Bonjour tout le monde !

J'espère que vous allez bien ! Avant que j'oublie, voici la réponse à la devinette de mon précédent chapitre. La petite réplique empruntée à un autre film était "Surréaliste, mais agréable" que j'ai piquée à Coup de foudre à Notting Hill. Bref...

Voici le nouveau chapitre. Vous vous moquez sûrement de le savoir mais c'est le chapitre qui m'a donné le plus de mal. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai bloqué dessus pendant des jours. Je suis donc bien contente qu'il soit enfin achevé et publié aujourd'hui ! Il ne s'y passe pas grand-chose, il s'agit juste pour les deux femmes de faire un point sur leurs sentiments : Emma les accepte en les avouant à ses amies, et Regina commence à se poser des questions. ça n'avance pas très vite, mais c'était nécessaire ! Et dans le prochain, je vous promets qu'il se passera plus de choses intéressantes !

Du coup, comme celui-ci m'a pris pas mal de temps, je n'ai malheureusement pas pu avancer de beaucoup l'écriture. Donc contrairement à ce que je vous disais précédemment, je vais devoir conserver le rythme d'un chapitre par semaine.

Quoiqu'il en soit, j'arrête là mon interminable intro et je vous souhaite à toutes une très bonne lecture :-)


Chapitre 12 : L' « Opération Tourterelles »

Les jours qui suivirent se déroulèrent paisiblement. Regina ayant finalement accepté qu'Emma et les garçons aient la possibilité de se voir sans elle, les Swan passaient leurs journées avec Henry. Parfois, pour leur plus grand plaisir, Regina se joignaient à eux. Tous les quatre apprenaient à se connaître de mieux en mieux. La mère d'Henry avait finalement, si ce n'est accepté, du moins toléré la présence des deux nouveaux habitants dans sa ville. Bien qu'elle savait qu'elle devrait y penser un jour, Emma n'avait jamais abordé le sujet de leur présence à Storybrooke, temporaire ou définitive. Et Regina n'avait bien évidemment pas lancé la conversation, de peur de lui donner la mauvaise idée de rester.

La jeune blonde appréciait de plus en plus la vie à Storybrooke et ses habitants. Elle avait ses habitudes chez Granny et se plaisait à plaisanter avec Ruby ou Belle. Ses nouvelles amies avaient été immédiatement accueillantes, et cela la changeait de l'impersonnalité d'une grande ville comme Boston.

Plus jamais un moment aussi intime que cette belle soirée ne se présenta. Le dernier souhait d'Emma aurait été de braquer Regina, alors elle ne força pas les choses et attendit que l'occasion se présente à nouveau. « Cela me suffit, se convainquait-elle, je vois mes deux enfants et cela suffit à faire mon bonheur ». De toute façon, qu'aurait-elle pu souhaiter de plus ? Comment une femme comme Madame Mills pourrait ne serait-ce que la regarder ? Pourtant, quand elle repensait à cette magnifique soirée et à leurs échanges, le cœur d'Emma se serrait dans sa poitrine.

Emma ne laissait rien paraître et ne se confiait à personne. Mais, bien qu'il ne soit encore qu'un enfant, Matthew savait quand sa mère n'était pas dans son assiette. Il la connaissait mieux que personne. Combien de fois s'était-elle confiée à lui quand un collègue de bureau ne lui revenait pas, ou qu'elle s'était disputée avec son amoureux ou son amoureuse du moment… ?

oOoOo

Un soir, Matthew décida de prendre les choses en main. Et il ne serait bientôt plus le seul dans la confidence… Il profita de l'absence programmée de sa mère, invitée chez Ruby avec leur bande d'amies, pour passer la nuit chez les Mills et confier à son frère toutes ses impressions.

Il n'avait pas dû supplier Emma bien longtemps, qui se réjouissait à la perspective d'une soirée entre filles, pour une fois sans gosse dans les pattes ! Quant à Henry, le hasard faisait bien les choses puisque Regina passait également sa soirée à l'extérieur.

- Tu es sûre qu'on ne va pas déranger ta mère ? avait demandé Matthew, inquiet à l'idée que Regina puisse entendre toutes les idées folles qui lui étaient passées par la tête.

- Je t'assure que non, elle sort avec Graham, ce soir. On aura la maison pour nous tous seuls !

- Mouais, ok, avait-il répondu, peu ravi à l'idée que Regina sorte avec le shérif. Il faudra vraiment qu'on en parle, de celui-là, d'ailleurs, avait-il pensé.

oOoOo

Depuis qu'elle l'avait abordé, un jour de printemps, au commissariat, Graham n'arrivait toujours pas à se penser comme le « petit copain » de la grande et puissante maire Regina Mills. Il ne comprenait toujours pas ce qu'elle faisait avec lui et pourquoi elle le gardait, elle qui était connue pour ses nombreuses aventures sans lendemain. Il savait qu'il pourrait être jeté du jour au lendemain sans raison, mais ne s'en plaignait pas. En homme pragmatique et peu romantique, il profitait des merveilleuses nuits avec Regina sans penser au lendemain.

Pour Regina, Graham était le petit copain facile pas excellence. Pas de dispute, pas de jalousie, ils se voyaient quand ils en avaient envie, et cela leur convenait. Regina refusait toute histoire qui sous-entendrait de l'investissement et des sentiments. Elle avait déjà donné, il y a bien longtemps, et elle n'en avait plus la force ni la volonté.

Ce soir, ils avaient simplement eu envie de passer du bon temps, de bien manger et de passer la nuit ensemble. Aussi s'étaient-ils donné rendez-vous, sans émotion ni empressement.

Pourtant, en choisissant sa robe pour la soirée, Regina avait soudainement pensé à Emma. Il est vrai qu'elle aimait s'apprêter avec soin quand elle sortait avec Graham. Elle aimait se sentir observée par des yeux envieux, que ce soit ceux de Graham ou ceux des inconnus croisés dans les restaurants ou les bars dans lesquels ils sortaient. Mais ce soir, elle se sentait différente. En choisissant sa robe dans la penderie, elle en sortit cette robe superbe qu'elle n'avait pas mise depuis des années. Pourquoi tenait-elle à porter une robe provocante à ce point ? Plus que d'habitude, elle voulait se faire belle et désirable. Pour Graham ? Non, il ne lui faisait jamais aucun compliment sur ses tenues. Sans un regard, elles finissaient toujours par être enlevées sans tendresse, et se retrouver par terre, au pied du lit. Alors pourquoi ? Pourquoi donc l'image de la jeune femme souriante s'imposait ainsi dans son esprit à cet instant ? Elle secoua la tête pour se ressaisir, mais enfila quand même la magnifique robe moulante bleu roi.

- Bon, tu es prête ? hurla Graham dans l'escalier. On va être en retard au restau !

- J'arrive, soupira Regina. Elle détestait devoir obéir à quelqu'un et elle était à deux doigts d'annuler cette soirée. Elle se maudissait en se demandant pourquoi elle avait accepté. Elle n'avait ni l'envie ni le besoin de sortir ce soir, et aurait préféré passer la soirée tranquillement avec Henry. Mais quand Graham lui avait proposé de la voir, elle n'avait pas eu le courage de refuser. Après sa longue semaine de travail, elle avait pensé que cette soirée la détendrait.

Le shérif et le petit Mills discutaient gentiment au salon quand Regina les rejoignit. Sans un compliment sur sa tenue, Graham la serra contre lui et lui colla un baiser possessif. Aussitôt, Regina se raidit.

- Bah qu'est-ce que tu as ? demanda le shérif, surpris par sa réaction inhabituelle.

- Rien… c'est juste que… je n'aime pas que tu m'embrasses devant les gens, c'est tout.

- « Devant les gens » ? Mais ce n'est qu'Henry ! Il sait bien que nous sommes ensemble !

- Je n'aime pas, c'est tout. Tu peux comprendre, Graham, non ?

Le jeune homme écarquilla les yeux. Il n'en revenait pas. Il connaissait la Regina Mills qui se moquait éperdument du regard des autres. Qu'est-ce qui avait bien pu changer chez celle qui, il n'y a pas si longtemps encore, pouvait se jeter sur lui et le dévorer de baisers prédateurs ? Pourquoi était-elle devenue si mal à l'aise avec lui ? Comprenant la tournure des événements, Henry fila dans sa chambre, ne voulant assister à une dispute entre eux. Il espérait juste que cette querelle ne leur ferait pas annuler leur soirée. Il voulait la passer avec son frère.

- Ok, pardon Majesté, je ne savais pas qu'il fallait demander l'autorisation avant d'embrasser sa femme… répondit-il, amer.

- Nous ne sommes pas encore mariés, à ce que je sache…

- Tu as peur qu'il le dise à Emma ? demanda brusquement le shérif, guettant la réaction de Regina.

- Emma ? Mais qu'a-t-elle à faire ici ? demanda-t-elle, sincèrement surprise de l'apparition de la jeune blonde dans leur dispute amoureuse.

- Arrête, Regina, j'ai bien senti que tu te souciais de ce qu'elle pouvait penser de toi ! La dernière fois, c'est tout juste si tu ne m'as pas pétrifié sur place parce que j'avais osé t'enlacer devant elle !

- Ne dis pas n'importe quoi et prépare-toi, on va bientôt y aller, conclut-elle, ne sachant quoi ajouter.

Elle ne savait quoi rétorquer à Graham car au fond d'elle, elle sentait qu'elle ne pourrait nier que les gestes possessifs de son amant devant Emma l'avaient gênée. Mais elle se savait également incapable d'expliquer pourquoi…

oOoOo

Emma tenait à remercier en personne Regina d'avoir accepté que leurs fils passent leur première soirée- pyjama chez elle. Alors elle emmena Matthew au 108 à l'heure convenue, et pressa la sonnette.

Quand Regina leur ouvrit la porte, Emma ne put retenir une exclamation et sa mâchoire sembla ne plus pouvoir se refermer. Devant ses yeux ébahis, la maire était vêtue d'une splendide robe de soirée bleu roi, fendue aux cuisses et qui moulait à merveille ses courbes parfaites.

Du fond du salon, la voix de Graham se fit entendre :

- C'est qui, chérie ?

- C'est Matthew et sa mère, lui répondit-elle, agacée par l'impolitesse du shérif qui ne prenait même pas la peine de venir les saluer.

- Bonsoir, Matthew, bonsoir miss Swan, leur dit-elle en se tournant vers eux.

- Je… bon… Heu oui, bonsoir, madame Mills. Nous voilà, enfin,… voilà Matt, pour qu'on aille en soirée, heu, enfin, chacune de notre côté, bien sûr, hum…

Emma se maudissait d'être si émotive. Il lui arrivait de s'emporter facilement, surtout au volant, quand un automobiliste, qui ne savait pas à qui il avait à faire, lui grille une priorité ou un stop. Mais devant Regina, ses émotions se faisaient dix fois plus fortes encore, et elle se sentait comme une ado bourrée d'hormones, rougissant au moindre regard. « La honte, la honte, Emma, oh ! On se ressaisit, ma grande, on respire et on regarde ailleurs ! »

- C'est parfait, entre, Matthew. A bientôt, miss Swan.

- Heu, oui, salut Matt, bonsoir Re…

Et la vision de Regina se retournant pour refermer la porte finit d'achever la jeune blonde, qui avait très chaud à présent. Dans son dos, telle une colonne vertébrale métallique, une longue, très longue fermeture éclair descendait sensuellement de sa nuque au commencement de son magnifique postérieur. Emma resta plantée là de longues secondes, essayant de chasser toutes les images peu catholiques qui lui étaient venues à l'esprit en un instant.

oOoOo

- Hey salut, beauté ! Entre, entre, Belle vient juste d'arriver !

Dans un grand sourire, Emma fit la bise à Ruby et lui tendit une bouteille de vin en guise de remerciements. Puis elle se dirigea directement sur le canapé où elle rejoignit Belle qui l'accueillit chaleureusement :

- Saluuuuut Emma ! Alors, comment ça va ?

- ça va super, merci ! J'attendais cette soirée avec impatience, au moins ici on pourra refaire le monde sans que Rub doive nous planter toutes les deux minutes pour aller servir quelqu'un, plaisanta la jeune femme. Les trois amies avaient souvent eu l'occasion de se retrouver, avec ou sans Matthew, pendant le service de Ruby au diner.

- Tiens, d'ailleurs, en parlant de servir, quelqu'un veut quelque chose à boire ? On peut commencer maintenant, ça fera arriver Mary… Ah oui, au fait, Emma, je ne t'ai pas dit mais j'ai également invité une amie à moi, Mary. J'espère que cela ne te dérange pas…

- Au contraire, Rub, je suis très contente de rencontrer tes amies !

Emma ne connaissait les filles que depuis quelques jours, mais en comparaison, elle ne s'était jamais sentie aussi à l'aise avec ses amis de Boston. Elles étaient en train plaisanter sur les dernières anecdotes du Granny's quand la sonnette retentit.

- Tiens, voilà Mary ! ENTRE, C'EST OUVERT ! cria Ruby en direction de la porte.

Emma appréciait la convivialité qui existait entre ces filles. Elles ne s'embarrassaient pas de politesses surfaites, elles étaient juste détendues et la jeune blonde se sentait bien avec elles. Elle appréciait pouvoir se relaxer, vautrée dans son fauteuil, sans craindre d'être jugée ou reprise pour sa tenue peu distinguée. A un moment, elle sourit en pensant à Regina, si classe dans sa belle robe de soirée. Qu'aurait-elle pensé d'elle en ce moment, en jean, une bière à la main, avachie au fond du canapé ? Elle ne put réprimer un petit sourire à cette pensée.

- Alors, Mary, voici Emma. On s'est rencontrées au Granny's. Je suppose que tu en as entendu parler, c'est la mère de Matthew, et accessoirement, d'Henry aussi ! Emma, voici mon amie Mary !

- Salut, répondit Emma en se levant pour faire la bise à l'arrivante. Contente de te rencontrer !

- Moi de même, répondit la petite brune dans un sourire sincère. Ruby m'a parlé un peu de ton histoire et de tes garçons, c'est une histoire assez folle, quand même ! J'ai hâte que tu nous racontes tout ça de vive voix!

Bien qu'elle soit nouvellement venue dans ce groupe d'amies, Emma participait à toutes les discussions et se sentait vraiment à l'aise parmi elles. Tout en dégustant leurs pizzas, elles refirent le monde pendant des heures, parlant de tout et de rien, de leurs métiers, de leurs derniers coups de cœur cinématographique ou littéraire, de leurs familles et bien sûr de Matthew et Henry… Ce sujet les occupa un long moment. Ruby, Belle et Mary semblaient hypnotisées par le récit d'Emma, qui avait délibérément choisi de passer rapidement sur la case prison, pour s'attarder plus longuement sur les retrouvailles des deux frères et le moment où elle comprit que cet enfant dans son salon n'était pas celui auquel elle s'attendait.

- Vous savez, quand j'ai compris que l'enfant qui se tenait là, devant moi, et qui vivait depuis quelques jours chez moi n'était pas mon Matthew, j'ai senti dans mon cœur comme, je sais pas… les chutes du Niagara mêlées à une éruption volcanique… J'avais chaud et froid à la fois, j'avais envie de pleurer et de rire en même temps…

Les trois filles face à elle avalaient ses paroles, Mary en avait même les larmes aux yeux.

- Je vais dire quelque chose qui va peut-être vous sembler ridicule… mais… je sais pas, on aurait dit que je savais en moi que je le retrouverai un jour. C'est comme si, à la maternité, il y a onze ans, je lui avais dit : « Ne t'inquiète pas, gamin, je te retrouverai toujours… » C'est bête, hein ?

- Oh non, Emma, c'est magnifique… C'est la plus belle chose que j'ai jamais entendue.

Les larmes coulaient maintenant librement sur les joues de Mary, qui semblait particulièrement touchée par le récit de la jeune femme. Belle et Ruby restaient sans voix.

- Alors, quand j'ai enfin compris que c'était lui, j'ai craqué de bonheur, et j'ai senti mon cœur retrouver le morceau qu'il avait perdu depuis onze ans. Je me suis enfin sentie entière à nouveau.

- Hé ben, ma belle, c'est ouf ! reprit Ruby, qui avait retrouvé l'usage de sa voix. Franchement, on le dit souvent pour rien, mais là, « le hasard fait bien les choses », vraiment ! Je suis tellement contente pour toi, et pour tes gosses !

- Mais, Emma, que vas-tu faire pour la suite ? Tu vas rester vivre à Storybrooke ? demanda innocemment Belle.

- Heu… Je n'en sais rien, non, je ne crois pas. Notre vie est à Boston… J'ai un travail, Matt va à l'école. Je… J'aimerais pouvoir rester mais…

La question avait pris Emma de court. C'est vrai, il leur faudrait rentrer à Boston, un jour. Ces quelques jours loin de son quotidien lui avaient fait oublier la vie réelle, et effectivement elle devrait reprendre son travail et la rentrée scolaire aurait bientôt lieu… Pourtant elle ressentait un pincement au cœur à l'idée de ne plus vivre tout cela, et pas uniquement à cause du fait qu'elle ne pourrait plus voir autant Henry… L'image d'une belle brune majestueuse envahit son esprit un bref instant.

La soirée continua agréablement, et les filles parlèrent de sujets plus légers. Quand Belle lança la conversation sur les amours, Ruby se tourna immédiatement vers Emma, comme si elle attendait ce moment avec impatience :

- Ahh, oui, super sujet ! Merci Belle ! Je crois qu'Emma a quelque chose à nous dire !

L'intéressée fut prise au dépourvu et se mit à rougir aussitôt.

- Heu, non, je n'ai absolument rien à dire…

- A d'autres, jeune fille ! Rien que ton teint cramoisi nous crie que tu nous mens ! M'enfin, tu perds rien pour attendre, j'y reviendrai ! répondit Ruby avec un clin d'œil. Bon, alors, toi, Mary ? T'en es où avec David ?

- Eh ben écoute, tout va très bien, il est vraiment charmant et attentionné, on s'aime très fort... Que dire de plus… ? Tout va bien pour nous, quoi…

- Ouais, c'est chiant quoi ! plaisanta Ruby, aussitôt suivie par les rires de ses amies. Et toi, Belle ? Quoi de neuf ? Toujours gérontophile ?

- Raaaa, mais arrête un peu avec ça, Rub. Il n'est pas grabataire non plus, hein !

- Attends, attends, j'comprends pas… la coupa Emma. Tu sors avec un vieux ?

Les trois filles éclatèrent de rire devant l'incompréhension d'Emma. Belle reprit :

- Bon, ok il a l'âge de mon père… Mais il est resté très jeune dans sa tête…

- Mouais, au moins aussi jeune que ses antiquités… marmonna Ruby en rigolant.

- « Ses antiquités »… attends… tu sors avec Monsieur Gold ? reprit la jeune blonde, stupéfaite.

- Hé oui, je plaide coupable ! Mais bon, vous me lâchez, maintenant ? fit-elle mine d'être agacée.

- 'y a des relations chelou à Storybrooke, hein, Emma ? On est loin de l'image de la petite ville de province bien rangée ! Bon ok, Mary tu es l'exception qui confirme la règle, continua-t-elle quand elle remarqua le regard désapprobateur de la petite brune. Et d'ailleurs, Emma, en parlant de relations, un peu… hors normes… t'en es où avec Regina ? lui lança Ruby, sans une once de tact.

Belle et Mary se tournèrent immédiatement vers la jeune blonde qui était redevenue aussi écarlate que sa veste. Leurs yeux semblaient vouloir sortir de leurs orbites, et Belle cria aussitôt :

- QUOI ? C'est quoi cette histoire ?

Le ton employé par Belle trahissait uniquement une grande curiosité, contrairement à Mary, dont les yeux étaient toujours exorbités, et qui semblait plus choquée qu'excitée. Ruby, quant à elle, semblait savourer son petit effet, et affichait un sourire victorieux en attendant la réaction d'Emma.

- Alors, Em' ? ça avance avec Madame Jambes-interminables ?

- Hum… non, 'y a rien…

Emma aurait voulu que le sol l'engloutisse. Maintenant.

- Non, mais attends ? Il est censé y avoir quelque chose ? J'ai raté un train ? demanda Belle, excitée comme une puce.

- Non, non, il y a rien. C'est juste que … ben, elle me plaît bien, voilà. C'est tout. Mais bon, de toute façon, elle est pas intéressée donc voilà…

- Quoi ? Elle te plaît ?

Belle n'en revenait pas, cette soirée était vraiment riche en scoops !

- Que tu dis, Emma, que tu dis… Ruby avait retrouvé son sérieux et fixait Emma. Tu sais, je la connais un peu, la Regina, et je peux te dire que quand quelqu'un ne lui revient pas, elle ne l'invite pas chez elle à dîner et elle fait encore moins la baby-sitter pour un enfant qui n'est pas le sien…

- Quoi ? Elle t'a invitée ? Elle fait la baby-sitter ?

Belle semblait complètement perdue dans toutes ces nouvelles infos. Quant à Mary, elle était restée muette depuis le lancement de la conversation sur Regina. Et elle observait Emma, un peu mal à l'aise.

- Bon, écoute, Belle, t'es sympa mais essaye de suivre, un peu ! Je t'ai dit trois fois que Matthew passait la soirée chez les Mills, ce soir.

Belle se renfrogna et Emma reprit, tentant de se justifier.

- Attends, elle m'a invitée parce qu'elle n'avait pas le choix, on avait passé l'aprem chez elle, il était tard et les garçons-

- Vous avez passé l'aprem chez elle ? Mais… ?

Mais Belle se tut quand elle sentit le regard pesant de Ruby.

- Et puis, ce soir, je vous signale qu'elle ne fait pas la baby-sitter puisqu'elle passe sa soirée avec son mec.

Dans sa voix sonnait un petit air méprisant que Ruby remarqua aussitôt.

- Hum, Graham… Tu l'aimes pas, hein ? A vrai dire, je crois qu'elle non plus… M'enfin, ça c'est pas à moi d'en parler. Tu lui poseras la question directement.

- Bah bien sûr, je vais aller récupérer Matt ce soir et je lui lancerai : « Merci de l'avoir accueilli, et au fait, Graham, vous l'aimez ou c'est que du cul ? » Merci, Ruby … !

Les quatre amies éclatèrent de rire. Ruby n'avait peut-être pas eu les réponses qu'elles voulaient, mais elle avait remarqué qu'en tous cas, Emma ne niait pas son attirance pour Regina.

Leur soirée se termina dans la bonne humeur et les plaisanteries. Quand il fut l'heure de se quitter, Mary partit assez précipitamment, précisant que David l'attendait à la maison. Aussitôt la petite brune partie, Emma se confia à Belle et Ruby, le visage contrit :

- Heu, j'espère que je l'ai pas choquée, elle paraissait complètement mal à l'aise quand on parlait de Regina…

- Non, t'en fais pas, elle est super gentille, mais un peu coincée ! conclut Ruby dans un éclat de rire.

oOoOo

De son côté, Graham avait emmené Regina dans le meilleur restaurant de Storybrooke. Il savait qu'elle appréciait la bonne cuisine et avait donc réservé une table dans ce restaurant qui affichait toujours complet.

La soirée de Regina fut beaucoup moins agréable et enjouée que celle d'Emma. Les deux amants profitèrent de leur repas sans joie, autre que culinaire. Leurs discussions-même semblaient fades aux yeux de Regina, qui s'ennuyait. Elle ne souhaitait que rentrer chez elle et se coucher… Si Graham la suivait dans son lit, elle l'accepterait et profiterait de sa présence pour satisfaire leurs besoins physiques. Mais s'il décidait de rentrer chez lui, elle ne le supplierait pas de rester. A vrai dire, cela même lui importait peu.

Devant l'absence de discussions avec le shérif, elle laissa son esprit vagabonder et pensa à son fils et au petit Swan, seuls chez elle dans la grande maison. Elle se demanda un bref instant si tout se passait bien pour eux, s'ils ne s'étaient pas brûlés avec le gaz, ou coupés avec les couteaux de cuisine, voire noyés dans la baignoire. Elle se surprit à sentir un double instinct de protection naître en elle, et cela la fit sourire.

oOoOo

- Bien, cher camarade, si nous sommes réunis ce soir, c'est que je voulais vous annoncer une grande nouvelle, ainsi que la naissance d'une nouvelle opération !

Le ton à la fois solennel et enjoué de Matthew déclencha un rire chez son frère, qui rentra dans son jeu :

- Me voici tout ouïe, cher ami ! Je suis prêt à accepter ma mission avec joie !

- J'ai baptisé cette opération… L'opération Tourterelles !

Une nouvelle fois, Henry ne put s'empêcher de rire comme une baleine. Il se sentait bien avec son frère. Bien sûr, il avait des copains à l'école, mais ce n'était pas la même complicité, pas la même compréhension que celles qu'il pouvait avoir avec Matthew. Parfois ils n'avaient même pas besoin de parler pour se comprendre, chacun lisant dans les yeux de l'autre.

Et ce soir, pour la première fois seuls depuis la colonie de vacances, les jumeaux appréciaient de pouvoir rire et dire des bêtises sans être réprimandés par leurs mères. Ils étaient allongés sur le tapis moelleux du salon qui était maintenant envahi par les paquets de bonbons et de gâteaux. Henry n'avait jamais passé une soirée comme ça, et se sentait libre pour la première fois de sa vie. Pour la première fois de sa vie, il n'avait pas peur de ce que pourrait lui dire sa mère, car il savait que son frère serait là, avec lui, pour le soutenir.

Quand il furent un peu calmés, Matthew expliqua la situation :

- Ecoute, voilà, comme je te l'ai dit au tel l'autre jour, je veux rester avec toi à Storybrooke ! Et la seule solution pour rester ici, c'est de rendre nos mères amoureuses ! D'où les « tourterelles » ! Tu sais, on dit que les amoureux sont des tourtereaux, alors pour nos mères, ce sera des tourterelles !

- Mais, Matt… tu ne crois pas que ça ne se commande pas, ce genre de choses ? On n'est pas Cupidon, tu vois ! On n'a pas d'arc et de flèches magiques qui rendent amoureux…

- Je sais, Henry, je sais bien… Mais je suis sûr que maman ressent quelque chose pour ta mère, je le sais, je le sens… Elle ne peut pas me cacher grand-chose, tu vois… dit-il rempli de fierté, … Ça a toujours été ainsi !

- Mais ma mère… Et Graham … ?

- Eh bien, ta mère, disons qu'on va tout faire pour qu'elle ressente la même chose. Et Graham, ce ne sera pas un problème… Je développerai ma théorie en trois points. Première étape : faire le plus de choses possible tous ensemble, tous les quatre, nos mères et nous. Ça va l'habituer à nous, les Swan, et à notre humour ravageur et notre joie de vivre. Et ça, je crois que ça lui fera du bien… Mais passons ! Deuxième point : quand tout ceci sera bien à point, on fera mijoter tout ça en les laissant souvent toutes les deux en tête-à-tête. Comment, tu me diras ? J'ai bien réfléchi et là, désolé mon pote, mais on va devoir souvent mentir ! Et puis le troisième point… c'est qu'on va pourrir Graham !

L'air choqué d'Henry fit sourire son frère, qui reprit :

- Hey je plaisante, on ne va pas lui faire du mal, hein… Mais on va lui faire comprendre que s'il veut faire partie de la famille, il va devoir se coltiner les deux plus horribles monstres de la terre… NOUS ! Ça lui passera peut-être l'envie de vivre plus longtemps avec ta mère ! Et donc pour finir, toi, moi, Regina et notre maman, on vivra tous les quatre à Storybrooke pour toujours !

Un sourire illuminant son visage, Matthew étendit les bras devant la victoire annoncée qui semblait si simple à obtenir. Son air satisfait et l'optimisme qui irradiait de tout son être émerveillait Henry. Bien qu'il ne fût vraiment pas convaincu de la réussite de l'opération, Henry accepta d'entrer dans le jeu. Après tout, si cela lui permettait de voir encore plus souvent Emma et son frère, il était prêt à tenter cette folle expérience.

- Hé ben, Matt… Je suis d'accord ! L'enjeu est tellement important que je suis prêt à essayer ! J'espère vraiment que ça va marcher…

- Moi aussi ! Donc dès demain, on propose tous ensemble une sortie à nos mères. Banco ?

- Banco !

Les deux frères continuèrent à discuter pendant de longues heures, mettant au point tous les détails de l'Opération Tourterelles, dans les rires et l'excitation. Quand ils sentirent la fatigue les assaillir, Matt voulut monter se coucher mais Henry le rappela :

- Heu… par contre, si on laisse tous les papiers sur le tapis, on n'aura même pas besoin de mettre en marche l'opération car dès demain matin, tu seras réexpédié chez ta mère et on ne se verra plus jamais… A toi de voir !

Matthew aurait juré avoir vu briller une étincelle de malice dans les yeux de son frère, cette étincelle de malice et de provocation qu'il voyait souvent briller dans les yeux noirs de jais de Regina. A cet instant, il était bien le fils de sa mère.

Finalement, après avoir remis en place le salon, rangé et nettoyé, ils montèrent se coucher, éreintés par cette soirée.

oOoOo

- Bon, on fait quoi ? On va chez toi ?

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Graham. Les enfants sont à la maison et je ne voudrais pas qu'ils nous entendent…

- Mouais, ça te dérange pas plus que ça, d'habitude… M'enfin, si tu veux pas… Je te ramène chez toi quand même, allez…

Arrivés devant la maison des Mills, le shérif embrassa machinalement les lèvres de la maire qui restèrent inertes. Regina sortit de la voiture et regarda Graham s'éloigner. Elle se sentait libérée d'un poids, sans pouvoir l'expliquer. Elle repensa à ce qu'il venait de lui dire. En effet, pourquoi n'avait-elle pas eu envie qu'il reste ? D'habitude, elle ne refusait jamais de finir la soirée au lit avec lui, même si son fils dormait dans la pièce d'à côté.

Etonnée mais pourtant le cœur plus léger, elle ouvrit doucement la porte du manoir, heureuse à l'idée d'aller jeter un œil aux deux jumeaux endormis un étage au-dessus.


A suivre : un complot des enfants, et une journée à la plage qui tourne mal (ou pas ?)... A très bientôt, bonne semaine ! Bisous ^^