Bonjour tout le monde !
Nous sommes à nouveau mercredi... donc voici le nouveau chapitre ! Au programme : une petite discussion avec Matthew, les sentiments d'Emma un peu dévoilés, l'arrivée importunte d'un autre shérif, et une Regina déboussolée.
Bon, c'est vrai, ce chapitre est un peu plus court que les autres, mais je ne pouvais pas le couper autrement. J'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture, merci aux fidèles lectrices et bienvenue aux nouvelles :-)
Chapitre 10 : Apprendre à se connaître
- Alors, maman, ça veut dire quoi, ce qu'elle a dit, Ruby, tout à l'heure ? C'est quoi, ça, un « gadar » ?
La curiosité naturelle de son fils fit sourire Emma. Elle entama alors une explication qu'elle souhaitait brève, tout en se dirigeant vers leur chambre d'hôtel :
- Le « gaydar », Matt, « gaydar »… Disons que … ça veut dire que Ruby est persuadée de voir des choses qu'elle pense que je voudrais lui cacher…
- Quoi, comme choses ?
Décidément, ce gosse ne lâcherait pas le morceau. Autant tout lui expliquer… De toute façon, Emma n'avait jamais rien caché à son fils et ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait commencer.
- Bon… Tu te souviens de Lily ?
- Carrément, elle était sympa, je l'aimais bien…
- Eh bien, tu te souviens qu'on se faisait des bisous, toutes les deux ? Tu sais, des bisous d'amoureux… ?
- Oui, bien sûr que je me souviens. Pourquoi on la voit plus, Lily ?
- Eh ben… parce qu'elle a choisi d'aller faire des bisous à quelqu'un d'autre en cachette, voilà… Et ça, c'est pas correct, tu vois.
- C'est vrai, je me souviens que tu m'avais dit ça. Et tu m'as aussi dit qu'on pouvait faire des bisous d'amoureux à qui on voulait, les filles ou les garçons, à partir du moment où on le voulait tous les deux.
Matt semblait presque réciter une leçon, fier de montrer qu'il avait retenu ce que lui avait appris Emma. Elle se rappela avec émotion ce moment où elle avait tenté d'expliquer à Matthew le comportement de quelques crétins homophobes de Boston qui les avaient pris à parti, elle, Lily, et Matthew, dans la rue. Le jeune garçon, alors âgé d'une huitaine d'années, n'avait pas compris pourquoi ils s'en étaient pris à eux. Et Emma avait dû prendre sur elle pour lui expliquer calmement pourquoi certains n'acceptaient pas leur mode de vie, alors qu'elle n'avait comme seule envie que d'aller leur casser la figure.
Puis s'en était suivi un petit cours d'acceptation de soi. La fraîcheur et l'innocence de Matthew avaient ému Emma. Pour lui comme pour elle, sortir avec des garçons ou des filles leur semblait tout à fait naturel et il ne comprenait pas pourquoi cela ne pouvait pas être accepté par tous.
Matthew reprit, curieux :
- Mais c'est quoi, le rapport avec Ruby et ce qu'elle croit ?
- Eh ben… disons que Ruby pense que je lui cache des choses de ce genre, à propos de … madame Mills…
- Ah bon ? Tu as envie de faire des bisous d'amoureux à madame Mills ? cria Matt, sous le coup de la surprise.
- Chut, Matt, j'ai pas envie que tout le monde soit au courant !
- Mais, madame Mills, elle, elle a envie de t'en faire aussi ? demanda-t-il, curieux, en baissant la voix.
- Ben, c'est ça le problème, je sais pas. Je crois pas… Et rappelle-toi, on n'a le droit de le faire que si les deux personnes sont d'accord…
- C'est compliqué…
- M'en parle pas, fiston… Bon dis, oh, c'est un secret, tout ça, hein ? Tu ne le répètes pas ? Faudrait pas qu'elle soit au courant de ça !
- Bah, maman, comment tu veux qu'elle t'en fasse si tu lui dis pas que tu en as envie ?
Emma sourit de fierté devant la logique de son fils.
- Eh oui, c'est compliqué, la vie, hein ? Grandis pas trop vite, mon petit, tu auras bien le temps de t'en apercevoir par toi-même !...
oOoOo
Quand 18h sonnèrent à la cloche de l'hôtel de ville, les Swan attendaient déjà depuis un bon quart d'heure dans leur voiture, impatients. Emma avait décidé de mettre toutes les chances de leurs côtés afin de ne pas brusquer Regina, et avait conseillé à Matthew de surveiller son langage, sa tenue et tout ce qui pourrait la gêner. Le cœur battant, elle sonna à la porte. Presque aussitôt, des pas rapides se firent entendre et la porte s'ouvrit à toute volée. Et Henry se jeta dans les bras de sa mère.
- Emmaaaaaa ! Matt ! Comme je suis heureux de vous revoir !
- Salut fiston, comment ça va ? Ta mère a accepté qu'on passe un peu de temps ensemble ce soir. Alors j'espère que tu es en forme, parce que j'ai bien l'intention de profiter à fond de mes deux p'tits gars !
- Parfait ! Pour l'instant, maman est avec Graham, mais je pense qu'elle ne va pas tarder à arriver…
- Avec… qui ? demanda Emma. Elle n'arrivait pas à se souvenir de cette personne. Henry lui en avait-il déjà parlé ? En tous cas, elle l'avait bien vite oublié.
- Ben, Graham, tu sais, c'est son amoureux du moment, le shérif. Cela fait quelques mois, déjà… Mais je suis sûr de t'en avoir parlé, non ?
- Peut-être, Henry… Emma ne connaissait pas ce Graham mais elle le détestait déjà. Elle continua : Mais attends, on ne peut pas rentrer, elle m'a clairement dit qu'elle voulait être présente quand on se voyait. Je ne peux pas la trahir en entrant sans qu'elle-
- La « trahir » ? Tu n'en fais pas un peu trop ? Ne t'inquiète pas, elle va arriver d'un moment à l'autre. Tu ne vas quand même pas l'attendre dehors sur le perron ?
De toute façon, pensa Emma, Matt était déjà entré et même quasiment déjà monté dans la chambre d'Henry. Elle franchit alors la porte mais resta dans le hall d'entrée.
- Ecoute, Henry, je ne vais pas plus loin. Ta mère a déjà fait un grand pas en nous acceptant sous son toit pour que l'on se voie, alors je ne veux pas la brusquer si elle voit que je suis entrée sans son autorisation. Alors, soit vous allez jouer tous les deux là-haut, soit on l'attend tous les trois ici. Mais moi, en tous cas, je ne bouge pas d'ici.
Henry ne répondit rien, mais une idée lui passa par la tête et il fila en direction de sa chambre. Les deux garçons redescendirent presque aussitôt, une boîte de Monopoly dans les mains. Emma rit en comprenant l'idée de son fils, et ils s'installèrent tous les trois, assez inconfortablement sur le carrelage du hall d'entrée. Ils riaient de bon cœur, et Henry commençait sérieusement à les ruiner, quand ils entendirent du bruit dans la serrure derrière eux. Une terreur froide envahit Emma en un instant.
Quand Regina franchit la porte, suivie de près par Graham, elle trouva Emma et les jumeaux, assis en tailleur devant un plateau de jeu, par terre à même le carrelage du hall d'entrée.
- Mais… que … ? Son visage aurait été le même si elle était tombée sur la Reine d'Angleterre jouant aux cartes dans son salon. Ses beaux yeux bruns étaient écarquillés de stupeur et son visage marquait une incompréhension totale.
- Bonsoir, madame Mills, dirent Matthew et Emma de concert.
- Mais heu… que se passe-t-il ? On n'a plus de table ? On a été cambriolés ? Une surprise sincère se lisait sur son visage.
- Mais non, maman ! Emma ne voulait pas entrer dans le salon sans que tu l'aies invitée alors on a tous joué ici.
Regina se détendit et apprécia l'initiative d'Emma. Finalement, elle était peut-être moins rustre que ce qu'elle pensait. Avec un sourire détendu, elle invita tout le monde à s'assoir au salon, les deux garçons à table pour continuer la partie, Emma et Graham dans les fauteuils. Puis elle alla chercher des rafraîchissements pour tout le monde.
- Alors, comme ça, vous êtes shérif, vous aussi ? demanda Emma à l'intention du jeune homme. Elle n'avait pas particulièrement envie de faire la conversation, mais elle voulait à tout prix briser ce silence gênant qui s'était installé entre eux.
- En effet, même si je suppose qu'être shérif à Boston et être shérif à Storybrooke ne doit pas vraiment être le même métier ! répondit-il humblement.
- Détrompez-vous, même si vous êtes dans une petite ville, on se doit de défendre la ville, la veuve et l'orphelin, de la même façon. On se bat tous les deux pour la même chose, en quelque sorte…
Aussitôt ces mots prononcés, Emma se rendit compte du double sens. Heureusement, Graham ne l'avait pas relevé. Mais en effet, Emma et lui allait se battre pour obtenir la même chose, ou plutôt la même personne…
Regina sortit de la cuisine et commença la distribution des verres. Emma se releva, la remercia et s'excusa :
- Vous savez, tout à l'heure, je pensais que vous étiez chez vous. Je sais que vous ne voulez pas que je voie Henry si vous n'êtes pas présente. Si j'avais su que vous n'étiez pas encore arrivée, je n'aurais pas sonné. Excus-
- Je vous en prie, miss Swan, la coupa-t-elle. Ce n'est vraiment pas grand-chose. C'est ma faute, je suis arrivée en retard, et je m'en veux que vous ayez attendu sur le carrelage ! Vous auriez dû entrer… Mais j'apprécie votre initiative, en tous cas…
Regina était particulièrement aimable ce soir, mais Emma ne se fit pas d'illusions. Sans doute ne voulait-elle pas paraître désagréable devant son petit copain. Toujours est-il qu'elle appréciait cette Regina, bien plus que la Regina de la veille.
Graham sourit et vint enlacer la taille de la maire. Et il lui colla un baiser rapide sur les lèvres, devant le regard troublé d'Emma.
- Assez de politesses, mesdames. Je vais mettre tout le monde d'accord, c'est ma faute, voilà. Si je n'avais pas retenu Regina pour ce petit… hum… pour ce … bref, disons… ce dossier important, on aurait été à l'heure.
Graham rit impudiquement au souvenir de leur petite aventure de cet après-midi, dans le bureau du shérif. Regina rougit et se décolla de son amant, gênée qu'il ait pu étaler leurs récents ébats de la sorte. Emma se sentit soudainement affreusement embarrassée et dit, d'un ton qu'elle voulut léger :
- Bon, excusez-moi, mais j'étais en train de me faire dépouiller au Monopoly, il faut que j'y retourne pour venger mon honneur !
Et elle joignit le geste à la parole en s'asseyant à la table de jeu. Regina et Graham se retrouvèrent debout au milieu du salon, ne sachant que faire.
Regina se trouvait en présence de son copain, elle aurait dû avoir des choses à dire, des choses à faire, et ne pas ressentir cette gêne. Pourtant, en observant la mère et les deux garçons rire de bon cœur et partager ce moment, elle ressentit brusquement une horrible sensation. La sensation d'être seule, la sensation d'être de trop.
Comme si elle avait senti que quelque chose clochait, ou bien tout simplement par gentillesse, Emma se retourna et jeta un œil dans leur direction :
- Dites, vous voulez jouer avec nous ? De toute façon, je suis en train de perdre, alors un peu plus ou un peu moins… !
Bien que sa fierté n'appréciait que moyennement de devoir être « acceptée » à sa propre table, pour jouer avec son propre fils, Regina n'hésita qu'un court instant et accepta l'invitation, laissant Graham planté dans le salon. Il avait senti le changement d'attitude de Regina et s'en voulait de l'avoir mise mal à l'aise.
- Graham ? Tu te joins à nous ? lui demanda-t-elle sans grande conviction et sans un regard.
- Heu, non. Je vais vous laisser en famille…
Le cœur d'Emma bondit à ces mots. « Une famille »… était-ce vraiment ce qu'ils étaient ? Emma se plut à imaginer d'autres moments en famille comme celui qu'ils étaient en train de passer ensemble. Les rires des garçons faisaient danser son cœur. Ou peut-être était-ce la présence de Regina à ses côtés. Elle n'en savait rien. Elle savait juste qu'elle était bien.
oOoOo
La partie s'acheva sur la victoire par KO des deux frères. Emma et Regina avaient lamentablement dû vendre jusqu'à leur dernière rue et elles finirent ruinées. La jeune blonde n'accepta pas vraiment se faire battre par ses fils et se mit à bougonner :
- Mouais, tout ça, c'est parce que vous avez avancé la partie quand je discutais avec Graham. C'est de la triche, quoi…
- Ahaha tu es mauvaise perdante, maman ! Alors, tu vois, Henry, s'il y a un truc que tu dois savoir sur maman, c'est qu'elle est mauvaise perdante ! Elle n'accepte pas de perdre, c'est une vraie gamine à ce niveau-là !
- C'est même pas vrai, Matthew ! De toute façon, t'en sais rien parce que normalement, je gagne tout le temps !
La mère et les jumeaux éclatèrent de rire, sous le regard de Regina. Les laissant tout à leur complicité, ressentant à nouveau le sentiment qu'elle n'était pas à sa place, elle se leva et se dirigea dans la cuisine.
Elle n'avait pas remarqué Emma qui l'avait suivie.
- Où allez-vous ? On n'était pas bien, là, tous les quatre ?
- Tous les quatre ? Vous voulez dire, tous les trois, non ? Personne ne faisait grand-cas de moi, je vous signale…
- Oooh, mais madame Mills serait donc jalouse ? la taquina gentiment Emma.
- Je ne vous permets pas, Miss Swan. Et soyez heureuse que je ne vous aie pas encore jetée dehors. Le visage de Regina était redevenu sombre et fermé, son corps voûté était adossé au réfrigérateur.
- … Mais pourquoi ?
- Pourquoi je vous jetterais dehors ?
- Non. Pourquoi vous vous excluez du bonheur de votre fils ? lui lança brusquement la jeune blonde.
- Pardon ? répondit-elle froidement.
- Vous avez très bien compris. Vous vous sentez de trop, alors vous vous excluez. Croyez-moi, je connais ce sentiment et je sais que ce n'est pas la chose à faire … Emma n'en revenait pas de lui tenir tête ainsi.
- Je n'ai pas de leçon à recevoir de vous, miss Swan, la coupa sèchement Regina. Je ne me sens absolument pas de trop. C'est juste que…
- Vous avez peur.
Regina tiqua devant l'impudence d'Emma et elle eut soudain une envie folle de la gifler. Mais, elle ne sut pourquoi, elle baissa sa garde et se laissa aller à la confidence d'un ton radouci :
- Oui, j'ai peur, voilà, vous êtes contente ? J'ai peur que mon fils me file entre les doigts comme tout le monde l'a toujours fait…
Regina semblait avoir craqué en un instant. Si fière il y avait à peine quelques secondes, elle était maintenant si … apeurée ? Ainsi donc la grande, la puissante Madame Mills était une femme effrayée, comprit enfin Emma. Une femme effrayée par la vie et par le reste du monde. Sa froideur apparente ne serait donc qu'une façade, destinée à la protéger ? La jeune blonde fut soudain émue par cette découverte, et elle se sentit le besoin d'aider cette femme fragile. Nul doute que Regina ne lui ferait jamais confiance et ne lui avouerait jamais les raisons de ses faiblesses. Mais malgré tout, Emma se promit intérieurement qu'elle ferait tout pour la protéger.
Elle reprit d'une voix douce, après s'être doucement rapprochée de la maire. Leurs corps n'étaient qu'à quelques centimètres. Emma lui releva doucement la tête et plongea ses yeux dans les siens. A sa grande surprise, Regina se laissa faire. La tristesse qu'elle lut au fond de ses iris noirs lui fendit le cœur.
- Je vous l'ai dit, Regina, faites-vous confiance. Ne vous excluez pas, cherchez votre part de bonheur et battez-vous pour la garder.
- Comment… savez-vous tout cela ?
- Je l'ai appris très tôt. Par la force des choses… « Chacun pour soi, et si tu veux quelque chose, bats-toi pour l'avoir. » La vie me l'a appris.
- Racontez-moi… , lui demanda-t-elle doucement.
Hé hé, oui, je coupe là ! Courage pour l'attente... A suivre : le passé d'Emma dévoilé aux Mills, une Regina qui va (un peu !) se détendre et ... l'idée du siècle de Matt !
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? A très bientôt, bonne semaine :-)
