Hello tout le monde !

Encore une fois, merci pour tout... Je n'ai pas grand-chose à vous dire cette semaine, je vais donc vous laisser profiter tout de suite de ce nouveau chapitre. Au programme : la découverte de la supercherie et la toute première rencontre entre les deux mamans.

Bonne lecture :-)


Chapitre 7 : Démasqués

Le soleil était déjà levé depuis longtemps quand Henry ouvrit les yeux. Un bref instant il se demanda où il se trouvait, avant que tout ne lui revienne en mémoire : l'échange avec son frère, la rencontre magique avec sa mère biologique et la promesse d'une journée qui s'annonçait incroyable. Mais ce n'est que quand il entendit du bruit dans la cuisine qu'il se décida à sortir du lit. Emma l'accueillit avec un grand sourire :

- Salut mon grand, enfin debout ? Tiens, ton chocolat. Tu as bien dormi ?

- Très bien, maman et toi ?

- Génial ! En fait, c'est même la première nuit que je dors aussi bien depuis une dizaine de jours… Je n'avais pas l'esprit tranquille en te sachant loin de moi ! Mais maintenant que tu es là, je vais pouvoir rattraper mon quota de sommeil !

Le petit-déjeuner se déroulait dans la joie et l'insouciance, quand Emma lança :

- Au fait, j'ai proposé à Ingrid de passer nous voir à la maison demain, ça te dit ? »

Malgré sa prodigieuse mémoire, Henry n'arriva pas à remettre une étiquette sur le prénom « Ingrid ». Que lui avait dit Matthew ? Qui était-elle ? Impossible de se rappeler si son frère lui en avait même parlé. Devant l'absence de réponse de son fils et son visage qui devait sûrement arborer un air plus ahuri que jamais, Emma enchaîna :

- Remarque, si tu veux pas, 'y a pas de mal, hein… Mais comme tu l'aimes beaucoup, je pensais que ça te ferait plaisir de la revoir…

Son air suspicieux inquiéta un instant Henry qui s'empressa d'ajouter :

- Oh, non, maman pas de problème, ne t'inquiète pas, c'est juste que je pensais passer le week-end avec toi, en fait…

Et Henry changea de sujet rapidement, ne voulant pas que la conversation dérive sur cette Ingrid dont il ignorait tout. Il parla de ce qu'ils allaient faire durant cette belle journée. Mais Emma semblait ailleurs et restait interrogative. Finalement ils se préparèrent hâtivement et leur belle journée commença par la balade au parc et le pique-nique le midi. Le temps était radieux et Henry admirait la chevelure dorée de sa mère qui resplendissait sous l'éclatant soleil d'été. Il avait l'impression de faire partie de la photo que lui avait montrée Matthew dans la colo, la toute première fois qu'il avait vu le visage de sa mère, et il sentit ses larmes monter. Emma l'observa silencieusement un moment avant de lui demander, avec un ton inquiet :

- Ecoute Matt, je trouve que tu ne vas pas très bien depuis ton retour. Tu pleures beaucoup plus que d'habitude, tu es distant, tu débarrasses la table et tu sors des mots chelou. Tu veux vraiment pas m'en parler ? Il s'est passé un truc dans cette colo, ou quoi ?

- Non, vraiment, ça va, je te jure, t'inquiète ! C'est vrai, sans doute que la colo m'a changé mais c'est normal aussi, je deviens un ado et dix jours en collectivité, ça te change un homme !

- Ahaha, je te retrouve ! Allez, finis-moi ce sandwich, et on file à la piscine !

Henry s'était ressaisi juste à temps. Mais Emma avait-elle pour autant totalement laissé ses soupçons de côtés ?

oOoOo

A Storybrooke, Matthew prit son petit-déjeuner seul dans la grande cuisine et comme il l'avait prévu, alla se promener un peu dans la ville. L'air marin était agréable et le changeait de l'air pollué de Boston. Il marchait à grand pas quand il arriva devant le Granny's Dinner. De nature curieuse, il entra dans le café. Derrière le bar se trouvaient une jeune femme brune très grande, mince et vêtue de manière pour le moins extravagante pour une telle petite ville. A ses côtés, une vieille dame qui semblait être la patronne lui donnait les commandes que la jeune s'empressait d'aller servir aux clients assis aux tables.

- Bonjour ! clama Matthew à son entrée dans le bar.

- Hey, salut Henry ! lui répondit la jolie serveuse. Alors comment s'est passée cette colo ? C'était bien ou bien ? Tu as brisé le cœur de combien de filles ? Allez, vas-y, dis-moi…

- Ruby ! hurla la patronne. Les clients attendent, tu ferais mieux de servir au lieu de dire des bêtises qui ne sont pas de son âge à ce pauvre petit.

Elle se dirigea vers Matthew et le fit s'assoir :

- Tiens, mon petit, un chocolat chaud offert par la maison pour fêter ton retour. Tu as passé de bonnes vacances alors ?

- Merci. Oui, très bien, madame, j'ai fait -

- Madame ? Depuis quand tu dis madame ? Non mais ça va pas, non ? J'ai pas 70 ans, encore, hein, crapule !

- Pardon… Granny… osa Matthew, qui, bien qu'il connaisse son nom pour l'avoir appris de son frère, était gêné de devoir appeler si familièrement cette femme qu'il rencontrait pour la première fois.

- Dis, Henry, je te trouve changé… Je sais pas, il y a quelque chose… Bon, bien sûr, c'est toi, mais on dirait que tu as grandi. Oui, ça doit être ça, tu as grandi. Bref, alors raconte-moi…

Soulagé que Granny n'ait pas cherché plus longtemps ce qui avait réellement changé chez cet enfant qu'elle croyait connaître, Matthew entreprit le récit de ses vacances de la manière la plus neutre que possible. Et une bonne partie de la matinée se déroula au Granny's, où l'enfant raconta ses aventures de la colo à Granny … et à Ruby qui, tout en servant, essayait de ne pas perdre une miette de ses exploits sportifs… à défaut d'être des exploits amoureux, au grand désespoir de la jolie serveuse.

Il passa ensuite l'après-midi à se promener seul, découvrant la forêt, la plage et les autres curiosités de la petite bourgade. Il s'apprêtait à rentrer quand un vieux monsieur aux cheveux mi-longs l'arrêta sur le trottoir. Il semblait pouvoir lire en Matthew, et son regard perçant lui donna la chair de poule.

- A qui veux-tu faire croire ce que tu veux faire croire, hum ?

- Heu, bonjour monsieur, excusez-moi, je dois rentrer chez moi… Et Matthew doubla l'importun qui continua à le héler.

- Chez toi ? Mais es-tu sûr que c'est bien chez toi ? Sache que tout ce qu'on cache se sait un jour, crois-moi…

Matthew pressa le pas. Henry l'avait prévenu que ce M. Gold était un peu spécial. Il était l'antiquaire de la ville mais son esprit semblait s'être perdu perdu dans le bric-à-brac de sa boutique. Il n'était pas méchant, mais les habitants de Storybrooke avaient pour coutume de l'éviter. Aussi, à ce moment, Matthew fut surpris de la clairvoyance dont il faisait preuve. Et s'il avait tout compris ? Et d'ailleurs, comment aurait-il pu comprendre ? Et puis, s'il le disait aux autres ? Et à Regina ?

Il essaya de ne pas penser à cette option et rentra au 108 Mifflin Street le cœur battant.

oOoOo

La fin de la journée se passa très bien pour les deux garçons : batailles d'eau à la piscine et dernier Harry Potter au cinéma pour Henry et cuisine pour Matthew et Regina, qui avait réussi à se libérer en fin d'après-midi. Quand le soir fut venu, les deux frères se jetèrent sur leur portable afin de se raconter leurs aventures de la journée. Comme la veille, Matthew se cacha dans le placard de sa chambre, et Henry profita de l'absence d'Emma, partie descendre les poubelles, pour pouvoir appeler dans le salon. Ils se racontèrent leur journée et leurs ressentis. Matthew parla de sa rencontre avec Ruby et Granny et celle plus surprenante avec Gold, et Henry lui exposa son bonheur d'avoir passé cette belle journée avec leur mère.

- Tu te rends compte, Matt, que j'aurais pu ne jamais la connaître, ne jamais te connaître ? Comment j'ai fait pour vivre 11 ans loin de vous ?

- Je crois pas à la fatalité, Henry, tu sais, mais j'avoue que nous retrouver tous les deux dans cette même colo, c'est ouf, je sais pas, c'est comme si … comme si on était destinés à nous retrouver !

- Oui, c'est absolument ça et j'en suis tellement content ! Il y a un mois, j'étais fils unique, solitaire et adopté, et maintenant j'ai un frère jumeau et une mère géniale !

- Ne dis pas ça, Henry. Même si elle n'est pas ta mère biologique, Regina t'aime et elle est ta mère aussi à sa façon. C'est elle qui t'a élevé depuis toujours, et je suis sûr qu'elle ne pourra jamais être remplacée dans ton cœur… Disons que tu as deux mères géniales !

- Bien sûr, Matt, bien évidemment. Je l'aime de tout mon cœur et elle sera toujours ma maman, mais il me manquait quelque chose en moi et ça a été comblé quand je vous ai rencontrés tous les deux… Merci pour tout, frérot…

C'est en formulant ces paroles qu'il se tourna machinalement sur lui-même. Et c'est à cet instant qu'il remarqua avec effroi qu'Emma se tenait sur le perron, immobile, bras ballants et les larmes ruisselant sur ses joues.

oOoOo

- Qui es-tu ? A qui parlais-tu dans ce téléphone ? Et, punaise, pourquoi je demande tout ça, puisque j'ai déjà les réponses, de toute façon ? Mais comment est-ce possible ? Et puis pourquoi tu ne m'as rien dit ? Aaaaah, j'ai trop de questions dans ma tête…

Emma éclata en sanglot en se jetant dans les bras d'Henry. L'enfant ne savait pas comment se comporter : allait-elle le disputer ? Devait-il reculer et fuir, ou au contraire répondre à ses bras et se laisser bercer ? Après un temps d'hésitation qui lui sembla une éternité, il la conduisit vers le canapé et lui essuya les joues tendrement. Après un court instant, il osa prendre la parole, sans la regarder, les yeux baissés :

- Pardon, maman, je te dois une explication, c'est vrai… Je suis déjà désolé de m'être imposé chez toi et –

- Attends, mais non, rien du tout, tu ne t'es pas imposé. Enfin, si, concrètement, si, mais je suis tellement contente ! Je suis à la fois en contente et en colère… et comment avez-vous ? Mais où avez-vous ? … et puis pourquoi ?…

Emma ne semblait plus savoir par quel bout prendre la conversation et n'arrivait pas à attendre la réponse avant d'enchaîner sur la question suivante.

- Maman, je vais tout t'expliquer. Ecoute-moi et ensuite, tu poseras toutes les questions que tu veux, d'accord ?

- D'accord, répondit-t-elle entre deux reniflements et le regard ancré dans celui d'Henry, qu'elle avait forcé à relever la tête.

- Alors, je m'appelle Henry, en fait et –

- Henry ? Mais pourquoi Henry ? Remarque, c'est classe, comme prénom…

- Maman, si tu me coupes dès la 1ère phrase, je n'arriverai jamais au bout !

- Oui, pardon, vas-y, vas-y … Mais quand même, whaaaa c'est fou, cette histoire !

- Alors, je m'appelle Henry, comme mon grand-père, je vis à Storybrooke, c'est dans le Maine. J'ai été adopté bébé à l'orphelinat de Phœnix. Ma mère s'appelle Regina Mills et elle est maire de notre ville.

- Maire, whaa, eh ben, tu aurais pu tomber plus mal…

- Oui, elle est géniale. Ce n'est pas ma vraie maman, d'accord, mais je l'aime comme si elle l'était biologiquement. Elle ne m'a jamais caché que j'avais été adopté mais j'ai toujours voulu savoir d'où je venais. Qui aurait cru que je l'apprendrais de cette façon !

- C'est terrible, mes deux petits gars se sont retrouvés dans mon dos, tous seuls comme des grands ah ah ah ! Dire que c'est Matt qui m'a tannée pour faire cette colo. C'était la première fois qu'il demandait à partir en vacances sans moi…

- Moi, je vais dans cette colo tous les ans. Cela laisse du temps à ma maman pour travailler et moi j'aime bien, on prend l'air, on fait du sport et… on rencontre des gens ! Et cette année j'ai eu la chance de rencontrer Matthew. Au début, j'ai nié la ressemblance, mais personne n'était dupe, on est vraiment frères !

- Héhé, je m'en doutais… Depuis hier, j'ai des doutes sur toi, on ne trompe pas une mère parfaite comme moi ! Je savais qu'il y avait un truc qui clochait, mais jamais je n'aurais pu imaginer un seul instant cette histoire de malade! répondit une Emma plus fière que jamais. Mais qui a eu cette idée folle ?

- A vrai dire, c'est moi, répondit-il en rougissant légèrement. Quand j'ai appris que j'avais un frère jumeau, qu'il vivait avec notre mère, et qu'on avait la chance de bien s'entendre tous les deux, j'ai sauté sur l'occasion. Plus jamais je n'aurais eu l'occasion de te rencontrer, alors je lui ai demandé d'échanger nos places.

- Ah mais c'est carrément génial ! Et vous avez tout appris de l'autre ? C'est excellent, vous êtes bien les fils de votre mère, vous ! plaisanta Emma.

- Oui, on a passé quasiment toutes nos vacances tous les deux à tout apprendre de nos vies, et quand les copains de la colo n'ont plus réussi à nous distinguer, on a pensé qu'on était prêts ! Matt est donc parti chez moi à Storybrooke, et moi je suis venu ici… On a même donné un nom à ça : on l'a appelé « l'opération Bernard-l'hermite ».

- Pourquoi « l'opération Bernard-L'hermite » ? demanda Emma, interloquée.

- Parce que c'est un animal qui change de maison-coquillage toute sa vie. J'ai trouvé que ça symbolisait bien ce qu'on allait vivre !

- Mon tout petit, je suis tellement fière de vous... Je pensais ne jamais te revoir et ça me rongeait depuis le jour où je t'ai laissé derrière moi. Je ne pouvais en parler à personne, même pas à Matt…

- C'est vrai qu'il était aussi surpris que moi, quand il m'a vu, dans cette cantine. Henry se remémora la scène de leur rencontre avec un sourire. Puis Emma reprit, avec un ton plus solennel :

- Si tu savais comme j'ai regretté mon geste, à la maternité. Mais je n'avais que 17 ans, je n'avais pas de ressources et je ne pouvais pas vous garder tous les deux. Je me suis dit que tu aurais peut-être une meilleure vie que la vie ratée que je t'aurais offerte sans aucun doute. Je n'aurais jamais pu vous élever tous les deux. J'ai toujours essayé de faire de mon mieux avec Matthew, mais c'était parfois très dur, surtout que j'étais la plupart du temps toute seule pour tout gérer… Mais pas un jour ne s'est passé sans que je n'ai pensé à toi, pas un jour ! Le plus dur, c'était les matins de vos anniversaires. Au fond de mon cœur, j'espérais que tu avais une famille aimante et qui te comblait de cadeaux tout comme je le faisais pour Matt. Pas une journée de mon existence je n'ai cessé de penser à toi, ce que tu devenais, ce que tu aimais, à quoi tu ressemblais…

Et elle se jeta dans les bras de son fils retrouvé, les sanglots reprenant de plus belle. Ella avait parlé sans s'arrêter, comme si elle se libérait du poids qui l'accablait depuis onze ans. Personne n'étant au courant de l'existence du frère jumeau de Matthew et elle en parlait enfin librement, soulagée et heureuse.

- Tu as été heureux, Henry ? Je veux dire… ta famille… est-ce qu'elle t'aime, est-ce qu'elle te respecte… ?

- Bien sûr, ma mère est aimante et je suis entouré de tout ce dont j'ai besoin, j'ai une grande chambre avec plein de jouets et de livres ! Et ma maman me lit des histoires avant de me coucher, et quand elle n'a pas trop de travail, elle joue et fait mes devoirs avec moi !

- Je suis tellement soulagée d'entendre ça, Henry… Tu sais, quand je t'ai laissé, à la maternité, toute mon enfance m'est revenue à la figure. Je ne sais pas si Matt te l'a dit, mais moi aussi j'ai été adoptée. Le truc, c'est que, eh bien disons que je ne suis pas toujours tombée sur des familles aimantes. Et ma grosse angoisse, c'était que tu revives la même chose que moi…

- Non, je te promets, maman. Regina est une maman exceptionnelle avec moi.

- Et tu n'as pas de papa ? Cette Regina, elle n'est pas mariée ?

- Heu, non… Elle a parfois des petits copains. En ce moment, il s'appelle Graham et c'est le shérif de la ville. Mais ça n'a jamais été très sérieux…

- Tant mieux, tant mieux…

- Mais dis-moi, maman, je peux te poser une question ? Henry hésitait à poser la question qui le hantait depuis qu'il avait découvert l'existence de Matthew.

- Bien sûr, mon garçon, bien sûr, tout ce que tu voudras…

- Pourquoi c'est lui que tu as gardé et pourquoi c'est moi que tu as aban… qui ai été adopté ?

Henry baissa le regard, honteux, mais il avait besoin de savoir. Emma semblait aussi gênée que lui et lui avoua :

- Eh bien,… tout simplement parce qu'à la maternité, c'est lui qui m'a regardée. Et j'ai vu son regard. Et j'ai senti que … je sais pas… Toi, tu dormais calmement… pardon, Henry, pardon …

- Merci de m'avoir dit la vérité, maman… Maintenant, on sèche nos larmes et on se ressaisit, d'accord ? On ne va pas se laisser abattre, on a tellement de choses à rattraper !

- Tu as raison, mais bon, par contre, maintenant tu m'excuseras, mais va falloir que tu me passes ce téléphone pour que je passe un bon savon à ce filou de Matthew !

oOoOo

Une petite demi-heure plus tard, une grande décision avait été prise. Après un appel téléphonique mouvementé, entre rires et larmes, où Emma, Henry et Matthew discutèrent pour la première fois de leur vie tous les trois ensemble, la mère et le fils remplirent en toute hâte un sac de quelques vêtements et de snacks à grignoter. Il avait été convenu qu'ils partiraient tous les deux pour Storybrooke le soir-même, pendant que Matthew annoncerait tranquillement la nouvelle à Regina, afin de lui éviter un choc en voyant débarquer sur son perron un clone de l'enfant qui était censé dormir sagement un étage au-dessus.

En montant dans la petite coccinelle, Henry commença à angoisser. Comment allait réagir Regina à l'annonce de la supercherie de Matthew ? Il aurait aimé être présent et lui annoncer lui-même. Il était bien placé pour la savoir très intimidante quand elle était en colère. Se mettrait-elle d'ailleurs en colère ? Allait-elle disputer Matthew ? Il s'en voulait d'avoir mis son frère dans cette situation. C'était lui qui avait insisté pour échanger leurs places, c'était à cause de lui qu'Emma avait tout découvert, et maintenant, c'est Matt qui allait en faire les frais… Le remords le rongeait et Emma voyait qu'il n'était pas à l'aise. D'ailleurs elle-même ne semblait pas la plus détendue du monde, insultant le moindre conducteur un peu trop lent et pestant contre les feux rouges qui semblaient ne pas vouloir la laisser quitter la ville ! Elle ignorait quelle serait sa réaction en voyant ses deux fils côte à côte, onze ans après les avoir séparés. Elle était aussi angoissée qu'impatiente et aurait voulu être déjà arrivée à Storybrooke tout comme elle redoutait le moment où ils y arriveraient !

Deux heures plus tard, c'est de nuit que la petite voiture jaune dépassa le panneau « Welcome to Storybrooke ». L'angoisse était pesante dans la voiture. Emma était concentrée sur le chemin qu'Henry lui indiquait au fur et à mesure. Et chacun se cantonnait à son rôle sans dire un mot autre que pour parler du chemin à suivre afin d'arriver dans la Mifflin Street. Quand Henry annonça à sa mère qu'ils étaient arrivés et qu'elle devait se garer devant le grand manoir blanc face à eux, Emma lui demanda où était sa maison, n'imaginant pas une seconde que ce château aurait pu être la maison dans laquelle Henry et Regina vivaient !

- Bon, Henry, tu restes dans la voiture, tu m'attends ici. Je vais me présenter à ta mère et je reviens ensuite te chercher.

- Non, je veux venir… !

- Tu veux vraiment lui provoquer un choc cardiaque ? Même si Matt a dû lui dire, je ne voudrais pas qu'elle meure sur votre perron, tu vois…

- Mais…

- Pas de « mais », Henry. Je reviens dans trois minutes.

La détermination d'Emma paraissait sans faille et elle n'avait jamais semblé aussi sûre d'elle-même. En réalité, elle angoissait tellement de devoir faire face à cette inconnue et de devoir s'excuser des bêtises de son fils qu'elle avait peur de sa propre réaction, et ne voulait pas que Henry la voie paniquer quand elle ouvrirait la porte. Et elle ressentait aussi une petite pointe d'infériorité sociale, face au statut de maire et à la belle maison qu'elle avait devant les yeux. Et pour rien au monde elle ne voulait montrer sa gêne à Henry.

Arrivée sur le porche immaculé, elle respira un grand coup et sonna. Des pas rapides se firent aussitôt entendre, qui semblaient descendre d'un escalier en pierre ou en marbre. La porte s'ouvrit d'un coup et Emma vit soudain apparaître devant elle une femme d'une prestance rare, vêtue d'une élégante robe grise ajustée dont la taille était marquée par une fine ceinture de cuir. Malgré sa pâleur –sans doute due à la récente nouvelle qu'elle devait sûrement avoir eu à peine le temps de digérer –, elle dégageait un charisme qui étourdit Emma qui pensait pourtant avoir eu son lot d'émotions fortes pour la journée. Dans son jean banal et sa veste rouge de tous les jours, elle se sentit tout simplement minable.

Sans un bonsoir, Regina Mills s'approcha d'Emma Swan, planta ses yeux dans les siens, et d'une voix blanche lui demanda : « Vous êtes la mère biologique d'Henry ? »

Emma s'attendait à tout sauf à cela. Elle aurait pu lui demander où était son fils, quelle était cette blague ou encore ce qu'elle faisait chez elle ... Sa question qui allait droit au but avait déstabilisé Emma, et cette dernière ne put rien exprimer de plus construit qu'un simple : « Salut… » gêné, qu'elle regretta aussitôt.


Cette rencontre vous dit quelque chose ? ;-) J'aime bien remettre les vraies scènes de la série dans un contexte différent...

Comment Regina va-t-elle prendre cette nouvelle bouleversante ? Pensez-vous qu'il sera facile pour elle d'accepter Matthew et Emma ?

A la semaine prochaine ! Bisous tout le monde !