Salut les amies !
J'espère que votre semaine s'est bien passée. Après les traditionnels remerciements pour vos reviews, messages, et tout et tout... voici le nouveau chapitre ! Je vous avais promis que vous l'aimeriez, j'espère que ce sera le cas !
Pour celles qui connaissent le film par coeur, sachez que je m'en éloigne un peu en ce moment, mais ne vous inquiétez pas, la légèreté et la complicité des frères reviendra bientôt !
Je n'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture...
Chapitre 16 : Que faire ?
Il était une heure du matin et Regina venait de raccompagner Emma jusqu'à son hôtel. Encore retournées par la discussion qu'elles avaient eue au restaurant quelques minutes plus tôt, elles n'arrivaient pas à se dire au revoir. Emma aurait voulu lui dire tellement de choses, mais les mots étaient bien fades face à ce qu'avait vécu Regina. Alors, dans un élan de courage, elle lui prit les mains et lui sourit. Regina baissa les yeux, et observa leurs mains jointes comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. Quand elle releva les yeux, son cœur bondit quand elle remarqua, malgré l'obscurité, la sombre lueur dans ceux de la blonde.
Plongées dans la nuit noire, elles étaient bien. Elles se sentaient protégées comme dans un cocon où aucun mal n'aurait pu les atteindre. Rassurées par le silence confortable qui s'était installé entre elles, bercées par la douce fraîcheur de cette nuit d'été, Emma prit son courage à deux mains et s'avança doucement vers les lèvres si tentantes de Regina. Mais la brune fronça les sourcils et recula instinctivement. Emma comprit immédiatement son refus et arrêta net son geste, rouge de honte.
- Bonne nuit, Miss Swan…, lui dit-elle, n'osant la regarder dans les yeux. Et toujours tête baissée, elle retira ses mains de celle de la blonde et remonta dans sa voiture.
- Bonne nuit, Regina…
En montant les escaliers menant à sa chambre, Emma se maudit pour ce geste déplacé. C'est sûr, maintenant, elle ne voudrait plus jamais la voir. Mais qu'est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi avait-elle toujours tendance à tout gâcher ?
Elle était toujours en train de se morfondre quand elle poussa la porte de sa chambre, en essayant de faire le moins de bruit possible afin de ne pas réveiller Matthew. Quand ses yeux se furent habitués à l'obscurité, son souffle se fit soudainement irrégulier et le rythme de son cœur se mit à accélérer. Le lit de son fils était vide. Elle se précipita dans la salle de bain, personne. Mue par un instinct de protection animal, elle se mit à fouiller les recoins de la petite chambre. Sous les lits, personne, derrière la porte, personne…
Elle courut dans les escaliers, descendit jusqu'à la réception, espérant trouver quelqu'un, Granny ou même n'importe quel client… Mais qui aurait bien pu être debout à une heure du matin ? Paniquée, elle prit son téléphone et composa le premier numéro auquel elle pensa. Et tant pis si elle lui en voulait pour la tentative de baiser de tout à l'heure. L'heure était trop grave pour se laisser aller au remords.
- Miss Swan ? Je suis en voiture, je ne peux pas vraiment…
- Regina ! Matthew a disparu ! Il n'est plus dans son lit !
C'était la première fois que Regina voyait Emma dans cet état et son angoisse l'inquiéta.
- Ecoutez, je ne suis pas encore arrivée chez moi. Ne bougez pas, je reviens et on va le chercher ensemble.
Elle raccrocha et fit demi-tour en pleine rue. Se pourrait-il qu'il lui soit arrivé quelque chose ? Et s'il s'était senti mal et avait dû appeler une ambulance ? Non, impossible… Emma aurait été prévenue. S'était-il enfui ? Où donc pouvait-il bien être ? Tout en roulant vers l'hôtel, les pensées de Regina étaient en ébullition. Presque aussi angoissée qu'Emma, elle ne se rendit pas compte que, pour la première fois de sa vie, elle s'inquiétait, elle s'inquiétait sincèrement pour un enfant qui n'était pas Henry.
oOoOo
- J'ai regardé partout, je suis même allée voir à la réception, dans la salle à manger et dans les cuisines. Il n'est pas là !
- Calmez-vous, Miss Swan. Votre fils est débrouillard et intelligent. Il ne lui est sûrement rien arrivé. Montons fouiller la chambre.
Elle ne savait si c'était grâce à la présence de Regina, mais Emma se sentit déjà un peu apaisée. A deux, elles allaient le retrouver, Regina lui avait assuré. La blonde était en train de regarder une nouvelle fois sous son lit, quand Regina l'appela :
- Regardez, Miss Swan !
Tout sourire, elle lui tendit un morceau de papier griffonné.
- Mais où avez-vous trouvé ça ? lui demanda-t-elle, en lui arrachant presque le papier des mains.
- Tout simplement sur son oreiller. Lisez-le…
- Maman, ne t'inquiète pas. Je vais mieux. Henry m'a proposé de passer la nuit chez lui alors quand tu rentreras, je serai chez lui.
A demain,
Matthew.
Emma sentit le poids du monde s'envoler de ses épaules et elle se laissa tomber sur son lit. Son fils allait bien, il l'avait même prévenue pour éviter qu'elle ne s'inquiète. Soudain, le soulagement laissa la place à la honte quand elle se rendit compte de l'état dans lequel elle se trouvait quelques instants plus tôt. Elle leva la tête et vit que Regina lui souriait.
- Oh, ne vous moquez pas, hein… Quand il s'agit de mon fils, je ne réponds plus de rien…
- Je ne me moque pas…. Je trouve au contraire que votre attitude est très touchante et je me dis qu'ils ont bien de la chance de vous avoir… tous les deux.
- Je… Merci Regina, répondit-elle, le cœur gonflé de bonheur. Bon, et si maintenant on allait le chercher ? J'ai deux mots à lui dire, à celui-là !
oOoOo
Les deux femmes montèrent l'escalier du manoir sur la pointe des pieds, et poussèrent la porte de la chambre d'enfant le plus doucement possible. Leurs fils étaient là, paisiblement endormis l'un contre l'autre, dans le petit lit d'Henry. Blottis l'un contre l'autre, les mains jointes, les jumeaux avaient instinctivement retrouvé leur position fœtale, et Emma en était toute retournée.
- Bon, lequel est le mien ? demanda Emma, amusée.
Les deux têtes brunes dépassant des draps, respirant au même rythme, ils étaient absolument indistincts.
- Laissons-les dormir… Vous le récupèrerez demain… Vous ne croyez pas ?
Sur le pas de la porte, les deux mères observèrent un long moment leurs enfants. Chacune semblait avoir oublié la notion du temps. Et la même pensée leur vint au même moment…
- Bon, eh ben je crois que ça va être dur…, dit tristement Emma.
- Je le crois aussi. Cela risque d'être difficile de les séparer un jour…
- Mais pourtant ce jour devra bien arriver, non ?
Regina hésita un très court instant, puis lança, le cœur battant :
- Et si… vous restiez ?
Emma se retourna vers Regina qui lui souriait, et son cœur rata un battement. Elle pria pour que la brune ne remarque pas son trouble. Regina lui proposait de rester à Storybrooke ? Elle avait donc bien changé depuis le premier jour où elle aurait tout fait pour les renvoyer à Boston avec perte et fracas. Elle ne sut quoi répondre et Regina la sauva de son malaise en poursuivant :
- Bon, voulez-vous un verre du meilleur cidre que vous n'ayez jamais goûté pour vous remettre de vos émotions ?
oOoOo
Assises dans les transats sous le pommier, un verre à la main, Emma et Regina étaient sereines. La douceur de cette nuit d'été était très agréable et tout allait bien. Leurs fils allaient bien, ils étaient ensemble et dormaient à l'étage. Les deux femmes, têtes levées vers le ciel, admiraient les étoiles brillantes d'août.
- Alors, Emma, comment vous sentez-vous ? Vous allez mieux ?
- Oh oui… je suis tellement soulagée de le savoir en sécurité. Si vous saviez ce que j'ai ressenti…
- Je le sais, lui répondit-elle sérieusement.
Emma se sentit immédiatement coupable. Comment avait-elle pu comparer sa peur irrationnelle de perdre son enfant à la douleur, réelle, de Regina ? Elle se maudit intérieurement de sa maladresse.
- En tous cas, je suis contente de savoir qu'ils vont mieux, reprit la brune.
- Oui, je suis sûre que ce n'était rien…
- Vous ne trouvez pas bizarre qu'ils soient malades tous les deux en même temps… ? Et juste quand on devait sortir tous les quatre. Vous ne pensez pas qu'ils en ont assez que l'on se voie ?
- Oh, non, Regina, je ne pense pas, au contraire ! sourit Emma. Je pense même qu'ils l'ont fait exprès.
- Exprès ? Mais… pourquoi ? Pourquoi auraient-ils voulu nous laisser seules toutes les deux ? Pour que l'on…
Regina s'arrêta. Elle semblait subitement avoir compris la raison. Mais, pour ne pas la mettre mal à l'aise, Emma changea de sujet.
- Regina, tout à l'heure… vous pensiez vraiment ce que vous m'avez dit ? Cela ne vous dérangerait pas qu'on reste à Storybrooke ?
- Non, cela ne me dérangerait pas… au contraire…
- Je ne sais vraiment pas quoi faire… A Boston, Matt a son école, j'ai mon boulot. Et puis, j'ai Ingrid. Je ne sais si je suis prête à plaquer tout ça.
- Je suis sûre que, quelle que soit la décision que vous preniez, ce sera la meilleure.
- Regina, je suis vraiment bien, ici. Vraiment… Mais une fois les vacances finies, ce sera sans doute différent… J'aimerais tellement rester avec Henry … et avec vous. Je suis bien avec vous.
Etait-ce l'alcool ? Etait-ce la douceur de cette nuit d'été ? Etait-ce les aveux d'Emma ? Regina en ignorait la raison, mais elle se vit se rapprocher du visage de la jeune femme. Comme mue par une force irrésistible, elle posa sa main contre la joue d'Emma. Et, lentement, elle rapprocha leurs lèvres et lui murmura dans un soupir :
- Emma... Moi aussi, je suis bien avec vous… et avec Matthew.
Emma ne put lutter davantage. L'appel de ces lèvres pulpeuses maquillées de rouge la rendait incontrôlable et elle combla l'espace entre leurs bouches. Regina parut surprise mais elle ne lâcha pas pour autant la joue d'Emma et se laissa aller contre les lèvres si douces de la blonde. Ce fut un baiser chaste et timide. Aucune des deux ne semblait oser prendre le dessus. Aucune des deux ne voulait brusquer l'autre. Leurs lèvres se contentaient de danser doucement contre les autres, bientôt rejointes par deux langues timides mais curieuses. Dans leurs poitrines, leurs coeurs battaient la chamade, et les deux femmes ne s'étaient jamais senties aussi bien et aussi en confiance qu'à ce moment-là. Le monde aurait pu s'arrêter de tourner qu'elles ne l'auraient pas remarqué, trop occupées à savourer ce doux moment.
Soudainement, Regina sembla reprendre ses esprits et retira sa main. La magie était rompue. Emma recula. Elle n'osait la regarder.
- Je crois que je vais y aller. Merci pour le verre…, dit-elle en se levant et en se dirigeant vers la porte d'entrée, le regard rivé vers le sol.
- De rien Emma… Bonne nuit.
Et Regina se retrouva toute seule dans le jardin, désemparée, troublée, et le goût de ces lèvres étrangères encore sur les siennes.
oOoOo
Emma dormit très mal, cette nuit-là. Comment avait-elle pu oser l'embrasser ? Elle avait osé embrasser la grande madame Mills ! Comment avait-elle pu penser une seconde que ses sentiments étaient partagés ? La culpabilité d'avoir commis ce geste déplacé se mêlait à l'envie d'en avoir plus. Elle brûlait de rage et de désir mélangés. Pourquoi avait-elle encore tout gâché ? Regina commençait seulement à lui faire confiance, elle venait à peine de lui proposer de rester à Storybrooke, et voilà qu'elle gâchait tout à cause de sa maudite spontanéité. A cette heure-ci, Regina devait sûrement être en train d'empaqueter les affaires de Matthew afin qu'il parte au plus vite le plus loin d'elle.
Mais un petit coin de sa mémoire se rappela à elle. N'était-ce pas Regina qui avait pris le visage d'Emma dans sa main ? N'était-ce pas Regina qui avait approché son visage du sien ? Ne s'était-elle pas laissée embrasser quand Emma avait apposé ses lèvres contre les siennes ? …
La tête lui tournait, elle ne s'était jamais sentie aussi perdue. D'habitude, quand une de ses conquêtes lui offrait un refus, elle ne s'en offusquait pas, et elle passait à la suivante. Mais cette fois, c'était différent. Elle comprit qu'elle tenait beaucoup plus à Regina que ce qu'elle pouvait penser. Et l'imaginer la regarder à nouveau avec mépris, après tout ce qu'elles s'étaient avouées, lui tordit l'estomac de douleur.
Néanmoins, elle devait aller chercher Matthew, ce matin. Alors elle prit son courage à deux mains et, sans rien avoir avalé, elle se dirigea vers le manoir des Mills.
oOoOo
Postée devant la porte du manoir, elle n'arrivait pas à appuyer sur le bouton de la sonnette. Son cœur battait trop fort, ses mains étaient trop moites. Qu'allait dire Regina en la voyant ? Comment allait-elle la renvoyer ? Car il était certain qu'elle se ferait renvoyer… Elle ne pourrait le supporter... Les épaules voûtées en un geste de protection désespéré, elle se fit violence, leva la main et appuya brièvement sur la sonnette.
Après une attente qui lui parut interminable, la porte s'ouvrit et Regina apparut. Le cœur de la blonde s'emballa et elle baissa les yeux, prête à encaisser tout ce qui allait fuser…
- Bonjour, Miss Swan… entendit-elle prononcer d'une voix douce.
Incrédule, l'intéressée leva les yeux et affronta le regard redouté. Il n'était pas noir, ni même froid. Les yeux brillaient de leur belle couleur ambrée habituelle. Et un sourire au coin de chacune des orbites rendait le regard encore plus pénétrant.
- Bon… bonjour Regina. Je viens chercher mon fils. Je ne voudrais pas qu'il vous dérange plus longtemps.
- Il ne me dérange pas du tout. Il est justement en train de se préparer, je crois. Entrez, je vais lui dire que vous êtes arrivée.
Alors donc cela se passerait comme ça ? Aucun cri ? Aucune insulte ? Aucune porte claquée à la figure ? Regina n'avait même pas parlé de ce qui s'était passé. Se pouvait-il qu'Emma ait rêvé ce baiser ? Mais non, il s'était bien passé. Emma avait embrassé la femme qui se tenait devant elle en ce moment-même et qui semblait maintenant avoir tout oublié. Mais pourquoi ne lui disait-elle rien ? Sans doute que ce baiser ne signifiait rien pour elle et qu'elle ne pensait pas nécessaire de devoir en parler. Oui, ça devait être ça. Même si cela devait lui briser le cœur, Emma se rendit à l'évidence. Ce baiser n'avait rien signifié pour Regina et elles en resteraient là. Elle ne lui en parlerait jamais.
Après quelques minutes, Matthew suivi de Regina, descendit l'escalier et salua sa mère. A la grande surprise de son fils, Emma lui prit le sac des mains assez sèchement.
- Ok, on y va. Dis au revoir à Regina, dit-elle en regardant partout sauf dans la direction de l'intéressée.
- Au revoir, Regina et merci encore de m'avoir laissé dormir avec Henry.
- A bientôt, Matt. A bientôt, Emma…
- Heu, oui, à bientôt …
Et elle fila sans demander son reste, son fils la suivant en courant pour la rattraper.
oOoOo
- Ne me fais plus jamais, ça, tu m'entends ? aboya Emma, en se moquant bien de que pourraient penser les rares passants dans la rue.
- Pardon, maman mais je ne pensais pas que tu t'inquièterais. J'avais laissé un mot…
- C'est pas que ça, Matthew ! C'est de un, le fait que tu sois parti de la chambre tout seul. De deux, le fait que tu aies menti en disant que tu étais malade. De trois, que tu te sois concerté avec Henry pour nous laisser toutes les deux ! Je peux savoir à quoi vous jouez ? Tu crois que c'est comme ça qu'il a été élevé ? Tu crois que c'est en forçant son fils à faire des bêtises qu'elle va nous apprécier ?
Matthew avait rarement vu sa mère aussi en colère. Une fois, quand il était petit, en voulant aller dans le rayon des bonbons du supermarché, il s'était perdu et Emma l'avait cherché pendant de longues minutes. Emma avait vraiment eu peur pour la vie de son fils. Il avait subi la plus grosse dispute de sa courte vie. Mais là, dans cette rue de Storybrooke, le jeune garçon sentait que la colère d'Emma n'était pas uniquement due à la peur de perdre son fils. Après tout, elle le savait débrouillard. Il savait qu'elle ne s'inquiétait jamais autant quand il partait faire des courses tout seul dans les rues de Boston. Non, en ce moment, elle ne lui reprochait pas d'être parti tout seul chez Henry ou d'avoir menti. Elle lui reprochait de les avoir laissées seules toutes les deux. Et surtout, il comprit qu'elle avait peur de décevoir Regina. Alors, il osa lui demander :
- Ça s'est mal passé ? Je veux dire… le restaurant avec madame Mills…
- Quoi ? Oui, enfin non c'était très bien mais ce n'est pas le propos, jeune Swan !
- Si, maman, c'est justement le propos, reprit-il calmement. Je crois que tu m'en veux de vous avoir laissées en tête-à-tête.
Et Matt soutint le regard de sa mère qui commençait à faire tomber ses barrières, impuissante devant la clairvoyance de son fils.
- Pourquoi vous avez fait ça ? souffla-t-elle.
- Pour que vous puissiez mieux vous connaître. C'est vrai, vous êtes toujours avec nous quand vous vous voyez. Peut-être que vous avez pu vous dire des choses différentes.
Emma repensa à leur discussion. En effet, elles avaient pu se dire bien des choses…
- Je ne comprends pas, Matt… Pourquoi tiens-tu absolument à ce que nous nous connaissions mieux ?
- Maman, je veux que tu sois heureuse et je veux rester ici avec mon frère. Et je crois que tu aimerais aussi. Je suis sûr que vous pourriez être heureuses, toutes les deux.
Emma se stoppa sur le trottoir et laissa tomber le sac par terre. Il avait donc osé ? Il avait osé jouer les entremetteurs ? Elle n'en revenait pas. Elle reprit ses esprits et lui dit :
- Matthew, je croyais t'avoir expressément demandé de ne pas t'en mêler. Ça m'apprendra, aussi, à parler de ma vie amoureuse à mon fils de onze ans, marmonna-t-elle, énervée.
- Pardon, maman, on ne recommencera pas, je te le promets… répondit-il.
Emma ne vit pas les doigts croisés dans le dos de son fils au moment où il prononçait ces mots.
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Regina tournait en rond depuis de longues minutes dans le grand salon vide. Elle n'arrivait pas à enlever de son esprit les images de ce baiser. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi avait-elle accepté ce contact ? Pourquoi n'avait-elle pas repoussé cette jeune insolente qui avait osé l'embrasser ? La vérité était qu'elle ne regrettait rien. Elle n'arrivait à comprendre pourquoi, mais elle ne regrettait absolument pas cette soirée, ni le fait qu'Emma ait appris son passé, ni qu'elle se soit montrée si vulnérable devant elle. Et surtout, elle ne regrettait pas ce baiser. Le souvenir de la douceur des lèvres d'Emma la fit frissonner. Où peut-être était-ce ce petit courant d'air ? Regina n'arrivait plus à penser correctement. Elle ne se reconnaissait plus.
Elle aurait voulu pouvoir en parler avec la jeune femme. Mais Emma avait semblé l'éviter. Sans doute regrettait-elle ce baiser. Sans doute était-ce une erreur, et il valait mieux oublier. Après tout, la puissante Madame Mills était une femme forte. Ce n'était pas une jeune ingénue fraîchement débarquée dans sa vie qui allait la mettre à l'aise… Et pourtant… Pour la première fois depuis longtemps, Regina se sentait vivante. Elle se sentait si vivante que cela l'étourdissait. Son cœur battant dans sa poitrine, ses mains tremblantes, la rougeur sur ses joues… Elle avait oublié tout ceci depuis bien longtemps. Elle se sentit si vivante mais aussi … si fragile. Comment en était-elle arrivée là ?
« Je dois oublier ce qui s'est passé. D'ailleurs, il ne s'est rien passé. Voilà. » essayait-elle vainement de se convaincre. « Elle ne veut pas en parler, je ne lui en parlerai pas. Et tout ira pour le mieux. »
Regina n'était vraiment pas une femme qui se laisserait abattre. Elle avait toujours relevé la tête. Malgré les épreuves, elle était toujours debout. Alors, décidée à se reprendre en main, elle prit son téléphone et appela Graham, sans grande conviction. Ils convinrent de se voir le soir-même.
oOoOo
Henry était couché depuis longtemps quand Graham arriva enfin au manoir. Sa journée avait fini tard, à cause d'une bande de jeunes ados éméchés qui avaient commis quelques larcins et qu'il avait dû sermonner. Il se jeta dans le canapé, éreinté de fatigue. Regina lui apporta un verre et s'assit face à lui.
- Comment s'est passée ta journée ?
- Fatigante… je suis mort. Mais ça va, il ne s'est rien passé de grave. Et toi ?
- Bien… J'ai eu un rendez-vous avec les promoteurs immobiliers du terrain près de la forêt, et puis j'ai bouclé le dossier pré-électoral du prochain semestre. Rien de bien passionnant…
- Ok…
Leurs échanges se limitèrent à leurs emplois respectifs et aucun des deux ne semblait particulièrement enthousiaste. Ils échangeaient comme de vieux amis et aucune passion ne brillait dans leurs regards. Un très court instant, l'image de la jeune blonde souriante s'ancra devant les yeux de Regina, et son cœur fit un saut dans sa poitrine. Que faisait Graham dans son salon, alors qu'elle mourait d'envie de voir Emma ? Le jeune homme lui parut soudainement bien fade. Ils se parlaient à peine, alors qu'elle avait abordé des sujets avec Emma qu'elle n'avait jamais abordés avec personne. Ils ne se souriaient même pas, alors qu'un seul regard d'Emma lui suffisait pour la faire rayonner. Ils ne se touchaient pas, alors que le moindre contact avec miss Swan faisait ruer son cœur.
Ils étaient occupés à essuyer la vaisselle quand Graham lui demanda justement comment allait la jeune femme. Malgré son cœur qui battait la chamade, Regina prit le ton le plus neutre possible pour lui répondre :
- Bien, je crois. Je ne l'ai pas vue aujourd'hui, mais elle allait bien. Pourquoi ?
- Oh, pour rien… Elle compte repartir quand ?
- Je ne sais pas, Graham, répondit la brune qui commençait à être agacée.
- Ah bon ? C'est bizarre, elle ne sait pas quand elle va repartir ? Mais elle n'a pas un travail ? Une vie ailleurs ?
- Ecoute, Graham, si tu tiens absolument à le savoir, tu n'as qu'à lui demander.
- Oh, pardon, 'Gina, c'est juste que –
- Ne m'appelle pas 'Gina, je te l'ai déjà dit.
- Ecoute, Regina… dit-il doucement en se rapprochant d'elle. C'est juste que depuis qu'elle est là, tout est différent… Tu es différente, notre vie est différente … On ne se voit plus beaucoup et ça me manque…
- Qu'est-ce qui te manque ?
- Ben, tout, ce qu'on fait ensemble, nos petits moments…
- Ah, d'accord. J'ai cru un instant que tu allais dire que je te manquais, mais …., lui dit-elle, blasée.
- Oh, bien sûr, Regina, tu me manques aussi, voyons…
Graham se rapprocha et la serra contre elle. D'abord réticente en comprenant que ce n'était pour Graham qu'un moyen de se faire pardonner sa maladresse, elle se laissa finalement aller dans les bras de son amant. Elle devait enlever ces récentes images qui envahissaient sa tête, et elle le ferait par tous les moyens. Et puis, une nuit avec Graham, ce n'était jamais déplaisant, se rappela-t-elle sans grande conviction.
Leurs pas les menèrent directement dans sa chambre. Sans hâte, Graham défit les boutons du chemiser blanc impeccablement coupé de la jeune femme. La tête sur le côté, elle se laissait faire. Une fois le chemisier enlevé, il baissa la main et s'approcha doucement du bouton du pantalon de tailleur. Il l'ouvrit sans tendresse et apposa sa main sur le ventre chaud de Regina.
Ce contact la fit revenir à elle. Non, elle ne pourrait pas, pas ce soir, pas avec le souvenir de ce baiser si récent… Elle prit la main du shérif dans la sienne et la retira avec délicatesse.
- Graham, en fait… est-ce qu'on peut juste dormir, s'il-te-plaît ?
- Heu… bien sûr, répondit-il surpris. Il n'était pas dans ses habitudes de se refuser à lui. Elle prenait même très souvent les commandes de leurs ébats. Mais que se passait-il donc ? Il reprit : Tu vas bien ?
- Oui, ça va. Mais je voudrais juste dormir dans tes bras, c'est tout. Pardon…
Joignant le geste à la parole, elle se serra contre lui et ils se glissèrent dans les draps. Il n'avait pas vu les larmes qui brillaient dans les yeux de la jeune femme.
oOoOo
Sa respiration se faisait haletante, son cœur battait à tout rompre. Elle sentait un souffle chaud dans son cou. Il était agréable, doux et tendre. Le souffle quitta son cou et descendit le long de son torse. La chaleur du souffle se mêla à la douceur des baisers déposés sur son sternum et sur ses seins. Sortant de sa torpeur, elle baissa la tête et admira une longue chevelure blonde. Poussée par un désir envahissant, Regina posa ses mains sur le crâne et caressa tendrement le cuir chevelu. Malgré la présence de ce corps dominateur sur elle, son torse se levait et s'abaissait sous la force de ses inspirations irrégulières. Une agréable chaleur envahit son ventre et se diffusa plus bas, bien plus bas... Alors, incapable de toute pensée cohérente et répondant uniquement à son désir, elle poussa doucement la tête blonde jusqu'à son entre-jambe. Cette présence en cet endroit si intime la rendait folle, et elle s'entendit murmurer un prénom…
- Emma…
De douces sensations se répandirent dans tout son corps. La délicieuse chaleur arriva jusqu'à son cœur, aux battements de plus en plus irréguliers. Elle crut qu'il allait sortir de sa poitrine. Elle ne put contenir un gémissement un peu plus fort :
- Emmaaaa…
Soudain, elle se sentit doucement poussée sur le côté, et ses yeux encore piquants de sommeil s'ouvrirent. La vision avait disparu. En tournant la tête, elle aperçut Graham, les sourcils froncés. Ce n'était qu'un rêve… Elle le regretta aussitôt.
- Regina, ça va ?
- Oui, ça va, mais pourquoi tu m'as réveillée ? demanda-t-elle, sincèrement frustrée.
- J'ai cru que tu avais mal quelque part… Tu gémissais.
- Je gémissais ? Elle comprit en un instant et commença à s'inquiéter de ce qu'avait bien pu entendre Graham. Et, heu… je disais quoi ?
- Je n'ai pas bien compris, tu devais dire « ma… » quelque chose…
Ouf, il n'avait pas compris. Regina souffla, rassurée.
- Rendors-toi, Graham, ce n'est rien, ce devait sûrement être un rêve, je ne m'en souviens plus…
En effet, c'était un rêve. Mais Regina s'en souvenait bien, très bien même. Une angoisse l'étreint aussitôt. Elle avait rêvé d'Emma. Elle avait rêvé qu'elle lui faisait l'amour. Que lui arrivait-il ? Emma était une femme. Regina avait un amant. Pourquoi ressentait-elle cela ? Elle s'était juré de ne plus jamais ressentir de sentiments. Elle ne pouvait se le permettre. Elle n'en avait pas le droit.
Elle ne se rendormit pas de la nuit. Elle avait pris une décision.
Alors, alors, alors ? Hihi ;-) Vous avez aimé le baiser ? Et qu'avez-vous pensé du reste ?
Bon, je pense que leurs sentiments sont maintenant clairs pour toutes les deux... Malheureusement, avant le happy end (oups, je vous ai spoilées !), il y aura encore quelques épreuves à passer ! Bah oui, ce serait trop facile, sinon ;-)
Du coup, en quoi consistera la décision de Regina, à votre avis ?
Je vous embrasse et je vous dis à la semaine prochaine ! Et moi, je file au concert de Madonna, hiiiii ^^
