Bonjour à toutes !
Avec le précédent chapitre, vous avez dépassé les 100 reviews et les 6000 vues... Je suis flattée et plus qu'heureuse de voir que vous me suivez toujours et que mon histoire vous plaît encore. Donc un immense merci ! Je sais bien que je vous le dis à chaque chapitre, mais c'est vraiment important pour moi.
Merci aux anonymes, aux guests (à qui je ne peux malheureusement pas répondre), et aux revieweuses, fidèles depuis le début ou nouvellement arrivées, notamment : Raphi5930, OoO-Red-OoO, Ship's stories, Okishina, covergirls06, evilhayleyregal, kensdo, DroDroV, Ptite Mac, Blackfeather, Stitche (bravo, tu étais la 100e review !), Pikagome, Solae44, Junkie Woman... et celles que j'oublie et qui me pardonneront.
Bref, MERCI et continuez comme ça, ça m'encourage :-)
Passons maintenant aux choses sérieuses ! Dans ce chapitre : un accord entre les mères, une prise de conscience pour Emma et l'apparition d'un nouveau personnage que vous connaissez bien !
A tout de suite, en bas ! Bonne lecture !
Chapitre 9 : Accord conclu !
Le lendemain matin, c'est d'un pas décidé qu'Emma se leva et se dirigea vers la salle de bain. Elle avait passé la nuit à penser à Henry, à Matthew, à leur vie à Boston, entre Ingrid, ses amis et son travail à la PJ et même à cette maire de Storybrooke qui l'avait tant agacée. Elle avait tourné le problème dans sa tête des centaines de fois, parfois parfaitement consciente, parfois même en rêvant. Que faire ? Combien de temps rester ? Réussirait-elle à construire la relation avec Henry qu'elle souhaitait tellement ? Et sa harpie de mère la laisserait-elle-même approcher de lui ? Allait-elle-même accepter de la laisser le voir ? Au fond de son lit, Emma ressentit une pointe de culpabilité froide l'assaillir. Après tout, avait-elle le droit de s'imposer chez les Mills et exiger de voir Henry ? Regina Mills était sa mère aussi, celle qui le borde, le nourrit, et l'élève depuis onze ans…
Et Matthew, comment vivait-il cette situation ? Comment pourrait-il prendre le fait que sa mère s'intéresse beaucoup à un autre enfant que lui ? Autant de questions qui l'assaillirent toute la nuit, nuit qui ne fut donc pas très reposante.
Une fois douchée et habillée, elle s'approcha du lit de son fils et lui murmura doucement à l'oreille qu'il était maintenant l'heure de se lever. Matthew ne se fit pas prier, ravi par la perspective de sans doute passer la journée avec son frère et leur mère, tous réunis pour la première fois de leur vie.
Devant leur petit-déjeuner, assis face à face sur les banquettes du Granny's Bar, la mère et le fils commencèrent à élaborer un plan d'attaque. Matthew, qui avait toujours adoré organiser des surprises et autres blagues pour ses amis, prenait ce jeu très à cœur, et était très agité. L'excitation brillait dans ses yeux, et il manqua même plusieurs fois de renverser son chocolat chaud.
- Bon, Matt, voilà ce qu'on va faire : dès notre petit- déj terminé, on file chez Henry. Avec un peu de chance, sa mère sera de bonne humeur, et elle acceptera de nous laisser passer la journée avec lui. Et puis, ben, si elle nous renvoie dans nos plates-bandes, on n'aura qu'à aller, j'sais pas,… faire du tourisme. Il y a sûrement quelque chose d'intéressant à voir dans ce patelin, non ?
Devant l'air dépité de son fils, elle enchaîna :
- Désolée, mais j'ai vraiment pas mieux… Tu as une idée, toi ?
- Huum, peut-être… J'ai pensé qu'on pourrait appeler Henry et, non, mieux : on pourrait lui envoyer un message, comme ça c'est discret. On lui demande de sortir de chez lui et de nous rejoindre quelque part où sa mère ne pourra pas nous trouver.
- Non, je refuse de faire ça dans son dos. C'est quand même aussi son fils et on n'a pas le droit de lui demander de fuguer pour nous…
- Rooo, tout de suite, « fuguer »… Bon, alors on fait comme tu dis, mais il y aura moins de chances que ça fonctionne… Et tu sais quoi ? Maintenant que l'opération Bernard-l'hermite est terminée, on va trouver un autre nom d'opération, l'opération pour passer du temps avec Henry… On n'a qu'à dire… heu…
Matthew était tellement occupé à triturer ses méninges pour trouver un nom de code qu'il n'entendit pas retentir la clochette de la porte d'entrée du bar. Emma leva la tête et aperçut, s'avançant vers le comptoir d'un pas royal, Regina Mills en personne, vêtue d'un ensemble tailleur noir parfaitement ajusté qui rajoutait un air sévère à son visage qui, bien que magnifique, n'était déjà pas très avenant.
- Heu, fiston, changement de plan, laisse tomber l'opération, là…
- Ben pourquoi, demanda-t-il en levant les yeux et remarquant de ce fait la maire de Storybrooke les dévisageant avec un air méprisant.
- Bonjour, madame le maire, lança Emma poliment.
- Que faites-vous encore là, tous les deux ? Je croyais avoir été claire, non ?
- La ville est à tout le monde, non ? Nous avons décidé de profiter de ce beau mois d'août pour faire un peu de tourisme dans cette jolie ville du Maine qui -
- Qu'est-ce que vous cherchez, à la fin ? la coupa Regina. Je sais très bien pourquoi vous êtes encore là. Mais mon fils est mon fils, le vôtre est le vôtre, point. N'espérez pas en reprendre la garde un jour.
- Ecoutez… Regina ? C'est ça, Regina ? Devant l'absence de réaction de l'intéressée, elle poursuivit : Je n'ai jamais eu l'intention de vous enlever la garde d'Henry, ni quoique ce soit d'autre, je tiens à vous rassurer sur ce point-là. Comprenez-moi, je voudrais seulement le connaître… Attendez, venez vous assoir avec nous, on sera plus à l'aise pour discuter.
Et elle joignit le geste à la parole en poussant Matthew sans ménagement au fond de la banquette afin de lui laisser la place qu'elle-même occupait avant que Regina n'entre dans le café. Cette dernière sembla hésiter un instant puis finalement recula, attrapa son café au comptoir et dit à Emma, d'un ton plus posé :
- Ecoutez, je suis pressée, ce matin. Mais retrouvez-moi entre midi et deux… disons à 12h30, ici-même. Et on parlera de tout ça à tête reposée.
- Ouais, super ! De toute façon, on n'a rien de prévu, hein Matt ? « Et de toute façon, elle ne me demande pas vraiment mon avis », pensa Emma.
- Ben, si, justement, Madame, on pourrait voir Hen … ?
- Maaaatt, siffla Emma entre ses dents. Matthew sut immédiatement qu'il ne fallait rien ajouter de plus pour le moment.
- C'est parfait, alors à ce midi, conclua Regina en tournant les talons. Emma la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle ait tourné au coin de la rue.
- Maman… maman ? Ohé, maaa !
- Heu quoi ? répondit Emma en sortant de ses pensées.
- Ben, on va pas voir Henry alors ce matin ? Matthew se faisait une telle joie au réveil de voir Henry ce matin que sa déception pouvait se lire sur son visage. Il semblait même à Emma qu'il était proche de pleurer.
- Non, fiston, tu as bien vu, essaya de le rassurer sa mère, en le prenant dans ses bras. Elle nous accorde peut-être une chance de le voir donc on ne va pas tout gâcher maintenant. Mais je t'autorise à l'appeler !
oOoOo
A défaut de se voir et de passer leur première journée en face à face, Emma et ses jumeaux discutèrent une bonne heure tous ensemble au téléphone. La première déception passée, Henry comprit l'importance de ne pas trahir la confiance de Regina qui venait tout juste de leur être accordée, et il accepta de ne pas les voir ce matin.
C'est donc virtuellement que la mère et les garçons commencèrent leurs retrouvailles. Ils se racontèrent leur vie, leurs amis, ce qu'ils aimaient faire, les gens qu'ils côtoyaient. Emma nageait dans le bonheur. Derrière le comptoir, Granny et Ruby ne perdaient pas une miette de la conversation. La jeune serveuse avait été mise au courant par sa grand-mère et comptait en découvrir plus sur cette histoire incroyable. Mais surtout, ce qui n'avait pas échappé à son œil aguerri, c'était le long regard qu'Emma avait posé sur Regina à sa sortie du café. Et ça, elle comptait bien savoir où cela allait mener.
- Salut la compagnie, je suis Ruby, mais vous pouvez m'appeler Rub'. Je me présente officiellement, hein, dit-elle en regardant le garçon avec un sourire, parce que la dernière fois, tu étais censé être Henry !
Matthew rigola doucement et Emma répondit pour eux deux :
- Salut Rub ! Je vois donc que vous connaissez déjà mon fils, ou plutôt, mes fils ! Je suis Emma, Emma Swan, et voici Matthew.
- Je sais, Granny m'a tout dit. Quelle histoire, quand même ! Et ben franchement, si je ne connaissais pas l'histoire, je me serais encore fait avoir ! Ils sont vraiment comme deux gouttes d'eau, ces deux p'tits gars !
- Ouais, c'est fou, hein ? Et qui aurait cru que je le reverrai un jour, mon petit Henry…
- Alors, comme ça, vous venez de Boston ? Un jour, j'aimerais vivre dans une grande ville. Ça doit être bien plus vivant que notre petit village, et puis, ça fait rêver, les salles de concert, les théâtres, les bars à musiciens… On doit se sentir libre, on doit pouvoir vivre sa vie comme on l'entend, sans craindre le regard des autres, surtout quand parfois on se sent différent…
Le tact et la délicatesse n'étaient pas les qualités premières de Ruby. Elle avait débité son discours d'une traite, avec un regard malicieux, cherchant une réaction d'Emma. Peut-être répondrait-elle à propos de vivre sa vie différemment, peut-être la curiosité de Ruby serait-elle satisfaite… mais Emma ne releva absolument pas et se contenta d'un :
- Oui, c'est sympa... Dites, vous connaissez un endroit cool à faire ce matin ? Je sais pas, une balade ou un truc du genre dans le coin…
Ruby se renfrogna, déçue de ne pas avoir eu les réponses qu'elle souhaitait, mais répondit gentiment :
- Alors déjà, on se tutoie, c'est mieux ! Donc, je te propose d'aller à la plage, au port, à la bibliothèque, dans la forêt… Après, si tu préfères le shopping, on a un antiquaire. Fais gaffe au proprio, il est un peu spécial, mais on peut y trouver des trucs cools et vintage. Voilà, c'est pas Boston, mais c'est quand même sympa, notre petite ville !
- Je n'en doute pas, merci Rub' ! Matt, tu veux faire quoi ? 'y a un truc qui te tente ?
- La forêt, je connais déjà, c'est agréable mais bon, c'est une forêt quoi. On n'a qu'à aller à la bibli, et puis ensuite nous promener dans la ville, ok ?
oOoOo
La matinée passa rapidement. Emma et son fils commencèrent par visiter la bibliothèque, tenue par la jeune Belle, qui faillit tomber à la renverse quand elle apprit que le plus fidèle de ses clients avait un frère jumeau. Sans doute serait-il aussi avide de lecture qu'Henry! Pour une petite ville telle que Storybrooke, la bibliothèque était bien fournie, très complète et bien rangée. Emma avait rarement le temps de lire mais elle appréciait l'ambiance et le calme qui régnaient dans ces endroits et elle s'y sentait bien. Cela lui rappelait son enfance, quand Ingrid l'emmenait découvrir des livres dans la grande bibliothèque de Boston. Elle avait transmis l'amour et le respect des livres à Matthew qui ne rechignait jamais à lire un bon roman, après une heure de jeu vidéo. Ils s'attardèrent un moment dans le rayon « Histoire de la ville » et découvrirent, étonnés, que Storybrooke n'étaient pas très ancienne. Elle avait été entièrement construite à partir de rien il y a seulement quelques dizaines d'années. Elle semblait pourtant avoir toujours existé.
Puis, après avoir salué Belle, ils continuèrent leur chemin, déambulant au fil des rues et des boutiques. Finalement, l'heure du rendez-vous avec Regina approcha et Emma et Matthew décidèrent de retourner au Granny's. Là, ils y trouvèrent Ruby, sur le pas de la porte, qui les accueillit chaleureusement. Puis, en aparté, elle s'adressa à Emma avec un grand sourire coquin:
- Bientôt le rendez-vous avec Madame Mills ? Alors, comment tu te sens ? Anxieuse, angoissée… excitée … ?
Emma la regarda, les yeux ronds comme des soucoupes.
- RUBY ! brailla Granny depuis le comptoir. Tu veux bien la laisser tranquille, non ?
- Roo, ça va, on rigole, non ? Allez, je vous installe, dit-elle en les guidant vers un coin tranquille dans le fond de la salle.
Ils n'eurent pas longtemps à attendre. A midi et demi tapantes, Regina passa la porte du café, et salua Granny d'un petit sourire entendu, signifiant : « Comme d'habitude, pour moi... » Quand elle aperçut Emma au fond de la salle qui lui souriait en lui faisant un petit signe de la main, elle la rejoignit et s'assit sur la banquette opposée. Aussitôt apparut Ruby, chargée d'un plateau. Elle leur servit la salade habituelle de Regina ainsi que les commandes des Swan. Une idée lui vint à cet instant et elle s'adressa au jeune garçon :
- Viens, on va les laisser entre elles, c'est une discussion de grandes personnes… Et elle emmena Matthew à part, sous le regard attentif de sa mère. Et puis, reprit-elle alors qu'ils étaient hors de vue, comme ça, ça fait un peu rencart !
- C'est quoi un rencart, Rub' ? demanda Matthew, curieux.
- Laisse tomber, gamin... Je suis juste curieuse de savoir où ça va les mener tout ça !
oOoOo
Pour la première fois seules en face à face, Emma et Regina semblaient avoir perdu la férocité qu'elles avaient montrée en présence de leurs enfants. Elles se sentaient gênées, comme si se retrouver en face à face sans leurs garçons les rendaient vulnérables. Elles n'avaient plus de rôle à jouer, elles n'avaient aucune petite bouille brune à protéger ou à émerveiller. Elles étaient seulement deux jeunes femmes avec des différents mais ayant décidé de les régler. Il est bien plus facile de se détester. Elles le savaient, et cela les effrayait.
Emma, avec sa légèreté naturelle essaya de détendre l'atmosphère :
- Ben… bon appétit. Je vais sans doute passer pour une grosse morfale avec mon burger, en comparaison de votre petite, toute petite salade… Mais je voulais vraiment connaître le goût des vaches de Storybrooke avant de mourir !
Regina apprécia son initiative de détendre l'atmosphère et lui offrit un bref sourire contenu. Mais elle n'était vraiment pas du genre à s'autoriser des débordements d'émotions, et sa froideur naturelle reprit le dessus, presque malgré elle. Emma avait cependant remarqué les petits sourires aux coins de ses beaux yeux bruns. Regina avait aimé sa blague, elle lui avait même souri et ce n'était pas feint… Ce bref, si bref instant, lui donna l'impression qu'elle découvrait une personne totalement différente de celle qui lui avait ouvert la porte hier. Et elle se surprit à l'apprécier.
- Bon appétit à vous aussi. Bien, n'y allons pas par quatre chemins. Plus vite on aura réglé ce problème, plus vite les choses s'arrangeront.
Regina Mills, la maire, la femme sérieuse et sèche qui obtient toujours ce qu'elle veut, se tenait à nouveau devant Emma. Elle l'avait un peu trop vite oubliée.
- Heu, il n'y a pas de « problème », comme vous dites. J'ai un peu l'impression que vous sous-estimez mes sentiments pour Henry.
- Vos sentiments ? Parce que vous avez des sentiments ? Vous le connaissez depuis, quoi ? Une semaine ? Et voilà, vous vous sentez mère de famille accomplie ?
Emma écarquilla les yeux. Mais pourquoi fallait-elle qu'elle soit toujours aussi agressive ? Ça en devenait énervant, à la fin, pensait Emma. Mais elle n'était même plus vexée. Elle sentait juste que sa violence cachait quelque chose de bien plus profond, bien plus enfoui… Et elle fut intriguée par cette femme complexe et mystérieuse.
- Attendez, on va respirer un bon coup, hein ? Ok ? On était censées nous voir ce midi pour parler tranquillement de tout ça sans nous prendre la tête, non ?
- Oui, vous avez raison. Je vous prie de m'excuser. Bien. Donc, pour résumer la situation, vous me dites que Henry est votre fils et… Mais après tout, qu'est-ce qui me le prouve ?
Emma devait-elle rigoler ? Regina essayait-elle de faire une blague ? Un demi-sourire s'afficha sur son visage avant qu'elle ne lui réponde :
- Heu… ben, débarquer avec son clone que j'élève depuis sa naissance, c'est pas une preuve suffisante ? Croyez-moi, je suis de la police, je m'y connais en preuves convaincantes !
Regina se sentit gênée et sembla seulement comprendre l'énormité qu'elle venait de sortir. La ressemblance entre la jeune femme et son fils était flagrante, et lui avait sauté aux yeux la veille, sous son porche.
- Vous avez raison… encore. Donc Henry est effectivement votre fils. Mais vous l'avez officiellement abandonné à sa naissance il y a maintenant 11 ans –
- Et croyez-moi, c'est un de mes plus grands regrets…
- Il n'empêche que vos regrets, il fallait y penser avant de le laisser à l'adoption et de céder tout droit sur lui ! Je suis maintenant sa mère, reprit-elle plus calmement, officiellement et légalement, et vous ne pourrez jamais en avoir la garde.
- Attendez Regina, je –
- Madame Mills.
- Pardon, madame Mills. Je crois vraiment que vous imaginez beaucoup trop de choses, là. Je n'ai jamais dit que je voulais avoir la garde d'Henry, ni même vous l'enlever. Encore une fois, comme je vous l'ai dit ce matin, il s'agit juste pour moi, et pour son frère aussi d'ailleurs, de passer du temps avec lui, d'apprendre à le connaître… Je suis bien consciente que vous êtes sa mère, rien ne pourra défaire cela ni déconstruire le lien que vous avez avec lui. Et je ne le voudrais pas, d'ailleurs. Mais…, reprit-elle d'un ton douloureux, j'aimerais tellement le connaître et essayer de rattraper le retard avec mon fils. Je vous demande juste un droit de visite.
- Juste un droit de visite alors ? Juste pour le voir ? Vous ne tenterez rien d'autre ?
- Non, bien sûr que non ! Et puis pensez-vous vraiment qu'Henry vous abandonnerait comme ça, après onze ans ?
- Je ne sais… Je me demande… Vous êtes si … si différente de moi. Henry, après tout… peut-être veut-il vivre avec sa mère « cool ». Je sais bien que je ne le suis pas…
Son regard se perdit dans le vague, et elle baissa les yeux vers son assiette. Encore une fois, Emma fut frappée par ses faiblesses qu'elle cachait si mal.
- Regina, il vous aime, je peux vous l'assurer. Et vous l'aimez aussi, ça crève les yeux ! Faites-vous un peu confiance...
Et dans un geste de réconfort, elle posa sa main sur le dos de celle de son interlocutrice, qui revint aussitôt à elle-même et retira sa main d'un geste brusque en relevant les yeux.
- Je… Bon, c'est d'accord, je vous autorise, vous et votre fils Matthew, à voir Henry quand vous voudrez. A une seule condition.
- Laquelle ?
- Je devrai toujours être présente lors de ces rencontres.
- Vous avez peur de quoi, hein ? la taquina Emma, avec un petit sourire. Mais je m'y tiendra, je vous le promets, merci Regina !
- Je vais devoir y aller maintenant. Si vous voulez le voir ce soir, je serai chez moi à 18h. On vous y attendra.
- Heu, très bien, à ce soir alors !
Regina se leva, remit sa veste de tailleur et, après un bref salut à Granny, sortit du dinner. Emma n'avait même pas entamé ses frites, mais elle n'avait plus faim. Le stupide sourire collé à ses lèvres l'empêchait de manger.
Elle allait revoir Henry, elle en était plus que ravie ! Mais était-ce vraiment la seule raison de son air niais ?
« Oh, Emma, tu te calmes. Ruby et Matt vont revenir, fais disparaître ça tout de suite ! » Une petite voix intérieure lui intimait l'ordre de reprendre ses esprits mais ils semblaient avoir disparu en même temps que Regina. Et c'est évidemment à cet exact moment que Ruby réapparut avec Matt qui tenait encore son cornet de frites en main.
- Aloooors ? Comment ça s'est passé, ce renca – pardon, cette discussion avec la belle Madame Mills ?
- Très bien, on va pouvoir voir Henry quand on veut !, répondit-elle en prenant sur elle pour avoir l'air le plus détaché possible.
- Et c'est donc pour ça que tu souries comme une cruche depuis que ses belles petites fesses ont quitté ce restau ?
- Bien sûr que c'est pour ça, tu crois quoi ? Je suis simplement heureuse de pouvoir passer du temps avec mes deux garçons.
- Bien sûr, bien sûr… Je suis peut-être une petite provinciale, mais mon gaydar est affûté, je peux te l'assurer !
Elle ramassa l'assiette de Regina et partit aussitôt vers la cuisine, laissant mariner une Emma complètement retournée.
- Dis maman, c'est quoi, le gaydar ?
- C'est rien, mon fils, je t'expliquerai, mais pas maintenant… Allez, on finit nos frites et on y va !
En terminant leur repas, Emma raconta à Matthew comment s'était passé son entretien avec la mère d'Henry. Au moment de partir, elle hésita un court instant à ouvrir la porte, puis se retourna finalement vers Ruby :
- Au fait, tout à l'heure tu voulais savoir comment je me sentais, n'est-ce pas ? Eh bien, maintenant je peux te le dire… Elle se rapprocha d'elle et lui dit à l'oreille : « J'ai rarement eu le cœur qui bat aussi fort », avec un regard pétillant et un sourire complice.
Et elle partit, en prenant Matthew sous le bras, laissant en plan Ruby qui jubilait, extatique : « Je le savais, je le savais ! »
Dans le prochain chapitre : une belle soirée, et quelques confidences...
A très vite ! Bisous ^^
