Bonsoir !
Eh oui, vous le voyez, voici un nouveau chapitre. Afin de fêter de retour de Ouat ce soir aux USA, et pour vous remercier de votre fidélité, j'ai décidé de vous offrir ce petit chapitre ! Il est un peu plus court que les autres et sert de transition avant de voir enfin Emma et Regina dans le chapitre de mercredi prochain !
Bonne lecture :-)
Chapitre 5 : Opération Bernard-L'hermite
Décidés à profiter quand même de leurs vacances, les deux frères décidèrent de participer aux activités, tout en continuant à parler pour tout connaître de la vie de l'autre. Aujourd'hui, les animateurs leur proposaient un parcours d'orientation en forêt le matin, suivi d'une promenade en kayak sur le lac après le déjeuner.
C'est donc carte en main et chaussures de marche aux pieds que Henry et Matthew s'enfoncèrent dans la forêt. Ils avaient trois heures pour retrouver les animateurs au point de rendez-vous afin de pique-niquer. Le sens de l'orientation de Matthew, tout comme celui d'Emma, en vrais citadins qu'ils étaient, n'étaient vraiment pas très développés. Henry lui, avait l'habitude depuis tout petit de se promener dans la forêt de Storybrooke, que ce soit avec sa mère, ou ses copains de l'école. Il se mit donc à la tête des opérations et les deux garçons commencèrent à repérer attentivement les signes leur indiquant le chemin : un rocher, de la mousse, la direction du soleil…
Mais ils n'en oubliaient toutefois pas leur mission : devenir l'autre. Et donc, tout en marchant, ils se questionnaient encore et toujours sur leurs vies respectives. Henry, tel une éponge, semblait avaler tout ce que Matthew lui apprenait. Ce dernier, au contraire, qui avait toujours lutté pour apprendre la moindre table de multiplication, avait plus de mal à assimiler toutes les informations apportées par Henry.
- Et comment s'appelle ma prof principale ?
- Miss… attends, heu… Miss Blanchain !
- Blanchard ! Mary-Margaret Blanchard ! Fais un effort, Matt, je te l'ai dit trois fois !
- Pardon, pardon… A moi : comment s'appelle mon collège à Boston ?
- Le collège Kennedy ! Et tes copains sont Mike, Jake et George, un petit gros, un grand à lunettes et un blond !
- Bien…
- Allez, au hasard, le numéro de ma maison ?
- 108 !
- Où est ma chambre ?
- Au 1er étage, la première chambre à droite. Vous dînez à 19h, puis tu as le droit de lire et ta mère vient de border vers 20h30. Enfin… quand elle ne travaille pas… Quel est le bus que je prends pour aller de chez moi au collège ?
- Le 96, arrêt « Parc de Boston » jusqu'au collège. Là, je descends, je vais tout droit puis je traverse le hall et ta classe est au bout du couloir ! Quel est la fleur préférée de ma mère ?
- Les roses ! Non, les lys, les lys !
- Pourquoi ?
- Parce que son père en mettait souvent dans sa chambre quand elle était petite ! Tiens d'ailleurs, comment s'appelait son père ? Je ne te l'ai jamais demandé…
- Il s'appelait Henry aussi... Je ne l'ai jamais connu, il est mort quand elle était jeune. Elle l'aimait beaucoup alors elle a décidé de m'appeler comme lui en hommage.
- Ah, ça veut donc dire qu'à notre naissance, notre mère ne t'avait même pas donné de nom…
Les visages des jumeaux prirent la même expression de peine mêlée de regrets. Si Emma n'avait pas accouché en prison, aurait-elle gardé les deux enfants ? Sans doute que leurs vies à tous auraient été complètement différentes aujourd'hui…
Leurs jeux se poursuivirent pendant toute la balade. Quand enfin ils arrivèrent à la clairière, lieu de rendez-vous, ils eurent l'agréable surprise de découvrir deux jeunes animateurs, occupés à installer sur une immense nappe de pique-nique, des salades, sandwitchs et autres gourmandises à picorer. Les garçons avaient l'estomac dans les talons, et Henry ne put se retenir de s'exclamer : « Ahhhh, génial, j'ai trop la dalle ! » en s'approchant de la nappe, et devant un Henry médusé. Un animateur l'arrêta dans son élan, lui intimant l'ordre d'attendre l'arrivée des autres enfants encore dans la forêt.
- Heu, Matthew, et si on profitait de cette pause pour travailler notre vocabulaire ?
- Ouais, t'as raison. On va se faire griller si on parle comme ça !
- Alors, toi, tu bannis tous les gros mots, vulgarités, et autres familiarités.
- Quoi ? Et je lui dis « mère » aussi ? plaisanta Matthew.
- Je suis sérieux, Matt. Si tu parles comme ça, en une heure tu es de retour à Boston, et avec une bonne raclée en plus…
- Tu me fais peur. Elle est si méchante que ça, ta mère ?
- Non, elle n'est pas méchante. Disons qu'elle peut être un peu froide et distante, mais elle a un bon fond !
- Bon alors, toi tu vas devoir aussi bosser ! Arrête avec les « si tant est que », « dans la mesure du possible » et « bien évidemment », ok ?
- Oh lalaaa, mais dans quoi on s'embarque ? Henry semblait seulement maintenant prendre la mesure de leur défi.
- J'ai une idée ! A partir de maintenant et jusqu'à la fin du séjour, on parle comme l'autre : je parle comme toi, et tu parles comme moi. Ok ? Je veux dire… Marché conclu ?
- Ok ! répondit Henry en accueillant la proposition avec enthousiasme.
Les derniers enfants sortaient de la forêt et tous commençaient à se diriger vers la nappe. Quand l'animateur autorisa tous les petits affamés à se servir, Matthew regarda son frère, s'éclaircit la gorge puis s'adressa à tous les enfants :
- Hum… et bien je vous souhaite à tous un bon appétit, régalons-nous, chers amis !
- Ouais, n'en fais pas trop non plus, hein !
- Il faut ce qu'il faut, mon cher ! conclua-t-il dans un clin d'œil.
oOoOo
C'est ainsi que pendant des jours, les jumeaux travaillèrent assidûment leur rôle. On aurait dit qu'ils devaient jouer une pièce de théâtre qu'il ne connaissait que depuis une semaine, devant une salle pleine de Broadway. Mais, à la différence d'un rôle joué sur scène, ils risquaient bien plus qu'un lancer de tomates et des huées du public. Ils risquaient plus, ils risquaient gros… Ils ne devaient pas faillir.
Le dernier jour, ils s'étaient donné un défi : tester en vrai, sur les animateurs et leurs copains de camp, l'échange de leurs corps. Tout commença avant le lever du soleil. Ils s'étaient donné rendez-vous avant le lever officiel du camp afin d'échanger leurs places dans les lits, avant que leurs voisins de chambrée ne se réveillent pas. C'est ainsi qu'à 5 heures du matin, à pas de loup, ils sortirent de leur chalet respectif et se dirigèrent vers le chalet de leur frère.
- Hey, salut ! chuchota Henry en croisant Matthew qui sortait du chalet Sapin, l'air renfrogné et encore endormi.
- Ouais, salut, à toute ! Pardon, je veux dire : « A plus tard… ».
Sans faire grincer les gonds des portes des chalets, ni les lattes de parquet, sans réveiller les autres garçons, sans presque même respirer, les deux garçons entrèrent dans le lit encore chaud de leur frère et fermèrent les yeux, pour essayer de profiter des derniers instants de calme et de sérénité avant longtemps.
oOoOo
- Allez, Matt, debout ! C'est le dernier jour de nos vacances, il faut en profiter ! Harry, Will, allez on se réveille, debout, debout tout le monde!
Surexcité, Brian avait résolu de réveiller tout le chalet Sapin, à coup d'éclats de voix et de cris suraigus. Henry avait eu du mal à se rendormir une fois dans le lit de Matthew et n'avait replongé dans le sommeil que quelques minutes avant le réveil bruyant du jeune blondinet. C'est donc l'air renfrogné et l'humeur grincheuse que Henry mit un pied au sol.
- Bien dormi, Matthew ? Moi, j'ai dormi comme un loir, et je suis en supeeeer forme pour cette dernière journée !
- Oui, ça va, mais disons que ton réveil était un peu brutal…
- Pardon, mais c'est parce qu'on va avoir plein de choses à faire aujourd'hui ! Liz m'a dit hier qu'il fallait qu'on range toutes nos affaires, et après on ira choisir nos dernières activités de la journée, avant la grande soirée de ce soir !
Les garçons de la chambrée ne semblaient avoir pour l'instant rien remarqué, ayant la tête dans leurs valises ou occupés à faire leur petit brin de toilette. Henry se sentait de plus en plus en confiance. Alors il reprit la parole :
- Et les gars, si on déjeunait tous ensemble ce matin, avec les copains du chalet Chêne ?
- Ouais, super ! De toute façon, je pense bien que tu vas vouloir profiter de ton frère pour ce dernier jour ! Mais d'ailleurs, vous allez faire quoi ? Vous allez rentrer chacun chez vous et ne plus jamais vous voir ? osa demander Harry, l'air interrogateur.
- Ben, oui. Mais c'est pas très grave, tu sais. On ne se connaît pas, après tout… répondit Henry, feignant l'indifférence.
- Ben, pourtant vous étiez vachement proches pendant cette semaine…
- Oh, pas tant que ça… Et puis on a chacun sa vie…
Devant l'air détaché de leur ami, les trois garçons échangèrent un bref regard étonné, mais personne ne releva.
L'heure du rangement des valises arriva. Et les choses se compliquèrent pour Henry, car si les jumeaux avaient travaillé leur rôle et tout appris de leurs vies respectives, ils avaient complètement oublié de parler des choses aussi bêtes que leurs valises et les affaires qu'ils avaient apporté dans cette colonie. Aussi quand Henry voulut ranger trois fois de suite des affaires qui ne lui appartenaient pas, ou qu'il passa à côté de sa propre brosse à dent ou un t-shirt qui traînait, les garçonnets commencèrent à se poser des questions silencieuses, et les regards se firent de nouveau interrogateurs. Mais Henry ne remarqua pas cette suspicion ambiante.
Quand enfin tout fut rangé, et que le plus gros de leurs affaires avait été empaqueté, Henry et les trois garçons se dirigèrent vers le chalet Chêne, où s'affairaient Matthew, Leo, Jack et Michael, ventre à terre, à la recherche d'une chaussette perdue de Leo.
- Hey, salut Hen… Matt ! Salut Matt ! cria Matthew, en apercevant Henry sur le perron du chalet, ne se rendant compte de son erreur que quand elle sortit de sa bouche. En un instant, Matthew avait failli tout faire rater, et le regard noir d'Henry lui rappela l'importance de leur mission commune. Si l'un d'eux faillissait, tout risquait de tomber à l'eau, et cela, Matthew ne le voulait pour rien au monde. Il avait promis que son frère rencontrerait leur mère et il tiendrait parole. Même si cela risquait d'être plus difficile que prévu, impulsif comme il l'était. Pour la première fois de sa vie, il se rendit compte de l'importance de réfléchir avant d'agir et de parler. Cela allait lui demander des efforts surhumains, pensa-t-il dans un soupir désespéré.
oOoOo
Bien que les jumeaux durent faire attention à chaque instant à leur comportement, la journée se passa très bien, rythmée par les dernières activités, le pique-nique du midi et la bonne humeur des copains. Personne n'avait remarqué l'échange opéré par les deux frères. A vrai dire, non seulement personne n'était capable de remarquer l'échange, mais comme depuis le premier jour, tout le monde les confondait. La ressemblance, accentuée par le jeu d'imitation des deux enfants, semblait pour la première fois leur apparaître flagrante. Et ils pensèrent que leur mission était sur la bonne voie.
Enfin, l'heure de la grande soirée de fin de vacances arriva. Pour l'occasion, les animateurs avaient passé l'après-midi à décorer la salle de cantine, et quand les garçons y entrèrent, ils eurent du mal à reconnaître les lieux, tant les ballons et autres guirlandes avaient envahi l'espace.
Quand tous les petits vacanciers furent enfin présents, Liz ouvrit un micro et dit d'un ton enjoué :
- Bonsoir à tous ! Comme vous le savez tous, cette soirée est votre dernière soirée parmi nous !
- Ouuuuh ! hurlèrent les enfants d'une seule voix.
- Bientôt vous retrouverez vos parents…
- Ouuuuh !
-… l'école !
- Ouuuuuh !
-… votre vie normale et ennuyeuse !
- Ouuuuh !
- Alors, vous voulez mon conseil ? Cette soirée est la vôtre, pro-fi-tez-en !
Et sur ces paroles enjouées, les enceintes hurlèrent une musique rythmée, entraînant tous les enfants dans une danse folle. Seuls Henry et Matthew savaient que, pour eux, demain ne serait justement pas le retour à leur vie normale et ennuyeuse.
Petite devinette : de quel film est tirée la scène finale ? Indice : un film de colo humoristique ! (oui, vous verrez que j'adore mettre des petits clins d'oeil cinématographiques un peu partout)
Voilà, les vacances sont finies... mercredi, les garçons échangeront leurs maisons. Vont-ils réussir à ne pas se faire démasquer ? A votre avis ?
A mercredi et bonne saison 5 !
