Bonjour tout le monde !
J'espère que vous passez de bonnes vacances, si vous avez la chance d'en avoir ! Merci d'être toujours présentes à la lecture, merci pour les reviews et notamment merci aux guests à qui je ne peux malheureusement pas répondre (mais sachez que le coeur y est !).
Je profite des vacances pour écrire, j'avance bien et cette fic est presque terminée. Bref...
Voici le nouveau chapitre, on y apprend de nouvelles choses sur Gold. Et oui, il vous intrigue, n'est-ce pas ? Je ne dévoile qu'une petite partie de son secret, il faut bien garder une part de mystère pour la suite...
Allez, bonne lecture à toutes !
Chapitre 18 : Le secret de l'antiquaire
Dévastée par les horribles paroles qu'elle venait de dire à la dernière personne à qui elle aurait voulu les adresser, Regina savait néanmoins qu'elle avait pris la bonne décision. Même si son cœur ne s'en remettrait sans doute jamais, elle avait fait cela pour Emma. Elle n'avait pas le droit d'aimer librement et elle le savait.
Après un long moment à pleurer à même le sol, elle réussit à se calmer et se força à se relever. Elle devait en finir. Après avoir dit aux garçons qu'elle sortait et leur avoir demandé de rester sages, elle prit la direction de Main Street, la mort dans l'âme.
Postée devant la vitrine du magasin poussiéreux rempli d'objets divers et variés, elle ne se décidait pas à y entrer. Elle savait qu'y pénétrer serait un acte sans retour. Finalement, après quelques minutes de réflexion, elle inspira profondément et poussa la porte vitrée.
La clochette tinta, et aussitôt la jeune compagne de l'antiquaire apparut derrière le comptoir. Elle sourit gentiment à Regina, qui ne prit même pas la peine de se forcer à lui répondre. Elle ne faisait même aucun effort pour essayer de paraître enjouée. Elle était dévastée et ne cherchait pas à le cacher. Belle le remarqua aussitôt.
- Bonjour, Regina. Vous n'allez pas bien ?
- Ça va, répondit-elle sans conviction, d'une voix grave. Puis-je parler à Gold ?
- Heu, oui, bien sûr, je vais lui dire que vous êtes là… répondit-elle, un peu interloquée par la détresse apparente de celle qui paraissait d'habitude toujours maîtresse d'elle-même.
Après un court instant, le propriétaire des lieux apparut à son tour derrière le comptoir et sourit faussement à Regina. Puis il se tourna vers Belle, lui intimant l'ordre plus ou moins déguisé de les laisser tous les deux.
- Madame le Maire… J'imagine que votre présence dans ma modeste boutique n'est pas qu'une simple visite de courtoisie. Est-elle enfin synonyme d'une grande décision ? jubila le vieil homme.
- En effet…
- Bien, c'est bien… Vous lui avez donc parlé de Daniel ? Elle sait enfin comment il est mort ? Elle sait… ce qu'elle risque ?
On aurait dit un fauve se délectant de sa proie, s'amusant à jouer avec elle juste avant de la dévorer. Ce même instinct de prédateur cruel se lisait dans ses yeux, mais Regina n'avait plus la force de lutter. Elle répondit donc le plus simplement possible :
- Non. Mais vous n'avez plus aucun souci à vous faire. Je ne la verrai plus, j'ai mis un terme à ce qu'elle tentait de commencer avec moi.
Regina ne souhaitait vraiment pas donner la satisfaction à Gold de voir que ses menaces avaient été entendues. Elle prétendit donc que la décision ne venait que d'elle. Mais l'antiquaire n'en fut pas dupe et en fit part à Regina :
- Vous avez bien fait. Vous n'auriez pas aimé qu'elle subisse le même destin que votre cher et tendre Da…
- C'est bon, je vous ai dit, le coupa-t-elle brusquement.
Elle ne supportait pas le mépris ironique employé par Gold quand il parlait de Daniel. Et elle supportait encore moins les menaces de moins en moins déguisées à l'encontre d'Emma.
- Je lui ferai donc part de votre décision. Je pense qu'elle en sera satisfaite… continua-t-il mystérieusement.
- … mais pourquoi, à la fin ? demanda Regina après un court instant, sur un ton hésitant entre colère et tristesse.
- Pourquoi quoi, très chère ?
Oh, qu'il aimait ce jeu du chat et de la souris ! Voir Regina se débattre et essayer de vivre malgré tout l'aurait attendri s'il avait eu un minimum de compassion. Mais il semblait en être autant démuni que de cœur.
- POURQUOI VOUS NE ME LAISSEZ PAS VIVRE MA VIE ? hurla Regina, envahie à présent par une immense colère.
- Mais, parce qu'on t'aime, chère enfant… répondit-il sur un ton doucereux. Et qu'on veut tout simplement le meilleur pour toi. Tu le sais bien, depuis tout ce temps…
Sur ces paroles, il se rapprocha doucement de la jeune femme qui était à présent en larmes. Elle se recula vivement à son contact et lui lança, des éclairs dans les yeux :
- Un jour, je n'aurai plus peur de vous. Soyez-en bien conscients ! Un jour, vous paierez pour tout ce que vous m'avez fait !
- Oh, j'aimerais tellement vivre assez longtemps pour assister à cet épisode, répondit-il, ironique. Ça me semble passionnant. Mais je suis un vieillard, malheureusement et …
- Vous paierez, vous et ma mère. Je le jure sur la tête d'Emma.
Et elle sortit de l'oppressante boutique, suivie du regard par Gold qui savourait sa victoire. Il n'avait pas remarqué la présence de Belle dans l'arrière-boutique, à qui rien n'avait échappé.
oOoOo
Bien qu'elles aient conclu qu'elles ne se verraient plus en tête-à-tête, Emma et Regina devaient continuer à se voir pour les enfants. Aussi se retrouvèrent-ils tous les quatre au Granny's afin que la jeune blonde récupère son fils. Elles faisaient de gros efforts pour ne rien laisser paraître et feindre que tout était comme avant, mais les frères étaient perspicaces et le froid entre leurs mères ne leur avait pas échappé. Henry ne put s'empêcher de s'en vouloir affreusement. Après tout, c'était sa faute si Emma avait pénétré de force dans la salle de bain. Il espérait fortement que cet incident n'entacherait pas la relation entre elles, mais à les voir si distantes à ce moment présent, il doutait que cela prenne la bonne voie. Matthew n'était pas non plus très à l'aise, comprenant que quelque chose avait changé entre les deux femmes. Il ne pouvait en vouloir à son frère d'avoir voulu forcer les choses. Mais il ne comprenait pas qu'un simple verrou cassé puisse les fâcher ainsi. Il y avait quelque chose de plus, il le sentait…
Après l'affreux moment passé avec Gold, voir Emma rassurait Regina. Dès qu'elle l'eut aperçue, attablée au Granny's, son cœur s'était mis à battre anarchiquement, et elle dut se faire violence pour arborer un air détaché et froid. Emma, quant à elle, n'avait absolument pas caché son plaisir de voir arriver les trois personnes qui comptaient le plus pour elle. Elle avait souri de toutes ses dents en les voyant arriver. Mais l'impassibilité de Regina la ramena violemment sur Terre, et elle ravala son sourire, essayant tout de même de faire bonne figure devant ses enfants.
Après quelques minutes assez étranges, où personne ne savait vraiment quoi dire, Emma prit la parole. Et tant pis si les enfants se doutent de quelque chose.
- Les garçons, vous pouvez aller deux minutes avec Ruby ? J'aimerais parler à Regina.
Les deux intéressés se regardèrent avant d'acquiescer. Ce n'était vraiment pas normal. Henry lui aussi commença à se douter que sa bêtise n'y était peut-être pas pour grand-chose… Ils se levèrent de leur place et rejoignirent Ruby qui les accueillit avec deux grands verres de chocolat chaud.
- Ne vous inquiétez pas, je serai brève, commença Emma.
- Je vous écoute…, répondit froidement la brune, qui luttait pour ne pas succomber à la tentation de tout avouer en se jetant dans les bras de la blonde.
- J'ai beaucoup repensé à ce que vous m'avez dit. Je suis sûre que l'excuse de Graham, c'est bidon. Vous avez dit « j'ai un compagnon », mais jamais vous n'avez dit que vous l'aimiez. Moi, je pense que vous avez peur…
- Miss Swan…
- Non, attendez. Vous avez peur de ce que vous ressentez. Et je vous comprends. Vous êtes une femme, moi aussi… Ça peut être effrayant. Mais j'ai bien senti que vous étiez en confiance avec moi, j'ai bien vu que vous avez apprécié ce baiser autant que moi…
- Emma…
Regina avait abaissé sa garde un court instant. Un si bref instant… Mais qui n'avait pas échappé à la blonde. Elle aurait juré avoir vu briller dans les yeux bruns un éclat particulier, cet éclat qui avait brillé si fort quand elles s'étaient embrassées. La vulnérabilité de la brune lui apparut brusquement et elle sentit en un instant naître en elle un émouvant instinct de protection. Si elle avait peur, elle lui prouverait qu'elle, Emma Swan, pourrait la protéger…
Mais ce bref instant ne dura pas plus d'une seconde. Le masque impassible réapparut sur le visage de la maire. Et ses yeux reprirent leur teinte sombre et éteinte.
- Je n'ai pas peur de ce qui n'existe pas, Miss Swan. Ces « sentiments », vous les ressentez peut-être, mais pas moi. Et je n'ai jamais eu peur de rien, soyez-en sûre.
Mais elle était évidemment morte de peur. Seulement, là où Emma se trompait, c'est que Regina ne craignait pas ses sentiments, bien au contraire elle les avait acceptés et commençait vraiment à les apprécier. Mais elle était effrayée par une autre menace, bien plus importante et bien plus dangereuse… Elle craignait pour la vie d'Emma.
oOoOo
- Bon les gars, il se passe quoi, avec vos mères, là ?
La jeune serveuse essuyait machinalement des chopes de bière, tout en jetant des coups d'œil furtifs aux deux femmes attablées un peu plus loin. Elle ne pouvait s'empêcher de les observer et de remarquer ces petits signes de gêne apparente : Emma qui tordait ses doigts, Regina qui s'agitait sur son siège en croisant et décroisant les jambes…
- Franchement, je suis quasiment sûre qu'il y a eu un truc entre elles… Vous croyez pas ?
- On sait pas, Rub', répondit Matthew. Elles sont comme ça depuis matin. On dirait qu'elles se sont disputées…
- Huuum, j'suis pas sûre… répondit la serveuse, songeuse.
- Ce matin, maman nous a ordonné de monter dans ma chambre, continua Henry. On n'a pas entendu ce qu'elles se sont dit, mais…
- Ouais, bon, ok, on a un peu tendu l'oreille, reprit Matthew, et…
- Et on a entendu maman pleurer…Je crois que c'est de ma faute.
Henry se sentait particulièrement coupable, et il baissa le regard. Puis il reprit :
- En fait, j'ai forcé Emma à faire quelque chose de pas bien, et je crois que maman lui en veut pour ça.
Et il raconta à Ruby ce qui s'était passé le matin-même dans la salle de bain. Plus Henry avançait dans son histoire, plus le sourire de la jeune femme s'agrandissait. Elle semblait particulièrement apprécier la blague du garçon.
- Franchement, à les voir comme ça, je mettrais ma main à couper qu'il s'est passé autre chose et que ta mère prend la salle de bain comme excuse pour rompre avec elle.
- Rompre avec elle ? demandèrent d'une même voix les deux enfants qui avaient failli s'étouffer avec leur chocolat. Ça voudrait dire qu'elles sont vraiment en couple ? Mais depuis quand ? Et pourquoi elles ne nous auraient rien dit ? Et puis pourquoi rompre maintenant ?
Ruby rit de bon cœur en entendant les questions en rafale des frères.
- Non, mais attendez, c'est qu'une supposition, hein ! Et puis j'en sais pas plus que vous. Ça va être votre problème de découvrir tout ça !
- Ouais, t'as raison, Rub', répondit Matthew sérieusement. Je suis sûr qu'il y a quelque chose aussi, et je compte bien le découvrir.
oOoOo
Dès leur arrivée dans leur petite chambre d'hôtel, Matthew se jeta sur un son lit et se plongea dans un livre. Emma semblait ne plus savoir quoi faire de ses dix doigts : elle avait tourné dans la chambre pendant une bonne vingtaine de minutes, rangeant des vêtements qui traînaient, refaisant les lits, époussetant même sous les sommiers. Caché derrière son livre, Matthew l'observait. Il l'avait rarement vue aussi nerveuse, et son comportement prouvait qu'elle lui cachait quelque chose. Cependant, il ne passa pas à l'attaque immédiatement. Il savait que brusquer sa mère n'aboutirait à rien, et il voyait bien que ce n'était pas le moment de lui poser des questions sur Regina.
En début de soirée, le téléphone d'Emma sonna. Elle se jeta dessus, lut le nom de son interlocuteur et parut déçue. C'est du moins ce que ressentit le jeune garçon. Elle appuya négligemment sur la touche verte.
- Oui ? … Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment envie, ce soir… Bon, bon, ok, si tu insistes, c'est d'accord. Je m'organise avec Matthew et je te rappelle. A toute.
- C'était qui ? demanda Matthew d'un ton détaché.
- Ruby. Elle voulait sortir ce soir. Mais je sais pas trop…
- Pourquoi tu ne voudrais pas ? C'est ta pote, ça te fera du bien de sortir un peu, tu crois pas ?
Matthew était persuadé que cette proposition de sortie de la part de Ruby était plutôt intéressée. Elle allait sans doute tenter d'en savoir un peu plus sur ce qui se tramait entre sa mère et Regina. Il allait donc falloir l'encourager à aller la rejoindre.
- Mais, et toi ?
- Oh t'en fais pas, je peux rester ici, j'ai mon livre et ma console, tout ira bien.
- Matt… tu te souviens ce qui s'est passé quand tu m'as promis de rester seul et bien sage dans ton lit ? Tu m'as désobéi et tu m'as fait une peur bleue.
- J'te promets, 'man… Cette fois, je reste cloué au lit ! Va t'amuser, profite et passe le bonjour à Ruby pour moi.
Emma hésita un instant, puis se dit qu'en effet, cette soirée lui ferait sans doute du bien… Ou du moins, elle l'empêcherait de tourner en rond et de se morfondre dans sa chambre pendant des heures.
- Ok, fiston. Je serai de retour vers minuit au plus tard. Quand je reviens, je veux te voir endormi dans ton lit, c'est clair ?
- C'est limpide ! promit honnêtement Matthew, qui savait que ce n'était pas le moment de faillir à sa parole.
oOoOo
Le Rabbit Hole était réputé pour être le bar le plus vivant de Storybrooke. La musique y était assez forte, et les gens y venaient souvent y boire, fêter un événement ou simplement y passer un bon moment entre amis autour de la table de billard américain.
Mais ce soir-là, parmi tous les fêtards attablés ou accoudés au bar, une personne n'avait pas le cœur à la fête. Assise face à son amie, Emma faisait bien pâle figure, le dos voûté et le nez dans son verre de whisky.
- Bon, Emma… Tu me dis ce qu'il y a ou j't'emmène à l'arrière, dans la salle des tortures ? Et crois-moi, j'ai bossé ici avant d'être chez Granny, alors je sais de quoi je parle ! plaisanta la jeune femme, essayant vainement de faire sourire son amie.
- Mais 'y a rien, Rub, 'y a rien… répondit-elle, rêveuse. Justement, 'y a rien….
- Tu te fiches de moi, Emma ? Punaise, mais rien qu'à voir ta tête, tout Storybrooke est au courant que tu es au fond du trou ! rigola Ruby, avant de reprendre plus sérieusement : Ça a un rapport avec le maire ?
Emma ne prit même pas la peine de nier. Après tout, cela la soulagerait sûrement d'en parler à son amie. Alors, elle se lança :
- Ouais. Disons pour faire court que je me suis pris un râteau, voilà. Mais bon, c'est pas grave, c'est pas la première fois…
- Peut-être, mais quelque chose me dit que c'est la première fois qu'un râteau te met dans un tel état. Je me trompe ?
Emma releva les yeux, humides à présent et prêts à déborder, et dit dans un sanglot contenu :
- Non, tu te trompes pas… Mais merde à la fin, oh ! J'ai plus dix-huit ans, pourquoi je réagis comme une ado bourrée d'hormones ?
- … peut-être tout simplement parce que tu es amoureuse, Emma, lui répondit gentiment la serveuse.
Elle lui prit les mains chaleureusement et les serra dans les siennes. Ce contact amical lui réchauffa le coeur… « Amoureuse » ? Vraiment ? Ce n'était qu'un flirt… Se pourrait-il qu'elle ressente plus ? Mais l'incongruité de ses questions lui apparut aussitôt à l'esprit. Bien évidemment que ce n'est pas qu'un simple flirt, Emma l'avait su dès le premier jour...
- Bon alors tu me racontes, maintenant ?
Alors Emma lui avoua la soirée au restaurant, le baiser qui s'en était suivi, la salle de bain, et les horribles paroles jetées par Regina le matin-même. Ruby écoutait Emma avec attention, semblant réfléchir et essayant d'interpréter tous les signes.
- Mais tu lui as répondu quoi, alors ?
- Je lui ai demandé si elle regrettait, et elle n'a pas répondu. Elle a juste dit qu'elle avait un mec – Emma leva les yeux au ciel – et que ce n'était pas possible. Mais moi, j'ai bien senti que quelque chose n'allait pas. Je pense juste qu'elle a peur, et c'est ce que je lui disais ce matin au Granny's.
- Elle t'a donc pas dit qu'elle voulait pas ? Elle a juste dit qu'elle pouvait pas ?
- Ouais, mais ça change quoi ?
- Oh, mais ça change tout… Tu sais quoi, Emma ? Je suis sûre que tu as raison. Elle a juste peur. Non mais attends, elle aurait pu te dire tout simplement : « je ne suis pas lesbienne », ou « je ne vous aime pas », ou même « ce baiser était la chose la plus dégoûtante de toute ma vie » - les deux amies rirent ensemble, le cœur un peu plus léger -. Mais non, tout ce qu'elle te dit, c'est « c'est pas possible, j'ai un mec » ? Sérieux, Emma, bats-toi pour elle !
La combativité de son amie mit du baume au cœur d'Emma, qui se sentit pleine d'espoir. Ainsi donc, elle n'était pas seule à sentir que Regina ne lui avait pas tout dit… Seulement, comment réussir maintenant à découvrir de quoi elle avait peur ? Arrivera-t-elle à donner suffisamment confiance à Regina pour qu'elle se livre à elle à nouveau ?
Non, elle n'allait pas se laisser abattre. Regina en valait la peine et elle allait se battre pour elle. Décidée, elle reposa son verre avec force et se jeta sur Ruby pour l'embrasser vigoureusement sur les deux joues.
La sonnerie du téléphone d'Emma interrompit ces effusions. Elle se leva et sortit du bar afin de pouvoir mieux entendre son interlocuteur. Après avoir raccroché, elle rentra et annonça à Ruby que Belle voulait lui dire quelque chose et qu'elle allait venir les retrouver dans quelques minutes.
- Mais tu sais de quoi elle veut te parler ?
- Aucune idée, elle ne voulait pas en parler au téléphone. Elle avait l'air… je sais pas… anxieuse. Bizarre, non ?
- Bizarre, ouais… Belle n'est pas du genre angoissé, d'habitude. J'espère que ce n'est pas trop grave…
Les filles étaient encore en train d'émettre des hypothèses sur la raison de l'inquiétude de Belle quand cette dernière franchit la porte du bar. Elle affichait un air inquiet et même après avoir aperçu ses amies qui lui faisaient des grands gestes depuis le fond du bar, elle n'afficha qu'un timide sourire.
Sans prendre la peine de s'assoir ni de retirer sa veste, elle regarda ses amies avec le plus grand sérieux. Un instant, Emma redouta une mauvaise nouvelle. Serait-il arrivé quelque chose à Matthew ? à Henry ? …à Regina ? Les battements de son cœur s'emballèrent.
- J'ai beaucoup réfléchi aujourd'hui Emma, et j'ai finalement pris la décision de te parler de ce que j'ai vu ce matin dans la boutique de Gold.
- Heu… ouais ? Mais en quoi ça me concerne ? Tu es sûre que ça va, Belle ?
- Oui, ça te concerne, Emma. Toi… et Regina.
- Comment ça ? Qu'est-ce que tu as vu ? Et quel est le rapport entre Gold et mon histoire avec Regina ?
Alors, devant les deux paires d'yeux qui la dévoraient, la bibliothécaire se lança :
- Voilà… j'ai pas tout compris, alors excuse-moi si c'est un peu décousu. Ce matin, Madame Mills est venue dans la boutique. J'ai bien vu qu'elle n'avait pas l'air bien…
- Pas bien ? C'est-à-dire ? demanda Emma, inquiète.
- Pas bien moralement, Emma. Elle ne m'a pas saluée, m'a à peine adressé la parole, et je n'ai même pas eu droit à un de ces faux sourires qu'elle affiche d'habitude. Elle avait les traits tirés et j'aurais juré qu'elle avait pleuré.
- Heu… ouais, je confirme, tes p'tits gars m'ont dit l'avoir entendu pleurer, ce matin…, attesta Ruby.
Il n'était vraiment pas dans les habitudes d'Emma de se réjouir du malheur des autres, mais apprendre que Regina avait pleuré ce matin-même lui réchauffa le cœur. Se pourrait-il qu'elle ait regretté ses paroles ? Emma se prit à espérer.
- Elle a demandé à voir Gold et il a exigé que je les laisse seuls. Mais j'étais inquiète pour elle. Je ne la connais pas plus que ça, mais la voir dans cet état m'a fait mal au cœur et je me demandais ce qu'elle pouvait bien vouloir dire à mon compagnon. Alors… je me suis mise dans l'arrière-boutique et j'ai écouté. Pardonne-moi cette impolitesse, Emma…
- C'est rien, c'est rien… Vas-y, continue…, s'impatienta-t-elle.
- Regina avait l'air à la fois triste et extrêmement en colère contre lui. J'ai pas tout compris à ce qu'ils se disaient, mais ils parlaient d'un prénommé Daniel, et d'une femme… Quand ils ont parlé de ce Daniel, j'ai compris qu'il était mort mais cette mort ne semblait pas naturelle. Il lui a demandé si tu savais comment il était décédé. Tu le sais ?
- Si moi, je sais ? Non, j'en sais rien du tout…
Emma ne comprenait vraiment rien. Quel rapport cela avait-il avec elle ?
- Quand il lui a demandé cela, elle a répondu que cela n'avait plus d'importance car elle venait de tout arrêter avec toi, je crois que ce sont les mots qu'elle a employés.
Le cerveau d'Emma tournait à toute vitesse. Mais que venait-elle faire dans cette histoire ? Il y avait sûrement un sens à tout ça, mais elle ne le saisissait pas. Et pourquoi Gold tenait à savoir si elle connaissait la raison de la mort de Daniel ? Belle continua :
- Ce qui m'a le plus choquée, c'est qu'à moment, elle a hurlé de la laisser vivre sa vie. Oui, Emma, elle a hurlé. Je ne l'avais jamais vu aussi bouleversée. Ce n'était même plus de la colère, elle semblait… apeurée. Et Gold, lui, eh ben… souriait comme s'il se délectait de la faire souffrir. Je ne lui connaissais pas ce regard, ce n'est pas celui de l'homme que j'aime. Il m'a fait peur, à ce moment-là… Finalement, Regina est repartie en lui disant qu'un jour, elle n'aurait plus peur et qu'elle se vengerait, ou quelque chose comme ça… Et elle l'a juré… sur ta tête, Emma.
A ces mots, sa respiration raccourcit, et son pouls accéléra. Elle avait la preuve que Regina lui avait menti ! Elle avait la preuve qu'elle lui cachait quelque chose ! Et surtout… elle avait la preuve que Regina Mills l'appréciait.
- Merci, Belle, merci de m'avoir dit tout ça ! Je n'en comprends pas la moitié mais je compte bien le découvrir.
- Moi non plus, je ne conçois pas ce qu'il a pu lui faire, je suis moi-même chamboulée d'apprendre que je ne sais pas tout de lui… Je croyais le connaître et je découvre qu'il me cachait des choses…
- Je comprends, mais on va le découvrir ensemble. Je pense que Gold et Regina sont liés, et que si on apprend quelque chose sur l'un, on en saura plus sur l'autre. Je ne sais pas quel genre de lien ils ont, mais…
Mais Belle la coupa :
- Ils se connaissent, Emma. Il la tutoyée et il lui a parlé… comme si elle était sa fille.
Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Il n'y a pas eu beaucoup d'interactions Emma-Regina dans ce chapitre et je m'en excuse, mais c'était nécessaire pour l'action. Et rassurez-vous, je me rattraperai la semaine prochaine :-)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, ça m'encourage et me motive !
Sur ce, je vous souhaite un joyeux réveillon et un joyeux Noël ! Gros bisous !
