Bien le bonjour !
Comment s'est passée votre semaine ? J'espère que vous allez bien ! Merci pour vos reviews qui me font toujours aussi chaud au coeur, et bienvenue aux nouvelles (oui, il y en a encore, et ça me rend vraiment heureuse \o/ ) !
Bref, je suis contente de voir que le baiser du chapitre dernier vous a plu !Vous avez peur de la décision de Regina ? Vous avez bien raison hihi ! Mais vous vous imaginez bien que ça ne pouvait pas être aussi facile que ça...
J'ai adoré écrire ce chapitre, je rigolais toute seule devant mon écran lol J'espère que vous ressentirez la même chose en le lisant... Bon, sauf à la fin où vous voudrez peut-être ma mort mais bon...
Allez, je ne vous embête pas plus, bonne lecture !
Chapitre 17 : La décision de Regina
Il était tôt quand Regina sortit du lit. Graham dormait encore à poings fermés, négligemment allongé sur le ventre et la tête enfoncée dans un oreiller. Assise au bord du lit, la jeune femme prit quelques minutes pour l'observer. Une faible lueur solaire traversa les persiennes et vint se poser sur le visage du jeune homme. Il était beau. Une légère moue sur le visage, sa chevelure brillait au soleil et la lumière lui donnait un air à la fois enfantin et angélique. Avec patience et attention, elle détailla ce dos que d'habitude elle aimait embrasser, ces cheveux bruns ondulés dans lesquels elle adorait plonger les mains, ces bras dans lesquels elle se sentait autrefois si bien…
Mais ce matin, Regina ne ressentait aucune émotion. Elle le regardait comme elle aurait regardé un ami ou un frère. Mais, en aucun cas, comme un amant. Cela ne l'attristait pas. Après tout, ils n'avaient jamais connu de folle passion tous les deux. Cela avait toujours été lisse et calme.
Il y a quelques mois, cette relation confortable lui convenait, lui suffisait, même. Elle se satisfaisait de peu et n'espérait rien de plus. Pas de sentiment, pas d'attachement, juste du sexe, et tout allait pour le mieux.
Regina comprenait que cet homme n'y était pour rien, mais elle savait que tous les efforts qu'il pourrait faire ne seraient pas suffisant. Car aujourd'hui, il y avait enfin quelqu'un qui lui faisait vivre les choses plus fort.
Ce matin, ce beau matin d'été, Regina Mills eut une révélation : jamais elle ne ressentirait pour Graham ce qu'elle ressentait pour Emma Swan. Comme enfoui en elle depuis des années, un sentiment renversant venait doucement de se réveiller. Elle tenait à elle, elle tenait à Emma Swan comme elle n'avait jamais tenu à personne depuis Daniel et Henry.
C'est pour cette raison qu'elle prit sa décision. Cette décision lui brisera sûrement le cœur une nouvelle fois, mais elle devait la prendre.
Elle ne devrait plus jamais donner aucun espoir à Emma Swan.
oOoOo
- Tiens, bonjour Graham, lança Henry au shérif assis dans la cuisine.
- Salut, toi ! Bien dormi ?
- Oui, merci…
Henry avait l'habitude de tomber sur Graham au petit-déjeuner. Dans ces cas-là, il savait que cela signifiait que sa mère et lui avaient passé la nuit ensemble. Aussi n'apprécia-t-il vraiment pas le voir ici ce matin. Il repensa à Matthew, son idée folle et l'opération « Tourterelles ». Il repensa à tout ce que son frère lui avait dit, les sentiments d'Emma pour sa mère, leur future vie tous les quatre ensemble…
Alors, il inspira profondément. « L'opération Tourterelles, paragraphe 2 : « on pourrit Graham » est repartie ! Pour Matthew ! Pour nous ! »pensa-t-il. Et il se lança :
- Je ne te demande pas si toi, tu as bien dormi aussi, dit-il négligemment, en versant du chocolat en poudre dans son lait.
- Heu… que veux-tu dire?
- A vous entendre hier soir, vous vous êtes bien amusés, maman et toi.
Il bluffait, bien sûr, mais il devait effrayer Graham et lui faire croire qu'il entendait tout.
- Qu'est-ce que tu racontes ? On n'a rien fait du tout… lui répondit le shérif, étonné.
« Mince » pensa Henry… Comprenant son erreur, il tenta de se rattraper comme il put :
- Ah pardon, j'ai dû confondre. Faut dire que j'en ai entendu tellement, de vos ébats, que j'ai dû en rêver. Faudrait que vous fassiez un peu attention, maintenant, tu sais. Je deviens grand… et je comprends de mieux en mieux, hein !
Graham semblait ne plus savoir où se mettre. Henry jubilait intérieurement. Il poursuivit, très content de la gêne du jeune homme.
- Mais bon, tu sais, tu n'as pas à être embarrassé, c'est plutôt flatteur pour un homme, qu'une femme lui montre sa satisfaction comme ça. Tu crois pas… ?
Henry commençait à être gêné par sa propre audace. Il parlait de sa mère, quand même. Mais la mission était plus importante… Graham ne savait plus où se mettre, devenu en un instant rouge comme une pivoine. Il plongea la tête dans son mug de café et ne répondit rien. Il avait beau être très libéré sur le sexe, il n'appréciait vraiment pas en parler avec un enfant, et encore moins avec le fils de sa partenaire du moment…
Henry savoura sa petite victoire. Il avait réussi à mettre Graham mal à l'aise ! Peut-être que son malaise serait assez grand pour qu'il sorte de leur vie… ou du moins de leur cuisine, pour le moment ! Sur ces pensées, il déposa son bol dans le micro-ondes.
La minute d'attente parut éternelle. Graham, la tête dans son café, toujours cramoisi, n'osait même plus regarder Henry, qui, lui, réfléchissait le plus rapidement possible à un autre moyen de faire partir Graham.
- Tu… hum, tu as vu ta mère, ce matin ? demanda Graham.
Oui, Henry l'avait vue. Elle se préparait dans sa salle de bain quand il était descendu prendre son petit-déjeuner. Mais il se garderait bien de le lui dire.
- Oui, elle est venue me dire bonjour au lit tout à l'heure car elle est partie travailler tôt.
- Elle est déjà partie ? Mais il est à peine 7h…
- Ahhh, être maire, un vrai sacerdoce… répondit le jeune garçon, ironique.
C'était la première fois qu'il se comportait aussi mal avec quelqu'un. Avant de connaître Matthew, il n'aurait jamais osé mentir ou se moquer de quelqu'un. Regina l'avait trop bien élevé.
Mais ce matin, dans cette cuisine, il jubilait. Comme cela était drôle de voir la tête déconfite de Graham ! Si seulement il pouvait en arriver à détester les Mills… Alors, plein d'inspiration, il continua. Plus rien ne pouvait l'arrêter. « Si Matt avait pu assister à la scène, il aurait vraiment été fier de moi », pensa-t-il.
- Hum, d'ailleurs, Graham, elle m'a dit de te dire qu'il ne fallait pas que tu l'attendes et qu'après ton petit-déjeuner, tu devrais rentrer chez toi.
- Ah bon ? Bon, eh bien, j'y vais alors, j'ai fini mon café.
- Très bonne idée, Graham. Au revoir alors !
Le sourire d'Henry n'aurait pu être plus grand quand il vit la porte se refermer derrière la silhouette de Graham, soucieux.
Il avait réussi à faire partir Graham, maintenant, il devait réussir à faire venir Emma.
Il savait sa mère habituellement longue à se préparer, alors il se mit à réfléchir. Grisé par les bêtises, comme habité par le démon du mensonge, il sentit les idées affluer à son esprit…
oOoOo
La sonnerie du téléphone retentissait depuis plusieurs secondes quand Emma se résigna à sortir un bras de la couette moelleuse. Sans même prendre la peine d'ouvrir les yeux pour regarder le nom de l'interlocuteur, elle dit dans un grognement :
- Ouaiiis … ?
- Maman, il faut que tu viennes tout de suite !
La voix d'Henry était paniquée. Sa mère sortit du sommeil aussitôt.
- Henry ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Je sais pas, c'est maman, elle est dans la salle de bain depuis vingt minutes et elle ne répond pas.
Le sang d'Emma ne fit qu'un tour. Regina était en danger, elle devait y aller. Les accidents arrivent si vite, sur un sol carrelé humide. Elle raccrocha après avoir hurlé à son fils qu'elle arrivait.
Henry se rassit au bar de la cuisine, satisfait de lui-même comme jamais.
Sans prendre le temps de s'apprêter, la jeune blonde se jeta dans le premier jean venu et le dernier débardeur propre qui lui restait, et bondit sur Matthew, qui, en bon Swan qui se respecte, dormait encore profondément malgré le bruit que faisait sa mère depuis quelques minutes.
- MATTHEW ! Debout ! criait-elle en le secouant.
- Raaaa, mais qu'est-ce qu'i' y a ?
- Regina a un problème, on y va ! Tu te lèves et tu mets ce pantalon et ce t-shirt ! Tu as trente secondes !
- Mais, mamaaaan… Je suis obligé de venir ?
- Tu viens et tu ne discutes pas ! répondit-elle, tout en le sortant du lit et en commençant à lui enlever son pyjama.
oOoOo
A peine dix minutes plus tard, les deux Swan, à peine coiffés, et habillés comme deux as de pique déboulèrent au manoir Mills. Henry leur ouvrit, et eut bien du mal à cacher sa joie de les voir. Il avait préparé son air inquiet et l'affichait maintenant sur son visage.
- Henry, dis-moi ce qu'il se passe.
- Eh bien, je me suis levé il y a une demi-heure et je n'ai pas vu maman. Je savais qu'elle était dans la salle de bain, comme d'habitude, alors je ne me suis pas inquiété. Mais quand j'ai voulu aller lui demander où elle avait rangé le nouveau Nesquik, j'ai frappé et elle n'a pas répondu. J'ai frappé pendant cinq bonnes minutes mais rien. Juste un bruit d'eau qui coule.
- Putaiiiin… rugit Emma qui déboula dans les escaliers. Vous m'attendez là, les enfants ! hurla-t-elle du haut des escaliers.
Matthew commençait à vraiment s'inquiéter. Il se tourna vers son frère, pour lui offrir un sourire ou un regard réconfortant. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit Henry, détendu et souriant, lui faire un clin d'œil en lui lançant :
- J'imagine que vous n'avez pas eu le temps de déjeuner… Chocolat, frérot ?
- Heu… ouais, mais… ? répondit-il, interrogatif.
- Hey, t'en fais pas ! Maman n'a rien. C'est juste que j'ai dû commencer l'opération Tourterelles sans toi, ce matin !
Alors, Henry lui raconta tout : comment il avait fait partir le shérif, et l'idée qu'il a eue pour faire venir Emma. Matthew était plus qu'admiratif de son frère. Lui qui n'était pas convaincu par la mission il y a quelques jours, la mettait maintenant en œuvre tout seul ! Ils rirent de concert en buvant leur chocolat chaud.
oOoOo
- Regina ! Regina, ça va ?
L'oreille collée à la porte de la salle de bain, Emma n'entendait rien d'autre que le bruit de l'eau qui coule. Elle pouvait sentir les battements de son cœur devenir anarchiques. « Pourvu que rien ne lui soit arrivé, pourvu qu'elle aille bien. Mais pourquoi ne répond-elle pas ? » La peur envahissait son esprit. Elle essaya de se ressaisir et de réfléchir correctement. Que fallait-il faire ?
Elle se donna quelques secondes de réflexion. Puis, elle recula dans la pièce et fonça en direction de la porte de la salle de bain. Elle s'écrasa sur le panneau de bois qui s'ouvrit dans un craquement sonore. Emportée par son élan, elle tomba violemment sur le carrelage. Décidée à secourir Regina, elle se releva sans tenir compte de la douleur que lui lançait son épaule meurtrie.
Devant elle se tenait Regina, les yeux écarquillés, enroulée dans une serviette, des écouteurs dans les oreilles et un tube de mascara à la main.
Rouge de honte et se tenant l'épaule, Emma observait la créature de rêve devant elle. Regina allait bien, c'était le principal. Mais la jeune blonde se sentit tellement mal à l'aise que son teint devint rouge écrevisse. Elle venait de défoncer la porte de la salle de bain de Regina Mills ! Avec Regina Mills à moitié-nue dedans ! Elle ne comprit pas comment il se faisait qu'elle n'était pas déjà foudroyée sur place.
On n'aurait pu dire laquelle des deux femmes exprimait la plus grande surprise. Aucune des deux femmes n'arrivait à dire quoi que ce soit. La surprise leur avait coupé le souffle. Ce fut finalement Emma qui prit la parole la première :
- Regina, vous… vous allez bien ?
L'intéressée sortit de sa torpeur et sembla enfin comprendre ce qui se passait. Elle retira rageusement ses écouteurs et resserra la serviette sur son corps. Ses joues prirent aussitôt une teinte rouge feu, aussi rouge que ses yeux étaient noirs de colère.
- Non mais ça va pas, Swan ? Ça vous prend souvent de défoncer les portes de salle de bain des gens ?
- Pardon, je pensais que vous étiez blessée… Vous ne répondiez pas…
- Peut-être que je ne répondais pas tout simplement parce que j'étais occupée… à me LAVER ! Maintenant, dehoooors ! hurla-t-elle, en pointant la sortie d'un doigt rageur.
Emma ne demanda pas son reste et sortit immédiatement de la salle de bain, rouge de honte et le cœur battant. Mais qu'avait-elle fait ? Elle s'en voulut immédiatement. Mais ne pouvait-elle donc jamais réfléchir deux minutes ? Pourquoi fallait-il qu'elle agisse donc toujours de manière aussi impulsive? Elle n'arrivait à savoir ce qui était le plus fou : avoir forcé la porte de la salle de bain de Regina, ou bien … avoir surpris cette dernière à demi-nue. A cette pensée, une chaleur agréable se diffusa dans le ventre de la jeune femme. Elle essaya tant bien que mal de chasser cette pensée, et elle descendit rejoindre les enfants à la cuisine.
Assise par terre derrière la porte qui désormais ne se verrouillait plus, Regina bouillait. Son cœur lui envoyait de l'adrénaline en rafale et elle n'arrivait pas à se calmer. La surprise, la colère, l'incompréhension… toutes ces émotions se mêlaient en elle. Mais que s'était-il donc passé ? Pourquoi Emma avait-elle détruit sa porte de cette façon ? Henry savait qu'elle se préparait, pourquoi n'avait-il donc pas arrêté Emma ? De quel droit se permettait-elle de s'introduire de cette façon dans cet endroit si privé ? Elle ne se remettait toujours pas de l'impudence de la jeune femme.
Au bout de quelques instants de réflexion, cependant, la colère de Regina s'apaisa, et une certaine chaleur se fit sentir dans sa poitrine. Elle se rappela les paroles qu'Emma lui avait dites avant d'être renvoyée avec perte et fracas. Elle lui avait demandé si elle allait bien, elle s'était donc inquiétée pour elle… Quelqu'un s'était réellement inquiété pour elle, au point de venir la sauver… Son cœur se gonfla de bonheur quand elle comprit qu'Emma, ne l'entendant pas, avait voulu la secourir. Et finalement, qu'elle ait pu la voir quasiment nue ne la dérangeait même pas…
Mais au fond d'elle, une petite voix sa rappela doucement à elle : « N'oublie pas ta décision, Regina… ». Elle finit de s'habiller. Elle revêtit un tailleur noir, et son visage arbora son plus beau masque de froideur.
oOoOo
Il leur fallut de longues minutes d'explications pour que les deux femmes comprennent ce qui s'était réellement passé. Cependant, Henry joua parfaitement les innocents, en ne révélant à aucune de ses mères son coup monté. Seul Matthew comprenait et riait intérieurement. Emma, affreusement gênée, s'excusa platement auprès de Regina et lui promit de rembourser le remplacement du verrou. Fort heureusement, la porte n'avait pas sauté de ses gonds, les travaux ne seraient donc pas bien compliqués ni coûteux.
Pourtant, malgré les excuses d'Emma et ses regrets maintes fois exprimés, le visage de Regina restait glacial. Les garçons essayaient tant bien que mal de détendre l'atmosphère, mais rien n'y faisait, elle n'arrivait pas à rire de la maladresse de la jeune blonde.
Le regard noir, les traits durcis par la colère, elle se tourna vers les enfants et s'adressa à eux sur un ton qui ne laissait aucune place pour la discussion :
- Henry, tu montes dans ta chambre avec Matthew. Je dois parler à Miss Swan. N'en descendez pas avant que je ne vous ai rappelés.
- Mamaaan, elle n'a pas voulu…
- Tu montes, Henry. Et sans discuter.
Les deux frères se retrouvèrent donc dans l'obligation d'obéir. « Les bêtises sont finies pour aujourd'hui », pensa Henry, tout en s'en voulant d'avoir mis Emma dans une telle situation. Il espérait que la mission Tourterelles ne serait pas compromise pour autant…
oOoOo
- Encore une fois, Regina, je suis vraiment désolée, j'ai cru que vous vous étiez blessée et j'ai agi sur le coup, sans réfléchir…
- C'est bien ça le problème, Miss Swan, répondit Regina en adoptant un ton sec.
- Je vous demande pardon encore une fois, j'espère que vous ne m'en voudrez pas longtemps…
Emma ne savait plus où se mettre, et ne savait plus que dire. Puisque ses mots ne pouvaient rien exprimer de plus, elle se força à lever le regard et à plonger ses yeux dans ceux de Regina. A son grand désespoir, elle n'y vit qu'une sombre colère. Il semblait que les magnifiques yeux rieurs qu'elle avait appris à connaître ces derniers jours avaient disparu aussi rapidement qu'ils étaient venus.
- Regina… est-ce que vous m'en voulez ? osa-t-elle demander après un court silence.
- Bien évidemment que je vous en veux ! Vous défoncez la porte de ma salle de bain avec moi dedans, et vous pensez que je vais vous remercier ? Mais vous rêvez, Miss S…
- Je ne parle pas de ça, je parle de notre baiser, la coupa Emma avec aplomb.
Quitte à perdre le peu qu'elle avait réussi à obtenir de Regina, autant vider son cœur avant. Elle devait en avoir le cœur net, elle devait savoir ce qu'elle avait ressenti.
Rien, aucun mouvement de la brune ne trahit le bouleversement qui se passait en elle à cet instant. Habituée à ne laisser passer aucune émotion sur son visage, elle continua d'afficher sa froideur apparente. Elle se fit violence pour laisser sortir ces mots :
- Ce baiser était une erreur. Nous avions bu. Cela ne se reproduira pas…
- Vous le regrettez ?
- Bien évidemment que je le regrette. Ne vous croyez pas si irrésistible.
Tout son être se tordait en prononçant ces paroles. Elle n'avait jamais eu aucune difficulté à bluffer, mentir ou manipuler. Après tout, n'est-ce pas à cela que l'on reconnaît les grands politiciens ? Mais, pour la première fois de sa vie, un mensonge lui en coûtait. Son cerveau lui criait d'arrêter, son cœur saignait de douleur, et tous ses muscles résistaient à l'envie de se jeter dans les bras de son interlocutrice. En bonne politicienne, elle savait se faire aimer, elle avait fait cela toute sa vie. Mais là, c'était la première fois qu'elle devait se faire détester. Et se faire détester par Emma...
- Je ne suis pas irrésistible. Je ne l'ai jamais pensé, répondit Emma, les larmes aux yeux. Vous n'avez pas le droit de me dire ça. Pourquoi vous faites ça ? N'avez-vous pas aimé ces moments avec moi ? Regardez-moi et dites-moi que vous n'avez pas aimé…
Mais Regina en était bien incapable. Elle n'aurait pu soutenir le regard vert plus longtemps.
- Ce n'est pas possible…, reprit-elle alors, les yeux baissés. Dorénavant, on ne se verra plus jamais en tête-à-tête.
- REGARDEZ-MOI ! hurla Emma, tremblante.
- J'ai un compagnon, Miss Swan. N'attendez rien de moi, car rien ne sera jamais possible entre nous. Oubliez cette erreur, comme je l'ai déjà fait, et cela sera mieux pour tout le monde.
- Je ne vous crois pas, Regina. Je ne sais pas pourquoi mais vous ne me dites pas la vérité. Je sais quand les gens mentent et je sais que c'est le cas maintenant. Je ne sais pas pourquoi, mais je le découvrirai.
C'en était trop. Regina devait écourter cette conversation immédiatement, si elle ne voulait pas éclater en sanglots devant Emma. Alors, la mort dans l'âme, elle conclut en lui montrant la porte du manoir :
- Vous feriez mieux de partir. Je vous renverrai votre fils dans l'après-midi. Bonne journée.
Jamais Emma n'aurait pensé que Regina aurait agi de la sorte. Non seulement elle lui en voulait pour la porte de la salle de bain, mais surtout, elle regrettait ce baiser. Ce moment lui avait paru si magique pourtant… Sans doute pour elle uniquement. Pourtant, elle sentait, au fond d'elle, que la brune ne lui avait pas dit la vérité. Elle ne savait pas pourquoi mais elle le découvrirait.
Elle se retourna une dernière fois vers Regina. Ses yeux pleuraient maintenant abondamment mais cela lui était égal. Maintenant, tout lui était égal.
- Sachez, madame Mills, que moi, je ne regrette absolument rien. Je ne regrette pas d'avoir voulu vous sauver quand je pensais que vous étiez blessée dans la salle de bain, je ne regrette pas cette soirée avec vous, et surtout, je ne regrette pas notre baiser...
Et elle partit en claquant la porte. Aussitôt dehors, elle laissa éclater sa rage dans un cri bestial, et courut vers sa petite voiture jaune.
De l'autre côté de la porte, incapable de se tenir debout plus longtemps, Regina se laissa tomber au sol et laissa s'échapper les sanglots trop longtemps retenus.
Ne vous inquiétez pas, Emma Swan est volontaire et ne laissera pas tomber sa Regina comme ça !
Dans le prochain chapitre, on découvrira enfin une partie du mystère entourant la brune et un certain antiquaire ...
A la semaine prochaine :-)
