Bonjour tout le monde !

Encore une fois merci, et tout et tout ... Je poste exceptionnellement aujourd'hui car demain après-midi, je ne serai pas disponible. Je pense que vous préférez avoir ce nouveau chapitre aujourd'hui, plutôt que jeudi soir ;-)

Je voudrais revenir rapidement sur un point de mon précédent chapitre qui a été soulevé par plusieurs d'entre vous. Vous m'avez souvent fait la réflexion qu'Emma prenait trop à la légère le fait que Matt soit parti. Je ne le conçois pas comme ça. Pour moi, elle ne peut pas lui en vouloir trop fort car elle a toujours eu confiance en lui, et surtout, grâce à lui, elle a pu retrouver Henry. Donc je n'ai pas voulu qu'elle le dispute trop pour ça (mais elle le fait quand même, rapidement, au téléphone, pour la forme !)

Dans ce nouveau chapitre : la première discussion entre les mamans et la réaction de Regina face à cette découverte... Va-t-elle bien le prendre ?

Bonne lecture !


Chapitre 8 : Première rencontre

Immédiatement après avoir raccroché, Matthew avait senti un poids sur ses épaules. Il allait devoir annoncer à Regina que celui qu'elle avait accueilli chez lui n'était en fait pas son fils, et il redoutait sa réaction. Il était descendu dans le salon et l'avait trouvée dans le canapé, lisant tranquillement un livre. Elle lui avait souri tendrement en le voyant arriver devant elle.

- Je dois vous dire quelque chose… madame Mills.

- « Madame Mills » ? Pourquoi m'appelles-tu ainsi, Henry ? Et pourquoi tu me vouvoies ? Le visage de Regina, d'ordinaire impassible, avait alors présenté un air d'incompréhension totale.

- Je vais aller droit au but. Je ne suis pas Henry, avait répondu le jeune Swan, qui ne savait plus où se mettre. Excusez-moi d'avoir abusé de votre gentillesse et de votre hospitalité. Henry arrive et moi, je vais m'en aller.

- Mais attends, qu'est-ce que tu racontes, Henry ? Tu me fais une blague, c'est ça ? Tu as demandé à tes amis de se cacher derrière les rideaux pour voir ma réaction et en rire ensemble demain ?

Regina avait commencé à rire ouvertement, mais le sérieux qu'elle avait lu sur le visage de Matthew l'avait immédiatement calmée.

- Non, Regina, c'est pas une blague. J'm'appelle Matthew, Matthew Swan et j'habite Boston. Henry est mon frère jumeau.

- Mais non, comment est-ce possible … ? Mais … La panique pouvait se lire dans les yeux affolés de Regina.

- Vous vous souvenez de ma cicatrice à la clavicule ?

Regina ne répondant pas, il avait enchaîné :

- Je suis tombée de vélo, quand j'étais petit. J'ai atterri sur une grosse pierre et ça m'a coupé profondément. Ça a bien mis un mois à se cicatriser complètement. Je ne me suis pas blessé en colo. Pardon d'avoir menti…

- Mais où est Henry alors ? avait demandé Regina qui semblait avoir soudainement repris ses esprits.

- Eh bien, en ce moment, je dirais qu'ils ne doivent pas être très loin de Portland.

- « Ils » ? Mais avec qui est mon fils ? Regina avait presque hurlé cette dernière phrase, une angoisse sourde lui oppressant le cœur.

- En fait, il voulait rencontrer notre… mère. Il est justement avec elle, en ce moment…

Matthew n'avait pas osé regarder Regina, craignant sa réaction quand elle comprendrait qu'Henry avait préféré partir pour Boston pour rencontrer une inconnue sans lui donner la moindre nouvelle, à elle, celle qui l'avait élevé depuis toujours. Il avait repris, devant l'absence de réaction de Regina, encore bouche bée, semblant bouillir de rage :

- Il se trouve qu'elle a découvert notre petite… blague, ce soir. En ce moment, ils sont en route. Ils ne devraient plus tarder. Je vous demande pardon. J'ai fait ça pour lui et je ne voulais pas vous déranger.

- Comment t'appelles-tu, déjà ?

La voix de Regina était calme et posée, mais à l'intérieur, elle hurlait. Elle n'avait rien voulu laisser paraître, comme elle en avait l'habitude. Dans sa profession ou dans sa vie, madame le maire était la reine de la maîtrise de soi. Jamais elle ne s'emportait, jamais elle ne se laissait envahir par la colère ou l'émotion, leur préférant la vengeance froide ou le mépris le plus hautain.

Mais dès qu'il s'agissait d'Henry, de son fils, il en était tout autre. Dans ces moments, quand elle sentait son fils en danger, ses yeux brillaient d'une lueur inhabituelle, et ses émotions, d'habitude si bien cachées, ne pouvaient plus être dissimulées. Son fils était toute sa vie, tout ce qu'elle avait, et n'était pas encore né celui qui pourrait lui toucher un cheveu sans subir le courroux de sa mère.

Mais en ce moment-même, plus que de la colère, c'était de la tristesse qui avait envahi le regard noir de Regina. Voilà, depuis le temps qu'elle le redoutait, le moment était venu où Henry voulait connaître sa mère biologique. Elle s'y attendait depuis toujours, elle savait qu'ils devraient un jour en passer par là. Mais jamais elle n'aurait pensé que cela arriverait si tôt et, surtout, que cela lui ferait aussi mal.

- Matthew.

- Matthew, je sais qu'Henry peut être très convaincant quand il a quelque chose en tête. Je ne t'en voudrais pas pour le fait d'avoir accepté de lui prêter ta place auprès de ta mère. Mais tu aurais pu me le dire, tu n'aurais pas dû te faire passer pour lui.

- Et vous auriez laissé Henry à Boston ? Je ne pense pas. Désolé, mais c'était le seul moyen.

- Je … ? Comment oses-tu … ? Bref, tu dis qu'ils sont en route ? Je… je dois…

Et sans ajouter un mot, elle était montée s'enfermer dans sa chambre. Elle aurait voulu faire payer cet étranger de s'être introduit chez lui et d'avoir abusé de sa confiance, elle aurait voulu lui faire ravaler sa dernière phrase si insolente, elle aurait voulu tout casser et hurler … Mais elle n'avait pas eu la force d'être mauvaise, et elle s'était écroulée sur son lit.

Matthew s'était posté discrètement derrière la porte, et en collant son oreille contre le bois, il avait entendu des sanglots étouffés.

oOoOo

Le manoir des Mills n'avait jamais dû connaître une telle tension dans l'air. Après un bref moment d'hésitation sur le perron, Regina avait finalement invité Emma et Henry à entrer dans le grand salon, rapidement rejoints par Matthew.

- Matt, mon fiiiiils ! Punaise, mais ça fait trop du bien de te revoir, hurla Emma, les bras levés de bonheur, en voyant Matthew descendre le grand escalier de marbre.

- Mamaaaaaaan ! lui répondit son fils sur le même ton hystérique et joyeux, en dévalant l'escalier en courant pour se jeter dans ses bras.

Une bande de voyous se serait introduite dans sa maison détruisant tout sur son passage, le regard de Regina n'aurait pas été différent que celui qu'elle arborait en ce moment-même. Un mélange de pitié et de dégoût pouvait aisément se lire dans ses yeux. Mais qui était cette tornade blonde sans-gêne qui se permettait de brailler dans son hall d'entrée ? Et ce gamin qui courait sur son marbre de Carrare hors de prix, pour cajoler sa mère de manière si impudique ? Même Henry semblait un peu gêné par ces effusions auxquelles il n'était pas habitué.

Quand la jeune blonde remarqua enfin les regards lourds des Mills, côte à côte et avec le même air étonné, elle se calma soudainement et lâcha son fils, quelque peu gênée de s'être donnée ainsi en spectacle. Elle vit immédiatement dans le regard noir qu'elle avait fait quelque chose qu'elle n'aurait sûrement pas dû faire…

- Eh bien, miss Swan, c'est tout ? C'est ainsi que vous retrouvez votre fils ? Vous ne lui dites rien à propos de son impolitesse ? Il s'introduit chez moi, abuse de ma confiance et vous ne le disputez pas ? Bravo, en voilà une belle éducation que vous lui apportez là…

- Heu… si bien sûr… Emma n'avait vraiment pas l'habitude de se laisser donner des leçons d'éducation, surtout de la part d'inconnues, mais elle ne savait expliquer pourquoi cette fois, devant ce regard de jais, aucune remarque acerbe sur sa vision de l'éducation ne lui vint. Alors elle rabroua gentiment Matthew, plus pour la forme que pour vraiment le disputer. Après tout, elle ne pouvait pas lui en vouloir de lui avoir permis de retrouver son deuxième enfant…

- Bien, maintenant que les choses sont mises au clair, je vous prierai de ne plus beugler ainsi votre langage de charretier dans mon hall d'entrée. Chez moi, cela ne se fait pas. Bien. Maintenant, si vous consentez à employer un ton et un vocabulaire humainement intelligibles, je vous demanderai d'agir en personne civilisée et de bien vouloir prendre place dans le salon.

La tirade de Regina pétrifia les Swan, terrifiés et impressionnés par cette femme. Henry toujours à côté d'elle semblait complètement effacé et osait à peine regarder Matthew et Emma. Il en voulait tellement à sa mère de les avoir reçus de la sorte. Quelle image se feraient-ils d'elle, maintenant ? Il avait pourtant longuement expliqué à Emma que Regina était une bonne personne… Allait-elle maintenant le prendre pour un menteur … ? Et surtout, pourquoi sa mère adoptive était-elle toujours aussi agressive ?

Il regretta la pensée qui lui vint, mais en ce moment, devant la fraîcheur et la gentillesse d'Emma, il eut honte de la méchanceté de Regina.

oOoOo

Quelques minutes plus tard, installée dans le canapé de luxe, Emma était en admiration devant ses deux garçons, assis côte à côte. Elle aurait pu les admirer ainsi pendant des heures. Les esprits avaient retrouvé leur calme, et même si l'ambiance n'était pas la meilleure, elle était bien moins tendue qu'il y a quelques minutes. Regina, quant à elle, était une boule de nerfs. Elle observait l'intruse blonde, son fils, et l'autre garçon, exaspérée par le sourire béat collé aux lèvres de leur mère biologique. Quant aux jumeaux, ils baissaient la tête, n'osant regarder que leurs genoux.

Ce fut finalement Henry qui brisa ce silence pesant, en se tournant vers Regina.

- Bon, maman, tout est de ma faute. C'est moi qui ai voulu partir à Boston pour connaître Emma. Voilà, c'est dit. Maintenant, prive-moi de dessert pendant une semaine, si tu veux, mais Matthew n'y est pour rien, et Emma non plus. Ne leur en tiens pas rigueur...

Henry n'osait que rarement tenir tête à sa mère mais cette fois, elle remarqua une détermination nouvelle dans son regard. Elle prit la parole, se forçant à employer un ton le plus calme possible.

- Henry, je comprends les motivations qui t'ont conduit à aller rencontrer cette… personne. On en parlera ensemble, mais cela ne regarde que nous et je ne veux pas avoir une discussion de la sorte devant des étrangers.

Emma et le deuxième jumeau se sentirent immédiatement de trop devant la froideur de Regina. La jeune blonde prit la parole :

- Madame, je suis aussi sur le c… étonnée que vous. Je n'aurais jamais imaginé un instant que mes fils se retrouveraient un jour, et encore moins qu'ils nous feraient un coup comme ça. Mais bon, maintenant qu'on s'est tous retrouvés, c'était plutôt marrant, non ?

- Je ne trouve pas, non.

- Ah, eh bien, moi je trouve ça fun ! Ils ont eu l'idée tous seuls et nous ont quand même fait marcher pendant plusieurs heures !

- Cela vous fait rire, peut-être, mais moi non. Donc je vous remercie mais maintenant, chacun chez soi et tout ira bien.

Les deux garçons échangèrent un regard confus. Henry avait particulièrement honte de l'attitude de sa mère. Elle contrastait tellement avec le flegme et le détachement dont faisait preuve Emma, qu'elle en paraissait d'autant plus psychorigide.

- Eh bien, à vrai dire, je dois bien avouer que maintenant que j'ai retrouvé mon p'tit gars, j'ai bien envie de…

- Envie de quoi ? la coupa une Regina qui semblait sur le point d'exploser de rage. Ses yeux brûlaient d'une braise noire ardente.

- Euh… ben, j'ai envie de le voir, de passer du temps avec lui…

- Si vous vous imaginez une seconde que vous allez me prendre MON fils, vous vous mettez le doigt dans l'œil !

- Non, mais attendez, je n'ai…

- La discussion est close, bonsoir. Dis au revoir, Henry, conclua Regina tandis qu'elle se dirigeait vers l'entrée pour aller ouvrir la porte, signifiant à Emma et Matthew qu'ils feraient mieux de déguerpir rapidement.

Les deux garçons se lancèrent un regard complice, chacun signifiant à l'autre qu'ils comptaient, de toute façon, bien se revoir. Emma, quant à elle, était interloquée. Elle ne voyait pas ce qu'elle aurait pu faire de mal, et ne comprenait pas l'agressivité de Regina. Toutefois, elle pensa que ce n'était pas le moment de faire des vagues et sortit calmement, non sans lui adresser, dans un hypocrite sourire, un : « Bonsoir, madame, ce fut un plaisir de faire votre connaissance. »

oOoOo

Une fois à l'extérieur du manoir, Emma et Matthew respirèrent l'air frais nocturne. Il leur semblait à tous les deux que cette bouffée d'air était la première qu'il prenait depuis qu'Emma était entrée dans la maison. Et c'est seulement une fois à bord de la petite voiture jaune qu'ils commencèrent à parler de cette rencontre avec la maire.

- Whaaa, quelle femme ! Elle en impose, hein ?

- Je sais pas ce qui lui a pris. J'l'avais jamais vue comme ça. Elle croyait que tu voulais repartir avec Henry sous le bras, ou quoi ?

- De toute façon, Matt, je verrai mon fils si je le veux, et je le veux, donc c'est pas elle qui va m'en empêcher. Et puis il est hors de question qu'elle pense que j'aie peur d'elle.

- On fait quoi alors ? On reste ?

- Bien sûr qu'on reste ! Je veux connaître mon Henry, et puis… elle m'a énervée et j'aime pas qu'on m'énerve !

Une lueur comme Matthew en avait rarement vue se mit à luire dans les yeux de mère. Mais il aurait été bien incapable de mettre dessus le nom d'une quelconque émotion.

Matthew avait passé la matinée avec Granny et il savait qu'elle tenait un petit hôtel sans prétention mais qui pourrait les loger pour quelques nuits. C'est donc d'un pas allant que la mère et le fils se dirigèrent vers l'hôtel. Granny fut surprise de voir arriver Henry accompagné d'une inconnue. Emma et Matthew ayant jugé plus simple qu'elle sache la vérité, ils lui révélèrent toute l'histoire. Elle fut un peu étonnée au début mais son regard s'illumina quand elle comprit enfin pourquoi elle avait trouvé son petit Henry si différent ! C'est finalement après quelques minutes de franche rigolade partagée qu'elle les conduisit à leur chambre.

Emma fut immédiatement conquise par la gentillesse de la vieille dame et elle se dit que les quelques jours qu'ils allaient passer ici n'allaient sans doute pas être si désagréables que cela.

Pendant que Matthew se préparait pour la nuit, Emma se mit à réfléchir. Combien de temps allaient-ils rester ? Elle avait pris quelques jours de repos, mais que se passerait-il quand il lui faudrait reprendre le travail à Boston ? Et quand Matthew devrait reprendre l'école après les grandes vacances … ?

Et s'ils rentraient, allait-elle pouvoir vivre normalement à plusieurs heures de l'endroit où vivait l'enfant qu'elle n'avait pas vu depuis si longtemps ? Comment faire pour rattraper tout ce temps perdu ?

En s'endormant, la seule chose dont elle était sûre, c'est qu'elle ne pourrait plus jamais se séparer de lui à nouveau.

oOoOo

Au 108 Mifflin Street, l'ambiance était toute autre. Aussitôt Emma et Matthew partis, Henry aboya sur sa mère, pour la première fois de sa vie :

- Comment as-tu pu oser leur parler ainsi ? Tu m'as fait tellement honte !

- Et toi, Henry, comment as-tu pu me faire cela ? Pourquoi fallait-il que tu ailles voir cette … cette… ?

- « Cette » quoi, maman ? Elle n'est pas assez bien pour toi ? Pas assez riche ? Ou bien pas assez distinguée ?...

- Henry ! Ne me parle pas comme ça !

- Elle est peut-être ce qu'elle est, mais elle est ma VRAIE mère ! »

Regina éclata aussitôt en sanglots. Et Henry regretta ses paroles qu'il n'avait pas voulu à ce point blessantes. Il se radoucit en s'approchant légèrement de Regina.

- Pardon maman, je ne voulais pas te blesser. C'est juste que j'aimerais la connaître. Je t'aime, tu es MA maman, mais elle est ma mère aussi, et je veux savoir d'où me viennent ces yeux, ces cheveux…

- Henry…

- Je sais que tu ne l'aimes pas, qu'elle est trop vulgaire pour toi mais –

- Non, Henry, arrête, le coupa doucement Regina. Je ne la déteste pas parce qu'elle est trop vulgaire, comme tu dis. Je ne suis pas si élitiste, voyons. Non, je ne l'aime pas parce que j'ai peur … qu'elle t'enlève à moi, qu'elle me prenne le seul être qui m'est cher, le seul être… qui me reste.

Les derniers mots de Regina furent noyés dans les larmes et elle s'écroula dans les bras de son fils qu'elle serra contre elle avec la force du désespoir. Henry ne se serait jamais douté que la douleur de sa mère aurait pu être si profonde. Alors, pour la rassurer, il plongea sa tête dans ses cheveux noirs et lui murmura avec tout l'amour dont il était capable :

- Jamais personne ne m'enlèvera à toi, maman. Je te le promets.


Alors, ce chapitre vous a plu ? Qu'avez-vous pensé de la réaction de Regina ?

J'ai une bonne nouvelle pour vous : la semaine prochaine, je suis en vacances donc j'aurai du temps pour écrire. Donc si j'avance bien dans mon histoire (je dis bien SI lol), j'essaierai de poster un peu plus souvent !

A la semaine prochaine ! Bisous