Bonjour à tous,

En ces temps difficiles, je me devais de vous parler de ce vendredi 13. J'espère que personne n'a été touché dans votre entourage, et j'adresse me sincères condoléances amicales à ceux dont un proche a été emporté par cette barbarie. Alors, bien sûr, pleurons, souffrons... mais il est de notre devoir d'être civilisé de résister, de lutter et de continuer à vivre nos vies. Rêvons, aimons, vivons, buvons, chantons, dansons, "shippons"... Tout ce qui fait qu'on est humain et libre...

Soyons forts !

Dans ce nouveau chapitre, les garçons ont plein d'idées derrière la tête... Et je pense que vous allez aimer le sort réservé à Graham !

Bonne lecture !


Chapitre 13 : Tous à la plage !

A peine levé, le soleil d'été tapait déjà fort sur la petite ville de Storybrooke. La bouche un peu empâtée par l'alcool de la veille, Emma se réveilla rapidement, impatiente à l'idée d'aller chercher son fils chez les Mills. Elle se prépara rapidement et enfila une de ses dernières tenues propres, un simple débardeur blanc ajusté simplement passé par-dessus un jean moulant. Ce n'était pas très habillé, mais avec cette chaleur, elle ne pourrait rien supporter de plus, de toute façon.

Elle descendit rapidement au bar où elle fut surprise de ne pas croiser Ruby à son poste, sans doute pas encore réveillée, si tôt pour un dimanche. Elle s'apprêtait à commander son traditionnel carburant du matin, un grand chocolat chaud saupoudré d'une fine pellicule de cannelle, quand elle pensa à madame le Maire. Sans doute apprécierait-elle un café de si bonne heure, pensa-t-elle…

C'est donc deux grands gobelets à la main qu'elle se dirigea vers Mifflin Street, le cœur léger.

Après quelques minutes d'attente sur le porche qui lui parurent une éternité, la porte du 108 s'ouvrit enfin.

- Bonjour maman, bien dormi ? lui demanda Henry avec un sourire en la faisant entrer.

- Salut fiston ! Oui, j'ai très bien dormi, et toi ? J'espère que vous n'avez pas fait les fous et que vous avez été sages, hier soir, hein ?

- Bien sûr maman, tu nous connais…

Emma n'aurait su dire pourquoi mais elle sentait comme une pointe d'ironie dans les propos de son fils.

- Ouais, ben justement hein… Puis, surprise que ce soit le jeune garçon qui lui ait ouvert la porte, elle enchaîna : Ta mère n'est pas là ?

- Si, si mais elle dort encore je crois. Bon, je vais chercher Matt, il finissait de se laver. Installe-toi, je reviens !

Henry remonta l'escalier, laissant Emma seule dans le grand salon. Les deux mains toujours occupées par les gobelets, elle ne savait où s'assoir. Elle avait peur de salir, de déranger l'ordre parfait de cette maison parfaite… Alors elle resta plantée au milieu du salon, dos à l'entrée, à observer les couleurs du jardin sublimé par la lumière matinale.

- Miss Swan…

La voix était apparue de nulle part, et quand Emma se retourna, elle se trouva presque nez à nez avec le Maire, qui semblait avoir juste eu le temps de passer une robe de chambre. Emma fut subjuguée par la beauté de la brune : sans maquillage, les cheveux à peine brossés, elle avait l'impression de découvrir une toute nouvelle madame Mills, différente, plus naturelle mais surtout… beaucoup plus vulnérable. Emma avait conscience qu'elle ne se montrait sans doute pas ainsi à tout le monde et son cœur se gonfla de plaisir. Il lui semblait que Regina lui accordait un privilège, une faveur, et qu'il fallait qu'elle s'en montre digne.

Elle se rapprocha instinctivement d'elle pour venir la saluer :

- Bonjour Regina… Je… Je vous ai apporté un café, se rappela-t-elle soudain. J'espère qu'il n'est pas froid… J'ai supposé que vous le voudriez sans sucre, alors tenez…

Regina ne répondit pas tout de suite, elle ne lui prit même pas le café des mains. Elle se contentait de l'observer, ce qui ne manqua pas de troubler la jeune femme. Avait-elle fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? Finalement, Regina rompit ce silence gênant et prit le gobelet que lui tendait Emma. Elle lui sourit, d'un de ces sourires de politiciens, dont il est difficile de voir s'ils sont sincères, tout en continuer de la fixer droit dans les yeux, comme si elle voulait sonder son âme. Regina semblait prendre un malin plaisir à la déstabiliser, et voir son visage se décomposer.

- Merci. Vous avez bien supposé…

- Hum, bon… Je vais prendre Matt et on va y aller, reprit Emma, qui voulait plus que tout meubler cette gêne entre elles. Mais où est-ce qu'il est encore fourré… ?

- Ne vous impatientez donc pas ainsi. Je suis sûre qu'il n'en a plus que pour quelques minutes…

- D'ailleurs, merci encore de l'avoir accueilli. J'espère qu'il ne vous a pas trop dérangée et qu'il n'a pas trop mis le bordel…

- Langage, miss Swan…

- Pardon ?

- Surveillez votre langage, je vous ai déjà dit que votre familiarité ne me plaisait pas, d'autant plus si vous avez l'intention de continuer à voir mon fils.

-Notre fils, la reprit-elle, agacée par les airs supérieurs de son interlocutrice.

- Notre fils, je vous l'accorde…

Une petite lueur malicieuse brillait au fond des yeux de Regina et Emma aurait juré que sa froideur n'était que façade et qu'elle s'amusait à la mettre mal à l'aise.

- Ouais, pardon, je disais donc que j'espérais qu'il n'avait pas trop dérangé…

- Oh non, quand je suis rentrée, tout était en ordre. Mais je suppose qu'Henry a dû lui apprendre à ranger.

La petite lueur était toujours là, et elle s'accompagnait maintenant d'un léger sourire en coin, donnant à Regina un air très satisfait d'elle-même et de l'effet d'énervement assez prononcé qu'elle avait sur Emma.

- Hey vous savez, j'ai appris à Matt à ranger, à nettoyer et à laver, hein ! Il n'y a pas que vous qui sachiez élever votre fils correctement. C'est pas parce qu'on a moins de moyens que vous qu'on vit dans une porcherie !

- Je n'ai jamais dit, ça, Miss Swan… Mais enfin, peut-être que cela vous travaille un peu de ne pouvoir donner une vie confortable à votre fils.

Et elle tourna le dos à la blonde, la laissant bouillir de rage, satisfaite de son petit effet. Regina appréciait la combativité et le répondant d'Emma. Rares étaient les habitants de Storybrooke qui osaient lui tenir tête et lui répondre, effrayés par le charisme et la prestance hors-normes du maire. Aussi avait-elle trouvé en Emma une adversaire à sa taille et elle aimait cela.

oOoOo

Quelques minutes plus tard, les deux frères, propres et habillés, se tenaient côte à côte dans le salon, face à leurs mères. Ils avaient décidé de mettre l'opération Tourterelles à exécution dès ce matin. Et, pour ce faire, ils avaient tous les deux revêtu presque la même tenue : un simple t-shirt et un jean. Et, alors que d'habitude ils étaient différenciables à leur coiffure, toujours très soignée pour Henry, un peu moins pour Matthew, ils s'étaient coiffés aujourd'hui exactement de la même façon.

Un très court instant, Emma hésita sur l'identité des garçons, mais, atteinte dans sa fierté de mère, elle ne laissa rien paraître. Regina, elle, était complètement perdue. Elle était même effrayée de ne pouvoir retrouver son fils, et l'angoisse pouvait se lire au fond de ses yeux tremblants.

- On est prêts, lancèrent les deux garçons d'une même voix.

- Heu, ok, mais je crois que ce matin Regina voulait garder Henry… et moi je pars avec Matthew, répondit Emma.

- Très bien, mais encore faut-il que tu arrives à trouver qui est Matthew, continua un des garçons.

Emma et Regina étaient complètement déboussolées. Elles dévisageaient les enfants avec attention, et c'est avec une pointe d'agacement que Regina reprit, à l'adresse d'un des garçons que, pour être honnête, elle avait choisi complètement au hasard :

- Bon, Henry, ça suffit, tu montes dans ta chambre. Je suis pressée aujourd'hui, et tu retardes Miss Swan qui doit avoir plein de choses à faire.

- Heu, ben en fait, pas tellement, non …

- Si. Vous avez plein de choses à faire et notamment sortir d'ici avec votre fils.

- Heu…

La jeune femme blonde ne sut quoi répondre. Elle était plutôt amusée par le jeu de ses fils et ne comprenait pas pourquoi la maire voulait les mettre si rapidement à la porte.

- Ecoutez, mamans… Voilà ce qu'on vous propose…, dit le premier des enfants.

- Si vous arrivez à nous distinguer, on restera chacun avec sa maman pour la journée…, continua le deuxième.

- Mais si vous vous trompez, alors on sera obligés de passer la journée tous les quatre…

- Toute la journée… !

- Henry, ça suffit ! Je n'ai pas le temps pour ces bêtises…

- Bah écoutez Regina, si c'est la seule façon pour nous de récupérer notre fils, allons-y, la coupa gentiment Emma. De toute façon, c'est pas deux garnements comme eux qui vont réussir à tromper nos instincts de mères parfaites !

Emma et Regina tournèrent donc autour des enfants pendant de longues minutes, les observant, les détaillant des pieds à la tête. Mais aucune des deux ne semblait très convaincue. Finalement, ce fut Emma qui commença :

- Je pense que tu es Matthew, toi….

- Je suis assez d'accord avec vous, Miss Swan, continua Regina.

- Bon, bah c'est bon allez, on y va, on va pas déranger plus longtemps.

Et Emma prit l'enfant par la main en se dirigeant vers la porte d'entrée. Elle s'arrêta quand elle sentit la main dans la sienne lui résister.

- Je suis peut-être Matthew… mais peut-être pas…

- C'est peut-être moi…

Les deux garçons se souriaient, fiers de leur plaisanterie et sûrs qu'ils arriveraient à semer le doute une nouvelle fois chez leurs mères. Les deux femmes étaient énervées de se faire complètement manipuler par leurs enfants, alors Regina s'emporta :

- Bon, on vous l'a dit, toi, tu es Henry alors tu viens avec moi. Au revoir, les Swan.

- C'est ton dernier mot ? l'interrogea l'enfant à ses côtés.

- OUI ! répondirent en chœur les deux femmes.

- Eh bien… c'est faux ! JE suis Matt, répondit le garçon à côté de Regina.

- Et JE suis Henry, continua celui encore accroché à la main d'Emma.

- Alors, en gage, comme promis, on doit passer la journée ensemble !

Regina, plus qu'exaspérée de s'être fait avoir par des enfants, leur lança un regard noir et vexé.

- De toute façon, je ne peux pas, je dois aller à la mairie, ce matin.

- Un dimanche ? interrogea Emma.

- Hé oui, un dimanche. Contrairement à vous, l'oisiveté ne me sied guère, miss Swan…

Emma ne répondit pas. Elle ne voulait pas entrer dans une nouvelle dispute avec elle, surtout devant les enfants. Alors elle laissa un des jumeaux parler :

- Bon, alors comme il fait vraiment chaud aujourd'hui, que diriez-vous d'une journée… à la plage ?

oOoOo

Fiers de leur coup monté, les deux frères se souriaient et se lançaient des regards complices pendant que leurs mères préparaient leur pique-nique. Après de longues minutes de négociation, ils avaient finalement obtenu ce qu'ils souhaitaient. De toute façon, Emma n'avait rien d'autre à faire aujourd'hui, et si elles n'avaient pas accepté, ils ne leur auraient jamais dit qui était qui !

Bien qu'ayant du travail à la mairie, Regina avait accepté que les garçons y aillent avec la jeune blonde dès ce matin, et elle avait promis de passer dès qu'elle le pourrait, quand elle aurait enfin terminé cet interminable et ennuyeux compte-rendu de réunion du conseil municipal trimestriel.

Henry ne dit rien, mais il savait que la plage n'était pas l'endroit rêvé pour sa mère. Elle aurait très bien pu ne pas du tout les rejoindre et les laisser toute la journée avec Emma. Il trouva étrange qu'elle accepte si vite de les retrouver. Peut-être ne voulait-elle pas les laisser ensemble trop longtemps ? Mais… et si Matthew avait raison ? Peut-être que Regina appréciait passer du temps avec eux et… avec Emma ?

Après avoir empaqueté les derniers sandwichs, Emma se rendit soudain compte qu'ils n'avaient pas emporté leurs maillots de bain de Boston et le fit remarquer à ses fils. Mais rien ne pouvait freiner la détermination des deux enfants. Un des deux lança, une étincelle dans les yeux, fier de sa trouvaille :

- Pas de problème, Henry va prêter un maillot à Matthew. De toute façon, on fait tous les deux la même taille ! Quant à toi, Emma… Regina va t'en prêter un aussi !

Les deux femmes stoppèrent aussitôt tout mouvement, interdites et très gênées. Aucune n'osait regarder l'autre, mais Emma rompit le silence la première :

- Heu non, les gars, je ne peux pas imposer ça à Regina. C'est pas grave, je vais aller m'en acheter un tout à l'heure.

- Non, la coupa Regina, cela ne fait rien. Je peux bien vous en prêter un. J'en ai plusieurs, après tout. Autant qu'ils servent…

- Je… merci Regina, mais vous êtes sûre que cela ne vous dérange pas ?

- Miss Swan, si cela me dérangeait, je ne vous le proposerais pas, faites-moi confiance, lui répondit-elle, droit dans les yeux. Et puis, cela vous évitera de perdre une heure dans une boutique alors que vous pourriez vous détendre à la plage…

- Eh bien, merci beaucoup, Regina, je suis vachement touchée, lui répondit sincèrement une Emma rouge comme une pivoine.

- Calmez-vous, ce n'est qu'un maillot, hein !...

Cette petite scène n'avait pas échappée aux yeux des deux enfants, ravis de la tournure que prenaient les choses. La journée s'annonçait plutôt bonne…

oOoOo

Seule dans la salle de bain, Emma, dévêtue, n'osait essayer le magnifique maillot une pièce bleu nuit que lui avait passé Regina quelques instants plus tôt. Elle était mal à l'aise, et l'idée de passer sur son corps ce tissu que Regina avait déjà porté la dérangeait.

La douceur du tissu, l'odeur de la lessive mêlée au parfum de sa propriétaire, la coupe qu'elle imaginait sublimée par le corps de la brune… tout lui faisait perdre pied, et tous ses sens étaient en émoi.

- Alors, il vous va ? demanda la voix de Regina à travers la porte de la salle de bain.

- Heu, attendez, je ne suis pas tout à fait prête…

Il n'était plus temps de tergiverser, pensa Emma. Et elle enfila le maillot, qui, à sa grande surprise, lui allait comme un gant. Elle reprit :

- Oui, ça va très bien, merci beaucoup !

- Montrez-moi ce que ça donne…

Prise de court, Emma sortit de la salle de bain, gênée de se montrer si peu vêtue. Mais Regina ne semblait pas embarrassée le moins du monde, et la regarda en souriant.

- Eh bien, c'est parfait tout ça ! Pour moi il est maintenant un peu petit, mais j'étais sûre qu'il vous irait. Allez, remettez votre t-shirt et venez, les garçons nous attendent.

Se remettant tant bien que mal de ses émotions, Emma rassembla ses vêtements, et rejoignit les autres au rez-de-chaussée. Elle n'avait pas vu l'éclat qui brillait dans les yeux bruns. Un éclat très obscurci. Et qui était apparu dans les yeux de leur propriétaire, au moment-même où la blonde avait ouvert la porte de la salle d'eau.

oOoOo

- Crème solaire ?

- Check !

- Panier de pique-nique ?

- Check !

- Serviettes ?

- Check !

- Jeux de plage ?

- Check !

- Ok, alors en voiture les garçons, la mer nous attend ! lança Emma, impatiente, finalement, de passer cette journée à la plage avec ses enfants.

Les garçons étaient déjà en voiture et leur mère au volant quand Regina apparut sur le perron, un parasol à la main.

- Attendez, vous oubliez le parasol !

- Oh, c'est bon, on est déjà super chargés, on n'en a pas besoin…

- Ecoutez, Miss Swan. Si vous tenez à mourir d'un cancer de la peau, libre à vous. Mais je refuse que mon fils passe une journée à la plage sans avoir un coin d'ombre. Donc soit vous prenez ce parasol, soit je me verrai dans l'obligation de priver mon fils de cette sortie.

Le ton de la brune ne laissait place à aucune négociation. Alors Emma céda en soupirant et plaça le parasol dans le coffre, puis elle démarra enfin.

Un des enfants prit la parole après quelques minutes de route :

- Au fait, maman, tu sais, tout à l'heure, dans le hall, quand tu as dit que j'étais Matt… En ben, tu avais raison !

- Quoi ? Mais alors vous avez manigancé tout ça ? Oh la vache, mais quel manipulateur ! Non mais attends, je ne t'ai pas élevé comme ça !

- Oh pardon maman, mais c'était le seul moyen…

- Le seul moyen pour quoi ?

- … pour passer une journée en famille…, répondit-il dans un souffle.

- « en famille »…, reprit-elle, rêveuse.

Comme ces deux petits mots résonnaient bien aux oreilles d'Emma… Elle sourit discrètement, en espérant que Regina pourrait rapidement les rejoindre.

oOoOo

Le soleil tapait vraiment fort en cette belle journée estivale. Emma appréciait pouvoir profiter de l'ombre rafraîchissante du parasol. Regina avait eu raison d'insister pour qu'elle l'emporte, même si elle ne l'aurait avoué pour rien au monde. Allongée sur sa serviette, elle observait ses deux enfants jouer dans l'eau. Enfin elle se sentait sereine. Elle se sentait bien. Ses deux fils jouaient ensemble, ils étaient à la plage tous les trois et elle les regardait jouer comme s'ils avaient fait cela depuis toujours… Comme s'ils étaient une famille… Elle prit conscience que sa famille allait être à reconstruire, mais qu'elle se battrait pour cela. Elle se rendit compte que c'est ce qu'elle avait toujours voulu… Etre avec sa famille.

Plus elle regardait ses fils, plus les différences entre les deux enfants lui paraissaient flagrantes : une attitude, une façon de marcher, de bouger les mains, ou encore un regard… Ses deux fils étaient physiquement identiques, mais elle ressentait au plus profond d'elle-même qu'ils avaient leur propre individualité. Elle aurait pu les reconnaître les yeux fermés. Et, étrangement, plus elle observait Henry, plus les ressemblances avec Regina lui sautaient aux yeux. Etrangement, le jeune garçon avait les mêmes airs que sa mère, les mêmes mimiques qu'elle trouvait charmantes, comme leur façon de relever un seul sourcil, de sourire en coin ou même parfois le petit air satisfait qu'ils arboraient dans certaines situations. Avec un sourire, elle se demanda encore comment ils avaient pu la piéger ainsi, ce matin.

Après avoir dégusté leur délicieux pique-nique et fait une courte sieste, ils décidèrent de se baigner ensemble, s'amusant comme trois enfants, riant fort et jouant à se couler. C'est à ce moment que Regina et Graham, encore tout habillés, arrivèrent sur la plage. Tout en les cherchant dans l'eau, un son mélodieux résonna aux oreilles de Regina, un son dont elle savait qu'elle ne pourrait plus se passer … le rire cristallin d'Emma.

- Tiens, regarde, Graham, ils sont par là-bas, dit-elle en se tournant vers les trois Swan.

Soudainement, son cœur se serra devant la scène qui s'offrait à elle : Emma, un immense sourire joyeux sur les lèvres, portait un des enfants sur les épaules. Elle s'amusait à asperger l'autre enfant en face d'elle, qui n'était pas en reste, et qui arrosait également ses deux adversaires abondamment. Puis, complètement aveuglée, elle se laissa tomber en arrière, entraînant l'enfant sur ses épaules dans sa chute, et tous les trois sortirent la tête de l'eau en toussant, crachant et riant de bonheur.

Regina admirait cette scène et un sourire naquit sur ses lèvres. Ils étaient heureux, cela se sentait, cela se voyait. Elle se sentit infiniment apaisée par la vision de son fils heureux. Mais un petit démon intérieur commença à la torturer : « Tu n'as rien à faire avec eux, tu devrais partir… » lui disait-il. « Ils n'ont pas besoin de toi, ils sont heureux comme ça… Va-t-en, laisse-les, tu risques de leur faire du mal… »

Elle se retourna vers Graham. Il n'avait rien vu du trouble de Regina, ses larmes naissantes étant cachées par ses grandes lunettes noires. Emma les aperçut et hurla :

- Hey ! Regina ! Graham ! Venez, elle est super bonne !

Les deux frères, remarquant également les nouveaux arrivés, s'éloignèrent un peu d'Emma. Matthew se mit à chuchoter rapidement :

- Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? Bon ben, frérot, voici le moment de mettre à exécution la Mission Tourterelle, partie 2 : l'éviction du prétendant.

Ils se parlèrent à l'oreille quelques brèves secondes, puis Matthew reprit :

- Prêt ?

- Prêt !

Brusquement, Henry et Matthew sortirent de l'eau en courant, et ils se dirigèrent droit vers Graham. Sans qu'il ne se rende compte de ce qui lui arrivait, chacun des frères attrapa un de ses poignets et le tira vers le rivage. En quelques secondes, le shérif encore tout habillé était dans l'eau, trempé de la tête aux pieds, et le regard plus noir que jamais.

La scène n'avait pas échappée aux deux femmes. Emma était écroulée de rire, et Regina semblait apprécier la blague des deux enfants, un fin sourire illuminant son visage.

- NON MAIS ÇA VA PAS ? J'AI PAS DE RECHANGE, BANDE D'IDIOTS !

- Graham, personne ne traite mon fils d'idiot, que ce soit clair, lança Regina, plus amusée qu'énervée.

- Mais attends, ils sont débiles ou quoi ? Je suis trempé… Bon, bah c'est bon, je rentre, salut.

- Non, mais attends, Graham…

- Non, c'est bon, salut, Regina. On se verra plus tard… quand je serai sec.

Et Graham, vexé, reprit le chemin en sens inverse, se dirigeant vers sa voiture d'un pas déterminé.

Regina le suivit du regard, un peu gêné pour lui, mais se retourna vite vers les enfants et Emma, toujours croulée de rire. Tous les trois sortirent de l'eau et se dirigèrent vers elle. Elle commença à paniquer :

- N'essayez même pas de me faire la même chose, je vous préviens…

- T'inquiète, maman, on ne tient pas à ce que tu partes, toi… lança un des frères sur un ton mutin.

- Ah ? Parce que tu veux dire que tu ne voulais pas que Graham reste ? Ce n'est vraiment pas gentil, ça…

- Ben quoi… Il ne fait pas partie de la famille, lui ! Tu viens frérot ?

Le cœur de Regina fit un petit bon. « Il ne fait pas partie de la famille »… Tous les quatre formeraient donc une famille ? Impossible, se dit-elle en évacuant de son esprit cette image incongrue.

Et les deux enfants, riant encore de leur bêtise, coururent à nouveau dans l'eau. Emma et Regina se retrouvèrent seules sur le sable, admirant leurs enfants, un sourire béat collé sur leurs visages.

- Bon, et si on se posait sous le parasol ? Ça tape, là, proposa Emma.

- Vous voyez, j'ai bien fait d'insister. Et je vais en profiter pour me mettre en maillot, avant que ces deux chenapans ne me fassent la même chose qu'à ce pauvre Graham.

Et elle en joignit le geste à la parole. Emma, écarlate, eut à peine le temps de se retourner pudiquement.

- Je suis désolée pour lui, j'espère qu'il ne sera pas trop vexé. Je vous jure que je n'y suis pour rien !

- Je le sais bien, et ne vous inquiétez pas, il s'en remettra. Et puis, je dois bien vous avouer que ça ne me déplait pas…

- Quoi ? Que Graham ait été humilié devant tout le monde ?

- Non, Miss Swan… Que je me retrouve ici avec vous trois.

Le cœur d'Emma s'emballa. Elle se força à regarder au large, pour ne pas croiser le regard de la maire. Elle avait peur de ce qu'elle aurait pu y lire. Alors elle changea de sujet, sans perdre de vue les deux enfants qui s'ébrouaient au loin :

- Alors, vous avez pu terminer votre compte-rendu méga chiant ?

- Langage, Miss Swan ! Et oui, j'ai pu terminer. Je l'ai sans doute un peu bâclé mais je me disais qu'il était trop bête que je m'enferme un dimanche d'été alors que mon fils était à la plage en train de brûler au soleil et se tremper dans une eau glacée avec des inconnus. C'était trop bête de rater ça !

- Oh ! Des inconnus ! J'ose espérer, madame le maire, que nous ne sommes maintenant plus des inconnus ! Attendez, vous m'avez prêté un maillot de bain, quand même ! Ça rapproche, ça, quand même !

Les deux femmes rirent, d'un rire complice, d'un rire heureux. Regina pensa soudainement qu'elle ne s'était jamais sentie aussi bien depuis longtemps, très longtemps… Depuis… Daniel. Elle s'allongea et ferma les yeux, sereine.

Assise à ses côtés, Emma osa enfin poser ses yeux curieux sur le corps de la maire. Toutes ses formes étaient parfaitement proportionnées, sublimées par un magnifique bikini noir. Le hâle naturel de sa peau l'attirait irrésistiblement. Des idées très peu chastes lui virent à l'esprit à une vitesse folle. Elle n'avait aucun mal à l'imaginer, nue, sans ces deux petits, si petits morceaux de tissu… Oui, les choses aurait été bien différentes si elles avaient été seules sur cette plage, si les garçons n'étaient pas présents à quelques mètres d'elles, si …

La voix grave interrompit brusquement ses pensées :

- Dites-moi, Miss Swan…

- Heu… oui ? Mais vous savez, vous pouvez m'appeler Emma…

- Emma… que comptez-vous faire ?

- Heu ? A propos de quoi ?

La panique se mit à envahir la jeune femme. Quoi ? Elle pouvait lire dans ses pensées ?

- A propos d'Henry. Comment allez-vous faire quand vous devrez repartir pour Boston ?

- A vrai dire, je n'y ai pas encore réfléchi, répondit-elle, en revenant à la réalité. Je vais bientôt arriver à la fin de mes congés, et je vais devoir reprendre le travail à Boston…

Alors comme ça, les Swan allaient repartir pour Boston ? Pour de bon ? Regina aurait dû en être ravie. Tout rentrait enfin dans l'ordre, personne ne lui prendrait son fils. Mais alors pourquoi ressentait-elle cette drôle de petite douleur au fond d'elle ? Pourquoi cette peur qu'elle connaissait si bien, la peur de l'abandon, revint-elle ainsi la tarauder ?


Ahaah... Je m'arrête là... Mais la journée plage n'est pas finie et elle continuera dans le prochain chapitre ! Petite review ? *_*

Gros bisous à toutes et à la semaine prochaine !