Bonjour les amies !

Merci pour vos fidèles review, et bienvenue aux nouvelles lectrices...

Voici le chapitre de la semaine ! Personnellement, j'ai adoré l'écrire. Vous allez découvrir une grand-mère aimante (mais laquelle ? hahaa...), assister à la prise de conscience des sentiments de Regina, et apprendre pas mal de choses sur son passé !

Tout ça ? Eh oui, faut bien que ça avance, un peu :-) Je pense (et j'espère) que vous allez aimer !

Dernière chose qui vous fera plaisir, je pense... Ceci est le chapitre le plus long depuis le début de la fic !

Bonne lecture !


Chapitre 15 : Un coup monté

Une semaine avait passé depuis la sortie en vélo. Regina avait eu beaucoup de travail à la mairie. Et le peu de temps libre qu'elle réussissait à grappiller, elle le passait avec son fils et les Swan. Le manoir Mills n'avait jamais été témoin d'une telle activité en ses murs. Quand ils n'étaient pas en sortie, Emma et les enfants y avaient quasiment élu domicile. A vrai dire, les Swan ne retournaient à l'hôtel que pour dormir et tous les matins, tout ce petit monde se retrouvait chez les Mills. Regina acceptait cette présence nouvelle chez elle sans se poser de question. Elle aimait accueillir les Swan chez elle chaque matin et les retrouver chaque soir. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, elle n'aurait ouvert la porte de son manoir qu'avec crainte, et encore moins si elle n'était pas là… Elle avait vraiment bien changé…

Quand le maire n'était pas à la maison, Emma et les enfants jouaient, regardaient des DVD, ou discutaient, tout simplement. Et bien qu'Emma ne soit pas une grande cuisinière, et que les plats de Regina ne supportaient aucune concurrence, il arrivait souvent qu'elle lui prépare ses repas du soir. A la grande surprise du conseil municipal, et contre toute habitude, il était même courant que le Maire rentre chez elle également le midi.

Quelques rumeurs sur cette jeune femme blonde et la relation qu'elle avait avec le maire et son fils commençaient à courir dans les rues de Storybrooke, mais personne n'aurait eu le courage d'affronter madame Mills pour lui en faire part, alors elle laissait les habitants parler. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais, en présence d'Emma et des enfants, elle ne ressentait pas son besoin habituel de contrôle. Les gens pouvaient bien parler, cela ne lui importait plus. Il y a encore quelques semaines, elle aurait intimidé, ou même menacé n'importe qui aurait eu le courage de critiquer sa vie privée. Mais aujourd'hui, toute cette agressivité avait disparu.

Regina avait beau l'enfouir au plus profond d'elle-même, elle aimait vraiment cette vie-là. Elle aimait rentrer chez elle et voir qu'elle était attendue. Elle apprécier pousser sa porte et y entendre des rires et des bruits de pas. Elle adorait poser ses affaires et sentir l'odeur des plats qui cuisaient au four. Bien évidemment, avant de connaître les Swan, la vie avec Henry la comblait, et le retrouver chaque soir était son bonheur de la journée… Mais, étrangement, elle se sentait maintenant beaucoup plus sereine, plus apaisée. Elle semblait avoir trouvé une épaule sur laquelle se reposer. Elle n'était plus seule à faire face.

C'est donc le cœur léger que le maire de Storybrooke passa sa journée à bûcher sur les ennuyeux rapports budgétaires et les futurs travaux de voirie.

De son côté, Emma et les enfants passaient l'après-midi avec Ruby, dont c'était le jour de congé. D'un commun accord, ils s'étaient dirigés au parc de Storybrooke, où se trouvait un grand château fort en bois. Les garçons jouaient aux chevaliers, tandis que les deux amies étaient assises sur un banc et discutaient amicalement :

- Ça va, le boulot, en ce moment, Rub' ?

- Oui, oui, ça va… En ce moment, c'est assez calme, et puis, tu sais, avoir sa propre grand-mère comme patron, ça a quand même quelques avantages !

- Je n'en doute pas…

- Et toi, si je comprends bien, tu ne reprends pas le boulot tout de suite ?

- Non, en effet, j'ai posé trois semaines supplémentaires. Je n'arrive pas à me résoudre à quitter cet endroit…

- Cet endroit, ou … les Mills ? demanda Ruby en souriant.

- Rub'… arrête un peu… Je sais où tu veux en venir…

- Et alors ? Tu vas nier, peut-être ? Tu vas me dire que tu ne ressens plus rien pour elle ? Emma, tu sais, on ne vit qu'une fois. Tente quelque chose et tu verras bien, lui dit-elle en la regardant gentiment.

- Ruby, écoute… Je viens à peine de retrouver mon fils, la dernière chose que je voudrais faire est de me mettre sa mère à dos. Je ne veux pas la braquer ou qu'elle se mette à avoir peur de moi. Tu comprends, je ne VEUX pas le perdre encore une fois.

- Ok, Emma, ok… N'empêche que Regina n'est plus la même depuis que vous êtes là, je peux te l'assurer. Et tout Storybrooke pourra te dire la même chose. Elle est plus détendue, plus souriante… Vous habitez quasiment chez elle, en plus ! Alors si ce n'est pas grâce à toi, c'est quand même un incroyable hasard, tu ne crois pas ?

- Peut-être mais …, répondit Emma, peu convaincue. Une petite part d'elle-même avait pourtant une envie folle de croire ce que disait Ruby.

- Ecoute, je ne t'embête pas plus, mais réfléchis-y…

Les deux femmes reprirent une discussion plus innocente tout en surveillant les enfants, quand le téléphone d'Emma se mit à vibrer.

- Oh, lança Emma joyeusement en voyant le nom de l'interlocuteur sur l'écran. Excuse-moi, Rub', je dois répondre. Salut Ingrid ? Comment ça va ?

- Bonjour ma grande, je vais bien et toi ?

- Je vais très bien aussi ! Je suis contente de t'avoir, ça fait longtemps …

- Bah oui, si je devais attendre que tu m'appelles, on ne se parlerait jamais, hein ! la taquina-t-elle.

- Pardon… j'ai vraiment été très prise ces derniers temps mais je voulais vraiment t'appeler…

- Bon, alors, raconte-moi, il est comment ce p'tit gars ?

Dès leur arrivée à Storybrooke, Emma avait appelé sa mère adoptive et lui avait tout relaté : l'abandon d'Henry, les retrouvailles des frères et son départ à Storybrooke. D'abord un peu interloquée par la nouvelle, elle avait finalement compris la jeune femme et lui avait assuré tout son soutien.

La blonde lui parla d'Henry, de sa complicité avec Matthew, de qu'ils faisaient tous ensemble… La plénitude d'Emma se ressentait à travers le combiné et Ingrid put sentir qu'elle avait rarement été aussi heureuse. A la fin de la conversation, la blonde appela Matthew, qui accepta avec joie de parler avec sa grand-mère. Ils échangèrent quelques mots, dans lesquels Matthew lui parla des jeux avec Henry, de la plage, de la grande maison des Mills… Oui, tous les deux étaient vraiment heureux, ici…

Finalement, Emma reprit la discussion avec Ingrid :

- Bon, et toi alors ? Tout se passe bien, à Boston ? demanda Emma, intéressée par la vie de sa mère.

- Oui, très bien ! Je suis en bonne santé et … j'ai rencontré quelqu'un ! Un Français !

- C'est vrai ? Oh, je suis vraiment contente pour toi ! J'ai hâte de le rencontrer…

- Je vous présenterai, bien sûr… Et d'ailleurs, quand est-ce que tu vas te trouver quelqu'un, toi aussi, hein ?

- Oh, t'inquiète pas, tout va bien comme ça… répondit la jeune femme, dont la vision venait d'être brusquement envahie par l'image d'une magnifique brune lui souriant.

- Bon, sinon, dis-moi Emma, est-ce que tu pourrais me passer le petit Henry ? J'aimerais beaucoup lui parler… Enfin, si ça ne le met pas trop mal à l'aise…

- Pas de souci, je lui ai parlé de toi. Et je suis contente que vous vous rencontriez, même si ce n'est pour le moment que par téléphone ! Henry, cria-t-elle, viens voir ! C'est Ingrid au téléphone, est-ce que tu voudrais…lui parler un petit peu ?

- Bien sûr, ce serait avec plaisir, dit-il en prenant le téléphone. Bonjour Ingrid, je suis très heureux de vous parler enfin…

- Bonjour Henry, je suis Ingrid, la maman adoptive d'Emma. Je suis vraiment émue de te parler…

- Moi aussi, elle m'a parlé de vous…

Emma s'éloigna un peu de son fils, lui laissant un peu d'intimité avec celle qu'il considèrera peut-être un jour comme sa grand-mère. Quand leur conversation fut terminée, il rendit le téléphone à Emma avec un grand sourire.

- Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça, mon grand ?

- Oh, rien de particulier… Je suis juste heureux de lui avoir parlé. Elle est si importante pour toi… Et puis, tu sais… c'est ma seule grand-mère…

- Regina n'a plus sa maman ? demanda Emma tout en redoutant la réponse.

- Elle ne m'en parle jamais. Je sais qu'elle est encore là, mais on ne la voit pas, je ne sais pas pourquoi…

Avec un petit sourire triste, Henry repartit retrouver son frère. Et Emma retourna aux côtés de Ruby, pensive… Elle essaya de se détendre en se rassurant de voir que le courant était bien passé entre Ingrid et son fils.

oOoOo

Le vendredi suivant, Regina avait travaillé dur toute la journée. Elle avait enfin bouclé les dossiers sur lesquels elle planchait depuis plusieurs jours, et son travail ne lui avait laissé que peu de temps avec les enfants. Elle ne s'inquiétait pas pour Henry, elle le savait en sécurité avec les Swan, mais elle ressentait une petite pointe de tristesse à l'idée de ne pas pouvoir partager tous ces moments avec eux. Pourtant, ce n'était plus son habituelle peur de l'abandon qui la tenaillait, non… mais une envie, la simple envie d'être avec eux, de passer de temps avec eux et de rire avec eux… Et avec Emma…

« Mais que m'arrive-t-il ? », pensa-t-elle. Elle ne se reconnaissait plus. Où était passée son armure de glace ? Où était passée l'ancienne Regina qui aurait pétrifié sur place quiconque aurait voulu lui prendre son cher fils ?

Elle évacua ces questions d'un hochement de tête, et prit son téléphone.

De retour chez elle, elle trouva la mère et les enfants attablée devant une partie d'échecs, Matthew et Emma concentrés, essayant tant bien que mal de contrer les coups d'Henry. Aucun des trois n'avait remarqué la présence de Regina, appuyée au chambranle de la porte, et à moitié cachée dans la pénombre de l'entrée. Devant cette scène toute simple, le cœur de la brune s'emballa. Non, décidément, elle ne pourrait jamais se passer de cette vision-là…

- Echec et mat ! Encore gagné, dit un Henry rayonnant.

- Décidément, même à deux, on est mauvais… ! N'empêche que tu verras quand on fera des courses de Mario, on ne sera pas les derniers, répondit-elle, mi- vexée, mi- amusée. Bon allez, les gars, assez plaisanté. On range tout et on va aller commencer à cuisiner quelque chose pour Regina. Elle ne va plus tarder à rentrer…

L'intéressée sortit de l'ombre et leur dit :

- Loin de moi l'idée de mettre en doute vos talents culinaires, Emma, mais ce soir, je ne préférerais pas.

Emma et les deux garçons sursautèrent devant l'apparition soudaine.

- Mais d'où sortez-vous ? On ne vous a pas entendue entrer…

- J'étais juste là, j'observais mon fils prodige écraser seul deux adversaires, qui ne semblaient vraiment pas être à sa taille, plaisanta-t-elle. Et donc, pour fêter ta victoire éclatante, Henry, et pour célébrer la clôture de cet interminable dossier du conseil municipal… ce soir, je vous invite tous au restaurant !

Tout le monde accueillit la nouvelle avec joie. Emma et Matthew décidèrent de repasser rapidement à leur chambre d'hôtel afin de se préparer.

oOoOo

Emma occupa la salle de bain la première. Matthew, lui, s'était jeté sur son téléphone portable et composa rapidement le numéro de son frère.

- Oui, Henry… tu as eu la même idée que moi ?

- Je crois, oui… Pas de restaurant pour nous ce soir, c'est ça ?

- Absolument ! Je vais dire que j'ai mal au ventre et toi ?

- Heu… je ne sais pas, je ne peux pas dire la même chose, ça paraîtrait bizarre… Alors, disons que… j'ai attrapé froid et que j'ai mal à la gorge !

- En plein mois d'août ? Je doute que ta mère gobe ça, mais bon… Bon je te laisse, elle va sortir de la salle de bain, je compte sur toi ! C'est parti !

- A plus !

Quand Emma sortit de la salle de bain, Matthew était allongé sur son lit, se tenant le ventre, une grimace déformant son visage. La jeune mère s'inquiéta pour son fils, mais il lui assura que ce n'était pas grave, et qu'il fallait sans doute mieux qu'il se repose. Emma voulut appeler Regina pour lui dire qu'ils ne pourraient pas aller au restaurant, mais son fils l'arrêta, lui disant qu'elle ne pouvait pas poser un lapin aux Mills et que cela ne serait pas correct d'annuler la réservation si tard.

- Je t'assure, maman, ce n'est pas grand-chose. J'ai sans doute mangé quelque chose de pas très frais et ça passe pas. Mais vas-y, amusez-vous tous les trois et moi, je vais me reposer. Tu me rapporteras un peu de dessert ?

- Oh, Matt… Tu es sûr ? Je ne vais quand même pas te laisser toute la soirée tout seul…

- Hé, maman, j'ai onze ans, hein ! Je peux me garder tout seul. Et puis je sens que je vais m'endormir tout de suite. Je suis super fatigué, en plus…

Et, comme pour prouver ses dires, il se força à bailler à s'en décrocher la mâchoire. Emma n'était pas inquiète de le laisser seul, mais elle s'en voulait un peu de le laisser souffrant alors qu'elle partait s'amuser. Finalement, après de longues minutes de négociation, Matthew réussit à la convaincre de partir, ce qu'elle fit, le cœur un peu serré.

Arrivée chez les Mills, Emma sonna et elle eut la surprise de découvrir que Regina n'était pas encore prête.

- Je suis désolée, Emma, mais Henry n'est pas très bien. Il vient de me dire qu'il avait très mal à la gorge et qu'il préférait se reposer… J'ai essayé de le soulager, et du coup, je ne suis pas encore habillée… Mais… où est Matthew ?

Emma comprit immédiatement le coup monté par les deux garçons. Un léger agacement l'envahit, comprenant que son fils s'était moqué d'elle. Mais dans quel but ? Pourquoi ne voulaient-ils pas venir avec elles au restaurant ? Elles allaient se retrouver seules toute la soirée… Et si c'était cela qu'ils voulaient … ? Elle se jura d'avoir une bonne discussion avec Matthew dès qu'elle serait rentrée.

- Figurez-vous qu'il m'a assurée avoir un mal de ventre fulgurant. Et il a préféré se reposer également. Que fait-on alors ? Je suppose qu'on ne peut plus annuler la réservation…

- Eh bien, on dirait bien qu'on va passer la soirée toutes les deux, soupira Regina.

- Et cela vous déplaît ? demanda Emma en la taquinant.

- Non, lui répondit-elle sincèrement, et son profond regard brun chamboula la blonde.

oOoOo

Regina s'était enfermée dans sa chambre afin de se préparer depuis quelques minutes. Et Emma en avait profité pour monter dans la chambre d'Henry.

- Toc, toc… Je peux entrer ? demanda-t-elle doucement, sur le pas de la porte.

- Bien sûr, entre, je t'en prie, lui répondit-il, allongé sur son lit et lisant un roman.

- Alors comme ça, tu as mal à la gorge ? C'est vraiment dommage…, lui dit-elle, en surjouant l'ironie. Je suppose que je vais t'apprendre que Matt est également malade ce soir. Etrange, tu ne trouves pas ?

Henry n'était pas dupe, et il sut tout de suite qu'Emma avait compris leur stratagème mais continua le jeu.

- Oui, c'est bête… Mais allez-y quand même, et passez une bonne soirée toutes les deux.

Emma s'approcha de son fils et lui chuchota :

- Ecoute, je ne sais pas ce que vous mijotez, tous les deux, mais je te promets que je vais le découvrir, et gare à vos fesses, gamin !

- Pas trop près, pas trop près, lui répondit-il avec une légère insolence, si ça se trouve, je suis contagieux… Amusez-vous bien, toutes les deux !

Et Henry tourna le dos à Emma, essayant tant bien que mal de contenir son fou rire. Il n'aurait pu soutenir son regard inquisiteur quelques instants de plus. Emma ne put que sortir de la chambre, interrogative. Elle redescendit dans le hall et attendit patiemment Regina.

oOoOo

- A quoi buvons-nous ? demanda la brune en levant son cocktail.

- Trinquons à nos fils, lui répondit la blonde, ses yeux verts plantés dans les yeux bruns.

- A nos fils…

Sortir du manoir et abandonner son fils malade avaient été très difficile pour Regina. Comme Emma un peu plus tôt, elle n'avait pu se résoudre à le laisser seul, alors qu'elle partait pour la soirée entière. Encore une fois, Emma avait admiré l'amour de Regina pour son fils. Décidément, il avait vraiment eu la meilleure des mamans… Et son cœur s'était gonflé de joie en les observant tous les deux se souhaiter une bonne soirée.

Le petit restaurant de Storybrooke était bondé en ce vendredi soir. En y entrant, Emma avait été frappée par l'atmosphère conviviale qui en émanait. On y trouvait aussi bien de jeunes couples que des familles, ou des groupes d'amis venus faire la fête ou simplement discuter. Il lui avait même semblé apercevoir au fond de la salle son amie Belle avec son fiancé, l'étrange M. Gold.

Un serveur s'était rapidement avancé vers elles :

- Bonsoir madame le maire. Madame, avait-il dit ensuite en se tournant vers Emma. Vous aviez réservé ?

- Bonsoir, avait répondu Regina. Oui, nous devions être quatre, mais nous ne serons finalement que deux.

- Pas de problème, mesdames. Je vous avais prévu cette table, mais finalement, puisque vous n'êtes que toutes les deux, il avait lancé un regard circulaire dans la salle de restaurant, je pense que celle-ci fera mieux l'affaire.

Et il les avait conduites dans un petit coin de la salle assez intime, isolé des autres tables. Il avait pris leurs manteaux et leur avait dit :

- Vous serez mieux ici. Je vous souhaite une bonne soirée et un bon appétit.

Ce n'était absolument pas un restaurant guindé comme elle pouvait en voir à Boston et dans lesquels on vous servait une demi-coquille Saint-Jacques pour cinquante dollars. Non, ici, comme dans tout Storybrooke, tout était simple, modeste et chaleureux. Emma s'y était immédiatement sentie à l'aise.

Regina, quant à elle, était plus tendue. Elle pensait passer la soirée avec les enfants. Elle aurait eu de quoi discuter… Mais là, se retrouver en tête-à-tête avec Emma l'intimidait comme jamais. Allaient-elles trouver des sujets de discussion ? Allaient-elles passer la soirée sans s'ennuyer ?

Le serveur avait apporté les cartes et elles avaient choisi sans se presser, se conseillant mutuellement sur les différents plats. Regina avait pris plaisir à expliquer à Emma ce que pouvait être un émincé ou une bavette... Et elles avaient ri ensemble quand elle s'était finalement décidée pour les lasagnes.

- Restons dans les classiques.

- Vous avez raison, même si je doute qu'elles soient aussi parfaites que les miennes.

- Vous pourrez goûter, lui avait-elle dit gentiment. Et Regina lui avait souri.

oOoOo

- Vous pensez que tout va bien se passer, pour nos fils ? lui demanda Regina, inquiète.

- Ne vous en faites pas, je suis sûre que tout va très bien pour eux.

- J'espère …

Regina était inquiète. Emma aurait voulu lui dire qu'elle n'avait vraiment aucune raison de s'en faire, mais elle n'arrivait pas à lui avouer la raison de son calme. Qu'allait-elle imaginer si elle lui disait qu'ils s'étaient concertés pour les laisser seules toutes les deux ? Elle ne voulait pas la braquer, et elle ne voulait surtout pas qu'elle retourne chez elle séance tenante pour disputer Henry en abandonnant Emma au restaurant.

L'odeur alléchante des lasagnes annoncèrent l'arrivée du plat avant même que les deux femmes ne voient le serveur. Il déposa le gratin devant la blonde, ainsi qu'une appétissante sole meunière devant la brune.

- Bon appétit, mesdames, dit le serveur en retournant en cuisine.

- Bon appétit, Emma.

- Bon appétit, Regina… Mais, ne regardez pas mes lasagnes comme ça, on dirait que vous voulez les foudroyer sur place. Elles ne vous ont rien fait de mal…, plaisanta-elle.

- De toute façon, je vois d'ici qu'elles vont être moins bonnes que les miennes, répondit-elle avec dédain.

- Oh mais madame le maire serait-elle jalouse ? Ahaa, vous êtes jalouse parce que je fais une infidélité à votre cuisine !

Emma jubilait de voir Regina rougir. C'était donc vrai ? Elle était jalouse ? Elle n'arrivait à y croire. La blonde avala une bouchée brûlante et la douleur déforma son visage.

- Ooooh, 'est 'aud…

- Pardon, miss Swan ? Ne vous a-t-on jamais appris à ne pas parler la bouche pleine ?

- C'était chaud ! rit-elle. Mais, franchement, ne vous en faîtes pas, même brûlées, vos lasagnes resteront pour moi les meilleures…

Même si la jeune femme ne disait pas la vérité, cela était égal à Regina et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Un petit bond, mais un bond qui la fit sourire de plaisir.

La suite de la soirée se passa très agréablement. Les sujets de conversation ne manquaient finalement pas, et même les rares moments de silence n'étaient pas dérangeants. Elles s'apprêtaient à entamer leur dessert, quand Emma lança, un peu intimidée :

- Je… Puis-je vous poser une question, Regina ?

- Je vous en prie.

- Sans doute que cela ne me regarde pas, et je vous prie de m'excuser si c'est déplacé, mais l'autre jour, Henry a parlé au téléphone avec ma mère adoptive, vous savez, Ingrid… Et il m'a dit que c'était sa seule grand-mère… Alors, je me demandais si…

- Si j'avais toujours ma mère ?

Emma acquiesça timidement.

- Oui, elle est toujours vivante. Mais je ne la vois plus, et Henry ne l'a presque pas connue.

Sentant qu'elle n'en dirait pas plus et ne voulant pas la gêner avec ses questions indiscrètes, Emma arrêta là ses questions, mais à sa grande surprise, ce fut la brune qui continua :

- Puisque nous en sommes aux questions indiscrètes, à mon tour !

- Avec plaisir, lui répondit sincèrement Emma.

- Je sais que votre relation avec le père des garçons s'est mal passée…

- C'est le moins que l'on puisse dire, ouais…

- Mais, depuis cet homme, vous ne vous êtes jamais mariée ?

Emma, sincèrement touchée que Regina puisse s'intéresser à sa vie amoureuse, lui répondit le plus honnêtement possible.

- Non, je n'ai jamais été mariée… J'ai eu des aventures, pourtant mais qui se sont toujours mal terminées. Ma plus longue histoire a duré trois ans, avec une collègue, Lily. Elle était géniale, j'étais vraiment amoureuse, mais… elle a décidé d'aller voir ailleurs…

- Je suis désolée d'entendre cela… La trahison est toujours quelque chose de difficile à accepter, j'en sais quelque chose…

Emma n'en revenait pas. Elle venait d'avouer à la brune sa bisexualité, mais cette dernière n'avait même pas sourcillé. Alors, le cœur plus léger, elle reprit :

- Il faut croire que je ne suis pas destinée à vivre avec quelqu'un…

- Ne dites pas cela, Emma, je suis certaine qu'il y a, quelque part, quelqu'un qui vous attend. Une femme comme vous ne peut pas rester seule bien longtemps…

Pour les deux femmes, le restaurant avait disparu en un instant. Le monde n'existait plus, elles étaient seules, face à face, se perdant dans les yeux de l'autre. Le cœur d'Emma semblait vouloir sortir de sa poitrine. Venait-elle vraiment de lui dire cela ? Avait-elle rêvé ou Regina venait vraiment de lui avouer son admiration ? Non, ce n'était pas possible. Elle devait sûrement comprendre de travers…

- Et vous ? Avez-vous été mariée ? enchaîna-t-elle, ne voulant laisser s'installer ce silence gênant.

Les récents propos de Gold se rappelèrent à elle en un instant : « Souvenez-vous juste de Daniel… Il serait peut-être bien qu'elle soit au courant, non ? Je ne suis pas sûr que vous vouliez attenter à son bonheur et… à sa vie… » et elle frémit à cette pensée.

- Je l'ai été, oui… Dans une autre vie, dit-elle, pensive. Elle sembla hésiter un instant, puis elle se lança : Il s'appelait Daniel et on était jeune, trop jeunes, peut-être …

- Que s'est-il passé ? Il vous a quittée ?

- On peut dire ça comme ça… Elle releva la tête, décidée, et regarda Emma, les larmes aux yeux : Il est mort.

Bouleversée par la douleur apparente de Regina, Emma lui prit les mains et les serra dans les siennes. La brune ne les retira pas. Elle aurait tellement voulu lui dire comment il était mort, ce qu'il s'était réellement passé… Mais il était bien trop tôt pour cela. Alors, elle reprit son souffle et continua :

- On attendait un enfant quand il est … parti. Et…

- Oh mon Dieu, Regina, je suis tellement désolée…

- Attendez, la coupa-t-elle, gentiment, laissez-moi finir, sinon je ne pourrai plus le faire. Cet enfant aurait dû être le fruit de notre amour. Quand notre amour a disparu, notre enfant l'a suivi…

- Cet enfant, Regina, il est…

- Oui, il est parti aussi, je l'ai perdu avant sa naissance, sous le choc de la mort de Daniel. J'ai perdu l'amour de ma vie et mon fils en l'espace d'un mois…

Les derniers mots de Regina se terminèrent dans un sanglot. Mais elle se ressaisit, prête à affronter son passé et à le partager avec la blonde. La blonde sentit son cœur se serrer. Voilà donc la raison de sa colère… : elle avait eu peur de perdre Henry comme elle avait perdu cet enfant. Et elle ressentait maintenant une douleur tellement forte qu'elle devait se protéger contre le monde entier…

Une vague protectrice envahit Emma en cet instant. Jamais elle ne l'abandonnerait. Elle était bien plus fragile que ce qu'elle bien voulait montrer et Emma se jura qu'elle la protégerait et l'aiderait aussi longtemps qu'elle le pourrait.

Regina reprit, semblant vouloir tout dire, et se confier pour la première fois de sa vie :

- Depuis, je ne dirai pas que je vis. Je survis… Henry a été ma bouée de sauvetage. Il m'a sauvé la vie. Mais quand vous avez débarqué dans ma vie, fière de vous et de vous deux beaux enfants, je vous en ai horriblement voulu, je l'avoue. Vous aviez réussi là où j'avais échoué, vous aviez réussi à mettre au monde deux magnifiques garçons, alors… que … je n'ai même pas réussi à en avoir un seul. Je vous ai détestée, je voulais que vous disparaissiez… Puis, quand vous êtes restée et que vous m'avez avouée que vous vouliez le voir et passer du temps avec lui, j'ai senti ma colère se muer en une profonde jalousie. Comment auriez-vous pu me prendre cet enfant, le seul que j'avais réussi à avoir et élever comme s'il était le mien … ?

- Regina, je suis tellement désolée, et aussi affreusement gênée. Je tiens à m'excuser que vous ayez ressenti cela. Je ne voulais absolument pas vous mettre dans cette situation et…

- Je sais, Emma, je sais… Je ne l'ai compris que bien plus tard… Mais surtout j'ai eu peur… j'ai eu tellement peur… Peur que mon fils m'abandonne, comme l'avait fait mon enfant précédent… et mon mari avant lui. Tout le monde m'a toujours abandonnée…

- Regina, regardez-moi. Ils ne vous ont pas abandonnée. La vie vous les a pris mais personne n'est parti à cause de vous. Et Henry vous aime, il ne vous abandonnera jamais. Et… je ne vous abandonnerai jamais…

- Emma…

Mais les mots étaient bien impuissants face au désarroi du maire. Alors les deux femmes se regardèrent, longtemps, profondément … Emma leva une main et vint essuyer de son pouce une larme qui avait roulé jusqu'au coin des lèvres de Regina. Dans un geste désespéré, la brune apposa sa main contre celle d'Emma, et éclata en sanglot, la joue blottie contre la paume de la blonde bouleversée.


Alors, alors, alors ? ;-) Dites-moi tout...

Vous avez aimé le coup monté par les deux frères ? A votre avis, comment est mort Daniel ? Regina va-t-elle accepter de faire confiance à nouveau ?

Dans le prochain chapitre : Emma panique, mais heureusement, Regina est là pour la rassurer grâce à quelque chose que vous attendez toutes !

Bonne semaine, bisous à toutes :-)