvinrent à un croisement, Harry prit naturellement la direction de la tour de Gryffondor, mais Draco tourna à gauche - vers les cachots.

« Mais où est-ce que tu vas ? » lui demanda le brun - et non, il ne s'agissait absolument pas d'un gémissement dépité.

« Me préparer pour mon entretien, bien sûr », répondit Draco.

« Quoi ? »

« Tu ne t'attendais certainement pas à ce que j'aille voir Slughorn dans son bureau sans m'être préparé. »

« Mais… ce n'est pas un entretien. » Harry tenta - sans grand succès - de ne montrer aucune trace de la déception qu'il éprouvait. « Il veut juste te parler, tu sais. »

« J'en suis bien conscient. » Draco l'embrassa rapidement sur la joue, avant de lever les yeux au ciel. « C'est un miracle constant que vous, les Gryffondors, vous réussissiez à obtenir un travail. »

Harry resta immobile, stupéfait, et regarda le Serpentard s'éloigner dans le couloir. Il s'adossa au mur, ferma les yeux et se passa la main dans les cheveux. Il inspira profondément une ou deux fois, s'efforçant de retrouver le contrôle de lui-même - et de calmer ses hormones, surtout. Draco allait finir par le tuer à ce rythme-là, il en était certain.

Quand il rouvrit les yeux, il vit l'objet de ses pensées qui revenait à grands pas vers lui. Avant qu'il ait une chance de réagir, il se retrouva poussé contre le mur, les lèvres de Draco contre les siennes et plaqué contre les pierres par le corps de ce dernier. Il fut brusquement envahi par toutes les sensations à enregistrer - le goût, l'odeur, la sensation de la peau du blond contre la sienne. Leur baiser était brûlant, presque violent - et absolument fantastique.

Draco se recula, et appuya son front contre celui de Harry. « Potter », haleta-t-il, « tu as le pire sens du timing possible. »

Harry était comme étourdi, et il fut tout à fait incapable de former une réponse cohérente.

« Après mon rendez-vous avec Slughorn, nous finirons cette conversation. »

« La finir ? » demanda Harry, rapprochant le corps de Draco du sien. « Tu ne voulais pas dire la commencer ? »

Draco lui adressa un sourire malicieux, et s'avança à nouveau pour lui donner un nouveau baiser, tout aussi prodigieux que le précédent. « Oui. C'est ce que je voulais dire. »


Juin 1999 - article extrait du journal Sorcière Hebdo


D'ennemis à amis - et même à plus que cela -

il n'y a qu'un pas !

Dans une interview exclusive accordée à nos journalistes de Sorcière Hebdo, Harry Potter (alias le Garçon qui A Survécu, l'Elu, le Sauveur, et depuis peu en passe de devenir le plus brillant de nos Aurors) et Draco Malfoy (héritier de la fortune Malfoy, et qui vient récemment d'être engagé en tant qu'apprenti par l'apothicaire de Londres bien connu, Millstone) ont confirmé qu'ils entretenaient effectivement plus qu'une relation amicale.

Des sources proches du couple s'accordent à dire que, en considérant avec du recul les huit dernières années, il ne s'agissait que d'une question de temps avant que ces deux rivaux légendaires de l'école de Sorcellerie Poudlard n'en viennent à se mettre ensemble.

Interviews accompagnant l'article :

Une frontière mince entre l'amour et la haine… H. Granger, L. Lovegood & G. Weasley, page 16. Ils en mouraient d'envie depuis des années… S. Finnegan & D. Thomas, page 24. Si la fouine le rend heureux… R. Weasley, page 37. Mais c'est un Gryffondor !… P. Parkinson & B. Zabini, page 39. Je le savais depuis le début… S. Trelawney, page 44.

Quand nous les avons interrogé sur leur relation, Messieurs Potter et Malfoy se sont empressés d'exprimer leur gratitude à l'égard de leur camarade, Zacharias Smith, qui s'est avéré essentiel pour aider les deux jeunes hommes que nous connaissons bien à réaliser l'étendue de leurs sentiments.

« Sans ses efforts », nous a déclaré Mr Potter, « nous n'aurions peut-être jamais commencé à sortir ensemble. »

A l'heure où nous publions cet article, Mr Smith refuse toujours de faire le moindre commentaire sur cette affaire.


THE END.